Date de sortie : 14 décembre 1977 (1h 40min)
Réalisatrice : Diane Kurys
Acteurs principaux : Éléonore Klarwein, Odile Michel, Anouk Ferjac, Michel Puterflam, Yves Rénier, Robert Rimbaud, Marie-Véronique Maurin
Genre : Comédie dramatique
Nationalité : Français
Compositeur : Yves Simon
Scénariste : Diane Kurys
Sociétés de production : Les films de l’Alma et Alexandre Films
Budget : 2,4 millions de francs (360 000 euros)

 

L’avis d’Emmanuel

L’incontournable rentrée des classes.

Comédie dramatique sur le thème de l’adolescence, Diabolo Menthe fait partie de ces films générationnels en milieu scolaire ayant précédé Les Sous-Doués et La Boum. Premier long métrage de Diane Kurys tandis qu’Éléonore Klarwein et Odile Michel concrétisent leur premier rôle au cinéma, il se concentre sur la vie de deux sœurs, Anne et Frédérique Weber, qui vivent difficilement leur rentrée dans un lycée pour jeunes filles après être tombées amoureuses durant l’été 1963. Vivant essentiellement avec leur mère, elles ne voient leur père que pendant les vacances, ce dernier étant joué par Michel Puterflam (Inspecteur La Bavure, Le Pacte des Loups, La Tour Montparnasse Infernale).

Une héroïne qui exprime parfaitement le mal-être adolescent.
Le café dont la commande justifierait le nom du film.

Rêveuse et dissipée, Anne est particulièrement attachante malgré ses manières de voler et de mentir à son entourage. Aînée des deux sœurs, Frédérique se permet une liaison par correspondance avec un garçon et milite dans un groupe communiste alors qu’il est interdit de faire de la politique dans l’enceinte du lycée. La retranscription des années 1960 passe aussi bien par des références culturelles que par la grande sévérité des professeurs, qui infligent des punitions excessives et se font à leur tour ridiculiser par des rires d’élèves quand ils manquent d’autorité. On peut aussi noter l’accent très approximatif de l’enseignante d’anglais, les socquettes jaunes ridicules de la professeure de français et le manque de souplesse de l’enseignante en EPS.

Un débordement qui ne reste pas impuni…
Une technique de drague à faire pâlir Guy Bedos !

Les références culturelles passent quant à elles par la présence de graffitis politiques et de la chanson « La Plus Belle pour Aller Danser » de Sylvie Vartan, ainsi que par la mention de La Grande Évasion de John Sturges, des obsèques d’Édith Piaf et de l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Bien que les musiques et la chanson du guitariste Yves Simon renforcent sa mélancolie, Diabolo Menthe ne manque pas d’humour au niveau des représentations adolescentes, comme l’illustre ce moment où une camarade d’Anne Weber parle de sa première expérience sexuelle en affirmant qu’un pénis en érection pourrait atteindre deux mètres. Un film qui offre une peinture emblématique de l’époque qu’il retranscrit !

 

L’avis de Nicolas L

Diabolo Menthe… Pour moi, ce premier film de Diane Kurys a toujours fait partie de mes madeleines de Proust. Je l’avais découvert, en premier lieu, grâce à la très belle chanson éponyme d’Yves Simon, puis ensuite via la VHS que m’avait montré ma sœur.

Qu’est-ce que j’ai pu la voir et la revoir cette VHS, me passionnant pour les aventures des sœurs Weber. Rarement un film n’aura autant su saisir la vérité de l’adolescence, entre tendresse (l’anniversaire surprise) et cruauté.

On suit donc Anne et Frédérique, qui commencent une nouvelle année scolaire dans un lycée de jeunes filles, strict. Elles essaient de trouver leur place, entre amours, rébellion, politique et parents. L’absence de leur père est présente tout le long du film, suite au divorce de leur parents. Anne se réfugie dans ses mensonges, Frédérique se crée une image qui ne lui ressemble pas.

Ce film est culte, pour sa représentation certes d’une période difficile, l’adolescence (le film est beaucoup moins mièvre que La Boum par exemple, et il faudra attendre le très bon Les eaux Gosses plus de trente ans plus tard pour aussi bien saisir les affres de cet âge) mais aussi pour le témoignage d’une époque, les années 60.

Un très beau film qui méritait bien une réédition, et ça tombe très bien puisque les éditions Rimini ont eu la bonne idée de ressortir le film en blu-ray, le 21 février 2024, dans une édition impeccable !

Que se soit l’image en 1080p AVC ou le son en DTS HD, l’édition fait un sans faute, à plus forte raison sur un film qui a quarante-cinq ans, c’est vraiment le meilleur médium pour redécouvrir ce film.

De plus, Rimini nous gâte au niveau des bonus. On retrouve en effet dans cette édition un entretien avec Guillemette Odicino, critique cinéma pour Télérama, une interview d’Odile Michel, comédienne et metteuse en scène, ainsi qu’une interview d’époque de Diane Kurys.  On trouve également un autre entretien avec Diane Kurys, plus récent, un entretien avec Yves Simon, une boîte à images et deux bandes-annonces.

Au total, c’est près de deux heures de bonus, qui si certains restent un peu promotionnels, n’en demeurent pas moins riches en anecdotes et passionnants à suivre.

Bref, vous avez là un film culte dans sa plus belle forme, dans une très belle édition pour découvrir ou redécouvrir. Un grand merci aux éditions Rimini pour cette initiative !


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Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j'ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La soupe aux choux, mais aussi de nombreux dessins animés (courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo ; longs métrages Disney avec Alice au pays des merveilles en tête ; animés japonais avec Sailor Moon et Dragon Ball Z ; j'aime aussi particulièrement Batman et Tintin). Mes années 90 ont été bercées par les comédies de Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête), ou d'autres films que j'adore comme Les valeurs de la famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à tout prix). C'est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par The Dark Knight, Casino Royale, Dragon l'histoire de Bruce Lee ou encore Rambo. Collectionneur, j'attache de l'importance au matériel et j'ai réuni deux étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Il va sans dire qu'il m'en reste encore beaucoup à voir...

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