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Liam Debruel

Liam Debruel
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Amoureux du cinéma. À la recherche de films de qualités en tout genre,qu'importe la catégorie dans laquelle il faut le ranger. Le cinéma est selon moi un art qui peut changer notre vision du monde ou du moins nous faire voyager quelques heures. Fan notamment de JJ Abrams,Christopher Nolan, Edgar Wright,Fabrice Du Welz,Denis Villeneuve, Steven Spielberg,Alfred Hitchcock,Pascal Laugier, Brad Bird ,Guillermo Del Toro, Tim Burton,Quentin Tarantino et Alexandre Bustillo et julien Maury notamment.Écrit aussi pour les sites Church of nowhere et Le quotidien du cinéma. Je m'occupe également des Sinistres Purges où j'essaie d'aborder avec humour un film que je trouve personnellement mauvais tout en essayant de rester le plus objectif possible :)

Détour Mortel : la fondation de Mike P. Nelson

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Date de sortie : Juin 2021
Réalisateur : Mike P. Nelson
Acteurs principaux : Charlotte Vega, Adain Bradley, Bill Sage, …
Genre : horreur
Nationalité : américaine

 

Synopsis : Un groupe d’amis en randonnée dans les Appalaches s’écartent de la piste et s’enfoncent dans la forêt où ils deviennent les proies de psychopathes qui vivent en autarcie depuis plusieurs siècles…

Parmi les nombreux revivals de licences de films d’horreur, celui des « Détour Mortel » pouvait être vu comme surprenant et peut-être pas spécialement le plus attendu. Les derniers épisodes semblaient ainsi sortir en catimini, cachetonnés de l’étiquette de « direct to video » avec cette connotation péjorative à une époque où le terme était équivalent à un cimetière de films non voulus par le grand écran. Ce soft reboot intriguait donc, n’amenant pas réellement d’attentes autour et ne pouvant que surprendre, dans le bon ou le mauvais sens. Heureusement pour nous, on en sort plutôt positif.

La saga repart donc sur de toutes nouvelles bases en modifiant à peu près tout, excepté quelques détails iconographiques comme les masques ou le décor forestier. Le récit impose également une confrontation de mentalités entre héros ancrés dans des mœurs modernes auxquelles de nombreuses personnes (surtout boomers) ont du mal à raccrocher et société cachée autocentrée ayant trouvé son bonheur dans cette isolation du monde actuel. S’en ressent une opposition de forme mais un intérêt de fond par ces deux groupes qui ne savent comment s’intégrer totalement dans un monde tiraillé entre tendances conservatrices et l’évolution à laquelle l’exhortent les nouvelles générations.

On appréhende certains moments visuellement tant on craint qu’un budget limité puisse nuire aux intentions du film. Si c’est le cas par moments, il faut bien reconnaître que le tout se tient plutôt bien et offre les séquences gores attendues, avec des effets bien plus réalistes que prévu ou que ceux proposés par les derniers épisodes. Il en ressort une brutalité par moments estomaquante, en particulier dans un ultime plan-séquence fixe servant de générique final dont la violence nous met à terre tout en imposant une vision réussie de ce qu’aurait pu être le long-métrage avec un budget plus conséquent.

Néanmoins, si l’on a quelques reproches à adresser au film, ce « Détour Mortel : la fondation » surprend agréablement par ses intentions thématiques et ses quelques sursauts visuels plutôt réussis. Si l’on consent à donner un peu plus de fond aux prochains épisodes (qu’on ne doute pas de voir arriver), la licence connaîtrait un nouvel âge d’or que le long-métrage de Mike P. Nelson parvient à faire briller par instants de manière plutôt réjouissante pour toute personne fan de cinéma d’horreur.

12 mighty orphans de Ty Roberts

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Date de sortie : Août 2021 (1h58)

Réalisateur : Ty Roberts
Acteurs principaux : Luke Wilson, Robert Duvall, Martin Sheen, …
Genre : drame historique
Nationalité : américaine

Synopsis : Années 1930. Vétéran de la Première Guerre mondiale, Rusty Russell devient le coach d’une équipe de Fort Worth (Texas) composée d’orphelins comme lui. Par son dévouement, il redirige le sentiment d’abandon des joueurs vers une forte envie de gagner.

Les films de sport parviennent à véhiculer cette sensation galvanisante par le biais de récits où nos personnages se dépassent et s’accomplissent aussi bien physiquement que mentalement. On ne va pas en faire une liste pour ne pas alourdir cette critique mais il est facile d’imaginer un moment de cinéma sportif qui donne toujours autant la banane (« Adrian ! »). Cette sensation peut largement se ressentir devant ce « 12 mighty orphans », sorti en VOD depuis peu et qui n’aurait peut-être pas démérité sur un plus grand écran par son propos optimiste tout en se refermant trop dans certains carcans.

 

Le principal reproche que l’on pourrait ainsi adresser au film de Ty Roberts se révèle être son classicisme, aussi bien visuellement que narrativement. Si l’histoire de fond peut attirer ou non, le traitement global suit un chemin plutôt convenu, trop sans doute pour lui permettre de se distinguer du panier du cinéma sportif. C’est dommageable tant le revers positif de la médaille ici se fait par la solidité de l’ensemble, trouvant un équilibre qualitatif qui aurait pu gagner en reconnaissance par un peu plus de personnalité dans certains aspects.

C’est notamment ce qui manque dans l’écriture de certains des orphelins du titre, tout simplement mis de côté avec une mise en lumière concentrée de manière inéquitable sur ses membres et surtout le coach Rusty Russell. Ce dernier, plutôt bien incarné par Luke Wilson, véhicule en soi le trauma post première guerre mondiale d’un pays en pleine reconstruction et sans connaissance des malheurs à venir. L’espoir partagé par son équipe d’underdogs reflète alors au mieux cette dissociation d’une Amérique qui rejette ce qui sort de la norme pour mieux en souligner sa nature exceptionnelle quand elle se confronte à l’adversité. Quel meilleur symbole en ce sens que le sport, où un déséquilibre d’apparence ne reflète pas nécessairement le résultat final ?

Si les contours du récit offrent une histoire plutôt classique jusque dans l’usage d’une voix off ou de tableaux finaux expliquant le sort de chacun, la nature même de « 12 mighty orphans » suffit pour créer un certain intérêt, à défaut d’être totalement abouti. Il en résulte un film de sport par moments galvanisant, par moments prévisible, mais pouvant donner envie de mieux connaître l’histoire de ces misfits sans parents et d’offrir un bon moment de cinéma sportif assez plaisant pour donner envie d’y jeter un œil au moins une fois.

Des Hommes de Lucas Belvaux

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Date de sortie : Juin 2021 (1h41)
Réalisateur : Lucas Belvaux
Acteurs principaux : Gérard Depardieu, Catherine Frot, Jean-Pierre Darroussin, …
Genre : drame historique
Nationalité : français

 

Synopsis : Ils ont été appelés en Algérie au moment des « événements » en 1960. Deux ans plus tard, Bernard, Rabut, Février et d’autres sont rentrés en France. Ils se sont tus, ils ont vécu leurs vies. Mais parfois il suffit de presque rien, d’une journée d’anniversaire, d’un cadeau qui tient dans la poche, pour que quarante ans après, le passé fasse irruption dans la vie de ceux qui ont cru pouvoir le nier.

Comme tout pays, la France a ses histoires qu’elle tente de dissimuler comme si de rien n’était, honteuse de ce qu’elle a pu amener et des ramifications qui se sont dessinées dans les destins de nombreuses personnes. C’est ainsi que la Guerre d’Algérie continue de hanter les gens, que ce soit les anciennes générations qui l’ont vécue, ou les nouvelles qui doivent subir les histoires actrices qui s’y sont déroulés. Le sujet du dernier film de Lucas Belvaux s’avère donc compliqué par tout ce qu’il implique et les points de vue de sa narration. Justement, c’est le biais de ces regards meurtris qui anime Des hommes .

On ne pourra pas faire de comparaison avec le roman de Laurent Mauvignier ayant servi de base au long-métrage, ne l’ayant pas lu, mais on peut imaginer une certaine multiplicité de narrations par cette division du point de vue, centralisée entre ces deux cousins toujours hantés par les atrocités en Algérie. Ces dernières surgissent rarement mais avec sauvagerie et dureté, rendant ces apparitions plus impactantes encore. La caméra de Lucas Belvaux ne cherche tant moins le choc que son irruption dans la mémoire, ses conséquences sur les esprits des années après, tel un traumatisme que l’on tente d’enfouir au plus profond de soi, en vain.

En ce sens, on peut apprécier la performance de Gérard Depardieu qui retrouve ici une justesse qui lui sied gré. La nature imposante de ce monstre de cinéma permet de mieux jouer avec cette incursion de fantômes du passé dans le quotidien du présent, dans un basculement qui se ressent particulièrement par un traitement terre à terre anti spectaculaire. La solidité entière du casting permet donc d’appuyer le propos, notamment sur un racisme toujours aussi inscrit de façon insidieuse dans certains comportements dont la violence sourde provoque toujours autant de douleur.

La caméra de Lucas Belvaux trouve donc une forme d’équilibre dans cette ambivalence entre regrets du passé et êtres moins en chair que vrais fantômes du présent. Si le regard centré sur les soldats et leurs méfaits imposés aurait pu profiter de s’ancrer aussi un peu plus du côté de leurs victimes, il n’en reste pas moins que  Des hommes capte bien les meurtrissures de ses personnages et d’un pays entier par le prisme de souvenirs refoulés ne pouvant que ressurgir dans une explosion de colère et de tristesse.

La trilogie du milieu (Milan calibre 9, L’empire du crime et Le boss) de Fernando Di Leo

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Les films policiers italiens ont sorti de nombreux titres reconnus, à la manière de cette fameuse « Trilogie du Milieu ». Celle-ci aborde le fonctionnement du domaine du crime et ses rouages les plus sanglants avec une certaine diversité visuelle mais une même homogénéité thématique qui rend ces trois films passionnants à découvrir, surtout avec la possibilité de voir leurs versions longues dans cette édition proposée par Elephant Films.

Ici, personne ne se retrouve iconisé, bien au contraire. Chaque personnage dégage une sensation de noirceur, un aspect sombre qui ne peut mener qu’à une autodestruction morale et physique dévastatrice. Guère d’honneur pour les bandits, que du sang et de la tristesse, dans un même cycle qui ne se brise jamais. La trilogie perpétue une même violence, une même sauvagerie qui ne peut se déchaîner sans conséquences. On n’y vit pas tant, on se prépare plutôt à mourir dans un milieu institué mais véhiculant pourtant une certaine brutalité dévastatrice.

On sent par moments une certaine implacabilité dans la mise en scène de Fernando Di Leo, une volonté de capter toute la froideur de son univers. Même dans un film faussement plus léger comme « L’empire du crime », sa violence bis se fait radicale et sans concession. Il n’y a guère de héros devant la caméra de Di Leo, que des cadavres en devenir, fruits d’un milieu qui détruit inlassablement avec la même vigueur. Le tout fleure bon le regard désabusé sur ce genre policier italien, que parvient à aborder avec un intérêt certain le livret accompagnant cette trilogie collector.

N’hésitant pas à pousser le curseur du polar bis dans divers aspects, cette « Trilogie du Milieu » constitue surtout un ensemble de films marqués par la violence d’un domaine où les morts s’empilent avec hargne et âpreté. On y ressent un cynisme certain par ce qu’illustre Fernando Di Leo dans ses décors citadins où se dressent les tueurs mais cela ne nous empêche pas de se trouver passionné par ces trois films définitivement marqués par leur portrait de ce Milieu de sang et de pertes.

Le miel du Diable de Lucio Fulci

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Pays Italie
Année 1986
Casting Brett Hasley, Corinne Cléry, Cristina Marsillach, …
Genre Thriller, Érotisme

Artus nous propose la découverte d’un film de Lucio Fulci plus éloigné de ses aspérités dans le genre.

Cecilia et Gaetano s’aiment d’un amour fou, charnel et pervers. Malgré cette passion destructrice pour laquelle elle accepte différentes humiliations, la jeune femme ne peut imaginer sa vie sans le beau saxophoniste. Mais suite à un stupide accident de moto, Gaetano meurt sur la table d’opération du docteur Dominici. Le chirurgien, dont le mariage avec Carole vole en éclats, est alors enlevé et séquestré par Cecilia qui le tient pour responsable de la mort de son bien-aimé. S’installe dès lors entre eux une relation aussi troublante que violente et désespérée…

On l’a déjà répété plusieurs fois ici mais Lucio Fulci fait partie de ces réalisateurs de genre italiens emblématiques comme Dario Argento, Mario Bava ou encore Umberto Lenzi. Bien qu’il n’ait pas autant la renommée populaire du premier, ses titres continuent à marquer des générations de fans de cinéma fantastique. Découvrir donc une proposition autre par le biais d’Artus est alors intéressant car il parvient à garder une certaine forme de violence appliquée ici dans le couple et sa sexualité.

La rencontre agressive entre Cecilia et le docteur Dominici oppose deux formes de sexualité, une marquée par le joug d’une figure charismatique et l’autre dans la frustration. Il s’en dresse un rapport de lutte passionnant, permettant aux deux personnages de se retrouver totalement dans une forme de lutte où chacun trouvera sa place, avec un rapport à la violence maîtrisé dans sa mise en scène. Il en sort un érotisme qui pose question tout en abordant un rapport au deuil destructeur et des questionnements intimes qui charrient toute la narration.

Comme toujours, Artus propose une édition qui vaut à elle seule l’achat par le biais d’un combo Blu-Ray/DVD agrémenté de 80 pages ayant autant d’intérêt que le film qu’il accompagne lui-même. Le master 2K de cette restauration parvient à faire effacer les rides d’un film qui a fêté ses 40 ans pour mieux mettre en avant les doutes qu’il souligne.

« Le miel du diable » s’avère donc dans la lignée des grands titres de Lucio Fulci. Le metteur en scène italien parvient avec ce long-métrage à parler de frustrations, de regrets et de mort avec une force charnelle qui ne peut qu’éveiller l’intérêt. Voilà donc une belle porte d’entrée dans la carrière du réalisateur avant de se pencher sur ses titres plus marqués dans le genre, bien qu’il réussisse à transposer ici des senteurs funestes qui rendent cette découverte assez incontournable.

Le rendez-vous de septembre de Robert Mulligan

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Pays États-Unis
Année 1961
Casting Rock Hudson, Gina Lollobrigida, Sandra Dee,…
Genre Comédie, romance

Après « Le roi des imposteurs », retour sur un autre classique de Robert Mulligan disponible chez Elephant Films.

Chaque mois de septembre, un brillant homme d’affaires new-yorkais se rend à sa villa italienne pour se détendre et poursuivre sa liaison avec sa petite amie romaine. Mais un jour de juillet où il arrive sans prévenir, il reste tout surpris en voyant que, pendant son absence, sa belle demeure a été transformée en hôtel. Et de surcroit, parmi les clients du moment se trouve une troupe de jeunes Américaines constamment talonnées par des garçons qui soupirent d’amour pour elles. En tentant désespérément de reprendre les choses en main, l’homme d’affaires perdra son intimité, sa petite amie et la tête, jusqu’à ce qu’il ait un plan dont il a lui-même l’idée.

On avait été heureux de découvrir « Le roi des imposteurs », sur lequel nous sommes revenus la semaine passée. Sorti la même année, ce « Rendez-vous de Septembre » va également dans le lumineux, notamment par son décor italien. Ce côté estival souligne une intrigue où se confronteront générations, celles d’une jeunesse cherchant à profiter de leur âge, et d’une autre plus paternaliste, incarnée par un Rock Hudson tout bonnement drôle.

Partant d’une forme proche du marivaudage par sa situation initiale, l’intrigue se développe avec un humour qui fonctionne sur plusieurs niveaux ; générationnel comme dit plus haut mais également de classes, notamment par des échanges savoureux entre le héros et son majordome. Si ce dernier point tourne peut-être un poil à court, cela n’enlève pas une certaine malice dans sa façon de faire qui rend le tout coloré et extrêmement drôle.

Encore une fois soutenu par la qualité de l’édition d’Elephant Films, ce « Rendez-vous de Septembre » s’avère une comédie drôle et rondement bien menée. S’il pourra paraître daté par moments, ce long-métrage fonctionne néanmoins plus qu’assez pour satisfaire largement l’audience qui se laissera tenter par ce titre.

Des fleurs pour un espion d’Umberto Lenzi

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Pays Italie
Année 1966
Casting Daniele Vargas, Roger Browne, Emma Danieli, …
Genre Espionnage

Découverte d’un film d’espionnage italien mené par le réalisateur de « L’avion de l’Apocalypse ».

Une arme secrète capable de neutraliser tout courant électrique dans un large rayon, l’Electroscomètre, a été volée. Les Services Spéciaux britanniques mettent leur meilleur agent sur la piste : Martin Stevens. À Genève, il va rencontrer la belle journaliste Geneviève qui se propose de l’aider. Les deux s’envolent donc pour Athènes suite à un mystérieux message codé : « Les roses bleues sont arrivées ce matin. »

À l’instar de Jess Franco dans notre chronique de la semaine passée sur « Opération Re Mida » (de la même collection Euro Spy chez Artus), Umberto Lenzi est un nom reconnu dans le cinéma de genre et bis. S’ouvrant sur un assassinat mis en lien avec un combat de torero, « Des fleurs pour un espion » pourrait laisser circonspect par un ton se voulant par moments trop sérieux pour la teneur de sa narration. C’est d’ailleurs quand il revendique plus son second degré que le film fonctionne au mieux.

« Des fleurs pour un espion » s’inscrit pleinement dans la forme du Euro Spy, notamment par son traitement quasiment touristique des décors européens. On pense à cette poursuite dans la foire ou plus particulièrement toute la partie helléniste du récit. En ce sens, Umberto Lenzi fait clairement le travail derrière la caméra. Le film s’avère visuellement bien rythmé, profitant de quelques mouvements de mise en scène pour mieux embraser son histoire, donnant un résultat qui s’avère des plus amusants pour tenir tout au long de son heure et demi. L’édition fournie par Artus porte agréablement le master 2K restauré et parvient à souligner l’efficacité du long-métrage.

« Des fleurs pour un espion » s’avère une sympathique trouvaille dans le domaine du récit d’espionnage. Sans être indispensable, il parvient à conforter le sentiment positif que l’on développe pour le cinéma d’Umberto Lenzi et parvient à remplir ses promesses avec un divertissement certain.

Le roi des imposteurs de Robert Mulligan

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Pays États-Unis
Année 1961
Casting Tony Curtis, Edmond O’Brien, Gary Merrill, …
Genre Comédie, Biopic

La ressortie de films de Robert Mulligan chez Elephant Films permet de découvrir ce « Roi des Imposteurs ».

Ferdinand Waldo Demara est un escroc depuis l’enfance. Tromper son monde est un sport pour lui : il n’hésite pas à truquer ses papiers, s’inventer des connaissances et des diplômes. Il deviendra tour à tour moine, gardien de prison, chirurgien de la marine, trappiste. Tout cela, avant que la loi ne le rattrape…

Certains d’entre vous, en lisant ce résumé, ont pu penser à un titre moins abordé dans la riche filmographie de Steven Spielberg : « Attrape-moi si tu peux ». L’introduction proposée en ouverture de cette édition par Jean-Pierre Dionnet conforte d’ailleurs ce sentiment tout en permettant de mieux dissocier les deux œuvres et leurs intentions respectives. En ce sens, cette redécouverte chez Elephant Films devrait profiter à un titre des plus malicieux, à l’image de son acteur principal.

En effet, la prestation de Tony Curtis dans le rôle titre permet d’amener un charisme fort et assez lumineux, donnant envie de suivre pleinement ses aventures avec une malice qui ne redescend jamais. Il lui procure également une certaine épaisseur, sachant les conséquences et la vraie nature de ses actions, le tout mené tambour battant à un certain rythme qui nous emporte facilement. La mise en scène de Robert Mulligan parvient dès lors à diriger le tout et asseoir ce titre comme plus que grandement sympathique.

L’édition Blu-Ray/DVD proposée par Elephant Films de ce « Roi des Imposteurs » représente donc une jolie occasion de découvrir un film grandement divertissant et mené par un Tony Curtis impérial dans le rôle principal. De quoi faire une jolie (re)découverte, un nouveau titre sorti de l’ombre par cet éditeur, avant d’aborder un autre film de Robert Mulligan la semaine prochaine.

Operation Re Mida de Jess Franco

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Pays Espagne, Italie, Allemagne
Année 1967
Casting Rosalba Neri, Ray Danton,Barbara Bold, …
Genre Espionnage

Quand Jess Franco s’inscrit dans la mode du film d’espionnage, le résultat est plus coloré que prévu.

Une organisation criminelle dirigée par Goldglasses inonde le monde de faux billets. Alors qu’il se trouve à une soirée costumée, l’agent Lucky Mulligan est contacté par la société secrète Archange qui lui demande de mener l’enquête. Épaulé par la plantureuse Michèle, Lucky va remonter la piste et se rendre en Albanie pour neutraliser le réseau.

Jess Franco dispose d’une telle aura dans le cinéma bis et de genre que, même sans avoir découvert sa filmographie auparavant, son nom résonne aux oreilles de certaines personnes fans dans le domaine. C’est donc avec curiosité que l’on se lance dans cette « Opération Re Mida » et le résultat s’avère particulièrement coloré et drôle, sans tomber dans du bis total tout en sentant l’influence des succès dans le cinéma d’espionnage d’époque.

Le film s’avère mené tambour battant, appuyé par un humour permanent par le biais de certaines situations presque grotesques ou de quelques répliques qui fleurent bon un certain type de production passée. La mise en scène s’avère assez soignée pour assurer le divertissement promis et il est clair que l’on ne s’ennuie jamais devant pareil film. On sent que Jess Franco cherche à inscrire son titre dans un cinéma populaire et généreux, ce qui confère définitivement un certain charme au long-métrage.

Disponible en DVD, cette édition chez Artus souligne bien un master 2K restauré, mettant bien en avant la colorimétrie de l’œuvre. Les bonus comportent une présentation du film par Christophe Bier ainsi qu’un diaporama d’affiches et de photos.

Œuvre pop qui ne démérite jamais, « Operation Re Mida » s’avère un divertissement d’espionnage rondement bien mené, cherchant toujours à offrir du bon temps à son audience avec une certaine diligence dans sa narration. La promesse de bon moment s’avère dès lors grandement accomplie.

Jeanne d’arc de Gustav Ucicky

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Pays Allemagne
Année 1935
Casting  Angela Salloker, Gustaf Gründgens, Heinrich George, …
Genre Historique

Artus nous offre une superbe édition d’une adaptation allemande de la légende de Jeanne d’Arc.

A la fin de la Guerre de Cent ans, la France va de défaites en défaites face aux Anglais. Seule la ville d’Orléans résiste, défendue par La Trémoille, Dunois, et d’Alençon. A Domrémy, en Lorraine, une jeune fille de 17 ans, Jeanne, entend la voix de l’archange Michel. Il lui dit d’aller retrouver le dauphin Charles pour le faire couronner à Reims. Après le sacre, lui seul pourra bouter les Anglais hors de France.

« Das Mädchen Johanna »
DE 1935
Szene mit Angela Salloker (rechts)

Produit dans une Allemagne des plus marquées politiquement par le régime au pouvoir, « Jeanne d’Arc » fait ressentir les moyens mis en œuvre durant sa production. Le film est évidemment chargé d’un symbolisme reflétant la pensée en vigueur, celle d’une figure salvatrice dans une période destructrice pour le pays, iconisant au mieux sa figure titre à la façon du leader. Il est donc logique si cet aspect dérange par ce qu’il invoque comme allégorie évidente, tel que mentionné d’ailleurs dans l’enrichissant livret de 80 pages rédigé par David Didelot et accompagnant cette édition.

Le long-métrage de Gustav Ucicky est donc marqué par son époque, avec une forme de grandiloquence médiévale qui cherche à s’inscrire dans une production cinématographiquement chargée. Il faut quand même reconnaître que d’un point de vue formel, le film a de quoi offrir. Premier film sonore consacré à Jeanne d’Arc, cette production démontre un contrôle visuel permanent, au service d’une intrigue intéressante par son ancrage historique.

Cette édition extrêmement qualitative de la part d’Artus (Combo Blu-Ray/DVD accompagné donc d’un livret) devrait vous permettre de vous faire votre avis sur un film artistiquement maîtrisé mais dont le contexte de production pourra pousser certains à la fuite. À défaut d’être un film majeur sur un personnage titre qui porte pourtant de quoi intéresser les artistes (à raison au vu des nombreuses créations à son sujet), « Jeanne d’Arc » profite d’une édition extrêmement intéressante, notamment sur le regard d’une certaine production sur une figure de femme maltraitée par la religion.