La planète des Singes: Suprématie de Matt Reeves

Fiche Technique:

Réalisateur: Matt Reeves

Casting: Andy Serkys, Woddy Harrelsson, Steve Zahn, Terry Notary, Karin Konoval, Amiah Miller, Juddy Creer et Michael Adamthwaite

Budget: 150 000 000$

Date de sortie cinéma: 2 août 2017

Genre: Action, Aventure, Science-Fiction

Nationalité: Americain

Durée: 2h20 min

Synopsis: Dans ce volet final de la trilogie, César, à la tête des Singes, doit défendre les siens contre une armée humaine prônant leur destruction. L’issue du combat déterminera non seulement le destin de chaque espèce, mais aussi l’avenir de la planète.

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La Planète des Singes, une saga relancée en 2011 avec « Les Origines » puis « L’Affrontement » en 2014, revient sur nos écrans en cet  été 2017 (en France) avec « Suprématie ». C’est un sans-faute pour l’instant, jamais 2 très bons films sans 3 !  Matt Reeves nous propose une histoire simple à comprendre et remplie de sous-lectures sur la politique, la guerre, la religion, l’esclavage, la notion de bien et de mal et d’autres encore. Le film nous propose un rapport de force entre la civilisation simiesque dirigée par César et les humains. Un des intérêts de l’œuvre : tous les singes ne sont pas du côté du « bien » et tous les humains ne sont pas du côté du « mal ». César répond au mal par le mal par dépit, le mal engendré par des humains comme le Colonel peut être vu comme un mal pour subvenir au bien de sa population, déclenchant une colère d’autres humains, etc. Il n’est pas possible de résumer la condition d’un être à sa propre « entité animale » (à part les chevaux que les singes chevauchent, eux n’ont pas la chance de parler, dommage pour eux). Il s’agit d’un débat philosophique et éthique de personnages particuliers, au-delà du fait qu’ils soient singes ou humains. N’oublions pas par exemple que César fut élevé par un humain, il a appris une partie de sa culture par Will Rodman dans « Les Origines », cependant le virus a rendu fou les humains restants, affectant même des capacités vocales chez quelques-uns. L’un des fils rouges de l’histoire est le duel entre le colonel et César : pour justifier l’acte qu’a commis le colonel envers le chef spirituel simien, le militaire campé par Woody Harrelson explique qu’il a dû sacrifier un être cher pour perpétuer une race d’humains « normaux », ce qui montre qu’il ne s’agit pas d’une confrontation seulement de peuples mais bel et bien d’idéologies, prouvé par la présence de l’enfant avec les singes. Cet enfant muette cherche à communiquer par le geste avec les singes, elle n’impose pas un langage dans un groupe majoritairement différent « animalièrement » parlant. Il est vrai qu’elle n’a pas le choix. Une section militaire enferme des singes et les fait travailler, le parallèle avec l’esclavage est flagrant, d’autant plus qu’on nous parle des conditions nécessaires afin de continuer cette barbarie, puisqu’il faut à la fois maintenir « en forme » ces esclaves tout en les faisant subir des travaux forcés. Quelques singes sont du côté des humains (même s’ils ont le don de parole), de la même manière que dans la réalité, lorsqu’un peuple était opprimé et jeté en prison (voir pire), des collabos se rangeaient du côté du dominant. Plus que les camps de la Seconde Guerre Mondiale en Europe et en Asie, c’est aussi un parallèle biblique avec la fuite des singes de ce camp, tel le peuple juif fuyant l’Egypte en compagnie de Moïse. Une nouvelle terre (promise ?), un nouveau départ, sans la présence d’un des grands personnages de la saga. C’est aussi une prouesse technique bluffante. D’années en années, de mois en mois, les effets spéciaux et plus particulièrement la performance capture ne cesse de progresser et les singes paraissent plus vrai que nature. C’est un défi pour la production de rendre César charismatique et imposant à l’écran puisqu’il est un chimpanzé comme tant d’autres : il ne porte pas d’habits pour se différencier, il a une morphologie très similaire à ces cousins chimpanzés et pourtant on le reconnaît très vite grâce à sa gestuelle et à la réalisation. Se dirige-t-on vers « La Planète des Singes » tout court ? J’espère, en tout cas dans cette saga !

Note attribuée:

 

 

La saga de « La planète des singes » constitue un pilier dans le domaine du cinéma de science-fiction. Alors que les deux volets précédents constituaient de très bons blockbusters et un renouveau fort pour la série, que vaut la dernière pièce de cette nouvelle trilogie ?

César et les singes tentent de vivre à l’écart des belliqueux humains. Mais quand une attaque le touche personnellement, le leader des primates part pour retrouver le responsable de ses malheurs afin de le tuer…

Matt Reeves avait déjà prouvé avec « L’Affrontement » qu’il savait offrir du spectacle de haut niveau, mais rien ne nous préparait à un film de cette envergure. Envergure est d’ailleurs un terme intéressant à utiliser pour décrire « Suprématie » au vu de sa structure. En effet, il s’ouvre et se ferme sur de gros morceaux de fureur spectaculaire qui laisseront bouche bée nombre de ses spectateurs. Mais le milieu du récit reprend une forme presque intimiste tout aussi passionnante. « Suprématie » touche ainsi à divers genres : le film de guerre, le western, le film de prison, le biblical epic, … Cette multiplicité des formes appuie l’ampleur du récit et aide à appuyer sa force. Le fond est ici tout aussi passionnant que la forme adoptée. Les thématiques touchées sont tout aussi nombreuses que les styles utilisés. On parle aussi bien de religion (le calvaire des singes rappelle un autre calvaire historique) que de politique et d’humanisme, le tout sans prendre le public par la main. Il sera d’ailleurs malmené par la violence du film, jouant certes souvent sur le hors champ pour rester PG13 mais l’utilisant à bon escient tout en touchant les limites de sa classification. Il suffit de voir comment est représenté César, toujours marqué par la mort de Koba et en quête de vengeance meurtrière. Andy Serkis prouve une nouvelle fois qu’il est un des meilleurs acteurs actuels en figure de martyr christique simien (l’occasion de rappeler que la technologie utilisée pour la création des singes est toujours plus renversante). Woody Harrelson est effrayant en figure de leader d’abord fantomatique puis « charismatique » en attente de sa chute à venir, comme celle de notre race d’ailleurs (les dernières visions des humains, déshumanisés).

« La planète des singes : Suprématie » est donc un blockbuster aux multiples superlatifs : violent, épique, sombre, mature, politique, réflexif, passionnant, âpre, … C’est sans aucun doute l’un des meilleurs divertissements « grand public » que l’on a pu voir ces dernières années, le genre à nous faire sortir de la salle comme si l’on venait de se prendre une bonne baffe de cinéma…

Note attribuée:

 

 

Quand, en 2010, la Fox annonce vouloir produire un reboot de la Planète des Singes, le public s’était mis à grincer des dents. À juste titre, car quand on voit la non-qualité du dernier film la Planète des singes de Tim Burton, on avait de quoi être sceptique. Quand la Planète des Singes : les Origines réalisé par Rupert Wyatt sort en 2011, les critiques et le public l’ont dans l’ensemble beaucoup apprécié. Dans mon cas, je l’ai beaucoup aimé, même si ce long-métrage avait une sorte d’aspect de  »pilote de série télé à gros budget ». Les Origines n’était donc qu’un prologue, certes réussi mais qui se fera vite oublier, tant sa suite est une merveille de blockbuster. En 2014, L’Affrontement sort sur nos écrans, et cette fois-ci c’est Matt Reeves qui officie au poste de réalisateur. Les critiques et le public furent plus emballés que sur le précédent opus. Et donc un 3ème volet voit bien entendu le jour, sous-titré : Suprématie, toujours réalisé par Matt Reeves. Donc, finalement, que vaut ce Suprématie ? Grand blockbuster, comme s’accordent à dire les critiques, ou film surestimé ?

Eh bien, je ne peux aller que dans le sens des critiques. Le long-métrage est un uppercut pris en pleine face : Matt Reeves nous signe, comme pour le précédent volet, un très grand blockbuster.

La Planète des Singes : Suprématie est, comme dit plus haut, un très grand blockbuster, et ce pour diverses raisons. Bien sûr, l’un des plus gros points forts du film est la qualité de ses effets-spéciaux, et tout particulièrement le degré de réalisme des singes. Avec ce long-métrage, Matt Reeves repousse les limites des qualités de la performance capture. Les 10 premières minutes passent, durant lesquelles on s’en prend plein la gueule. On a vraiment l’impression que Matt Reeves a tourné et dressé de vrais singes pour faire son film. Après avoir était émerveillé par des singes tout bonnement réalistes, on oublie qu’ils sont faits en performance capture. On suit de véritables personnages.

Toute cette nouvelle saga de la Planète des Singes est bien plus qu’un simple divertissement. Dans les Origines, le film traitait de l’utilisation d’animaux pour faire des expériences ; L’Affrontement traitait quant à de ce que l’on peut faire pour protéger nos proches, quitte à faire du mal aux autres : faut-il plutôt montrer sa force ou négocier ? Des questionnements tout bonnement ultra-intéressants dans un blockbuster à plus de 170M$. Et ce 3ème film n’échappe pas à la règle. Le film développe très bien ses thématiques : la religion, le pacifisme et plein d’autres thémes. Suprématie fait aussi écho à un événement historique qui a tout bonnement traumatisé l’humanité : les camps de concentration. Car quand les singes sont emprisonnés et forcés à travailler, on ne peut s’empêcher de penser au peuple juif. D’ailleurs, le parallèle avec la religion est fait d’une manière vraiment subtile. Le personnage de César fait clairement écho à Moïse, car César est un guide qui doit protéger son peuple et l’amener à la terre promise. Le film traite aussi de la vengeance, car ce qui va pousser César à traquer le colonel est un but purement vengeur.

Le casting est aussi l’une des grandes forces du film : il est tout bonnement irréprochable. La palme du meilleur acteur du film revient bien sûr à Andy Serkis, habité par son personnage de César. On retient aussi Woddy Harrelsson qui campe un antagoniste vraiment très bien écrit. Le reste du casting est aussi excellent, notamment les acteurs qui donnent vie aux autres singes, tels que Rocket, Lucas, Cornelia et bien sûr le méchant singe. La très jeune Amiah Miller, qui campe la fameuse petite fille aperçue dans les bandes annonces, est elle aussi très juste et vraiment attachante.

Pour conclure, la Planète des Singes : suprématie de Matt Reeves est l’un des meilleurs blockbusters que l’on ait fait ces dernières années. Je recommande chaudement le visionnage du film. Courez le voir.

Note attribuée:

 

Matt Reeves, le réalisateur du film

 

S’il y a bien une franchise Hollywoodienne qui a traversé le temps et qui se sera toujours démarquée des autres grosses productions, c’est bien La Planète des Singes. Du grand classique de Science-fiction de 1968 avec Charlton Heston qui donna naissance à une saga imparfaite mais intéressante et intelligente, en passant par une série TV ou encore par le remake de Tim Burton tant décrié…. Le roman de Pierre Boule n’a eu de cesse de fasciner le monde et la grosse machine hollywoodienne (pour le meilleur ou pour le pire), mais depuis l’échec colossal du remake de Burton, la franchise avait besoin d’un peu de sang neuf, et c’est ainsi que la 20th Century Fox décide de la relancer avec un reboot qui aura la lourde tâche d’expliquer les origines de la saga tout en se forgeant une identité propre et en apportant du neuf. Relancée par le réalisateur Rupert Wyatt avec le très bon La Planète des Singes : Les Origines (ou Rise of the Planet of the Apes en VO), c’est ensuite Matt Reeves (le réalisateur du cultissime Cloverfield) qui se chargera de réaliser les 2 derniers opus de cette nouvelle trilogie et après le bluffant La Planète des Singes : l’Affrontement (ou Dawn of the Planet of the Apes en VO), on peut dire qu’on attendait beaucoup de Matt Reeves pour cette conclusion qui s’annonçait prometteuse…. La Planète des Singes : Suprématie tient-il toutes ses promesses ? Oui et pas qu’un peu !!!!!!

Lorgnant entre le film de guerre intimiste, le Western et le récit biblique, Matt Reeves signe là une œuvre humaniste à la fois sombre, mature, pessimiste, bouleversante et prophétique. Reeves ne prend pas de gant et nous immerge directement dans ce récit où il sera surtout question de vengeance et de conflit intérieur au sein d’un chaos que l’homme a malencontreusement contribué à créer. Ayant carte blanche, Matt Reeves n’hésite absolument pas à bousculer les codes des blockbusters hollywoodiens actuels pour nous proposer une écriture et une mise en scène à la fois virtuoses, lyriques, contemplatives et personnelles, choses absolument rares pour un blockbuster d’été à gros budget. Mais ce qui glorifie le travail de Matt Reeves est aussi le talent, la prestance et le charisme de l’acteur qui aura probablement tout donné pour cette trilogie, un acteur malheureusement toujours pas reconnu à juste titre, alors qu’il est le représentant d’une toute nouvelle façon de concevoir le métier d’acteur…. Cet acteur, c’est Andy Serkis !!!!!!

Gollum, King-Kong, Capitaine Haddock ou encore le Grand leader Snoke dans la nouvelle Trilogie Star Wars : Andy Serkis a su donner vie à ces personnages grâce au procédé révolutionnaire de la ‘Performance Capture’ qui permet de retranscrire à la fois les gestes et les expressions des acteurs, ce dont Serkis est le maitre incontesté. Mais de toutes ses performances ahurissantes, celle qui nous aura le plus marqué et touché et probablement celle de César, personnage central de cette trilogie de la Planète des Singes. Difficile de ne pas être bluffé par la puissance de la voix et du regard ultra expressif de César : il crève l’écran. Sorte de Moïse pour les singes, qui fera tout pour guider son peuple vers une Terre Promise…. Mais il sera confronté à ses démons intérieurs, et fera face à un ennemi redoutable en la personne d’un colonel froid et cruel, campé par un Woody Harrelsson impressionnant et juste, évitant la caricature forcée. A saluer aussi, la performance de la jeune Amiah Miller qui incarne la petite fille Nova qui apporte une touche d’innocence nécessaire au film.

Inutile de rajouter un mot sur le travail visuel, et en particulier sur la ‘Performance Capture’, c’est littéralement bluffant de réalisme et incroyablement beau. Weta Digital n’a plus rien à prouver désormais. La musique signée Michael Giacchino : elle n’est pas particulièrement marquante, mais elle est en totale symbiose avec le déroulement du film, donc tcheck pour cette fois, Mr Giacchino, vous revenez tout doucement sur le bon chemin.

Intense, sombre, bouleversant, mais aussi poétique, teinté d’espoir et d’un message humaniste fort, La Planète des Singes : Suprématie signe la fin d’un cycle et le début d’un autre. Une conclusion magistrale d’une Trilogie absolument unique dans le paysages des blockbuster hollywoodiens !

Merci Matt Reeves et Andy Serkis pour ce grand moment de cinéma absolument inoubliable !!!!!

Note attribuée:

 


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valentin pejoux
Bonjour je me présente, je m'appelle Valentin, je suis co-rédacteur en chef sur ce site. Je suis un fan de cinéma de SF et de films de super héros. Ces deux genres ont bercé mon enfance. Avec des longs-métrages tels que les Spiderman de Sam Raimi, les X-Men de Bryan Singer, les Matrix des Wachowski et les Retour vers le futur de Zemeciks. Avant, je ne prenais le cinéma que pour me divertir, mais depuis quelques années, je me rend compte qu'il peut nous divertir autant qu'il peut nous faire réfléchir. C'est pour cela, peu importe le type de film que je regarde, j'essaye de voir si le rélisateur veut nous dire quelque chose à nous spectateur.

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