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Nicolas Perreau

Nicolas Perreau
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Le cinéma c'est ma vie !! J'aime beaucoup de réalisateurs, Ridley Scott, David Lynch, Bong Joo Ho, Hayao Miyazaki etc... Et mon film ultime c'est Blade Runner ! Bonne lectures de mes modestes articles !

Les Croisades ( 1935 ) de Cecil B. DeMille

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réalisé par Cecil B. DeMille

sorti en 1935

Avec Loretta Young, Henry Wilcoxon, Ian Keith, Charles Aubrey Smith, Katherine DeMille

 

La période des croisades convoque beaucoup de thématiques. Voir un cinéaste ambitieux comme Cecil B. DeMille s’y atteler ne peut qu’être gage de qualité.

Les Croisades, film de 1935, évoque la prise de Jérusalem par Saladin. Richard Coeur de Lion, roi d’Angleterre, prend part au conflit et mène les croisades.
Personnage détestable et révolté, il changera au fur et à mesure de sa quête et deviendra finalement un personnage mythique, voir iconique. C’est là toute la force qui se dégage du film de DeMille. Richard est filmé dès le début comme étant un personnage antipathique.

 

Évidemment le fait d’être en face d’un personnage détestable n’est pas un problème, le spectateur n’est pas obligé d’apprécier un personnage. Mais il est toujours intéressant d’assister à la mutation de celui – ci.

A l’image de Balian d’Ibelin dans Kingdom of Heaven de Ridley Scott, Richard Coeur de lion est en quête d’idéal. Celui-ci devient la ville de Jérusalem.
Cet objectif va littéralement changer la personnalité de Richard.

Ce changement passera également par la rencontre de Bérengère de Navarre, femme qu’il ignorera et méprisera avant de percevoir sont aspect angélique. Aspect mis en valeur par DeMille par l’intermédiaire de la mise en scène. Il se sert d’une lumière divine pour iconiser Bérangère.
D’ailleurs il s’avérera que ce sera Bérangère qui réglera d’une certaine manière le conflit opposant Saladin et Richard.

DeMille choisit également un portrait assez complexe du conflit et ne tombe pas dans le manichéisme toxique. Il choisit au contraire de montrer Saladin comme un guerrier qui n’est pas dénué de sagesse.
Il ne serait d’ailleurs pas surprenant que ce film ait inspiré Ridley Scott pour Kingdom of Heaven.

Les Croisades s’avère être un film d’une grande maîtrise, qui comporte malgré tout des défauts au niveau de son rythme liés à sa grande ambition.
Mais la démesure de cette œuvre est attachante et témoigne d’une grande maîtrise des effets de mise en scène et du spectaculaire que l’on peut constater avec les séquences de batailles au rythme époustouflant.

Jouissant en plus d’un duo d’acteurs irréprochables, Les Croisades est une pépite du cinéma de patrimoine Hollywoodien.
Le film ressort dans une très belle restauration éditée par Bqhl et sorti le 11 décembre 2019.
L’édition BlueRay est accompagnée d’un livret.

Le Tango de Satan

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Réalisé par Béla Tarr

Avec : Mihály Vig, Putyi Horváth, Laló Lugossy, Éva Almássy Albert

Sorti en 1994

Le cinéma des pays de l’Est est gorgé de merveilles. Le Tango de Satan en est un exemple frappant.
Béla Tarr est un réalisateur très réputé dans le milieu du cinéma Hongrois. Il possède aussi une renommée internationale qui malgré son importance demeure discrète.

Film de 7h30 chapitré en noir et blanc et quasi composé que de plan séquences, Le Tango de Satan est une œuvre déroutante dont le visionnage relève d’un véritable cauchemar éveillé dans les terres hongroises contaminées par le mal.

Dans une ferme collective, les habitants complotent les uns contre les autres. C’est alors que le retour de deux anciens villageois que l’on croyait morts va bouleverser la petite bourgade. Certains craignent ce retour tel l’arrivée de Satan, d’autres espèrent la venue du messie.

C’est sur une cloche possédée et un plan séquence sur des vaches en libertés que s’ouvre Le Tango de Satan pour muter vers une danse infernal qui possède le spectateur jusqu’à son trépas. Car c’est bien d’une œuvre où la mort règne dont il est question. Les terres hongroises sont filmées comme des environnements menaçant et annonciateur de la faucheuse.

Les Villageois quant à eux vivent dans des bâtiments abandonnés, mort, en ruine. Chaque personnage déambule dans ces restes d’humanité.

Ce caractère accentue l’aspect intemporel du film et de son récit, il est impossible de déterminer de manière précise l’époque où se déroule le film.
Il en ressort l’impression d’être en face d’un Enfer dont les personnages en sont les fantômes.

De cet aspect déprimant, Béla Tarr en fait ressortir un caractère poétique puissant. Il filme la nature en lui donnant un statut de personnage à part entière. IL y ajoute un travail sur le son très immersif.
Cette poésie se dégage donc de l’outil cinématographique, de la mise en scène.

Béla Tarr ne filme pas qu’une simple histoire. Il fait de cette intrigue une allégorie de la chute du communisme. Cette ferme devient le lieu de la souffrance. Son exutoire.

Le Tango de Satan est un incontournable. C’est une œuvre de pur cinéma qui transporte le spectateur dans des contrées déprimantes et belles. C’est la beauté souffrante.

Le Tango de Satan ressort dans une version restaurée par Carlotta le 12 février. Donc si vous êtes prêts pour un voyage en enfer, prenez vos tickets !

Evil Boy d’Olga Gorodetskaya par Nicolas et Liam

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Réalisé par Olga Gorodetskaya

Avec Sevastian Bugaev, Elena Lyadova, Vladimir Vdovichenkov, Evgeniy Tsyganov

Sortie le 21 mars 2019

La critique de Nicolas,

Le cinéma Russe est encore trop marginalisé. Pourtant il propose une palette de films assez variée.

Evil Boy de Olga Gorodetskaya est la preuve d’une assez grande variété puisqu’il s’agit d’un film horrifique et fantastique qui apparaît comme étant une œuvre riche et intéressante qui n’a pas à rougir face au cinéma de genre plus popularisé.

Evil Boy conte l’histoire d’un couple qui a perdu leur enfant et qui choisissent d’adopter un enfant trouvé dans un orphelinat. Celui-ci a certains problème comportementaux qui rendront la vie du couple assez difficile.

Ce qui frappe d’avance avec Evil Boy est son approche du film fantastique. Olga Gorodetskaya Choisit d’aborder l’horreur par le prisme du drame familial et propose des thématiques passionnantes.

Le deuil est abordé ici de manière frontale et fantastique. La monstruosité est liée directement à la peur de la mort et l’absence de l’autre. La figure d’abstraction offerte par l’aspect fantastique du cinéma de genre permet de clarifier le propos. Le film va donc jusqu’au bout de ses thématiques en finissant sur une conclusion fascinante et déconcertante, le deuil gagne toujours.

La réalisation d’ Olga Gorodetskaya est très intéressante, en choisissant de filmer la nature de manière organique et poétique elle renoue avec l’approche du cinéma Russe des décors. Elle déjoue les codes habituelles qui peuvent faire fuir comme le Jumpscare qui a souvent tendance a être mal utilisé par le cinéma horrifique formaté.

Le seul défaut notable concernant celle-ci est l’utilisation maladroite des vfx qui gâchent deux courtes séquences, mais rien de bien dommageable finalement.

Les acteurs jouent tous très bien et chaque personnage est abordé de manière équilibrée.
Mais la véritable révélation est le jeune acteur qui joue l’enfant qui gère d’une manière admirable un rôle qui n’est pas évident.

La musique quant à elle est de très bonne facture et renoue avec l’héritage Carpenterien en proposant une bande originale électronique qui colle très bien à l’ambiance.

En bref, il faut voir Evil Boy qui est une belle œuvre Russe. Le film est distribué par Rimini éditions chez nous. Celle-ci est sortie le 25 janvier 2020.

 

La critique de Liam,

 

 

Le cinéma d’horreur russe fait partie de ces productions que l’on retrouve plus souvent en festival ou en Direct To Video que sur grand écran, à tort ou à raison. C’est une nouvelle fois le cas avec le long-métrage d’Olga Gorodetskaya, suivant des parents endeuillés réagir de manière différente à l’enfant qu’ils ont recueilli. Dans certains aspects, on peut comprendre cette absence de distribution au vu de certains de ses défauts, notamment dans des effets numériques visiblement dûs à un budget que l’on imagine peu élevé, ou son récit qui prend par moments des orientations un poil trop alambiquées. Néanmoins, le film dispose également de quelques qualités qui mériteraient d’être mises en avant.

Ainsi, le drame des personnages principaux nourrit le film, l’absence de réponse à leur questionnement apportant une touche de drame expliquant leurs réactions ambivalentes. Les interprètes sont assez convaincants pour porter leurs sentiments opposés avec ce qu’il faut pour accepter des décisions qui, à première vue, paraitraient bêtes, mais pourtant chargées par leur perte et les remords qui les nourrissent. La nature de la menace, que nous ne vous dévoilerons pas pour en conserver la surprise, s’avère dès lors assez logique et rentre dans un certain conflit moral qui, sans être totalement prenant, s’avère compréhensible pour toute personne ayant connu une perte dans son existence.

Olga Gorodetskaya amène dans sa mise en scène ce questionnement, notamment par le choix de certains cadres renfermant ses protagonistes, soulignant une certaine efficacité émotionnelle sans toutefois parvenir à être réellement bouleversant. Elle arrive à gérer ses effets horrifiques avec plus ou moins de réussite, l’image d’une séquence de cauchemar ou d’un événement dont une partie de la tension se joue plus en arrière-plan.

Sans être une grande réussite, Evil Boy fonctionne assez bien pour divertir un public en quête d’œuvres horrifiques sortant d’un paysage audiovisuel assez connu. On espérera juste que le cinéma de genre russe saura disposer un jour d’une distribution plus conséquente, bien que l’on se satisfait largement de l’édition fournie par Rimini.

 

American Graffiti de George Lucas

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Réalisé par George Lucas

Avec, Richard Dreyfuss, Ron Howard, Paul Le Mat, Charles Martin Smith, Harrison Ford, Cindy Williams

Avant de s’atteler à Star Wars, George Lucas est à l’origine de deux films, THX1138 et American Graffiti.

American Graffiti sort en 1973, il dépeint la jeunesse américaine des années 60 et reflète la vie qu’a connue George Lucas.

Le réalisateur délivre un film surprenant et fascinant. Œuvre nostalgique et mélancolique, American Graffiti est une sacré surprise surtout lorsque l’on prend connaissance de la carrière de Lucas après et son abandon successif de la carrière de réalisateur.

En voyant ce film on prend conscience du tiraillement d’un jeune réalisateur perdu dans son époque et rêveur. C’est ainsi que chaque personnage du film pourrait représenter une facette de son réalisateur. Ces jeunes qui doivent vivre avec douleur le passage vers le monde des adultes apportent à la fois une dimension comique et mélancolique voire dramatique. Lucas n’hésite pas a créer des ruptures de tons ce qui amène un aspect singulier au film.

D’ailleurs la comparaison avec le récent Once upon a time in… Hollywood peut se faire puisque la démarche de reconstitution des années 60 s’avère être la même. IL est fort possible que Tarantino se soit même inspiré de la démarche de reconstitution de Lucas pour son cinéma. Rien que pour l’utilisation intra-diégétique des postes de radio.

La radio devient un véritable personnage qui guide les personnages dans la ville. Cet élément illustrera une des scènes les plus émouvante du film, un des jeunes rencontrera un animateur radio qui diffusera un message d’amour.

Les acteurs livrent tous une belle performance et sont tous très bien gérés. L’aspect choral du film fonctionne à merveille puisque Lucas s’attarde sur chaque personnage et sait les iconiser. On peut voir Ron Howard, Harrison Ford et Richard Dreyfuss dans ce film qui sont tous des acteurs et réalisateurs emblématique du nouvel Hollywood.

American Graffiti est une œuvre d’une grande tendresse qui fait regretter l’abandon d’une carrière de réalisateur pour celle d’un publicitaire, ce qui est regrettable. George Lucas avant de faire Star Wars avait déjà un grand talent de cinéaste épuré et efficace qui est confirmé avec ce film.

Rimini éditions sort encore une fois une belle édition combo BlueRay le 21 janvier 2020 ayant une belle restauration ! Foncez donc découvrir une œuvre que vous n’êtes pas prêt d’oublier !

Une Journée de Fous d’Howard Zieff

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Réalisé par Howard Zieff

Avec Michael Keaton, Christopher Lloyd, Peter Boyle, Stephen Furst

Sortie le 21 janvier 2020

 

 

 

Un psychiatre décide d’emmener un groupe d’internés avec lui à un match de Baseball, mais ce voyage va mal tourner. Voilà le simple pitch d’Une journée de Fous d’Howard Zieff. Réalisé en 1989 , Une journée de Fous clôture une importante décennie de cinéma portée par un cinéma varié qui aura un impact sur la suivante.

Ce qui est de suite intéressant avec Une journée de Fous est son casting, comportant Michael Keaton et Christopher Lloyd, deux acteurs importants, l’un ayant joué l’iconique Batman de Burton et l’autre dans la trilogie Retour vers le Futur et Qui veux la Peau de Roger Rabitt ? de Robert Zemeckis.

L’autre aspect qui se dégage de ce film est son intérêt thématique. Il se concentre sur des fous ce qui n’est pas banal pour le coup, sachant qu’il donne de l’importance aux Freaks et renoue avec un cinéma choisissant de se concentrer sur des anti héros sachant que les années 90 auront tendance a se concentrer sur ce type de personnage au niveau du cinéma Américain.

Zieff choisit de dépeindre le fou comme étant un personnage contestataire qui évoluera au contact de la société et la changera. L’enferment dans l’asile psychiatrique devient un vecteur qui nuit à la guérison, le malade est toujours malade dans cette prison. C’est véritablement le contact avec l’extérieur qui changera les personnages et les guérira.

Lors de la sortie le groupe se confrontera à leur souffrance. Ainsi le personnage de Lloyd retournera vers ce qui fut son passé et en tirera, à travers une scène particulièrement émouvante, un soin émotionnel. Zieff traite ses personnages avec tellement de tendresse qu’il est impossible de les détester malgré leur folie.

Le film apparaît comme une véritable ode à la marginalité et à l’évasion. Avec des acteur complètement investis, Une journée de Fous est plus que convainquant et la réédition de grande qualité de Rimini est un véritable plaisir. L’édition comporte une longue interview passionnante de Célia Sauvage, enseignante spécialisé dans le cinéma américain.

Le film sort le 21 janvier 2020.

The Lighthouse de Robert Eggers

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Réalisé par Robert Eggers

Avec Robert Pattinson, Willem Dafoe

Date de sortie le 18 décembre 2019

 

 

 

 

Après un The VVITCH exceptionnel, Robert Eggers revient avec un film se concentrant sur la vie de deux gardiens de phare. La proposition cinématographique qui découle du film est fascinante et radicale, Eggers choisit de tourner en noir blanc avec le format 1.19 ! Ce choix fait donc appel à un public de niche d’une certaine manière.

 

Mais se reposer sur cet élément technique serait oublier toute la puissance cinématographique du film. En effet, The Lighthouse est avant tout un pur objet de cinéma !! Eggers choisit de filmer les personnages comme les prisonniers d’une entité maléfique, le phare.
Le phare devient ici un véritable acteur, il aspire les personnages et le spectateur. Eggers donne naissance à cette dimension par l’intermédiaire de la mise en scène en choisissant de travailler le son, ainsi le phare pousse un râle envoûtant et terrifiant dès le début du film.
Eggers avait également choisit le format 1.19 pour renforcer la verticalité du phare. Il lui donne un aspect quasi Lovecraftien éblouissant ! Un phare n’a jamais été aussi bien filmé au cinéma !

Jouant donc sur un aspect pratiquement ludique, Eggers maîtrise l’espace comme il filmait d’une main de maître la maison perdue dans les bois de The VVITCH.
Il filme l’espace de manière organique et se permet de créer un lien entre les personnages et les lieux qu’ils occupent, que ce soit le bateau qui les amène sur l’île ou encore la salle à manger. Les acteurs sont possédés par cet espace.

Au delà de la gestion du décor, Eggers offre une direction d’acteurs assez époustouflante ! Pattinson est complètement possédé et Dafoe impériale en marin alcoolique et obsédé par la lumière du phare !
Le duo fonctionne admirablement bien ce qui permet une inclusion du spectateur au sein du récit. Les personnages existent devant la caméra, le spectateur aussi !

Il se dégage également un aspect horrifique et poisseux assez dingue ! La folie occupe chaque espace du film et transmet un malaise profond chez le spectateur et aussi une fascination pour cette tragédie grecque teintée de mythologie antique.
D’ailleurs Eggers maîtrise à merveille la mythologie et les légendes marines qui s’incluent dans la destinée des personnages. Elles parasitent le récit pour se finir sur une note ironique et terrifiante qui provoque un malaise horrifiant.

La musique instaure une ambiance forte et poisseuse. Elle repose sur des bassons maléfiques et des violons étranges ainsi que d’autres instruments possédés par le Mal en personne !

La mécanique infernale du film se traduit donc par une conscience de l’outil cinématographique forte qui en laissera plusieurs sur le côté mais saura en embarquer suffisamment sur son navire !

 

Abigail le pouvoir de l’élue d’Aleksandr Boguslavskiy par Liam et Nicolas

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Abigail le pouvoir de l’élue d’Aleksandr Boguslavskiy
Pays Russie
Année 2019
Casting Tinatin Dalakishvili, Rinal Mukhametov , Eddie Marsan, …
Genre Science-fiction

 

La critique de Liam :

 

 

C’est une sympathique proposition oscillant vers le steampunk que nous propose Condor.
Un siècle après le début de la Contamination, l’humanité s’est réfugiée dans les dernières cités fortifiées, où les autorités font régner la terreur pour garder les populations sous contrôle. La jeune Abigail en est certaine : le gouvernement est à l’origine de multiples disparitions, dont celle de son père, un célèbre scientifique. Dans sa quête pour le retrouver, elle entre en contact avec la Guilde, un groupe de résistants aux dons exceptionnels. Cette rencontre va réveiller en elle un pouvoir qui va transformer le destin de l’humanité.
Les films à gros budgets russes ont rarement l’honneur d’une diffusion salle, mis à part quelques rares exceptions ou des passages en festival, et il faut avouer que si parfois on peut comprendre au vu d’un résultat largement imparfait, il y a des cas où l’on peut regretter un peu cette absence de grand écran pour eux. On peut penser cela pour cet Abigail, profitant d’un peu plus de publicité par son style SF marqué et la présence au casting d’Eddie Marsan, connu comme Lestrade dans les Sherlock Holmes de Guy Ritchie et d’autres apparitions (trop) secondaires dans divers blockbusters.

 


On sent ainsi l’ambition d’offrir un divertissement de science-fiction hautement marqué par une orientation visuelle steampunk assez attirante. Mais si visuellement, le réalisateur d’Aleksandr Boguslavskiy fait le travail, on peut regretter que le scénario ne suive pas entièrement, se calquant par instants trop dans un ancrage teen novel qui freine certaines idées malgré la personnalité de l’héroïne, incarnée par Tinatin Dalakishvili, dont la quête de son père retrouvé dans ses flash-back amène une certaine émotion dans un long-métrage pas tout à fait abouti.
C’est fort dommage car Abigail avait un certain potentiel qu’il n’atteint pas totalement. Néanmoins, le film offre un certain divertissement pas déplaisant et permettant d’entrer dans le cinéma russe par une porte grand public. De quoi ravir certains amateurs de steampunk en manque d’images du genre sur écran, même si ce n’est pas celui de la salle de cinéma…

 

La critique de Nicolas :

 

La Russie possède un cinéma un cinéma qui a trop tendance a subir un ostracisme problématique.
J’ai déjà évoqué Factory mais la Russie arrive a créer aussi des blockbusters et Abigail, le pouvoir de l’élu réalisé par Aleksandr Boguslavsky en est un bon exemple.

Le film s’inscrit dans un univers Steampunk évoquant la lutte d’une ville contre une épidémie dangereuse. Les mesures employées par celle-ci sont drastiques et sombre dans la dictature. Abigail est la fille d’un scientifique qui s’est fait arrêter par la police de la ville, elle tente de le retrouver.

Ce qui frappe d’avance est l’excellence de la direction artistique, le film possède de nombreux plans emblématiques. L’aspect technique est loin d’être parfait mais demeure respectable. Le film trouve en effet un équilibre qui permet de jouer entre effets numériques et décors et effets physiques.

L’univers du film est très intéressant et permet dès le début d’identifier sa diégèse en refusant de partir dans tout les sens ce qui n’est pas le cas de certains teen movie d’action américain. Le film embrasse cet aspect teen movie et ne tombe pas dans les soucis habituels propres à ce genre.

Les flashs backs sont également justifiés d’une manière très intéressante et dramatique. La construction du personnage de Abigail est ici réussite grâce à ce système de flash back qui va au-delà d’une simple efficacité scénaristique.

La musique est de grande qualité, elle est à la fois mélancolique et épique ce qui offre une force symbolique au film sachant qu’elle est très bien utilisée.

Abigail, le pouvoir de l’élu est loin d’être une grande œuvre cinématographique mais possède une honnêteté contaminatrice qui en fait une œuvre attachante.

Donc, loin du cynisme de certains blockbusters hollywoodiens je vous recommande fortement ce film qui sortira en dvd le 10 janvier 2020 édité par Condor Entertainment.

Stop Making Sense de Jonathan Demme

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Réalisé par Jonathan Demme

Avec David Byrne, Tina Weymouth, Chris Frantz, Jerry Harrison

Carlotta est décidément un éditeur de qualité !!

Il nous offre un film musical complètement fou et réalisé par Jonathan Demme, l’homme derrière Le Silence des Agneaux !! Et en plus avec Jordan Cronenweth, le directeur de la photographie de Blade Runner !!

Stop Making Sense est la captation d’un concert du groupe de rock Talking Heads. Il s’agit de la première captation en son numérique et ça se ressent puisque la qualité du son est exceptionnelle !

La musique devient un élément de pure mise en scène. Dès le début du concert un choix de mise en scène est perceptible puisque le chanteur David Byrne arrive seul sur scène, tel un acteur de théâtre, pose une radio et entame une magnifique version de Psycho Killer.
Au fur et à mesure des titres joués, les musiciens apparaissent et constituent un sacré ensemble musical !

Ce choix permet de cohabiter avec la mise en scène de Demme qui offre un aspect pratiquement magique à la musique et l’apparition des musiciens.
Les décors sont également mouvants, passant d’une construction de l’espace assez sobre à d’autres plus élaborées.

Le travail sur la lumière offre une esthétique marquante et prouve bien que ce film n’est pas qu’une simple captation d’un concert mais une véritable œuvre personnelle. Le but de Demme est ici de transmettre la puissance magique du concert à travers la caméra. Celle-ci est au plus proche des musiciens et permet au spectateur de vivre littéralement le concert.

Les titres joués sont tous aussi fous les uns que les autres ! On ressent une véritable jouissance de la part du groupe a faire ce concert

C’est ainsi que Jonathan Demme immortalise un pur moment de connexion artistique. Le groupe et son public, la caméra et le groupe.

Carlotta a sorti une édition de grande qualité, spécialement distribuée par la Fnac ayant un médiabook inclus écrit par Christophe Conte. Le film existe également en Blue Ray et DVD.
Le Blue Ray est d’une très grande qualité et rend justice au travail de Jordan Cronenweth.
Les éditions sont sorties le 4 décembre 2019.

Donc foncez sur ces éditions et prenez plaisir a vivre un moment artistique d’une grande pureté !

Factory de Youri Bykov

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Factory

Réalisé par Youri Bykov

Sortie le 4 avril 2019 en France, sortie DVD le 4 décembre 2019

Avec, Denis Shvedov, Andreï Smoliakov, Alexandre Boukharov, Vladislav Abashin, Dmitriy Kulichkov

Le Gris, ancien combattant est employé d’une usine. Le dirigeant de celle-ci décide de la fermer de manière subite. C’est alors, qu’accompagné de quelques collègues, il va décider d’enlever le dirigeant pour exiger une rançon. Un simple enlèvement qui va vite tourner à la prise d’otages.

Factory est une des plus belles découvertes de 2019 ! Thriller se déroulant dans une Russie dominée par la décrépitude et la pauvreté, Factory dépeint une lutte des classes éternelles, mais qui cette fois-ci se déroule dans un monde en ruine, en perdition.

Youri Bykov filme de manière imposante et métaphorique cette usine perdue dans un désert gris. Symbolisant l’échec de la Russie et de son modèle industriel poussant même des gens à plonger dans un égoïsme destructeur comme le démontre le personnage du dirigeant ayant travaillé toute sa vie pour acquérir une fortune assez conséquente.

Youri Bykov ne filme pas cette opposition de classe de manière manichéenne, il s’abstient de tout misérabilisme et filme leur quotidien de manière intimiste et pratiquement documentaire. La caméra ne filme que ce qui est essentiel. L’aspect huis clos est plus qu’efficace et participe à cette atmosphère métaphorique qui plane sur l’œuvre.
Les personnages sont prisonniers de leur destin, la mécanique infernale est alors inarrêtable.

Le film est admirablement bien mis en scène, la caméra est au plus près de ses personnages comme le démontre la scène du sac. La caméra ne quitte pas les personnages et les rend iconiques. Youri Bykov dit s’inspirer du cinéma américain des années 70 – 80 et la comparaison avec des œuvres comme Die Hard de John McTiernan ou encore Assault de John Carpenter est évidente.

Factory sort le 4 décembre édité par CONDOR ENTERTAINMENT à la fnac dans une édition comportant Factory et L’Idiot, un autre film de Youri Bykov ! Donc jetez – vous sur cette œuvre assez imposante qui est déjà pour moi un incontournable de 2019 !

Coffret 4 films de Mauro Bolognini édité par Carlotta

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4 oeuvres de Mauro Bolognini

Disponible le 6 novembre 2019

Carlotta est un éditeur très intéressant et la sortie de ce coffret regroupant 4 films du réalisateur italien Mauro Bolognini confirme cet intérêt !

Le coffret regroupe, Les garçons, Bubu de Montparnasse, Liberté mon amour et Vertiges.
Mauro Bolognini est un réalisateur italien que je ne connaissais pas et c’est donc avec ces 4 films que je découvre son travail.

Les 4 films sont tous très intéressant et dépeignent une Italie plongée dans le fascisme.

Bolognini choisit d’évoquer le régime fasciste à travers la détresse des personnages principaux de ces 4 films. Le Fascisme s’avère être un spectre dont la présence renforce le climat glaciale et presque horrifique de ses films. Horrifique dans le sens où chacun des personnages doivent faire face à une situation qui va les précipiter dans une descente aux enfers inévitable.
Par exemple dans Vertiges, l’hôpital psychiatrique symbolise la montée du fascisme à travers la folie d’un médecin reclus persuadé d’avoir trouvé un remède à celle-ci.

D’ailleurs, la folie est présente en chacun des personnages des 4 films, Bubu dans Bubu de Montparnasse pousse sa femme a se prostituer, un groupe d’amis se déchirent pour une question d’argent dans les Garçons et Libera par sa haine du fascisme va courir à sa perte dans Liberté, mon amour.

Une folie provoquée par un climat angoissant et terrifiant, une Italie sclérosée filmée avec réalisme par Bolognini, ce qui renforce la puissance de ces 4 films.

Au niveau de l’édition, la copie de chaque film est de grande qualité. Chaque film est accompagné de bonus comportant 4 préfaces pour présentées par Jean A Gili ainsi que d’autres bonus très intéressants !

En bref, jetez-vous sur cette édition de grande qualité et vive le cinéma italien !