Batman the Animated Series (1992) la Sublimation d’un Héros

Souvent considérée comme la meilleure adaptation de l’univers de Batman par les fans de comics, la série animée a bercé l’enfance de nombreux d’entre-nous au point qu’on la regarde encore étant adulte. Si l’expression « dessin animé » était encore synonyme de « production uniquement adaptées aux enfants » dans le sens fortement réducteur du terme dans les années 1990, les mentalités s’ouvrent et reconnaissent aujourd’hui à Batman de nombreuses valeurs qui font toute sa qualité. Retour sur une série d’anthologie qui a marqué toute une génération…

Première diffusion : 12 septembre 1992 (85 épisodes)
Créateurs : Bruce Timm (réalisation), Paul Dini (écriture)
Doubleurs principaux : Richard Darbois, Georges Caudron, Jacques Ciron, Jean-Claude Sachot, Pierre Hatet, Philippe Peythieu, Vincent Violette
Genre : Animation, super-héros
Nationalité : Américain
Compositeurs : Danny Elfman et Shirley Walker (génériques),
Michael McCuistion, Lolita Ritmanis

À mon ami disparu Geoffrey Dronne, auprès duquel la passion pour cette série animée avait provoqué de nombreux délires.

Un générique d’anthologie

Tandis que Tim Burton popularisait Batman au cinéma avec son film mettant en scène Michael Keaton et Jack Nicholson en 1989, Warner Bros. envisage de produire une série animée autrement plus sérieuse que celles des années 1960 et 1970. Cette idée vient du succès contemporain des Simpson, qui a montré qu’une série d’animation réalisée avec soin pouvait aussi bien fédérer les enfants que les adultes. Réalisée par Bruce Timm au design et Paul Dini à l’écriture, cette adaptation mythique marque dès son générique très sombre parsemé de couleurs chaudes, qui impose un style unique rythmé par la mélodie intense de Danny Elfman sans même comporter la moindre parole. Composée de 85 épisodes, la série propose des scénarios sur un ton aussi bien divertissant qu’adulte, avec des personnages à la psychologie approfondie ainsi qu’une identité visuelle et sonore très marquée. Diffusée à partir du 5 septembre 1992 aux États-Unis, elle arrive en France trois mois plus tard dans l’émission Décode pas Bunny sur Canal +, avant de passer chaque soir de la semaine sur France 3 à 20h05 début 1994, puis dans Les Minikeums l’année suivante.

« Oui, la bête est en moi, Batman ! »
« Oh un train électrique, tu sais j’ai toujours rêvé de faire dérailler un vrai train ! »

Si l’ordre des épisodes est discutable à plus d’un titre, les tout premiers posent très habilement les bases qui entourent la psychologie de Batman. Dans « Le Duel », il prouve à la population qu’il est bien leur allié en faisant face à son double Manbat, en insistant sur la monstruosité de la bête par la métamorphose du professeur Langstrom. Cet épisode est aussi l’occasion de montrer que Batman n’est pas invincible, avec ses limites humaines comme en témoignent les traces de sang qui restent sur son visage. Arrive ensuite « Joyeux Noël Batman », classique parmi les classiques mettant l’accent sur le mode opératoire déjanté mais pas moins dangereux du Joker. Il introduit également le personnage de Robin, qui ne reviendra pas avant le vingt-quatrième épisode. Le potentiel dramatique de la série monte alors en intensité avec « Épouvantable Épouvantail », dans lequel ce dangereux ennemi met Bruce Wayne à l’épreuve de ses plus grandes peurs dans d’effroyables hallucinations qui font ressortir toute l’humanité du personnage.

« Je suis l’Épouvantail. Je suis le cauchemar de Gotham. Je suis la peur rouge. »

 

De précieux alliés

 

Une figure paternelle indispensable à l’équilibre de Bruce.

Pour ne pas sombrer dans sa propre folie, Bruce est heureusement épaulé par de précieux alliés, à commencer par son majordome Alfred, qu’il considère largement comme le substitut de son père. Sa mère de substitution serait alors Leslie Thompkins, qui veille sur lui depuis la mort de ses parents en étant au courant que Batman et lui ne font qu’un. Assez présent mais avec une importance peu marquée dans la série, Lucius Fox apporte un soutien à Bruce depuis Wayne Enterprises en renforçant son costume et en lui fabriquant toutes sortes d’accessoires. S’il n’est pas accepté par l’ensemble de la police, à commencer par l’inspecteur Harvey Bullock qui n’aime pas vraiment qu’un justicier se mêle seul des criminels, Batman travaille de pair avec le commissaire James Gordon, qui approuve ses actes et lui apporte de précieux renseignements. Créée à l’occasion de la série animée, la policière Renee Montoya accompagne souvent Bullock et fait partie des agents de police récurrents. Ajoutons à tout cela le maire Hamilton Hill qui, contrairement à d’autres adaptations, est ici présenté comme un dirigeant bon et respectable.

Gordon et Bullock, deux personnalités bien trempées.
Moment phare du scénario, le passé de Dick Grayson est intense en émotions.

Allié principal de Batman, Robin fait ses débuts au deuxième épisode en même temps que le Joker afin de familiariser le public à son humour de bas étage et à leur coopération en duo face à des menaces importantes. Après un retour tardif face à l’Épouvantail, il réapparaît dans un cauchemar créé par ce dernier où Batman voit apparaître ses ennemis habituels, ainsi qu’Alfred et Robin qui tentent de le persuader d’arrêter le combat. De plus en plus présent au fil des épisodes, il est intéressant de noter qu’il aide Batman dans chaque épisode qui le confronte à l’Homme Mystère, comme si cet adversaire était trop coriace pour lui seul. Apparaissant dans l’intégralité des derniers épisodes estampillés Les Aventures de Batman et Robin avec le deuxième générique composé par Shirley Walker, on apprend surtout son passé dans le diptyque « Robin se rebiffe », au cours duquel il a vu ses parents mourir lors d’un numéro de cirque. Centré sur la traque du malfrat Tony Zucco, ce double épisode montre comment Bruce Wayne a pris Dick Grayson sous son aile avant de lui faire suivre la même voie, ayant subi la même chose durant son enfance. La croisade personnelle de Robin lui permet alors de comprendre pourquoi Batman le laissait parfois à l’écart, ainsi que toute les limites d’une vengeance personnelle.

À l’instar de Batman, Robin doit lui aussi apprendre à modérer sa soif de vengeance.
D’apparence innocente, Barbara a plus d’un tour dans son sac.

Fille unique du commissaire Gordon, Barbara est un personnage attachant qui suit les traces de son père dès son introduction dans « Cœur d’Acier », diptyque dans lequel des androïdes cherchent à prendre la place des humains. Comprenant qu’il se trame quelque chose, elle joue les détectives en s’infiltrant seule dans un immense complexe afin de tirer les choses au clair. Dans l’épisode « Remords », elle réapparaît aux côtés de son père hospitalisé à cause d’un dangereux jazzman cherchant à se venger de son incarcération. Un triste scénario durant lequel Batman remet ses actions en question tandis qu’il s’en veut que le commissaire ait été touché par balle alors qu’il était présent. Elle y fait également la connaissance de Dick, pour lequel elle semble avoir une certaine attirance.

Une vision dramatique pour Bruce, qui voit en James Gordon une autre figure paternelle.
Tel père, telle fille…

Son véritable envol intervient dans « Jeux d’Ombres », durant lequel elle se fabrique un costume de Batman afin de simuler sa présence lors d’un meeting important. Sa souplesse et son ingéniosité ne tardent pas à la faire devenir Batgirl, héroïne qui va aider Batman et Robin à déjouer le complot de Double Face, qui cherche à faire renvoyer son père de la police pour qu’un agent infiltré en prenne le contrôle. Il est amusant de constater que Robin et Batgirl se chamaillent tout autant que quand ils n’ont pas leur costume, ignorant chacun l’identité de l’autre. « Le Retour de Batgirl » est l’occasion de retrouver la justicière en duo avec Catwoman dans une histoire de vol de statuette de valeur. Épisode intéressant dans le sens où Robin et elle doivent se débrouiller sans la présence de Batman, Batgirl échoue néanmoins à faire entendre raison à Catwoman, qui fait semblant de se rendre à la police avant de s’échapper avec la patrouille.

Un duo rafraîchissant !

 

Une approche par méchants

 

« Voilà ce que mon armée fera de de Gotham City ! »

De loin le plus présent de tous les antagonistes, le Joker est également le plus fou et le plus imprévisible. Après avoir semé la panique la veille de Noël, il revient rapidement dans « Morts de Rire » avec une de ses marques de fabrique : le gaz hilarant, capable de provoquer un fou rire qui neutralise quiconque le respire. Avec « Fugue en Sol Joker », il s’attire même la sympathie du jeune fils du maire de Gotham City en se faisant passer pour un clown, avant que Batman ne vienne l’aider à s’en sortir. Ayant le chic pour trouver des hommes qui travaillent pour lui aux quatre coins de Gotham City, le Joker fait régulièrement construire toutes sortes d’éléments à son effigie, tels les robots Joker qui tirent avec leurs mains, le Capitaine Clown qui conduit le bateau poubelle ou des explosifs comme des dynamites et des grenades. Dans « Le Joker Fou », un milliardaire va jusqu’à le provoquer pour qu’il vienne faire exploser un casino qui le représente afin de rembourser ses dettes en touchant une assurance confortable. S’il ne laisse généralement pas de place au suspense quant à son implication dans un épisode, son apparition finale dans « Crise de Rire » ne dévoile dans un premier temps que des comiques qu’il contrôle en leur faisant utiliser le même genre de pitreries.

« Qui ose dire que le crime ne paie pas !? »
Un personnage devenu iconique !

Mais le réel tournant arrive lors de l’épisode « Chantage à Crédit » avec l’apparition de la pas moins déjantée Harley Quinn. Spécialement créée pour la série animée, Harley devient un personnage très populaire qui accompagne souvent le Joker dans ses folies les plus exacerbées. Si une certaine réciprocité semble émaner de leurs sentiments, le Joker profite néanmoins souvent de l’amour qu’elle lui porte pour parvenir à ses fins. C’est notamment le cas dans « Harley et Ivy », où elle se lie d’amitié avec l’Empoisonneuse après s’être fait jeter de leur maison. Partant du principe qu’elle est la seule à fonctionner exactement comme le Joker, Batman se permet même de l’engager pour le retrouver dans « Harlequinade ». L’épisode « La Journée d’Harley » est le seul à lui être totalement dédié, tandis qu’elle est remise en liberté pour bonne conduite avant que les choses ne tournent mal.

« Homme ou femme qui a un esprit dérangé est capable de n’importe quoi. »
Parmi les favoris des fans, cet épisode est celui qui exploite le mieux la relation entre les ennemis de Batman.

Présent sur tous les fronts, le Joker apparaît naturellement dans les épisodes où plusieurs méchants se retrouvent. C’est notamment le cas dans « Il s’en est fallu de peu », pendant lequel ils racontent un à un une histoire où ils étaient sur le point d’éliminer Batman, mais aussi dans « Procès », épisode regroupant la quasi-intégralité des criminels de Gotham accusant Batman de les avoir engendrés. Un des passages les plus intéressants met également en scène un criminel raté, Sid l’Encornet, qui se fait malgré lui passer pour « L’Homme qui tua Batman ». On apprend alors que le Joker ne commet ses actes que pour faire intervenir Batman et s’amuser avec lui, sa soi-disant mort le plongeant alors dans une profonde dépression qui le persuaderait presque à arrêter le crime. Si le scénario ne lui accorde aucun final particulier, l’épisode « Heureux comme un Poisson dans l’Eau » aurait été idéal pour le traitement glauque qu’il propose, avec une ambiance malsaine renforcée par les musiques lugubres et les poissons Joker. Final idéal car l’intrigue entrevoit la possibilité qu’il ait pu se faire dévorer par le requin en tentant de fuir, avant de ressurgir par surprise dans Batman contre le Fantôme Masqué, si on le considère comme le final de la série.

« Bruce, mon fils tu as osé me trahir. Tu as déshonoré le nom de la famille Wayne. Honte, oui j’ai honte de toi. »
Une apparition soudaine qui a de quoi provoquer quelques frayeurs !

Parmi les ennemis les plus redoutables de Batman, le professeur Jonathan Crane, alias l’Épouvantail, a de quoi faire remonter les peurs les plus profondes de ses victimes grâce à son gaz paniquant. Il dévoile alors toute l’obscurité du background des personnes à qui il l’explose, à commencer par Bruce Wayne qui se met alors à douter de sa légitimité à agir, comme il le fait en voyant son père lui dire qu’il est la honte de leur famille à travers les flammes. Arborant un masque plutôt standard lors de son premier épisode, il réapparaît dans « Le Maître de l’Épouvante » avec un faciès bien plus effrayant, proche du style de Freddy Krueger. Cet épisode marque aussi le retour de Robin, qui se trouve à son tour confronté à sa peur la plus enfouie : celle du vide. Avec « Sombres Hallucinations », l’Épouvantail creuse encore plus les peurs de Batman au point qu’il se retrouve enfermé à l’asile d’Arkham. Le souvenir douloureux du meurtre de ses parents ressurgit lors d’un ingénieux cauchemar, où il ne peut les rattraper tandis qu’ils passent sous un tunnel qui se transforme en canon de revolver. Un des meilleurs épisodes de la série qui se termine par la guérison de Bruce avec l’ombre des ailes d’une chauve-souris qui symbolise son repos bien mérité.

Une allégorie lourde de sens.
Un air innocent qui cache des motivations macabres.

Principal antagoniste féminin, Pamela Isley alias l’Empoisonneuse voue un tel amour pour les plantes qu’elle les préfère aux êtres humains, à qui elle reproche leur extinction sur Terre. Derrière cette critique environnementale intéressante se cache une écologiste un peu trop radicale qui contrôle les plantes et synthétise des poisons pour parvenir à ses fins. « Poison d’Amour » est l’occasion de l’introduire en même temps que le procureur Harvey Dent, brièvement aperçu au premier épisode, qu’elle fait tomber sous son charme afin de se venger de la construction d’une prison sur une terre qui abritait une fleur en voie de disparition. Dans « Éternelle Jeunesse », sa folie la pousse à attirer de riches industriels responsables d’abattages d’arbres dans une cure d’où la substance les transforme en végétal à leur insu.

De très jolis effets visuels provoqués par le poison.
Une procréation glauque digne des meilleurs épisodes de Chair de Poule.

« Le Jardin d’Enfants » fait office de belle conclusion tandis qu’elle semble mener une vie rangée avec son psychiatre et leurs deux enfants. Bien plus effrayante, la réalité dévoile qu’elle crée des plantes humanoïdes à l’espérance de vie réduite afin de compenser sa stérilité. Mourant alors symboliquement en fondant par l’intermédiaire d’une doublure végétale, Pamela s’enfuit à bord d’un avion, une larme coulant sur la photo représentant la famille humaine qu’elle aurait aimé avoir. Il faut attendre l’épisode « Harley et Ivy » pour que la comparse du Joker souligne son nom de plante, dévoilant partiellement sa dénomination d’origine « Poison Ivy ».

Une mort symbolique qui rend hommage à la folie de l’Empoisonneuse.
Une amitié prégnante qui perdurera même après l’accident.

Dans la série des origin stories, Double Face témoigne d’une histoire particulièrement marquante avec l’épisode « Double Jeu ». Après avoir été guéri du baiser de l’Empoisonneuse, Harvey Dent se mesure au parrain de la pègre Rupert Thorne, dont il fait incarcérer plusieurs hommes avant qu’ils ne soient libérés pour vice de procédure. Colérique au point de devenir violent, sa schizophrénie prend le dessus quand il se fait brûler la partie gauche du visage par une explosion, devenant ainsi Double Face. Terriblement affecté par l’accident de son ami, Bruce se sent d’autant plus coupable de la situation qu’il fait un cauchemar durant lequel Harvey lui demande pourquoi il ne l’a pas sauvé en chutant d’un pont, faisant directement écho à la culpabilité qu’il ressent pour ne rien avoir pu faire pendant le meurtre de ses parents.

Un vision horrifique qui marque fortement la première partie de l’épisode.
« Je m’appelle Double Face maintenant, et voici mon royaume : une dichotomie d’ordre et de chaos. »

Partagé entre sa nouvelle vie de criminel et l’affection qu’il porte encore à sa petite amie Grace, Double Face n’agit plus que selon le côté sur lequel retombe sa pièce de monnaie, véritable point faible sans lequel il se trouve incapable de prendre une décision. Présent dans plusieurs épisodes aux côtés d’autres méchants, il réapparaît notamment dans « Jeux d’Ombres », diptyque à l’intrigue bien ficelée qui a pour principal intérêt d’introduire le personnage de Batgirl face à un policier corrompu. Sa dernière prestation se situe dans « La Seconde Chance », où Harvey connaît un espoir de guérison tandis que son autre personnalité organise son propre kidnapping afin de ne pas disparaître.

 

 

« – Fais gaffe toi je t’ai à l’œil ! – Le blanc ou le jaune !? »
Un charisme certain en dépit de sa folie moindre.

Diablement valorisé par Danny DeVito dans Batman Returns, Oswald Cobblepot alias le Pingouin revient dans la série animée parmi les principaux antagonistes. Animalisé à la fois par sa voix, son visage et sa manière de s’exprimer, il se contente généralement de méfaits visant à obtenir de l’argent, mais peut aussi se montrer particulièrement dangereux. S’il parvient à neutraliser Batman au point qu’il se fasse aider par un enfant apprenti-détective dans « L’Œuf du Pingouin », l’épisode « Le Super Mécanicien » lui permet de faire trafiquer la Batmobile afin de se débarrasser du justicier. Pire encore, dans « Ombres et Ténèbres », Bruce est aveuglé par une explosion et se retrouve atteint d’une cécité, le plaçant alors dans la peau d’une véritable chauve-souris. Équipé d’un casque lui permettant d’avoir une vision partielle à rayons infra-rouges, Batman se retrouve alors en grande difficulté face à cet ennemi en apparence classique. Cherchant à réintégrer la société dans « Monsieur Pingouin », Oswald se retrouve également confronté au mépris de la classe des riches, ce qui le pousse à redevenir criminel alors qu’il souhaitait vraiment se ranger.

Un ersatz de romance au service du scénario.
« Voyons réfléchissez Batman : ne plus jamais se promener un jour d’été, ne plus jamais sentir un vent chaud sur votre visage ni une petite main tiède dans la vôtre. Oh oui, je tuerais volontiers pour ça… »

Personnage assez peu sérieux dans les comics, Mr Freeze gagne une origin story des plus tragiques dans la série animée. Durant l’épisode « Amour on Ice », on apprend que le docteur Victor Fries a cryogénisé sa femme atteinte d’une maladie incurable le temps de trouver un remède. Son employeur étant plus soucieux de ses dépenses illégales que du sort de sa femme, il le pousse accidentellement dans les produits chimiques qu’il utilise, si bien que Freeze doit désormais porter un costume qui maintient sa température en-dessous de zéro degré Celsius pour survivre. Dénué de pratiquement tout sentiment dans un véritable cœur de glace, il provoque toutefois une puissante émotion lorsqu’il évoque les moments qu’il ne pourra plus revivre avec sa femme à cause de ce qu’il a subi. Un épisode touchant auquel succède « La Cité Congelée » à la fin de la série, dans lequel un milliardaire ayant récupéré le corps de Nora Fries tente de convaincre Freeze de lui obtenir l’immortalité et de plonger le monde dans une nouvelle ère glaciaire. Un passif tragique qui trouve son dénouement dans le long métrage Batman & Mister Freeze : Sub-Zero.

« Vous suppliez… Dans mes cauchemars, je vois ma Nora chérie derrière la vitre, je la vois qui me supplie avec ses beaux yeux glacés. Vous ne pouvez pas savoir comme j’ai langui de vous voir avec le même regard glacé… »
Une vision macabre renforcée par le reflet du rétroviseur.

Personnage victime de cruauté le plus marquant de toute la série, Gueule d’Argile possède un background particulièrement glauque. Acteur à succès au visage ravagé par une horrible maladie, Matt Hagen reçoit une crème pharmaceutique par l’industriel Roland Daggett, qui lui permet de retrouver son ancien visage et même de le modeler à volonté. Mais la dépendance s’installe vite et Daggett l’oblige à faire des tâches peu recommandables pour lui fournir du produit, jusqu’au jour où il échoue dans une mission où il doit voler des documents à Lucius Fox en se faisant passer pour Bruce Wayne. Tout aussi cyniques que lui, les hommes de Daggett lui font ingurgiter une forte quantité de crème qui le transforme en une monstrueuse créature d’argile. Sa vie étant ruiné, il profite donc de ses pouvoirs pour se venger des responsables dans « Bas les Masques », titre qui fait efficacement le lien entre sa carrière d’acteur et sa nouvelle capacité à prendre l’apparence de qui bon lui semble. Entre rage éclatante et cruelle tragédie, Gueule d’Argile est un personnage profond qui termine ce double épisode par une mise en scène des plus bluffantes où il simule la mort afin de mieux s’enfuir.

« Je ne savais pas ce que j’aurais donné pour jouer une scène comme celle-là. C’est bête que je ne puisse pas… lire les critiques. »
Un adversaire effrayant de bout en bout.

On le retrouve plus tard dans « Bain de Boue », durant lequel son corps en dégénérescence est pris en charge par une scientifique tombée amoureuse de lui lors du tournage d’un de ses films. Moins réussi que son origin story mais pas moins alarmant, cet épisode le montre terriblement affaibli, comme en témoigne sa voix grave qui n’a plus grand-chose d’humain. Tentant de dérober un polygène mutant pour retrouver son apparence normale, il est stoppé par Batman et finit par se dissoudre dans l’eau suite à un violent affrontement, devenant ainsi un des rares personnages qui meurent pour mieux marquer la fatalité de sa nouvelle existence.

Une fin terriblement triste, marquée par la plongée et le regard du personnage.
L’homme contre la bête !

Reptile humanoïde connu sous le nom de Killer Croc dans les comics, cette créature fait sa première apparition dans l’épisode « Vendetta », en se faisant passer pour Bullock pour l’enlèvement de deux hommes ayant témoigné contre lui. Si le suspense sur l’identité du coupable est efficacement maintenu, le spectateur n’a toutefois aucun élément pour deviner que Croc est derrière tout ça, étant donné qu’il ne connaît pas encore le personnage. Après que Batman parvient étrangement à se faire passer pour lui dans « Il s’en est fallu de peu », on le retrouve à bord d’un train pour un transfert en prison, duquel il s’échappe pour atterrir dans une ferme où vivent d’anciens membres d’un « Cirque Infernal », tout comme lui victimes d’une malformation. Épisode intéressant dans le sens où un des membres lui dit qu’ici chacun peut rester soi-même, ce qui finit par causer sa perte lorsqu’il révèle sa vraie nature à l’arrivée de Batman.

Un psychopathe à peine camouflé !
Un épisode fascinant sur l’univers d’Alice au Pays des Merveilles !

Antagoniste des plus fascinants de l’univers de Batman, Jervis Tetch apparaît comme scientifique travaillant pour Wayne Enterprises mettant au point un dispositif permettant de contrôler toute personne à qui le porte sur la tête. Peu reconnu pour ses travaux et obnubilé par une jeune secrétaire blonde du nom d’Alice, sa fascination pour Alice au Pays des Merveilles le pousse à se vêtir comme le Chapelier Fou et à mettre au point des cartes à jouer pour contrôler son entourage. Après un caméo comique dans la prison du « Joker Fou », il effectue son retour dans « Les Poupées Maya », dans lequel il utilise l’aristocrate Veronica Vreeland pour distribuer de petites poupées censées faciliter le sommeil, avec un suspense bien maintenu sur son identité. Suite à sa prise de contrôle de l’ensemble du personnel de l’asile dans l’épisode « Procès », il se fait subtiliser son dispositif par le Joker dans « Crise de Rire ».

« Un, deux… un, deux… et la voilà enfin la lame vengeresse qui effaça son sourire. Le laissant pour mort, il galopa vers la sortie la tête sous le bras !  »

 

« Vous êtes le héros d’une belle histoire : on vous aime, vous avez une famille, vous êtes riche, vous possédez tout ce que vous désirez. Rien ne manque à votre bonheur, Monsieur Wayne ! »

Mais l’épisode le plus poussé de ses ambitions est de très loin « Rêve ou Réalité », dans lequel il plonge Bruce dans un coma lui donnant l’illusion de vivre la vie qu’il a toujours rêvée. C’est ainsi qu’il se trouve fiancé à Selina Kyle, comme s’ils avaient toujours voulu abandonner leurs masques pour vivre une vie rangée et heureuse. Plus troublant encore, Thomas et Martha Wayne sont toujours en vie, et Bruce voit de ses propres yeux Batman sauver des vies dans les rues de Gotham. C’est en voyant des livres aux contenus incompréhensibles qu’il est convaincu d’être plongé dans un rêve et décide d’attirer Batman à lui, persuadé qu’il est derrière tout ça. Un affrontement dantesque qui met Bruce Wayne face à son identité masquée, avec un suspense haletant conservé pour l’implication du Chapelier Fou. S’il s’agit sans nul doute du meilleur épisode de la série, il est dommage qu’il n’ait pas eu droit à un traitement plus approfondi, dans un double épisode ou même un long métrage tellement il y aurait eu à creuser sur la psychologie de Bruce Wayne.

Un adversaire redoutable qui met la matière grise à rude épreuve.
« Le jeune collègue de Batman est un petit malin, mais il lui manque des données ! »

Concepteur de génie imaginant toutes sortes de casse-têtes, Edward Nygma se fait malencontreusement renvoyer par son patron peu scrupuleux pour ne pas avoir à lui verser de royalties sur son jeu vidéo « L’Énigme du Minotaure ». Bien décidé à se venger, il devient alors l’Homme Mystère et le piège pour le kidnapper, amenant Batman et Robin dans un labyrinthe renvoyant à la mythologie grecque dans lequel un Minotaure l’achèvera s’ils ne le sauvent pas à temps. Féru d’énigmes et incapable de s’avouer vaincu face à Batman, il revient dans « Réalité Virtuelle », programme dans lequel il piège l’esprit du commissaire pour obliger les deux justiciers à venir lui faire face sur son propre terrain. Bien que les énigmes soient parfois capillotractées, les épisodes restent cohérents et très plaisants à suivre, jusqu’à son retour tardif dans « La Réinsertion de l’Homme Mystère » où il semble enfin avoir une vie rangée. Mais son désir de coincer Batman reprenant encore le dessus, il ne peut s’empêcher de lui tendre un piège, qui échoue de nouveau dans son incompréhension la plus totale.

« Déplace-toi en respectant les règles, autrement tu ne reverras plus le soleil ! »
« Comme vous l’avez vous-même dit Batman, on se retrouvera et dans pas longtemps… »

Personnage mystique qui fait dériver l’univers de Batman dans le surnaturel, Ra’s Al Ghul est une légende dont le nom signifie « Tête de Démon », qui a pu traverser pas moins de six siècles grâce aux propriétés rajeunissantes du Puits de Lazare. Il est d’abord teasé à la fin de « L’Effet Vertigo », durant lequel Batman fait équipe avec sa fille Talia, pour qui elle découvre une profonde attirance malgré sa trahison au profit de la Société des Ombres. Le double épisode « La Quête du Démon » est l’occasion pour Ra’s de rencontrer Batman afin de le mettre à l’épreuve en organisant un enlèvement de Robin en parallèle de celui de sa fille. Le justicier refusant de lui succéder dans sa refonte radicale de la planète, il tente un dernier plongeon dans le Lazare avant que les effets secondaires ne manquent de lui faire tuer Talia. L’affrontement entre les deux hommes se démarque des combats habituels avec l’infiltration dans une base et un duel à l’épée qui se termine par une nouvelle exposition de Ra’s au Lazare, bien que la fin de l’épisode semble montrer qu’il n’est toujours pas achevé.

Aliéné par le Lazare, Ra’a Al Ghul atteint un degré de folie qui marque un cliffhanger des plus succulents !
Un affrontement épique digne des plus grands duels de l’histoire du cinéma !

Les deux autres épisodes où il apparaît ne valent malheureusement pas les premiers, notamment « Le Tombeau de la Reine » qui entrave les limites de la crédibilité en le plaçant face à une antique reine égyptienne censée détenir le secret de l’immortalité. Bien plus intéressant mais résolument à part, l’épisode « Révélation » fait un bon d’un siècle dans le passé avec pour héros le chasseur de prime Jonah Hex, à la recherche du tyrannique Arkady Duvall pendant la ruée vers l’Ouest. Écoutant cette histoire sur une cassette audio, Batman et Robin découvrent que Duvall est en fait le fils de Ra’s Al Ghul, ayant vécu aussi longtemps car il a été exposé au Lazare dans sa jeunesse. En plus de proposer un scénario atypique, cet épisode montre l’empathie que peut toutefois éprouver Ra’s Al Ghul pour une autre personne, et la tolérance dont fait preuve Batman en acceptant de le laisser vivre auprès de son fils pour ses derniers instants.

« Je vais profiter des années qu’il me reste. Nous aurons le temps de croiser le fer, mais pour l’instant, laissez-moi ramener mon fils… »
Un contraste saisissant entre le ventriloque et son double.

Criminel à la schizophrénie plus marquée qu’un Double Face, Arnold Wesker est un « Ventriloque » timide et peu sûr de lui qui s’est créé une personnalité opposée à travers une marionnette habillée en gangster nommée Scarface, véritable chef d’un petit gang qui sème la terreur à Gotham City. Parvenant l’arrêter en faisant s’opposer les deux personnalités, Scarface fini mitraillé mais Wesker a vite fait d’en fabriquer un autre durant sa peine de prison. Son autre apparition dans « À Pas de Velours » le place face à Catwoman, qu’il utilise pour voler une collection d’animaux empaillés et la faire passer pour responsable tout en profitant des gains. La relation entre Wesker et Scarface est suffisamment aboutie pour qu’on puisse ressentir la terreur et la tristesse qu’il ressent lorsque sa marionnette s’apprête à être détruite, témoignant d’une impossibilité à vivre sans elle. Il réapparaît plus tard auprès d’autres vilains, suite à un rapide plaidoyer lors du procès de Batman, pour témoigner contre « Double Tour », gardien d’Arkham aux méthodes un peu trop abusives.

Des plans faisant ressortir toute la terreur du personnage.
Sous ses airs sauvages, Catwoman est bien plus une alliée qu’elle veut bien le montrer.

Philanthrope animale le jour, mais voleuse la nuit, Catwoman est un personnage récurrent dont les motivations sont souvent incertaines. Tantôt amie, tantôt ennemie, elle semble avoir autant de sentiments pour Batman que Selina Kyle, sa véritable identité, en a pour Bruce Wayne, et vice versa. Apparue dans « Le Chat et la Souris », elle s’oppose d’abord à Batman avant de l’aider face à la terroriste Griffe Rouge, qui tente de répandre un virus mortel si elle n’obtient pas une rançon. Arrêtée par Batman, Catwoman revient dans « La Fièvre des Chats », introduit par un procès qui lui inflige une peine de cinq ans d’emprisonnement avec sursis à condition qu’elle ne reporte plus son costume. À la recherche de sa chatte Isis, elle se retrouve face à un trafic organisé par le professeur Milo et Roland Daggett, qui cherchent à contaminer les habitants de Gotham en répandant des animaux enragés. Un épisode touchant pour l’affaiblissement de Catwoman et la relation forte qu’elle entretient avec les animaux.

Suite à son procès, Selina Kyle ne pourra résister à transgresser la mise à l’épreuve qui lui est imposée.
Sauvée par Batman, le regard de Selina en dit long.

Toujours présente quand il s’agit de la cause animale, on la retrouve dans « Le Tigre de la Nuit », dans lequel un scientifique à l’éthique douteuse la transforme en femme-chat afin de tenir compagnie à d’autres spécimens de recherche. Après une apparition finale dans « Il s’en est fallu de peu » où elle fait face au Joker et à Harley, elle revient « À Pas de Velours » vers ses premières amours mais se fait rapidement doubler par le Ventriloque. Il est alors intéressant de voir son côté sans pitié qui la pousse à détruire la marionnette, tandis qu’elle manipule Batman afin qu’il sauve une statuette de valeur au lieu de l’arrêter. En la voyant de nouveau fuir, le justicier dévoile un visage d’une grande tristesse témoignant de leur impossibilité relationnelle durable. Catwoman apparaît également dans « Le Retour de Batgirl » tandis qu’elle coopère avec cette dernière pour enquêter sur le vol d’une nouvelle statuette en forme de chat. Elle se fait une fois de plus doubler par Roland Daggett, de qui elle veut se venger en le lâchant dans une cuve d’acide, montrant une fois de plus sa manière assez radicale de faire régner la justice.

Un duo aussi emblématique qu’instable.
Parce que les mafieux, ils portent aussi des peignoirs et apprécient les bons feux de cheminée.

Parmi les antagonistes récurrents se trouvent aussi des parrains de la pègre, plus classiques mais non sans charisme. C’est notamment le cas de Rupert Thorne, qui apparaît de nombreuses fois après avoir manqué de se faire tuer par Double Face, dont il est responsable de la défiguration. Odieux à plus d’un titre, il le prouve même dans une guerre de gangs en tentant de piéger son rival Arnold Stromwell, pourtant à deux doigts de la rédemption dans l’épisode « Il n’est Jamais Trop Tard ». « L’Homme qui Tua Batman » est l’occasion de le revoir car c’est à lui que Sid l’Encornet raconte son l’histoire comme quoi il aurait tué Batman, tandis qu’il est l’employeur de « Bane » dans l’unique épisode où l’on voit ce colosse s’injectant du poison pour obtenir une force surhumaine. « Docteur Jekyll, le Retour » propose quant à lui un scénario particulier dans lequel il demande à son frère chirurgien de lui faire une opération difficile pour qu’il évite l’hôpital public. L’occasion de voir que même lorsqu’un médecin renommé comme Leslie Thompkins doit intervenir pour lui venir en aide, il est prêt à tuer pour être sûr qu’elle ne parle pas. Un épisode notamment touchant pour son final, durant lequel Bruce Wayne demande à Matthew Thorne de lui parler de son père, qu’il avait bien connu par le passé.

Face au récit abracadabrant de Sid l’Encornet, Rupert Thorne n’est pas dupe.
Un regard vicelard qui résume toute l’éthique du personnage.

Deuxième mafieux notable de la série, Roland Daggett n’est pas en reste niveau infâmie étant donné qu’il est le responsable de la monstruosité causée à Matt Hagen. De retour pour un « Rendez-vous dans la Rue du Crime », il compte prendre possession d’un quartier pauvre à moitié abandonné en faisant passer une explosion pour un accident. Outre un final touchant durant lequel Leslie Thompkins accompagne Batman déposer des roses là où ses parents ont trouvé la mort, cet épisode démontre l’impunité souvent admise envers les ripoux tandis que Daggett s’en sort tranquillement, faute de preuves contre lui. Sur tous les fronts quand on s’agit de trafic, on le retrouve dans « La Fièvre des Chats » en train d’administrer un virus à des animaux afin qu’ils contaminent les habitants de Gotham et qu’il puisse tirer des bénéfices par la vente d’un vaccin. Après une longue absence, il est enfin arrêté pour de bon dans « Le Retour de Batgirl ».

En manque de preuves matérielles, Batman devra attendre avant de coincer Daggett.
Une intelligence artificielle parmi les menaces les plus importantes de l’univers de Batman.

Hormis ces nombreux criminels récurrents, la série animée comporte aussi des antagonistes qui n’apparaissent qu’une fois, ou deux tout au plus. Certains donnent l’occasion d’un scénario d’une grande richesse, ce qui est le cas d’HARDAC, un superordinateur créé par l’ingénieur Karl Rossum et cherchant à remplacer les humains par des androïdes. Le diptyque « Cœur d’Acier » se veut alors terriblement prenant avec des inspirations cinématographiques efficaces, comme Blade Runner pour les duplicants difficiles à différencier des humains, Terminator pour l’apparence des robots ou encore James Bond pour l’enquête que mène Bruce sur une organisation secrète, son vis-à-vis avec une femme, l’utilisation de gadgets, la course poursuite en voiture ainsi que l’assimilation de Barbara Gordon et de Randa Duane (sosie de Marylin Monroe) à des James Bond girls. Un épisode pointant fortement du doigt les dangers de l’intelligence artificielle et humanisant d’autant plus les personnages qui s’y opposent.

Plusieurs indices menaient déjà à faire déduire que Randa Duane était elle aussi un duplicant.
« Je connais tous tes mouvements, Batman ! »

Quintessence de la création d’HARDAC, « Une Âme de Silicone » place Batman face à son double duplicant, qui se réveille subitement en étant persuadé qu’il est le véritable Batman. Comprenant finalement d’où il vient, il compte terrasser les humains à lui seul et son opposition avec Batman explore toute l’humanité que peut contenir un androïde brillamment programmé. Karl Rossum le fait pourtant douter en lui disant qu’il n’est constitué que de données censées imiter son modèle et qu’il ne peut se souvenir de moments précis comme son premier baiser, sa chanson préférée ou encore la première fois qu’il a mangé un vrai steak. Tandis qu’il s’apprête à tuer Batman, ce dernier lui rappelle qu’il ne peut se résoudre à prendre une vie car il porte la même éthique que lui, et parvient à le vaincre en lui faisant croire qu’il l’a précipité dans le vide. Un bien triste sort pour une machine qui n’avait rien demandé et qui ne savait déjà plus où elle en était lorsqu’elle se présentait devant Alfred avec ses circuits abîmés.

« Après tout, c’était peut-être plus que du câblage et du microprocesseur. Peut-être avait-il aussi une âme, Alfred. Une âme de silicone, certes, mais une âme… »
« Ce n’est pas à moi de rendre la justice, c’est l’affaire des tribunaux. Mais il y a des moments… il y a des moments où je meurs d’envie de faire ce travail moi-même ! »

Non moins marquants, les autres vilains assurent toute la variété des criminels auxquels Batman doit faire face. Parmi les premiers épisodes, on trouve par exemple un homme déguisé en pirate qui se proclame roi des égouts en réduisant « Les enfants de la nuit » en esclavage. « Les oubliés du nouveau monde »  met en scène la parfaite caricature du chef odieux et antipathique qui kidnappe des habitants pour les faire travailler à la mine. Un épisode dans lequel Bruce devient amnésique suite à un coup sur la tête, avant de se souvenir qui il est lors de l’évocation de la famille d’un de ses camarades. Outre un père qui joue « L’homme invisible » pour approcher sa fille qu’il n’a normalement pas le droit de voir pour cause de dangerosité, ou encore un médium qui tente des escroqueries en se faisant passer pour un prophète, Batman a également à faire à un certain Josiah Wormwood, interrogateur aux méthodes peu scrupuleuses et féru de casse-têtes servant à annoncer la venue prochaine de l’Homme Mystère.

« Allez donnez-moi votre cape et votre masque, s’il vous plaît ! »
Un peu trop à cheval sur l’heure, Temple Fugate ne peut pardonner au maire.

Obnubilé par la ponctualité, le « Roi du Temps » n’en est pas moins coriace avec ses pièges et son habileté à l’escrime, en plus d’être un des seuls personnages à en vouloir personnellement au maire de Gotham City pour avoir osé lui faire changer ses habitudes. Le ninja Kyodai Ken rappelle quant à lui certains comics dans sa dualité avec Bruce en tant qu’ancien rival de dojo, marquant ainsi l’entraînement préalable du justicier, que l’on retrouve dans Batman Begins en 2005. Même Maxie Zeus, entrepreneur un peu trop passionné de mythologie grecque déjà apparu dans les comics en 1979, domine la tour d’un épisode du haut de laquelle il compte prouver sa supériorité aux humains. Atteinte d’une hypoplasie systémique, « Baby Doll » est bien mieux exploitée dans son complexe d’être une femme dans un corps d’enfant, réalité vraiment bien rendue lorsqu’elle se voit telle qu’elle devrait être dans un miroir tandis qu’elle cesse d’imiter sa voix d’enfant.

Sous ses airs de sale gosse insupportable, Mary Dahl cache une souffrance réelle.

 

Un psychopathe qui aurait mérité un traitement approfondi.

Psychiatre manipulateur des plus dangereux, Hugo Strange fait une brève apparition avec une machine capable de pénétrer les secrets les plus intimes de ses victimes et d’enregistrer leurs données cérébrales. C’est ainsi qu’il apprend le secret de Brune Wayne, qu’il tente de vendre aux enchères au Joker, le Pingouin et Double-Face. Parmi les derniers épisodes se cachent également Double Tour, gardien d’Arkham devenu criminel à cause de ses méthodes bien trop violentes envers les détenus. Un personnage particulièrement révolté qui pointe du doigt l’inefficacité de la justice et le laxisme des médias, considérant comme responsables les représentants de Gotham City que sont le maire, le commissaire, la journaliste Summer Gleeson et le docteur Bartholomew. Pourvu de nombreux gadgets en rapport avec la détention, il peut se définir comme un nouvel alter ego de Batman qui utilise des méthodes bien plus radicales.

« Le moment est venu de débarrasser Gotham de ses vrais criminels. Toi le chevalier noir, tu les arrêtes. Moi Double Tour, je les enferme ! »
« John, moi aussi je déteste les au-revoir. Amitiés, Zanna. PS : n’oublie pas de m’écrire. »

Parmi les alliés particulièrement touchants de l’homme chauve-souris, on peut enfin retenir Zatanna, fille d’un illusionniste qui avait entraîné Bruce à se défaire de pièges. Après un semblant de romance passée et une fuite soudaine de l’homme, les deux personnages font équipe pour sauver Zatanna d’un complot visant à la discréditer. Un relationnel quasi sentimental se dégage du duo tandis qu’elle comprend qui se cache sous le masque, jusqu’à un final magique symbolisant la douleur d’un nouvel au revoir suite à des retrouvailles. Mieux encore, un des meilleurs épisodes montre la coopération entre Batman et Simon Trent, ancien interprète du Fantôme Gris, véritable héros du jeune Bruce qu’il admirait devant sa télévision. Importante source d’inspiration pour le futur Batman, le Fantôme Gris refait parler de lui alors qu’un criminel nommé « Le Plastiqueur Fou » opère avec les mêmes méthodes que dans un des épisodes de la série télévisée. Les flashbacks dévoilant le jeune Bruce impressionné aux côtés de son père ainsi que la phrase comme quoi il ne manquait pas un seul de ses épisodes, qu’il prononce une fois en Batman et une autre fois démasqué, procure un affect particulier au personnage.

« – Quand j’étais petit, je ne ratais jamais un seul de vos épisodes, le Fantôme Gris était mon héros. – Non, c’est vrai ? – Oui, et il l’est toujours. »

 

Un doublage d’anthologie

 

Doubleur de légende qui prêtait aussi sa voix à Harrison Ford et Jeff Goldblum.

Si la série animée Batman a tant marqué son époque, c’est aussi pour la qualité de ses doublages français, même s’il était courant que certains personnages changent de voix en cours de route. Parmi ces doubleurs de renom, il faut bien sûr nommer le chrismatique Richard Darbois (Albator 78, Le Génie d’Aladdin, Buzz l’Éclair de Toy Story), qui prête sa voix à Bruce et Batman, mais aussi à Thomas Wayne. Connu pour son doublage du Chapelier Toqué dans Alice au Pays des Merveilles et de Grippe-Sou dans le téléfilm Ça – Il est revenu, l’inimitable Jacques Ciron assure ici le rôle d’Alfred, comme il prêtait déjà sa voix à Michael Gough dans les films Batman de 1989 à 1997. Le timbre grave de Jean-Claude Sachot sert quant à lui le commissaire Gordon, mais aussi Bane, Killer Croc dans sa première apparition et la plupart du temps Scarface. Célèbre pour son interprétation du générique de South Park et ses rôles de Jimmy et M. Mackey, Gilbert Lévy prête principalement sa voix à l’inspecteur Bullock.

La voix parfaite du majordome !
Le regretté Pierre Hatet, qui nous a offert un Joker d’anthologie.

Voix cinglante reconnaissable à des kilomètres, Pierre Hatet (VF de Christopher Lloyd) excelle dans son interprétation du Joker et offre à Roland Daggett un style encore plus vicelard après son apparition dans « Bas les Masques ». Connu pour ses interprétations d’Homer Simpson, de M. Peabody dans Junior le Terrible et voix officielle de Danny DeVito depuis Batman Returns, Philippe Peythieu assure une voix difforme pour le Pingouin, en plus de Kirk Langstrom et d’Ubu. Quant à Hervé Bellon, son doublage va à Harvey Dent et aux premières apparitions de Double Face, en plus de Simon Trent aka le Fantôme Gris. Percutant dans son rôle de l’Épouvantail, Vincent Violette est également derrière Edward Nygma (c’est d’ailleurs lui qui double Jim Carrey dans Batman Forever) pour ses deux premiers épisodes, ainsi que le Chapelier Fou dans « Les Poupées Maya ». Connu pour avoir doublé Jean-Claude Van Damme par quatre fois (dont Bloodsport) ainsi que les personnages de Tommy, Jadeite et Kunzite dans Sailor Moon, François Leccia prête une voix rocailleuse à Matt Hagen et Gueule d’Argile.

Philippe Peythieu et Véronique Augereau, un charmant couple notamment connu pour Homer et Marge Simpson.
Mélangez de l’Épouvantail à de l’Homme Mystère avec un soupçon de Chapelier Fou : vous obtenez Vincent Violette !

Doubleur officiel de Jack Nicholson, Anthony Hopkins et Dupond dans Les Aventures de TintinJean-Pierre Moulin joue ici le rôle de Rupert Thorne dans ses premières apparitions. Dans la série des méchants secondaires, Roger Crouzet (Joe Pesci dans L’Arme Fatale) prête sa voix terriblement pincée à Fugate, Milo dans « Le Loup-Garou » et Sid l’Encornet. On trouve également Jean-Pierre Leroux (Yvan et Henki dans l’animé Fly) et son rire éclatant pour le Roi des Égouts, le Chapelier Fou dans « Rêve ou Réalité », Josiah Wormwood ainsi que Milo pour « La Fièvre des Chats ». Voix grave prononcée à ses heures perdues (en témoigne le doublage de Kano dans Mortal Kombat), Mario Santini assure aussi bien la première voix du maire, Boss Biggis dans « Les Oubliés du Nouveau Monde », le Chapelier Fou dans « Le Pays des Merveilles », Tygrus dans « Le Tigre de la Nuit », Montague Kane dans « Zatanna » et Scarface dans « Le Ventriloque ». Voix de Pat Hingle dans trois films Batman ainsi que Dupont et le professeur Siclone dans Les Aventures de Tintin, Yves Barsacq exagère son accent pour les besoins d’Hugo Strange, tandis que Gérard Rinaldi (Ratigan dans Basil Détective Privé, Dingo depuis 1990) double « L’Homme Invisible », Maxie Zeus, Rhino dans « Le Ventriloque » et Jonah Hex dans « Révélation ».

« Salut ma belle, je t’ai beaucoup manqué ? »
Une voix bien plus valorisante que celle de Dorothée Pousséo dans les dernires interprérations d’Harley.

Les voix de femmes ne sont pas en reste avec Véronique Augereau (Marge Simpson) qui prête la sienne à l’Empoisonneuse dans ses premières apparitions, Catwoman à partir de « Il s’en est fallu de peu », Veronica Vreeland à deux reprises ainsi que Randa Duane dans la première partie de « Cœur d’Acier ». La plus emblématique est sans doute Kelvine Dumour, dont la voix aussi perçante que charmante sied parfaitement à Harley Quinn, en plus de ses doublages de Grace, Candice et Alice. Régine Teyssot, connue pour la plupart des voix féminines des Simpson, assure quant à elle la voix de Baby-Doll et quelques interprétations de Summer Gleeson et de Renee Montoya. Virginie Ogouz (Irma dans Tortues Ninja, Nanou et Molly dans Sailor Moon) adopte une voix plus enjouée dans la rôle de Zatanna, tandis que Lita Recio (Cruella dans Les 101 Dalmatiens, Mme Mim dans Merlin l’Enchanteur et la Castafiore dans Les Aventures de Tintin) double Leslie Thompkins.

Une voix chaleureuse parfaite pour Zatanna !

 

Des défauts plutôt mineurs

 

La première voix de Talia lui convenait pourtant parfaitement.

Aussi excellente soit-elle, la série animée Batman n’est pourtant pas dénuée de défauts qui viennent ternir plus d’un détail. Comme souvent dans les années 90, l’organisation des doublages était assez calamiteuse et provoquait de nombreux changements de voix, commencer par Talia et Ra’s Al Ghul, qui n’ont tout simplement jamais le même doublage à chacune de leur apparition. Il en est de même pour Mr Freeze, appelé « Freezer » par Batman la première fois qu’il le voit, alors qu’il ne pouvait en plus pas connaître son nom. Le diptyque « Cœur d’Acier » est également le théâtre de changement de doublage pour Randa et HARDAC d’un épisode à un autre, ce dernier s’appelant à l’origine « ODRAH » dans la première partie.

Dans la seconde partie de « Cœur d’Acier », Laurence Crouzet doublait aussi Randa.
Une fin volontairement élusive pour marquer la mort de Matt Hagen ?

Si certaines fins d’épisode prennent le temps de conclure leur scénario (« Épouvantable Épouvantail », « Fugue en sol Joker », « Bas les Masques », « L’Effet Vertigo »), nombre d’entre elles s’avèrent assez abruptes (« Le Maître de l’Épouvante », « Le Roi du Temps », « Bain de Boue ») et parfois accompagnées d’un jeu de mots téléphoné (« Je suis là pour remettre les pendules à l’heure, Fugate. ») , altérant ainsi l’appréciation de leur épilogue. L’humour laisse d’ailleurs bien souvent à désirer entre les jeux de mots capillotractés de Robin (« On peut dire que tu sais manier la batte, man ! »), les tentatives de blague de Bullock (« On nous chante pas un petit air de blues, monsieur le jazzman ? ») et les derniers fonds de tiroir du Joker (« La vengeance est un plat qui se mange froid Batman, mais ça ne t’empêchera pas de finir en hot-dog, vieille saucisse ! »).

« Pas de panique, j’ai la clé du problème ! »
Un adieu qui aurait pu être définitif.

L’ordre officiel des épisodes est également bien souvent loin d’être idéal : si les premiers introduisent efficacement les principaux personnages, d’autres ont un placement plus que discutables. Outre des soucis déjà évoqués comme le suspense de « Vendetta » qui tombe à l’eau dans le sens où le spectateur ne connaît pas encore Killer Croc, il est étonnant que « Double Jeu » soit placé juste avant « Il n’est jamais trop tard » alors que ce dernier semble introduire le personnage de Rupert Thorne, sans aucune mention d’une précédente rencontre et encore moins de la défiguration d’Harvey Dent. De loin l’épisode le plus sombre avec le Joker, « Heureux comme un Poisson dans l’Eau » laisse complètement tomber l’intrigue qui entrevoit sa mort alors qu’il aurait mérité de marquer sa dernière apparition pour laisser place au doute avant un retour surprise dans Batman contre le Fantôme Masqué, durant lequel il est tout aussi terrifiant. « Le Retour de Batgirl » est quant à lui censé être le tout dernier épisode, alors qu’il ne conclut rien de plus que l’histoire de Roland Daggett, enfin en état d’arrestation. Vu son potentiel scénaristique énorme, « Rêve ou Réalité » arrive bien trop tôt et aurait pu conclure la série par la lobotomie la plus dangereuse que Bruce Wayne ait subie.

Quelle meilleure fin que voir Bruce Wayne face à son double le plus perturbant ?

 

Postérité

 

Une rupture marquée par la séparation entre Batman et le premier Robin.

En 1997, une nouvelle série animée vient prendre la suite avec Batman the New Adventures, qui propose vingt-quatre épisodes supplémentaires pour approfondir les intrigues. Loin d’être inintéressante, elle peut rebuter par son design simplifié, bien que certains méchants comme l’Épouvantail ait un nouveau costume plus sombre, mais comporte néanmoins une animation plus fluide. La plupart des antagonistes y réapparaissent pour un ou deux épisodes et de nouveaux méchants secondaires comme Pyrovol permettent de varier les situations. On y voit notamment la rupture entre Batman et Dick Grayson, qui décide de faire cavalier seul avec un nouveau costume sous le nom de Nightwing, faisant de Batgirl la principale coéquipière de Batman. Un tout jeune Robin le remplace alors, Tim Drake, qui est en fait le troisième des comics, Jason Todd ayant été éludé à l’époque en raison de la violence de son background.

Une pendaison qui a mal tourné ?
Les origines d’Harley enfin révélées !

Certains épisodes sortent clairement du lot, tel « Amour Fou » qui dévoile comment Harleen Quinzel, alors psychiatre du Joker, s’est épris de son patient et est devenue Harley Quinn. S’il manque toujours une réelle conclusion à la série, l’épisode « Règlement de Compte » aurait été parfait pour cela grâce au scénario terriblement dramatique qu’il impose en mettant violemment en scène la plus grande peur de Batgirl. Barbara craint en effet que son père découvre son identité masquée et en veuille ainsi à Batman de la laisser risquer sa vie à ses côtés. Alors qu’elle effectue une chute mortelle, Gordon découvre l’identité de Batman et se lance à sa poursuite afin de l’arrêter, estimant qu’il n’est finalement qu’un maniaque aussi dangereux que les criminels qu’il combat. Terriblement puissant, cet épisode est radouci par sa fin qui dévoile que tout ceci n’était qu’un cauchemar dû au gaz de l’Épouvantail, mais à l’immense mérite de montrer comment tout cela se terminerait si les choses venaient à mal tourner.

Un scénario déchirant qui aurait pu faire office d’excellent épisode final.
Relativement méconnu, le long métrage animé mettant en scène Batwoman accompagne quant à lui la série de 1997.

Avant la production des derniers épisodes de la première série animée, un long métrage sort au cinéma fin 1993 aux États-Unis puis l’année suivante directement en vidéo en France sous le nom de Batman contre le Fantôme Masqué, plaçant le chevalier noir face à un alter ego qui n’hésite pas à tuer des membres de la pègre pour anéantir le crime à Gotham City. Excellent de bout en bout, il dévoile également comment Bruce Wayne s’est construit sa deuxième identité, en parallèle d’une romance brillamment liée à l’intrigue principale. En 1998 sort un deuxième long métrage intitulé Batman & Mr Freeze : Sub-Zero. Faisant suite aux épisodes dans lequel Victor Fries tente de trouver le moyen de guérir sa femme cryogénisée, il conserve les dessins d’origine bien que paru après The New Batman Adventures. Adapté de toutes les manières inimaginables, l’homme chauve-souris a vu son héritage en série animée avec Batman la Relève en 1999, faisant endosser un costume futuriste au lycéen Terry McGinnis, épaulé par un Bruce Wayne bien trop vieux pour continuer à combattre. S’ensuivra la série The Batman en 2004, qui reprend les débuts de l’homme chauve-souris avec un jeune Bruce Wayne confronté à ses ennemis traditionnels.

Si elles n’atteignent pas le niveau de la série de 1992, elles conservent néanmoins une narration policière efficace.
Jeux très inégaux, mais magnifiques jaquettes !

Les adaptations en jeux vidéo ne sont pas en reste avec pas moins de cinq versions différentes, à commencer par le sympathique Batman the Animated Series, sorti sur Game Boy en 1993. Sous le titres The Adventures of Batman & Robin, les plus connues sont les versions Mega Drive et Super Nintendo, toutes deux très différentes. Cette dernière est de loin la meilleure avec un jeu d’action plates-formes en huit niveaux reprenant plusieurs passages d’épisodes précis et des affrontements face à un large panel de méchants dans une fidélité bluffante. La version Mega Drive mise quant à elle sur l’action dans un run’n gun jouable à deux à coups de batarang. Très jolie et jouissive dans ses premières minutes, elle s’avère vite répétitive et atrocement difficile en avançant. Composée de seulement quatre niveaux, elle laissait pourtant un peu de place au Chapelier Fou et à Mister Freeze, absents de la version Super Nintendo. Sur Mega CD, le joueur contrôle uniquement la Batmobile et la Batwing dans des niveaux entrecoupés de cinématiques formant le fameux épisode perdu de la série animée. Alléchante si on se fie à sa jaquette, la version Game Gear est néanmoins d’une nullité à toute épreuve, la faute à un très mauvais level design et à des musiques insipides qui font penser à tout sauf à Batman.

 

Emmanuel Delextrat

Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j'ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La soupe aux choux, mais aussi de nombreux dessins animés (courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo ; longs métrages Disney avec Alice au pays des merveilles en tête ; animés japonais avec Sailor Moon et Dragon Ball Z ; j'aime aussi particulièrement Batman et Tintin). Mes années 90 ont été bercées par les comédies de Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête), ou d'autres films que j'adore comme Les valeurs de la famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à tout prix). C'est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par The Dark Knight, Casino Royale, Dragon l'histoire de Bruce Lee ou encore Rambo. Collectionneur, j'attache de l'importance au matériel et j'ai réuni deux étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Il va sans dire qu'il m'en reste encore beaucoup à voir...

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