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Nicolas Perreau

Nicolas Perreau
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Le cinéma c'est ma vie !! J'aime beaucoup de réalisateurs, Ridley Scott, David Lynch, Bong Joo Ho, Hayao Miyazaki etc... Et mon film ultime c'est Blade Runner ! Bonne lectures de mes modestes articles !

L’Affaire Winston de Guy Hamilton par Nicolas

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Réalisé par Guy Hamilton

sorti en 1964

Avec, Robert Mitchum, France Nuyen, Barry Sullivan, Keenan Wynn

Genre, Thriller, film judiciaire

Guy Hamilton, réalisateur de plusieurs James Bond dont l’Homme au pistolet d’or, livre avec L’Affaire Winston un thriller judiciaire d’une grande justesse.

2 ème guerre mondiale, les Anglais et les américains préparent une attaque contre le Japon , l’entente entre les alliés est fragile.
C’est alors que le lieutenant Winston, en garnison en Inde, abat froidement un de ses hommes.
Il se retrouve emprisonné en attente de son jugement.
Le lieutenant Adams, joué par Robert Mitchum, est alors désigné pour le défendre lors du procès devant un tribunal militaire .
Il va tenter de prouver que Winston a des problèmes psychiatriques mais va rencontrer des obstacles pour pouvoir le prouver.

L’intérêt principal du film d’Hamilton est l’enjeu que représente ce procès. Il s’avère que celui-ci se superpose sur l’urgence de la situation de guerre. L’intérêt est de maintenir le lien entre les anglais et les américains pour éviter un conflit dans le conflit.
Winston en ayant abattu ce sergent anglais précipite l’entente entre les deux pays vers le fond.

Hamilton se focalise donc vers des enjeux qui vont au delà de la 2 ème guerre mondiale et s’intéresse à ce qui n’est pas dévoilé lors du conflit au risque d’égratigner la figure du soldat héros.
Winston représente une faille, un problème qu’il faut dissimuler et c’est ainsi que la quête de justice du lieutenant Adams sera enraillée par l’administration militaire pour éviter la caractérisation de la folie du meurtrier .

Hamilton qui avait traité de la figure héroïque avec James Bond.
Ce qui est brillant dans L’affaire Winston est cette absence de héros, Mitchum joue un personnage qui boite et qui apparaît comme un militaire respecté mais marqué par la guerre.

L’affaire Winston s’avère donc être un excellent film judiciaire qui dépeint et égratigne le système judiciaire militaire.
Le film s’avère êtres une ode à la justice et l’équité de traitement en cherchant surtout à s’approcher de la vérité que de la gloire.

Bqhl livre une très belle édition magnifiquement restaurée en blueray .

Le film s’avère assez peu connu et il serait donc important de lui offrir une chance !

Le Congrès d’Ari Folman

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Réalisé par Ari Folman

Avec, Paul Giamatti, Robin Wright, Jon Hamm, Harvey Keitel, Frances Fisher, Danny Huston

Sorti en 2013

Genre : Science-fiction, Animation

Le cinéma est aussi un art qui parle de lui même, c’est ainsi que le troisième long métrage d’Ari Folman, réalisateur de Valse avec Bachir, obtient avec Le Congrès une œuvre traitant à la fois de l’avenir de ce médium et du monde entier.

Le Congrès est un film sorti en 2013, il s’agit à la base d’une adaptation libre d’un roman de Stanislas Lem (l’auteur de Solaris), Le Congrès de Futurologie.

Folman en adapte qu’une infime partie pour y intégrer toute une réflexion sur l’avenir du cinéma et de ses acteurs.
Le Congrès revient sur l’histoire de la fin de carrière de Robin Wright,  jouée par l’actrice elle-même, ce qui annonce une mise en abîme très intéressante.

Ici, la vie de Robin Wright est romancée. Wright est présentée dans le film comme étant une icône dépassée qui est rejetée par les producteurs. Elle vie alors dans un hangar pour avion remanié en maison avec sa fille et son fils, ce dernier atteint d’un handicap assez grave.
Son agent va alors lui proposer de procéder à un scan d’elle même et de ses caractéristiques de jeu d’acteur pour la recréer numériquement.
La seule condition de ce contrat est qu’elle ne doit plus jouer et doit laisser son double virtuel prendre sa place dans les films.
Cette technique offre l’opportunité de rajeunir les acteurs par l’intermédiaire de ce double.
Par exemple le producteur évoque à Robin la possibilité qu’il puisse recréer son physique de sa période « Princess Bride« .

 

 

Cette thématique qui offre une mise en abîme d’une grande richesse permet surtout de s’intéresser à l’avenir du cinéma et de sa considération par les producteurs.
Le producteur apparaît ici comme étant un personnage motivé uniquement par l’argent et qui se moque de tout impératif artistique.

Folman dresse un portrait terrifiant d’une société qui repose sur des aspects superficiels dénués de toute humanité.
L’art n’a plus sa place dans cette industrie .

Après cette entrée en matière le film fait un bon de 20 ans et nous confronte à une Robin plus âgée qui se dirige en voiture vers un étrange congrès.
Elle croise un agent de sécurité et renifle une substance qui la propulse dans un monde en dessin animé. C’est alors que le film bascule dans une deuxième partie impressionnante.
Le Congrès devient un film d’animation époustouflant qui ne délaisse pas la gravité de son propos originel.
Au contraire, celui-ci s’oriente vers une réflexion assez terrifiante sur les dérives de la société moderne.
Folman livre une longue partie qui se sert du dessin animé pour conclure sa thématique principal.

 

 

 

Il s’intéresse toujours au cinéma et y ajoute un constat  très juste en lien avec les questionnements et obsessions des sociétés humaines.

 

On pourra y voir une résonance avec l’œuvre d’un autre auteur de science-fiction, Philip K Dick.
Folman retranscrit parfaitement les inquiétudes de l’auteur vis à vis des technologies et de leur utilisation par le capitalisme.

Au delà du propos toute cette partie s’avère être un véritable tour de force technique et artistique.
L’animation est d’un style à la fois poétique et terrifiant !

 

 

 

 

On peut y trouver des hommages à différents peintres comme Jérome Bosch, notamment dans une scène se situant dans une ville couverte de verdure qui évoque Le Jardin des Délices

La musique de Max Richter est magnifique et apporte une touche mélancolique et profonde à l’œuvre de Folman.

 

 

N’ayons pas peur des mots, Le Congrès est un véritable chef d’œuvre qu’il faut absolument redécouvrir tant il résonne encore avec ce qui se passe en ce moment !
Le Congrès va au delà de la pure approche formelle, elle s’avère surtout humaine.
Folman rapproche l’humain du cinéma et rappel à quel point l’art est nécessaire et doit être protégé.

 

 

 

Le Crocodile de la Mort de Tobe Hopper par Nicolas

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Réalisé par Tobe Hopper
Sorti en 1977
Avec, Neville Brand, Mel Ferrer, Carolyn Jones, Marilyn Burns
Genre : Horreur, épouvante.

 

 

Tobe Hopper est connu pour avoir livré un sacré morceau de cinéma qui a eu un sacré impact.
Le cinéma de genre ne s’en est jamais remis.
Hopper aura eu du mal à se détacher de ce poids que représente Massacre à la Tronçonneuse. Le reste de sa filmographie à tendance a se faire oublier ce qui est dommage.

C’est avec Le Crocodile de la Mort que Carlotta rappel la suite du travail de Hopper et sort une édition de grande qualité, magnifiquement restaurée.

Le film est disponible depuis le 25 avril 2020.

Le Crocodile de la mort est un film particulier puisqu’il mélange le film de bestiole et de meurtrier. Il serait dommage de se fier au titre français qui dénature le propos de l’œuvre puisque le spectateur sera confronté peu de fois au crocodile.
Dans ce film, Hopper s’intéresse encore une fois aux marginaux dégénérés avec le personnage de Judd, propriétaire complètement taré d’un hôtel perdu dans le bayou magnifiquement incarné par Neville Brand.

Le Crocodile de la Mort est le 3ème film de Hopper (le premier qui précède Massacre à la tronçonneuse est introuvable ). Il dispose ici d’un budget plus conséquent et délaisse un peu l’aspect amateur que l’on pouvait observer sur son précédent filme.
La photographie est ici beaucoup plus ample et atmosphérique que celle de Massacre à la tronçonneuse qui est beaucoup plus solaire et sale.

Cependant, Hopper ne lâche pas le climat de malaise qu’il avait réussi à créer précédemment.
L’hôtel est plongé dans le rouge, une couleur qui met en place un climat angoissant et matériel. Hopper a toujours été un cinéaste de la matière et c’est aussi le cas dans ce film.
Le spectateur est projeté physiquement dans les marécages crasseux du bayou. L’espace est existant comme ce fut le cas dans Massacre à la Tronçonneuse avec ses étendues sauvages du Sud des États- Unis.

L’autre aspect intéressant est la musique qui est composée pat Hopper lui-même qui est très atmosphérique et angoissante ce qu participe au malaise constant ressenti par le spectateur.

Judd est le personnage central du récit, l’antagoniste devient ici le protagoniste ce qui était déjà le cas de Massacre à la tronçonneuse. Hopper le filme son quotidien. Il en fait un personnage qui est à la fois innocent et cruel. La folie qui le possède apparat comme un élément quasiment tragique.

 

Sa marginalité et le rejet qu’il subit de la part de la ville et de ses habitants le pousse à tuer et s’imposer un code moral. Ainsi il devient pure abstraction quand on le voit prendre comme arme une faux et devenir la grande Faucheuse.
Hopper continue à s’intéresser aux personnages brisés qui deviennent fous. Il inscrit donc son œuvre dans un contexte politique.

Le Crocodile de la Mort s’avère être une œuvre qui n’est pas dénuée de défauts mais qui avec le recul délivre un propos d’une grande force comme ce fut le cas avec Massacre à la Tronçonneuse.
La ressortie effectuée par Carlotta est donc un excellent prétexte pour se replonger sur ce film fascinant et terrifiant dans sa finalité.

Sherlock Holmes attaque l’Orient Express d’Herbert Ross par Nicolas

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Réalisé par Herbert Ross

Sorti en 1976

Avec, Alan Arkin, Robert Duvall, Nicol Williamson

Genre, thriller, aventures

 

 

Le personnage de Sherlock Holmes est emblématique . Les œuvres de Conan Doyle auront connues de multiples adaptations.
Sherlock Hommes attaque l’Orient Express, réalisé par Herbet Ross et sorti en 1976, n’est pas une adaptation  des aventures de Sherlock par Conan Doyle mais celle d’un pastiche écrit par Nicholas Meyer paru en 1974 et intitulé La Solution.

Le film revient sur la dépendance à la cocaïne de Sherlock Holmes et son obsession concernant le professeur Moriarty qu’il décrit comme étant un génie du mal. Holmes, avec l’aide de Watson, va se faire soigner par un éminent médecin, Sigmund Freud.

Le résumé du film pourrait prêter le sourire mais malgré son aspect de pastiche de l’art de Doyle, Sherlock Holmes attaque l’Orient Express est un superbe film d’aventures qui s’avère parfois léger mais aussi anxiogène.
Par exemple, la longue séquence d’hypnose dirigée par Freud sur Sherlock pour le soigner de son addiction à la cocaïne s’avérera être un passage particulièrement difficile pour le personnage et le spectateur. Ross livre une mise en scène qui illustre de manière très efficace la dureté de cette scène et de ce que représente l’addiction de Sherlock. Ainsi il filme la chambre de traitement comme une prison qui aura un impact sur les visions du célèbre détective.
Lors de cette longue séquence apparaîtra des monstres, des serpents et de terrifiantes créatures.

 

Le film prend à contre pied le spectateur en faisant de Sigmund Freud un personnage de films d’aventures ce qui pourrais paraître cocasse. Cependant, Ross se sert très bien du personnage et en fait une figure mythique qui s’imbrique bien dans la mythologie du créateur de Sherlock Holmes.

Le film comporte également des scènes impressionnantes dont cette séquence finale de poursuite en train qui s’inspire sûrement du Mécano de la Général de Buster Keaton.
Cette scène offre un climax époustouflant très bien chorégraphiée dont chaque coup porté, chaque plan participe à l’immersion. Cette longue poursuite fait que le film vaut sacrément le détour rien que pour celle-ci !

Herbert Ross livre un film d’aventures très abouti comportant en plus un casting très alléchant, Nicol Williamson est excellent en Sherlock Holmes, Robert Duvall campe un Dr Watson émouvant dans sa volonté de sauver son ami détective et Alan Arkin incarne un Sigmund Freud légendaire !

TITLE: SHERLOCK HOLMES: THE SEVEN PERCENT SOLUTION • PERS: REDGRAVE, VANESSA / DUVALL, ROBERT / WILLIAMSON, NICOL / ARKIN, ALAN • YEAR: 1976 • DIR: ROSS, HERBERT • REF: SHE044AI • CREDIT: [ THE KOBAL COLLECTION / UNIVERSAL ]
Sherlock Holmes attaque l’Orient Express vaut sacrément le détour sachant qu’il ressort dans une très belle restauration éditée par Bqhl sorti le 6 février.

Spasmo d’Umberto Lenzi par Nicolas

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Réalisé par Umberto lenzi

Sorti en 1974

Avec,Robert Hoffmann, Barbara, Ivan Rassimov, Adolfo Lastretti

Genre : Horreur, épouvante, thriller

Le Giallo est un genre italien qui s’est développé massivement en Italie et partout dans le monde au point d’avoir inspiré des cinéastes comme Brian de Palma.

Spasmo, réalisé par Umberto Lenzi, est un magnifique film de ce genre qui est réédité par Bqhl le 9 mars 2020.

Christian, fils d’un riche industriel tombe amoureux de Barbara. Il sera pris de paranoïa maladive lorsqu’il se rendra compte qu’il sera poursuivi par un étrange tueur.
Le résumé de Spasmo évoque une trame phare du Giallo. Cependant Lenzi incorpore une stylisation et un récit psychologique qui apporte à Spasmo une certaine singularité.

Lenzi opère donc un mélange des genres, entre le film d’enquête et de poursuite tout en y injectant des aspects poétiques et horrifiques. Le film navigue entre diverses ruptures de ton qui apportent une certaine saveur au film.
D’ailleurs la magnifique ouverture maniérée et rythmée par l’excellente musique d’Ennio Morricone qui apporte une ambiance assez particulière témoigne de l’intérêt du film. Cette ouverture est accompagnée de magnifiques plans de mannequins qui auront sûrement inspirés Peter Strickland pour son sublime générique d’ouverture d’In Fabric.

Cette stylisation se mélange à un montage brut et une réalisation qui brise les conventions comme ce fut le cas pour de nombreux Giallos. Ainsi, le film est composé de nombreux cuts intempestifs et ultra zoom pour précipiter le spectateur au cœur du récit.

 

 

L’œuvre de Lenzi s’avère posséder une force singulière qui provient de son traitement. Comme évoqué précédemment, le mélange des genres et les ruptures de ton font que le film peut très bien passer d’une situation cocasse à une atmosphère plus angoissante et dramatique .

Spasmo s’avère être un film dont il faut dévoiler peu d’éléments pour que le visionnage soit encore plus fort. Malgré quelques ficelles scénaristiques qui entachent la puissance de l’œuvre de Lenzi, la découverte de ce Giallo s’avère intéressante.


L’édition de Bqhl offre une très belle restauration et une interview du réalisateur. Il est donc conseillé de se jeter sur ce film pour vivre une expérience particulièrement riche et envoûtante !

Avanti ! de Billy Willder par Nicolas

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Réalisé par Billy Wilder

Sorti en 1972

Avec Jack Lemmon, Jr. Juliet Mills, Clive Revill, Edward Andrews, Gianfranco Barra

La comédie n’est pas un genre qui a pour mission de simplement faire rire, il est tout à fait possible d’aller au delà et de délivrer un message ou une expérience cinématographique.
C’est le cas du cinéma de Billy Wilder, cinéaste habitué aux comédies de mœurs il livre avec Avanti un film à la fois drôle, touchant et intéressant au niveau de son traitement des relations conjugales.

Wendell Armbruster, Jr. est un PDG américain venu en Italie pour faire rapatrier le cadavre de son père. Il découvre que ce dernier est décédé avec sa maîtresse et que la fille de cette dernière est venue récupérer son cadavre. Wendell va apprendre a connaître une partie du passé de son père.

 

Ce qui frappe dès l’ouverture du film la manière dont Wendell perçoit le climat italien. Il n’est clairement pas à sa place dès son arrivée. Il est tout de suite précipité dans une société largement différente de la sienne.
Wendell apparaît comme étant un personnage obsédé par la vitesse. Le rythme Italien qui est alors plus reposé lui apparaît comme étant absurde et déconcertant.
Wilder livre dès le début une critique sociale propre à son cinéma. Il se sert de l’humour pour projeter son personnage dans un climat et des habitudes contraires aux siennes.

Il se retrouve fasse à des personnages qui fonctionnent différemment ce qui va avoir un impact sur ses interactions sociales. Wilder construit le gag à partir d’une situation qui pousse son personnage dans ses retranchements.

Cependant au fil des événements Wendell va changer et s’habituer au calme italien et prendre ses aises comme son père le précédent. Celui-ci s’était peut être retrouvé dans la même situation pour ensuite changer.

Wilder se sert de la comédie de mœurs pour créer un propos social et anti puritain puisqu’il va casser la figure traditionnelle du couple par l’intermédiaire de la relation entre Wendell et la fille de la maîtresse de son père.

Clive Revill, Jack Lemmon

 

Wilder traite aussi d’un sujet assez moderne qui est celui de la condition des femmes et l’enfermement subit par une masculinité toxique. En effet, Pamela, la fille de la maîtresse du père de Wendell, est atteinte de dysmorphie corporelle.
Pamela est obsédée par son poids puisque souvent moquée par les autres hommes. Wendell lui même se moquait de cette femme pour ensuite l’encourager à s’échapper de ce trouble causé par une situation abusive.

Avanti apparaît donc comme étant un film d’une grande modernité qui dissimule un propos passionnant sur la perception de soit et des autres. Il se sert du genre pour créer une réflexion intelligente sur les interactions sociales.

Le film ressort dans une copie magnifiquement restaurée chez Rimini le 17 mars 2020. Il comporte de multiples bonus dont des interview et une conversation croisée entre Mathieu Macheret et Frédéric Mercier. L’édition est accompagnée d’un livre rédigé par Marc Toullec.

Patrick de Richard Franklin par Nicolas

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Réalisé par Richard Franklin

Sorti en 1978

Avec, Susan Penhaligon, Robert Helpmann, Rod Mullinar, Bruce Barry, Robert Thomson

Genre : Fantastique

 

 

Un homme dans un état de légume, une infirmière qui s’en occupe, des pouvoirs étranges. Voilà de quoi résumer Patrick, film de genre réalisé par Richard Franklin et sorti en 1978. Rimini édition choisit encore une fois de partager un de ses meilleurs vin !

Patrick est presque aussi indescriptible qu’une horreur lovecraftienne, il s’agit ici d’un produit filmique singulier et déroutant qui s’ouvre sur une scène de meurtre stylisée et admirablement bien mise en scène et va choisir d’enchaîner sur un thriller médicale et froid.
L’hôpital où est soigné Patrick apparaît alors comme une ruine décrépite. L’écriteau lumineux qui affiche le nom du lieux ne fonctionne pas bien, les appareils semblent datés, Patrick apparaît comme étant un élément de cette vieillerie mourante.

Avec cette mise en scène désincarnée, Franklin appuie l’atmosphère mortuaire qui se dégage du récit, au delà de l’aspect horrifique du film s’ajoute une cadre plus dramatique.
Patrick, après être apparu comme étant un monstre pervers qui mériterait son état après ce qu’il a fait dans l’introduction du film est sauvé par le regard rempli de tendresse de l’infirmière.
Cette intérêt et fascination qu’elle a pour Patrick va la mener vers la découverte de son secret.
Patrick apparaît donc comme un «  légume » qui n’en est peut être pas vraiment un.

Le film s’aventure également vers des questionnement très moderne comme le cas de l’euthanasie. Le film n’oriente pas forcément son propos sur la question mais se permet d’y représenter les différentes visions de cette thématique.
Ainsi le film dénonce à la fois les excès médicaux par l’intermédiaire du médecin en chef et la volonté d’arrêter les soins par les actions de l’infirmière en chef.

Les éléments fantastiques quant à eux sont là pour jouer avec une forme de grotesque qui ajoute une nouvelle dimension au film qui est liée à son savant mélange des genres .
L’horreur devient burlesque mais garde son aspect terrifiant.


Franklin joue avec ce film un sacré numéro d’équilibriste et livre une œuvre fascinante qui n’est pas exempt de maladresses .

Rimini propose une magnifique version du film et y inclus des interview de l’équipe. L’édition est sortie le 6 mars 2020

La Rose et la Flèche de Richard Lester

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Réalisé par Richard Lester

Avec Sean Connery, Audrey Hepburn, Robert Shaw, Richard Harris, Nicol Williamson

Sorti en 1976

Genre : Aventure

Le cinéma s’est emparé de plusieurs mythes pour en dévoiler toutes les facettes.
Parfois rationalisé à outrance et de manière cynique, souvent iconisé par l’intermédiaire de la grammaire cinématographique.

La Rose et la Flèche de Richard Lester sorti en 1976 est une belle vision du mythe de Robin des Bois ou plus précisément Robin à la Capuche.
Lester choisit d’ouvrir le film sur un personnage qui n’est pas nommé, oublié, parti en guerre.
C’est avec un Robin des Bois vieillissant que Lester revisite le mythe et propose une figure marquée par la guerre, face à un Richard Coeur de Lion qui a méchamment pété une durite.

Cette situation d’après Croisades pousse Robin a revenir dans sa province et donc revivre sa légende et se retrouva face à sa jeunesse. Ce qui est intéressant c’est cette volonté de Lester qui consiste a détruire le mythe pour le reconstruire, il n’évitera pas l’inclusion de situation humoristique qui ajoutent une forme de tendresse au personnage de Robin, une faiblesse de vieil homme qui le fait descendre de son piédestal de légende vivante.

Lester multiplie les rupture de tons et n’hésite pas à emprunter l’humour des Monty Python. C’est ainsi que Lester joue avec son personnage et le rend émouvant.
C’est en choisissant de le faire revenir sur les traces de sa légende que le cinéaste la perpétue. Il endosse donc un rôle de médiateur qui confirme l’importance du mythe au niveau cinématographique.

Cela s’illustre par la relation qu’il entretien avec Marianne tout au long du film mais aussi son combat éternel envers le Shérif de Nottingham. Ce personnage incarne le passé mortifère qui a vaincu la légende par son règne lors de l’absence de Robin en sa province.
Par ce moyen, Lester renoue avec le lyrisme de la légende et choisit de conclure une histoire mythique. Il prend donc le risque du parcours tragique pour inscrire définitivement le personnage de Robin des Bois dans l’inconscient collectif.

Les acteurs sont tous formidables, surtout Sean Connery épaulé par une Audrey Hepburn au maximum de se moyens ! Sean Connery colle parfaitement aux intentions de Lester et livre une prestation en retenue qui participe à l’appréciation du personnage. Audrey Hepburn joue une Marianne terrassée par la mort et la vieillesse et rend la relation entre Robin et celle ci très forte.

Le film bénéficie d’une bande originale de grande qualité composée par John Barry qui ajoute un appel à l’aventure d’une grande force.

Le film ressort en Dvd et Blue Ray édité par Rimini le 18 février 2020. Cette édition est de grande qualité. Les bonus proposent des interview qui apportent beaucoup d’éléments pour comprendre le mythe de Robin des Bois ainsi que la création de ce film.

Foncez donc vivre cette grande aventure qui ne pourra pas vous laisser sur le carreau !

Le Temps du châtiment de John Frankenheimer

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Réalisé par John Frankenheimer

Avec Burt Lancaster, Dina Merrill
Edward Andrews, Vivian Nathan

sorti en 1961

genre : Thriller

 

La justice a souvent été traité au cinéma, le plus grand exemple de film réussi se concentrant sur cette thématique est 12 hommes en colère de Lumet.
Cependant Le Temps du châtiment datant de 1961 et réalisé par John Frankenheimer s’avère être aussi un bon exemple de film sur ce sujet.

Se concentrant sur le déroulement d’une enquête concernant le meurtre d’un jeune mexicain aveugle par un groupe de délinquants, Le Temps du Châtiment est un film percutant et assez bouleversant.

Bouleversant puisque le film se concentre sur l’enquête menée par un procureur dont le rôle est de condamner les 3 meurtriers. Toute l’histoire évolue avec son point de vue et ses convictions.
Frankenheimer dépeint un homme qui cherche à tout prix a précipiter les trois jeunes gens vers la chaise électrique.
Cette vision changera et brisera les principes moraux du procureur.

Frankenheimer choisit de présenter l’enquête sous tout ses angles. Le spectateur est alors immergé dans l’affaire comme s’il en était un acteur important. Le réalisateur se sert de flash backs et les différent point de vue pour reconstruire la scène de crime et rétablir la vérité. Une vérité qui amène un traitement complexe de l’affaire et des questions de justice.

Le justice est ici représentée sous son aspect le plus complexe et, à la manière de Lumet avec 12 hommes en colère, Frankenheimer choisit d’en dévoiler toute l’amoralité.
La mise en scène permet ce constat en traitant la séquence du procès de manière encore une fois immersive et quasi-documentaire.

Frankenheimer livre un constat d’une grande tristesse concernant les quartiers pauvre et choisit comme protagoniste un ancien habitant de ces quartiers.
L’affaire en elle-même apparaît donc comme un combat du personnage du procureur contre son propre passé, sa propre souffrance d’enfant des quartiers à risque.

Ce traitement moderne prouve l’avènement d’un cinéma américain d’une grande maturité qui n’a pas peur de brusquer le spectateur, en témoigne l’introduction d’une grande violence qui n’est pas dénuée d’impact.

Burt Lancaster est incroyable dans son rôle de procureur, il apporte une figure profondément humaniste qui n’est pas dénuée de faiblesses. Il apparaît comme une anti-héros qui renouera finalement avec la figure du héros américain.

Le Temps du châtiment est donc comme une œuvre de grande qualité, voir un classique !
L’édition de Rimini est de très bonne qualité et propose des bonus qui permettent de situer le film vis à vis de l’histoire du cinéma américain. Un livret de 32 pages est compris.
Cette édition est sortie le 15 février 2020.

Harlequin de Simon Wincer par Nicolas et Liam

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Harlequin de Simon Wincer
Pays Australie
Année 1980
Casting Robert Powell, David Hemmings, Carmen Duncan,…
Genre Fantastique

 

 

L’avis de Nicolas

 

Le cinéma de genre est particulièrement varié. Harlequin de Simon Wincer en est un exemple significatif.

Le sénateur Nick Rast est obsédé par son travail au point de délaisser sa famille . Son fils est atteint d’une leucémie et n’en a plus pour longtemps. C’est alors qu’un homme étrange surgit et le sauve de cette maladie.

La première chose qui frappe avec Harlequin est son mélange des genres, passant d’un drame à un film plus fantaisiste voir horrifique et finissant sur une thématique plus politique . Il mute et enchaîne les différents genre avec grande clarté.
Il ne perd jamais le spectateur et se permet d’aller jusqu’au bout.

Le film n’évite pas l’absurde ou d’autres séquences plus risquée en terme de narration. Ainsi le film se permettra d’aller vers des contrées plus abstraite en évoquant la magie, voir la sorcellerie.

Ainsi le personnage de Gregory change au fur et à mesure du récit. Il passe d’un être angélique à un personnage maléfique qui créé le malaise puisque le positionnement morale concernant ce dernier s’avère difficile.
Le spectateur se retrouve perdu face à cet être qui défit les lois de la logique.

Wincer installe plusieurs questionnements et thématiques qui s’encrent parfaitement dans le genre du cinéma d’horreur mais n’oublie pas d’insuffler un pur drame familial dans le récit. Nick Rast est finalement un père perdu qui n’arrive pas à gérer sa vie de famille.
Grégory symbolise à la fois une solution à ses problèmes et un adversaire sentimental.

C’est ainsi que Wincer développe la thématique de l’envahisseur, celui qui va s’introduire dans la maison et en voler chaque élément qui la compose.

Cet apport thématique fait d‘Harlequin un incontournable en terme de traitement du genre. Sachant que le film a extrêmement bien vieilli et demeure toujours aussi passionnant.
Les acteurs quant à eux sont tous très bon, surtout Robert Powell qui est hypnotique !

Harlequin est ressorti dans une version restaurée et éditée par Rimini le 3 février 2020. Il est accompagné d’excellents bonus composés des interview de l’équipe du film et du critique Kim Newman. Le BlueRay est accompagné d’un petit livret.

Procurez vous donc cette belle œuvre qui vous envoûtera de par sa poésie hypnotique et sa terrifiante finalité !

 

 

L’avis de Liam

Rimini nous sort une autre pépite du fantastique des années 80 avec Harlequin.
Quand un sénateur rencontre un mystérieux individu doté d’étranges pouvoirs soignant son fils de la maladie, son destin s’en retrouve marqué.
Drôle de personnage que ce Grégory Wolfe, incarné par un tout aussi curieux Robert Powell. Le personnage dégage ainsi une aura étrange qui porte tout le film par cette prestation, celle d’un intrus qui s’incruste dans la vie d’une famille par ses talents inexpliqués. On comprend que le personnage principal s’en retrouve dérangé tant Wolfe dispose de l’attirail du méchant de film de genre au danger que l’on sent intériorisé. C’est un personnage insaisissable, provoquant autant de questionnements sur sa nature de la part des personnages que des spectateurs, assistant à un certain rapport de force qui ne peut que se diriger vers une lutte physique.


Simon Wincer parvient dès lors à mettre en scène de manière correcte son récit d’intrusion avec un certain sens accentuant la nature manipulatrice de Wolfe. Alors certes, il y a des effets spéciaux qui ont un peu vieilli (normal pour un film sorti il y a plus de 30 ans), mais on sent une certaine dynamique angoissante se créer par la place adoptée par Wolfe. Une ambiguïté s’en dégage avec une efficacité qui devrait plaire à tout amateur de cinéma fantastique. Tout est dépeint dans une forme d’étrangeté en opposition au monde assez clinquant de ce sénateur qui verra sa structure familiale, déjà déséquilibrée en profondeur malgré la solidité apparente, être bouleversée par cet intrus charismatique.
Le combo Blu-Ray/DVD proposé par Rimini est comme toujours remarquable, proposant le long-métrage en haute définition ainsi que de multiples interviews (le critique Kim Newman, les comédiens Robert Powell et David Hemmings à l’époque de la sortie du film ainsi que Simon Wincer, le producteur Anthony I. Ginnane, le scénariste Everett de Roche et le comédien Gus Mercurio), sans oublier le livret du toujours présent et intéressant Marc Toullec.

De quoi redonner peau neuve à une remarquable série B divertissante et portée par un personnage aussi déconcertant et fascinant que l’interprétation offerte par Robert Powell. C’est donc une belle trouvaille qui devrait largement plaire aux amateurs de genre.