Titre original : HAMNET
Date de sortie : 21 janvier 2026
Genre : Drame
Durée : 2:05
Réalisatrice : Chloé Zhao
Nationalité : américaine
Acteurs principaux : Paul Mescal, Jessie...
Sortie 16 janvier 2026 sur Netflix
Durée 2h 13min
Titre ooriginal The Rip
Genre Thriller
De Joe Carnahan
Avec Matt Damon, Ben Affleck, Teyana Taylor, Scott Adkins, Steven Yeun,...
Editeur(s) / Développeur(s) Mountain Contour
Sortie France 22 janv. 2026
Genre(s) Stratégie RPG Aventure
Classification +16 ans
Support PS5
Synopsis
Arknights : Endfield est un jeu de rôle avec des...
Titre original : HAMNET
Date de sortie : 21 janvier 2026
Genre : Drame
Durée : 2:05
Réalisatrice : Chloé Zhao
Nationalité : américaine
Acteurs principaux : Paul Mescal, Jessie...
Sortie 16 janvier 2026 sur Netflix
Durée 2h 13min
Titre ooriginal The Rip
Genre Thriller
De Joe Carnahan
Avec Matt Damon, Ben Affleck, Teyana Taylor, Scott Adkins, Steven Yeun,...
Editeur(s) / Développeur(s) Mountain Contour
Sortie France 22 janv. 2026
Genre(s) Stratégie RPG Aventure
Classification +16 ans
Support PS5
Synopsis
Arknights : Endfield est un jeu de rôle avec des...
Le cinéma c'est ma vie !! J'aime beaucoup de réalisateurs, Ridley Scott, David Lynch, Bong Joo Ho, Hayao Miyazaki etc...
Et mon film ultime c'est Blade Runner !
Bonne lectures de mes modestes articles !
Avec : Séverin-Mars, Ivy Close, Gabriel de Gravone, Pierre Magnier
Genre : Drame
Le cinéma est un art qui permet de donner un poids aux images. C’est l’art de magner les images, de leur offrir un rôle narratif.
Le cinéma muet a offert cette possibilité en se servant de l’absence de son et de voix pour créer une narration purement visuelle. Un de ces plus grands narrateurs est sans aucun doute Abel Gance.
Avec la Roue, Abel Gance réalise un film d’une grandeur inimitable et monstrueuse. Ici, le drame côtoie l’ambition artistique et la démesure.
Film de quasiment 7 h, La Roue raconte la destinée tragique et mortifère de Sisif, mécanicien-chef sur un chemin de fer.
Lors d’un accident de train, il sauve une petite fille orpheline appelée Norma qu’il adoptera sans le lui révéler. Elle pensera donc être sa véritable fille et frère du fils de Sisif, Elie.
Au fur et à mesure que Norma grandit, Sisif commence à éprouver un désir pour celle-ci et va sombrer dans une folie mortifère.
Sisif traîne sa roue
Avec cette trame, Abel Gance développe une réalisation d’une grande maîtrise qui permet de donner corps au récit et d’emporter le spectateur dans cette démarche infernale sans fin. Le motif de la roue permet d’accentuer ce mécanisme.
Ce motif prend vie avec cette mise en scène parsemée de surimpressions, mouvements de caméra évoquant le mouvement de la roue, citation d’œuvres littéraires, etc.
L’utilisation de la roue permet donc d’appuyer l’aspect dramatique du film de Gance. La caméra fusionne avec la narration écrite pour créer une passerelle entre le spectateur et le médium filmique.
Les envolées lyriques sont bouleversantes et permettent une implication émotionnelle totale.
Norma, personnage bouleversant de bonté
Les acteurs y sont bouleversants et totalement possédés par le film. Mention spéciale à l’immense Séverin-Mars qui incarne un Sisif absolument bouleversant. Ivy Close incarne également une Norma complètement perdue dans le mécanisme de la roue.
La roue est un monstre qui dévore la pélicule
La Roue d’Abel Gance est un chef d’œuvre qu’il faut absolument redécouvrir ou découvrir sachant qu’il est sorti depuis le 24 juin dans une édition absolument fabuleuse éditée par Pathé distributions sachant que c’est une restauration 4k du film dans un montage qui se rapproche le plus de celui souhaité par Abel Gance. L’édition est accompagnée d’un livre sur le film et sa restauration et de nombreux bonus.
La Roue symbolise clairement un passage vers un autre type de cinéma, celui de la grandeur artistique. Il est donc nécessaire de se jeter sur ce trésor oublié qui refait surface !
Avec : Nanni Moretti, Laura Morante, Claudio Bigagli, Roberto Vezzosi
Genre : Comédie Dramatique
La messe est finie
Réalisé par Nanni Moretti
Sorti en 1985
Avec : Nanni Moretti, Marco Messeri, Margarita Lozano, Ferruccio De Ceresa
Genre : Comédie Dramatique
Le cinéma italien a été particulièrement productif à une certaine époque. Il a mis en lumière d’immenses cinéastes de tout genre avec des approches variées. Nanni Moretti en est un des représentants.
Carlotta a sorti le 1er juillet 2020 un magnifique coffret qui regroupe deux films de Nanni Moretti, Bianca et La messe est finie.
Au delà d’être un simple coffret c’est surtout un choix particulièrement cohérent de la part de l’éditeur puisque ces deux films se complètent.
En effet, les visées et thématiques de Bianca et de La messe est finie sont complémentaires. Dans les deux films on retrouve un personnage incarné par le cinéaste lui-même qui est obnubilé par la volonté de faire le « bien » selon ses propres conceptions morales.
Une certaine vision des activités sportives
Dans Bianca il s’agit d’un professeur de mathématiques qui possède des tics maladifs qui vont le précipiter dans une folie destructrice. Il souhaite tellement faire le bien et rendre son entourage heureux selon ses propres valeurs qu’il en vient à sombrer dans une violence profondément sauvage.
Ce personnage devient donc un misanthrope quasi justifié puisque les autres protagonistes qui le répugne sont rendus détestables.
La belle Bianca
La messe est finie repose aussi sur le même concept en choisissant comme protagoniste un prêtre qui revient dans sa ville natale et va découvrir que son entourage est dominé par le « mal » et la douleur. Contrairement au professeur il ne sombrera pas dans la violence mais la subira. Le spectateur sera témoin d’un prêtre qui n’arrive plus à sauver les gens et les remettre dans un droit chemin. Le prêtre sera maîtrisé, violenté , torturé moralement et physiquement.
La figure du prêtre permet donc de livrer un constat particulièrement dur de la société italienne moderne. Il filme l’échec du socialisme et se permet d’osciller entre la tragédie et la comédie comme avec Bianca.
La fête ne durera pas…
Il y aurait tant à dire sur ces deux œuvres fabuleuses et profondément bouleversantes. L’auteur de ces lignes ne peut que vous inviter à se procurer cette magnifique édition parsemée de bonus très intéressants et proposant une très belle restauration.
Avec : Dustin Hoffman, Jessica Lange, Teri Garr, Dabney Coleman
Genre : Comédie
Michael Dorsey est un bon comédien, cependant il s’avère être au chômage. Son exigence a tendance à jouer contre lui et ne lui permet pas l’accès à de bons rôles.
Après avoir accompagnée une amie à une audition pour jouer un rôle féminin qui y sera refusée, il se rend chez son agent qui lui reproche son manque d’indulgence et sa volonté de faire des mauvais choix. C’est ainsi que Michael va décider de se travestir et ainsi devenir Dorothy Michaels pour passer l’audition et démontrer qu’il sait tout faire. Il est engagé et deviens très vite, à travers son personnage, une célébrité.
Un homme ? Une femme ?
Ce qui frappe de suite avec le film de Sydney Pollack est la force évocatrice qui se dégage de cet essai à la comédie. Il réalise une œuvre particulièrement réussite que ce soit pour sa façon de penser le gag ou l’extravagance du personnage incarné par Dustin Hoffman. Pollack gère très bien l’atmosphère décomplexée de Tootsie mais se permet également de créer une certaine gravité en ajoutant une approche politique très fine.
Dustin Hoffman rayonnant !
En effet, Tootsie traite à la fois de la place de l’acteur et celle des femmes dans le milieu artistique . D’ailleurs le personnage que va incarner Dorsey est très émouvant et rempli d’humanité ce qui est tout le contraire de lui-même. Ce travestissement va donc créer une dualité qui apportera beaucoup à Michael.
Sa vie se verra donc chamboulée. Il sera finalement prisonnier de son propre piège au moment où il fera la rencontre d’une collègue de tournage dont il tombera amoureux.
Le mensonge ne sera donc pas éternel et il faudra forcément révéler sa véritable identité. En cela Pollack arrive très bien à rendre compte du poids de la manœuvre de Michael.
Il se servira également de ce mensonge pour être très critique envers le milieu du show-business.
Un film très en avance sur ses questionnements !
Tootsie est ressorti chez Carlotta le 17 juin 2020 dans dans des éditions « simples » Blu Ray et DVD mais également en coffret ultra collector. L’ultra collector est composée d’un livre inédit de 160 pages incluant 50 photos d’archives. Les bonus sont très variés puisqu’il y a le making off de Tootsie, des scènes coupées, des essais vidéos de Dustin Hoffman (making off et scènes coupées exclusifs à l’édition blue-ray) et 3 bandes annonces.
Il faut absolument se jeter sur Tootsie qui est une très belle œuvre de la part d’un cinéaste hollywoodien très important.
Avec : John Cassavetes, John Ireland, Kerrie Keane, Erin Noble
Sorti en 1982
Genre, Thriller, Horreur
Le cinéma d’horreur regorge d’œuvres fascinantes dont les approches sont particulièrement variées.
C’est le cas d’Incubus sorti en 1982 et réalisé par John Hough déjà derrière l’excellent La Maison des Damnées.
Le grand John Cassavetes
Incubus raconte l’enquête menée par un médecin et un shérif sur d’étranges meurtres et viols sur de jeunes femmes. Cette affaire s’aventurera dans les limbes du fantastique qui dépassent les protagonistes.
Le fantastique va s’immiscer de manière intrusive pour dévoiler un final d’un grande ampleur visuelle. Le film change donc de genre puisqu’il passe du thriller policier pour aller vers un pur film d’horreur.
un tableau qui annonce la couleur
Hough choisit de ne pas dévoiler tout de suite le tueur et se sert de la caméra subjective pour créer un sentiment de malaise. Le spectateur se retrouve dans les yeux du tueur sans savoir qui il est vraiment. Son identité est dissimulé, au point de refuser de filmer ses mains.
Ce processus rappel d’une certaine manière le travail de Dario Argento qui avait aussi tendance à utiliser la caméra subjective pour créer une interaction avec le spectateur.
meurtre dans la bibliothèque
Avec Incubus, le spectateur s’avère donc prisonnier d’une infernale tourmente qui ne prendra fin qu’au dénouement du film. Hough jouera sur une forme de subtilité pour donner de la force à son long-métrage.
L’utilisation du thriller permet donc de créer une mensonge sur le déroulement du film qui commence comme un pur film de traque du meurtrier pour se conclure sur une note horrifique surpuissante et dérangeante. L’apport fantastique pourrait d’ailleurs être pris comme une métaphore qui collerait au visage du meurtrier et ses intentions.
Le casting est en plus très bon sachant que John Cassavetes incarne avec brio le médecin lancé à la poursuite de l’horrible assassin. Il joue avec son physique pour créer un personnage inquiétant voir repoussant mais aussi émouvant.
Rimini sort le film dans une belle édition restaurée le 26 juin accompagnée de multiples bonus dont des interviews des membres de l’équipe qui a tournée le film et en plus de cela un livret.
Incubus est un film qui vaut largement la découverte que ce soit pour son ambiance ou son approche du genre horrifique.
Casting Nigel Davenport, Michael Murphy, Wesley Jonathan
Genre Science-fiction
L’avis de Liam :
Carlotta nous propose de découvrir l’unique réalisation de Saul Bass, artiste derrière des génériques de films mythiques .
Ernest Hubbs, un biologiste anglais, observe un dérèglement du comportement des fourmis dans une vallée de l’Arizona. Des espèces autrefois en conflit se mettent à communiquer entre elles, tandis que les prédateurs habituels disparaissent de façon inquiétante. Le professeur recrute le scientifique J.R. Lesko, spécialiste du langage, pour étudier ce curieux phénomène. Ce qu’ils vont bientôt observer sur place dépasse l’entendement…
La mort domine le récit
Saul Bass est ainsi plus connu pour des génériques que pour son seul passage derrière la caméra et c’est bien regrettable tant son Phase IV est passionnant. On pourrait ainsi souligner « l’horreur » de l’ouverture, se concentrant sur le fonctionnement de réelles fourmis, nous introduisant ainsi aux événements qui vont suivre par un regard documentaire qui fait doucement frissonner. Nous ne sommes pas ainsi dans le film de créatures à la « Arac Attack » ou autres jouant plus sur de la série Z rigolarde mais sur une vraie dimension tendue par la gestion de ses fourmis.
l’envahisseur
Ainsi, on pourrait parler d’une absence tangible d’action et d’une concentration dans la narration sur la partie scientifique et la crainte de la menace à venir. On sent ainsi que le budget étriqué a été mis à profit plus pour une menace anti spectaculaire mais néanmoins visuellement forte. La mise en scène de Saul Bass est loin de la froideur de ses personnages principaux, dont la nature scientifique met bien à distanciation tout rapport émotionnel quant à une future extermination par une intelligence collective.
Carlotta sort ce film aussi bien dans des éditions « simples » Blu Ray et DVD mais également dans ses fameux coffrets ultra collectors que l’on ne peut que recommander à chaque fois par leurs qualités remarquables, que ce soit la technique ou les suppléments. Ceux-ci sont ici une fin alternative originalement prévue par Saul Bass, un entretien avec Jasper Sharp et Sean Hogan, des courts-métrages de son réalisateur et un livret de 200 pages pour accompagner la (re)découverte du long-métrage.
les deux protagonistes
On regrette donc de ne pas avoir pu découvrir plus de travail de Saul Bass en tant que metteur en scène tant son « Phase IV » parvient à être doucement et purement inquiétant. De quoi nous faire regarder les fourmis d’un autre œil par la crainte peu à peu grandissante que le film parvient à nous faire partager sans moyen possible d’y échapper…
L’avis de Nicolas :
Des fourmis, des scientifiques,une invasion.
Voici ce qui caractérise la trame de l’unique film du grand graphiste Saul Bass. Saul Bass est connu pour être à l’origine de plusieurs affiches et génériques de films connus.
Il a beaucoup travaillé pour Alfred Hitchcock et est à l’origine du mythique générique de Psychose.
Il s’attaque donc à la réalisation après quelques courts métrages. Avec Phase IV il offre un film de science-fiction particulièrement passionnant et fascinant.
Il s’empare d’un sujet et d’une histoire qui pourrait paraître grotesque puisque celui-ci ce concentre sur un long processus d’invasion de l’espèce humaine par des fourmis.
Avec un résumé pareil Saul Bass aurait pu tomber dans une illustration limitée et boursouflée du concept.
une beauté formelle absolue
Ce n’est pas le cas, au contraire Bass s’intéresse vraiment au concept de l’invasion et va filmer de face les fourmis à l’aide d’un procédé de caméra. Il ancre donc le film dans le quasi-réel en lui ajoutant une forme documentaire. Le film s’ouvrira donc sur des fourmis et la voix d’un narrateur décrivant leur processus d’invasion ainsi que leur fonctionnement militaire.
Bass choisira de construire le film comme un huis-clos où deux scientifiques reclus dans un bâtiment vont étudier et lutter contre l’avancée des insectes. Il construira des personnages intéressant et attachants mais se permettra également de créer un lien entre le spectateur et les fourmis. Il filmera par exemple de manière dramatique une séquence où une fourmi disposera les cadavres de ses sœurs de manière solennelle et émouvante après que celles-ci se soient faites anéantir par une attaque de la part des scientifiques.
la confrontation
Au delà des barrières du genre, Bass réalise un film qui aura le même parti pris que le 2001 de Kubrick ou encore le Stalker de Tarkovski. Il fait d’un film à l’ambition totale une aventure fantastique et mystique qui se construit autour de la mise et scène.
Bass livre un film particulièrement solide et inspirant. La seule déception qui en ressort est le fait que ce soit l’unique long-métrage de son auteur.
L’existence de ce film est donc précieuse.
Saul Bass livre un film d’une beauté plastique époustouflante accentuée par la fin originale présente dans les bonus du coffret de Carlotta qui est sorti le 17 juin 2020. La restauration du film est ici exceptionnelle et permet d’apprécier le film à sa juste valeur. Elle met en valeur le sens artistique de Bass et confirme son talent de graphiste.
Ainsi cette fin originelle non montée est une accumulation de concepts visuels profondément marquants.
une sens du visuel
Carlotta sort ce film dans des éditions « simples » Blu Ray et DVD mais aussi en coffret ultra collector fortement recommandé puisqu’il s’avère absolument remarquable. Les bonus sont foisonnants. Il y a bien sûr la alternative originalement prévue par Saul Bass, un entretien avec Jasper Sharp et Sean Hogan, des courts-métrages de son réalisateur et un livret de 200 pour la version collector.
le sublime coffret
Phase IV est donc un véritable cadeau de la part de l’éditeur qu’il faut absolument découvrir !
Quand Rimini propose un film de Sidney Lumet, il est impossible de passer à côté.
La défaillance d’un minuscule transistor provoque l’alarme au Strategic Air Command où sont surveillés les mouvements de tous les avions du monde. Cette défaillance fait croire à l’existence d’un engin non identifié. Une escadrille de bombardiers atomiques est envoyée en direction de Moscou.
Sidney Lumet fait partie sans conteste des maîtres étalons du cinéma américain, notamment par le biais de plusieurs œuvres cultes, tel que son indispensable « Douze Hommes en colère ». Le voir s’attaquer aux dangers de la Guerre Froide, avec cette crainte perpétuelle d’une troisième guerre mondiale ne pouvait donc que s’avérer passionnant mais surtout grinçant. Il met donc en exergue toute la peur engendrée par cette menace sourde avec un film brillant par sa tension permanente. Lumet enferme ainsi ses protagonistes américains dans des architectures étouffantes par leur isolation par rapport au monde extérieur, prêts à brûler d’un instant à l’autre.
Des architectures angoissantes
Le minimalisme visuel est au service d’une intrigue tendue en permanence, questionnant la nature belliciste et autodestructrice de l’être humain. Derrière les fonctions de pouvoir se dessinent alors des portraits d’hommes complètement perdus dans cette situation incontrôlable et terrifiés des conséquences d’un malheureux accident. Lumet capte cela notamment par ces gros plans sur le visage rempli de peur d’Henry Fonda, toujours aussi impeccable en président des États-Unis prêt à tout pour éviter la catastrophe.
le visage de la peur
Dès lors, le film se pare d’un message clairement anti-belliciste, attaquant à charge l’inhumanité de l’armée responsable d’une potentielle destruction de l’Humanité. Les ordres dépassent la logique et le cœur, et tant pis si cela conduit au feu et à la fureur. Chacun est nerveux, confronté à ses propres contradictions, notamment un aveuglement patriotique difficile à mettre de côté, tel un ego national que l’on ne peut ranger.
Rimini propose une édition hautement recommandable, notamment pour la copie du film venant d’une restauration 4K, ce qui met encore plus en exergue la résonance de son contenu avec l’actualité. Au niveau des suppléments, on retrouve un commentaire audio du réalisateur, deux entretiens avec Jean-Baptiste Thoret ainsi qu’un documentaire.
Aussi imprévisible que la nature humaine, « Point Limite » constitue une œuvre toujours aussi forte et menée d’une main de maître par un Sidney Lumet aussi humaniste qu’anti-belliciste. De quoi rester silencieux un bon moment après son visionnage tout en s’interrogeant sur la nature toujours autant au bord de l’annihilation de l’être humain…
La critique de Nicolas :
Sydney Lumet fait partie de ces réalisateurs qui possèdent un style d’une impressionnante précision. Il maîtrise d’une manière à la fois ludique et quasi-parfaite la narration cinématographique pour offrir des œuvres puissantes.
Point Limite, sorti en 1964 est un film qui traite de l’angoisse nucléaire.
Causé par la défaillance d’un système de défense américain, une erreur va provoquer l’ordre de bombarder Moscou et pousser les instances militaires à tenter de stopper l’avion.
Ce qui est intéressant avec Point Limite est toute la tension qui s’en dégage. Lumet conceptualise un décors plongé dans un noir et blanc anxiogène où l’urgence devient obsédante. Il créé à l’avance un sentiment de malaise constant avec en ouverture de film un cauchemar représentant une scène corrida particulièrement violente. Cette violence provient également du son qui s’étendra sur tout le film.
l’appel de la fin
Lumet choisira l’absence totale de musique et préférera travailler l’aspect sonore de son œuvre. Ainsi le spectateur entendra des sons insupportablement aigus évoquant la catastrophe à venir ou appuiera également le silence de la salle de commande de l’ordinateur de défense où l’on entendra uniquement le grésillement de l’écran.
Ainsi, le son participe à cette angoisse montante en lien avec la course folle que poursuivent les militaires pour arrêter l’avion qui va bombarder Moscou. Cette tension se manifeste également par le long processus qui entoure cette tentative de réussite.
L’erreur commencera pas une inquiétude au niveau zéro et s’étendra jusqu’à l’intervention du Président des États-Unis en personne magistralement interprété par Henry Fonda .
Il appellera le président de la Russie pour le prévenir de l’erreur et essaiera d’obtenir son aide dans cette crise. Lumet filmera de long échanges téléphoniques accompagnés d’une mise en scène d’une très grande maîtrise.
tout se déroule à travers un écran
Lumet réalise donc un film très à charge envers la nature paranoïaque des États-Unis et son obsession de contrôle du monde. C’est avec cette défaillance que le réalisateur se permet de dresser un portrait très sombre d’un peuple qui se perd.
Cette critique sera appuyée avec la séquence de fin qui apparaîtra comme la destruction du film lui-même. Avec cette guerre d’une apparence plutôt douce en ressortira une violence absolue, celle de la destruction de l’humanité et de l’art lui-même.
Rimini ressort le film dans une restauration 4K d’une qualité assez incroyable. Avec celle-ci l’œuvre paraît encore plus actuelle. Elle sort le 16 juin 2020 accompagnée de nombreux bonus comme un commentaire audio du réalisateur, deux entretiens avec Jean-Baptiste Thoret et un documentaire.
Il faut absolument se jeter sur ce film qui résonne encore avec notre monde actuel et au delà de ces aspects, il s’agira d’une expérience profondément violente et d’une grande qualité cinématographique.
Avec : Jack Nicholson, Harvey Keitel, Valerie Perrine, Warren Oates
Genre : policier
Police Frontière sorti en 1982 est un film policier avec Jack Nicholson et réalisé par Tony Richardson.
Charlie Smith est un policier de Los Angeles criblé de dettes. Il es muté à la frontière mexicaine du côté d’El Paso. Il aura pour mission de surveiller l’immigration clandestine mais se rendra compte très vite de la corruption massive du milieu policier.
Ce qui frappe de suite dans le film de Richardson est son sens de la dramaturgie puisque celui-ci filme d’abord l’aspect paradisiaque de sa nouvelle vie et s’attarde ensuite sur la descente aux enfer de Charlie.
Charlie incarne le bon flic avec des principes moraux qu’il respecte jusqu’au bout. Le cinéaste choisit de confronter son personnage à la débauche du milieu frontalier.
Jack avec une belle moustache
Il devient spectateur de la débauche de ce milieu et du profit qu’en tire la police. Ainsi, le spectateur apprendra que l’enfant d’une immigrée a été kidnappé afin de le vendre à une famille stérile. Richardson cherche a nous confronter à l’horreur tout en choisissant de ne pas en faire des caisses. Ainsi l’habillage dramatique n’apparaît à aucun moment comme forcé ou superficiel.
Le film dégage une forte sincérité au niveau de son propos et choisira de torturer la morale de son personnage principal. Une torture qu’il représentera avec les séquences plus intimes de Charlie avec sa femme. Ces moments sont contaminés par son inquiétude sachant qu’il va développer une affection pour cette jeune immigrée et tentera de la sauver et de l’aider à retrouver son enfant .
Richardson choisira d’ailleurs de motiver la fuite de cette femme puisque le film s’ouvre sur le baptême de l’enfant de celle-ci qui sera perturbé par un séisme particulièrement violent qui tuera en plus son mari.
Une séquence spectaculaire où l’image se déforme littéralement pour imprimer la violence de l’événement.
C’est ainsi que cette femme fuit l’enfer pour se retrouver dans un lieu qui n’est guère mieux. Le réalisateur met donc le spectateur en face d’un paradoxe.
Un antagoniste d’une grande froideur
Jack Nicholson incarne très bien ce personnage de policier innocent qui tentera de sauver cette jeune femme. Harvey Keitel est également très bon en voisin et collègue de Charlie qui s’avérera être corrompu.
Tony Richardson réalise un film passionnant, horrible et émouvant. Le film ressort chez Rimini dans une version restaurée accompagnée d’une Interview audio de Tony Richardson, réalisée au British Film Institute. Le film sort le 3 juin 2020.
Avec, Alec Guinness, Dirk Bogarde, Maurice Denham, Nigel Stock
Genre : Aventure, Guerre
La critique de Liam,
La guerre et l’isolement maritime poussent les personnes dans leurs retranchements. C’est dans cette incertitude géographique et morale que se dessinent les destins et que se concrétisent les comportements de chacun au vu de ces contextes destructeurs. Il n’est pas étonnant dès lors d’avoir vu en quelques temps de distance trois longs-métrages suivant une mutinerie : « Les révoltés du Bounty » par Lewis Milestone, « Billy Bud » de Peter Ustinov et le film qui nous intéresse aujourd’hui, « Les mutinés du téméraire » de Lewis Gilbert.
Le film profite déjà de la présence au casting des charismatiques Alec Guinness et Dirk Bogarde, dont l’affrontement rythmera une bonne partie du film. Le duel se fait ainsi jeu d’échec dans les rapports humains, dans les stratégies adoptées par chacun sur ce bateau étouffant. L’aspect social est au cœur de l’intrigue et joue de ce rapport de force avec une lutte aussi acharnée que celle que l’armée souhaiterait faire passer chez ses membres.
Le ramassage des gens à la sortie des tavernes et l’obligation de se diriger vers les flots des combats n’est qu’une des raisons derrière cette mutinerie, cette colère sourde qui finit par gronder au fur et à mesure de l’accumulation du traitement mécanique qu’ils subissent. Gilbert parvient à capter cela avec assez d’action et de manigances pour aller plus loin que l’affrontement manichéen de départ et aller vers quelque chose de bien plus intéressant sur les situations sociales des personnages.
Les deux acteurs qui portent le film sur leurs épaules
Cette édition proposée par Rimini est donc une belle occasion de découvrir ce film pour la première fois en haute définition en France, avec comme bonus une interview d’Agnès Blandeau, maître de conférence en anglais à l’université de Nantes. Bien moins reconnu que le film de Lewis Milestone avec Marlon Brando, « Les Mutinés du Téméraire » est une belle proposition oscillant entre l’aventure et la confrontation psychologique qui n’a pas trop mal vieilli.
La critique de Nicolas,
Réalisateur de trois James Bond, Lewis Gilbert livre avec Les Mutinés du Téméraire un film maritime fascinant et profondément humain.
S’intéressant à la guerre napoléonienne, le film suit la déambulation d’un navire de guerre Anglais, Le Téméraire, et son équipage.
Se déroulant en 1797, le film s’intéresse à une mutinerie fomentée par l’équipage du navire. Celle-ci est liée aux tensions provoquées par le commandant Lieutenant Scott-Padget.
Le lieutenant est un personnage particulièrement cruel qui n’hésitera pas à user d’une violence particulièrement sauvage sur ses hommes pour les punir.
La mutinerie explosera lorsque Scott-Padget prendra la place du Capitaine Crawford puisque ce dernier a été blessé lors d’un assaut à l’encontre d’un navire Français.
Crawford s’avère être le contraire de Scott-Padget en terme de conception morale et militaire.
Une opposition marquée par la mise en scène du film
Lewis Gilbert marquera donc dès l’ouverture du film une opposition entre les deux hommes. Opposition qui annoncera la mutinerie puisque le navire repose sur des bases fragiles.
Le Téméraire apparaît donc comme une micro-société. Gilbert accentue ce fait en filmant les marins dans un espace fermé et peu éclairé contrairement aux quartiers des supérieurs qui sont situés au-dessus de la coque et donc équipés de fenêtres.
On pourrait y voir des points communs avec le traitement de l’opposition marins/commandants déjà exprimées dans le très grand Cuirassé Potemkine de Sergueï Eisenstein. Les Mutinés du Téméraire exprime la même volonté de montrer la violence du traitement des marins par les instances supérieures symbolisées ici par Scott-Padget pour emporter le spectateur dans son propos.
Gilbert filme de face le mépris et les violences subies par l’équipage pour créer un rapport émotionnel entre les spectateurs et les victimes de Scott-Padget. On pensera à la séquence où ce dernier fait corriger un enfant.
Le film comporte également des séquences de batailles navales
époustouflantes et particulièrement immersives .
Alec Guinness et Dirk Bogarde incarnent tout les deux très bien leurs personnages et livrent un duo en opposition d’une grande puissance qui représentera l’équilibre du navire. C’est en cela que Gilbert propose un film profondément humain surtout avec ce final particulièrement émouvant.
Les Mutinés du Téméraire est donc un film à voir de toute urgence sachant qu’il débarque dans une version restaurée d’une grande qualité chez Rimini accompagné d’un livret et d’une interview vidéo d’Agnès Blandeau, maître de conférence en anglais.
Le film sortira le 2 juin dans toutes les enseignes culturelles.
Avec, Donald Sutherland, Brooke Adams, Jeff Goldblum, Veronica Cartwright, Leonard Nimoy
Sortie : 1978
Genre, Horreur, Science-fiction
Deuxième adaptation du roman de Jack Finney, L’invasion des Profanateurs ou Invasion of The Body Snatchers de Philip Kaufman est un véritable tour de force cinématographique.
Kaufman livre un film qui va s’intéresser à la paranoïa sociale. Contrairement au précédent film de Don Siegel, il choisit de dévoiler l’existence des fameux Body Snatchers en filmant la préparation de leur l’invasion.
un trio d’acteurs exceptionnels
Kaufman filme d’abord la fuite de leur planète, ensuite leur errance dans l’espace et enfin leur arrivée sur la Terre pour finalement se transformer en cosse.
Ce qui est particulièrement génial dans cette séquence est le choix de divulguer le processus d’invasion de ces créatures. Il permet de montrer la vérité aux spectateurs et de les mettre dans une situation inconfortable.
Il sera confronté à cette invasion de l’incapacité de réactivité de l’être humain. Les personnages du film ne pourront pas réagir efficacement puisqu’ils n’auront pas accès à cette vérité.
La découverte se fera par tâtonnement pour les personnages, Kaufman choisira donc d’embrasser la forme du thriller policier et d’enquête pour rythmer son film.
Le monde d’après
Le spectateur devra subir l’invasion et ne pourra rien faire. Ce choix de Kaufman permet donc un investissement total de celui qui suivra son film.
Kaufman construit un film d’une grande richesse thématique. Il filme de face la paranoïa sociale dans laquelle s’engouffre les personnages au fur et à mesure de l’intrigue.
On pensera à cette séquence où l’inspecteur de l’hygiène Bennell accompagné par Elizabeth en voiture vont être confronté à une scène terrifiante où un groupe de personnes va pourchasser un homme en pleine ville.
Le geste inquisiteur
Kaufman créé alors un sentiment de malaise lié au groupe. Il n’y a rien de plus terrifiant qu’un amas de personne qui semble animé par une seule conscience.
Le réalisateur fera jouer les acteurs qui incarnent les personnes touchées par l’invasion de manière à ce qu’ils n’aient plus aucune émotion sur le visage.
Contrairement à Don Siegel, il choisit l’identification des personnes atteintes par l’invasion par l’intermédiaire de ces procédés de jeu. Dans la version de Siegel les Body Snatchers étaient représentés par des personnes qui n’avaient pas changées de comportement. Ce choix permettait de jouer sur le doute du spectateur. Ce n’est pas ce que choisi Kaufman en identifiant les personnes touchées. Ce choix permet d’instaurer un climat de paranoïa, puisque personne ne fait attention aux changement.
L’invasion se déroule dans le calme, elle s’avère donc terrifiante.
Se cacher parmi eux
Le film livre également des visions de body horror assez terrifiantes et gênantes. Les Body Snatchers apparaissent comme des représentations cauchemardesques.
Le casting du film est exceptionnel, Donald Sutherland livre une de ses plus grande prestations comme Brooke Adams.
Kaufman réalise un film exceptionnel qui jouera avec sa mythologie pour offrir un cauchemar social qui ne cessera d’y investir son spectateur.
Toi ! Regarde L’invasion des Profanateurs de Philip Kaufman !
Dario Argento est une légende du cinéma d’horreur. Un réalisateur qui a redynamisé un genre codifié, le giallo, et lui a insufflé sa vision du cinéma.
Un cinéma brutal et poétique. Esthétique et sensoriel.
il maestro
Avec Opera sorti en 1987, il atteint à la fois une grâce cinématographique, un style édifiant et dévoile une fragilité. Opera s’inscrit comme étant un aboutissement des obsessions d‘Argento et aussi de ses passions.
Sa passion pour l’opéra se manifeste par cette volonté de faire un film dédié à cet art tout en y incluant ses pulsions de cinéaste.
ne pas fermer les yeux…
Opera raconte la mise en chantier d’une représentation du Macbeth de Verdi. Après un accident de la cantatrice jouant le rôle de Lady Macbeth, la jeune chanteuse, Betty reprend son rôle.
Elle subira les attaques d’un fan psychopathe qui va la forcer à assister à chacun de ses meurtres.
Opera s’ouvre sur l’œil d’un corbeau scrutant la salle d’opéra et sa répétition. Il assiste à l’accident de la cantatrice. Cette dernière panique à la vue de ces corbeaux qui l’entoure. Non seulement le corbeau symbolise la Mort annonçant donc le futur drame, l’accident de la cantatrice qui survivra mais ne pourra pas chanter, et l’utilisation d’oiseaux pour déclencher un sentiment de terreur rappel Les Oiseaux d’Alfred Hitchcock.
L’oiseau de mort
On retrouve dans Opera cette volonté de faire des oiseaux des créatures malfaisantes mais aussi importantes pour la résolution de l’intrigue puisque ces créatures seront à la fois un moteur de peur, mais serviront également pour capturer le psychopathe qui s’en prend à Betty.
D’ailleurs l’importance de cet animal renvoie au premier film d’Argento, L’Oiseau au plumage de cristal puisque dans celui-ci, le fameux oiseau qui occupe le titre sera l’objet principal de la résolution de l’intrique.
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Lors de la scène d’introduction, Argento continue à développer les multiplicités de point de vue, passant par celui du corbeau, de la cantatrice et enfin du tueur qui se réjouit de l’accident que va subir la cantatrice pour pouvoir laisser Betty prendre sa place.
La main gantée, artefact du giallo
Contrairement à ses habitudes, Argento n’ouvre pas le film sur un meurtre, mais installe plutôt les différents protagonistes dans l’espace de l’opéra et va ensuite mettre en scène des meurtres aussi fous les uns que les autres. Opera apparaît comme étant un des films les plus sauvages de son auteur en incluant des séquences de meurtres d’une violence inédites. La précision du découpage quasi-chirurgicale d’Argento est toujours aussi forte.
L’aspect ludique de ces scènes est renforcé par le sadisme qu’y inclut Argento. L’assassin force donc Betty à assister aux meurtres eu lui scotchant des aiguilles de coutures sur l’œil. Ce mécanisme l’empêche de fermer les yeux ce qui évoque évidemment la violente thérapie que subira Alex dans Orange Mécanique de Stanley Kubrick.
Regarde ! Et devient fou !
La fin d’Opera rappel également la fin du film de Kubrick en finissant sur une séquence de folie à la fois absurde et profondément perturbante. Comme le démontre souvent Argento, la folie meurtrière s’avère être un virus qui se transmet facilement et détruit l’innocence.
Opera n’offre donc aucune échappatoire, il ne reste que la folie.