L’Attachement aux personnages « secondaires »
« C’est quoi la différence entre l’Amour et l’Attachement ? »,
C’est ce que le personnage de Valéria Bruni-Tedeschi demande à celui de Raphaël Quenard…
Ce dernier avait promis une réponse en copie double par la poste, mais ne la voyant pas venir, je me suis dit que j’allais me pencher sur tout ça !
Parce qu’il est vraiment très attachant ce David, alors qu’il n’a pas du tout le rôle principal.
Vu sa faculté à crever l’écran quasiment à chaque rôle, on peut se demander comment est-ce possible que M’sieur Quenard ait eu tant de souci pour percer dans le monde du cinéma.
Mais c’est vrai que ce Chien de la casse a l’art pour interpréter le mâle beauf pas déconstruit (voire pire comme dans « Je verrai toujours vos visages ») et pourtant, on l’aime fort !
« Et moi, et moi, et moi ! »
On le dit parfois : un bon film, c’est quand il y a des bons personnages secondaires.
Mais d’ailleurs, dans ce film, c’est qui le personnage principal ?
Plutôt Sandra ou plutôt Alex ?
Elliott a aussi une place à part.
Et puis Emilia a une présence aussi.
C’est un peu comme dans la vie : c’est qui le personnage principal ?
Le « je » ?
Celui qui prend toute la place et rend les autres pas assez ?
Le fameux « moi aussi » dont nous parle Bref 2 ?
Non, ici, les années passent,
Les éclipsent s’enchainent,
Les places se dessinent
Le tableau se réajuste et se repeaufine.
On voit la complexité de chaque personnage,
Un équilibre de jeu entre tension et tendresse.
Et on s’attache à eux.
L’attachement ouf
Ça doit sûrement être beaucoup grâce à Carine Tardieu,
A son écriture, et à sa direction d’acteurices.
Parce qu’il y a quand même du monde au casting en termes de volubiles qui débordent de partout.
On se rappelle de M’sieur Lellouche qui raconte les impros improbables de Quenard.
Et il faut les tenir tous ces gros caractères qui ont besoin de déborder, parfois, souvent au détriment de l’équilibre général.
Ainsi, là, chacun.e laisse de la place à tout le monde,
On peut s’attacher à chacun.e.
C’est un peu une fable idyllique, mais ça peut être un autre modèle que… C8 par exemple !
Il y a un équilibre,
On souligne que César Botti, 5 ans au moment du casting, a été retenu pour une grande qualité : sa capacité à écouter ses partenaires de jeu.
Les stars du film qui se mettent à détiquer,
Qui acceptent de se faire diriger,
Comme dans le vrai film,
A l’image de ce papa qui se prend une bonne salve par sa voisine mais qui ne se montre pas susceptible,
Qui accepte de voir aussi ses défauts, pour évoluer.
C’est peut-être ça le secret.
« Synchronisation des besoins ! »
On se rencontre,
On s’attache,
(Christophe Mahé, sors de ce corps !)
Peut-être au départ parce qu’il y a de la place,
« Tu es amoureux de la situation, pas de moi. »
Des besoins qui se synchronisent à l’instant T.
Et quand ça dure,
Quand on se rend compte que la personne en elle-même est importante
Et que l’on va dans une direction commune,
On peut dire que l’on s’aime.
Et si on ne s’aime plus, on ne prend pas l’avion ensemble…
Comment dans cette scène si marquante dans l’aéroport…
Dans la vie, on est tous des cabossé.e.s,
Des personnages secondaires.
Et si on réunissait tous nos défauts,
Qu’au lieu de devenir des « moi aussi »
On laissait de la place à tout le monde,
Pour nous transformer ensemble en carrosses ?