Full Metal Jacket, de Stanley Kubrick

 

Date de sortie : 26 juin 1987 (Canada), 21 octobre 1987 (France)affiche full metal jacket
Réalisateur : Stanley Kubrick
Acteurs principaux : Ronald Lee Ermey, Matthew Modine, Arliss Howard, Vincent d’Onofrio
Genre : Guerre, drame
Nationalité : Américain
Compositeur : Vivian Kubrick

 

Est-ce que c’est toi, John Wayne,
ou est-ce que c’est moi ?

 

Une des meilleures introductions de toute l’histoire du cinéma !

Douzième et avant-dernier film de Stanley Kubrick (Orange Mécanique, Barry Lyndon, Shining), Full Metal Jacket s’inspire à la fois du roman Le Merdier de Gustav Hasford et des mémoires de guerre de Michael Herr pour mettre en scène sa propre version de la guerre du Vietnam. Près de vingt ans après les faits relatés, la vision du réalisateur vient alors compléter de grands classiques ayant déjà traité le sujet comme Voyage au Bout de l’Enfer, Apocalypse Now et Platoon. Se démarquant d’emblée par un titre qui renvoie à un type de balle entièrement chemisée de métal, Full Metal Jacket ne se présente en effet ni comme un film antimilitariste à la manière des Sentiers de la Gloire, ni comme une parodie telle que Docteur Folamour.

« Fais-moi voir ta gueule de guerrier ! T’as une gueule de guerrier !!? »
« Défense de rire et défense de pleurer ! »

Le long métrage est notamment connu pour sa scène d’ouverture mythique durant laquelle le sergent instructeur Hartman se plaît à humilier ses soldats au plus haut point en leur balançant des insultes et des surnoms improvisés. Interprété par l’imposant Ronald Lee Ermey, Hartman reste la figure incontournable des premières minutes de Full Metal Jacket tandis que le doublage de Bernard Fresson accentue fortement le comique de ses propos. Parmi les soldats se dégagent alors Guignol, personnage principal joué par Matthew Modine (L’Île aux Pirates, The Dark Knight Rises, Stranger Things), Cow-Boy sous les traits d’Arliss Howard (Le Bateau Phare, Tueurs Nés, Jurassic Park II) et Baleine incarné par Vincent d’Onofrio (Nuit de Folie, New York Section Criminelle, Les Sept Mercenaires).

« Ça, c’est mon fusil. Y en a beaucoup comme ça, mais lui c’est le mien. Mon fusil, c’est mon vrai copain, lui c’est ma vie. Il faut que je maîtrise mon fusil comme il faut que je maîtrise ma vie. Car sans moi, mon fusil ne sert à rien. Et sans mon fusil, je ne sers plus à rien. »

 

– Combien tu mesures, deuxième pompe ?
– Chef, 1 mètre 75 chef !
– 1 mètre 75, jamais vu un tas de merde aussi haut que ça !

 

« Moi les filles j’en suis pas dingue, ma seule amie c’est mon flingue ! »

Constitué de deux parties bien distinctes, Full Metal Jacket commence par l’entraînement des jeunes marines dans une caserne de Parris Island avant de montrer leur vie quotidienne une fois arrivés au Vietnam. De loin la plus marquante, la première traite du conditionnement psychologique des soldats, renvoyant directement aux techniques utilisées pour redresser les délinquants dans Orange Mécanique. Hartman va même jusqu’à leur faire réciter une prière tous en chœur stipulant que leur fusil est leur seul allié comme s’il s’agissait d’une personne vivante. Le spectateur ressent également toute la dureté et les bassesses de l’armée, avec un souffre-douleur qui subit le courroux de l’instructeur et les coups de ses camarades lors d’une scène particulièrement éprouvante au beau milieu de la nuit.

« – Ça c’est mon flingue et ça c’est mon dard ! – D’abord soldats et après fêtards ! »
Une interprétation qui glace le sang.

Pourvu d’une réalisation totalement maîtrisée, Full Metal Jacket alterne entre les phases d’entraînement et d’instruction avec des plans cadrés au millimètre et de jolis effets comme celui des soldats qui grimpent à la corde sur fond de coucher du soleil. Les plans resserrés sont également fréquents, qu’il s’agisse de scènes où Hartman s’adresse à un marine ou des faciès de psychopathe que tire Baleine, alors au bord du gouffre. Bien écrits, les dialogues culte se multiplient malgré un langage vulgaire qui va parfois un peu trop loin. Moins palpitante, la seconde partie du film renforce toutefois la figure du héros intellectuellement supérieur à ses camarades qui doit lutter entre le bien et le mal dans un monde en guerre, comme l’attestent les inscriptions « Born to kill » sur son casque et « Peace and love » sur son badge.

Aptès avoir survécu à Hartman, Guignol doit s’imposer sur le terrain.
Tuer… ou être tué.

Outre les musiques inquiétantes composées par Vivian Kubrick, Full Metal Jacket comporte de nombreuses chants de l’armée interprétés par les soldats ainsi que plusieurs chansons contemporaines du conflit, à commencer par « Hello Vietnam » de Johnny Wright qui introduit le film avec une certaine émotion. On trouve aussi « These Boots Are Made For Walking » de Nancy Sinatra lors de l’arrivée au Vietnam, « Surfin’ Bird » de The Trashmen pendant un combat, le thème des cartoons Disney « Mickey Mouse Club » durant la marche finale avant de terminer par « Paint It, Black » des Rolling Stones. Exceptionnel dans sa première partie, plus difficile à apprécier lors de sa seconde, Full Metal Jacket reste un film emblématique de son époque et du savoir-faire de Stanley Kubrick.

 

Emmanuel Delextrat

Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j'ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La soupe aux choux, mais aussi de nombreux dessins animés (courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo ; longs métrages Disney avec Alice au pays des merveilles en tête ; animés japonais avec Sailor Moon et Dragon Ball Z ; j'aime aussi particulièrement Batman et Tintin). Mes années 90 ont été bercées par les comédies de Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête), ou d'autres films que j'adore comme Les valeurs de la famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à tout prix). C'est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par The Dark Knight, Casino Royale, Dragon l'histoire de Bruce Lee ou encore Rambo. Collectionneur, j'attache de l'importance au matériel et j'ai réuni deux étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Il va sans dire qu'il m'en reste encore beaucoup à voir...

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