Bienvenue à la Vraie 46ème cérémonie des Césars 2021

Uchronie, bienvenue à la Vraie 46ème cérémonie des Césars !

Quel plaisir d’avoir assisté à cette cérémonie des Césars nouvelle mouture ! Il aura fallu près de six mois pour faire évoluer cette institution vieille de 1976, après cette précédente édition si agitée.

La soirée a commencé par les films qui nous ont fait le plus rire. Pour ce moment, Andrée, une retraitée de Vendée nous a parlé de cette scène hilarante où Laure Calamy essaie tant bien que mal de faire avancer son âne dans « Antoinette dans les Cévennes ». La scène a été projetée sur l’écran géant. J’ai pris beaucoup de plaisir à la revoir, moi qui avais adoré le film lors de sa sortie en salle. L’actrice était sur le plateau et nous a raconté les secrets de ces scènes avec l’âne. Sébastien, un quarantenaire de l’Est a parlé de son immense fou rire lors de cet extrait de « Play ». Ça m’a donné envie de le voir avec toutes ses références à ma génération ! Le réalisateur Anthony Marciano nous a expliqué pourquoi il avait eu tant à cœur de faire ce film.

La deuxième thématique de la soirée était la partie « émotions ». Rebecca, étudiante sur Lyon, nous a parlé de son coup de cœur pour le film « Un vrai bonhomme ». Elle nous a expliqué à quel point elle avait trouvé un écho dans sa vie personnelle, et que ça l’avait aidée à reprendre une meilleure relation avec son frère. Je ne connaissais pas du tout ce long-métrage, mais l’extrait choisi(e) par cette jeune fille avait l’air intéressant. Le réalisateur Benjamin Parent nous a d’ailleurs parlé de sa série « Les grands », j’essaierai de la voir, moi qui adore les films sur les ados. Ensuite, Sofiane, un commercial bordelais, nous a parlé du choc qu’il a reçu devant « Eté 85 », lui qui était plutôt habitué aux blockbusters américains. Ils ont passé la scène de la rencontre entre les deux acteurs principaux. Ca m’a rappelé que j’avais adoré la première partie du film, mais moins la deuxième.

Nous avons eu ensuite droit au moment « les films qui vous ont captivés ». Jacques, retraité de l’Education Nationale, a présenté la scène finale d’« Adieu les cons ». Cet octogénaire veuf depuis peu a raconté qu’il avait vu ce film avec d’autres personnes âgées aussi esseulées. Il nous a confié à quel point ce film leur avait fait du bien, et qu’ils avaient longuement échangé ensuite sur l’évolution de la société. Albert Dupontel, présent sur le plateau, en a eu les larmes aux yeux. Malika, avocate en Auvergne, nous a ensuite parlé du moment où Camélia Jordana bascule dans « Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait ». J’ai trouvé son point de vue sur le film très portée sur l’actrice, et ça a enrichi mon regard, moi qui m’étais surtout mis à la place des hommes dans ce long-métrage si subtil.

Cette soirée immanquable pour les fans de cinéma s’est poursuivie avec le ciné « qui nous a inspirés ». Francine, une pharmacienne corse, nous a partagé une scène forte de « Système K » où des artistes de rue improvisés se font embarquer par la police, suivie d’un élan de solidarité hors normes. Voir ces habitants de Kinshasa vivant très modestement mais habités par le souffle ardent m’a donné une énergie incroyable. J’ai noté ce documentaire sur mes priorités à découvrir. Quel plaisir aussi de voyager grâce au cinéma ! Ce fut ensuite au tour de Cédric de nous parler du « Women » de Yann-Arthus-Bertrand et de la force du message délivré. Quelques-unes des femmes du film étaient présentes pour répondre aux questions et échanger sur le tournage, un moment passionnant !

Puis, ce fut au tour des « bons moments passés en famille ». Claude, seize ans, a lancé une scène avec Manu Payet dans « Selfie ». Il a expliqué les fous rires qu’il avait eus avec ses parents en regardant ce film, ainsi que tous les échanges qui ont suivi propos des téléphones et des réseaux sociaux. Blanche Gardin était présente et a lancé quelques vannes dont elle a le secret ! Puis Shanna, 8 ans, nous a parlé des moments où elle avait ri avec ses parents dans « Ducobu 3 », en leur racontant qu’elle avait essayé de faire les mêmes bêtises que dans le film !

L’avant-dernière partie était consacrée aux films qui ont fait réfléchir les spectateurs. Corinne, une cinquantenaire qui travaille en crèche, a parlé de la scène inaugurale de « La bonne épouse ». Je n’ai pas vu ce film, car j’avais l’impression qu’il était un peu superficiel. Mais la façon dont cette femme en a parlé, et tous les débats que ça a amenés avec son mari m’ont laissé pantois. Je me suis dit qu’effectivement, c’était sûrement moi qui avais des à priori réducteurs. Malory, une étudiante en histoire a présenté « De Gaulle », en exprimant comment ça avait enrichi sa vision de cet homme politique. Gabriel Lebomin, le réalisateur, et Valérie Ranson Enguiale, la co-scénariste, ont détaillé comment ils avaient élaboré le scénario grâce à d’innombrables sources historiques dont ils disposaient.

Enfin, les films étrangers sont venus clore tous ces échanges passionnants. Un débat a eu lieu entre Simone et Léon sur « Drunk » : là où Simone avait trouvé que c’était une formidable ode au lâcher prise et à la liberté, Léon trouvait que ça montrait une image inquiétante et pathétique de la société. Denis, se présentant comme un cinéphile érudit, a développé pourquoi il ne fallait pas rater « Mank » sorti cette année sur Netflix. De nombreux liens ont forcément été faits avec Citizen Kane, et nous avons eu droit à l’avis averti de Michel Hazanavicius.

Juste avant le bouquet final, il y a eu un montage très rythmé où des gens interviewés dans la rue parlaient en une phrase de leur meilleur moment ciné de l’année ; la fraicheur des ados dans « Adolescentes » ; la beauté sobre de « Deux », la belle surprise « Félicita », le côté décalé et autodérision de « Tout simplement noir » ; la prestation incroyable de Sami Bouajila dans « Un fils » ; la réflexion sur la société dans « Effacer l’historique » ; le suspense limite thriller dans « La Fille au Bracelet » ; l’enrichissement culturel grâce à « L’histoire d’un regard ».

La soirée s’est terminée en beauté : toutes les personnes présentes, les professionnels du cinéma et tous les spectateurs se sont levés. Ils remplissaient toute la salle, en respectant les distances barrières. Et d’une seule voix, ils ont déclamé :

« Voici pourquoi le cinéma est si important pour la société, voici pourquoi il est essentiel. »

City Zen

Nicolas, 37 ans, du Nord de la France. Professeur des écoles. Je suis un cinéphile éclectique qui peut alterner entre blockbusters, films d’auteur, films français, américains, petits films étrangers, classiques du cinéma. J’aime quand les films ont de la matière : matière à discussion, à interprétation, à observation, à réflexion… Quelques films que j’adore pour cerner un peu mes goûts : Matrix, Mommy, Timbuktu, la Cité de la Peur, Mission Cléopâtre, Ennemy, Seven, Fight Club, Usual Suspect, Truman Show, Demain, Big fish, La Haine, La Vie est belle, Django, Rubber, Shutter Island...

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