Depuis 2025
Format 60 min
Genre Drame, Epouvante-horreur, Fantastique, Science Fiction, Thriller
Titre original : The Institute
Créée par Jack Bender
Avec Joe Freeman, Ben Barnes, Mary-Louise Parker
Nationalité U.S.A.
Musique
Synopsis
Kidnappé,...
Depuis 2025
Format 60 min
Genre Drame, Epouvante-horreur, Fantastique, Science Fiction, Thriller
Titre original : The Institute
Créée par Jack Bender
Avec Joe Freeman, Ben Barnes, Mary-Louise Parker
Nationalité U.S.A.
Musique
Synopsis
Kidnappé,...
Sortie 24 avril 2026 sur Netflix
Durée 1h 35min
Titre original Apex
Genre Action, Thriller
De Baltasar Kormákur
Avec Charlize Theron, Taron Egerton, Eric Bana
Nationalité Etats-Unis
Musique Hogni Eglisson
Synopsis
Alors qu'elle...
Depuis 2025
Format 60 min
Genre Drame, Epouvante-horreur, Fantastique, Science Fiction, Thriller
Titre original : The Institute
Créée par Jack Bender
Avec Joe Freeman, Ben Barnes, Mary-Louise Parker
Nationalité U.S.A.
Musique
Synopsis
Kidnappé,...
Depuis 2025
Format 60 min
Genre Drame, Epouvante-horreur, Fantastique, Science Fiction, Thriller
Titre original : The Institute
Créée par Jack Bender
Avec Joe Freeman, Ben Barnes, Mary-Louise Parker
Nationalité U.S.A.
Musique
Synopsis
Kidnappé,...
Sortie 24 avril 2026 sur Netflix
Durée 1h 35min
Titre original Apex
Genre Action, Thriller
De Baltasar Kormákur
Avec Charlize Theron, Taron Egerton, Eric Bana
Nationalité Etats-Unis
Musique Hogni Eglisson
Synopsis
Alors qu'elle...
Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…
Date de sortie : 23 août 2019 (Japon), 16 janvier 2020 (Netflix) Réalisateur : Yoshiyuki Momose Doubleurs VO : Kento Yamazaki, Mackenyu Arata, Mei Nagano, Mamoru Miyano Genre : Animation Nationalité : Japonais Compositeur : Joe Hisaishi
Une fracture sociale d’emblée mise en avant.
Suite à deux RPG japonais sortis en 2010 et 2018, Ni No Kuni (en japonais « second pays ») est adapté en animé par Yoshiyuki Momose, déjà derrière les deux jeux vidéo et grand habitué du studio Ghibli. Scénarisé par le fondateur du studio de développement Level-5 Akihiro Hino, le film doit ses musiques à Joe Hisaishi, cofondateur de Ghibli et connu pour avoir composé les mélodies de la plupart des films de Hayao Miyazaki. L’intrigue se développe autour de trois adolescents : le protagoniste Yu, qui se déplace en fauteuil roulant, son meilleur ami Haru et leur amie d’enfance Kotona envers qui il semble avoir des sentiments. Alors que cette dernière se fait poignarder par un mystérieux assassin semblant venir d’un autre monde, Yu et Haru se retrouvent propulsés dans un univers parallèle en tentant de la sauver.
Une des rares scènes pouvant rappeler la maturité des productions Ghibli.Des personnages corrects au background peu étoffé.
Nommé le royaume d’Evermore, cet autre monde abrite des personnages liés à ceux de leur époque, notamment la princesse héritière qui ressemble étrangement à Kotona. Tandis qu’un complot semble se dessiner, et comprenant qu’une personne qui meurt dans un monde disparaît aussi dans l’autre, Yu et Haru, alors devenus chevaliers, vont tout faire pour sauver leur amie. Transporté dans un univers proche du médiéval, le film s’auréole d’une animation très correcte, soutenue par quelques mouvements bien réalisés en images de synthèse. Des petites créatures apparaissent ici et là, tandis que le rendu des plus grandes est formaté à des CGI très moyennes. Les personnages sont plutôt bien écrits bien que peu originaux, notamment le ministre de la magie Yoki, dont le passé pourtant intéressant manque de background.
La complicité entre Yu et Haru dans toute sa splendeur !Un design assez… discutable.
Agréable à suivre, le scénario se veut cependant très classique à cause de thématiques sous-exploitées. Le triangle amoureux entre les trois protagonistes s’en tient au minimum et la dualité entre les deux adolescents tombe vraiment comme un cheveu sur la soupe. Il y aurait pourtant eu moyen d’aborder les difficultés de la paralysie dans le contexte de l’amour ou encore les dangers de la jalousie provoquée par une telle situation. Si l’histoire du vieil homme ayant partagé la chambre d’hôpital de Yu dans son enfance respire dans un premier temps le vu et le revu, elle aboutit à une révélation intéressante sur la liaison des personnages et conclut le scénario d’une belle manière. Assez critiqué pour sa comparaison avec les précédents films du studio Ghibli, Ni No Kuni reste toutefois un animé de bonne facture, à la narration simple mais efficace.
Date de sortie : 30 mars 1988 (États-Unis),
14 décembre 1988 (France) Réalisateur : Tim Burton Acteurs principaux : Michael Keaton, Alec Baldwin, Geena Davis, Winona Ryder, Jeffrey Jones, Catherine O’Hara Genre : Comédie horrifique Nationalité : Américain Compositeur : Danny Elfman
« Quel intérêt d’être un fantôme si on ne peut pas lui faire peur !? »
Avec son deuxième film, Tim Burton pose réellement les bases de sa patte artistique déjà aperçue dans des courts métrages comme Vincent et Frankenweenie, avec un univers macabre, parfois poétique, carnavalesque pour sa recrudescence de créatures et bien souvent comique. Voyant son film comme une parodie de L’Exorciste, il met en scène un couple de jeunes mariés qui décèdent subrepticement sur la route en voulant éviter un chien avant d’être contraints de hanter leur ancienne maison, occupée par une nouvelle famille. Si Adam et Barbara sont respectivement joués par Alec Baldwin (Conversations Nocturnes, À la Poursuite d’Octobre Rouge, Malice) et Geena Davis (La Mouche, Thelma et Louise, L’Île aux Pirates), le casting reste des plus alléchants entre Jeffrey Jones (La Folle Journée de Ferris Bueller, Ed Wood, Sleepy Hollow), Catherine O’Hara (After Hours, Maman j’ai raté l’Avion, Wyatt Earp), Winona Ryder (Edward aux Mains d’Argent, Dracula, Le Temps de l’Innocence) et bien sûr l’illustre Michael Keaton (que Tim Burton reprendra pour Batman et Batman Returns) dans le rôle de l’exorciste free-lance qui a la lourde tâche de porter l’essence du film en tant que créature principale fraîchement imaginée.
« Vous savez ce qui arrive aux personnes qui tentent de se suicider ? Dans l’au-delà, on les utilise comme simples fonctionnaires ! »Un casting trois étoiles !
D’abord prévu pour être profondément horrifique, le registre du film a été décalé pour une orientation largement plus comique. En effet, si l’univers respire un fort cachet d’épouvante grâce à l’atmosphère fantomatique dans laquelle se retrouvent plongés les Maitland et à la figure de la vieille maison gardant des secrets jusque dans son grenier avec la maquette d’un cimetière, le tout est saupoudré d’une féroce sauce comique qui inverse le rapport à l’horreur. Ce qui est censé faire peur provoque de ce fait le rire, notamment les métamorphoses faciales d’Adam et de Barbara, leurs mises en scène sanglante pour effrayer les Deetz alors que ces derniers ne peuvent les voir ou encore la dégaine des nombreuses créatures difformes qui règnent dans cet univers parallèle. Le spectateur recherche alors moins sa propre peur que celle des autres personnages, notamment concernant l’emprise que Beetlejuice obtient lorsque son nom est prononcé trois fois de suite.
« Beetlejuice ! Beetlejuice !! Beetlejuice !!! »
Associé à Tim Burton depuis Pee-Wee Big Adventure, Danny Elfman signe une bande originale alliant efficacement le registre horrifique et l’aspect comique, notamment lors de la musique d’introduction ou quand les personnages trouvent le livre de nécrologie. Une des scènes les plus culte du film montre les Deetz complètement envoutés en train de danser autour de leur table sur la musique « Banana Boat Song » d’Harry Belafonte, dans un style complètement décalé repris à la toute fin quand la jeune gothique est en lévitation sur fond de « Jumping the Line ». Avec Beetlejuice, Tim Burton consolide son style artistique dans un film mémorable pour son univers et ses personnages. Michael Keaton marque son premier grand rôle au cinéma avec un jeu d’acteur brillamment déjanté, que le grand sérieux de son futur rôle de Bruce Wayne fera oublier avant que l’on retrouve son registre décalé dans des films comme Jackie Brown, L’Enjeu ou encore Birdman de longues années plus tard.
Après des années d’attente, les fans peuvent enfin tenir le tant espéré Final Fantasy VII Remake entre les mains. Tout du moins sa première partie, car l’ambition de Square-Enix est de ne faire aucun compromis au point de retranscrire l’immense richesse du jeu d’origine dans plusieurs jeux de grande envergure. Retour sur les forces et les faiblesses du premier d’entre eux !
Date de sortie : 31 janvier 1997 (jeu d’origine),
10 avril 2020 (remake) Développeur : Square-Enix Concepteurs : Yoshinori Kitase (réalisateur, scénariste), Tetsuya Nomura (characters designer), Kazushige Nojima (scénariste, event planner), Yusuke Naora (directeur artistique)
Genre : Action-RPG Nationalité : Japon Compositeurs : Nobuo Uematsu, Masashi Hamauzu, Mitsuto Suzuki
Console : PlayStation 4
Nouvelle contreplongée visant à montrer l’immensité des réacteurs Mako.
Espéré par les nombreux fans du jeu d’origine depuis son introduction refaite pour promouvoir les capacités de la PlayStation 3 à l’E3 2005, Final Fantasy VII Remake n’était qu’un pur fantasme tellement Square-Enix disait que non, il n’y avait aucun remake de prévu. La popularité de cet épisode s’était dans un premier temps manifesté par une compilation de plusieurs jeux sur différents supports, d’un film, de nouvelles et même d’un court métrage animé dans les années 2000. Mais l’E3 2015 allait bouleverser à jamais le monde du jeu vidéo avec la fin de plusieurs arlésiennes. Alors qu’une vidéo estampillée Square-Enix semblait montrer un nouveau jeu de la saga Final Fantasy sous la musique d’introduction d’Advent Children, on pouvait d’abord penser au fameux Endless Crisis, épisode final de la compilation finalement annulé. Tandis que le thème de l’introduction de 1997 retentissait avec à l’écran un personnage blond apparaissant de dos muni d’une énorme épée, il était encore difficile d’y croire…
Le cœur du réacteur n°1, magnifiquement retranscrit.
Jusqu’à l’apparition du logo représentant un météore, rapidement suivi d’un son cliquant affichant les lettres « REMAKE », provoquant une extase rarement ressentie de la part des fans, qui n’y croyaient plus depuis très longtemps. Une claque monumentale ayant fait attendre les joueurs pendant près de cinq ans avant que le jeu daigne enfin sortir sur PlayStation 4. Ou du moins sa première partie, car bien conscient de l’ambition et de l’enjeu que représente un tel remake, Square-Enix joue carte sur table en annonçant que le jeu serait scindé en plusieurs parties, non pas à l’image d’un jeu épisodique avec des sessions de quelques heures, mais bien en plusieurs gros jeux. Une excellente idée permettant d’éviter de sortir le titre de manière extrêmement tardive, bourré de bugs et limité dans son contenu. Le 10 avril 2020 (ou techniquement dix jours auparavant), Final Fantasy VII Remake était enfin disponible pour nous faire revivre le premier arc du scénario concentré sur la ville de Midgar, passant ainsi de cinq heures à facilement cinquante heures de jeu avec les quêtes annexes.
Midgar, avant et aprèsIl y a 7 ans, à Nibelheim…
Dès la cinématique d’intro et les premiers instants in game, le constat est saisissant : sans être une claque comme un Uncharted 4, les graphismes à la pointe subliment les plaques métalliques et autres grisailles de la métropole, tandis que la modélisation très détaillée des personnages valorise fortement leur apparence et leur expression. La full 3D offre une impression de grandeur époustouflante, notamment grâce à la grande plaque qu’il est possible de voir depuis n’importe quel lieu extérieur. Seul bémol : certaines textures de décor vraiment datées, notamment les amas de déchets dans les taudis du Secteur 5, heureusement très minoritaires. Les pistes musicales sont nombreuses et apportent de nouvelles mélodies en plus de superbes remix comme « Maze of Scrap Metal », qui dramatise le thème de la Shinra pour l’adapter à une situation de jeu de plusieurs minutes. En plus des disques cachés permettant d’écouter de nouvelles versions de musiques emblématiques, plusieurs pistes de la suite du jeu interviennent à certains passages de l’aventure, comme le superbe thème de la worldmap.
De petits éléments commencent à être révélés dans les lignes qui suivent, les réelles analyses ne se trouvant que vers les derniers paragraphes.
L’occasion du remake est surtout de renforcer le background des personnages, ainsi que d’élargir les lieux visités à travers de nombreux passages jouables supplémentaires. La plupart sont en fait des passages qui, rapides dans le jeu d’origine, ont été fortement rallongées, comme celui des rues du Secteur 8 après l’explosion du réacteur n°1, l’objectif étant de mettre en avant la panique des habitants avec la réaction à chaud des PNJ que l’on croise. Si les tunnels après la fuite du train sont eux aussi rallongés, le plateau du Secteur 4 laisse carrément place à de toutes nouvelles zones, notamment une immense passerelle où l’équipe doit éteindre des projecteurs pour alimenter l’ascenseur leur permettant de se rendre au réacteur n°5. Appelés les « soleils des bidonvilles », ils s’avèrent en réalité être la seule source de lumière des taudis juste en-dessous, ce qui accentue d’autant plus la fracture entre riches et pauvres des habitants de Midgar.
La maison d’Aerith et son jardin sublimé.Un Wall Market avec un cachet différent, un peu trop surfait.
Si la route accidentée du Secteur 6 est elle aussi bien plus longue, elle est le théâtre d’une diversion musicale qui instaure un remix de la musique originale de Wall Market lors de combats contre des brigands, tandis que le bidonville arbore une mélodie bien plus festive, à l’image de son ambiance qui a fortement changé. Avec ses faux airs de blockbuster bourré de PNJ type Assassin’s Creed, la ville a tout de même la mérite de proposer de nouveaux passages, comme le salon de massage et surtout l’arène de Cornéo, qui devient ensuite une importante quête annexe proposant plusieurs combats avec lots à la clé. Outre les égouts et l’ascension des débris du Secteur 7 largement allongés, le laboratoire d’Hojo propose un level design intéressant nécessitant d’alterner entre deux équipes en utilisant le fameux PHS, présent un peu plus tard dans le jeu d’origine.
C’est toujours amusant de voir Cloud traiter Cornéo de gros porc 😀Si cette nouvelle phase en moto manque d’action, celle de fin est tout aussi punchy qu’à l’époque !
En plus de ces nombreux rallongements, on peut noter un retour au Secteur 7 désormais en ruines, mais surtout une petite visite sur le dessus de la plaque pour aller rendre visite aux parents de Jessie, précédée par un tour à moto qui rappelle fortement le mini-jeu sur l’autoroute de Midgar. Une très bonne idée, si ce n’est que ce passage est un peu trop scripté et bien trop rapide, d’autres nouveautés du même genre auraient été bienvenues afin de mieux découvrir la zone supérieure de Midgar.De même, si tous ces nouveaux passages donnent une forte plus-value en enrichissant considérablement le background du jeu ou même d’un point de vue purement ludique, ils restent globalement un peu trop longs. Pour une moyenne de deux heures par passage, une heure ou une heure et demie aurait été bien suffisant. Très à l’ancienne, le level design est en bonne partie composé de nombreux chemins à embranchements menant à des coffres ou à des materias, moyennant pas mal d’interaction avec des décors, comme des leviers, des clés ou encore des objets à casser à l’épée. Il est bien sûr possible de revenir en arrière et plusieurs zones ouvertes viennent varier le tout, à commencer par les bidonvilles et la Tour Shinra.
En plus des environnements entièrement refaits dans la Tour Shinra, une visite guidée relatant l’histoire de la firme enrichit considérablement son background, notamment celui du Président lui-même.Un duo de choc, doublé d’une complicité très appuyée dans le scénario.
Contre toute attente, une des grandes qualités du remake est son gameplay. Si on pouvait penser que Square-Enix casualiserait le tout afin d’être accessible au plus grand nombre, il n’en est rien et les combats se trouvent particulièrement fluides et dynamiques, entre combos directs toujours réalisables et compétences particulières moyennant le remplissage d’une jauge ATB. D’autant que chaque personnage se manie très différemment : Cloud opte pour des coups lourds et brutaux avec son épée broyeuse, Barret est plus lent à esquiver mais très utile pour mitrailler de loin, Tifa est légère et peut s’avérer très puissante grâce à la grande rapidité de ses combos, tandis qu’Aerith fait cette fois-ci jaillir une attaque magique de son bâton en combattant à distance. Présent depuis Final Fantasy XIII dans la saga, le système de choc est ici très bien exploité pour rendre les ennemis les plus coriaces vulnérables. Pas de temps limité stressant et inutile : la jauge ne baisse pas mais il faut trouver les attaques les plus efficaces pour la faire grimper car ça peut être long.
Un combat intense misant sur le spectacle et la grandeur de la machine !Si le triangle amoureux entre ces trois-là n’est plus vraiment présent, on peut se demander comment tout cela a évolué…
Aussi nombreux que variés dans leur style et leur IA, la plupart des ennemis sont issus du jeu d’origine et se reconnaissent aussi facilement que leurs attaques. Les soldats Shinra sont quant à eux clairement séparés en plusieurs catégories, comme les aérocombattants, les bombardiers et même des soldats à bouclier donnant au moins autant de fil à retordre qu’à Solid Snake dans Metal Gear Solid 2. Mieux encore : certains ennemis assez stylés sont devenus de puissants boss, notamment la Maison Infernale issue de la route accidentée du Secteur 6, ainsi que Meistergeist et Éligor qui rend l’atmosphère du cimetière des trains bien plus pesante. Les boss connus sont beaucoup plus impressionnants par leur taille et la mise en scène renforce l’intensité des combats, bien plus longs et découpés en plusieurs phases. Le combat contre l’Aérodestructeur (Briseur de l’Air) est par exemple précédé d’un passage où on choisit lesquels de ses points forts on va amenuiser, tandis que l’hologramme géant d’Heidegger qui commente en même temps rend l’affrontement encore plus dantesque. Si le premier combat face à Reno se trouvait au niveau du pilier du Secteur 7, il intervient cette fois-ci dans l’église, ce qui est assez logique. Rude intervenant plus tôt dans l’histoire, un combat face à lui a également été rajouté et on se retrouve alors face aux deux en même temps au moment du pilier de manière à intensifier l’intrigue du moment.
Reno et Rude, la crédibilité dans l’âme 😀Un design soigné à l’aspect très nippon pour Tseng, qui garde toujours un œil sur la fille pour laquelle il en pince…
Visibles sur les personnages avec les materias incrustées, de nombreuses armes connues du jeu d’origine sont renommées à l’occasion, telles Épée brute (Bord-dur) et Mitrailleuse rotative (Fusil automatique), tandis que d’autres conservent leur nom d’origine, comme Griffes en mithril et bâton de frappe. Il en va de même pour les armures et les accessoires, nombreux et variés. Les armes sont même customisables via des points de compétences acquis après chaque niveau atteint, permettant ainsi d’augmenter les statistiques des personnages ou encore le nombre d’orifices pour materias. Ces dernières sont nombreuses et peuvent se ramasser à plusieurs endroits dans les niveaux, à l’ancienne, avec la sphère de couleur qui brille au loin. Certaines sont classiques et connues (Feu, Soin, Vol, Absorption de PV), et nombreuses sont les retraduites (Remèdes pour Guérir, Vénéfice pour Poison, Chronomancie pour Temps, Analyse pour Sentir, Affinité élémentaire pour Élément base). De nouvelles materias font aussi leur apparition, c’est par exemple le cas de Vent (élémentaire bien plus présent), Turbo ATB (pour booster la jauge en combat), Prière (très utile pour recharger tout le monde à la fois), Résistance aux altérations, PC augmentés, Expertise des objets et Avantage de choc.
Le remake donne enfin les moyens à Square-Enix de rendre Heiddeger aussi fêlé qu’il en avait l’air en 1997 !Disponibles en invocations, les Chocobos sont aussi présents pour effectuer des voyages entre les différentes zones de Midgar.
La materia Techniques ennemies (anciennement Talents ennemis) est également de la partie et permet d’apprendre quatre compétences, notamment Mauvaise haleine (Haleine aigre, appelée Puanteur dans FFVIII, l’infernal pouvoir du Morbol (aussi connu sous le nom de Malboro ou Xylomid) qui inflige toutes les altérations d’état. Absentes de la première partie du jeu d’origine, quelques invocations sont ici bien présentes et ne peuvent intervenir en combat que contre certains ennemis majeurs : il est possible de leur demander d’attaquer avec la jauge ATB, et elles envoient leur attaque ultime avant de repartir. On trouve surtout des représentants de principaux éléments, tels Ifrit (feu), Shiva (glace) et Léviathan (eau). Outre le puissant Bahamut, les invocations Chocobo & Mog et Gros Chocobo sont désormais séparées. Aussi prolifiques que soient les materias, il reste cependant dommage qu’on les trouve si facilement en double voire en triple, sans parler des nombreux distributeurs qui en vendent la plupart, enlevant ce côté sacré de l’objet bien présent en 1997, où chaque materia était potentiellement précieuse.
Assez mélancolique, Reeve est particulièrement bien écrit et devient un personnage plus affirmé. Il semblerait aussi qu’il ait aperçu le Secteur 7 s’effronder du haut d’un toit…Les textes durant les chargement confirment toute l’inutilité de Palmer au sein de la Shinra. Et c’est ce qui le rend encore plus indispensable 😀
Comme tout bon RPG, FFVII Remake possède son lot de quêtes annexes, idéales pour approfondir le background des bidonvilles avec diverses missions confiées à Cloud qui travaille alors comme mercenaire. Assez classiques dans l’ensemble, elles restent toutefois cohérentes avec les lieux et le scénario. Outre les trois alternatives possibles pour les robes portées lors de la visite à Cornéo, des défis intéressants sont proposés par Chadley, un jeune stagiaire qui étudie les materias pour la Shinra. En réunissant plusieurs conditions durant les combats, il fabrique des materias à partir des données récoltées et peut ensuite en vendre des inédites, voire nous obtenir des invocations moyennant des combats en réalité virtuelle. FFVII Remake conserve les mini-jeux qui faisaient toute sa qualité de par la variété de ses situations. L’épreuve du squat est ainsi largement améliorée dans la salle de sport de Wall Market, avec plusieurs adversaires et un gameplay plus précis. Elle est ensuite complétée par une épreuve de tractions, montrant une fois de plus de Tifa en a vraiment dans le ventre. Outre le sympathique jeu de fléchettes dans le bar du Septième Ciel, le brise-boîtes propose un véritable scoring en temps limité avec Cloud qui doit casser le plus de cubes possibles tout en récupérant des chronomètres.
Quelques dialogues à choix peuvent venir influencer la suite des événements.Derrière son caractère implusif, Barret laisse entrevoir de nombreuses autres émotions qui renforcent son personnage.
Gros point fort du jeu, le scénario est enrichi par plusieurs nouveaux passages et dispose notamment d’une narration très moderne donnant lieu à des scènes cinématiques de qualité et à de bons dialogues in game. Malgré une VF parfois assez cheap (Tifa qui s’exclame « J’ai besoin d’une bonne douche ! » ou Aerith « Ça fait du bien quand ça s’arrête ! » en fin de combat), les conversations font très naturelles et on reconnaît aisément les dialogues parfois à peine remaniés de l’opus original. Mention spéciale à Barret, dont on doit les pétages de câbles au comédien Frédéric Souterelle, connu pour son doublage de Wario dans Wario Ware Gold, qui fredonne la mélodie de la victoire en s’exclamant d’un bon gros « TATATATA TA TA TA TATA !! » après certains combats.
Scarlet, toujours aussi cinglée à la tête du développement des armes, peut aussi se montrer très persuasive…Ce serait l’inverse, les gens crieraient au harcèlement^^
Le background des personnages va ainsi bien plus loin, la narration permettant de mieux suivre le quotidien de chacun, à commencer par celui de Cloud qui se voit offert une chambre par Tifa dans un petit motel du bidonville du Secteur 7. Les personnalités de Biggs, de Wedge et surtout de Jessie sont également bien plus approfondies, cette dernière n’hésitant pas à draguer ouvertement Cloud, à sauter dans ses bras et à lui faire des sacrées avances. Les membres de la Shinra sont également mieux développés et le contournement du manichéisme se fait notamment ressentir avec le travail des Turks, Reno et Rude allant jusqu’à se poser des questions sur leurs agissements avant d’aller vers le pilier du Secteur 7. Heidegger gagne fortement en charisme avec sa posture dictatoriale, Scarlet prend littéralement ses subalternes pour des bambins, Palmer savoure déjà son thé au saindoux tandis qu’Hojo est plus que jamais le parfait psychopathe responsable de tous les maux du scénario. L’imminence de la mort du Président Shinra est mise en scène d’une manière plus angoissante de par son absence au bureau et grâce à l’appel à l’aide qu’on entend d’une provenance inconnue.
Si les membes de la Shinra sont tous très réussis, le plus machiavélique d’entre eux ne manque pas de personnalité…Rufus Shinra, toujours la grande classe !
Rufus arbore une classe complètement folle et son combat face à lui est particulièrement stylé, son chien Ténébro (référence à Secret of Mana ?) étant bien plus coriace que le simple figurant qu’il était en 1997. Sans surprise, un combat face à Sephiroth intervient en tant que grand final, précédé par un bel affrontement face à une nouvelle forme pour Jénova dans le bureau du Président. Là où le jeu d’origine laissait planer le mystère en ne faisant que le mentionner comme soldat légendaire surnommé le « Grand Sephiroth », le remake fait le choix de le montrer assez rapidement à l’écran en intensifiant les flashbacks qui enivrent Cloud quand il se rapproche de la Mako. Il est assez dommage que le mystère sur son apparence et sur sa dualité avec Cloud n’aient pas été conservés, mais ce choix peut s’expliquer par le fait que Sephiroth est un méchant très connu du jeu vidéo en 2020, là où il faisait sa première apparition en 1997. Beaucoup de joueurs sachant alors de qui il s’agit sans même avoir joué au moindre Final Fantasy, Square-Enix a dû privilégier une approche plus directe avec de belles cinématiques plutôt que le renforcement de l’intrigue.
Un Président largement mieux mis en avant grâce à de nombreuses scènes de très grande qualité !« J’ai besoin de ton aide, Cloud : suis-moi, luttons ensemble contre le joug du destin ! »
Si le principe des fileurs et la possibilité de changer le destin est une idée intéressante bien que complexe à mettre en œuvre, le combat contre le fileur héraut va un peu trop loin dans le délire fantastique et fait bien plus Kingdom Hearts que Final Fantasy. Pour autant, l’idée de faire finalement revenir Zack alors vainqueur de son combat contre la horde de soldats est excitante quant à la suite du scénario, qui risque d’être quelque peu bouleversé. Tout proche de l’excellence, Final Fantasy VII Remake est une grande réussite tant il parvient à moderniser le gameplay et à enrichir l’univers d’un des jeux les plus plébiscités de tous les temps. Ne sachant pas combien de parties il reste avant d’arriver à la fin du scénario, on ne saurait que trop préconiser à Square-Enix de ne pas ajouter de nouvelles portions trop longues afin que les futurs jeux ne s’éternisent pas inutilement. La worldmap a déjà à elle seule un fort potentiel d’exploration et les lieux existants suffisamment emblématique pour être simplement enrichis de nouveaux éléments.
Les cinq héros à la sortie de Midgar, prêts pour de nouvelles aventures !
Date de sortie : 10 décembre 2008 (États-Unis),
15 juillet 2009 (France) Réalisateur : Stephen Daldry Acteurs principaux : David Kross, Kate Winslet, Ralph Fiennes, Bruno Ganz Genre : Drame Nationalité : Américain Compositeur : Nico Muhly
J’avais quinze ans. Un jour en rentrant du lycée, je me suis senti mal, et une femme m’a aidé…
Droite dans ses bottes, Hanna montre d’emblée qu’elle est très appliquée dans les missions qui lui sont confiées.
Adaptation du roman Le Liseur de Bernhard Schlink par Stephen Daldry (Billy Elliot, The Hours), The Reader est un drame poignant se situant dans la République Fédérale Allemande des années 1950.Kate Winslet (Titanic, Eternal Sunshine of the Spotless Mind, Les Noces Rebelles) y interprète le rôle d’Hanna Schmitz, une contrôleuse de tramway venant en aide à Michael Berg, un adolescent en proie à une maladie grave alors qu’il s’égarait dans sa rue. La narration effectue de nombreux va-et-vient entre différentes époques, en partant de la vie de Michael alors homme d’âge mûr sous les traits de Ralph Fiennes (Harry Potter et la Coupe de Feu, Skyfall, The King’s Man Première Mission). Joué par le talentueux David Kross, le jeune Michael revient voir sa guérisseuse une fois sauvé et ne semble pas indifférent à sa beauté tandis qu’il l’observe en train de s’habiller. Il n’en faut pas plus pour qu’une liaison passionnelle s’installe entre eux malgré leur importante différence d’âge, ce qui donne d’ailleurs lieu à un nombre un peu trop excessif de scènes de nudité qui ne brillent pas vraiment par leur réalisme.
Des séances de lecture intenses.Quelques séquences joyeuses viennent dédramatiser le récit.
Lycéen érudit, Michael ramène régulièrement des livres et fait la lecture à haute voix pour Hanna, intriguée par un tel savoir-faire. Mais cette relation secrète est loin d’être simple et la rigidité du caractère d’Hanna provoque plusieurs disputes, jusqu’à ce qu’elle finisse par disparaître, laissant Michael dans une peine qui le marquera à vie (« Tu n’as pas le pouvoir de me faire de la peine, tu ne comptes pas assez pour me faire de la peine. »). Étudiant en droit à l’université, il suit avec attention les cours du professeur Rohl, interprété par Bruno Ganz, connu pour son rôle d’Hitler dans La Chute. Alors que sa formation l’amène à assister à un procès de criminelles de guerre, c’est avec stupéfaction qu’il y découvre Hanna parmi les femmes accusées d’avoir envoyé des juives à une mort certaine. S’ensuit alors une importante réflexion sur le sens de la culpabilité, circonstance dans laquelle il est rappelé que le droit à un rôle prépondérant, et que la loi est là pour faire respecter des principes (« Ce que nous pensons n’a aucune importance : ce qui compte, c’est ce que nous faisons. »).
Mise devant le fait accompli, Hanna persiste à défendre son application au travail.
Terriblement éprouvant, The Reader dévoile la culpabilité que ressent Hanna par sa manière d’être méfiante et rigide, tandis qu’elle tente de se libérer de cet énorme poids par cette initiation sensuelle et amoureuse qu’elle partage avec Michael. Comme une façon de se pardonner à elle-même en faisant le bien tout en s’affranchissant par le sexe et l’extase du phrasé de son amant. Car son plus grand fardeau est en réalité d’être analphabète, ce qui l’avait obligée à quitter un travail pour être gardienne à Auschwitz. Ses anciennes collègues profitant de sa faiblesse pour lui faire porter le chapeau afin de mieux s’en sortir, la honte est telle qu’elle préfère une condamnation à perpétuité plutôt que d’avouer qu’elle ne sait ni lire ni écrire, ne cherchant pas à être innocentée. Devenu un homme sentimentalement perturbé, Michael se sent parallèlement coupable d’avoir aimé une criminelle, ce qui enrichit considérablement la complexité de son personnage et la relation qu’il entretient avec sa fille, menant à une scène touchante à la toute fin.
Devenu adulte en pleine force de l’âge, Michael reprend contact avec sa amante d’antan en lui faisant parvenir des lectures orales.En correspondance avec Michael, Hanna retrouve une raison de vivre en apprenant par elle-même à lire et à écrire.
Plus largement, la balance judiciaire souligne la culpabilité collective d’un pays qui s’est tu alors qu’il connaissait l’existence des camps, par rapport à la culpabilité individuelle des gardiens qui ont été enrôlés par le nazisme pour gagner leur vie. Auréolé d’un superbe jeu d’acteurs, de musiques d’une grande intensité dramatique et d’un maquillage bluffant pour représenter Hanna âgée, The Reader reçoit d’abord un accueil difficile vu la sensibilité du sujet traité. S’il a pu être jugé que l’enchaînement du plan de la cellule de prison d’Hanna avec celle de l’appartement new-yorkais de la femme juive ayant survécu au camp n’est pas du meilleur goût, il place au contraire Hanna comme victime collatérale du système, et montre qu’une survivante a pu regagner sa liberté tout en acceptant de lutter contre l’illettrisme en utilisant les économies d’Hanna à cet égard. Ce qui n’a pas empêché Kate Winslet d’obtenir l’Oscar, le Golden Globe et le BAFTA de la meilleure actrice pour son excellente interprétation.
Date de sortie : 8 février 1976 (États-Unis),
2 juin 1976 (France) Réalisateur : Martin Scorsese Acteurs principaux : Robert De Niro, Jodie Foster, Harvey Keitel, Cybill Shepherd Genre : Drame Nationalité : Américain Compositeur : Bernard Herrmann
Une véritable romance qui semble s’installer.
Cinquième film de Martin Scorsese, Taxi Driver illustre parfaitement le style du réalisateur en mettant en exergue la violence cathartique de personnages en dégénérescence dans un environnement new-yorkais, théâtre d’un anti-manichéisme sociétal. Auréolé de la Palme d’Or en 1976 et de quatre nominations aux Oscars l’année suivante, il offre une notoriété mondiale à Robert De Niro (Mean Streets, Le Parrain 2, Raging Bull), révélation majeure de l’œuvre pour son rôle de Travis Bickle, un ancien marine dont les insomnies répétées le poussent à opter pour un job de chauffeur de taxi. Précurseur dans la lignée des films mentionnant les conséquences psychologiques de la guerre du Vietnam, il inspirera même John Hinckley Jr. dans sa tentative d’assassinat contre Ronald Reagan en 1981, mentalement aliéné au point de se prendre pour Travis cherchant à venger l’assassinat de John Lennon.
« Tu prends un voleur qui loupe son coup par exemple, et bah, ils lui coupent les doigts. Je sais, ça a l’air d’une blague comme ça, mais c’est vrai. Ils flinguent un gars qui les a pigeonnés : qu’est-ce qu’ils mettent sur son cadavre ? Une mouche, ça rappelle que c’était un mouchard. »Un duo attachant qui montre toute la bonté du personnage.
D’autres acteurs fétiches de Scorsese apparaissent comme personnages principaux, notamment la jeune Jodie Foster (Alice n’est plus ici) dans le rôle d’Iris, une prostituée que Travis cherche à aider, ainsi qu’Harvey Keitel (Who’s That Knocking at My Door, Mean Streets, Alice n’est plus ici). On peut également citer Victor Argo (Bertha Boxcar, Mean Streets), simple vendeur qui se fait braquer, et Murray Moston (Mean Streets, Alice n’est plus ici), le maquereau d’Iris. Martin Scorsese apparaît lui-même plusieurs fois, et particulièrement lors d’une scène où il projette de liquider sa femme qu’il aperçoit chez un autre à travers une fenêtre, marquant ainsi des dialogues sombres et torturés dignes de ce qu’écrira Quentin Tarantino des années plus tard. La réalisation de haute volée se dévoile dès l’introduction, avec la vue subjective à travers un pare-brise recouvert de pluie sous une mélodie jazzée Bernard Herrmann, dont on reconnaît le style aux notes intenses pour marquer le suspense après avoir composé plusieurs années pour les films d’Alfred Hitchcock.
« Vous avez déjà vu le visage d’une femme après un coup de 44 ? Ça lui bousille la gueule. Voilà ce que je lui réserve à son visage. »« C’est à moi que tu parles ? Alors à qui est-ce que tu parles, t’en vois un autre que moi ici !? »
Les plans alternent régulièrement entre ceux sur Travis au volant et les passagers à l’arrière, Taxi Driver insistant pour dépeindre les bas-fonds de New York loin des fantasmes des buildings et de Wall Street. La pluie, les couleurs sombres et les musiques moroses marquent d’autant plus la perversion et le dépérissement de la société de l’époque, qu’il observe depuis son taxi durant chaque nuit new-yorkaise. Anti-héros de renom, Travis paraît rapidement sympathique par la jovialité dont il fait preuve, le doublage français de Maurice Sarfati (plus tard connu pour ses voix décalées des méchants dans l’animé Nicky Larson) renforçant le ton naïf et simplet de son sourire et de son allure. La forte présence de la voix off dans la narration renforce d’autant plus l’introspection du personnage et l’identification du spectateur (« Toute ma vie j’ai été suivi par la solitude, partout. Dans les bars, les voitures, sur les trottoirs, dans les magasins, partout. Y’a pas d’issue… j’suis abandonné de Dieu. »). Ce n’est qu’après avoir échoué à séduire la jeune Betsy que sa chute s’intensifie avec l’achat d’armes au marché noir et leur maniement dans plusieurs scènes d’anthologie. Issue d’une improvisation de Robert De Niro, la scène où il se cherche un style devant le miroir en lançant la réplique « C’est à moi que tu parles ? » est devenue une des plus cultes de l’histoire du cinéma, reprise dans de nombreux films comme Retours vers le Futur 3, Le Roi Lion, La Haine et La Stratégie de l’échec.
« C’est moi que tu veux baiser ? C’est pas moi que tu baises, c’est elle, donc c’est à elle que tu files le pognon. »
Sous ses airs d’aliéné cherchant à descendre le candidat le plus médiatisé aux élections présidentielles, Travis ne cherche en réalité qu’à « laver les rues de toute cette racaille » avec des méthodes désespérées, au point de vouloir sortir une prostituée mineure de l’esclavagisme sexuel dans lequel elle a été entraînée (« Écoutez bien, bande de dépravés, voilà l’homme pour qui la coupe est pleine, l’homme qui s’est dressé contre la racaille, le cul, les cons, la crasse, la merde… voilà quelqu’un… qui a refusé. »). Le carnage final semble confirmer sa mort tandis que la caméra s’élève pour symboliser son âme quittant les lieux en observant la scène alors figée par le temps. Considéré comme un héros pour s’être enfin montré utile, Travis reprend enfin son travail avec Betsy comme cliente dans son taxi, les plans flous à travers le rétroviseur allant bien le dans le sens qu’il s’agit d’un rêve fantasmé. Conservé depuis 1994 par le National Film Registry de la bibliothèque du Congrès américain pour son importance culturelle, historique ou esthétique, Taxi Driver fait partie des films les plus influents des années 1970. Quarante-trois ans plus tard, Robert De Niro apparaît dans le rôle d’un riche présentateur télévisé au casting du film Joker, mettant en scène Joaquin Phoenix dans une nouvelle société en dégénérescence faisant largement écho à Taxi Driver.
Date de sortie : 14 décembre 1988 (2h 06min) Réalisateur : Ron Howard Acteurs principaux : Warwick Davis, Val Kilmer, Joanne Whalley, Jean Marsh Genre : Aventure, Fantastique Nationalité : Américain Compositeur : James Horner
Un protagoniste d’emblée attachant.
Grand classique de l’aventure fantastique de la fin des années 1980, Willow est né de la collaboration entre Ron Howard (réalisateur de Splash, Cocoon) et George Lucas (scénariste des trilogies Star Wars et Indiana Jones) quinze ans après American Graffiti, dans lequel le premier jouait sous l’objectif du second. Très inspiré de monuments de l’heroic fantasy comme Le Seigneur des Anneaux, il présente un univers habité par différents peuples à commencer par les Nelwyns, de petits êtres similaires à des nains. Willow est l’un d’entre eux, et c’est le talentueux Warwick Davis qui lui prête ses traits après son rôle d’Ewok dans Le Retour du Jedi et de gobelin dans Labyrinthe, également coproduit par George Lucas. Les humains y sont appelés les Daikinis et dirigés par la terrible reine Bavmorda, jouée par Jean Marsh (Oz, Un Monde Extraordinaire). Les Brownies, quant à eux, sont de petits êtres de quelques centimètres servant essentiellement de duo comique.
Val Kilmer dans un univers d’heroic fantasy, qui l’eût cru !Franjean et Rool, des Minipouss par comme les autres !
Le scénario tourne autour d’une prophétie annonçant qu’un bébé viendra détrôner la reine, ce qui provoque la traque de tous les bébés du royaume. L’un d’eux passe évidemment à la trappe et se retrouve échoué près de là où vit la famille de Willow, qui se voit alors chargé de le ramener aux Daikinis pour ne pas mettre son village en danger. Il est rapidement aidé par Madmartigan, un jeune rebelle interprété par Val Kilmer, qui signe son deuxième rôle phare juste après Top Gun, sorti deux ans plus tôt. Le casting comporte également la fille de la reine Sorsha, jouée par la jeune Joanne Whalley, chargée de retrouver le bébé, ainsi que le général Kael sous les traits de Pat Roach (Indiana Jones et le Temple Maudit, Conan le Destructeur, Kalidor), dont le masque en forme de crâne a pu inspirer celui de Shao Kahn de la saga de jeux vidéo Mortal Kombat.
Choose your destiny !Une romance prévisible qui sait rester touchante.
L’aventure est rapidement dépaysante avec de superbes panoramas en extérieur, le tournage ayant eu lieu au Royaume-Uni et en Nouvelle-Zélande, sublimés par la bande originale composée par James Horner (Cocoon, Aliens Le Retour, Le Nom de la Rose). S’ils peuvent paraître particulièrement vieillissants aujourd’hui, les effets spéciaux montrant les changements de forme et la transformation du troll en dragon à deux têtes étaient pourtant à la pointe en 1988 grâce aux prouesses de la société Industrial Light & Magic, permettant ainsi une grande avancée dans la technologie du morphing. Le film convainc pourtant moins que prévu au box-office et reçoit des critiques très mitigées avant de remporter le Saturn Award des meilleurs costumes ainsi que plusieurs nominations, dont les Oscars du meilleur montage sonore et des meilleurs effets visuels. Comme de nombreux films incompris à leur sortie, c’est avec le temps que Willow obtient son statut de classique de l’heroic fantaisy.
Date de sortie : 26 juillet 1951 (Royaume-Uni), 21 décembre 1951 (France) Réalisateurs : Clyde Geronimi, Wilfred Jackson et Hamilton Luske Comédiens de doublage : Séverine Morisot, Guy Piérauld, Roger Carel, Jacques Ciron Genre : Animation Nationalité : Américano-britannique Compositeur : Oliver Wallace
La toute première série Disney !
Long métrage animé emblématique du Premier Âge d’Or des studios Disney, Alice au Pays des Merveilles est déjà le quinzième des classiques Disney, sorti entre Cendrillon et Peter Pan. Il adapte brillamment le roman Les Aventures d’Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll, ainsi que sa suite De l’Autre Côté du Miroir. Walt Disney souhaitait ce film depuis longtemps, ayant justement commencé sa carrière à Hollywood le 16 octobre 1923 avec la série d’animation Alice Comedies et son pilote « Alice’s Wonderland », dans laquelle était déjà apparu un certain Pat Hibulaire, cinq ans avant Mickey Mouse. Le succès de Blanche-Neige et les Sept Nains en 1938 le pousse alors à en tirer un long métrage, en mêlant animation et prises de vues réelles à la manière de la série. Mais la seconde guerre mondiale oblige le studio a repoussé le projet, relancé en 1946 avec le succès de Mélodie du Sud. L’œuvre s’avérant complexe à adapter, Disney se tourne finalement vers de l’animation pure mais le film a dans un premier temps de grandes difficultés à trouver son public à cause des libertés prises avec les romans.
Au sein même des studios Disney, les créateurs et Walt Disney lui-même se montrent très critiques, l’œuvre ayant en effet quelque chose d’inachevé. Mais le film trouve étonnamment ses premiers succès auprès des étudiants dans les années 1960, notamment ceux de la mouvance hippie, sans doute grâce au surréalisme dû au scénario complexe et tordu parsemé de couleurs criardes. Alice au Pays des Merveilles obtient un très large succès d’estime avec le temps et est aujourd’hui considéré comme un immense classique, voire un chef-d’œuvre tellement il marque l’apogée de la sur-imagination de Walt Disney. D’une manière générale, il est l’allégorie de l’aventure d’une personne qui se retrouve seule contre tous à cause de sa trop grande curiosité, ce qui peut rappeler plusieurs œuvres comme Le Procès de Franz Kafka, dans lequel l’environnement tout entier du protagoniste s’écharne contre lui.
Pays du Merveilleux…
Une introduction terriblement artistique.
La narration invite d’emblée au merveilleux avec une magnifique chanson portée par des chœurs caractéristiques des premiers longs métrages Disney, et accompagnée par de superbes dessins crayonnés offrant un premier aperçu des personnages à venir. Le voyage d’Alice se compose en effet d’une succession de petites histoires, sans rapport apparent entre elles, mais qui contiennent toutes une certaine morale à l’intérieur d’un enseignement plus général. Tout part du lapin blanc avec sa montre à gousset qui passe son temps à dire qu’il est en retard, la curiosité d’Alice la poussant fortement à le suivre jusque dans un trou pour savoir où il peut bien se rendre. Elle rencontre alors de nombreux personnages tous plus étranges les uns que les autres, avec un anthropomorphisme très marqué pour des animaux et même des objets, comme la poignée de porte qui semble vouloir retenir Alice en lui parlant sans cesse.
« Dans mon monde à moi, il n’y aura que des divagations. Comme disent les grands, les choses ne seraient pas ce qu’elles sont, au contraire, elles seraient ce qu’elles ne sont pas. »« – Désolé, voyez la porte est trop petite, elle est tout à fait impassable. – Vous voulez dire impossible ? – Non impassable, rien n’est impossible ! »
Les rencontres se multiplient ensuite avec l’absurdité de Dodo, qui demandent aux autres de courir pour se sécher alors qu’il se réchauffe près d’un feu, ou encore une chenille qui fume et souffle de la fumée en forme de lettres correspondant aux sons des mots qu’elle prononce. Les fleurs qui parlent et chantent font l’apologie de la différence avec leurs espèces variées, pour finalement rejeter Alice en la prenant pour une variété inconnue. Animal emblématique du scénario, le chat de Cheshire entretient le mystère et embrouille l’esprit en parlant par énigme et peut même provoquer le malaise avec son regard malsain, les dessins insistant fortement sur son sourire et ses yeux en les faisant apparaître en premier. Un des passages les plus exquis est bien sûr celui de la tasse de thé, généreusement offerte par le plus fou de tous les duos : le Chapelier Toqué et le Lièvre de Mars, qui passent leur temps à fêter leur non-anniversaire au moins trois cent soixante-quatre fois par an.
« – Un joyeux non-anniversaire ! – À moi ? – À vous ! – Un joyeux non-anniversaire ! – À moi ? – À vous ! – Soufflez très fort sur la bougie et le vœu s’accomplit ! »
Petites huîtres ! Petites huîtres !!
Une animation des plus exquises !
Il arrive aussi que les histoires soient racontées à Alice, et donc directement au spectateur. C’est le cas des jumeaux Tweedle Dee et Tweedle Dum avec leur fable mettant en scène le Morse et le Charpentier, deux personnalités diamétralement opposées réunies par la seule envie de remplir leur estomac (« Dindons farcis, poulets rôtis, rosbif sauce piquante ! Et tous les fruits de l’océan au creux des eaux dormantes. Calon Calais, le vin est prêt ! Au diable les coups de balai ! »). Si ce dernier ressemble à un petit bêta facile à tromper, le Morse représenterait plutôt le riche industriel qui, du haut de sa grande taille et de sa voix grave, exploite les plus démunis pour arriver à ses fins, sa bedaine et son cigare symbolisant l’avidité dont il fait preuve. L’histoire des petites huîtres trop curieuses, en plus de la morale qui en ressort, est à elle seule un petit bijou d’animation mêlant habilement comique et dramatique. Elle rappelle fortement « Le Corbeau et le Renard » des Fables de La Fontaine dans la manière qu’a le Morse de charmer ses proies.
« C’est le moment, mes chères amies, de s’ouvrir l’appétit ! La mer est calme, le vent léger, on va bientôt goûter ! Si vous saviez comme je vous aime, vous êtes à croquer ! »Le fameux labyrinthe à la sortie duquel se trouve le royaume de la Reine de Cœur.
Dans un milieu aussi hostile que le Pays des Merveilles, l’intrigue conserve efficacement l’identité du principal antagoniste, qui ne se dévoile que sur les dernières minutes en la personne de la Reine de Cœur. Derrière son traitement comique à travers son apparence grosse ainsi que son comportement grotesque et irascible, elle représente la vision du totalitarisme selon Disney avec ses règles strictes et sa bienséance monarchique. Sa tendance naturelle à ordonner des exécutions (« Qu’on lui coupe la tête ! ») peut même être rapprochée du communisme stalinien et notamment des procès de Moscou des années 1930, pendant lesquels la sentence avait tendance à précéder le verdict (« La sentence d’abord !! On vous jugera après, effrontée ! »). Pour faire respecter son autorité, elle va même jusqu’à truquer la partie de croquet à son avantage, et utilise son armée composée de cartes à jouer pour faire exécuter ses ordres.
« Faites la révérence au lieu de croire, et sachez qu’une tête ça se coupe ! »
Fleurageant les rhododendroves !
« – Oh, à propos, si vous tenez vraiment à le savoir, c’est là qu’il est passé. – Mais qui donc ? – Un certain lapin. – Vous en êtes sûr ? – Sûr de quoi ? – Qu’il est allé par là. – Qui donc ? – Eh bien le lapin. – Quel lapin ? »
Alice au Pays des Merveilles est un véritable appel à l’imaginaire, une puissante évasion de l’ennui du monde réel en premier lieu réclamée par son héroïne, qui brave une à une toutes les interdictions pour échapper à sa leçon d’histoire et suivre le lapin blanc. Trop curieuse de base, elle va jusqu’à manger et boire des aliments trouvés par hasard qui la font grandir ou rapetisser, comme un appel à être vigilant à son alimentation et à la provenance des produits. N’étant pas étonnée des êtres étranges qu’elle croise sur son chemin, ce n’est que quand elle finit par se perdre qu’elle avoue enfin qu’elle n’est pas raisonnable et n’en fait qu’à sa tête (« Bien sûr je sais ce que je dois faire, mais hélas je fais tout le contraire… »). Et ce n’est qu’après cet aveu qu’un raccourci vers la sortie lui est accordé, avant une dernière épreuve face à celle qui semble diriger cet univers de folie.
Une scène touchante où même les animaux-objets pleurent la situation d’Alice.Des formes permettant les plus fabuleux jeux de mots.
Pour des raisons diverses et variées, il est courant que les voix françaises que nous connaissons ne soient pas celles d’origine. Les premiers doublages d’Alice au Pays des Merveilles datent effectivement de 1951, tandis que les actuels datent de 1974, pour la ressortie du film en salle le 21 avril 1976 avec un casting absolument florissant. On trouve notamment Séverine Morisot (Wendy de Peter Pan, Carrie Rawlins de L’Apprentie-Sorcière, Zaza de La Bande à Piscou) pour Alice, Guy Piérauld (Bugs Bunny, M. Moustache dans Le Crapaud et le Maître d’École, Dupont dans Tintin et le Temple du Soleil et Le Lac aux Requins) pour le Lapin Blanc, Roger Carel (Jiminy Cricket dans Pinocchio, Kaa dans Le Livre de la Jungle, Persifleur dans Robin des Bois) pour le Chat de Cheshire, Jacques Ciron (Alfred dans les adaptations de Batman, Grippe-Sou dans Ça – Il est revenu) pour le Chapelier Fou, Philippe Dumat (le prince Jean dans Robin des Bois, Snoops dans Les Aventures de Bernard et Bianca, mais aussi Gargamel et Picsou) pour la chenille, ainsi que Francis Lax (Samy dans Scooby-Doo, les Schtroumpfs maladroit et à lunettes, M. Tumnus et Aslan dans Le Lion et la Sorcière Blanche) qui interprète Bill le Lézard.
« En retard, en retard, j’ai rendez-vous quequ’part, je n’ai pas le temps de dire au revoir, je suis en retard, en retard ! »« Avez-vous déjà vu une Alice, une fleur aussi étrange ? »
Les chansons d’Alice au Pays des Merveilles ont la particularité d’être très nombreuses, mais la plupart sont en réalité très courtes afin de poétiser le récit, telles les chansons de Dodo, les récits de Tweedle Dee et Tweedle Dum ou encore les fameuses « Rhododendroves » du Chat de Cheshire. Les mélodies plus longues sont essentiellement au nombre de cinq : Alice qui s’étale parmi les marguerites « Dans le monde de mes rêves », « Un matin de mai fleuri » parmi les différentes variétés de fleurs, le délirant « Un joyeux non-anniversaire » qui comble les journées du Chapelier Fou et du Lièvre de Mars, la culpabilité d’Alice dans la déchirante « Ce que je dois faire », sans oublier l’entraînante « Peignons les roses en rouge » par les cartes à jouer qui ont malencontreusement planté des rosiers blancs.
Héritage
En 2010, l’adaptation du dessin animé en prises de vue réelles par Tim Burton était déjà précurseur de la vague de remakes live qui allaient surgir quelques années plus tard. Très différent de son modèle et mettant en avant Johnny Depp dans le rôle du Chapelier Fou, le film fut globalement apprécié mais tout aussi critiqué pour ses trop grandes libertés et sa patte artistique assez éloignée du talent habituel de son auteur. Six ans plus tard, sa suite Alice de l’Autre Côté du Miroir par James Bobin ne marque pas beaucoup plus et subit un échec commercial.
Alice avait déjà su inspirer des œuvres comme Batman, le génialissime Jervis Tetch étant un antagoniste tellement féru de l’univers de Lewis Carroll qu’il se prend lui-même pour le Chapelier Fou et utilise des cartes à jouer ou d’autres systèmes pour contrôler le cerveau des gens. Un épisode de la série animée Batman de 1992 s’intitule d’ailleurs « Le Pays des Merveilles » (en VO « Mad as a Hatter ») et met en scène une jeune femme blonde nommée Alice ainsi que plusieurs personnages représentant le conte.
Comme de nombreux disneys même anciens, Alice a connu plusieurs adaptations en jeux vidéo, à commencer par le très méconnu Alice no Paint Adventure sur Super Famicom en 1995, ou encore un sympathique jeu de plates-formes sur Game Boy Color en 2000. C’est d’ailleurs cette même année que sort l’illustre American McGee’s Alice sur PC, suivi par le très glauque Alice Retour au Pays de la Folie onze ans plus tard sur PlayStation 3, Xbox 360 et PC. Mais entre-temps, Alice au Pays des Merveilles avait déjà connu une seconde jeunesse en tant que premier monde traversé dans l’excellent Kingdom Hearts sur PlayStation 2, dans lequel l’héroïne avait la particularité d’être une des sept Princesses de Cœur.
Date de sortie : 7 octobre 1993 (États-Unis),
2 février 1994 (France) Réalisateur : Marco Brambilla Acteurs principaux : Sylvester Stallone, Wesley Snipes, Sandra Bullock, Rob Schneider Genre : Action, science-fiction Nationalité : Américain Compositeur : Elliot Goldenthal
« Tu vas regretter ça le restant de ta vie, c’est-à-dire deux secondes ! »
Film d’anticipation parmi les plus cultes des années 1990, Demolition Man place Sylvester Stallone (La Course à la Mort de l’An 2000, Rocky, Rambo) dans la peau de John Spartan, un sergent de police aux méthodes bien trempées devant faire face à une prise d’otages menée par le psychopathe Simon Phoenix, interprété par Wesley Snipes (Jungle Fever, New Jack City, Les Blancs ne Savent pas Sauter). Mais suite à une explosion causant la mort de ces derniers, Spartan est condamné à soixante-dix ans de cryogénisation pour homicide par imprudence, considérant qu’il doit adoucir ses méthodes en subissant un lavage de cerveau qui devrait faire en sorte qu’il ne représente plus aucun danger pour son entourage. Le scénario bondit ensuite de 1996 à 2032 avec l’évasion de Phoenix, pourtant condamné à perpétuité, qui profite d’une visite médicale dévoilant que ses pulsions agressives sont toujours présentes.
Rob Schneider, immédiatement reconnaissable avec sa tête de vainqueur !Un duo de choc !
Les scénaristes ont alors imaginé une mégalopole californienne fictive nommée San Angeles, plongée dans une société aseptisée où prononcer des injures est pénalement répréhensible (« Vous avez une amende d’un crédit pour infraction au code de moralité du langage ! ») et dans laquelle les policiers n’ont plus de réelle pratique car la violence n’existe plus, comme l’atteste la désinvolture d’un certain Erwin, joué par Rob Schneider (Maman j’ai Encore raté l’Avion). Tandis qu’un criminel à l’ancienne comme Simon Phoenix est en cavale, la seule solution est d’offrir à John Spartan une libération conditionnelle afin qu’il l’arrête lui-même. Il fait alors équipe avec la lieutenante Lenina Huxley, interprétée par la jeune Sandra Bullock, qui signait son premier rôle phare avant des films comme Speed et Le Droit de Tuer. Précurseur dans la dénonciation d’un certain formatage de la société, Demolition Man montre en effet un résultat possible de la bienséance excessive qui consiste à interdire tout ce qui ne ressemble pas de près ou de loin à un Bisounours.
« Merci beaucoup, tronche de m*rde, casse-c***lles, p*tain de salop****, d’enc**** de machine à la mords-moi l’nœud… plus besoin de coquillages. »Faire l’amour à distance, vous en rêviez ?
Proche de la société occidentale du XXIème siècle (« Le monde est peuplé de couilles molles, c’est un remake de la petite maison dans la prairie avec des genres de pédales en robe longue. »), la manière de vivre à San Angeles va jusqu’à se montrer nostalgique de la fin du XXème siècle, comme en atteste le comportement de Lenina, qui affiche des posters de films des années 1980 dans son bureau en plus d’être fascinée par son coéquipier. Cette dernière estimant elle-même qu’il est dégoûtant de faire l’amour par transfert de fluides, il est désormais d’usage de le faire par ordinateurs interposés, ce qui n’est pas sans rappeler une certaine façon de faire à distance dans le film P.R.O.F.S. De même, de mystérieux coquillages remplacent étrangement le papier toilette, les interprérations sur la manière de les utiliser ayant nourri des débats pendant plus de vingt-cinq ans avant que Stallone ne dévoile quelques détails. Demolition Man s’imose alors sans nul doute une des œuvres les plus marquantes de sa filmographie !
Date de sortie : 4 février 1994 (États-Unis), 29 mars 1995 (France) Réalisateur : Tom Shadyac Acteurs principaux : Jim Carrey, Courteney Cox, Sean Young, Tone Loc Genre : Comédie Nationalité : Américain Compositeur : Ira Newborn
C’est lui le meilleur !
Et en fait, il est le seul dans son domaine !
Une véritale jungle dans son appartement !
Après le succès modéré de Vampire Forever en Amérique du Nord, Jim Carrey effectue des apparitions remarquées dans des films comme Peggy Sue s’est mariée ou encore La Dernière Cible aux côtés de Liam Neeson, avant de se ramasser avec le bien étrange Objectif Terrienne, dans lequel il se pavane en extraterrestre à fourrure accompagné de Jeff Goldblum et de Damon Wayans. Mais sa carrière fait enfin un bon en avant avec le succès de trois films en 1994. Le premier est la comédie Ace Ventura Détective Chiens et Chats, réalisé par Tom Shadyac (Le Professeur Foldingue, Menteur Menteur, Bruce Tout Puissant), dans laquelle il enquête d’une façon assez loufoque sur des animaux disparus à la demande de Melissa Robinson, interprétée par Courteney Cox (Les Maîtres de l’Univers, Friends, Scream). En effet, le dauphin Flocon de Neige, mascotte de l’équipe de football américain de Miami, a été enlevé et il n’est pas question que le prochain match se déroule sans lui !
Une dégaine de vainqueur comme pas deux !« Tu la sens ma grosse intelligence ! »
Encore assez timide dans les précédents films où il apparaissait, Jim Carrey exprime enfin pleinement tout le délire de son humour avec de nombreuses grimaces, une manière de parler déjantée accentuée par l’excellent doublage d’Emmanuel Curtil (« Cétacé, dit la baleine ! »), ainsi que de nombreuses singeries tel le passage où il fait comme s’il parlait avec ses fesses à son ami policier. La scène de l’enquête à l’appartement de l’entraîneur décédé est particulièrement révélatrice de son comique et de sa répartie tandis qu’il se confronte au lieutenant Einhorn, jouée par l’impassible Sean Young (Blade Runner, Dune, Wall Street). Ses manières de montrer que la vitre est en double vitrage façon chanteur d’opéra et de surenchérir ensuite en imitant un acte sexuel devant tout le monde symbolisent à elles seules tout de délire du personnage.
Qui a dit David Hasselhoff !?« Oui Satan ? Oh veuillez me pardonner, je vous ai pris pour un autre ! »
D’autres séquences sont également devenues cultes, comme celle de l’hôpital psychiatrique où il se pavane pour se faire passer pour un fou, ou encore le final mémorable pendant lequel il démasque le coupable. Quelques seconds rôles viennent encore compléter l’intérêt du film, à commencer par Mark Margolis (l’oncle de Tuco dans la série Breaking Bad), qui joue ici le propriétaire d’Ace Ventura. S’ajoutent à lui Udo Kier (Suspiria, Johnny Mnemonic) lors d’une réception dans laquelle Ace suspecte d’y trouver le dauphin, ainsi que le joueur professionnel de football américain Dan Marino. Avec Ace Ventura, la carrière de Jim Carrey était enfin lancée, et elle n’allait pas tarder à l’être au niveau mondial avec le succès d’un certain The Mask !
Date de sortie : 9 juillet 1997 (2h05min) Réalisateur : Joel Schumacher Acteurs principaux : Georges Clooney, Arnold Schwarzenegger, Uma Thruman, Chris O’Donnell, Alicia Silverstone Genre : Super-héros, fantastique Nationalité : Américain Compositeur : Elliot Goldenthal
– Je veux une bagnole : les filles en sont dingues ! – C’est pour ça que Superman bosse seul !!
Un nouveau logo stylé intégrant l’emblème de Robin.
Suite au grand succès de Batman Forever, Warner Bros. veut rapidement un nouveau film pour continuer de rentabiliser sur la licence. De son côté, Joel Schumacher souhaite pousser le délire encore plus loin pour continuer de séduire le grand public, tout en tentant un hommage au comique bien trempé de la série télévisée de 1966. Le tournage est ainsi expédié en quatre mois pour une sortie durant l’été 1997. Au lieu de reprendre le rôle de Bruce Wayne, Val Kilmer opte pour celui de Simon Templar dans une nouvelle adaptation du Saint de Leslie Charteris, laissant sa place à Georges Clooney (Urgences, Une Nuit en Enfer). Si Chris O’Donnell renfile le costume de Robin, une mystérieuse jeune femme fait son apparition sous les traits d’Alicia Silverstone (Clueless). Dénommée Barbara Wilson (toute ressemblance avec la fille du commissaire Gordon serait purement fortuite), il s’agit en réalité de la nièce d’Alfred, dont la santé commence à devenir fragile.
« Adam… et crève ! »Une antagoniste prometteuse affublée d’un costume attrayant.
Schumacher continue d’exploiter de nouveaux ennemis de l’homme chauve-souris avec un duo non dénué d’un certain charme. Tout d’abord avec Mister Freeze, incarné par Arnold Schwarzenegger (Stay Hungry, Terminator, True Lies), un ancien scientifique victime de ses recherches en cryogénie, cherchant à obtenir de quoi financer un traitement pour sauver sa femme atteinte du syndrome de McGregor. Son background tragique est basé sur celui de la série animée de 1992 avec l’épisode « Amour On Ice », les comics lui ayant de base donné un caractère bien plus burlesque. Le scénario dévie ensuite en Amérique du Sud avec le docteur Pamela Isley, jouée par Uma Thruman (Les Liaisons Dangereuses, Sang Chaud pour Meurtre de Sang Froid, Pulp Fiction), qui devient Poison Ivy après avoir été en contact d’un peu trop près avec des produits chimiques. Cherchant à dominer le monde à l’aide de plantes carnivores, elle est assistée par Bane, un condamné aux muscles hypertrophiés par du venin de fleur tropicale.
Une apparence fidèle complètement gâchée par la bêtise du personnage.
Qu’est-ce qui a tué les dinosaures !?
L’ère glaciaire !!
Nespresso, what else ?
Après un dialogue introductif mémorable, le film annonce la couleur avec la présentation des costumes de Batman et de Robin sous des plans montrant leurs tétons, leurs fesses et même leurs entrejambes. Il alterne ensuite entre des dialogues qui flopent (« Salut Freeze, je suis Batman ! »), un acting surjoué ou inexistant (Clooney en tête), des situations ridicules (les patins à glace incorporés dans les chaussures de Batman et Robin) et une esthétique kitschissime bourrée de lumières et de personnages colorés qui contrastent totalement avec Gotham restée sombre. La volonté de vendre des jouets tirés du film est tellement présente qu’elle est même incrustée dans une réplique (« Les poupées Poison Ivy sont toujours vendues dans la même boîte ! »). La réalisation est bancale de bout en bout avec des scènes d’action molles, des plans débullés à outrance et des effets spéciaux grossiers, notamment lorsque les muscles de Bane gonflent. La physique elle-même défie tout réalisme entre la poursuite dans la fusée, le surf en plein ciel et les satellites détournés en un rien de temps vers la fin.
Et on se demande encore pourquoi certains trouvent les collants super sexy…« Je te les empoignerais avec joie, tes diamants ! »
Ce qui frappe le plus est sans doute le nombre astronomique de jeux de mots moisis présents dans les dialogues. Freeze remporte la palme haut la main en multipliant les blagues sur le froid (« C’est l’iceberg qui débarque ! »), incitant de fait Batman à surenchérir (« Freeze, t’es givré ! ») et une de ses acolytes à en rajouter (« Oh je suis en chaleur ! […] Ça n’a rien de blizzard, je t’ai dans la peau ! »). Poison Ivy n’est pas en reste entre jeux de mots de bas étage (« C’est vraiment la jungle ici… ») et allusions sexuelles à tout-va (« L’un d’entre vous, petit veinard, est sur le point de butiner le miel ! »), Freeze lui-même y ajoutant sa touche (« En voilà une belle plante ! »). D’une manière générale, les personnages principaux ont tendance à se ridiculiser, entre Batman qui tue ce qui lui reste de crédibilité en dégainant une carte de crédit à son effigie, Robin qui surestime son humour face aux joueurs de hockey (« Ils nous cherchent des crosses, vieux frère ! ») ainsi que Freeze en peignoir qui fait chanter ses hommes de main et qui est blindé de pizzas surgelées dans sa réserve.
Comme dirait le Joueur du Grenier, « C’est le moment précis où Batman est mort ! »
Laissez-moi briser la glace : mon nom
est Freeze, retenez-le bien, parce que
je glace le sang et refroidis les humains !
« J’ai envie de couper le blé en herbe avec vous, ma pelouse est dans tous ses états ! »
Poison Ivy abuse tellement de ses pouvoirs de séduction que c’en devient malaisant tandis que Bane, s’il est de base un personnage particulièrement stratégique et intelligent, se voit réduit à un gros bêta qui crie et défonce tout. Le seul point positif est son apparence qui est bien respectée avec les tuyaux qui rentrent dans ses muscles et son masque de catcheur. Il est d’ailleurs joué par le lutteur professionnel Jeep Swenson, décédé d’une crise cardiaque deux mois après la sortie du film. Tout cela est d’autant plus dommage que le film regorge de backgrounds sous-exploités ainsi que de thèmes sérieux comme la mort, le deuil et la trahison qui sont complètement renversés par le loufoque de la narration. Si les costumes des méchants arborent une certaine classe, Freeze est décrédibilisé par son manque total de sérieux et Poison Ivy est reléguée au rang d’une chaudasse qui impose une séduction à outrance au point de se faire recadrer par Batgirl elle-même (« Ton attitude compromet l’image de la femme ! »).
Quelques instants touchants revalorisant le personnage d’Alfred.« Tu vas perdre tes feuilles, vieille branche ! »
Car oui, c’est bel et bien la nièce d’Alfred qui devient Batgirl, ce dernier connaissant vraisemblablement ses mensurations pour lui avoir conçu un costume, occasion inespérée pour le réalisateur d’exposer quelques plans sur ses seins, ses fesses et même des talons hauts au cas où elle ne ferait pas assez féminine. Apparition inattendue et bienvenue si seulement elle avait été exploitée à sa juste valeur. Elle reste ainsi plus intéressante aux côtés d’Alfred, qui obtient enfin une certaine importance en se montrant malade voire mourant, mais sans que le scénario aille plus loin à ce niveau-là. Le thème de la mort est également effleuré avec la femme de Freeze, pour laquelle il verse une larme qui se gèle aussitôt lorsqu’il apprend son soi-disant décès, offrant ainsi une des rares scènes efficacement réalisées du film en plus de rendre le personnage plus humain, comme on pouvait déjà le voir lors de vidéos dévoilant leur passé. Le duo entre Freeze et Poison Ivy en ressort d’autant plus cohérent dans le sens où ils cultivent une haine farouche envers l’humanité au point de vouloir l’anéantir.
Un accoutrement 100% féminin !!
– Aucun signe du bonhomme de neige. – Il a peut-être fondu. – Non, il doit hiberner.
L’affiche de ce qu’aurait pu être le troisième film de Schumacher.
Un des points au plus grand potentiel est sans doute celui qui concerne la rivalité entre Batman et Robin, moment déterminant du comics qui aboutit à l’émancipation personnelle de ce dernier. Si son costume se rapproche d’ailleurs de celui de Nightwing, cette rivalité est profondément ridiculisée par l’ensorcellement de Poison Ivy, Batman ayant compris le piège de cette dernière mais Robin s’entêtant de penser qu’il est jaloux car elle préférerait l’embrasser lui. Tout ceci amène les deux héros à se chamailler bêtement pour régler leur psychodrame. Le film reste rentable, mais son succès commercial s’avère largement décevant. Tandis que la critique l’assassine de part en part, il reçoit neuf nominations aux Razzie Awards de 1998, ce qui amène Joel Schumacher à s’excuser près de vingt ans après sa sortie. L’écran final annonçait pourtant un troisième opus, finalement annulé par Warner vu le désastre causé. Prévu pour s’appeler Batman Triumphant, il devait faire intervenir Harley Quinn sous les traits de Courntey Love, ainsi que Nicolas Cage en Épouvantail, ce dernier créant des hallucinations du Joker en aspergeant Batman de son gaz. Schumacher aurait même aimé faire revenir tous les anciens acteurs pour le final, ce qui aurait demandé un budget pharaonique. Il faudra ensuite attendre 2005 pour le retour de l’homme chauve-souris sur grand écran, sous l’objectif de Christopher Nolan.
Un dézoom qui montre efficacement la colère de Robin.
Comme de coutume, un jeu vidéo tiré du film débarque sur PlayStation dans la foulée. Malgré une tentative de petit open world avec des phases en batmobile, le jeu est un ratage complet et fait plonger la licence parmi celles ayant réalisé un très mauvais passage à la 3D. Mieux vaut lui préférer les jeux The Adventures of Batman & Robin tirés de la série animée, notamment la version Super Nintendo qui reprend certains épisodes avec excellence. Série animée qui a d’ailleurs eu droit à une quatrième saison en 1997, contenant quelques épisodes intéressants mais avec un design bien plus épuré qu’auparavant. Cette même année voit également l’apparition de la toute nouvelle série Batman La Relève, dans laquelle le jeune Terry McGinnis, épaulé par un Bruce Wayne octogénaire, enfile le costume face à une nouvelle génération de méchants.