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Marcel Duchamp

Marcel Duchamp
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Marcel Duchamp, du Nord de la France. Slameur et cinéphile éclectique qui peut alterner entre blockbusters, films d’auteur, films français, américains, petits films étrangers, classiques du cinéma. J’aime quand les films ont de la matière : matière à discussion, à interprétation, à observation, à réflexion… Quelques films que j’adore pour cerner un peu mes goûts : Matrix, Mommy, Timbuktu, la Cité de la Peur, Mission Cléopâtre, Enemy, Seven, Fight Club, Usual Suspect, Truman Show, Demain, Big fish, La Haine, La Vie est belle, Django, Rubber, Shutter Island...

L’Amitié à l’épreuve du temps chez les Banshees d’Inisherin ?

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On ne se connaissait pas avant de se connaitre. Cette phrase a l’air évidente, mais je trouve que l’on n’y pense pas assez quand on fait connaissance avec quelqu’un. On se rencontre, dans un certain contexte, avec des parcours de vie et des momentums qui se synchronisent, ou pas.

Le film commence et on voit Padrig qui vient chercher Colm à 14 heures comme tous les jours pour aller partager un moment d’Amitié autour d’une bière au pub. Ca a l’air d’être une habitude, d’être ancré, jusqu’au jour où la réciprocité entre les deux amis se rompt. Colm n’a plus envie, il n’est plus consentant à partager ces moments. Pas facile à vivre le non consentement pour celui qui le reçoit ? A l’accepter, à le comprendre ?

Une première question m’apparait : quand ils se rencontrés, est-ce qu’ils ont eu un coup de foudre amical ? Padrig incarne la gentillesse, il a l’air d’avoir une nature profondément pure. Pour lui, l’amitié c’est de partager un moment simple, sans aller vraiment plus loin que ça. Il n’a pas la carte mentale pour comprendre le changement chez son Ami si cher. On peut supposer qu’il était comme ça à leur rencontre. Et Colm, pourquoi a-t-il accroché avec ce Padrig qu’il révoque désormais ? Est-ce qu’à l’époque il le trouvait déjà creux ?

Demain est un autre Moi

A cette époque, Colm était-il un autre Colm ? Si l’on faisait un préquel à ce film, le personnage serait-il totalement différent ? Avait-il moins de besoins ? Avait-il juste besoin d’une compagnie, d’une présence ? De se réchauffer le cœur pour éviter de se sentir seul ? Est-ce qu’il avait des trous dans sa vie, dans son emploi du temps : avait-il besoin de combler ces trous, ces silences oppressants ? C’est un film très silencieux, sans beaucoup de musique.

On se rencontre à un moment T et si l’on devient amis, c’est que les momentums coïncident, c’est que les Deux moi (merci Cédric Klapisch !) sont synchronisés. Et puis le Temps avance et fait son œuvre, chaque personne évolue dans une direction ou vers une autre… Si au départ, les deux étaient de belles personnes, elles continuent d’être de belles personnes, c’est juste qu’elles ne congruent plus.

Qu’est-ce qui changé chez Colm ? Dans une autre galaxie, certains l’appelaient même Fol Oeil… Mais ici, Colm semble avoir emprunté un nouveau chemin, dans une ville, dans une île qui semble pourtant ne pas avoir beaucoup de chemins différents à proposer. On suit cette longue route balisée de vieilles pierres. Le film semble nous dire que Colm a surtout eu des visions de la fin du chemin, comme si une Banshee lui avait dit que sa mort à lui n’était plus si loin.

A deux doigts du bonheur

S’il nous restait 3 mois à vivre, qu’est-ce que l’on ferait ? Est-ce que l’on profiterait des copains au pub, ou est-ce que l’on voudrait un surplus de l’on ne sait trop quoi ? Quelle trace laissera-t-on sur cette Terre ? Quelle legacy ? C’est ce chemin qu’a emprunté Colm : le chemin où le Temps est précieux. Précieux non pas pour un carpe diem sans arrière- pensée, non. Un Temps valuable pour marquer l’Histoire.

On peut y voir de l’hubris, on peut y voir des manques. Padrig comme Colm n’ont pas l’air d’avoir d’enfants, ils ne laisseront pas de traces chez leur progéniture. Padrig le rappelle d’ailleurs à sa sœur sur les priorités de la vie : profiter en famille, ensemble. Au final sur Inisherin, le seul rapport parent-enfant que l’on voit, c’est Dominique avec son père-policier. Occurrence peu reluisante.

L’hubris d’une partie d’un pays qui a des rêves de grandeur et qui plonge la nation dans une guerre civile ? Make Inisherin great again ? Ce film, c’est la petite histoire de deux Irlandais qui se déchirent comme dans la grande Histoire en 1922 et 1923 ? Avec les bruits de canon qui viennent de l’extérieur et qui nous rappellent la réalité plus grande, à l’instar du film la Zone d’intérêt ?

En tout cas, Colm veut suivre un nouveau cap, et c’est bien son droit, non ? Est-ce injuste ? Doit-on quelque chose à ses amis ? Peut-on rompre en amour ou en amitié du jour au lendemain ? C’est juste être honnête, non ? On voit à quel point c’est dur à encaisser pour Padrig (il en devient même méchant !), et j’imagine que le spectateur le comprend. Mais est-ce que c’est facile à vivre pour Colm ?

Rompre, pour le meilleur et pour le pire

Dans le story telling, c’est souvent judicieux de diffuser la version de l’histoire où c’est moi la victime. Technique de Gourou que Mathieu Vasseur/Pierre Niney ne renierait pas. Mais c’est vrai que ce n’est pas facile non plus pour celui qui rompt. On passe pour le méchant. Dans les oeuvres artistiques et culturelles, on explore très souvent le point de vue du plaqué, pas de celui qui a la bravoure de plaquer. Alors que rompre, c’est un peu s’amputer de quelques doigts : il faut en avoir le courage.

Mais le doigt en vaut la chandelle : à la fin, même si Colm ne peut plus jouer de musique, il a l’air si heureux d’appartenir à cette troupe de musicos jouant sa partition. La partition de l’Homme qui a laissé sa trace dans l’Histoire, l’Homme qui a atteint l’éternité, la postérité, la transcendance. Il a conjuré le sort promis par la sorcière : son esprit restera sur l’île. Il a dépassé ce destin promis, et c’est sûrement pour ça qu’il a donné ce nom à cette mélodie : Les Banshees d’Inisherin.

On est tous le Gourou(té) de quelqu’un !

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Ca va divulgâcher mais seulement pour le meilleur. De toutes façons, je ne veux que le meilleur pour vous… Ayez confiance : lisez, lisez, lisez mon article ! Il vous permettra de devenir une meilleure version de vous-même. Et mettez un pouce, et laissez des commentaires et abonnez-vous !

Coach est-il un métier comme psychologue, sophrologue et autres métiers en logue ? Faut-il un diplôme pour exercer ? Doit-on craindre des dérives sectaires ? C’est quoi une secte ? Ca apprend quoi un diplôme ? Est-ce que ça apprend les risques, pour les patients et pour soi-même ? Doit-on se protéger de soi-même ?

C’est l’histoire de Mathieu Vasseur qui est déjà au top du top de la profession. Du genre grands séminaires avec des grandes salles bien remplies. Le coach influence les vies de toutes ces hordes qui le suivent… C’est donc un influenceur qui influence ses followers ? Il faudrait donc créer un diplôme d’état pour éviter que les influenceurs ne fassent du dégâts sur leurs followers ? Une formation pour apprendre à gérer les transferts et les contre-transferts ?

En Thérapie, mais à beaucoup !

Le personnage principal le dit plusieurs fois dans le film : pourquoi l’Etat devrait-il intervenir à tous les coins de rue ? On ne peut pas laisser chaque individu être le propre guide de lui-même ? Il en appelle à la responsabilité individuelle de ses… patients ? De ses fans ? De ses suiveurs ? Pour mieux les manipuler ? Evidemment, il y a très très peu de coachs qui sont comme Mathieu Vasseur. C’est un film, c’est une histoire.

Quand est-ce que l’on passe la ligne rouge ? Quand on pense à la place de l’autre ? Le gourou connait le fonctionnement du cerveau, il connait ce qui le booste, ce qui le stimule pour mieux l’emmener où il veut. Il a le pouvoir… Et comme dit Spiderman… « Un grand pouvoir implique une grande responsabilité. »

Est-ce qu’il est si bon ce Dieu du Net ? Pourquoi veut-il aider tout le monde ? Le film raconte un paradoxe : un être qui ne sait pas s’équilibrer lui-même et qui passe sa vie à vouloir équilibrer les autres. Parce que ça rapporte, ça apporte billets, strass et paillettes. Il s’agit juste de suivre le prescrit. Pas besoin de réfléchir : il le fait pour vous. C’est précieux d’avoir un mentor. A condition que le mentor ne soit pas menteur.

Mentor Menteur

C’est quoi une secte ? Une entité qui nous fait perdre notre libre arbitre ? Qui nous prend notre temps et notre argent ? Tik Tok est-il une secte ? Une religion, c’est juste une secte qui a réussi ? Etre ensecté, c’est ne pas avoir conscience ? Développement personnel, ou développement collectif ? Quand le groupe fait pression, là où il pourrait faire société.

En histoire de l’art, on dit qu’une œuvre est le témoin de son époque. Peut-être que ce film n’est pas une œuvre d’art, mais il reste néanmoins le témoin de son époque. On ne forme pas les influenceurs et on ne forme pas les influencés. Ultralibéralisme de la pensée, le Capitalisme s’occupe du reste.

Mathieu Vasseur est un ogre qui dévore tout sur son passage. Il aurait pu être le héros d’une série de 5 ou 6 épisodes. Une heure par personnage : une pour lui, une pour sa femme (personnage très sous exploité), une pour son frère, une pour Julien (quel acteur !), une pour son garde du corps et pourquoi pas une heure sur son menteur américain, son gourou à lui…

Mais il a préféré produire son propre film, 2 heures où il est le Boss, où chaque autre personnage est rapidement réduit au silence, d’une façon ou d’une autre… Même si la boucle finit par se double boucler… Nos modèles sont des obsessionnels…

Je veux des fans (qui) likent me !

Finalement, on le savait dès le début que ce playboy au torse nu omniprésent était un grand malade. On aurait pu avoir un peu plus le temps pour s’attacher à lui, de voir sa propre gouroutisation… J’aurais aimé que Suprême Mathieu soit plus gentil avec Julien quand celui-ci vient le voir au bureau : ça m’aurait aidé à plus l’aimer au début et de vivre autrement son Rêve américain.

On ressort du film avec un certain malaise… Au final, c’est juste l’histoire d’un gars à l’équilibre fragile qui guide d’autres personnes à l’équilibre fragile. C’est grisant d’être un gourou. Peut-être que les autres nous guérissent ? Au début du film, il maitrise. Puis petit à petit, il perd pied. Au point de fabriquer lui-même un nouveau gourou.

Parce qu’au final, n’est-on pas tous le gourou-té de quelqu’un ? De son conjoint, de son meilleur ami, de son boss, de ses réseaux, des films mainstream, d’une idéologie, de l’Etat, de la Société ?

Sirat : Casser le narratif

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On aime bien quand les films ressemblent à nos vies.

Quand ça nous parle,

Quand on peut s’identifier.

 

On aime bien quand les films racontent quelque chose,

Que l’on suit l’intrigue,

Que la story est tellée avec cliff hangers et autres tips éculés.

Ca veut dire que dans nos vies, il y a un fil rouge ?

Une histoire, avec un début et une fin autre que notre naissance et notre mort ?

La vie est un road movie…

 

Une leçon de cinéma

Au ciné, pour attirer du public, il faut une intrigue, un pitch vendeur.

Genre un père qui part avec son jeune fils dans le désert marocain pour retrouver sa fille disparue dans une rave party, ça a de l’allure quand même.

Si la vie est un scénario, il arrive toujours à nous surprendre.

Peut-être pas autant que celui de ce film !

Un torrent qui s’écoule, linéaire, un chemin de passage…

Comme ce sirat = ce pont qui relie le paradis et l’enfer.

Dans quel sens ?

Un torrent qui s’enroule, spiralaire, un cycle infini…

Comme ces enceintes en forme de soleil ? Ou de ces (spoilers)… invisibles…

 

Shit codes

Il y a la narration, il y a les codes.

Et il y a le chaos, la destruction.

Qui libère. Qui retire le frein à main.

A l’intérieur.

Comme dans ces films auteurisants,

Où il y a des concepts,

De la métaphysique,

De l’allégorie.

Et pas de spectateurs.

Mais même un moignon peut devenir une marionnette.

 

Furiosa

Sirat se propose d’être ce pont

Entre une forme qui donne à manger des images sublimes à la saveur immédiate

Et un fond multicouches dont le goût reste en bouche pour toute la vie.

Un film intemporel

Futur, pré, post, uchronique

Comme un Fury Road réaliste.

 

Au rythme d’une musique techno

Technique pour immerger d’emblée la salle obscure

Pour accélérer, pour rompre, pour entrer en transe

Et même si on n’entend rien, on sait que la vie, c’est pas fait pour écouter, c’est fait pour danser.

 

Play list

Une fin – feu d’artifice

On retire l’artificiel,

Comme un pitch Mc Guffin,

Casser le narratif,

Garder le sensoriel,

Introduire le viscéral,

Vie – scélérate

 

Un cinéma sur une ligne

Fine comme un cheveu

Aiguisée comme une lame de rasoir.

Pour que le spectateur ressorte de cette expérience

Marqué.

Partir un jour dans un autre multivers

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« Des fois, je me demande ce que serait ma vie si j’avais fait d’autres choix. En fait, je pense que je me demanderais ce que serait ma vie si j’avais fait d’autres choix. »

Partir un jour, c’est Juliette Armanet, aka Cécile la super-héroïne, qui accède, le temps d’une parenthèse, le temps de quelques scènes à un autre multivers.

Mais ici, pas besoin de Docteur Strange pour passer d’un monde à un autre. La réalité de la vie s’en charge toute seule. Il suffit d’un troisième infarctus du paternelle pour que notre grande cheffe change d’espace/temps.

Et puis dans l’existence, qu’est-ce qui compte le plus :

Construire une vie qui file et peut nous filer entre les doigts ?

Ou se construire soi pour ne pas subir ce torrent au courant pas du tout tranquille ?

Docteur Strange vs The Real Life

Des fois, elle se demande ce qu’aurait été sa vie si elle était restée dans son village d’enfance au lieu d’aller gagner Top Chef et d’ouvrir son restaurant gastronomique dans la capitale ?

Quelle aurait été sa vie si Raph l’avait embrassée à la patinoire ?

(Quelle merveilleuse scène de cinéma !)

Est-ce qu’elle aurait été plus heureuse ou moins heureuse ?

Dans la réalité, un jour, elle est partie…

Sans se retourner, sans rien regretter ?

Des fois, on aimerait bien vivre plusieurs vies en même temps,

Côtoyer simultanément (au moins) deux multivers.

Le temps d’un court-métrage, le temps d’un long, le temps d’un toujours-métrage ?

Dystopies disponibles ?

Les narratifs de nos fictions actuelles aiment les dystopies.

Dans la vraie vie, il y a des moments-carrefours, ces moments où le Destin nous offre des choix.

Choisir, c’est renoncer. Et parfois, les regrets reviennent comme un boomrang en plein cœur.

C’est le père Gérard qui semble plus agacé que fier que sa super-héroïne de fille soit devenue reconnue dans la profession, comme s’il aurait préféré qu’elle reprenne l’affaire familiale.

C’est la mère Fanfan qui prend tout ça avec tellement plus de hauteur, comme si elle savait que le plus important c’est d’aimer et de ressentir.

Ce sont Richard et Heddy qui sont bien contents de se dire que dans leur petit village, rien ne change jamais rien, comme s’il y avait un micro-climat temporel.

C’est Nathalie qui a bien conscience que ce n’est peut-être pas l’Amour ouf pour son mari, mais que c’est peut-être quand même bien… Mais bien, c’est suffisant ?

Bien, c’est suffisant ?

Car il y a un personnage important dont on n’a pas encore parlé.

C’est Sofiane.

Car lui le choix, il n’est pas derrière lui, il est devant.

Et ce choix, c’est surtout sa super-héroïne de copine qui va le faire.

Un futur avec une femme like L.

Un futur qui le terrifie d’autant plus qu’il sent que le passé n’est pas totalement réglé.

Un passé qui recèle un autre univers…

La preuve : elle ne lui a jamais parlé de ce pote d’enfance.

La preuve en réciproque : personne ne demande à la star du petit écran ce qu’elle a vécu à Top Chef ou dans son projet de resto gastro.

La recette du bonheur

Au final, ce film, c’est juste la quête de la recette du bonheur du plat – signature.

Et c’est le resto des parents qui en ont le secret, même si le petit carnet indique sûrement qu’un relai pour deux roues est à la gastronomie ce que sont les tongs sont à la haute-couture.

La recette du bonheur c’est :

Enfourcher sa moto

Musique à fond dans le casque

Et avancer dans la vie sans jamais rien oublier,

Sans jamais rien regretter !

To be free, or not to be !

« Le garçon » voulait-il laisser des traces ?

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C’est l’époque des biopics,
C’est l’époque où l’on sature les réseaux sociaux de nos storys, de nos histoires,
C’est l’époque où l’on écrit sa legacy, où l’on essaie d’être le GOAT.

Il y avait les livres dont tu es le Héros, où tu écris ta propre histoire.
C’est un peu ça la vie, mais quelles traces laisse-t-on chez les autres ?

On nait, on est et puis on meurt. Qu’en restera-t-il ?
A l’époque du film, une cinquantaine de photos.
Des photos de ces gens, de ce Jean, à supposer qu’il s’appelle ainsi.
Et s’il s’appelait autrement, qu’est-ce que ça changerait à l’histoire ?
A son histoire, à notre histoire, à l’Histoire ?

« Et partout dans la rue, j’veux qu’on parle de moi… »

Est-ce qu’il y a des gens qui méritent que l’on se souvienne d’eux plus que d’autres ?
Qui mérite d’être un Héros ?
Parce qu’Hitler, tout le monde le connait et se souvient de lui, alors que tant de gens ont fait tant de choses bien et que l’on ne les connaitra jamais.
Il suffit que quelqu’un s’intéresse à son Histoire et la relate pour devenir un héros…
Est-ce que je vais laisser des traces de mon passage sur Terre ?
Est-ce que j’en ai vraiment envie ?
Vais-je choisir ces traces, pour raconter ma propre histoire ?
Ma propre fiction ?
Est-ce que laisser des traces, ça aide à mieux vivre ?
Pour qu’autour de moi, on sache mieux qui je suis ?

Story telling

« Le garçon », c’est choisir quelqu’un dans le hasard de la vie et faire une recherche pour connaitre son histoire.
C’est un long-métrage qui croise le documentaire de l’enquête avec la fiction qui en découle.
On raconte ce que l’on sait et on comble les trous en imaginant.
Un peu comme toutes les histoires plus ou moins librement inspirées de faits réels.
Alors on analyse les photos, on repère des lieux, on va à la rencontre des personnes qui ont fréquenté ces lieux à cette époque, on remonte les fils…
C’est un peu ce que l’on fait tout le temps au final : un croisement entre le réel et l’imaginaire.

Copyright

Quand on cite quelqu’un, quand on cite son œuvre, on se doit d’avoir le droit, d’avoir les droits.
Et quand on fouille la vie de quelqu’un, en a-t-on le droit ?
Déterrer des personnes qui avaient choisi de se terrer sans faire de mal à personne.
Comme un notaire qui retrace la vie du défunt qui n’en a pas forcément envie.
A-t-on le droit de mourir en emportant avec soi ses secrets ?
Parce qu’évidemment, Jean ne s’appellera pas forcément Jean et il y a des choses que personne ne savait, ou que tout le monde faisait semblant de ne pas savoir.
Et quand on sait qu’une romancière a assigné les réalisateurs en justice pour « contrefaçon », ça ne fait que renforcer le propos…

« Le garçon 2 »

Et si dans quelques années, Zabou Breitman et Florent Vassault reprenait ce concept avec un profil Facebook ?
Autres temps, autres mœurs.
Une trace, c’est quelque chose qui s’enfonce dans le sol, qui s’imprime, qui peut se fossiliser.
C’est le contraire du filtre qui reste en surface,
De l’éternel sourire qu’il faut arborer sur les photos
Et le positivisme à outrance.
Est-ce que c’est parce que c’est de ça que l’on veut se souvenir nous-mêmes ?
Est-ce que c’est pour faire illusion, auprès de soi, auprès des autres ?
Et tout ce temps que l’on passe à vouloir laisser une trace, n’est-ce pas du temps que l’on gâche pour vraiment vivre.
Est-ce qu’au final, la vraie trace qui compte et celle que l’on laisse dans le cœur de celles et ceux que l’on aime ?
Vivre, c’est se créer des souvenirs de maintenant.

L’Attachement aux personnages « secondaires »

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« C’est quoi la différence entre l’Amour et l’Attachement ? »,
C’est ce que le personnage de Valéria Bruni-Tedeschi demande à celui de Raphaël Quenard…
Ce dernier avait promis une réponse en copie double par la poste, mais ne la voyant pas venir, je me suis dit que j’allais me pencher sur tout ça !
Parce qu’il est vraiment très attachant ce David, alors qu’il n’a pas du tout le rôle principal.
Vu sa faculté à crever l’écran quasiment à chaque rôle, on peut se demander comment est-ce possible que M’sieur Quenard ait eu tant de souci pour percer dans le monde du cinéma.
Mais c’est vrai que ce Chien de la casse a l’art pour interpréter le mâle beauf pas déconstruit (voire pire comme dans « Je verrai toujours vos visages ») et pourtant, on l’aime fort !

« Et moi, et moi, et moi ! »

On le dit parfois : un bon film, c’est quand il y a des bons personnages secondaires.
Mais d’ailleurs, dans ce film, c’est qui le personnage principal ?
Plutôt Sandra ou plutôt Alex ?
Elliott a aussi une place à part.
Et puis Emilia a une présence aussi.
C’est un peu comme dans la vie : c’est qui le personnage principal ?
Le « je » ?
Celui qui prend toute la place et rend les autres pas assez ?
Le fameux « moi aussi » dont nous parle Bref 2 ?

Non, ici, les années passent,
Les éclipsent s’enchainent,
Les places se dessinent
Le tableau se réajuste et se repeaufine.
On voit la complexité de chaque personnage,
Un équilibre de jeu entre tension et tendresse.
Et on s’attache à eux.

L’attachement ouf

Ça doit sûrement être beaucoup grâce à Carine Tardieu,
A son écriture, et à sa direction d’acteurices.
Parce qu’il y a quand même du monde au casting en termes de volubiles qui débordent de partout.
On se rappelle de M’sieur Lellouche qui raconte les impros improbables de Quenard.
Et il faut les tenir tous ces gros caractères qui ont besoin de déborder, parfois, souvent au détriment de l’équilibre général.

Ainsi, là, chacun.e laisse de la place à tout le monde,
On peut s’attacher à chacun.e.

C’est un peu une fable idyllique, mais ça peut être un autre modèle que… C8 par exemple !

Il y a un équilibre,
On souligne que César Botti, 5 ans au moment du casting, a été retenu pour une grande qualité : sa capacité à écouter ses partenaires de jeu.
Les stars du film qui se mettent à détiquer,
Qui acceptent de se faire diriger,
Comme dans le vrai film,
A l’image de ce papa qui se prend une bonne salve par sa voisine mais qui ne se montre pas susceptible,
Qui accepte de voir aussi ses défauts, pour évoluer.
C’est peut-être ça le secret.

« Synchronisation des besoins ! »

On se rencontre,
On s’attache,

(Christophe Mahé, sors de ce corps !)
Peut-être au départ parce qu’il y a de la place,
« Tu es amoureux de la situation, pas de moi. »
Des besoins qui se synchronisent à l’instant T.
Et quand ça dure,
Quand on se rend compte que la personne en elle-même est importante
Et que l’on va dans une direction commune,
On peut dire que l’on s’aime.
Et si on ne s’aime plus, on ne prend pas l’avion ensemble…
Comment dans cette scène si marquante dans l’aéroport…

Dans la vie, on est tous des cabossé.e.s,
Des personnages secondaires.
Et si on réunissait tous nos défauts,
Qu’au lieu de devenir des « moi aussi »
On laissait de la place à tout le monde,
Pour nous transformer ensemble en carrosses ?

As-tu vraiment besoin de la Pampa ?

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Les besoins nous animent.
Il y a la fougue de l’adolescence, quand c’est nouveau, que l’on se rencontre et que ça virevolte.
Ces moments où l’on a besoin de tester ses limites comme foncer tête baissée à la perpendiculaire d’un trafic lapidaire.
Besoin de montrer qu’il est un vrai bonhomme au milieu des copains ?

Besoin de rien envie de toi

Il y a des besoins non assouvis que l’on reporte sur les autres…
Comme le « daron de Jojo » qui a besoin de faire de son rejeton un champion du toujours plus.
Peut-être pour compenser toutes ses déconvenues passées : on transfère sur son enfant tout ce que l’on n’a pas réussi à faire soi-même.

Artus n’est pas du tout drôle dans ce film : avait-il besoin, envie de jouer un rôle de taiseux à contre-emploi ?
Un type qui oscille entre le besoin de fonder une famille avec sa chère et tendre et le besoin de vivre la passion cachée avec son jeune protégé.
Mais qui n’assume pas ses besoins risque de finir dans le ravin !

Il y a Marina, qui a besoin de quitter sa ruralité pour aller à la ville, et qui n’a pas besoin de contrer les rumeurs qui circulent sur son dos, voire un peu plus bas.

Et puis il y a Willy qui sonde les besoins de son cœur au milieu de cette société et de ses injonctions virilistes.

« Tu seras viril, mon kid… ! »

De ceux qui font vrombir le moteur de leur moto-cross !
Une amitié, si forte, une amitié si pure… le sang !
Il se cherche avec cette maman qui lui rappelle l’importance du lycée et blablabla
Et ce beau-père qui ne viendra pas remplacer son feu-père.

La vie avance, il y a des besoins qui évoluent…
On a besoin de partir, de faire reset, comme la daronne à Willy pour une nouvelle vie.
Certains restent en boucle sur le même besoin inassouvi, par orgueil ou par manque de recul, du genre à transférer sur Willy ce qui n’est plus possible avec Jojo…

Parce que Jojo lui, il n’a pas su s’écarter des besoins de son papa. Pardon Papa…

Mais on est tous las de ce retour au même schéma !

Et puis il y a les héros, ceux qui savent à un moment donné dire stop et lever le pied, pour ne pas être le toutou des besoins des autres.
Assumer ses propres besoins,
Guidé, suivant le modèle de cette artiste
Celle qui fait ces petites boites,

Une miniature dans laquelle il y a tout, c’est-à-dire l’essentiel.
De celles qui nous écartent de (la tapisserie) de l’Apocalypse.

 

Cultiver son Jardin zen intérieur !

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Comment réussir à garder notre zenitude intérieure, lorsque nous sommes confronté.e.s aux vices de ce bas-monde ?
Ici, nous serons dans un film tout sauf manichéen.
Epurer. Son article, son film, sa vie.

L’eau est-elle une alliée ou une ennemie ?

On aurait tendance à croire que la nature apporte la pureté de l’eau.
Mais l’heure du film est celle post Fukushima, cette création de l’homme qui rend cette eau toxique.
Un long-métrage où s’entremêlent les symboles,
Où l’on voyage entre le sec et l’humide.
Notre vie est un voyage intérieur entre le sec et l’humide.
Ellipse scandée, ellipse rythmée.

Il y a cette époque où l’on sert de la bienveillance à tire-larigu’eau.
Solitude, quête de sens.
Cette secte des bons sentiments, où l’on vous fait des sourires pour mieux vous soutirer de l’argent.
Film japonais ? Film universel.
A l’opposé, il y a cette amie femme de ménage, une sorte de mauvais génie mais qui fait du vice un vrai moyen de libération féminine, d’émancipation par l’affirmation du plaisir.
Céline disait « Tant qu’il y a du vice, il y a du plaisir »

Ca fait tellement de bien de se lâcher, de déverser !
L’eau est-elle une alliée ou une ennemie ?
Ellipse scandée, ellipse rythmée.

Eaux armes citoyennes !

Film non manichéen : si on comprend bien que la réalisatrice s’attaque à la société japonaise et au patriarcat, on s’interroge quand même sur le rôle de belle-mère tenue par notre héroïne.
En termes de sororité, il y a d’autres modèles peut-être plus aidants !
Entre le sec du sauna où l’on s’extirpe de la bonne morale
Et l’humide de la piscine, où l’on va dans l’eau, et même complètement sous l’eau,
Comme une échappatoire.
Ellipse scandée, ellipse rythmée.

Entre la grande histoire, et la petite :
Celle de ce client rustre qui revient encore et toujours
Avec ces produits qu’il a lui-même rendus défectueux
Comme nous les êtres humains on acidifie nos eaux
Juste pour avoir du moins 50%.
Symboles.

Mises à jour… Olé !

A chaque ellipse, sa mise à jour, pour passer un cap dans cette quête pour réussir à garder notre zenitude intérieure, lorsque nous sommes confronté.e.s aux vices de ce bas-monde ?
« Il faut cultiver notre jardin » disait Voltaire.
Et dans ce jardin,
Il y a du sable, comme à la mer.
On ne le piétine pas,
Marche sur ces gros galets
On ricoche
On fait…
Des vagues, des ondes, des lignes de déflagrations.
A sec.
Au contraire de ces scènes les pieds dans l’eau
Où la colère qui vient l’emporter
A l’opposé du zen.
Du jardin zen :
Un jardin sans eau qui représente l’eau.
L’eau est-elle une alliée ou une ennemie ?

Couleurs ternes
Rouge vif :
La vie est un flamenco,
Une succession
D’ellipses scandées
D’ellipses rythmées.

My Sunshine : Le Mal peut-il ne pas exister ?

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Est-ce que dans la vie, il y a des méchants ?
Parce que dans les films, il en faut toujours.
On dit même parfois que c’est le super méchant qui fait le super film.
Ou au moins pour les films d’auteur, il faut un élément perturbateur, histoire d’assouvir le schéma quinaire.
My Sunshine, c’est plutôt comme l’excellent Patterson de Jim Jarmush : pendant longtemps c’est lumineux, limite kawaii, et c’est dans la toute dernière partie que le couac arrive.

Alors que le Mal aurait pu très bien ne pas arriver, ne pas exister… Même si ça fait un peu trop utopiste ?

Aimer sans arrière-pensée ?

Est-ce que l’on peut aimer purement ? Naïvement ? Sans arrière-pensée ?
Parce que ce coach, pourquoi est-il autant dédié à ce jeune élève qui était pourtant si peu doué au départ ?
Donner de son temps, de son énergie : c’est ça aimer ?
Est-ce parce qu’il se reconnait en lui ?
Parce qu’il voit en lui tout ce que lui n’est pas, n’a pas été ou n’est plus ?
Est-ce parce qu’il voit en lui cette pureté, pureté envers le patinage, ce sport pour filles ?
Pureté dans l’amour que Takuya peut ressentir pour Sakura, cette jeune fille qui vient d’arriver de Tokyo et qui a toute la technique et la rigueur nécessaires pour être la championne.

Mummy, je veux être la préférée !!!

La préférée ?
C’est ce que elle, elle veut ?
Après que sa copine lui ait fait la remarque que le prof il est trop beau, et qu’elle sent que le prof il aime bien entrainer Takuya, son esprit de compétition est encore plus titillé.
Il le gère pourtant bien le prof, par pureté ou par habileté quand il lui dit que si Takuya est aussi assidu c’est grâce à elle. Mais est-ce que ça sera suffisant… ?
C’est qui le Sunshine ?
C’est pour qui le Sunshine ?

L’amour pur, ne serait-ce pas celui du meilleur copain de Takuya qui applaudit le duo de champions ?
Juste parce qu’il trouve qu’ils sont touchés par la Grâce ?
Juste parce qu’il est content pour son copain ?
Sans arrière-pensée,
Sans égo qui le titille ?

Film haïku de foudre

La réciprocité dans la relation, cette synchronicité qui se retrouve dans la glisse sur la glace.
Et qui ne se retrouve pas à d’autres moments.
C’est par le patin que Takuya communique avec sa dulcinée.
Parce que les mots, quand ils pourraient venir, ils ne viennent pas… Foutu bégaiement !
Les non-dits d’une société japonaise
Qui dit sans dire,
Qui limite sans faire d’esclandre.
Ici, on n’assène pas : on pointille
Comme tous ces flocons de neige, cet hiver qui fige les plaisirs simples.
Mais qui laissera la place au printemps…

Film – haïku de foudre
Le printemps glisse sur l’hiver
La neige a fondu.

 

En fanfare : la maladie de l’Enfant-phare

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Le déterminisme est un ténor.
L’inné, l’acquis.
Il y a des enfants qui naissent sur les docks, et d’autres qui naissent en haut d’un phare.
Il y a des enfants destinés aux sombres lueurs de la Lune,
Et il y a les enfants-soleils.
Personne n’a rien demandé, on nait comme nait,
On est comme on est.

Tes gênes sont-ils gêgênes ?

Mais les gênes ne sont pas une invention : visiblement, l’oreille musicale, c’est de famille.
On a beau s’appeler Thibault ou Jimmy, c’est du pareil au même.
Et même si Thibault avait eu un prénom normal, disons Jordan, ça n’aurait rien changé.

L’enfant-phare a la chance de la naissance.
L’enfant-phare brille trop : on jalouse son aura.
Mais il doit quand même se les coltiner ces 15 heures de travail par jour pour exceller.
Ce n’est pas donné à tout le monde,
Ce n’est pas avec deux coups de cuillères à pot que l’on change de peau
Et que l’on devient premier trombone.
L’enfant-phare a la maladie de devoir réussir à tout prix.
Il a tout pour ça
Et rien comme excuse.

La maladie de la réussite

Pourtant, dans la vie, celui qui a raison, c’est celui qui est heureux.
Parce qu’on ne sait pas trop si la vie est plus belle à sillonner les orchestres du monde entier ou à encourager le Racing Club de Lens avec les copains et avec ferveur.

Les instruments de l’Enfant-Phare sonnent et résonnent en trop belle symphonie.
L’harmonie, ça agace, il est le miroir de nos propres fausses notes.
Pour lui, tout est facile.
Pour l’autre, pour nous, c’est au forceps que l’on avance sur la partition.

C’est dur, dur d’être Thibault

On ne va quand même pas le plaindre le Thibault !
Et pourquoi pas ?
L’intelligence, c’est la nuance…
Qui s’est déjà demandé si le Phare ne se sentait pas seul sur sa digue ?
Si ses heures de travail à supporter la pression des vagues et du vent ne le faisaient pas pencher, héros croulant sous l’érosion ?

Comme lorsqu’il avance dans la mer, tout habillé de ses oripeaux sociaux, loin de Jimmy…

L’Enfant-Phare dans la nuit…

Comment surmonter tout ça ?
Aller au-delà de la maladie de l’Enfant-Phare ?
Comment faire en sorte que les deux frères opposés se lient ?
Que le greffe opère ?
La musique adoucit les mœurs, c’est un langage universel, de la plus grande salle d’orchestre symphonique jusqu’au plus petit garage insonorisé aux boites d’œufs.

La musique est le meilleur des remèdes à toutes les maladies.
Même à celle de l’Enfant-Phare.