DETROIT

18361716_120332000669411813_846294383_n
Sans surprise, Detroit a suscité une levée de boucliers aux Etats-Unis, preuve que leur ségrégationnisme latent reste un sujet sensible. Dommage, le film de Kathryn Bigelow est une claque… au meilleur sens du terme !

Réalisation : Kathryn Bigelow
Scénario : Mark Boal
Image : Barry Ackroyd
Décors : Jeremy Hindle
Costumes : Francine Jamison-Tanchuck
Montage : William Golbenberg, Harry Yoon
Musique : James Newton Howard
Interprétation : John Boeyga (Dismukes), Will Poulter (Krauss), Algee Smith (Larry), Jacob Latimore (Fred), Jason Mitchell (Carl), Hannah Murray (Julie), Jack Reynor (Demens), Kaitlyn Dever (Karen)…
Distributeur : Mars Films
Date de sortie : 11 octobre 2017
Durée : 2h23

detroit_uk[1]
Été 1967. Les États-Unis connaissent une vague d’émeutes sans précédent. La guerre du Vietnam, vécue comme une intervention néocoloniale, et la ségrégation raciale nourrissent la contestation. À Detroit, alors que le climat est insurrectionnel depuis deux jours, des coups de feu sont entendus en pleine nuit à proximité d’une base de la Garde nationale. Les forces de l’ordre encerclent l’Algiers Motel d’où semblent provenir les détonations. Bafouant toute procédure, les policiers soumettent une poignée de clients de l’hôtel à un interrogatoire sadique pour extorquer leurs aveux. Le bilan sera très lourd : trois hommes, non armés, seront abattus à bout portant, et plusieurs autres blessés…
Bien qu’ils soient peu connus en France (on y évoque plus facilement les émeutes de Watts survenues deux ans plus tôt ou celles qui, l’année suivante, feront suite à l’assassinat de Martin Luther King), les évènements qui ont secoué la ville de Detroit à l’été 1967 sont restés une plaie sensible pour la capitale économique du Michigan et les Etats-Unis dans leur ensemble. Une page de l’histoire moderne sur laquelle a décidé de revenir Kathryn Bigelow comme elle était déjà revenue sur deux éléments plus récents : la guerre en Irak (Démineurs, 2009) et l’exécution de Ben Laden (Zero Dark Thirty, 2012). Son intention première était assurément de rappeler aux plus jeunes que la situation américaine, qui continue à voir naître régulièrement des émeutes raciales, ne date pas d’hier et l’idée de faire sortir son film cinquante ans après les faits qui y sont décrits en fait un acte commémoratif louable.

Le postulat choisi par la réalisatrice consiste à concentrer son scénario sur la reconstitution d’un fait divers sordide qui a eu lieu en parallèle au soulèvement populaire plutôt que de nous immerger, deux heures durant, au cœur des violences civiles. Sa construction se compose, comme le veut la tradition, de trois parties. La première d’entre elles démarre sur une petite leçon d’histoire, didactique mais fort agréable, suivie de la reconstitution de la descente de police qui a mis le feu aux poudres dans un quartier présenté comme au bord de l’implosion. La mise en scène, profitant d’une caméra à l’épaule et d’un sur-découpage permettant de multiplier les points de vue, illustre parfaitement l’irréversible montée de la violence des parties en présence. L’utilisation d’images d’archives vient parfaire ce travail de contextualisation de la forme la plus radicale des tensions raciales et sur la place que peuvent y trouver des personnages n’y participant pas directement.

Le plus emblématique de ces personnages est Larry, membre d’un groupe de rhythm & blues, qui n’a en tête que de réaliser ses rêves de gloire. La scène où le théâtre se vide juste avant son passage sur scène et qu’il s’entête à chanter devant une salle vide tandis que les lumières s’éteignent en dit long sur son drame, et à travers lui sur la difficulté des Afro-américains à exister. Parmi les autres membres de cette communauté, Dismukes est également riche en puissance évocatrice, dans le sens où, en tant que membre –à mi-temps– de la police fédérale, il observe, impuissant, les événements et n’a alors pas d’autre choix que de s’interroger sur sa place.

La seconde partie, et pivot central, du film, est entièrement centrée sur le drame survenu dans le motel Algiers où une descente de police a tourné au cauchemar. Au cœur de cette escalade de violence, le jeune policier interprété par l’excellent Will Poulter est une figure terriblement ambivalente. Dans la façon dont où il apparaît dans un premier temps comme n’étant pas fondamentalement raciste, et dont une première bavure nous le présente comme naïvement inconscient de la gravité de ses actes mais effrayé à l’idée d’être accusé de meurtre, il est loin d’être le monstre fasciste auquel il serait trop facile de le caricaturer. C’est cette ambiguïté qui empêche Detroit d’être réduit à un banal brûlot anti-policier alors que c’est tout une société niant son ségrégationnisme cruel qui est dans l’œil du visuel.

Toute l’intelligence de Kathryn Bigelow est justement de ne pas prendre parti en décrivant un face-à-face ultra-manichéen dans lequel aucun Afro-américain n’aurait rien à se reprocher. Son choix est de nous faire observer de l’intérieur la mécanique avec laquelle la brutalité dont font preuve les membres de la police municipale –que même les militaires désapprouvent– va inexorablement mener à l’irréparable. Dans ce huis-clos étouffant, filmé en quasi-temps réel pendant une quarantaine de minutes qui semble interminable, la tension est à son paroxysme. La gestion du temps et de l’espace au profit d’une montée de l’intensité aussi brute est une véritable leçon de cinéma, rendue d’autant plus prenante que les interprétations des acteurs sont irréprochables. La maîtrise de Bigelow lui a également permis de savoir ne pas poursuivre inutilement sa reconstitution longtemps au-delà du point de rupture vers lequel il se devait de nous mener. Elle a préféré alimenter sa troisième partie consacrée aux conséquences du drame, ce sur quoi de nombreux cinéastes auraient fait l’impasse.

Cette dernière demi-heure parait cependant trop courte pour approfondir l’enquête interne de la police et le potentiel thriller juridique qui s’y dessinent. Après l’excellente expérience immersive qui l’a précédé, mais aussi les quelques longueurs de l’introduction, cette partie semble être le parent pauvre du long-métrage. On peut notamment regretter que le sort réservé à Dismukes qui, parce qu’il a refusé de prendre parti, s’est retrouvé dans la position de suspect ne soit pas davantage développé tant il aurait fait de lui un symbole politique puissant. Bigelow oriente sa conclusion vers une tonalité plus mélodramatique, mais tout aussi évocatrice, puisqu’il s’agit de la façon dont Larry effectue, après son traumatisme, un repli communautariste. Ce constat en dit long sur le bilan qu’elle dresse de son pays où les explosions de violence raciste ne font que creuser chaque fois un peu plus la fracture sociale.

Une conclusion fataliste, à l’issue d’un film éprouvant, qui le rend indispensable pour saisir la gravité de ce statu-quo sociétal toujours aussi explosif un demi-siècle plus tard.

 

PS : J’ai eu, personnellement, de grosses difficultés à supporter les scènes (qui durent environ 1h30) où 5 blacks sont collés contre les murs, frappés dans le dos, humiliés, insultés, moqués, avec derrière eux des flics, des militaires et un agent de sécurité (Noir, sublime John Boeyga). C’est atroce, cela dure plus d’une heure trente durant lesquels les noirs sont poussés contre les murs, dans l’entrée d’une petite maison. Je me suis sentie oppressé, le travail de la réalisatrice va tellement loin que j’avais envie de fracasser ses flics blancs qui voulaient juste tuer du Black pour leur petit plaisir « jouissif » personnel. C’est assez dérangeant car je considère que le film mérite largement d’avoir l’Oscar du meilleur film (dans la suite logique de Argo, 12 years a slave, Spotlight, Moonlight). Mais putain que c’est dure. Et quand je fais des recherches ont me dit que c’est encore un peu comme cela aujourd’hui dans certains Etats.
Moi qui adore voir et revoir les films que j’apprécie celui-ci je ne pourrais pas, j’ai eu des palpitations, des moments d’angoisse et de stress car j’étais un Black face contre le mur, incapable de bouger, juste à recevoir les coups de trois flics armés. C’était une expérience insoutenable même si je suis resté et que je n’ai pu quitter la salle par simple conscience professionnelle. Voilà je préviens juste les lecteurs.
Et Dieu sait que je peux tout voir mais là c’est un sentiment de dégoût pour le personnage de Will Poulter (Oscar du meilleur acteur dans un second rôle ???) en manipulateur, tortionnaire, raciste. J K Simmons dans Whiplash passe pour un gentil en comparaison de la face donné à ce personnage odieux, d’une violence morale, mentale, psychologique et physique atroce.
Personnellement je n’aurai pas pu jouer ou incarner un tel rôle et c’est ce pourquoi je lui tire mon chapeau même si pendant 2h je n’avais qu’une seule envie : le tuer !!!! Qu’on en finisse de toutes ces atrocités.
Voilà je ne le fais jamais mais là j’avais besoin de donner un petit ressentit personnel sur ce film que j’espère du fond du cœur recevra la reconnaissance Académique qu’il mérite à savoir l’Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur. J’ai pris une claque énorme, un choc, et pourtant je la connais l’histoire, j’en ai vu des films sur l’esclavagisme, la ségrégation, la traite des nègres, le racisme… Mais cette oppression c’est un tour de force monumental réalisé par Kathryn Bigelow.
C’est un avis et un ressentit personnel mais mon Dieu que ce fut une rude épreuve alors que je ne suis ni Noir et que je n’ai pas entendu pareil histoire dans mon entourage. Seulement j’ai fais 8 ans de Droit et l’INJUSTICE je ne supporte plus. Et là c’était beaucoup, beaucoup, beaucoup d’injustices …

 

L’ANALYSE :

detroit_120_avoir-alire-4dddc[1]
Il faut remonter à American Sniper ou à Zero Dark Thirty, déjà de Kathryn Bigelow, pour trouver trace d’un film hollywoodien provoquant une levée de boucliers comparable à celle qui se dresse face à Detroit. Que reproche-t-on exactement au film ?
Dans un article pour le New Yorker, Richard Brody évoque une « faute morale » à propos d’un long-métrage qui porterait non seulement un « regard blanc » sur les événements décrits mais tomberait surtout dans l’abjection en fictionnalisant l’horreur d’un événement tragique – reproche peu ou prou identique à celui intenté à La Liste de Schindler, que Brody rapproche d’ailleurs de Detroit. Il y a bel et bien un problème dans la manière dont Bigelow bute sur l’ampleur de la tâche qu’elle s’est fixée, mais sans que le film s’avère coupable de la supposée « faute morale » que fustige Brody. Loin de souffrir d’un manque de recul, Detroit pèche au contraire par sa raideur et l’extrême précaution avec laquelle il approche l’affaire du Motel Algiers, qui s’est déroulée en plein cœur des émeutes raciales de Detroit en 1967.

Autour de cet événement – la séquestration injustifiée d’Afro-Américains par des policiers racistes qui tueront trois d’entre eux –, le film organise d’abord un premier acte, le meilleur, mettant en scène un chaos urbain où la ville apparaît comme une poudrière prête à s’embraser, puis un troisième, qui revient patiemment sur les conséquences et conclusions de l’affaire qui occupe le centre du film.

En adéquation avec cette construction bien lisible, l’écriture de Bigelow s’articule dès lors autour d’un axe : cartographier les rapports de violence et de racisme qui régissent les interactions entre les différents protagonistes et relier ainsi un à un les points pour obtenir une vue d’ensemble de ce mal qui gangrène la société américaine.
C’est donc un sens de la nuance qui guide le film – jusqu’à l’excès, en témoignent ces petites scènes qui, parfois artificiellement, pointent la présence conjointe de bons et de mauvais éléments au sein de la police de la ville –, un sens de la nuance qui appelle donc à des situations complexes pour passer d’un point de vue à l’autre, télescoper les actions, les gestes et regards et permettre ainsi de creuser en profondeur le champ délimité par le récit.

Or, et c’est là que le bât blesse, le noyau dramatique du film est précisément une situation qui écarte la possibilité de telles nuances ; une situation redondante qui piétine, répète le même schéma et oppose des victimes immobilisées à l’implacable violence exercée par les forces de l’ordre.

Bigelow trouve toutefois dans cette partie de son film un personnage capable de passer d’une ligne à l’autre et donc d’amener un peu de circulation dans la mise en scène : l’agent de sécurité joué par John Bogeya, Melvin Dismukes, qui semble osciller entre deux positionnements. D’abord dépeint comme un tacticien pragmatique, capable de plier un genou face aux Blancs pour se frayer un chemin et parvenir à un gain qu’il n’aurait pu obtenir par une confrontation franche et directe, Dismukes se retrouve finalement dans la peau de celui qui négocie à perte avec le système jusqu’à devenir son complice indirect.

Ce que montre plutôt bien Bigelow, c’est que chaque Noir, quels que soient ses aspirations ou son positionnement par rapport au pouvoir blanc, est in fine rattrapé par le racisme – ou se retrouve entravé, comme Dismukes qui à un moment du film ne peut revenir à la partie du motel où se déroule l’action et se retrouve relégué sur le bas-côté de la fiction. Il est dès lors autant dommage que logique que le film ne fasse pas de cette figure son pivot, mais simplement une pièce dans la mosaïque éclatée des personnages. Car Bigelow souhaite à ce point restituer la complexité de la situation – de ses origines historiques et économiques au dénouement judiciaire – qu’elle peine à trouver exactement le bon bout pour tenir son récit.

Peut-être aussi que le film s’y prend malheureusement à l’envers : s’il choisit de plonger d’abord le spectateur dans la frénésie des émeutes, où Bigelow trouve pour le coup foison de petits événements et de situations pour mettre en scène un rapport de circulation entre les Noirs et les Blancs, le récit épouse ensuite une logique de rétrécissement – un zoom au microscope, dans un sens, qui réduit néanmoins davantage le champ des enjeux qu’il ne densifie le fil directeur du film.

D’où la déception que suscite Detroit après Démineurs (qui ne filmait au fond que ça, des situations dont il fallait s’occuper) et Zero Dark Thirty : cette fois-ci, Bigelow semble faire face à un mur. Reste à définir exactement ce mur : ce n’est ni le mur de l’irreprésentable, ni celui de l’incapacité de filmer, en tant que Blanche, un tel épisode [1], mais plutôt le surmoi écrasant qu’impose le sujet à la cinéaste et à Mark Boal (scénariste de Bigelow depuis Démineurs).

Pour autant Detroit ne cède jamais non plus complètement sous ce poids, et si le film ne retrouve guère par la suite la vigueur plastique et formelle de sa première demi-heure (les scènes nocturnes, plongées dans la fumée et striées d’éclats des tirs, se démarquent du reste), il a le mérite de trouver des solutions narratives pour explorer d’autres facettes de son sujet. Un exemple parmi d’autres : la métamorphose du chanteur des Dramatics, crooner un peu falot qui se détourne de son rêve (devenir une star) dans le dernier temps du récit en prenant conscience de la place qu’il occupe dans la société.
Le regard que porte alors le film sur ce personnage – et cela prouve bien, une fois encore, que réduire Bigelow à sa couleur de peau est un raccourci problématique – montre ainsi que le communautarisme, loin de s’apparenter systématiquement à un repli sur soi, constitue parfois la seule solution collective que possèdent des minorités pour résister à la violence d’un système inégalitaire qui ne souhaite pas réellement composer avec elles.

[1] Il a été reproché à Bigelow de s’approprier un pan de l’histoire noire : on pourra rétorquer que la cinéaste semble bien consciente des enjeux, en témoigne la façon dont elle met justement en scène l’exploitation de la culture noire – en l’occurrence sa musique – par les Blancs. On pourra aussi relever que Bigelow s’est déjà intéressée aux émeutes raciales et au racisme des forces de l’ordre dans Strange Days, ouvertement inspiré par les rixes de Los Angeles en 1992 consécutives à l’affaire Rodney King.

LES NOTES

Scénario : 10/10

Décors : 9/10

Musique : 7/10

Montage : 10/10

Jeu d’acteur : 10/10

Film : 10/10

Potentiel Oscar : 99% (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario adapté/original, meilleur acteur dans un second rôle : Will Poulter)


Article précédentThe Jane Doe Identity de André Øvredal
Article suivantNuméro Une de Tonie Marshall.
Pierre Bryant
Cinéphile depuis mon plus jeune âge, c'est à 8 ans que je suis allé voir mon 1er film en salle : Titanic de James Cameron. Pas étonnant que je sois fan de Léo et Kate Winslet... Je concède ne pas avoir le temps de regarder les séries TV bonne jouer aux jeux vidéos ... Je vois en moyenne 3 films/jour et je dois avouer un penchant pour le cinéma d'auteur et celui que l'on nomme "d'art et essai"... Le Festival de Cannes est mon oxygène. Il m'alimente, me cultive, me passionne, m'émerveille, me fait voyager, pleurer, rire, sourire, frissonner, aimer, détester, adorer, me passionner pour la vie, les gens et les cultures qui y sont représentées que ce soit par le biais de la sélection officielle en compétition, hors compétition, la semaine de la critique, La Quinzaine des réalisateurs, la section Un certain regard, les séances spéciales et de minuit ... environ 200 chef-d'œuvres venant des 4 coins du monde pour combler tous nos sens durant 2 semaines... Pour ma part je suis un fan absolu de Woody Allen, Xavier Dolan ou Nicolas Winding Refn. J'avoue ne vouer aucun culte si ce n'est à Scorsese, Tarantino, Nolan, Kubrick, Spielberg, Fincher, Lynch, les Coen, les Dardennes, Jarmush, Von Trier, Van Sant, Farhadi, Chan-wook, Ritchie, Terrence Malick, Ridley Scott, Loach, Moretti, Sarentino, Villeneuve, Inaritu, Cameron, Coppola... et j'en passe et des meilleurs. Si vous me demandez quels sont les acteurs ou actrices que j'admire je vous répondrais simplement des "mecs" bien comme DiCaprio, Bale, Cooper, Cumberbacth, Fassbender, Hardy, Edgerton, Bridges, Gosling, Damon, Pitt, Clooney, Penn, Hanks, Dujardin, Cluzet, Schoenaerts, Kateb, Arestrup, Douglas, Firth, Day-Lewis, Denzel, Viggo, Goldman, Alan Arkins, Affleck, Withaker, Leto, Redford... .... Quant aux femmes j'admire la nouvelle génération comme Alicia Vikander, Brie Larson, Emma Stone, Jennifer Lawrence, Saoirse Ronan, Rooney Mara, Sara Forestier, Vimala Pons, Adèle Heanel... et la plus ancienne avec des Kate Winslet, Cate Blanchett, Marion' Cotillard, Juliette Binoche, Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Meryl Streep, Amy Adams, Viola Davis, Octavia Spencer, Nathalie Portman, Julianne Moore, Naomi Watts... .... Voilà pour mes choix, mes envies, mes désirs, mes choix dans ce qui constitue plus d'un tiers de ma vie : le cinéma ❤️

Laisser un commentaire