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Liam Debruel

Liam Debruel
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Amoureux du cinéma. À la recherche de films de qualités en tout genre,qu'importe la catégorie dans laquelle il faut le ranger. Le cinéma est selon moi un art qui peut changer notre vision du monde ou du moins nous faire voyager quelques heures. Fan notamment de JJ Abrams,Christopher Nolan, Edgar Wright,Fabrice Du Welz,Denis Villeneuve, Steven Spielberg,Alfred Hitchcock,Pascal Laugier, Brad Bird ,Guillermo Del Toro, Tim Burton,Quentin Tarantino et Alexandre Bustillo et julien Maury notamment.Écrit aussi pour les sites Church of nowhere et Le quotidien du cinéma. Je m'occupe également des Sinistres Purges où j'essaie d'aborder avec humour un film que je trouve personnellement mauvais tout en essayant de rester le plus objectif possible :)

Tobrouk, commando pour l’Enfer d’Arthur Hiller

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Pays États-Unis
Année 1967
Casting  Rock Hudson, George Peppard, Nigel Green, …
Genre Guerre

On clôture notre tour de films de guerre chez Elephant avec « Tobrouk, commando pour l’Enfer ».

Alors que l’Afrikakorps, sous le commandement du maréchal Rommel, fait route vers Le Caire, les forces britanniques, incapables de contrer son avance, choisissent de recourir à la ruse. Elles imaginent de déguiser des juifs allemands vivant en Palestine en ennemis et de les envoyer dans la citadelle de Tobrouk où Rommel a fait entreposer les réserves de carburant de son armée. Pour atteindre Tobrouk, le commando doit parcourir huit cent kilomètres dans le désert. C’est le début d’un périple peu commun, où les pseudo-nazis, dans des voitures volées aux allemands, franchissent les lignes adverses en escortant des Anglais désarmés censés être leurs prisonniers. Pendant le voyage, le groupe manœuvre de telle sorte qu’une colonne de chars allemands et italiens, se croyant l’une comme l’autre attaquée par les Anglais, se livrent bataille. Le commando en profite pour passer sans être repéré…

Il est parfois compliqué pour un film de se distinguer du genre dans lequel il s’inscrit. C’est ce dont souffre principalement ce « Tobrouk, commando pour l’enfer », assez classique dans tout ce qu’il propose. Mais que cette nature déjà vue ne rebute pas trop les amateurs car, à défaut de pleinement sortir de certaines cases, le film d’Arthur Hiller parvient à être solide à tous les niveaux. La mise en scène accompagne au mieux l’action tout en profitant du décor de l’intrigue.

L’action est en ce sens permanente et n’aura guère de mal à divertir. Mais si son surplus final s’avère des plus explosifs, le long-métrage se maintient mieux durant le trajet évoqué, notamment dans les doutes entourant un certain traître prompt à saboter la mission. C’est l’occasion entre autres de se reposer un peu plus sur des personnages qui auraient mérité une écriture un peu plus approfondie afin de mieux évoquer les questions posées au fur et à mesure de l’intrigue, à peine brossées alors que le potentiel était présent. Après, le résultat est bien loin d’être honteux et l’édition fournie par Elephant Films propose au mieux de lui faire honneur.

« Tobrouk, Commando pour l’enfer » s’inscrit comme un bon film de guerre, assez tendu et spectaculaire par instants pour fonctionner. Il parvient à offrir ce qu’il faut pour inciter à la découverte, notamment dans cette édition sobre mais visuellement au service de ce long-métrage, un peu classique mais néanmoins réussi.

Le combat du capitaine Newman de David Miller

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Pays États-Unis
Année 1963
Casting  Gregory Peck, Robert Duvall, Tony Curtis, …
Genre Comédie dramatique

Elephant Films ressort des titres moins réputés dans le domaine de la guerre avec cette fois-ci un joli casting aux commandes.

Pendant la seconde guerre mondiale, le docteur Josuah Newman dirige un hôpital psychiatrique pour vétérans. Il va ainsi tenter de redonner goût à la vie à ces soldats traumatisés par la guerre.

On l’oublie souvent mais le stress post-traumatique et toutes les répercussions psychologiques du combat chez un soldat constituaient et constituent toujours un certain tabou. L’inhumanité dont ont fait preuve ces outils d’un système belliciste ressort avec un impact aussi dévastateur qu’une bombe, obligeant le monde à faire face aux conséquences de sa nature guerrière. Le film de David Miller s’avérait dès lors intéressant, parlant de ce sujet avec certes une envie de comédie mais sans ignorer l’implication derrière ces soldats détruits moralement.

Nominé à l’époque dans trois catégories aux Oscars, le film arrive à illustrer une certaine situation tout en essayant au mieux de s’orienter vers le comique. C’est là que le bât blesse le plus tant l’humour est inégal, là où la dramaturgie se retrouve renforcée lors de certaines séquences. On pourra d’ailleurs souligner la nature impeccable du casting trois étoiles du métrage, parvenant à amener de la lumière à un film qui aurait peut-être gagné à plus de sombre. Concernant l’édition fournie par Elephant Films, on se situe dans la même bonne facture technique qu’à l’accoutumée. Les suppléments proposent une présentation d’une douzaine de minutes du film par l’historien du cinéma Laurent Aknin ainsi qu’une bande annonce.

S’il aurait pu aller plus loin dans ses questionnements, « Le combat du capitaine Newman » se révèle assez rondement mené, notamment dans la chaleur qu’il apporte avec un sujet pourtant compliqué. De quoi rester marqué par certaines séquences au vu de la thématique centrale toujours aussi brûlante d’un film pourtant âgé de presque 60 ans…

Les apparences de Marc Fitoussi

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Pays France
Année 2020
Casting Karin Viard, Benjamin Biolay, Lucas Englander, …
Genre Thriller

Marc Fitoussi nous emmène à Vienne pour un thriller conjugal en milieu bourgeois.

Vienne, ses palais impériaux, son Danube bleu et… sa microscopique communauté française. Jeune couple en vue, Ève et Henri, parents d’un petit Malo, ont tout pour être heureux. Lui est le chef d’orchestre de l’Opéra, elle travaille à l’Institut français. Une vie apparemment sans fausse note, jusqu’au jour où Henri succombe au charme de l’institutrice de leur fils.

Quelque chose qui frappe directement en regardant ce film est la nature figée de celui-ci. Il faut bien avouer d’ailleurs que c’en est un peu irrité, cette atmosphère guindée au possible où tout est resserré, les gens, les pensées, les actions, … Bien évidemment, on comprend au fur et à mesure que tout ceci est logique, le milieu dans lequel nagent nos personnages relevant de cette facticité de l’être où l’on évolue en microcosme autocentré. C’est une France bourgeoise qui se dessine, virevoltant dans une Autriche dont on loue la beauté architecturale mais dont on ne s’embarrasse que peu de ses gens.

Le drame conjugal qui va se dessiner, bien qu’assez commun, s’avère alors assez intéressant pour pouvoir intriguer. Certains rebondissements arrivent à fonctionner et même à surnager au milieu d’une intrigue qui semble par moments ne pas aller au bout de son potentiel de thriller. C’est plutôt quand le film aborde les relations sous forme de contrôle qu’il fonctionne mieux, chacun cherchant à être dans la possession d’un autre dans un jeu de rapport qui ajoute de la chair au film.

Si sa nature assez coincée pourrait vous faire rebrousser chemin, il faut bien avouer que « Les apparences » les conservent, traitant aussi bien de guerre de relations dans une forme aussi normée que le couple ainsi que d’une microsociété qui se tourne tellement sur elle-même qu’elle force le port de masques sociétaux. Sans être à la hauteur de ses promesses, le film de Marc Fitoussi fonctionnement néanmoins.

Le cinquième commando de Henry Hathaway

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Pays États-Unis
Année 1971
Casting Richard Burton, John Colicos, Clinton Greyn, …
Genre Guerre

Elephant Films nous propose plusieurs films de guerre dans ses dernières sorties. Première étape avec ce Cinquième Commando.

A la tête d’un commando britannique, le capitaine Foster pénètre le camp de Rommel afin d’évaluer ses forces. Pour survivre, ils devront affronter les troupes du redoutable maréchal allemand.

Un petit tour par certains sites connus des cinéphiles permet de constater un certain désamour envers le film de Henry Hathaway. Pourtant, passé l’heure 38 du métrage, force est de constater que, sans être un classique du genre, « Le cinquième commando » parvient à distraire assez pour être éloigné de certaines critiques extrêmement virulentes. Bien évidemment, le film a quelques défauts, à l’instar d’une écriture de personnages auxquels on aurait souhaité voir plus d’épaisseur dans leur caractérisation.

Si Hathaway ne fournit pas une mise en scène tout le temps à la hauteur, le résultat s’avère assez intéressant dans le divertissement fourni, comme lors de ses séquences explosives. Le charisme de Richard Burton se révèle toujours aussi intact et parvient justement à mieux nous faire suivre son protagoniste. Le tout aurait mérité une meilleure tenue générale pour marquer les esprits mais s’avère tenir la route sur sa durée, avec notamment quelques beaux plans parvenant à rendre le tout certes très classique mais quand même efficace.

Bien qu’un peu trop sur les sentiers battus et manquant de robustesse à de multiples niveaux, ce « Cinquième Commando » fait le travail et devrait intéresser les personnes aimant les films de guerre, surtout dans cette présentation d’Elephant. L’éditeur parvient en effet à rendre plus intéressant un titre qui aurait mérité de plus se resserrer plutôt que partir dans tous les sens tout en s’avérant très commun. Il y a de quoi distraire correctement, en espérant que cette sortie permette au film de disposer de plus de fans à son propos.

Yuki, le secret de la montagne magique de Tadashi Imai

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Pays Japon
Année 1981
Genre Aventure, Drame

Est-ce que c’est toujours un plaisir de découvrir un ancien film d’animation japonais ? La réponse continue d’être positive avec « Yuki, le secret de la montagne magique ».

Yuki vit au ciel avec ses grands-parents, qui veillent sur la Terre. L’année de ses 13 ans, elle est envoyée chez les humains pour faire revenir la paix. Elle aura un an pour mener à bien sa mission, au risque d’être transformée en un sombre vent hurlant. Confrontée au mauvais sort des habitants d’un village du Japon féodal, elle découvre que la cause de tous leurs maux est bien plus mystérieuse que ce que l’on croit…

On parle toujours de Hadao Miyazaki ou Mamoru Hosoda (à raison au vu de la qualité de leurs créations) mais que cela n’efface pas le nom d’autres artistes dans le domaine. Il faut bien admettre de notre côté que l’on découvre ici le travail de Tadashi Imai et que celui-ci nous a grandement plu. Bien que les limitations techniques se sentent par instants, elles n’empêchent en rien ce récit de lutte paysanne à prendre vie dans son conflit face à des dirigeants toujours aussi avares.

En ce sens, le film ne s’ancre que très peu dans son aspect fantastique, contrairement à ce que l’ouverture aurait pu nous laisser penser. L’orientation tonale assez réaliste se joue avec des choix esthétiques intéressants lors de certaines séquences, à la façon d’une scène de bataille offrant quelques plans bien amenés visuellement. On se laisse donc bien emporter par l’intrigue offerte par le film et les suppléments, comme une interview du spécialiste de l’animation japonaise Olivier Fallaix, permettent de maintenir les sentiments positifs éprouvés à l’égard du film.

On se sent ainsi très bête de ne pas avoir entendu parler plus tôt de Tadashi Imai tant son « Yuki, le secret de la montagne magique » nous motive à découvrir plus de son travail. Il ne reste plus qu’à espérer que cette édition en fera de même pour vous…

Les héros ne meurent jamais d’Aude-Léa Rapin

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Pays France, Belgique, Bosnie
Année 2020
Casting Adèle Haenel, Jonathan Couzinié, Antonia Buresi, …
Genre Drame

On aurait dû parler plus tôt de ce film détonnant usant de son format pour mieux parler de fantômes.

Dans une rue de Paris, un inconnu croit reconnaître en Joachim un soldat mort en Bosnie le 21 août 1983. Or, le 21 août 1983 est le jour même de la naissance de Joachim ! Troublé par la possibilité d’être la réincarnation de cet homme, il décide de partir pour Sarajevo avec ses amies Alice et Virginie. Dans ce pays hanté par les fantômes de la guerre, ils se lancent corps et âme sur les traces de la vie antérieure de Joachim.

Les fantômes sont au centre de l’histoire. On ne parle pas réellement de cinéma fantastique ou d’apparitions telles quelles mais d’autres formes d’ectoplasmes pour mieux interroger sur le passé et le futur. Le passé, c’est celui d’un pays aux plaies encore béantes malgré les années, où la violence se ressent encore et où le temps ne guérit rien, au contraire. Le futur, c’est celui qui nous unit tous, une perte d’existence qui crée la crainte de l’oubli, de la disparition à travers les années, comme une trace de pas dans le sable effacée par les vagues incessantes.

La tournure documentaire prise par Aude-Léa Rapin pour son premier long-métrage est alors intéressante, jouant sur le questionnement de la nature réelle de l’image avec un ton oscillant entre l’amusant et le dur. Le personnage incarné par la toujours excellente Adèle Haenel se fait alors vecteur de questions sur la mise en scène de la vérité du conflit ou du potentiel mensonge de réincarnation. Le tout se trouble dans un trajet qui n’est pas des plus réjouissants ni facile mais pourtant toujours fort dans ce qu’il souhaite raconter.

C’est donc un joli premier film qui se dessine devant nos yeux avec « Les héros ne meurent jamais », mélangeant des craintes à plusieurs niveaux pour doucement mais sûrement nous bouleverser. On s’en voudra donc de l’avoir manqué lors de sa sortie salles et on espère que cette découverte chez Le Pacte lui permettra de connaître une carrière aussi équivalente que la réussite du film.

Société Anonyme Anti-Crime de Stefano Vanzina

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Pays Italie, Allemagne
Année 1972
Casting Enrico Maria Salerno, Mariangela Melato, Mario Adorf, …
Genre Polar

Découverte d’un polar italien noir grâce à Artus.

À Rome, malgré la corruption omniprésente, le commissaire Bertone s’évertue à faire correctement son métier au sein de la police criminelle. Sa dernière enquête le conduit sur les traces d’un rassemblement d’extrême droite aux allures de justiciers : ils exécutent les criminels que la police laisse en liberté. Des méthodes sanglantes encouragées par la population. Bertone, malgré les mises en garde, cherche à savoir qui se cache derrière cette organisation.

Le vigilantisme a nourri de nombreuses fictions, et ce de genres différents. On pourrait aussi bien parler de Comic Book movies que de films de genres essayant de traiter de cette notion avec un intérêt plus ou moins varié. Dans le film de Stefano Vanzina, le sujet est abordé comme une organisation en reflet face à des criminels organisés et une police dépassée. La violence est donc de mise dans un système qui semble remis en question mais dérape vers un massacre pur et simple de tout ce qui ne convient pas au milieu. Le film parvient donc à mettre en avant les contradictions d’une justice punitive et létale mais le tout en mettant en avant le travail de policiers déclarant faire au mieux vu la situation et prenant mal les remarques des journalistes sur leurs actions.

On peut donc se poser quelques questions sur l’orientation politique du film (on laissera le spectateur en juger) mais concernant ses promesses narratives, il faut bien reconnaître qu’elles sont tenues. Le récit est noir et la tension forte, notamment par une bande originale soulignant l’incertitude totale de ses personnages face à leurs convictions tout en abordant sa menace de façon répétitive.

Amenant les questions relatives au vigilantisme dans un réalisme cru et violent, « Société Anonyme Anti Crime » confirme bien son statut de polar sombre où la criminalité engendre une réponse brutale. On remerciera Artus d’avoir sorti pareil titre dans une édition toujours aussi qualitative de leur part.

Le démon de la chair d’Edgar G. Ulmer

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Pays États-Unis
Année1946
Casting  Hedy Lamarr, George Sanders, Louis Hayward, …
Genre Drame

On part dans le film noir avec cette nouvelle découverte chez Artus.

Dans le Maine du 19ème siècle, une femme fatale sème la mort autour d’elle, n’hésitant pas à demander à son soupirant de tuer son père s’il veut qu’elle cède à ses avances, et fait ainsi basculer le destin de trois hommes amoureux d’elle.

Les rapports de pouvoir prennent rapidement place dans l’action, et ce dès la tentative de noyade de Jenny sur Ephraïm. L’influence dans le film se joue par les mêmes rouages qui régissent les luttes sociales depuis des années, avantage du riche sur le pauvre, de l’homme sur la femme. On est donc plus dans la survie par l’affrontement, quitte à prendre des tournures qui ne peuvent que relever des ombres les plus noires dans l’âme des gens. La mise en scène d’Edgar G. Ulmer cherche à appuyer le plus possible cet état de fait et parvient même à offrir des plans assez symboliques de ce qu’il nous narre. On sent les relents de manipulation entre les gens, de leur volonté de prendre le contrôle de leur destin et leur place dans le monde.

Dans le rôle principal, Hedy Lamarr offre une prestation électrisante en femme cherchant à subsister dans un monde contrôlé par les hommes. On peut déceler plusieurs itérations dans l’histoire d’un patriarcat qu’elle tente d’affronter avec ses moyens, quitte à faire usage de moyens peu moraux. La dernière partie dénote alors un peu par rapport à l’ensemble vu son aspect moins sombre tant il était intéressant de voir le récit sombrer vers une forme de déliquescence qui était bien amenée, notamment par le mal amené par Jenny.

Quand la noirceur du « Démon de la chair » est à son paroxysme, le film d’Edgar G. Ulmer se trouve aussi intéressant à voir qu’un morceau de charbon devenant diamant. Et s’il n’a pas la splendeur permanente de celui-ci, il n’empêche que ce long-métrage s’avère intéressant dans sa façon de parler d’une lutte perpétuelle pour une certaine place, et ce qu’importe le prix à payer.

Downrange de Ryûhei Kitamura

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Pays États-Unis
Année 2017
Casting : Graham Skipper, Stephanie Pearson, Alexa Yeames, …
Genre Thriller

Derrière le high concept un peu bourrin se trouvent les prémisses d’un film ancré dans une violence bien américaine.

Six étudiants font du covoiturage, jusqu’à ce que leur véhicule se retrouve avec un pneu crevé dans un coin reculé et désertique des États-Unis. Sauf que ce pneu crevé n’est pas un accident, quelqu’un leur a tiré dessus et va les assassiner un par un.

Ryûhei Kitamura est impatient. Pas d’introduction, de moment pour mieux inscrire ses personnages, on arrive rapidement à l’accident, suivi d’un long moment de flottement. On pense à des dialogues permettant une caractérisation plus appuyée mais non. Le film préfère prendre un peu de temps sur des dialogues à peu près lambda afin d’instaurer une sensation de malaise en sachant que les événements qui vont arriver ne peuvent être que malheureux. Quand la menace se fait plus concrète, on se retrouve alors dans le thriller de survie jouant au mieux de son épure dans le décor pour mieux gérer son suspense.

On sent par instants la volonté d’amusement de Kitamura dans la mise en scène, par des plans qui peuvent paraître gratuits mais qui confèrent une sensation de pure série B divertissante. Pourtant, si l’on gratte un peu, on pourrait argumenter sur des points qui semblent critiquer un système américain qui ne mérite que la destruction. On pense au traitement du véhicule familial au centre du décor, n’offrant qu’une protection bien temporaire malgré l’imagerie qui s’y rattache. La figure du tireur isolé, agissant sans explication, est malheureusement bien trop commune dans l’actualité du pays pour pouvoir la critiquer d’incohérente. Quant à la place des armes, elle n’apporte que violence par la brutalité qui s’y rattache et ne peut être considérée que comme une menace et non une solution.

S’il semble par instants que le film aurait pu être un poil plus resserré ou que son écriture de personnages les fasse passer pour trop archétypaux pour amener une vraie émotion, « Downrange » fonctionne assez bien dans ce qu’il propose, tout en ayant de quoi aller plus loin que la série B facile à concept. Certains le trouveront bête, d’autre amusant ou bien encore intéressant, mais il faut bien admettre qu’il y a de quoi au moins divertir dans le film de Ryûhei Kitamura.

Les rôdeurs de l’aube de Tim Whelan

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Pays États-Unis
Année 1955
Casting Randolph Scott, Forrest Tucker, Mala Powers, …
Genre Western

On se replonge dans le western d’antan grâce à ce titre disponible chez Artus.

En 1866, terrorisant l’État d’Indiana, le gang des frères Reno utilise la ville de Seymour comme un refuge, corrompant trois fonctionnaires de la ville. L’Agence Policière Peterson envoie James Barlow pour empêcher l’action de ce gang. Barlow se fait passer pour un hors-la-loi pour gagner la confiance des frères et des bureaucrates. Cela se complique avec la compassion qu’éprouve Barlow pour Laura, la sœur des Reno, elle qui tient la maison à contrecœur. La tension monte alors que la bande s’apprête un coup pour attaquer un train.

La prépondérance du western dans le cinéma américain s’explique assez bien par la courte histoire du pays. Il est donc intéressant de voir que de nombreuses figures ayant marqué cette période relève du milieu criminel. C’est d’ailleurs de là que viennent les frères Reno, au centre du long-métrage de Tim Whelan. Bien qu’ils ne soient pas les protagonistes principaux, c’est leur aura qui alimente le film, malgré une écriture qui aurait mérité un peu plus de caractérisation.

Cela ne dénote néanmoins pas dans un western aux aspects de série B mais qui n’hésite pas à trouver quelques points surprenants dans sa narration et l’émotion (aussi bien positive que négative) qui arrive à poindre dans certaines séquences. De quoi permettre d’être assez diverti durant son heure vingt-quatre de métrage, où la mise en scène sobre de Whelan appuie le jeu d’un assez bon casting.

On remerciera donc comme toujours Artus pour la découverte de ces « Rôdeurs de l’Aube », western discret qui ne démérite pas à plusieurs niveaux. Sans être un classique du genre, il parvient à illustrer une part de l’Amérique d’antan dans un film qui fonctionne dans ce qu’il propose.