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Liam Debruel

Liam Debruel
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Amoureux du cinéma. À la recherche de films de qualités en tout genre,qu'importe la catégorie dans laquelle il faut le ranger. Le cinéma est selon moi un art qui peut changer notre vision du monde ou du moins nous faire voyager quelques heures. Fan notamment de JJ Abrams,Christopher Nolan, Edgar Wright,Fabrice Du Welz,Denis Villeneuve, Steven Spielberg,Alfred Hitchcock,Pascal Laugier, Brad Bird ,Guillermo Del Toro, Tim Burton,Quentin Tarantino et Alexandre Bustillo et julien Maury notamment.Écrit aussi pour les sites Church of nowhere et Le quotidien du cinéma. Je m'occupe également des Sinistres Purges où j'essaie d'aborder avec humour un film que je trouve personnellement mauvais tout en essayant de rester le plus objectif possible :)

La conquête de la Lune de Robert Stone

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Pays : États-Unis

Année : 2019

Genre : Documentaire

 

La lune est l’un de ces nombreux fantasmes ayant jalonné l’histoire humaine. Son inaccessibilité apparente fut le fruit de rêveries pour certains esprits artistiques tels Jules Verne ou George Méliès. Mais pour d’autres, la lune représente une expérience toute autre, marquée par la politique, la technologie ou encore le racisme. Cette soif d’exploration, cet îlot apparemment intouchable fut alors un symbole historique et l’alunissage une date essentielle, non pas seulement car l’Homme a posé un pied sur la lune mais par tout le contexte sous-jacent à ce bond de géant pour l’Humanité.

En trois épisodes d’une heure cinquante, le réalisateur Robert Stone, nominé à l’Oscar du Meilleur documentaire, dévoile l’histoire de l’alunissage américain par le biais d’images d’archives souvent inédites et d’entretiens intéressants. Il y a ainsi de quoi s’enrichir intellectuellement si l’on a envie d’en découvrir plus sur cet événement avec notamment les différents points politiques qui l’ont régi.

En effet, difficile de ne pas être passionné par les nombreux détails contextuels d’apparence qui ont eu une influence grandissante sur cette mission. Stone parvient à raconter le tout sans tomber dans le trop plein par son format et la division en trois chapitres : de 1957 à 1963, de 1964 à 1968 et enfin de 1969 à 1970. Par ces séparations temporelles, le réalisateur parvient à capter l’ampleur de son sujet avec réussite tout en gardant l’aspect humain au cœur de sa narration.

Les amoureux de l’espace seront donc ravis de découvrir les trois épisodes de « La conquête de la Lune », que ce soit à la télévision sur Arte ou dans l’édition fournie par la chaîne avec son livret de 16 pages ainsi qu’un retour de 14 minutes sur les coulisses de la série et un entretien de 11 minutes avec Robert Stone. Ce dernier est la clé de la passion que l’on ressent devant les 6 heures de sa série documentaire par sa gestion de ses archives et de ses entretiens. Bref, de quoi nous laisser par après rêvasser de cette Lune, si proche et pourtant si loin…

Jeux d’influence de Jean-Xavier De Lestrade

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Pays : France
Année : 2019
Casting : Alix Poisson, Laurent Stocker, Jean-François Sivadier, …
Genre : Drame, thriller

En six épisodes, « Jeux d’influence » nous emmène dans le monde politiquement compliqué des lobbies.

Un député d’une région agricole décide de faire interdire un pesticide qu’il pense à l’origine de l’hospitalisation de son ami. Cette décision va avoir des conséquences inattendues et mener à un affrontement contre la société derrière le produit.

Il y a quelque chose de glaçant qui se dégage de la série de Jean-Xavier De Lestrade. C’est son ancrage réaliste qui frappe, plongeant le spectateur dans un univers qui semble si horrifique et si logique à la fois. En effet, comment ne pas être effaré par le système de fonctionnement des lobbies quand on n’est pas au courant de leur rayon d’action ? Ainsi, il est difficile de ne pas faire le rapprochement avec Monsanto au fur et à mesure des épisodes.

De Lestrade arrive à garder le cap tout au long de la série pour dresser des portraits humains à travers des figures qui auraient être bien plus archétypées. Ici, la direction des acteurs et l’écriture des personnages arrivent à crédibiliser encore plus l’intrigue et à captiver malgré une apparence à priori peu avenante pour un large public qui serait plus habitué à des productions télévisuelles au rythme plus « excitant ».
Justement, c’est ceci qui fonctionne le plus dans « Jeux d’influence ». On sent que De Lestrade est passé par le cinéma documentaire et sa mise en scène en profite. L’ancrage permanent de la série et son aspect par instants clinique amène à un certain malaise face aux actions représentées, nous interrogeant moralement en permanence aussi bien les spectateurs que ses personnages. La lourdeur des consciences de chacun marque et la manière dont les existences se répercutent les unes sur les autres ne fait que souligner l’écrasement que peut exercer une entreprise sur la société.

Avec plus de six heures au total, « Jeux d’influence » s’inscrit dans les œuvres de fiction questionnant le public sur la place de certaines industries dans notre monde avec réussite et une certaine froideur inconfortable. Jean-Xavier De Lestrade nous plonge en eaux troubles moralement ambiguës mais sommes-nous prêts à le suivre ?

Channel Zero saison 1 : Candle Cove

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Pays : États-Unis
Année : 2016
Casting : Paul Schneider, Fiona Shaw, Luisa D’Oliveira, …
Genre : Horreur, Drame

Pour sa première saison, l’anthologie horrifique de Syfy « Channel Zero » s’attaque à un Creepypasta populaire.

Mike Painter est un psychologue pour enfants revenant dans sa ville natale 28 ans après une série de meurtres et la disparition de son frère jumeau. Il découvre alors que « Candle Cove », l’effrayante émission qui n’est passée que pendant la période des meurtres et qui les terrifiait, ses amis et lui, repasse à la télévision…

L’histoire de « Candle Cove » est sans aucun doute l’une des plus intéressantes dans le domaine du Creepypasta. Elle amène en effet un rapport effrayant sur une scission entre enfants et adultes tout en jouant sur plusieurs peurs, notamment par le look des protagonistes de l’émission. Celle-ci connaît donc ses lettres de noblesse sur le net, notamment par le biais d’un épisode où les marionnettes crient toutes, instaurant un certain malaise quand on jette un œil à la recréation faite par certains fans. Mais comment cela se retrouve une fois passé par le prisme de la fiction télévisuelle (ce qui est cocasse, avouons-le) ?

Il faut avouer que cette première saison de « Channel Zero » risque de désarçonner les personnes s’attendant à du gore et de la peur constante. En effet, la série prend son temps pour créer une ambiance, bien que démarrant par une séquence de cauchemar assez réussie. Mais c’est justement par sa manière d’avancer discrètement que « Candle Cove » nous prend à revers. En effet, la modestie apparente visuellement et la manière de gérer le rythme général conduit cette série à instaurer une véritable ambiance qui rend tout sursaut horrifique d’une efficacité surprenante. Il y a ainsi une mythologie diégétique qui se crée petit à petit, produisant des moments d’horreur purement effrayants.

Néanmoins, et cela risque de ne pas plaire à ceux qui venaient juste pour voir une transposition de la creepypasta originale, la série ne se base pas que sur l’émission pour enfants et déroule un certain drame. Celui-ci rappelle Stephen King et par extension Mike Flanagan (justement derrière l’une de ses meilleures adaptations avec « Jessie ») par la manière dont l’horreur touche les enfants et le rapport des deux à des événements passés se répercutant inexorablement sur le futur. Le tout est fait avec une certaine réussite apportant au sentiment général du show.

Malheureusement, celui-ci comporte son lot de défauts, en particulier un personnage principal peu réussi. Bien que l’on comprenne sa participation aux événements, il y a quelque chose qui empêche l’empathie avec lui, que ce soit dans le jeu de son interprète ou son écriture globale. Cela en devient rageant tant sans ce souci, on serait plus extatique pour cette première saison. On est loin d’une simple scorie, bien que cela n’empêche guère d’apprécier la tonalité générale de la série, appuyée par une mise en scène bien ciselée et participant au malaise ambiant ressenti.

En effet, ce « Channel Zero : Candle Cove » s’avère une réussite globale, parvenant en 6 épisodes de 40 minutes à créer l’effroi de manière insidieuse, le tout avec quelques sursauts horrifiques particulièrement glaçants sans se reposer uniquement et entièrement sur le Creepypasta de départ. Bref, une très agréable surprise dans le domaine de l’horreur télévisuelle.

Donnie Darko de Richard Kelly

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Pays : États-Unis
Année : 2001
Casting : Jake Gyllenhaal, Jena Malone, Maggie Gyllenhaal, …
Genre : Tout

Carlotta ressort en salles « Donnie Darko », l’occasion de parler d’un film unique.

Donnie Darko est un adolescent introverti qui voit son quotidien chamboulé quand un lapin géant lui évite un accident mortel tout en lui annonçant la fin toute proche du monde.

Certains films nous laissent tout simplement sans voix, qu’importe le nombre de fois qu’on les a revus. Cela peut venir de diverses raisons que l’on vous laissera lister vous-mêmes car toutes les pistes auxquelles vous pourrez penser font partie du culte voué à Donnie Darko. Il est dur de poser des mots sur ce qui fait la réussite d’une œuvre pareille tant elle relève de l’expérience, et touche régulièrement l’intimité du spectateur par sa multiplicité de tons.

Sans prendre garde, le film de Richard Kelly passe du drame social à la romance adolescente, de l’horreur pure à la critique acerbe d’une société américaine cherchant à se conformer le plus possible à quelque chose de plus acceptable socialement. Cette nature protéiforme confère au long-métrage une force, une sensibilité rebondissant sur une brutalité de ton, sans chercher lui-même à rentrer dans un moule filmique. « La destruction est un acte de création » : en détruisant toute barrière de genre (toute catégorie dans laquelle l’enfermer serait indigne de l’implosion mentale provoquée), « Donnie Darko » relève de l’art cinématographique pur et simple.

Richard Kelly capte également à souhait le sentiment adolescent et la perte de repères se rapportant à cette période de notre existence. On parle ainsi d’un âge où l’on nous demande de nous créer nos propres opinions tout en nous retrouvant obligés d’être conformés par celles d’autres personnes, proches ou moins. Nous sommes dans un aspect de la vie où l’on cherche à se construire et s’établir en tant qu’individu par les autres pour mieux être soi-même, mais comment l’être ? Comment s’affirmer comme soi quand les autres cherchent à s’approprier notre personnalité ? Il y a de cela qui ressort du film et tant d’autres.

Car si les adolescents sont victimes de cette oppression sociale pour leur construction individuelle, les adultes ne sont pas de même, certains étant prêts à suivre n’importe quelle croyance pour se réfugier dans un semblant de bien-être. La fiction, néfaste ou non, se fait coquille de protection et cela se lit encore plus dans l’une des interprétations sur le final du récit. En effet, tout le monde se retrouve enfermé par des carcans, principalement ceux de la société, et c’est en acceptant de s’y confronter qu’on atteint la libération.

La liberté est l’un des nombreux cœurs du film, faisant battre la chamade au nôtre par sa manière de juxtaposer autant de personnages et de destins autour de Donnie, incarné avec brillance par un Jake Gyllenhaal tout simplement parfait. Sa prestation fait partie des nombreuses raisons qui rendent indispensable de voir le premier film de Richard Kelly, réalisateur de génie disparu des radars suite à son talent non conforme à une industrie qui se sent obligée de catégoriser pour subsister.

On aimerait continuer à parler encore et encore de « Donnie Darko » mais il faut bien admettre que cela serait inutile tant on ne fait pas face à un simple film mais à une véritable expérience. « Donnie Darko », c’est un voyage qu’il faut faire seul, malgré les blessures qu’il peut infliger. Car une fois sorti du film, les larmes aux yeux, le ventre noué et la tête retournée, c’est soi-même que l’on découvre. Alors, prenez la main de Donnie et faites le premier pas. Vous ne le regretterez jamais

Cold Skin de Xavier Gens

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Pays : France, Espagne

Année : 2018

Casting :David Oakes, Ray Stevenson, Aura Garrido,…

Genre : Fantastique

Enfin disponible en édition physique, « Cold Skin » est décidément le meilleur film de Xavier Gens.

1914. Un météorologue est envoyé sur une île pour remplacer un collègue disparu. Il va alors rencontrer les autochtones…

L’homme est un loup pour l’homme. Tout le monde ou presque le sait : nous sommes responsables de notre propre autodestruction, dans nos actions menées par des sentiments auxquels on ne peut échapper. Nous avons tous été conduits une fois dans notre vie par une sensation négative qui nous a poussé à commettre une, voire des erreurs à l’impact tellement fort que l’on regrette souvent les avoir commises et ce encore des années après. Voilà ce qu’illustre parfaitement le film de Xavier Gens.

Dans le domaine du cinéma de genre francophone, Gens compte parmi les metteurs en scène les plus passionnants, par ses thèmes ou même par les soucis qu’il aura connus (notamment sur « Frontière(s) »). Ici, il livre une œuvre s’inscrivant dans la violence de sa filmographie mais avec une verve poétique qui subjugue lors du visionnage. Plusieurs noms viennent en tête durant la séance, que ce soit dans le domaine du septième art, de la peinture ou de la littérature, mais jamais « Cold Skin » ne semble être un melting pot aussi bien protéiforme qu’irregardable. Du contraire même : le tout formé est d’une beauté renversante et à mille lieues de la production récente.

Ainsi, par son inscription temporelle et géographique, « Cold Skin » se place dans une confrontation à la violence inhérente à l’être humain. Bien qu’éloignés de la guerre qui se déroule, des mêmes affrontements ont lieu sur cette île avec une brutalité estomaquante. Difficile de ne pas faire le lien avec les colonies où des hommes blancs « civilisés » se sont permis de faire le ménage parmi les habitants originaux pour mieux les traiter en sauvages à éduquer. L’opposition idéologique qui se fait alors entre Friend et Gruner (impeccables David Oakes et Ray Stevenson) nourrit tout un fond qui se voit porté par une imagerie puissante magnifiée par Xavier Gens.

C’est donc un grand plaisir que l’on ressent devant ce « Cold Skin », notamment par la possibilité maintenant de le découvrir pour un plus large public là où il était auparavant cantonné aux festivals de genre. Bref, on remercie chaleureusement Condor Entertainment d’avoir édité ce titre passionnant et de lui permettre d’acquérir ses galons d’œuvre indispensable du genre européen récent qu’il se devait de recevoir le plus vite possible. Bref, foncez de suite pour découvrir ce grand film !

Razorback de Russell Mulcahy

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Pays : Australie
Année : 1984
Casting : Bill Kerr, Judy Morris, Gregory Harrisson, …
Genre : Horreur

Quand Carlotta ressort le film culte de Russell Mulcahy, autant dire qu’on est pris par les sentiments…

Une petite ville voit sa violence mise en lumière quand elle est attaquée par un sanglier géant, le Razorback.

Russell Mulcahy est une anomalie dans le domaine de la mise en scène tant sa filmographie part dans tous les sens. C’est sa réalisation qui est dès lors l’énorme atout du film, faisant exploser son récit dans des images au potentiel graphique plus qu’accompli. Il y a quelque chose de brillant et déliquescent qui se retrouve dans la réalisation, comme si elle accumulait sans honte les recherches visuelles les plus éloquentes pour en rajouter dans l’atmosphère du récit.

Car Razorback est une histoire de violence et sa créature n’en est pas la responsable mais le symptôme de celle-ci. Se nourrissant au cœur d’habitants à la vulgarité crasse, cette agressivité destructrice est centrale dans les actions du film et au cœur de la catastrophe monstrueuse qui se répand dans la région. Elle apporte au métrage une sensation d’évanouissement moral, de capharnaüm émotionnel que Mulcahy arrive à capter avec panache.

Dès lors, l’ambiance surréaliste qui suinte tout au long de Razorback est des plus cohérentes, le mouvement étant au départ l’une des conséquences des horreurs de la première guerre mondiale. Tout est fait pour se sentir dans une forme d’onirisme cauchemardesque, une perte de repères qui rend la créature éponyme plus effrayante encore. Comme dans tout bon film de monstre, ce dernier est symbole d’une société en proie aux maux qui la rongent et sans qu’aucun effort ne soit fait pour tenter de la sauver.

L’édition fournie par Carlotta capte au mieux techniquement la sur-esthétisation caractérisant le film. Le disque comporte plusieurs suppléments tels qu’un commentaire audio de Russell Mulcahy et Shayne Armstrong, une discussion sur le film entre critiques, un documentaire sur la genèse du film, des scènes coupées ainsi que la version Uncut du film transférée directement depuis la VHS 4/3 australienne.

Cette nouvelle édition est donc l’occasion de se relancer dans une œuvre culte de l’Ozploitation au style surréel prêt à marquer durablement les pensées de toute personnes qui s’y lancent. Car « Razorback » mérite sa réputation élogieuse d’œuvre unique visuellement et le revoir dans cette restauration 4K nous prodigue un plaisir non feint…

Tous les dieux du ciel de Quarxx

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Année : 2019

Pays : France

Casting : Jean-Luc Couchard, Thierry Frémont, Mélanie Gaydos, …

Genre : Drame, Fantastique, Horreur, Science-Fiction

Difficile de savoir par où commencer une critique sur ce film… Son résumé peut-être ? Juste un point de départ alors car il est dur de résumer un long-métrage pareil. Parlons juste de Simon, un homme replié sur lui-même vivant seul dans une ferme en piètre état en compagnie de sa sœur Estelle, victime d’un accident alors qu’elle était enfant. Simon passe son temps à espérer l’arrivée d’êtres supérieurs communiquant avec lui. Pendant ce temps, la vie suit son cours…

Voir ce film comparé à des réalisateurs fortement ancrés dans le cinéma de genre tels Fabrice Du Welz ou Xavier Gens s’avère assez compréhensible au vu des rattachements (fictionnels ? réels ?) avec le domaine du fantastique. On comprend également pourquoi le réalisateur ne se voit pas directement rattaché à ce style tant celui-ci est loin d’être le centre de son film. « Tous les dieux du ciel », c’est une œuvre assez singulière, ancrée dans une forme de chronique d’une existence morne mais également dans une forme graduelle de folie. En cela, l’interprétation de Jean-Luc Couchard amène quelque chose d’aussi particulier que le film lui-même.

Ce dernier n’hésite pas à jongler entre les orientations, passant d’un humour noir grinçant à une séquence provoquant le malaise (et ce, même en compagnie des spectateurs du BIFFF). Il est dès lors compliqué de savoir comment parfaitement décrire ce film tant sa manière de l’appréhender s’avère particulière. Néanmoins, on peut s’accorder sur la maîtrise technique de Quarxx et sa manière de dépeindre des personnalités autres subsistant telles qu’elles peuvent dans une société ne les aidant pas tel un Gaspar Noé tout en les faisant s’adresser à une certaine croyance dont la véracité ne sera jamais réellement établie. On pourra parler de quelques longueurs et d’une dernière partie qui risque de désarçonner mais cela n’empêche pas qu’il est impossible de ne pas recommander ce film.

Véritable Objet Filmique Non Identifié, « Tous les dieux du ciel » offrira une expérience particulière au public lui accordant sa chance tout en dressant des portraits plus tragiques que comiques dans un univers dépeint avec une certaine forme de morosité. En tout cas, cela donne envie de voir ce que Quarxx va pouvoir offrir par la suite.

L’ordre des médecins de David Roux

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Pays : France
Année : 2019
Casting : Jérémie Renier, Marthe Keller, Zita Hanrot, …
Genre : drame

C’est le drame derrière l’humain qui intéresse David Roux dans son premier film.

Pour Simon, la médecine n’est pas un travail mais un sacerdoce méritant tout son investissement. Mais quand sa mère se retrouve hospitalisée, tout change pour lui.

La figure du médecin a inspiré de nombreuses fictions, quel que soit le domaine artistique. Il faut bien reconnaître que ce métier fascine par l’implication perpétuelle que celui-ci doit effectuer afin de soigner, voire sauver le plus de patients possible. Bien évidemment, derrière cette figure qui se doit d’être parfaite pour officier au mieux, il y a une personne, dont les fêlures personnelles peuvent influer sur son travail. Pour sa première réalisation, David Roux cherche à capter au mieux cette sensation avec une approche intime et réaliste.

Le jeu tout en nuances de Jérémie Renier aide à apporter une subtilité à son personnage. C’est ainsi qu’on le voit porter plusieurs masques, notamment par son rapport empathique fluctuant avec ses patients, avant que tout ne se brise par l’hospitalisation de sa mère. C’est l’homme brisé qui se révèle sous le regard tout en humilité du metteur en scène. Pas de pathos larmoyant, juste une quête de sentiments et de drame avec un œil posé, ne tombant ni dans le clinique ni dans le lacrymal, juste dans des sentiments universels par le déchirement qu’ils provoquent.

En cela, le film arrive à engager un ressenti émotionnel envers le destin de Simon. Sa mère dans son hôpital, c’est l’intimité qui vient peu à peu briser le professionnel, obligeant les deux à se faire face dans un échange qui ne peut que provoquer la douleur. Et si la caméra de David Roux fait preuve d’une certaine précision pour capter la souffrance sourde grondant au fur et à mesure que son film se délie, ce n’est jamais en refusant tout le drame inhérent à son récit. On retrouve également cela dans les suppléments de l’édition fournie par Darkstar, avec notamment un entretien avec le réalisateur ainsi que ses courts-métrages.

C’est sa justesse permanente qui permet à « L’ordre des médecins » de se placer en œuvre touchante sur un drame familial ainsi qu’un métier obligeant à gérer ses émotions avec parcimonie. Mais est-ce que l’humain peut réellement faire cela en permanence ? David Roux répond à cette question avec réussite dans une première œuvre qui nous donne envie de suivre le restant de sa carrière.

Zombie de George A Romero

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Pays : États-Unis
Année : 1979
Casting : Ken Foree, Gaylen Ross, David Emge, …
Genre : Horreur

La réédition du classique de Romero donne une chance de redécouvrir l’un des monuments du genre.

Face à une invasion de morts-vivants, un groupe de survivants se réfugie dans un centre commercial.

Que dire de plus sur ce film que d’autres personnes plus talentueuses n’ont déjà dit ? Il est difficile en effet de revenir sur le classique de Romero tant tout a déjà été dit dessus. Prolongation de sa « Nuit des morts-vivants », le long-métrage permet une nouvelle fois au metteur en scène d’utiliser la figure du zombie avec de multiples lectures qui n’enlèvent rien au divertissement qui est offert.

Difficile en effet de nier le contexte politique ou la critique d’un consumérisme toujours aussi moderne. Le centre commercial cristallise en effet le besoin de consommer de la population et ce même si elle revient en tant que morts-vivants. Ceux-ci surlignent les êtres humains en tant que victimes d’une société de consommation transformant ce qui était vivant en une créature mécanique, agissant par habitude et acte de répétition de manière cyclique. Cela se retrouve également dans les quatre personnages principaux avec ce que cela implique de réaction sociale. Cela se retrouve notamment chez Francine, femme vue comme plus faible par rapport aux hommes du groupe suite à sa situation mais qui réussira à réclamer une égalité dans les rôles.

« Zombie » relève de plusieurs formes tout en continuant à garder un œil critique. La première attaque militaire a lieu dans un building où sont enfermées des minorités sur lesquelles un militaire raciste n’hésitera pas à tirer. Des vandales finiront par débarquer et agir de manière grotesque, soulignant la vacuité pour une certaine population de propager une logique collective au vu de la fin des temps qui se déroule. La télévision devient le moyen de communication où l’on appelle à la fin du sentimentalisme, le tout dans une époque où l’Amérique souffre encore d’une guerre au Viêt Nam ayant sali le patriotisme ambiant. La moralité ambiguë de l’époque nourrit le récit et lui permet de propager en sous-texte une crainte permanente au vu de l’absence de solution face à un mal inexplicable mais surtout inarrêtable.

La version européenne fournie par ESC n’est que l’un des nombreux disques du coffret Cult’édition de l’éditeur. En effet, il comprend également le director’s cut américain, la version longue présentée à Cannes ainsi que le montage européen en Full Frame, un livre de 152 pages de Marc Toullec et 5 tirages photos collectors. Une édition donc complète et intéressante pour tous les fans du film et le tout sans compter les nombreux bonus disponibles sur chaque disque.

Il est vraiment difficile d’écrire sur « Zombie » tant ce grand film a été analysé maintes fois de manière approfondie et passionnante. On ne peut dès lors que vous recommander de le regarder le plus rapidement possible si vous ne l’avez pas vu tant le film de Romero reste à ce jour un titre important dans le cinéma de genre et sans aucun doute parmi les meilleurs films de zombies, si pas le meilleur (dur à dire tant chacun s’écharpe sur la question). Il reste en effet une critique acerbe et drôle de notre société et le tout avec presque aucune ride que chacun devrait voir au moins une fois dans sa vie.

British Invasion de Valli et Stephen Clarke

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Le livre édité par Carlotta permet de revenir sur une véritable « invasion culturelle ».

Il est difficile de ne pas avoir été en contact avec n’importe quel produit culturel venant de Grande-Bretagne. Que ce soit au cinéma, en littérature, à la télévision ou même en musique, on a tous connu les mêmes artistes venant de l’autre côté de la Manche. Les auteurs de « British Invasion », Valli et Stephen Clarke, sont deux anglophones résidant à Paris et ayant vécu, chacun à leur manière, l’arrivée croissante d’artistes britanniques ainsi que leur influence sur l’art en général. Au gré des pages, c’est un dialogue qui se tisse entre deux personnalités et leur rapport personnel à la culture britannique, le tout se lisant avec un intérêt certain.

« British Invasion » est divisé en six chapitres distincts, de la musique à la littérature en passant par la mode, l’art photographique et pictural ainsi que le cinéma et la télévision. Si l’on pourrait regretter de ne pas avoir plus de texte sur certaines parties ainsi que certains artistes, on s’ouvre quand même à des regards neufs sur diverses personnalités et le rapport qu’elles entretiennent avec un certain public, par moments éloigné de leurs œuvres et d’autres assez proches selon les sentiments des auteurs avec ceux-ci.

L’édition du livre présentée par Carlotta fournit également cinq DVD de titres variés permettant de continuer le dialogue entamé sur papier. On retrouve ainsi « A Hard Day’s Night » de Richard Lester, « Alfie » de Lewis Gilbert, « Blow-Up » de Michelangelo Antonioni, « The Party » de Blake Edwards ainsi que « Good Morning England » de Richard Curtis. Ces cinq longs-métrages se concentrent essentiellement sur la représentation britannique des années 60, les quatre premiers étant sortis durant cette décennie tandis que le dernier s’y inscrit par son récit. De quoi jeter un œil sur la période précise où l’on peut parler d’un débarquement britannique dans la culture populaire générale.

Car c’est de ça qu’il est question dans ce « British Invasion », regard sur une culture qui aura su se propager à travers la planète pour s’inscrire pleinement dans la construction sociale de nombreuses personnes à travers la planète. Jeter un œil curieux à cette édition s’avère dès lors simplement regarder à tout un pan de culture populaire.