Mortal Kombat (1995) de Paul W.S. Anderson

 

Dates de sortie : 13 juillet 1995 (Israël), 18 août 1995 (États-Unis), 25 octobre 1995 (France)
Réalisateur : Paul W.S. Anderson
Acteurs principaux : Robin Shou, Cary-Hiroyuki Tagawa, Christophe Lambert, Linden Ashby, Bridgette Wilson
Genre : Arts martiaux, fantastique
Nationalité : Américain
Compositeur : George S. Clinton

« Liu, l’âme de ton frère est à moi : tu seras le prochain ! »

Quatrième adaptation cinématographique américaine d’un jeu vidéo, Mortal Kombat est aussi le plus rapide à voir le jour en film étant donné que le jeu d’origine date du 8 octobre 1992. Réalisé par Paul W.S. Anderson plusieurs années avant son massacre de la saga Resident Evil, il reprend librement le scénario du premier jeu de la franchise tout en conservant une grande fidélité dans la représentation des personnages. Interprété par le champion d’arts martiaux Robin Shou (que l’on retrouve en tant que Gen dans Street Fighter La Légende de Chun Li), Liu Kang cherche ainsi à venger son jeune frère tué par le sorcier Shang Tsung, organisateur du tournoi Mortal Kombat. Incarné par l’illustre Cary-Hiroyuki Tagawa (Dans les Griffes du Dragon Rouge, Kickboxer 2, Soleil Levant), ce dernier prend un malin plaisir à diriger les événements avec un jeu d’acteur d’une justesse inespérée pour ce rôle.

Liu Kang, héros malgré lui, de retour auprès des moines Shaolin.
« Vous devez vous acquitter d’une mission sacrée : je vous ai choisis pour défendre le royaume de la terre dans un tournoi qui s’appelle Mortal Kombat. »

Star française du film, Christophe Lambert (Highlander, Le Sicilien, Fortress) joue ici le rôle de sa vie avec sa mythique interprétation du Dieu du Tonnerre Raiden, connue et reconnue pour ses éclairs sortant des yeux, sa verve provocatrice et son fameux rire reconnaissable entre mille. Johnny Cage étant inspiré de Jean-Claude Van Damme, l’acteur belge est dans un premier temps envisagé pour l’incarner mais il se trouve déjà pris par l’adaptation de Street Fighter. Brandon Lee ayant accidentellement trouvé la mort sur le tournage de The Crow, c’est Linden Ashby (Wyatt Earp) qui est choisi pour interpréter l’acteur arrogant, et le moins qu’on puisse dire est qu’il a parfaitement la gueule et la dégaine pour ça (« C’est là que tu dois tomber… »). D’abord prévue pour être incarnée par Cameron Diaz ou Sharon Stone, le lieutenant Sonya Blade est finalement jouée par Bridgette Wilson, déjà remarquée dans Last Action Hero aux côtés d’Arnold Schwarzenegger.

Christophe Lambert au sommet de sa carrière !
« Salut ma belle, je t’ai beaucoup manqué !? »

Tueur invétéré, Kano est recruté par Shang Tsung afin de provoquer le spectacle en battant Sonya, qui recherche ardemment ce dernier pour l’assassinat de son ancien coéquipier. Le jeu d’acteur de Trevor Goddard rend le personnage délicieusement beauf et machiste, sans parler du doublage de Mario Santini (déjà derrière plusieurs voix de la série animée Batman, comme le détestable Boss Biggis) qui renforce encore plus sa nature de mâle alpha (« – Abandonne ma belle, je connais tous tes coups spéciaux ! – Tu connais celui-là !? »). On le remarque notamment lors d’une scène où il s’empiffre en dialoguant avec Goro, colosse à quatre bras et champion en titre du tournoi faisant office de sous-boss dans le jeu vidéo. Véritables symboles de la saga, Scorpion et Sub-Zero voient leur background annihilé par la mainmise de Shang Tsung, qui les place de surcroît dans le même camp face à Johnny Cage et Liu Kang dans des combats remarqués. S’ajoutent à eux le ninja Reptile, clin d’œil au personnage caché du premier jeu, qui apparaît d’abord en créature saurienne avant d’en découdre dans l’Outre-Monde.

« Scorpion et Sub-Zero, de redoutables ennemis ! »
« Sers-toi de l’élément qui donne la vie ! »

Afin d’anticiper sur la suite du scénario, le réalisateur emprunte même deux personnages à Mortal Kombat II : Jax, coéquipier actuel de Sonya que l’on aperçoit sur les premières minutes du film, mais surtout la princesse Kitana, jouée par Talisa Soto (Permis de Tuer), que l’on voit à l’œuvre lors d’un combat mais qui fait avant tout office de guide face au sorcier tout en ne laissant pas Liu Kang indifférent. Tourné pour partie en Thaïlande, dont on retient notamment l’emblématique temple bouddhiste Wat Chai Watthanaram, le film arbore un certain charme esthétique bercé par une techno omniprésente lors des combats. Les compositions discrètes des jeux vidéo laissent place au thème musical mythique du groupe The Immortals avec l’excellent « Techno Syndrome », qui représente à lui seul toute l’essence de Mortal Kombat.

« Les lunettes que tu as cassées coûtaient cinq cents dollars, ducon ! »

Si la réalisation générale est plus que correcte et laisse place à de bonnes chorégraphies de combat, certaines scènes d’action restent assez mal filmées avec de nombreuses coupes provoquant un manque de lisibilité. L’utilisation des ralentis est plutôt réussie et les effets spéciaux sont assez inégaux : si les apparitions et les disparitions sont matérialisées par des rendus vraiment vieillissants, le gel, les flammes et les éclairs sont du plus bel effet. Le souci de fidélité va jusqu’à la réalisation de coups spéciaux tirés du jeu vidéo lors d’affrontements devenus cultes, allant des coups de pied aériens à répétition de Liu Kang à la projection aux pieds de Sonya, en passant par le serpent à rallonge de Scorpion et le coup de poing porté à l’entrejambe de Goro par Johnny Cage, directement emprunté à Frank Dux dans Bloodsport. Le film limite son niveau de violence avec très peu de sang mais s’octroie quelques clins d’œil aux fatalités avec Scorpion qui laisse apparaître son crâne, Shang Tsung qui aspire l’âme d’adversaires vaincus et Liu Kang qui embroche ce dernier en le projetant dans le vide.

Un faciès de hargneux dont seul Tagawa a le secret !
« Écrasante victoire ! »

Le jeu d’acteur est maîtrisé du début à la fin dans un style série B complètement assumé par des punchlines de haut calibre (« – Regarde-moi ça, ce joli joujou me rappelle de bien jolis souvenirs. – Pourquoi ? C’est le couteau que t’as planté dans le dos de ta mère ? »), des répliques irrésistibles (« On dirait que le star a fait une touche ! ») et plusieurs clins d’œil comiques comme l’autographe que laisse Johnny Cage après avoir vaincu Scorpion. Le cliffhanger annonçant l’arrivée de Shao Kahn suivi des yeux brillants de Raiden et de la mise en position de combat des personnages achèvent de rendre ce film terriblement culte et provoquent une véritable envie de voir une suite à son époque. Imparfait mais d’une fidélité étonnante, Mortal Kombat reste à ce jour une des meilleures adaptations de jeu vidéo au cinéma.

« – Ô humains ridicules, je viens prendre vos âmes ! – Ça, ça m’étonnerait ! »

Emmanuel Delextrat

Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j'ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La soupe aux choux, mais aussi de nombreux dessins animés (courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo ; longs métrages Disney avec Alice au pays des merveilles en tête ; animés japonais avec Sailor Moon et Dragon Ball Z ; j'aime aussi particulièrement Batman et Tintin). Mes années 90 ont été bercées par les comédies de Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête), ou d'autres films que j'adore comme Les valeurs de la famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à tout prix). C'est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par The Dark Knight, Casino Royale, Dragon l'histoire de Bruce Lee ou encore Rambo. Collectionneur, j'attache de l'importance au matériel et j'ai réuni deux étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Il va sans dire qu'il m'en reste encore beaucoup à voir...

Une pensée sur “Mortal Kombat (1995) de Paul W.S. Anderson

  • avril 8, 2021 à 23 h 32 min
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    Petite fautes de frappe
    : si les apparitions et les disparitions sont matérialisées par des rendus vraiment vieillissants, le gel, les flammes et les éclairs sont du « pliu » bel effet…

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