Le Daim de Quentin Dupieux

Sortie 19 juin 2019
Durée: 1h17
Genre: Comédie dramatique
De Quentin Dupieux
Avec Jean Dujardin et Adèle Haenel
Nationalité: Française
Musique: Janko Nilovic

Le nouveau film déjanté de Quentin Dupieux.

 

 

 

 

Synopsis

Quentin Dupieux nous livre ici sa dernière expérience déjantée en mettant en scène les géniaux Jean Dujardin et Adèle Haenel. Le film nous fait suivre George qui plaque tout du jour au lendemain pour s’installer dans un village de montagne et qui dépense une fortune dans une veste en Daim car elle lui donne un « style de malade ». Avec sa caméra et la jeune Denise, il part dans un projet fou pour réaliser son film.

Quentin Dupieux est un grand créatif qui touche à tout : réalisateur et musicien à la fois, mais saviez vous qu’il écrit et monte également ses films ? C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles on reconnait toujours instantanément un film signé par lui. Il fait parfois figure d’OVNI dans notre cinéma mais sa folie nous fait tellement de bien. Sa nouvelle oeuvre est l’absurde quête d’un homme qui erre et s’invente au fur et à mesure des rencontres et des discussions avec son daim. Il n’y avait que Dupieux pour avoir l’idée de faire un film autour d’un mec et de son blouson. Toutefois derrière se cache également un message sur les arcanes du cinéma, Dupieux se permettant de lâcher quelques tacles subtiles envers les grands producteurs, mais surtout de nous montrer par le biais de George la façon dont il travaille sur ses films quasiment à lui seul, se laissant emporter par sa folie.

Vous l’avez surement déjà compris, George est dérangé et sa rencontre avec Denise va le pousser encore plus loin dans ses délires. Après tout, quand on a touché le fond, il n’y a rien de plus plaisant que de se sentir important pour quelqu’un. Tous les éléments absurdes du film contribuent à montrer la dégénérescence psychologique de George. Plus il porte de Daim, plus sa réalité en devient déformée, quittant la solitude pour de la folie pure. Le film est en effet ponctué de moment totalement fou et malsain comme lorsque George doit récupérer son alliance sur le corps du réceptionniste qui s’est suicidé avec son fusil de chasse, sort que George aurait dû connaitre si il n’avait pas totalement sombré dans les méandres de son esprit.

Comme à son habitude, Dupieux livre un film minimaliste à la réalisation sobre. Il n’y a pas de décors à vous faire tomber par terre, pas d’effets numérique tape à l’oeil, juste un casting assez réduit, des paysages bruts et pas de prétention moralisatrice. Comme à chaque fois, tout repose sur le talent des acteurs choisis et sur sa plume shootée aux acides.La beauté de la construction scénique du film est de montrer comment la solitude de deux individus peut amener à la perte de toute rationalité. Le blouson, avec qui George parle régulièrement, en est la manifestation. En mêlant habilement l’humour et la froideur d’execution dans le dernier tier du film, Dupieux livre un film au combien surprenant avec une scène finale qui nous fauche de par son caractère inattendu. Dujardin est fantastique dans son role de névrosé en perdition et est magnifiquement épaulé par une Haenel campant une rêveuse à l’influence certaine sur l’homme. George agit et Denise donne du sens à ses actes, les articulants pour tenter de former un tout cohérent. 


Grâce à une durée assez courte (1h17), le film va droit au but sans tergiverser, nous épargnant de longues palabres sur la folie et les tourments. Ici tout est visuel et scénique, chaque plan est étudié et préparé avec le soin qu’un grand maitre accorderait à une peinture. Avec son récit nerveux, Dupieux clame à nouveau avec talent son statut d’héritier de Bertrand Blier. De jeunes Depardieu et Dewaere n’auraient pas renié ce script. Certes le film n’atteint pas les sommets de folie de Buffet Froid mais Le Daim n’en reste pas moins une oeuvre bluffante centrée sur la recherche de repères, aussi absurdes soient-ils.

Bande annonce :

 

 

 

Brian Le Duigou

Grand passionné de Cinéma, baigné dans les oeuvres des plus grands depuis ma tendre enfance, je me bats pour inciter les gens à aller voir plus loin que les oeuvres grands publics. Vive le cinéma !

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :