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Liam Debruel

Liam Debruel
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Amoureux du cinéma. À la recherche de films de qualités en tout genre,qu'importe la catégorie dans laquelle il faut le ranger. Le cinéma est selon moi un art qui peut changer notre vision du monde ou du moins nous faire voyager quelques heures. Fan notamment de JJ Abrams,Christopher Nolan, Edgar Wright,Fabrice Du Welz,Denis Villeneuve, Steven Spielberg,Alfred Hitchcock,Pascal Laugier, Brad Bird ,Guillermo Del Toro, Tim Burton,Quentin Tarantino et Alexandre Bustillo et julien Maury notamment.Écrit aussi pour les sites Church of nowhere et Le quotidien du cinéma. Je m'occupe également des Sinistres Purges où j'essaie d'aborder avec humour un film que je trouve personnellement mauvais tout en essayant de rester le plus objectif possible :)

Voir le jour de Marion Laine

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Pays France
Année 2020
Casting  Sandrine Bonnaire, Brigitte Roüan, Aure Atika, …
Genre Drame

Rattrapage en règle d’un film manqué en salle avec ce drame en milieu hospitalier.

Jeanne travaille comme auxiliaire dans une maternité de Marseille. Nuit et jour, Jeanne et ses collègues se battent pour défendre les mères et leurs bébés face au manque d’effectif et à la pression permanente de leur direction. Jeanne vit avec Zoé, sa fille de 18 ans, qu’elle élève seule. Lorsqu’un drame survient à la maternité et que Zoé part étudier à Paris, le passé secret de Jeanne resurgit soudain et la pousse à affirmer ses choix de vie.

Les premières images de « Voir le jour » nous plongent directement dans l’univers d’une maternité où la vie peut côtoyer la mort avec une rudesse désarmante. C’est peut-être ce qui amène directement une forme assez morne d’un quotidien sans satisfaction, la possibilité de contribuer à la naissance d’un enfant se retrouvant contrebalancée par les conditions déplorables de travail et les détails s’accumulant tels ces manifestants anti-avortements ne cherchant qu’à se faire remarquer. La mise en scène se fait sans prétention mais colle au mieux à ses personnages, des femmes aux destinées liées par ce métier devenant pur sacerdoce.

La part belle est bien évidemment faite à Jeanne, incarnée par une Sandrine Bonnaire impeccable de justesse. Tout comme son personnage porte toute une charge étouffante, l’actrice parvient à soutenir sur ses épaules un poids émotionnel fort. Que ce soit dans sa confrontation à son travail, sa relation avec sa fille ou son passé qui ressurgit, on ressent une douleur intériorisée qui parvient petit à petit à se développer de façon nouvelle. Marion Laine parvient à faire son portrait avec une beauté modeste qui n’en rend que certains points plus touchants encore.

Il se peut que, comme l’auteur de ces lignes, vous ayez loupé « Voir le jour » lors de sa sortie en salles. Alors n’hésitez pas à profiter de cette sortie chez Pyramide Vidéo, dans une édition assez simple fournie par Dark Star, pour vous faire votre avis sur ce film. Car s’il est loin d’être parfait, notamment dans sa façon de gérer certains points, le film de Marion Laine mériterait néanmoins un peu plus de visibilité par sa façon de traiter ses infirmières.

La femme des steppes, le flic et l’oeuf de Wang Quanan

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Pays Mongolie
Année 2020
Casting Dulamjav Enkhtaivan, Aorigeletu, Norovsambuu Batmunkh, …
Genre Comédie, policier

On part en Mongolie avec ce film disponible chez Diaphana en DVD et VOD.

Le corps d’une femme est retrouvé au milieu de la steppe mongole. Un policier novice est désigné pour monter la garde sur les lieux du crime. Dans cette région sauvage, une jeune bergère, malicieuse et indépendante, vient l’aider à se protéger du froid et des loups. Le lendemain matin, l’enquête suit son cours, la bergère retourne à sa vie libre mais quelque chose aura changé

La largeur des steppes se dresse dès cette ouverture nocturne, bercée par une conversation des plus banales surprise par la découverte de ce cadavre. Cet élément absurde par sa place dans un milieu aussi vierge vient alimenter la narration de façon à bouleverser les personnages, surtout ce jeune policier perdu et la bergère qui s’occupera de lui. L’horizon du décor ne fait alors que souligner la solitude de ces protagonistes et l’aspect surréel de l’histoire qui va se dessiner, se confrontant à une forme d’ennui telle une berceuse qui nous emporte.

En effet, le film de Wang Quanan a un rythme qui risque d’indisposer et de provoquer une sensation plus longue que l’heure quarante du métrage. Mais c’est ce qui en fait sa réussite, parvenant à se diriger vers des horizons inattendus. On repense à ces danses dans ce décor vierge, remettant encore le protagoniste dans sa place au milieu de ce vaste territoire. La beauté du métrage, aussi simple d’action que superbe de résultat, parvient dès lors à pleinement fonctionner et nous laisser emporter par les détours que prendra la narration.

Film pas facile à appréhender totalement, « La femme des steppes, le flic et l’œuf » s’établit au fur et à mesure du visionnage comme une œuvre contemplative au décor central magnifié par la photographie tout en n’hésitant pas à verser dans un minimalisme qui risque de déranger en plus de ses aspects tonals. Pourtant, rien que pour le fait de pouvoir découvrir pareille œuvre, on vous recommande de découvrir le long-métrage de Wang Quanan pour faire ce voyage statique vers l’infini.

Été 85 de François Ozon

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Pays : France
Année : 2020
Casting : Félix Lefebvre, Benjamin Voisin, Philippine Velge, …
Genre : comédie dramatique

Dans une année 2020 pluvieuse au niveau de l’actualité, le dernier film de François Ozon constitue un rayon de soleil toujours aussi essentiel.

L’été de ses 16 ans, Alexis, lors d’une sortie en mer sur la côte normande, est sauvé héroïquement du naufrage par David, 18 ans. Alexis vient de rencontrer l’ami de ses rêves. Mais le rêve durera-t-il plus qu’un été ? L’été 85…

La rupture de ton s’opérant au début du métrage est brutale, autant que le film lui-même par instants. On passe ainsi de l’installation d’un événement dramatique à des décors de plage, accompagnés par la musique de The Cure (ce qui est toujours quelque chose de positif dans un film). François Ozon joue ainsi de cette ambivalence entre chaleur estivale et implication plus triste concernant Alexis. Dès lors, on se laisse encore plus emporter par la romance qui se dessine entre David et lui au vu de la crainte des événements à venir ainsi que l’incandescence d’une relation qui enflamme l’écran, bien aidée par son duo d’acteurs au magnétisme envoûtant.

Si l’adaptation du roman d’Aidan Chambers va par instants dans le littéral pur (pas un souci au vu de la grande qualité du roman), Ozon parvient à cristalliser la force tragique et émouvante de cette histoire en offrant des images d’un charme hypnotisant (bien aidées par la superbe photographie d’Hicham Alaouié). Se dessine alors une histoire face à laquelle on se plonge jusqu’à l’inévitable sortie de route promise par l’ouverture mais pourtant surprenante de cruauté.

Le long-métrage parvient alors à faire chavirer et à proposer des réflexions aussi belles que douloureuses, notamment la difficulté de partager à d’autres les sentiments que peuvent éveiller en nous l’être aimé. Les questions sur la narration et sur la façon de se développer émotionnellement se dessinent, s’entrelacent et nourrissent la tristesse ambiante d’une dernière partie qui parvient à faire envoler le film jusqu’à des cieux emplis d’émotions et de beauté, aussi bien visuelle que narrative.

François Ozon parvient alors à nous plonger dans un retour dans le passé, où l’on interroge la place de sa sexualité dans des milieux à la masculinité bien trop inscrite tout en ne tombant pas dans le rétro gratuit. Si l’on retrouve quelques citations (notamment à la Boum, dans une scène des plus magnifiques de simplicité), il interroge cette mélancolie temporelle en la confrontant à celle émotionnelle. Il y trouve un cœur qui nous emporte et nous laisse lors du générique en larmes par les sentiments éveillés et le sourire aux lèvres devant pareille création.

On remercie donc Dark Star de nous avoir fourni cette édition amenée par Diaphana Éditions. Les suppléments proposés parviennent à enrichir la redécouverte du film par leur richesse (on y retrouve des entretiens avec l’équipe du film, des scènes coupées, la répétition de la bagarre et de la danse, des essais pellicules 16mm-35mm ainsi que lumières et costumes, un bêtisier, des projets d’affiches et « Une robe d’été », court-métrage de François Ozon datant de 1996.) Bref, c’est une édition aussi fournie que le long-métrage.

« Été 85 » était un coup de cœur à sa sortie et il continue encore de faire battre le nôtre tant François Ozon parvient à toucher à une large palette d’émotions avec une force brûlante hypnotisante. C’est typiquement le genre de film qui, tout en rappelant la qualité d’un cinéma français bien trop critiqué, parvient à amener une vie qui perdure encore un long moment après sa vision. Et rien que pour cette sensation, il est impossible pour nous de ne pas être noyé par la réussite incandescente d’« Été 85 »…

Docteur Cyclope d’ Ernest B. Schoedsack

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Pays États-Unis
Année 1940
Casting Albert Dekker, Janice Logan, Charles Halton, …
Genre Science-Fiction

Elephant Films nous permet encore de découvrir un film de genre au charme rétro.

Dans la jungle amazonienne, le docteur Thorkel conduit des expériences incroyables : après des années de recherche, il arrive à réduire l’être humain à une taille minuscule. Quand un de ses confrères, le docteur Bulfinch, accompagné de son assistante Mary Robinson, vient lui rendre visite, Thorkel ne veut pas trop dévoiler ses conclusions…

Le nom d’Ernest B. Schoedsack devrait provoquer une étincelle dans les yeux de certains cinéphiles. Il officia en effet en tant que coréalisateur avec Merial C. Cooper du légendaire « King Kong » de 1933, et ce un an après avoir travaillé au même poste avec Irving Pichel sur « Les chasses du comte Zaroff ». Les aficionados du genre devraient donc être intéressés par cette production reposant également sur des effets spéciaux qui, s’ils ont subi les affres du temps, disposent néanmoins d’un charme toujours appréciable.

Bien évidemment, le long-métrage est loin d’être au niveau des deux classiques cités plus haut et souffre par moments d’aspects affectant sa qualité, notamment une écriture parfois trop archétypale pour véhiculer de l’émotion. Néanmoins, on se laisse prendre, que ce soit par le jeu d’Albert Dekker en scientifique néfaste ou bien ses effets de miniature, que ce soit par l’ajout d’images ou des raccords avec des points de décors, telle la main géante du méchant serrant fortement sa pauvre victime. Dès lors, une fois que l’on aura passé sa première demie heure, on est assez pris par ce récit assez caractéristique mais néanmoins appréciable, notamment dans sa façon de jouer sur un rapport antique dans les références (les tenues, le titre même désignant le méchant comme Cyclope emprisonnant de pauvres humains).

Le combo Blu-Ray/DVD proposé par Elephant Films met en valeur le charme d’antan du technicolor proposé par ce « Docteur Cyclope ». Ses 75 minutes de métrage parviennent à divertir avec assez de plaisir pour en faire un moment plus qu’appréciable à savourer dans le confort de chez soi, face à une version miniaturisée de l’écran de cinéma que ne renierait pas le docteur Thorkel.

Le peuple de l’enfer de Virgil W. Vogel

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Pays États-Unis
Année 1956
Casting John Agar, Cynthia Patrick, Hughes Beaumont,…
Genre Science-fiction, Aventure

On continue d’aborder les sorties d’Elephant Films avec une série B qui aura su gagner en popularité.

Des archéologues découvrent un peuple d’êtres humains albinos vivant sous la terre.

Après « Le monstre de l’abîme », nous voilà de retour pour prolonger notre découverte de films classiques proposés par Elephant Films avec un film qui a su glaner ses jalons de classique sous son nom original, « The mole people ». Pourtant, on ressent assez souvent le budget étriqué avec lequel l’équipe a dû faire face, notamment en essayant de se rapprocher du style plus maîtrisé d’un Jack Arnold. Néanmoins, on sent l’envie d’aventure et de divertissement avec une envie de sérieux, tel qu’illustré par l’ouverture faite par un professeur voulant rappeler à quel point l’histoire est à prendre au premier degré.

Les ravages du temps l’inscrivent néanmoins dans quelque chose moins à l’avenant scientifique que ce qui est tenté ici mais cela n’empêche pas d’apprécier le film tant celui-ci parvient à s’inscrire dans une imagerie assez intéressante pour que l’heure 17 de métrage passe de façon très rapide. Les aficionados des films de monstre des années 50 devraient être conquis, surtout par les toujours bonnes éditions offertes par Elephant Films, notamment grâce à l’appréciable introduction de Jean-Pierre Dionnet et l’excellente facture technique du disque reçu.

Il y a de quoi se faire une agréable (re)découverte avec cette édition du « Peuple de l’Enfer », sympathique série B qui s’avérera intéressante pour ses éponymes Mole people et son divertissement malgré qu’il soit clairement marqué dans des archétypes du film de monstre, bien qu’il soit loin de se limiter à cet aspect. De quoi enrichir sa culture du fantastique des années 50 avec une bande pas prétentieuse malgré son ouverture et dont le visionnage procure toutes les promesses qu’un tel film puisse offrir.

Uniformes et jupon court de Billy Wilder

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Pays États-Unis
Année 1942
Casting Ginger Rogers, Ray Milland, Robert Benchley, …
Genre Comédie, romance

C’est bien simple : on ne refuse jamais un film de Billy Wilder.

Lasse d’être ennuyé​e​ par les hommes, Susan, coiffeuse à domicile, décide de retourner chez ses parents dans l’Iowa. ​T​rop ​fauchée​​​​ pour s’offrir un billet de ​train​, ​​elle se déguise en fillette​ pour​​​ bénéficier du demi-tarif​. C’est ainsi habillé​e​ qu’elle va semer le trouble chez le très digne commandant Kirby, chef d’un régiment de cadets et fiancé à la peu sympathique Pamela…

Recevoir un exemplaire d’un film de Billy Wilder dans sa boîte aux lettres pourrait être comparé à la réception en avance d’un cadeau de Noël tant les films du réalisateur constituent des présents des plus remarquables au septième art. C’est bien simple : on aimerait résumer chaque critique d’un de ses films que l’on peut découvrir en demandant tout simplement à chaque personne de le regarder. Néanmoins, on doit bien expliciter un peu plus pourquoi voir un film de Billy Wilder, ici son premier aux États-Unis, est une nécessité.

Tous les ingrédients sont présents pour une comédie aux rebondissements assez nombreux, imposant à notre héroïne de se faire passer pour une fillette par souci économique. Bien évidemment, Wilder joue de sa narration avec une malice des plus enivrantes, bien aidé par une maîtrise narrative et scénique que d’autres ont abordé avec plus de talent que nous. La façon dont le réalisateur se permet de traiter son humour s’avère alors délicieusement prenante et conserve un charme intemporel.

On y retrouve un jeu sur le déguisement, confrontant l’obligation de notre héroïne à son accoutrement face à l’uniforme militaire, semblant de sérieux qui dissimule des hommes cherchant à retrouver la malice d’antan tout en obligeant les jeunes à suivre les mêmes principes (et le même comportement peu avenant). Situé à une période chargée pour l’armée américaine, le film parvient à gratter la splendeur apparente de l’uniforme tout en la mettant à égalité avec ce besoin de vêtir d’autres vêtements aux conséquences les dépassant.

Disposant en supplément d’un entretien entre les journalistes Mathieu Macheret et Frédéric Mercier et accompagné d’un livret de 28 pages rédigé par Marc Toullec, cette édition proposée par Rimini permet de bien mettre en avant une énième pépite de Billy Wilder. Bref, comme à l’accoutumée, nous ne pouvons que proposer de découvrir « Uniformes et Jupon court », ne serait-ce que pour continuer à partager la réussite des longs-métrages d’un réalisateur au talent traversant les années sans aucune ride.

Le monstre des abîmes de Jack Arnold

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Pays États-Unis
Année 1958
Casting  Troy Donahue, Arthur Franz, Joanna Moore
Genre Science-Fiction, épouvante

Quand Elephant Films nous propose un film de monstre des années 50, qui sommes-nous pour refuser ?

Donald Blake, professeur de biologie dans une université, fait venir pour ses expériences sur l’évolution un spécimen de cœlacanthe, poisson préhistorique qui semble provoquer d’étranges réactions sur ceux qui l’approchent.

Mieux connu sous le titre « Monster of the campus », le film de Jack Arnold a tout pour remplir les cases du film de monstre rétro comme il nous plaît tant d’en découvrir. Créatures aux effets un poil datés mais dotés de toujours autant de charme ? Check. Monstre humanoïde ? Check. Scientifique confronté aux conséquences de sa découverte ? Check. Il faut admettre alors qu’on prend un sacré plaisir durant les (trop courtes) 77 minutes de métrage et ce malgré une intrigue qui respire le déjà-vu.

Pourtant, Jack Arnold parvient à faire fonctionner son récit, notamment par sa réappropriation de classiques (on pense à une variation de « Dr Jekyll et Mr Hyde », maquillage masqué à l’appui) et ce avec une envie de divertir son public qui est largement remplie. On ne s’ennuie guère devant le film, notamment grâce à quelques plans et idées qui auraient peut-être gagné en étant un peu plus développées, mais cela n’affecte jamais le charme éprouvé devant le long-métrage. Ces quelques remarques pourraient être vues comme des scories face à l’appréciation générale que l’on ressent devant ce titre modeste mais non moins dénué d’attraits.

Comprenant entre autres une introduction du film par Jean-Pierre Dionnet ainsi qu’une présentation du réalisateur également de sa part, cette édition fournie par Elephant Films devrait régaler les personnes amoureuses des films de monstres rétro, avec un parfum bien propre qui s’en dégage. De quoi remplir ses connaissances dans le genre avec un chouette petit film qui devrait prolonger les festivités d’Halloween…

Yasujiro Ozu : Carnets 1933-1963

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Le nom de Yasujiro Ozu devrait résonner aux oreilles de nombreuses personnes amoureuses du septième art. Même sans avoir vu l’un de ses films, l’aura qui se dégage de sa filmographie a su illuminer des générations de cinéphiles en tous genres. Quand Carlotta propose alors de découvrir ses carnets dans une nouvelle édition, avec une traduction intégrale, révisée et augmentée par rapport à la précédente version de 1996, il faut avouer que notre curiosité est titillée. La question néanmoins de la pertinence de cette lecture sans avoir pu regarder l’un de ses longs-métrages se pose et a taraudé l’auteur de ces lignes au moment de demander un exemplaire. Néanmoins, ce sentiment se retrouve rapidement mis de côté au vu du résultat.

On plonge ainsi dans l’intimité d’un esprit créateur, avec des réflexions pouvant aller de l’élan poétique à la retranscription la plus réduite du contenu d’une journée. Il est assez passionnant de voir comment Yasujiro Ozu passe de la brièveté à la description un peu plus riche, faisant de chacune des journées quelque chose d’intéressant, surtout quand il s’exprime un peu sur ses journées de tournage. Les références accompagnant certaines notes devraient aider les non connaisseurs (comme l’auteur de ces lignes) à comprendre un peu mieux le contexte de tel ou tel propos et ne laisser en ce sens personne de côté dans cette lecture des plus intéressantes.

Les 200 pages d’extraits fournies par Carlotta parviennent à se faire une bonne idée de la nature de la personnalité que nous découvrons à travers ses carnets personnels. Bien que l’on aurait voulu avoir les 1262 pages de contenu entre nos mains, on remerciera l’éditeur de sortir un tel mastodonte qui devrait ravir toute personne amoureuse du septième art. On est sûr que les fans de Yasujiro Ozu auront envie de replonger dans l’intégralité de sa carrière. Quant à ceux, comme l’auteur de ces lignes, qui ne l’ont pas encore fait, voilà de quoi pousser à un énorme rattrapage le plus rapidement possible…

Le chevalier du Château maudit de Mario Costa

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Pays : Italie, France
Année : 1959
Casting : Massimo Serato, Irene Tunc, Luisella Boni, …
Genre : Aventure, Histoire

C’est toujours un plaisir de recevoir une édition d’Artus, surtout quand ce sont des découvertes comme « Le chevalier du Château maudit ».

Le perfide Ugo de Collefeltro a fait jeter en prison son oncle, le duc Olivero, et pris sa place sur le trône de Valgrado. Devant l’oppression subie, les gens du pays déplorent la disparition de leur ancien maître. Quand Isabelle, la fille du duc, revient au château, elle est demandée en mariage par son cousin Ugo. Elle fait alors connaissance avec le mystérieux Chevalier Noir, qui défend les paysans contre le tyran.

Comment ne pas apprécier de découvrir un film moins connu comme « Le chevalier du Château maudit » ? C’est ce petit bonheur de personne amoureuse de cinéma que remplit régulièrement Artus en remettant en avant des titres en tous genres dans des éditions dont la simplicité n’a d’égale que la découverte pure. Et si le film de Mario Costa est assez daté par instants, on apprécie quand même ce premier visionnage.

On sent l’envie de Mario Costa d’offrir un récit d’aventure rappelant plusieurs histoires, notamment par la présence de son personnage principal, le Chevalier Noir. Son costume fonctionne bien pour créer une certaine aura l’entourant et il faut bien admettre qu’on se laisse suivre sans déplaisir dans ses aventures. Si la mise en scène souffre par moments de cadres un poil trop fixes, les quelques mouvements qui appuient les chorégraphies de combat parviennent à souligner l’action. Tout cela parvient à faire passer très rapidement la courte durée du métrage, de seulement 1h20, bien aidé par un casting aux personnages un poil archétypaux mais néanmoins compréhensibles dans leur interprétation.

Comptant en supplément un diaporama d’affiches et de photos du film ainsi que sa bande-annonce, cette édition fournie par Artus du « Chevalier du Château Maudit » permet de faire une appréciable découverte avec ce film de chevalier italien de 1959. On vous laisse alors voir si vous voulez découvrir ce chevalier noir plus Robin des Bois que Batman …

Les parfums de Grégory Magne

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Pays France
Année 2020
Casting  Emmanuelle Devos, Grégory Montel, Gustave Kervern , …
Genre Comédie dramatique

Il semble que « Les parfums » ait connu une carrière trop discrète qu’on espère illuminer un peu par cette courte critique.

Anne Walberg est une célébrité dans le monde du parfum. Elle crée des fragrances et vend son incroyable talent à des sociétés en tout genre. Elle vit en diva, égoïste, au tempérament bien trempé. Guillaume est son nouveau chauffeur et le seul qui n’a pas peur de lui tenir tête. Sans doute la raison pour laquelle elle ne le renvoie pas.

Il y a une senteur modeste qui se dégage du film de Grégory Magne. On ne va pas prétendre non plus à la révolution cinématographique tant le long-métrage se rapporte à plusieurs points narratifs connus comme la confrontation entre deux classes permettant une égalité des possibilités par un apprentissage commun. Mais ce n’est pas tant la façon d’appréhender assez classique qui nous intéresse ici mais la globalité du film, offrant une modestie qui nous happe rapidement par sa justesse.

C’est ainsi que le duo formé par Emmanuelle Devos et Grégory Montel parvient à dégager une certaine chaleur qui touche étonnamment dans sa façon de traiter sa structure classique avec un humanisme prenant. Le film s’avère assez délicat dans son traitement, clairement pas dans l’esbroufe humoristique trop forcée et reposant surtout sur ses personnages. La douceur subtile qui traverse la narration parvient alors à toucher de façon si efficace que la surprise n’en est que plus grande.

Si « Les parfums » joue sur des fils connus, il le fait avec un traitement à la retenue si solaire que l’on se laisse tranquillement prendre au jeu. Grégory Magne parvient à mettre joliment en avant son duo avec une lumière fine qui nous réchauffe au fur et à mesure. La senteur mélancolique qui nous enrobe à la fin du métrage nous laisse alors avec le sourire d’avoir vu un bon film dans lequel on se replongera sans aucun doute quand on aura besoin de légèreté, quelque chose de plus qu’appréciable vu l’actualité…