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Emmanuel Delextrat

Emmanuel Delextrat
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Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…

Batman Begins, le reboot de Christopher Nolan

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Date de sortie : 15 juin 2005 (2h20min)
Réalisateur : Christopher Nolan
Acteurs principaux : Christian Bale, Liam Neeson, Katie Holmes, Gary Oldman, Cillian Murphy, Michael Caine
Genre : Super-héros, action
Nationalité : Américain
Compositeurs : Hans Zimmer, James Newton Howard 

Une soirée comme les autres pour le jeune Bruce.

Après le grand échec critique de Batman & Robin et l’annulation du troisième film prévu par Joel Schumacher, il semble clair que le public souhaite renouer avec noirceur des comics. Envisageant un instant une adaptation de la série animée Batman la Relève, ce sont finalement les comics Batman The Man Who Falls, Batman Année Un et Batman Un Long Halloween qui servent d’inspiration à la Warner pour le reboot des aventures de l’homme chauve-souris. Celui-ci arrive pas moins de huit ans plus tard sous l’objectif de Christopher Nolan (Following, Memento, Insomnia) qui, pour son quatrième film, souhaite revisiter le mythe de Batman avec davantage d’humanité et de réalisme tout en maintenant une forte dimension dramatique. Revenant aux origines de Bruce Wayne alors incarné par Christian Bale (Equilibrium, The Machinist, Le Nouveau Monde), Batman Begins dépeint son enfance entre jeux avec son amie Rachel et développement d’une phobie à l’égard des chauves-souris après être tombé dans un puits.

Un représentation de Ra’s Al Ghul fidèle à celle de la série animée de 1992.
« La colère décuple ta puissance mais si tu la laisses te dominer, elle va te détruire. »

Nolan reste plus proche des comics avec le meurtre de ses parents par Joe Chill, dont la libération sur condition de témoignage quatorze ans plus tard amène Bruce alors jeune adulte à développer son esprit de vengeance en envisageant de l’assassiner. Mais le procès du mafieux Carmine Falcone, interprété par Tom Wilkinson, n’est que le début d’une nouvelle étape tandis que ce dernier lui affirme que le vrai pouvoir réside dans la crainte que l’on inspire. La narration de Batman Begins alterne alors efficacement les scènes montrant son passé avec son entraînement aux arts martiaux auprès de la Ligue des Ombres, secte de guerriers ninjas dirigée par un Ra’s Al Ghul vieillissant sous les traits de Ken Watanabe. Un pan de la vie du futur justicier terriblement intéressant dans le sens où, pour faire face à son traumatisme, il tente de comprendre le fonctionnement du monde criminel afin de mieux le combattre.

« C’est un monde que tu ne comprendras jamais. Et ce que tu comprends pas, t’en auras toujours la trouille. »
« Pourquoi tombons-nous, Monsieur ? C’est pour mieux apprendre à nous relever. »

Interprété par un Liam Neeson (Les Misérables, La Menace Fantôme, Kingdom of Heaven) en grande forme, son mentor Henri Ducard lui permet de perfectionner ses techniques de combat, son camouflage et la domination de ses propres peurs. Mais c’est suite à un désaccord sur la vision de la justice qu’il délaisse finalement la ligue pour mieux reprendre le contrôle de Wayne Enterprises une fois de retour à Gotham. Pour élaborer la batcave à partir du sous-sol de son manoir, il est épaulé par son majordome Alfred, brillamment incarné par un Michael Caine (Noël chez les Muppets, Austin Powers dans Goldmember) auréolé de plusieurs années d’expérience. Pour lui venir en aide, il peut aussi compter sur Lucius Fox, interprété par un Morgan Freeman (Bruce Tout-Puissant, Million Dollar Baby, Danny the Dog) qui ne cesse de multiplier les rôles au cinéma.

« Qui que l’on soit au fond de nous, nous ne sommes jugés que d’après nos actes. »

Bien plus abouti dans Batman Begins, James Gordon comme simple sergent de police sous les traits d’un Gary Oldman (Le Cinquième Élément, Hannibal, Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban) convaincant. Personnage-clé du scénario pour sa proximité avec Bruce, Rachel réapparaît adulte en commençant par blâmer ce dernier pour ses intentions de vengeance. Jouée par Katie Holmes (Go, Phone Game, Des Étoiles Plein les Yeux), elle rejoint le bureau du procureur afin d’enquêter sur les activités de Falcone. Prenant l’allure d’un Batman plus classique, le scénario n’en finit cependant pas de surprendre avec l’apparition du docteur Jonathan Crane, psychiatre à la prison de Gotham. Incarné par un Cillian Murphy (28 Jours Plus Tard, La Jeune-Fille à la Perle) qui a totalement la tête de l’emploi, il ne tarde pas à révéler son terrible gaz sous les traits de l’Épouvantail.

Le terrible contaste entre un Jonathan Crane très réussi et un Épouvantail tout juste passable.
« Un individu qui passe ses nuits à s’amuser à escalader les toits de Gotham me reprocherait une double identité ? »

Simplement coiffé d’un masque en toile de jute, il peine cependant à convaincre à cause de son absence de costume, de l’étrange cheval noir avec lequel il se déplace et de son entrée en matière à la réalisation très discutable. Sous-exploité dans ses interactions avec Batman, les scènes qui le concernent et l’effet de son gaz se montrent plutôt limités, mais sa présence reste pertinente au regard de la suite du scénario. Car si Liam Neeson signe là un de ses plus grands rôles, c’est bien parce qu’il incarne en réalité le véritable Ra’s Al Ghul, sa double identité effectuant alors un parallèle intéressant avec celle de Bruce Wayne. La dualité entre les deux hommes marque alors durablement les temps forts de Batman Begins, terminant de forger l’identité d’un Batman qui gagne en identité et en légitimité, appuyée par sa voix rendue bien plus grave ainsi que par une batmobile très moderne ressemblant à un tank.

L’aboutissement à une collaboration destinée à sauver la ville.
« Vol à main armée, double homicide, un certain goût pour la mise en scène comme vous, et il laisse sa carte de visite. »

Fortement modernisé depuis le capharnaüm de la fin des années 1990, Batman Begins s’impose comme un film de super-héros épique, une véritable réussite rendant à Batman ses lettres de noblesse. En s’attaquant au passé de Bruce Wayne pour mieux approfondir la psychologie du personnage, Christopher Nolan réussis son pari et parvient à apporter sa vision du chevalier noir avec maestria. Les mélodies intenses composées par James Newton Howard (habitué aux films de M. Night Shyamalan) et par l’illustre Hans Zimmer renforcent alors l’identité de l’homme chauve-souris par la gravité de ses timbres. Son partenariat avec Gordon alors promu inspecteur est fortement symbolisé par leur échange verbal lourd de sens après que ce dernier tease la suite des événements pour ce qui sera un des films Batman les plus riches de l’histoire du cinéma.

« Je ne vous ai jamais dit merci. » « Et vous n’aurez jamais à le faire. »

 

Et Pour Quelques Dollars de Plus, de Sergio Leone

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Date de sortie : 20 décembre 1965 (Grèce),
30 septembre 1966 (France)

Réalisateur : Sergio Leone
Acteurs principaux : Clint Eastwood, Lee Van Cleef, Gian Maria Volonté, Mario Brega
Genre : Western spaghetti
Nationalité : Italien
Compositeur : Ennio Morricone

Là où la vie n’avait pas de valeur, la mort, parfois,
avait son prix. C’est ainsi que les chasseurs de primes
firent leur apparition.

Clint Eastwood, la pugnacité à l’écran.

Deuxième film de la Trilogie du Dollar, Et pour Quelques Dollars de Plus (For a Few Dollars More) confirme définitivement le talent artistique de Sergio Leone grâce à une réalisation des plus intenses servie par des personnages et des compositions musicales d’une redoutable efficacité. Clint Eastwood y effectue son retour en chasseur de primes appelé le Manchot : il ne manque en effet qu’avec sa main gauche, laissant toujours la droite agrippée à son pistolet. On croirait même qu’il joue le même personnage que dans Pour une Poignée de Dollars étant donné qu’il porte le même poncho dans l’autre sens, les impacts de balles de sa précédente aventure restant visibles durant certaines scènes. Gian Maria Volonté atteint des sommets en incarnant l’Indien, un criminel au regard glaçant qui n’hésite pas à faire preuve de cruauté envers la famille de celui qui l’avait fait mettre en prison.

« Voyons si, quand je suis de face, tu me vises mieux que quand j’ai le dos tourné ! »
Lee Van Cleef démontre rapidement sa maîtrise de la gâchette !

C’est pourtant le charismatique Lee Van Cleef (L’Homme qui tua Liberty Valence, La Conquête de l’Ouest) qui impose d’emblée sa posture et son autorité en apparaissant dès la première séquence du film. Son personnage du colonel Douglas Mortimer s’ajoute habilement aux deux précédents pour créer une intrigue qui s’éclaircit tout au long du scénario, entre vengeance et alliances masquées. Rappelant fortement Jesse James avec ses vêtements noirs, sa moustache, ses yeux fins et son air sérieux, Lee Van Cleef sera aussi une des sources d’inspiration d’Hideo Kojima pour le personnage de Revolver Ocelot dans Metal Gear Solid. Parmi les hommes de l’Indien, Klaus Kinski sort clairement du lot pour son interprétation du Bossu, tandis que l’on retrouve Mario Brega dans le rôle de Niño, ainsi que Joseph Egger qui joue un vieux prophète.

Provocation et duels de regard : qui craquera le premier ?
Pas de bon western sans saloon et ses célèbres jeux de cartes !

Si Pour une Poignée de Dollars inaugurait le style du western spaghetti, Et pour Quelques Dollars de Plus sublime la formule grâce à une narration puissante portée par des personnages brillamment interprétés, des jeux de regard en gros plan à l’expression intense ainsi que des séquences variées comme la partie de poker, le vol du coffre de la banque et la provocation de Mortimer au saloon. Le duo formé par le Manchot et ce dernier s’avère d’une redoutable efficacité, entre provocations successives (le duel de tir sur chapeau) et collaboration pour traquer l’Indien. L’expérience de l’ancien et la pugnacité du jeune se complètent habilement lors de scènes mémorables aboutissant à une conclusion touchante. Si les réelles motivations de Mortimer se dévoilent petit à petit lors de flashbacks, il reste cependant dommage que le scénario manque d’éléments pour faire le lien avec l’Indien.

« Dis un peu, y’a beau temps que je veux te demander ça : que signifie cette montre pour toi ? »
« Quand la musique s’arrêtera, ramasse ton pistolet et essaie de me tuer. Essaie… »

Les compositions musicales, quant à elles, qui n’en finissent plus de transcender le récit. Outre le thème principal récurrent aux sifflements reconnaissables, la montre à gousset renforce considérablement le background de l’Indien, notamment grâce à la mélodie dont il se sert pour chacun de ses duels comme pour expier un crime qui le tourmente. Cette musique intradiégétique est alors renforcée par la composition extradiégétique d’Ennio Morricone, dont l’orgue renforce la dramaturgie. Puissant dans ses jeux de regard, le duel final préfigure presque celui de Le Bon, la Brute et le Truand grâce à un trio au sommet de ses enjeux, fortement intensifiés par des instruments qui subliment le suspense. Dépassant de loin son prédécesseur, Et pour Quelques Dollars de Plus s’impose comme un des meilleurs westerns de tous les temps.

Trials of Mana (2020) de Xeen

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Date de sortie : 30 septembre 1995 (jeu d’origine), 24 avril 2020 (remake)
Développeur : Square-Enix
Concepteur : Naoki Matsue
Genre : Action-RPG

Nationalité : Japon
Compositeur : Hiroki Kikuta
Consoles : Switch, PlayStation 4

Une équipe de choc !

Après une bonne vingtaine d’années d’attente, la volonté des fans du jeu qu’on appelait encore Seiken Densetsu 3 est enfin récompensée avec l’annonce de la Compilation of Mana en Europe, avec une traduction française inédite qui choisit le prestigieux titre de Trials of Mana. Annonce suivie d’une autre encore plus alléchante tandis que le thème principal remixé retentit de plus belle pour accompagner un bel univers en trois dimensions, nous faisant comprendre qu’un nouveau remake est en cours de développement. Plus ambitieux que les remakes des deux premiers épisodes, il modernise fortement l’ancienne exclusivité japonaise pour une expérience en full 3D avec un level design de grande qualité, permettant toujours de choisir un trio parmi six personnages bien différents : Angela la magicienne noire, Duran le guerrier, Hawk le voleur, Riesz l’amazone, Kevin le lycanthrope et Charlotte la magicienne blanche.

La légende surgit de nouveau.
De sympathiques panoramas absents dans le jeu d’origine.

Très agréable à jouer, Trials of Mana reprend fidèlement les différents passages du jeu d’origine, que l’on reconnaît parfaitement malgré la refonte totale. Totale mais loin d’être à la pointe, car si la direction artistique est vraiment belle et colorée, les graphismes sont tout juste corrects pour la Switch et la PS4, le jeu n’étant clairement pas à gros budget. Les remix musicaux sont de qualité mais restent assez standard, aucune piste ne sortant réellement du lot contrairement aux musiques du remake de Secret of Mana qui avait su se montrer plus inventives. Les combats sont dynamiques et permettent d’esquiver plus facilement les attaques ennemies grâce à un bouton dédié. On peut cependant regretter une physique assez pauvre, les attaques aériennes obligeant notamment à sauter pour frapper droit devant soi de manière rigide. Si chaque personnage à son propre type d’arme, de puissantes attaques de classe ont été rajoutées moyennant la collecte de petits cristaux bleus faisant grimper une jauge.

Flammy toujours de la partie !
Malgré la relative facilité du jeu, certains boss donnent pas mal de fil à retordre.

Fluides et faciles à prendre en main, les combats sont nombreux mais la simplicité des combos donne le même sentiment de répétitivité que le jeu d’origine, notamment sur la fin où on enchaîne les zones à affrontements sans que le scénario décolle réellement. Ce dernier est en effet très lisse et ne donne accès qu’à peu de moments intenses, même s’il est toujours possible de voir des variantes selon le personnage principal choisi. Les cinématiques permettent certes de dynamiser la narration, mais les méchants n’atteignent décidément pas le charisme de ceux de Secret of Mana, pourtant eux-mêmes assez convenus dans leur genre. Le jeu se veut relativement facile avec les tracés rouges qui indiquent les zones où les ennemis vont frapper ainsi que les nombreux objets de soin qu’on peut ramasser un peu partout.

Un certain charisme non sans rappeler le Chevalier Noir de Sword of Mana.
Une nouvelle quête qui démarre de la bibliothèque…

L’évolution en classes est toujours présente et le level up permet également d’assigner des compétences classées selon les caractéristiques principales. Assez peu utilisées dans l’ensemble, les magies disponibles dépendent fortement du personnage de base et de sa classe. Le post-game comporte une nouvelle quête s’étendant sur plusieurs heures durant laquelle on traverse un pot-pourri de zones déjà connues pour terrasser une sorcière. Sympathique mais plutôt dispensable, elle permet néanmoins d’obtenir de nouveaux pouvoirs via un troisième changement de classe. Fidèle à lui-même tant dans ses qualités que dans ses limites de game design, Trials of Mana perpétue la renaissance de la saga avec un remake agréable bien que manquant d’ambition, Secret of Mana lui restant d’assez loin supérieur malgré son remake très terre à terre.

Adieu les Cons, d’Albert Dupontel

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Date de sortie : 4 août 2020 (avant-première), 21 octobre 2020 (1h 45min)
Réalisateur : Albert Dupontel
Acteurs principaux : Albert Dupontel, Virginie Efira, Nicolas Marié, 
Genre : Comédie dramatique
Nationalité : Français
Compositeur : Christophe Julien

Virginie Efira au sommet de son talent.

Septième film d’Albert Dupontel (Le Vilain, Neuf mois fermes, Au revoir là-haut), Adieu les Cons joue la carte de la comédie dramatique dans un scénario où trois personnages se lancent dans une improbable quête afin de tenter de prouver que leur existence ont un sens. Jouée par Virginie Efira (Elle, Victoria, Le Grand Bain), Suze Trappa Trappi Trappo Trappet est une coiffeuse de quarante-trois ans qui apprend qu’elle est gravement malade à cause de cosmétiques qu’elle utilise à son travail. Sa vie risquant d’être écourtée, elle joue son va-tout en décidant de partir à la recherche d’un enfant qu’on lui avait retiré lorsqu’elle était adolescente.

Albert Dupontel, sérieux en apparence, déjanté à l’intérieur !
Une véritable infiltration digne des plus grands James Bond !

Pendant ce temps, Albert Dupontel interprète comme à son habitude un personnage complètement barré. Dénommé JB Cuchor Cuchasse, cet homme d’âge mur en a ras le bol de son poste dans l’administration et l’annonce de son licenciement le pousse à en finir avec son fusil. Les circonstances vont alors pousser ce dernier à aider Suze à retrouver son enfant. La recherche de documents va aussi faire intervenir l’archiviste Monsieur Blin, incarné par Nicolas Marié décidément très présent dans les films du réalisateur. Toujours impeccable dans ses prises de vue, Dupontel exprime ainsi sa vision anxiogène de la société du XXIème siècle à travers de nombreuses situations rendues comiques par leur absurdité.

Prise de vue qui résume efficacement le comique du film !
La fameuse scène des ascenseurs surplombant le très symbolique CAC 40.

Du coup de feu en plein mur à l’archiviste en folie qui se cogne partout, en passant par le médecin et le manager qui prennent leurs interlocuteurs pour des numéros de dossier, les séquences drôles sont légion tout en conservant un fond dramatique qui sert le scénario. Omniprésente, la technologie est un symbole fort de cette déshumanisation avec l’écran et les gadgets qui dirigent la société, poussant ainsi les gens à hacker les systèmes pour se sortir d’une injustice. Pourvu d’images frappantes et d’un final choc, Adieu les cons est une réussite qui prouve une fois de plus qu’Albert Dupontel se démarque largement dans le cinéma français, en réalisant des films qui font sens loin des sempiternelles comédies à l’affiche qui peinent à faire décoller un sourire.

Les Sous-Doués en Vacances, de Claude Zidi

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Date de sortie : 10 mars 1982 (1h 35min)
Réalisateur : Claude Zidi
Acteurs principaux : Daniel Auteuil, Guy Marchand, Grace de Capitani, Charlotte de Turckheim
Genre : Comédie, romance
Nationalité : Français
Compositeur : Vladimir Cosma

 

Désespoir, je vois tout en noir, il va pleuvoir

La romance dans toute sa splendeur.

Deux ans après le succès des Sous-Doués, Claude Zidi remet le couvert en imaginant les vacances de la bande à Bébel suite à leur obtention du baccalauréat. Le film se veut d’emblée bien plus musical avec une introduction rappée racontant ce qui attend les personnages. Et les gags ne se font pas attendre alors que Bébel se fait larguer à l’aéroport par sa dernière conquête, avec qui il était censé partir en voyage. Daniel Auteuil est rapidement rejoint au casting par Grace de Capitani, qui débute sa carrière d’actrice dans le rôle de Claudine, une jeune femme dont le copain est parti aux Seychelles avec sa sœur jumelle qui s’est fait passer pour elle à force de se faire railler. Jouée par Charlotte de Turckheim (La Nuit de la mort, Le Maître d’école, Les Babas cool), son amie Pétronille va alors la mettre en contact avec Paul Memphis, savoureusement interprété par le chanteur Guy Marchand (Cousin Cousine, Garde à vue, Coup de torchon).

 

Sur la plage, j’irai te chercher des coquillages

Une dualité à toute épreuve.

Grand séducteur qui passe son temps à se marier puis à divorcer avant de conquérir à nouveau, il a engagé un concepteur sous les traits de Jean Paul Farré (Les Bidasses s’en vont en guerre, Les Ringards, Le Roi des cons), qui a mis au point un love computer mettant en avant le potentiel amoureux entre deux personnes via des câbles reliés à la tête. Bébel et Claudine tombent évidemment ensemble lors d’une danse prévue à cet effet et avec un résultat plus que prometteur. L’essentiel du comique repose alors sur les actions de Memphis afin de retourner Bébel contre Claudine et ainsi mieux s’accaparer cette dernière. De nombreux gags viennent surenchérir l’action, comme une diva qui parle systématiquement en se croyant à l’opéra, un faux requin mis en scène semblant parodier Les Dents de la Mer, ou encore Hubert Deschamps de retour dans le rôle d’un chirurgien encore moins doué que l’enseignant qu’il était dans le premier film.

 

Destinée, on était tous les deux destinés

Comment résister à des sous-vêtements aussi fleuris…

L’animateur de radio Jacques Rouland et le chanteur Gérard Lenorman apparaissent même lors d’une séquence, Dominique Hulin servant de garde du corps à ce dernier. Mais si le film est porté par la musique, il l’est surtout par la mémorable chanson « Destinée », dont la mélodie est fredonnée plusieurs fois pour ponctuer le film. Composée par Vladimir Cosma en reprenant à l’envers les notes de « L’Été Indien » de Joe Dassin, elle est directement interprétée par Guy Marchand, qui pensait ringardiser le style avec une chanson à contre-courant des slows des années 80. S’en dégage au final une musique certes autodérisoire mais également touchante, offrant un certain cachet à la romance du film. Sa popularité est telle qu’elle fut réutilisée la même année dans Le Père Noël est une Ordure lors d’une scène de slow entre Thierry Lhermitte et Christian Clavier. Sans doute moins culte et mémorable que son prédécesseur, Les Sous-Doués en Vacances s’en démarque tout de même largement grâce à sa musicalité, ainsi qu’à son rythme et à son montage de meilleure facture.

Lucky Strike, de Kim Yong-hoon

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Date de sortie : 19 février 2020 (Corée du Sud), 8 juillet 2020 (France)
Réalisateur : Kim Yong-hoon
Acteurs principaux : Jeong Woo-seong, Jeon Do-yeong, Man-Sik Jeong, Seong-woo Bae
Genre : Thriller
Nationalité : Sud-coréen
Compositeur : Nene Kang

Que faire quand on tombe sur un sac pourvu de milliers de wons ?

Adaptation du roman de Keisuke Sone par Kim Yong-hoon dont c’est le tout le premier film, Lucky Strike est un thriller sud-coréen dans lequel un sac rempli de billets vient bouleverser le destin de plusieurs personnages alors tentés de refaire leur vie. D’abord un employé de sauna joué par le taciturne Seong-woo Bae, rapidement suivi d’un agent des douanes interprété par Jeong Woo-seong (Le Bon, la Brute et le Cinglé) devant de l’argent à un prêteur sur gage sous les traits de Man-Sik Jeong (Hard Day). La très populaire Jeon Do-yeong (Secret Sunshine) y incarne un des personnages les plus manipulateurs lors de séquences plus macabres les unes que les autres.

Les promesses de remboursement, ça finit rarement bien…
Rearch of a Lucky instead of a sweet !

Entre meurtres, arnaques et trahisons, chacun est prêt à tout pour parvenir à ses fins dans une narration éclatée donnant un certain cachet au film, bien que sa réalisation reprenne largement les codes connus du cinéma coréen. Son découpage en chapitres et ses nombreux dialogues ne sont pas sans rappeler les premiers films de Quentin Tarantino, si ce n’est que le scénario peut parfois paraître trop brouillon pour être facile à suivre. Si le titre du film fait écho aux coups chanceux que peuvent porter les personnages selon les situations, il renvoie aussi à la marque de cigarettes éponyme, directement présentes dans le film pour symboliser la fortune et la consumation. Pour son premier film, Kim Yong-hoon s’en sort relativement bien : un réalisateur à suivre de près !

Les Sous-Doués passent le Bac, de Claude Zidi

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Date de sortie : 30 avril 1980 (1h 32min)
Réalisateur : Claude Zidi
Acteurs principaux : Daniel Auteuil, Maria Pacôme, Hubert Deschamps, Michel Galabru
Genre : Comédie
Nationalité : Français
Compositeur : Bob Brault

Si la tenue correcte faisait les bons élèves, cela se saurait !

Grand classique de la comédie française réalisé par Claude Zidi (Les Bidasses en folie, La Moutarde me monte au nez, L’Aile ou la Cuisse), Les Sous-Doués met en scène des élèves de terminale du cours Louis XIV, lycée privé qui arrive dernier au classement du baccalauréat en ayant cent pourcents de recalés. Interprété par Daniel Auteuil (À nous deux, Bête mais discipliné) qui livre ici le premier rôle majeur de sa carrière, Bébel et sa bande obtiennent volontairement de mauvais résultats pour continuer à s’amuser au lieu de prendre leur futur en main. Jouée par Maria Pacôme (Le Gendarme de Saint-Tropez, Le Distrait, Bons baisers… à lundi), la directrice Lucie Jumaucourt décide une bonne fois pour toutes d’employer les grands moyen afin qu’ils obtiennent leur fichu examen. Elle est épaulée par son mari Léon, sous les traits d’Hubert Deschamps (On a retrouvé la 7ème Compagnie, La Zizanie), qui assure à la fois l’anglais et les matières scientifiques.

« S’il y a fumette, il y a réaction ! »
Ces situations potaches chères aux comédies françaises…

La bande à Bébel est notamment composée de deux filles, Jeanne et Caroline, son ami Julien aux cheveux longs, l’africain Togo, le bêta Gaëtan et son pote Graffiti qui passe son temps à lui voler sa mobylette pour la lui revendre après l’avoir repeinte. Parmi les secondes rôles se trouve aussi Hélène Zidi, la fille du réalisateur. Les gags vont bon train entre la lycéenne qui rentre dans l’établissement en promenant son chien, la fumée de cigarette qui allume volontairement l’alarme, l’électrocution à la poignée de porte ou encore les fausses alertes à la bombe lancées au commissaire de police, joué par Michel Galabru (hexalogie du Gendarme, La Cage aux Folles, L’Avare). L’occasion est inespérée pour caricaturer le professeur de gym (comme on disait autrefois), incarné par le cascadeur Dominique Hulin, qui ressemble plutôt à un bourreau chargé d’attraper les élèves quand ils ne se tiennent pas tranquilles, ce qui lui vaudra de se prendre une planche de bois en pleine figure.

« – Trotsky a été assassiné à Mexico en 1940. – Quelle année ? – En 40 ! – Qui ? – Euh Kennedy ! »

Gaëtan, caricature du cancre.

Malgré ces traits d’humour qui ont inscrit Les Sous-Doués dans l’histoire de la comédie française, le film peut paraître assez vieillissant et comporte un montage qui manque de finition en passant régulièrement d’une séquence à une autre sans réel rapport entre elles. Le scénario va également trop loin avec le procès qui oblige les lycéens à obtenir leur bac, les triches utilisées restant inspirées de faits réels. Le gag le plus marquant reste celui de la machine à apprendre, qui pose des questions aux élèves et les oblige à répéter des phrases de culture générale sous peine de coups sur le visage. On retient également la chanson « On a un grand poil dans la main », interprétée par Daniel Auteuil lui-même lors du passage de la sortie scolaire. Leurs retrouvailles dix ans plus tard poussent l’ironie jusqu’au bout étant donné qu’ils ont tous réussi professionnellement tandis que le commissaire se retrouve à la circulation avant de se prendre un gâteau en pleine figure. Le film connaît une suite deux ans plus tard, Les Sous-Doués en vacances.

Pour une Poignée de Dollars, de Sergio Leone

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Date de sortie : 12 septembre 1964 (Italie),
16 mars 1966 (France)

Réalisateur : Sergio Leone
Acteurs principaux : Clint Eastwood, Gian Maria Volonté, José Calvo, Sieghardt Rupp
Genre : Western spaghetti
Nationalité : Italien
Compositeur : Ennio Morricone

 

Les Baxter d’un côté, les Rodos de l’autre,
et moi au beau milieu…

Clint Eastwood, nouvelle figure emblématique du western des années 60 !

Tandis que les westerns américains s’essoufflent largement au début des années 1960 malgré quelques classiques comme Les Sept Mercenaires, un nouveau genre plus dynamique et moins manichéen naît en Europe sous l’égide de l’italien Sergio Leone, à qui l’on doit la Trilogie du Dollar ainsi que le triptyque Il était une Fois. Dénommé western-spaghetti, il troque la glorification des valeurs traditionnelles américaines par la dure loi du plus fort au far-west. L’ordre se règle au revolver, qu’il s’agisse de récupération d’argent ou de vengeance personnelle. La lutte unilatérale des cow-boys face aux indiens sauvages ou aux bandits mexicains est également mise de côté pour mieux mettre en avant des personnages durs et complexes. Leur statut d’anti-héros leur dégage un certain charisme et les rend plus crédibles dans leurs agissements.

Gian Maria Volonté, deuxième révélation du film.

Remake à la sauce western du Garde du Corps du japonais Akira Kurosawa, Pour une Poignée de Dollars (A Fistful of Dollars en Amérique) est aussi le film qui a révélé le prolifique Clint Eastwood en lui offrant son premier grand rôle de cavalier solitaire. Appelé Joe en VF, il cherche en effet à gagner des billets en tirant profit de deux bandes qui se disputent domination d’une petite ville à la frontière du Texas et du Mexique. L’intrigue sur l’identité d’un certain Ramon est bien soutenue jusqu’à son apparition sous les traits du charismatique Gian Maria Volonté, qui marque lui aussi son premier rôle majeur face à Clint Eastwood. Sa bande sans pitié, notamment composée de son frère Esteban joué par Sieghardt Rupp, symbolise tout le cynisme et la crasse qui pouvaient caractériser les cow-boys de l’époque. D’autres personnages comme le tavernier, le shérif, le fabricant de cercueils et la jeune femme Marisol renforcent la crédibilité de cet univers.

Des personnages secondaires attachants.

 

Quand deux hommes sont armés
l’un d’un fusil, l’autre d’un pistolet,
l’homme au pistolet est un homme mort.

Une mise en scène astucieuse.

L’introduction de Pour une Poignée de Dollars est marquée par la musique resplendissante d’Ennio Morricone, dont la mélodie retranscrit la vie à la campagne avec des sifflements, des bruits de fouet ou encore de cloche qui se superposent les uns aux autres. La guitare électrique et les chœurs ponctuent les moments forts du récit et offrent une intensité dramatique sans pareille au scénario. C’est notamment le cas lors des longues scènes de duel, lentes et dramatiques, caractérisées par des successions de gros plans sur les regards des personnages. Le style de Sergio Leone est également marqué par des encadrements dans des fenêtres, des cordes de potence et des cadrages serrés sur une main prête à dégainer. Les angles de caméra font en sorte d’être très ouverts sur de larges paysages, principalement issus du désert espagnol de Tabernas, doté d’espaces vierges de présence humaine et ressemblant aux paysages de l’Arizona ou du Nevada.

Seul contre tous, c’est l’art de la gâchette qui fera la différence…
Des gros plans d’une redoutable efficacité !

La maîtrise des revolvers et les winchesters offre des séquences d’anthologie en plus des scènes d’action bien plus explosives et violentes. L’usage de la ruse reste toutefois bienvenue, notamment avec Joe qui se cache une fois blessé et qui profite de l’obsession de Ramon à viser le cœur pour se fabriquer une plaque de tôle. Avec Pour une Poignée de Dollars, Clint Eastwood prouve définitivement qu’il est taillé pour le cinéma, et ce dès le premier regard qu’il jette en observant les alentours. Le doublage français de Jacques Deschamps renforce d’autant plus son personnage en lui procurant une assurance digne des plus grands héros. Et le meilleur restait encore à venir avec une suite spirituelle des plus intenses

Les deux hommes s’affronteront de nouveau l’année suivante, dans Et Pour Quelques Dollars de Plus…

Niki Larson, de Wong Jing

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Date de sortie : 13 janvier 1993 (1h 35min)
Réalisateur : Wong Jing
Acteurs principaux : Jackie Chan, Joey Wong, Richard Norton, Gary Daniels
Genre : Comédie, action
Nationalité : Hongkongais
Compositeurs : James Wong et Romeo Díaz

Jackie Chan en grande forme !

Comédie d’action hongkongaise réalisée par le prolifique Wong Jing (Future Cops, Les Griffes d’Acier, Evil Cult), Niki Larson la première adaptation cinématographique du manga City Hunter de Tsukasa Hojo. Il a la particularité de mettre en scène le tout aussi prolifique Jackie Chan (Le Marin des Mers de Chine, Police Story, Double Dragon) dans la peau du célèbre détective privé, qui doit retrouver la fille d’un riche homme d’affaires ayant fugué suite à la volonté de remariage de ce dernier. La majeure partie du film se déroule sur un paquebot de croisière, attaqué en plein voyage par un groupe de gangster dirigé par un certain McDonald. Ce dernier est interprété par Richard Norton, grand pratiquant d’arts martiaux connu pour ses apparitions dans plusieurs films d’action hongkongais. Son bras droit est joué par Gary Daniels, le même qui jouera Kenshiro dans l’adaptation tout aussi nanardesque de Ken le Survivant deux ans plus tard.

Le petit comique de service, parce qu’il en faut bien un…

Le film fait apparaître plusieurs personnages du manga en modifiant leur nom d’origine. Sous les traits de  Joey Wong (Les Dieux du Jeu, The Big Score et Casino Tycoon du même réalisateur), Laura devient ainsi Sonia. De même, le lieutenant Hélène Lamberti s’appelle désormais Anna et est interprétée par Chinhmay Yau, également habituée aux films de Wong Jing (Casino Tycoon 1 et 2, Evil Cult, Chun (Li) May dans Future Cops). Quand on voit que Richard Norton est censé jouer Mammouth, et Gary Daniels l’ancien associé de Nicky Mick Angel, on comprend que les personnages ont été distribués comme s’il s’agissait d’une adaptation libre. L’introduction confirme d’ailleurs que Niki Larson n’est qu’une sorte de parodie du manga tellement l’assassinat de Tony Marconi n’est pas pris au sérieux, Michael Wong simulant la mort de manière totalement ridicule.

Car un grand méchant avec des cartes, ça fait tout de suite beaucoup plus méchant !
Une véritable ressemblance avec Ken de Street Fighter II !

Les seuls points communs que Jackie Chan maintient avec Nicky Larson est son obsession pour les jolies filles, son humour et sa manière de se battre. Ce dernier paramètre est quand même à nuancer car ça reste Jackie Chan qui fait du Jackie Chan, avec des chorégraphies plus ou moins inspirées, un personnage qui grimace souvent et qui fuit ses adversaire car il les trouve trop fort, ce qui n’est pas vraiment dans l’esprit de City Hunter. Un choix d’acteur opportuniste qui décrédibilise toujours plus les adaptations de manga en film, surenchéri par une voix off féminine qui passe son temps à acclamer « Nicky Larson » avec résonance. Outre les bruitages cartoonesques et certains mouvements de combat pas du tout réalistes, ces derniers comportent parfois des phylactères avec des onomatopées comme « Bam » à la manière du Batman de 1966, histoire de ridiculiser encore davantage son action.

La première apparition de Street Fighter au cinéma !

Mais s’il n’y avait qu’une seule scène à retenir de Niki Larson, c’est bien sa parodie de Street Fighter II, qui intervient alors que Jackie Chan affronte Gary Daniels dans une salle d’arcade où se trouvent des bornes du célèbre versus fighting, alors en pleine hype dans les années 90. Tandis que le premier prend l’apparence de Honda puis de Chun Li face à un Ken tout puissant, deux de ses alliés arborent les costumes de Guile et de Dhalsim, avec les musiques et les bruitages directement issus du jeu qui se succèdent dans une véritable folie visuelle. Si le combat de Nicky face à McDonald vaut tout de même le détour, on retient également l’opening « Sing Si Lip Yan » chanté par Jackie Chan lui-même, ainsi que la chanson « Gala Gala Happy » du groupe chinois Softhard, qui intervient pour introduire le casino. Les compositions de James Wong (Histoire de Fantômes Chinois, Il était une fois en Chine) et de Romeo Díaz font d’ailleurs partie des meilleures qualités de ce film culte, qui sera suivi d’une adaptation non officielle trois ans plus tard et de la superbe interprétation de Philippe Lacheau en 2019.

Dragon Quest Your Story, de Takashi Yamazaki, Ryuichi Yagi et Makoto Hanafusa

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Date de sortie : 2 août 2019 (Japon), 13 février 2020 (Netflix)
Réalisateurs : Takashi Yamazaki, Ryuichi Yagi et Makoto Hanafusa
Doubleurs VF : Benjamin Bollen, Anaïs Delva, Emmylou Homs, Feodor Atkine
Genre : Animation
Nationalité : Japonais
Compositeur : Koichi Sugiyama

De quoi ravir les fans de Dragon Quest V !

De longues années après la série animée Fly, Dragon Quest revient à l’écran dans un long métrage en images de synthèse adaptant le cinquième épisode de la saga de jeux vidéo. On y suit les aventures du jeune Luca, enlevé alors qu’il n’était qu’un enfant aux côtés de son ami Harry afin d’être utilisés comme esclaves dans le construction d’un palais. Après être parvenus à s’échapper dix ans plus tard, il part à la recherche de l’élu capable de brandir l’épée zénithienne pour terrasser Erebos le Fou, démon qui retient sa mère. Relativement convenu, le film se laisse regarder pour son humour et la qualité de son animation, bien que les images de synthèse soient très standard et la direction artistique relativement éloignée du talent d’Akira Toriyama.

Selon la légende, il est souvent plus difficile d’affronter une jolie fille qu’une horde de démons…
Un antagoniste caricatural mais plutôt plaisant.

Une critique majeure vient également du choix de doubleurs célèbres au lieu des seiyus professionnels pour les personnages. Ainsi, Bianca et Nera sont respectivement interprétées par Anaïs Delva et Emmylou Homs, connues pour leurs VF d’Elsa et d’Anna dans La Reine des Neiges. Mixte improbable entre Hadès du Hercule de Disney et Ryuk du manga Death Note, Erebos le Fou arbore néanmoins un certain charisme grâce au doublage de Féodor Atkine, connu pour son interprétation de Jafar dans Aladdin. Le principal plaisir pour qui connaît les jeux reste les musiques directement reprises du répertoire de Koichi Sugiyama, à commencer par le thème principal de Dragon Quest qui retentit subrepticement lors de plusieurs moments forts.

Dragon Quest Experience, le jeu que tout le monde attendait !

Le film comporte d’autres clins d’œil aux jeux vidéo, tel le gluant Surarin qui vient en aide au héros, ainsi que les dragons et d’autres créatures. L’introduction dévoile d’ailleurs la naissance de Luca en montrant directement des séquences du jeu de 1992 pour une nostalgie des plus agréables. Le scénario va même jusqu’à tenter une mise en abyme via un final étonnant dans lequel le héros joue à une nouvelle version du jeu en réalité virtuelle, la représentation virtuelle du véritable méchant lui montrant même la cartouche Super Famicom. Si cette idée ingénieuse justifie alors le titre Your Story, il est très dommage qu’elle tombe comme un cheveu sur la soupe sans étoffer davantage son propos, qui paraît pour le coup plutôt gratuit. Relativement correcte, cette itération de Dragon Quest reste des plus plaisante à regarder.