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Emmanuel Delextrat

Emmanuel Delextrat
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Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…

Les Tortues Ninja III, de Stuart Gillard

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Date de sortie : 17 mars 1993 (États-Unis),
21 juillet 1993 (France)

Réalisateur : Stuart Gillard
Acteurs principaux : Stuart Wilson, Sab Shimono, Paige Turco, Elias Koteas
Genre : Action, fantastique
Nationalité : Américano-hongkongais
Compositeur : John Du Prez

L’introduction était pourtant si rayonnante…

Deux ans après un deuxième film déjà bien en deçà du premier à cause de son trop-plein marketing, la trilogie se boucle avec un scénario qui se veut original dans lequel les tortues sont amenées à voyager au Japon trois siècles en arrière. De nouveau jouée par Paige Turco, April tombe en effet sur un mystérieux sceptre permettant de voyager ans le temps si une autre personne de même poids tient l’autre sceptre de la même série ailleurs dans le monde, une logique déjà bien étrange. C’est d’ailleurs elle qui va se retrouver dans le Japon féodal à la place du jeune Kenshin, fils du seigneur Norinaga avec qui il semble avoir du mal à s’entendre (« Voilà ce que c’est de pourrir ses enfants : ils ne sont jamais contents et ils passent à l’ennemi ! »).

« Les Tortues Ninja, c’est pas du bidon ! Yeh tape la patte ! Eh ouais, super et vive le rock’n roll ! »
Un bon personnage qui s’est visiblement trompé de film.

Les tortues se téléportent alors à leur tour pour la secourir, aidées par un ancêtre de Casey Jones face au terrible Walker, joué par le charismatique Stuart Wilson (L’Arme Fatale 3, Le Masque de Zorro, Ennemi d’État). Elias Koteas effectue d’ailleurs son retour dans ce rôle, mais en simple figurant car chargé de veiller sur Splinter au cas où les quatre Japonais intervertis avec les tortues ne se mettent à faire des choses bizarres. Le budget du film ayant clairement été revu au rabais, les effets spéciaux sont très limités, certains bruitages pas du tout crédibles et les costumes des tortues respirent le plastique avec des museaux allongés et des tâches bleutées un peu trop envahissantes. La marionnette de Splinter est tellement médiocre qu’il apparaît toujours caché derrière une fenêtre en ne montrant que le haut de son corps.

Quand des personnages importants sont rabaissés en simples figurants…
« Kimono, banzai, sushi ! »

Leonardo est cette fois-ci doublé par Thierry Wermuth, connu pour la VF de Tintin et surtout celle de Stanley dans South Park, ce qui donne un aspect comique faisant s’engouffrer de plus en plus le film dans le nanar (« Qu’est-ce qui te mine de charbon ? »). Si Stuart Wilson a quant à lui l’honneur d’avoir la voix de Gérard Rinaldi (Dingo dans de nombreuses productions Disney, Ratigan dans Basil Détective Privé, Tim Curry dans Maman j’ai Encore raté l’Avion), son personnage manque de conviction et n’est finalement qu’un simple pion dans le scénario. Le film peut en fait se résumer à de mauvaises scènes d’action entrecoupées par des blagues tantôt lourdes (« Finalement c’est vachement tordu la vie d’une tortue ! »), tantôt cliché ou racistes (« Suzuki !! »), ou qui n’ont simplement aucun sens (« Eh bah alors quoi tu espérais peut-être voir la famille Addams, t’es déçu !? »).

« Alors là t’as commis l’erreur de ta vie, Nagasaki ! »
« Raphaël sur le flanc droit, moi sur la gauche. Où est-ce qu’y a du flan !? »

April démontre une fois de plus son inutilité en sortant une énormité hallucinante sur le sceptre (« Une espèce de vieux sablier, un truc dont les Japonais devaient se servir pour cuire les œufs à la coque ? »), servant ainsi de simple prétexte pour le scénario. La bataille finale n’est pas vraiment marquante au point que Walker soit éjecté dans l’eau sans effet à l’impact. Après un tel massacre, le film est quand même rentable avec deux fois plus d’argent réuni que le budget d’origine, mais cela reste bien en dessous des deux premiers films et des espérances de la production. Le déferlement des mauvaises critiques aura fini d’achever la licence, qui ne se retrouvera pas au cinéma avant le long métrage animé de 2007.

Mortal Kombat Legends Scorpion’s Revenge, d’Ethan Spaulding

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Date de sortie : 12 avril 2020 (États-Unis),
27 mai 2020 (France)

Réalisateur : Ethan Spaulding
Doubleurs principaux : Bruno Magne, Céline Duhamel, Antoine Nouel, José Luccioni, Julien Kramer
Genre : Animation, combat
Nationalité : Américain
Compositeurs : John Jennings Boyd et Eric V. Hachikian

Une introduction touchante avant que les horreurs n’arrivent.

Production Warner Bros. réalisée par Ethan Spaulding (Le Fils de Batman, Batman Assaut sur Arkham), Mortal Kombat Legends Scorpion’s Revenge est le premier film d’animation adapté de la saga de jeux de combat d’Ed Boon et de John Tobias. Vingt-cinq ans après le film de Paul W.S. Anderson, il reprend le scénario du premier jeu en y incorporant de nombreux personnages, notamment Hanzo Hasashi, dont l’introduction montre le massacre de son clan Shinrai Ryu, ainsi que l’assassinat de sa femme et de son fils par Sub-Zero, du clan rival Lin Kuei. Se réveillant au NetherRealm (équivalent de l’Enfer), il devient alors Scorpion en passant un pacte avec le sorcier Quan Chi, désireux de se venger de celui qui a décimé les siens. Mais le film est loin de ne se concentrer que sur sa tête d’affiche, les héros Liu Kang, Johnny Cage et Sonya Blade étant évidemment de la partie.

Toujours la tchatche, ce Johnny !
Christophe Lambert ou non, Raiden sait garder sa grande classe !

Stoïque pour le premier, excessivement comique pour le deuxième (« Est-ce qu’on est en direct live, genre tu veux faire ça maintenant !? »), et une verve d’une certaine vulgarité pour la troisième (« Écoute-moi sale bâtard, tu ferais mieux de désactiver ça : je me fiche de ce que c’est, mis si tu le fais pas, j’utiliserai ton cul comme punching-ball personnel ! »). On trouve également le dieu du tonnerre Raiden, le terroriste Kano, ainsi que d’autres personnages qui font de courtes apparitions comme la princesse Kitana, le ninja Reptile, le monstrueux Baraka et même un centaure semblable à Motaro. Le bourreau du NetherRealm ressemble fortement à Moloch de Mortal Kombat Deadly Alliance, tandis que le personnage Nitara effectue un caméo lorsque Johnny Cage pique de la nourriture.

Les fameux « X-Ray » des derniers Mortal Kombat.

Pourvu d’un rythme bien soutenu, le film mêle efficacement ses dessins au style carré avec quelques décors en images de synthèse. La réalisation est fortement marquée par la violence avec de nombreuses gerbes de sang, des membres arrachés ou découpés (d’une manière un peu trop propre, comme si c’était prêt pour une vente à la boucherie du coin) ainsi que des visages déformés. À la manière des reboots de la saga de jeux vidéo dans les années 2010, des ralentis sont même présents pour insister sur les os qui se brisent et éclatent. Pire encore, Jax se fait littéralement arracher les bras lors de sa confrontation avec Goro (en clin d’œil à ses futures prothèses bioniques), et ne semble d’ailleurs pas avoir de difficulté à se tenir debout tel quel par la suite. Les démembrements et autre décapitations rappellent fortement les fatalités du jeu vidéo, sans oublier celle durant laquelle Scorpion crache des flammes après avoir retiré son masque.

Scorpion et Sub-Zero, éternels rivaux.
Shang Tsung est prêt à tout pour parvenir à ses fins.

De nombreux clins d’œil démontrent le soin apporté à la réalisation pour une plus grande fidélité à l’œuvre d’origine, tel un poster du film fictif Ninja Mime chez Johnny Cage. Ce dernier signe également un autographe à un moine de l’île en référence à sa Friendship, et crie également « Toasty ! » après avoir vaincu Baraka. Lorsque Shang Tsung introduit le tournoi, il montre des images des Dieux Anciens, du Grand Kung Lao, mais aussi de lui-même en plus jeune avec son apparence de Mortal Kombat 3. Outre les combattants qui s’entraînent à briser des blocs à mains nues en référence au mini-jeu « Test Your Might », plusieurs arènes emblématiques sont reconnaissables durant les combats, comme la salle du trône, le jardin de Shang Tsung et surtout la fosse, de laquelle quiconque chute se trouve violemment empalé.

Confrontation avec Goro, le Prince des Shokans !
Une fatalité cultissime !

Les voix françaises sont de qualité sans omettre le langage cru cher à la série (« Tu fais moins le malin maintenant, espèce de connard à sang froid ! »), tandis que certains actes le sont tout autant, comme Sonya qui frappe par deux fois l’entrejambe de Johnny Cage, en référence au coup spécial de ce dernier hérité de Jean-Claude Van Damme dans Bloodsport. Outre quelques éléments contemporains glissés ici et là (Johnny Cage qui balance son iPhone par-dessus bord), Mortal Kombat Legends Scorpion’s Revenge demeure d’une grande fidélité au jeu vidéo et lui fait largement honneur grâce à la qualité de son animation et à la prestance des personnages, le scénario valorisant efficacement l’importance du sorcier Shang Tsung et la dualité entre Scorpion et Quan Chi. Si Shinnok est simplement mentionné, l’Empereur Shao Kahn offre un sympathique cliffhanger donnant l’espoir d’une adaptation des événements postérieurs au premier tournoi mortel !

Mortal Kombat 3 célèbre ses 30 ans !

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Date de sortie : 15 avril 1995 (original),
6 novembre 1995 (Ultimate), 10 octobre 1996 (Trilogy)

Développeur : Midway
Concepteurs : Ed Boon et John Tobias
Genre : Versus Fighting

Nationalité : Américain
Compositeur : Dan Forden
Support d’origine : Arcade

À mon super pote Éric Perez, grand fan de la saga qui un jour découvrira l’excellence de la trilogie fondatrice et ne pourra plus s’en passer !

Nous célébrons aujourd’hui les 30 ans de la première version de ce qui est sans doute le tout meilleur épisode de la saga de versus fighting développée par Ed Boon et John Tobias. Sorti le 15 avril 1995 sur borne d’arcade puis rapidement porté sur Super Nintendo, Mega Drive et même PlayStation, Mortal Kombat 3 se distingue fortement de son illustre prédécesseur par une digitalisation bien plus affinée des personnages, désormais capables de courir et d’effectuer de redoutables combos inspirés de Killer Instinct (qui lui-même s’était inspiré de Mortal Kombat pour son univers). De nouveaux types de fatalités apparaissaient même en ce sens : les brutalités, qui consistent à éclater un adversaire en morceaux à force de le rouer de coups, ainsi que les animalités, histoire d’achever l’ennemi de manière plus ou moins inspirée en incarnant un animal.

Un casting étonnant pour une première version à laquelle les personnages emblématiques manquent cruellement.

Mais ce qui choque le plus d’emblée, c’est bel et bien le casting qui subit un chamboulement un peu trop déroutant, notamment à cause du licenciement de l’acteur David Pesina, qui servait de modèle pour Johnny Cage ainsi que pour tous les ninjas masqués, tout comme son frère Carlos qui incarnait le Dieu du Tonnerre. Adieu Johnny Cage, Raiden, Scorpion, Sub-Zero, Reptile, de même que Kitana, Mileena et Baraka ; seuls Liu Kang, Kung Lao, Jax et Shang Tsung sont conservés, absolument impensable. Mais si Sonya et Kano effectuent leur retour parmi la liste des personnages jouables, d’autres la complètent fort heureusement, à commencer par le frère cadet de Sub-Zero, reconnaissable à la cicatrice sur son œil gauche et à sa faculté d’envoyer de la glace dans les airs pour qu’elle retombe sur son adversaire. Même si scénaristiquement parlant, Kuai Liang de son prénom se cachait déjà sous le masque du Sub-Zero de Mortal Kombat II.

Le casting arcade, Saturn et Nintendo DS d’Ultimate Mortal Kombat III, dans lequel Mileena, Ermac et Sub-Zero classique apparaissent cachés.

D’autres ninjas de couleurs apparaissent sous forme de robots : Cyrax, Sektor, et même Smoke moyennant un code. Les autres nouveaux étant Stryker, un policier qui ne compte pas laisser Shao Kahn envahir la Terre ; Kabal, un ancien homme de main de Kano au visage défiguré ; Sindel, la maléfique mère de Kitana ; Nightwolf, un chaman amérindien ; Sheeva, nouvelle représentante des Shokan après Goro et Kintaro. Ce dernier ayant été vaincu dans Mortal Kombat II, il est d’ailleurs remplacé par Motaro, un puissant centaure insensible à de nombreux coups spéciaux, Shao Kahn restant le boss final. En outre, le jeu met en place des codes à rentrer durant l’écran versus apportant des effets durant les combats, ainsi que d’autres codes permettant notamment de provoquer une fatalité à la fin de chaque round en appuyant sur un seul bouton, d’incarner Motaro et Shao Kahn en versus, ou encore de jouer au vieux classique du shoot’em up Galaga, coédité par Midway.

Un casting étoffé pour les portages Super Nintendo, Mega Drive et Game Boy Advance, mais auquel Sheeva a été retirée.

La fin de cette même année, Midway se la joue Capcom avec une grosse mise à jour de son nouveau bébé. Intitulée Ultimate Mortal Kombat III, cette dernière renoue avec un casting fort, faisant réapparaître la plupart des anciens personnages retirés de Mortal Kombat II (Sub-Zero classique et Mileena via un code), Johnny Cage, Raiden et Baraka manquant toujours à l’appel. Jade et Noob Saibot, adversaires cachés du jeu précité, y sont même désormais jouables (uniquement sur Super Nintendo et Mega Drive pour ce deuxième), ainsi que la version humaine de Smoke via un code. S’ajoutent à eux un nouveau ninja de couleur rouge, Ermac (issu de la célèbre « Error Macro »), ainsi qu’un ninja violet dénommé Rain (exclusif aux deux consoles précitées). Les portages sur cartouches blindant ces dernières avec tout ce nouveau contenu, de nombreuses arènes sautent en même temps que la voix off, ainsi que le personnage de Sheeva. Elles intègrent cependant bien les nouveaux coups spéciaux ajoutés aux personnages.

Casting au grand complet pour Mortal Kombat Trilogy, une véritable orgie pour les fans de la saga !

L’année 1996 se veut véritablement orgasmique avec l’arrivée de Mortal Kombat Trilogy, version ultime sortie sur Saturn, PlayStation et Nintendo 64 sans passer par l’arcade, réintégrant l’ensemble des personnages jouables depuis le tout début de la série, y compris les légendaires Goro et Kintaro. Le plaisir d’enfin rejouer avec Johnny Cage, Raiden et Baraka est alors immense, en plus des versions MKI de Kano et Raiden, et des versions MKII de Jax et Kung Lao. Avec un code similaire à celui d’Human Smoke dans la précédente version, il est possible de jouer avec Chameleon, un ninja transparent qui navigue aléatoirement entre les différents ninjas masculins de la saga. Sur Nintendo 64, une variante nommée Khameleon permet quant à elle de naviguer entre les différents ninjas féminins. Seul point noir par rapport à Ultimate Mortal Kombat III : la possibilité d’effectuer une fatalité à la fin de chaque round n’est plus permise par le code, et les temps de chargement cassent quelque peu le rythme du jeu. Ces écueils de côté, il s’agit sans aucun doute du Mortal Kombat ultime, fier d’un âge d’or durant lequel les jeux en deux dimensions se défendaient encore superbement face aux productions 3D.

Les deux principaux films Mortal Kombat.

Cette même année 1995, Mortal Kombat se voit adapté au cinéma dans un très bon film de Paul W.S. Anderson, qui reprend brillamment le scénario et les personnages du premier volet avec un profond respect de l’univers, là où le film Street Fighter avait fait le choix d’une adaptation bien plus militaire et réaliste. Deux ans plus tard, la suite du scénario arrive avec le prolifique Mortal Kombat Destruction Finale, dans lequel Liu Kang et ses alliés se retrouvent confrontés à l’Empereur Shao Kahn. Aussi sympathique soit-il, il reçoit des critiques beaucoup plus mitigées à cause d’une réalisation beaucoup moins soignée ainsi que d’une exploitation très inégale des personnages, bien trop nombreux pour être traités à leur juste valeur dans un film d’à peine plus d’une heure et demi.

Parce que Mortal Kombat, c’est aussi la grand classe de la pose de victoire !

Les Tortues Ninja II, de Michael Pressman

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Date de sortie : 22 mars 1991 (États-Unis),
17 juillet 1990 (France)

Réalisateur : Michael Pressman
Acteurs principaux : Ernie Reyez Jr, Paige Turco, François Chau, David Warner
Genre : Action, fantastique
Nationalité : Américano-hongkongais
Compositeurs : John Du Prez et autres

Une entrée digne des plus grands ninjas… en pleine lumière !

Après l’énorme succès du premier film estampillé Tortues Ninja, une suite est immédiatement mise en chantier et sort au cinéma tout juste un an plus tard, époque à laquelle le jeu vidéo Tortues Ninja Turtles in Time débarque dans les salles d’arcade. Le scénario propose d’en apprendre davantage sur la mutation des tortues alors que Shredder effectue son retour pour s’emparer du fluide radioactif qui les avait transformées et ainsi concevoir des créatures à son service. La production désirait introduire les emblématiques Bebop et Rocksteady, créés pour la série d’animation au générique flamboyant de 1987, ce qui ne fut pas possible car les créateurs du comics Kevin Eastman et Peter Laird s’y opposèrent, en partie pour d’obscures raisons de droit. C’est la raison pour laquelle les créatures Tokka et Rahzar ont été créées à l’occasion, le film étant un véritable florilège de personnages facilement reproductibles en jouets pour vendre un maximum.

« Je vous ai pas dit que je pratiquais les arts martiaux ? »
Ridiculisés dès leur apparition, Tokka et Rahzar peuvent relativiser leur laideur.

Le casting subit quant à lui quelques bouleversements. En plus du changement de réalisateur, Judith Hoag est remplacée par Paige Turco dans le rôle d’April. Le casque de Shredder est agrémenté de pointes pour couronner François Chau (L’Arme Fatale 4, Lost), qui remplace alors James Saito avant que le catcheur Kevin Nash ne vienne apporter un puissant upgrade au personnage. Si Casey Jones est absent, l’homme de main Tatsu est toujours là au point de vouloir prendre le contrôle du clan des Foot avant de se rendre contre que son maître est en fait toujours en vie. Le scientifique responsable du mutagène est quant à lui joué par David Warner, déjà vu dans des films comme Tron et Star Trek 5. Le livreur de pizza Keno a cette fois-ci un rôle central sous les traits d’Ernie Reyes Jr, qui avait impressionné les producteurs pour sa doublure de Donatello durant les cascades du premier film.

Après être passé sous le compacteur, il fallait bien refabriquer un casque digne de ce nom…
Go ninja, go ninja go !

Les tortues arborent des costumes différents avec des tâches bleutées, des joues particulièrement larges et des dentures bien plus excessives. Toujours présent avec ses bons conseils, maître Splinter a également un rendu différent, bien plus statique dans ses animations. Le thème musical de John du Prez intervient à différents moments du film, et s’ajoutent à lui de nouvelles compositions de rap et de techno, notamment la chanson « Ninja Rap » interprétée par Vanilla Ice durant la scène de le discothèque. Similaire à son prédécesseur, Les Tortues Ninja II s’en sort moins bien à cause d’un rythme peu soutenu et d’un scénario qui ne se démarque pas suffisamment. Il reste néanmoins divertissant grâce à son humour plaisant et à des scènes de combat toujours aussi correctes, même s’ils n’utilisent quasiment jamais leurs armes.

Un rendu de grande qualité, malheureusement expédié en deux minutes.

Le Roi Lion 3, de Bradley Raymond

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Date de sortie : 10 février 2004 (États-Unis),
10 mars 2004 (France)

Réalisateur : Bradley Raymond
Doubleurs principaux : Jean-Philippe Puymartin, Michel Ellias, Emmanuel Curtil, Med Hondo
Genre : Animation
Nationalité : Américain
Compositeur : Don Harper

« Y’aaaaa quoi au menu ? De la morue crue, pas fraîche et qui pue comme Pumbaaaa !! »

Sorti directement en vidéo six ans après L’Honneur de la Tribu, Le Roi Lion 3 est en réalité un midquel, l’histoire se déroulant pendant une période située dans l’opus original, d’où son appellation du Roi Lion 1 ½ aux États-Unis. Il revisite en effet le premier film selon le point de vue de Timon et Pumbaa, qui se repassent le long métrage dans une salle de cinéma avec leurs silhouettes visibles au premier plan. Le Roi Lion 3 alterne ainsi les commentaires, retours en arrière et avances rapides des deux protagonistes avec ce qui est considérable comme une parodie du premier film, certaines scènes revisitées étant bien trop tirées par les cheveux pour être en cohérence avec le scénario.

« Je sens monter en moi comme un veeent de panique !! »
Un piège grossier qui ne fonctionne même pas !

Durant « L’histoire de la vie », Timon et Pumbaa traversent le troupeau qui assiste à la scène et ce dernier ne peut se retenir de partager ses flatulences, assommant littéralement les animaux les plus proches et incitant ainsi les autres à faire la révérence. Autre exemple lors de la chanson « Je voudrais déjà être roi », la pyramide d’animaux s’écroule en fait donne un coup de bâton sur le pied d’un éléphant car la musique l’empêchait de dormir. Enfin, lorsque Simba et Nala roulent du haut d’une pente pendant « L’amour brille sous les étoiles », c’est parce que Timon et Pumbaa les font tomber avec une corde afin de briser leur amour au nom de leur amitié, sans parler des papillons qu’ils délogent eux-mêmes en étant propulsés vers un arbre.

Un clin d’œil évident aux connaisseurs du premier film.
La bande de Timon, le regardant d’un air douteux.

Un des intérêts du film est de prendre connaissance avec le passé de Timon, qui vivait dans une colonie de suricates et y occupait une fonction de sentinelle à l’entrée avant de se faire bannir pour ses boulettes d’inattention légendaires. On découvre également sa rencontre avec Pumbaa, par leur façon unique de s’effrayer mutuellement en hurlant à la mort. Certains de ses éléments sont en réalité repris du double épisode « Une paire de compères » de la série animée Timon & Pumbaa, qui avait déjà traité de l’origine du duo. C’est aussi l’occasion de voir Simba adolescent, mais pendant une seule séquence participant aux nombreuses références que comporte le film.

Qui d’autre saurait mieux se faire peur l’un l’autre !?
Prêt à dégainer les coquilles !

Alors que Timon et Simba se lancent dans un concours de celui qui gobera le plus grand nombre d’escargots, la célèbre musique d’introduction d’Ennio Morricone pour Le Bon, la Brute et le Truand retentit afin d’intensifier le duel. La Chevauchée des Walkyries de Richard Wagner est également présente pendant que Pumbaa court au ralenti à la manière de Simba dans le premier film. Lors d’un karaoké entre Timon et Pumbaa, ces derniers rejouent la scène du spaghetti de La Belle et le Clochard en s’enfilant un ver de terre. Outre l’extrait reconnaissable de « Jungle Boogie » du groupe Kool & the Gang durant la chanson « Le lion s’endort ce soir », les caméos des silhouettes de très nombreux personnages Disney concluent le film d’une sympathique manière : celle d’une suite sans prétention qui reste bien animée tout en apportant son petit lot d’éléments intéressants.

Les Nouveaux Héros, de Don Hall et Chris Williams

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Date de sortie : 25 octobre 2014 (Europe de l’Est), 11 février 2015 (France)
Réalisateurs : Don Hall et Chris Williams
Doubleurs français : Maxime Baudouin, Kyan Khojandi, Damien Ferrette, Élizabeth Ventura
Genre : Animation
Nationalité : Américain
Compositeur : Henry Jackman

Premier film Disney à utiliser des personnages de l’univers Marvel tirés des comics Big Hero 6, Les Nouveaux Héros et un long métrage d’animation assez classique dans lequel Hiro Hamada, petit génie de la robotique comme en atteste son combat de créature télécommandée au tout début du film, présente un concept de construction à un jury afin d’intégrer une école avant que le scénario ne soit complexifié par une histoire de complot. L’univers prend place dans une sorte de San Fransisco japonaise nommée San Fransokyo, avec de longues routes à perte de vue et d’impressionnants buildings très high-tech. La mascotte qui accompagne Hiro s’appelle Baymax, une sorte de bonhomme Michelin gonflable notamment programmable pour scanner des informations sur des gens, évaluer leur état de santé et trouver des solutions. Le duo entre les deux personnages est assez attachant, en plus du fait qu’il s’agit d’une invention de son frère, et les six héros en costumes dégagent un certain cachet.

Malgré sa narration vraiment convenue, le film sait être inventif au niveau de la tournure de son scénario et l’animation des décors et des personnages est largement digne d’un Pixar. Il n’échappe pas à quelques clichés et aux événements prévisibles avec la véritable identité du méchant, même si ça au moins le mérite de trancher avec le manichéisme habituel. Récompensé par l’Oscar du meilleur film d’animation, Les Nouveaux Héros ont également été adaptés en une série animée sous le titre de Baymax et les Nouveaux Héros. Son univers a aussi été exploité dans le jeu vidéo Kingdom Hearts III, dans lequel Sora affronte un nouveau modèle de Baymax contrôlé par les Sans-Cœur. Il est tout aussi agréable de voir un sympathique caméo de Stan Lee lors de la scène post-générique.

Aladdin et Le Roi Lion dans Epic Mickey Power of Illusion

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Cet article était à la base prévu pour figurer sur la Chronique Disney de L’Écureuil Noir, dans le cadre des apparitions d’Aladdin et du Roi Lion dans d’autres jeux vidéo. La place ayant manqué pour l’intégrer compte tenu de son exhaustivité, le voici directement en ligne pour accompagner le magazine.

 

Date de sortie : 18 novembre 2012
Éditeur : Disney Interactive Studios
Développeur : DreamRift 
Genre : Plates-formes

Nationalité : Américain
Compositeurs : Sean Beeson et James Dooley
Console d’origine : 3DS

 

Sorti parallèlement à Epic Mickey Le Retour des Héros sur Wii et Wii U le 18 novembre 2012, Epic Mickey Power of Illusion opérait le choix d’un retour aux deux dimensions sur Nintendo 3DS, revenant ainsi à l’âge d’or des jeux Mickey avec sa fameuse série « of Illusion ». C’est d’ailleurs la sorcière Mizrabel, antagoniste de Castle of Illusion, qui est à l’origine des péripéties du scénario en ayant emprisonné plusieurs personnages Disney, que Mickey doit faire réapparaître grâce au pouvoir de son pinceau magique. Et il se trouve que nombre d’entre eux sont directement issus des univers du Roi Lion et d’Aladdin !

À l’instar de la saga Kingdom Hearts, c’est surtout ce dernier qui est présent dans Epic Mickey Power of Illusion étant donné que le joueur est amené à traverser Agrabah et la Caverne aux Merveilles. Les personnages du Roi Lion apparaissent quant à eux dans les deux autres univers que l’on traverse, à savoir Peter Pan et La Petite Sirène. Certains étant bien cachés, le level design incite à l’exploration pour accéder à de petites quêtes leur permettant de s’aménager une salle une fois ramenés à la forteresse centrale. L’exploration d’Agrabah donne l’impression de se replonger dans la version Super Nintendo d’Aladdin avec de superbes décors sur plusieurs plans.

On reconnaît aisément le marché avec ses bâtiments, ses étalages et sa vue sur le palais. Le design du capitaine Razoul est de nouveau repris pour l’ensemble des gardes et ses animations sont assez drôles lorsqu’il attaque en lançant des pastèques à la verticale, en référence au passage du dessin animé où Abu fait diversion pendant qu’Aladdin dérobe le fruit. Et en bon voleur, une fois sauvé par Mickey, ce dernier lui suggère même de ne pas oublier de rester dans l’ombre pour que tout aille bien, après avoir lancé une pomme comme il en avait tant l’habitude dans les adaptations des années 1990.

Appelé le « colporteur », le marchand racontant l’histoire est bien présent et fait d’emblée référence au recueil d’où vient le conte en précisant que « tout comme les Mille et une Nuits, [s]es offres sont féériques ». Le dromadaire sur lequel il se balade durant la chanson « Nuits d’Arabie » est tombé malade et n’ayant pas d’argent pour en acheter un autre, Mickey parvient à le faire réapparaître en pleine forme en usant de son pinceau sur une photo de l’animal. Le colporteur parle également d’une carte au trésor qu’il aurait récupérée grâce à un rat de rue, qui n’est autre qu’Aladdin. Et lorsque Mickey s’apprête à lui faire un achat, il renvoie directement à la légende de la lampe en voyant qu’il s’intéresse « surtout à ce qui est extrêmement rare ».

Sous une musique entraînante, la Caverne aux Merveilles se distingue par ses parois éclairées et par son arrière-plan représentant les montagnes de pièces d’or constituant le fameux trésor interdit. La statue à laquelle Abu ne peut résister dans le dessin animé est même présente sous forme de plusieurs ennemis qui se déplacent en tournoyant et attaquent en lançant leur pierres précieuses rouges. Mickey peut faire apparaître le tapis volant à plusieurs endroits afin de traverser certaines zones et le Génie rappelle le futur sort de Jafar lorsqu’il envisage d’enfermer Mizrabel dans une lampe pour la neutraliser. Les profondeurs de la caverne sont ensuite bien moins éclairées comme en témoigne le bleu des décors, non sans rappeler les niveaux de la version Super Nintendo d’Aladdin.

Jafar fait partie des rares boss du jeu et se combat une fois de plus sous sa forme de serpent géant, qui peut détruire les plates-formes soutenues par des mains du Génie. L’arrière-plan détaillé dévoile le trône en forme de serpent auquel Jafar accède une fois qu’il obtient la lampe, ainsi que le sablier géant dans lequel Jasmine est prisonnière. Une fois vaincu, à l’instar du Capitaine Crochet, il retrouve en fait ses esprits et se joint à l’équipe dans la forteresse, dans laquelle il obtient sa propre pièce. Il est plus tard possible d’y amener Iago afin de voir les deux personnages se demander comment ils pourraient s’emparer de la lampe, avant qu’ils ne se rappellent comment tout cela avait fini la dernière fois qu’ils s’y étaient essayé.

Jasmine sauvée, elle retrouve elle aussi sa chambre pourvue du large rideau dévoilant son lit, sa petite table et son grand miroir, dans laquelle Rajah et le sultan peuvent se rendre une fois que Mickey les a retrouvés. La fin du jeu est riche en clins d’œil alors que chaque personnage s’exprime sur l’aventure. Si Aladdin affirme que tout cela est plutôt « pas mal pour des vauriens », Jasmine avoue être contente de rentrer au palais même si son père veut qu’elle épouse un prince avant son prochain anniversaire… sans omettre de préciser qu’il devrait tout de même changer d’avis ! Toujours à l’affût de la moindre opportunité, Jafar se demande enfin d’où Mizrabel tenait tous ses pouvoirs, avant de rajouter que le sultan ne sait décidément rien faire sans lui.

Le Roi Lion est quant à lui essentiellement présent avec Simba enfant, qui se retrouve alors aux alentours d’un Rocher de la Fierté d’abord ombragé puis de plus en plus ensoleillé lorsque l’environnement s’améliore. Lorsque Mizrabel prend l’apparence de plusieurs méchants au tout début du jeu, elle arbore les traits de Scar pendant un instant mais sans que ce dernier apparaisse ensuite durant l’aventure. Tandis que Simba s’entraîne à rugir, il est possible de lui amener, Zazu, Timon et Pumbaa afin de lui tenir compagnie. À la fin du jeu, il rappelle uniquement la devise « Hakuna Matata » et conserve son esprit innocent étant donné qu’on ne le voit jamais en adulte.

Batman Forever, de Joel Schumacher

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Date de sortie : 16 juin 1995 (États-Unis), 19 juillet 1995 (France)
Réalisateur : Joel Schumacher
Acteurs principaux : Val Kilmer, Tommy Lee Jones, Jim Carrey, Nicole Kidman, Chris O’Donnell
Genre : Super-héros, fantastique
Nationalité : Américain
Compositeur : Elliot Goldenthal

Une manière subtile d’annoncer auquel de ses ennemis Batman va cette fois-ci avoir à faire.

Après un Batman Returns exceptionnel fort de son grand succès critique et financier, Tim Burton souhaite œuvrer pour un troisième film intitulé Batman Continues, qui réunirait les éléments des deux précédents dans un scénario imaginé pour être accompagné par l’Épouvantail. Michelle Pfeiffer devait de nouveau jouer Catwoman, tandis que Billy Dee Williams, qui incarnait Harvey Dent en 1989, devait en toute logique évoluer en Double Face. Son rôle était même prévu pour qu’il évolue ainsi dans Batman Returns, mais l’acteur avait refusé d’y participer, remplacé alors par Christopher Walken et son odieux Max Schrek. Pour jouer Edward Nygma, Tim Burton avait approché Robin Williams, qui avait déjà passé le casting afin de prêter ses traits au Joker dans le premier film. Seulement voilà, Batman Returns était considéré comme trop sombre par une partie du public, notamment des parents qui avaient monté une ligue pour pointer sa violence du doigt. Cerise sur le gâteau : les restaurants McDonald’s avaient des difficultés à écouler les Happy Meals vendus avec les jouets du film, le design du Pingouin ayant même déjà été édulcoré pour ne pas paraître trop effrayant.

Un nouveau design convaincant pour la Batmobile.

Face à un tel blocus, Warner Bros. choisit de changer le projet pour une approche plus moderne et colorée à l’image d’un divertissement familial, la réalisation étant désormais attribuée à Joel Schumacher (L’Expérience Interdite, Chute Libre, Le Client). Pour ne pas totalement évincer Tim Burton, il lui est proposé de réaliser un spin-off sur Catwoman. Cette idée ainsi que la patte artistique de l’homme ne rentrant pas vraiment en cohérence avec l’univers flashy et déjanté de son successeur, il abandonne rapidement le projet, finalement repris par Pitof en 2004 dans un film très éloigné du projet initial et mettant en scène Halle Berry. Burton devient alors le producteur du désormais intitulé Batman Forever, au thème musical plus léger et héroïque composé par Elliot Goldenthal (Demolition Man, Heat, Entretien avec un Vampire) en lieu et place de Danny Elfman. Le rôle de l’homme chauve-souris est cette fois-ci porté par Val Kilmer (Top Gun, The Doors, True Romance), dont le jeu d’acteur au demeurant correct reste loin de la finesse d’un Michael Keaton.

« Vous aimez les femmes qui ont du caractère, j’ai mené mon enquête : dois-je avoir un justaucorps en vinyle et un fouet pour vous plaire ? »
« Le hasard arbitraire, stupide, aveugle et sans foi ni loi ! Le hasard, le tirage au sort, la seule vraie justice ! »

Pour changer de Vicki Vale et de Selina Kyle, le premier rôle féminin est octroyé à la jeune Nicole Kidman, jouant une blonde et pulpeuse psychologue passionnée par Batman au point de lui faire des avances à peine cachées (« – J’aime le latex, ça me rend folle ! – Essayez un pompier, ça se déshabille plus vite ! »). Envisagé dès les premiers films, Robin apparaît enfin sous les traits de Chris O’Donnell (Le Temps d’un Week-End, Les Trois Mousquetaires) pour une bonne dose d’humour et un duo fort sympathique. Double Face est finalement joué par un Tommy Lee Jones (JFK, Le Fugitif, Entre Ciel et Terre) un peu trop déjanté (« On va s’éclater mais ça va faire mal ! ») pour le sérieux qu’incarne habituellement son personnage. Il est régulièrement accompagné d’une jeune femme sous les traits de Drew Barrymore (ET L’Extra-Terrestre, Wayne’s World 2, Scream), dont le doublage français Kelvine Dumour est le même que celui d’Harley Quinn dans la série animée. C’est finalement le génialissime Jim Carrey (Ace Ventura, The Mask, Dumb & Dumber) qui rehausse le niveau de Batman Forever avec son interprétation d’Edward Nygma, présenté comme un savant fou travaillant pour Wayne Enterprises avant de devenir l’Homme Mystère tandis que Bruce Wayne refuse qu’il mette au point son prototype de casque absorbant les ondes cérébrales.

« Il est en forme mais il a merdé à l’atterrissage, je ne sais pas s’il aura mieux que la médaille de bronze ! »
Dick Grayson, qui a déjà tout du futur Robin.

Le style de Joel Schumacher tranche littéralement avec celui de Tim Burton, la réalisation psychédélique en est le premier témoin. Si l’univers reste sombre dans le fond, les couleurs vives fusent de partout, notamment le rose et le vert fortement dégagés par le duo des méchants, et les effets spéciaux sont bien souvent too much. La lisibilité des scènes vacille du correct au médiocre et le montage manque clairement de soin, en plus de la narration déjantée des séquences d’action, comme la bataille navale à laquelle jouent Double Face et Nygma lorsque la Batwing et le Batboat se dirigent vers leur repaire. Notons également la façon qu’a Robin de s’amuser avec la Batmobile comme si c’était un jouet pour impressionner les filles (« Attendez, Batman embrasse toujours l’héroïne ! »), ou encore l’invasion un peu trop allumée du manoir Wayne. Certains passages sont également inutiles voire incompréhensibles (Bruce qui balance tout fort au cirque qu’il et Batman dans l’indifférence générale), d’autres carrément hors de propos (les plans sur les tétons et les fesses pour présenter les nouveaux costumes). Si les énigmes de l’Homme Mystère sont bienvenues, elles restent bien trop tirées par les cheveux et leur mise en place aurait mérité une bien meilleure intrigue pour le final.

Un peu trop « Joker » dans l’âme, ce duo de méchants conserve pourtant un charme certain !
« – Tout homme doit choisir son chemin, un ami m’a appris ça. – Plus qu’un ami. – Un équipier ! »

Aussi décevant que puisse être le Batman Forever comparé à ses prédécesseurs, il compte néanmoins plusieurs qualités qui font qu’il s’en sort avec les honneurs. Certains plans sont simples mais convaincants, comme le ralenti de la pièce jetée dans les airs pour d’emblée faire comprendre qu’on a à faire à Double Face, ou encore la face ravagée de ce dernier qui n’est montrée qu’au bout de quelques secondes pour maintenir le suspense. Si la narration a ses faiblesses, le scénario a au moins le mérite d’introduire efficacement ses personnages, ce qui est valable pour Robin dont l’histoire familiale au cirque fait directement écho au double épisode « Robin se rebiffe » de la série animée, Tony Zucco étant simplement remplacé par Double Face. Prendre Dick Grayson sous son aile fait également ressurgir son passé à Bruce Wayne, rappelant ainsi l’assassinat de ses parents et que c’est parce qu’il avait un jour eu peur d’une chauve-souris qu’il avait choisi cet animal comme emblème.

Une référence osée à Street Fighter L’Ultime Combat ?
Des effets spéciaux à la hauteur des grands délires de l’Homme Mystère.

Aussi surjoué que puisse être l’Homme Mystère (« C’est la ruée vers l’orgasme ! »), Jim Carrey en porte élégamment le rôle et le doublage français de Vincent Violette, soit le même que celui de Nygma dans la série animée, sied parfaitement à l’acteur tant il est proche du style d’Emmanuel Curtil. Le combat final offre deux dualités intéressantes : Nygma qui veut surpasser Bruce Wayne et Robin qui cherche à se venger de Double Face. Les valeurs de l’entraide et de la coopération sont notamment mises en lumière lors d’une poignée de main sincère qui forge un duo fort entre Batman et Robin. Au vu de la direction prise par Warner, Batman Forever a connu une critique très mitigée, mais un succès commercial tel qu’une suite a immédiatement été mise en chantier, pour le meilleur (et surtout) pour le pire.

Fidèle aux pratiques de l’époque, Batman Forever a aussi eu droit à ses adaptations en jeux vidéo, à commencer par un beat’em up jouable à deux avec des personnages digitalisés sur Mega Drive et Super Nintendo. Très sympathique sur ses deux premiers niveaux et pourvu de musiques de qualité, il devient rapidement fouillis et n’a pas beaucoup marqué les esprits pour cette raison. Le jeu d’arcade adapté sur PlayStation et Saturn ne fera pas beaucoup mieux tellement la répétitivité et la lassitude vont trop loin à cause d’un bien trop grand nombre d’ennemis qui surgissent à l’écran.

Aladdin et Le Roi Lion dans Kingdom Hearts

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Cet article était à la base prévu pour figurer sur la Chronique Disney de L’Écureuil Noir, dans le cadre des apparitions d’Aladdin et du Roi Lion dans d’autres jeux vidéo. La place ayant manqué pour l’intégrer compte tenu de son exhaustivité, le voici directement en ligne pour accompagner le magazine.

 

Aladdin dans Kingdom Hearts

Date de sortie : 28 mars 2002 (Japon),
16 septembre 2002 (États-Unis),
15 novembre 2002 (Europe)

Développeur : Squaresoft
Concepteur : Tetsuya Nomura
Genre : Action RPG

Nationalité : Japonais
Compositrice : Yoko Shimomura
Console d’origine : PlayStation 2

Agrabah est un univers clé de la série Kingdom Hearts. Essentiellement présent dans les deux premiers épisodes principaux, le monde d’Aladdin fait partie des plus travaillés et adapte son scénario pour les enjeux de la saga en utilisant efficacement ses personnages.

 

Kingdom Hearts

Aladdin est le quatrième univers Disney que le joueur traverse, précédé par Alice au pays des Merveilles, Hercule et Tarzan, mais il est surtout le premier monde dans lequel Sora et ses amis affrontent un des lieutenants de Maléfique, en la personne de Jafar. La sorcière est ainsi présente aux côtés du grand vizir, chargé de répandre les Sans-Cœur pour prendre le contrôle de la ville. Jasmine faisant partie des sept Princesses de Cœur nécessaires à l’ouverture de la dernière porte de l’univers du jeu, il se lance également à sa recherche. Dès lors que l’on délivre Aladdin des sables mouvants menant à la Caverne aux Merveilles, il peut combattre aux côtés de l’équipe à l’aide d’un cimeterre.

La ville d’Agrabah se compose d’une entrée qui mène vers le désert, une rue principale, une ruelle, un souk et les portes du palais. La maison d’Aladdin est reconnaissable avec sa vue sur le palais, en plus de constituer la principale zone contenant une sauvegarde. La Caverne aux Merveilles est quant à elle composée d’une longue pièce principale, d’une « salle des Ombres » et d’une « salle du Silence » entretenant le mystère, d’une pièce secrète et de la salle du trésor où se trouve la Serrure.  Les graphismes font honneur aux premières années de la PlayStation 2 et la musique des lieux rend bien compte de l’atmosphère arabique du dessin animé. Celle des combats en reprend les notes, en bien plus rythmée et entraînante.

Le jeu comporte trois ennemis emblématiques : des araignées cachées dans des pots qui sortent leurs pattes dès qu’on s’en approche, des bandits masqués pouvant se déplacer sous le sable armés d’un sabre, et des gros bandits assez coriaces car ils peuvent parer les attaques, cracher du feu et ne sont attaquables que dans le dos. Les boss sont nombreux avec un mille-pattes géant camouflé dans plusieurs cruches, la Tête de Tigre de la caverne ainsi que Jafar sous sa forme classique puis en Génie, son point faible étant sa lampe noire détenue par Iago. Une fois vaincu, une séquence de fuite à bord du tapis volant rappelle un passage savoureux du dessin animé, et la keyblade gagnée par Sora se voit nommée Lampe Magique.

Toujours aussi déjanté, le Génie apporte des jeux de mots inédits pour introduire le concept des trois vœux (« Et un, et deux, et trois vœux. Ensuite je file à l’anglaise, comme la crème ! »), qui sont en partie différents de ceux du dessin animé. Si Aladdin pense dans un premier temps le solliciter pour qu’il le change en princeTu n’as qu’un mot à dire et je te livre en moins de trente minutes ! Sinon la commande est gratuite. Et j’y ajouterai même un capuccino. »), il se voir obligé de lui demander qu’il se débarrasse de Sans-Cœur dans le désert, puis qu’il aide Jasmine lorsqu’elle est à la merci du vizir. Point de sultan ni de sorcier, Jafar demande d’abord au Génie de lui montrer la serrure, puis d’attaquer Sora pendant un combat de boss, seul les troisièmes vœux des deux personnages restant identiques à ceux du dessin animé. En devenant une invocation, l’attaque Pitreries du Génie lui permet de frapper plusieurs ennemis à la fois.

Le doublage français de Jafar est étrangement assuré par Michel Élias, connu pour plusieurs doublages chez Disney (Donald Duck dans les années 80, la Tête de Tigre de la Caverne aux Merveilles, Gazim et le prince Achmed dans Aladdin, Pumbaa dans Le Roi Lion) et chez Nintendo (les voix de Mario et de Wario dans les publicités des jeux Wario Land). Sa voix ne rend pas vraiment honneur au personnage, le machiavélisme de Féodor Atkine manquant cruellement à l’appel.

 

Kingdom Hearts Chain of Memories

L’épisode Chain of Memories étant basé sur les souvenirs des héros de la série, les événements d’Agrabah se déroulent d’une manière similaire à celle du premier jeu, avec des jolis sprites dans des décors en 3D isométrique. La différence réside essentiellement dans le gameplay à base de cartes, certaines arborant des personnages d’Agrabah. Par exemple, Aladdin peut-être invoqué pour attaquer sans relâche pendant quelques secondes, tandis que le Génie peut envoyer plusieurs magies. Côté ennemis, l’Arachnobaril permet de charger des cartes dans sa main, le Gros Bandit renforce l’attaque quand on frappe par derrière et Jafar empêche l’adversaire de briser les cartes attaque que Sora utilise. Élément de scénario intéressant : l’apparition de Jafar est présentée comme preuve que les ténèbres n’ont pas disparu du cœur de Riku.

 

Kingdom Hearts II

Le scénario de Kingdom Hearts II a la particularité de faire venir les héros deux fois dans chaque univers Disney. À la recherche de Riku et du roi Mickey, le trio se retrouve d’abord face à Pat Hibulaire, qui cherche à s’emparer de la lampe pour faire de Jafar un Sans-Cœur, puis de nouveau face à ce dernier. Le level design d’Agrabah a évolué pour diversifier l’expérience : on y trouve désormais un large marché et ses étalages, une grande place avec vue sur le palais, les portes extérieures de la ville, une Caverne aux Merveilles largement réduite et des ruines ensevelies par le sable à traverser à bord du tapis.

Le scénario rappelle largement celui du Retour de Jafar, à commencer par Iago qui passe du côté des héros mais tout en faisant diversion au profit de son ancien maître. Les héros ont cette fois-ci à faire au marchand du début du dessin animé afin de récupérer la lampe noire de laquelle le vizir est prisonnier, avant qu’il ne se libère en appâtant le commerçant avec des richesses. Le Génie est également de retour de voyage (et, pour la parodie, serre Pat dans ses bras au lieu d’Aladdin), tandis qu’Iago est blessé par Jafar en s’interposant pour protéger ses nouveaux amis.

Le bestiaire se voit enrichi de cartomanciens voilés et de créatures maniant deux cimeterres, tandis qu’un combat de boss oppose les héros à un Jafar Génie géant au-dessus de la ville, et cette fois-ci c’est bien à la tête qu’il faut le frapper. Côté gameplay, de nombreuses attaques permettent à Sora et Aladdin d’attaquer en duo pour infliger davantage de dégâts. Une fois l’invocation du Génie obtenue, ce dernier peut soigner les points de vie de Sora puis attaquer sous différentes formes telles qu’une main géante et un missile, ou encore provoquer des rafales, des tournoiements et une explosion.

Outre des graphismes améliorés et des musiques aux mélodies rallongées et aux timbres légèrement différents, Aladdin et Jafar retrouvent leurs doubleurs d’origine : Paolo Domingo et Féodor Atkine. Agrabah propose également deux mini-jeux inédits. Le skate des sables consiste à activer des cristaux en réalisant diverses figures pour se déplacer en hauteur. Le tapis volant ramène quant à lui dans la salle dévastée des ruines et propose de marquer un maximum de points en terrassant des Sans-Cœurs.

 

Kingdom Hearts 358/2 days

Kingdom Hearts 358/2 days nous fait parcourir avec Roxas une Abragah et une Caverne au level design simplifié par rapport à celles du premier jeu. Le joueur y effectue des missions simples comme explorer les environs et éliminer des Sans-Cœur pour alimenter les ambitions de l’Organisation XIII. Aladdin et Jasmine n’apparaissent que peu et y ont un rôle très secondaire autour de prévisions de tempêtes de sable.

 

Kingdom Hearts Coded

Dans Kingdom Hearts Coded, une version digitale d’Aladdin est créée par le journal de Jiminy Cricket, Agrabah se retrouvant vide et recouverte de bugs à éliminer. Le scénario tente encore de se renouveler avec Pat qui permet à Jafar de se procurer une réplique de la lampe, que ce dernier utilise pour arrêter le temps et enlever Jasmine, qui se retrouve victime d’un sort dans la Caverne aux Merveilles. Le plus intéressant reste le fait que cette fois-ci, le Génie accorde des vœux à Sora.

 

Kingdom Hearts Union χ

Cet épisode permet de parcourir l’univers d’Aladdin avec un moteur de jeu flash qui lui donne un cachet particulier grâce à sa très jolie 2D. Le joueur y effectue plusieurs petits scénarios et y rencontre Aladdin ainsi que Razoul et d’autres gardes du palais. Si le scénario n’a rien de bien palpitant, Kingdom Hearts Union χ a l’avantage de résumer le dessin animé en montrant des lieux inédits dans les autres jeux, comme le cachot avec Jafar déguisé en vieil homme, le tapis rouge et le trône à l’intérieur du palais avec Aladdin vêtu en prince, la chambre et le balcon de Jasmine suivis d’une petite balade au-dessus des nuages, Aladdin prisonnier au fond de l’eau et Jafar changé en serpent.

 

 

Le Roi Lion dans Kingdom Hearts

 

Date de sortie : 22 décembre 2005 (Japon), 28 mars 2006 (États-Unis), 29 septembre 2006 (Europe)
Développeur : Square-Enix
Concepteur : Tetsuya Nomura
Genre : Action RPG

Nationalité : Japonais
Compositrice : Yoko Shimomura
Console d’origine : PlayStation 2

Essentiellement exploité dans Kingdom Hearts II, l’univers du Roi Lion est magnifiquement bien représenté avec de larges zones parcourables et une personnalisation des capacités des héros. Également représenté dans Kingdom Hearts, Kingdom Hearts Chain of Memories et Kingdom Hearts III, il tient beaucoup à cœur à Tetsuya Nomura car il s’agit de son dessin animé préféré !

 

Kingdom Hearts

La Terre des Lions devait apparaître dans le premier Kingdom Hearts, mais le jeu ayant eu des difficultés à gérer plusieurs personnages à quatre pattes en même temps, l’univers a été retiré. Simba est cependant conservé et constitue une des premières invocations du jeu. Son rugissement lui permet de lancer une attaque plus ou moins puissante selon le temps pendant lequel il se concentre. À noter que Simba est la seule invocation de Kingdom Hearts à être devenu un allié dans Kingdom Hearts II.

Le journal de Kingdom Hearts rentre en contradiction avec celui de sa suite. En effet, dans le premier, Simba est déclaré comme roi de la Terre des Lions, alors que dans Kingdom Hearts II, il ne l’est pas encore. Incohérence qui s’explique sans doute par le fait que son histoire du deuxième opus n’était pas encore décidée à l’époque du premier, le projet de faire une suite n’ayant été décidé qu’après la surprise de son grand succès.

Le lien entre Kingdom Hearts I et II reste cependant correctement réalisé quand Simba ne reconnaît pas Sora dans un premier temps étant donné qu’il est transformé en lion. Lorsque la mémoire lui revient, l’image de Sora, Donald et Dingo sous leur forme normale ressurgit en lui. Dans Kingdom Hearts II, alors que Nala croit que Simba est mort, Sora fait référence à leurs combats à ses côtés dans le premier jeu, prouvant ainsi qu’il est bel et bien vivant.

 

Kingdom Hearts Chain of Memories

Dans Kingdom Hearts Chain of Memories, Sora peut utiliser une carte Simba pour le faire rugir afin qu’il endommage et assomme les ennemis en face de lui, l’étendue des dégâts variant selon le niveau de puissance de la carte.

 

Kingdom Hearts II

La Terre des Lions est un des derniers univers Disney que le joueur est amené à traverser dans Kingdom Hearts II. Plus étrange encore, il est possible de terminer le jeu sans jamais s’y arrêter, ce qui est fort dommage tant ce niveau fait honneur à l’univers du Roi Lion. Les héros arrivent durant l’âge adulte de Simba, alors que Scar a déjà pris le pouvoir et ainsi dévasté le royaume. Simba est cependant montré dans son enfance lors de la scène introductive, qui reprend brièvement le passage pendant lequel son père périt des mains de son frère en voulant sauver son fils emporté par le troupeau de gnous. On ne voit d’ailleurs ni les hyènes effrayer le troupeau, ni Scar projeter Mufasa étant donné que la séquence est montrée du point de vue de Simba, qui n’avait pas connaissance de ses éléments.

La Terre des Lions fait partie de ces niveaux qui modifient l’apparence des héros pour mieux les immerger dans son univers. Ainsi, Sora devient un lionceau ressemblant fortement à Simba enfant, transformation qui le rend bien plus rapide mais qui supprime le recours aux fusions et aux invocations. Donald se retrouve quant à lui avec de longues ailes blanches, Dingo devient une tortue avec une grosse carapace jaune, et même Pat Hibulaire se transforme en lion noir aux côtés de Scar. La zone de jeu est vaste à parcourir entre le cimetière des éléphants, le Rocher du Lion, la vallée des gnous, les terres arides, la jungle où vivent Timon et Pumbaa ainsi que l’oasis. Les références au dessin animé fusent dès l’apparition des héros dans le repaire de Scar, entre Shenzi, Banzaï et Ed qui leur proposent de rester pour déjeuner, et les nombreuses autres hyènes qui les regardent depuis les rochers en hauteur, rappelant fortement la terrifiante chanson « Soyez prêtes ».

Les passages repris du dessin animé profitent efficacement du moteur amélioré de Kingdom Hearts II pour être bien mieux mis en scène. Cela se vérifie par exemple avec Simba qui s’affale au bord d’une falaise avant que Rafiki ne reçoive ses poils, le flashback montrant Mufasa et Simba qui regardent les étoiles, le zoom sur le visage de Simba quand il réapparaît face à Scar, et quand Nala plaque Simba au sol avant qu’ils se reconnaissent mutuellement. Certains dialogues sont même repris tels quels, notamment lorsque Scar fait culpabiliser Simba (« Mais aujourd’hui, papa n’est pas là pour te sauver. Et maintenant, tout le monde sait pourquoi. »). Malgré les musiques de fond qui offrent une belle ambiance exotique qui respire l’aventure dans la savane, ces séquences manquent pas mal de punch dans le sens où la magnificence des compositions d’Hans Zimmer ne sont pas présentes, en plus des doublages moins convaincants que dans le dessin animé.

Kingdom Hearts II s’amuse surtout à détourner des passages cultes pour mieux faire écho aux connaisseurs. Lorsque Pumbaa se demande si Sora va le manger comme s’il était une sorte de porc, il affirme bien sa condition en précisant qu’on l’appelle Monsieur Porc ! Quand Simba demande à Timon s’ils peuvent le laisser un moment avec Nala, ce dernier lui répond qu’il était sûr qu’il allait dire ça, comme s’il avait regardé le dessin animé avant de venir rejouer le scénario dans le jeu. Sora évoque même l’occasion pour lui de devenir roi s’il sauvait la Terre des Lions : Dingo lui demande alors s’il voudrait vraiment être roi, en référence directe à la chanson de Simba enfant. Sora est également amené à combattre les hyènes pour protéger Timon et Pumbaa, là où ces derniers s’en sortent toujours seuls dans le dessin animé grâce à des subterfuges comiques qui ne cherchent pas à être réalistes.

Lors du combat entre Simba et Scar, ce dernier est projeté dans le vide mais il remonte cette fois-ci de la falaise, mise en scène créée du fait qu’il constitue logiquement le boss du niveau. Lors des combats, la coopération « Sang royal » peut être utilisée entre Sora et Simba, afin qu’il monte sur son dos pour foncer sur les ennemis en duo, utilisant leurs crocs et leurs griffes pour terminer en beauté avec un rugissement royal (et non pas « bestial » comme dans la chanson de Simba). Une fois l’aventure de la Terre des Lions terminée, on peut apercevoir un dessin de Sora, Donald et Dingo à côté de celui de Simba dans l’arbre de Rafiki.

Durant le deuxième passage dans l’univers du Roi Lion, les clins d’œil continuent avec les hyènes qui se moquent de Simba en prononçant son nom plusieurs fois, procédé qu’elles utilisent pour frissonner en entendant le simple nom de Mufasa dans le dessin animé. Contrairement à Aladdin, le scénario ne reprend pas les événements du Roi Lion II mais exploite le manque de confiance en soi de Simba avec l’ombre de Scar qui sévit sur le royaume, décrit par Rafiki comme « un esprit désincarné né de la rencontre entre le cœur maléfique de Scar et celui hésitant de Simba ». Une lionne dévalorise même Simba en parlant de lui comme un incapable comparé à son père. Le thème de l’amitié refait également surface lorsque Simba continue à garder contact avec Timon et Pumbaa même en devenant roi (« On n’oublie jamais ses véritables amis. »).

Quelques éléments lancent néanmoins un clin d’œil à la suite du Roi Lion. La cauchemar de Simba lui rappelant la mort de son père apparaît en effet dans L’honneur de la tribu lorsqu’il craint que Kovu, le fils de Scar, ne se retourne contre lui. Nala fait écho à leur future fille Kiara quand elle parle d’un bébé qu’elle porte, tandis que Timon et Pumbaa parlent déjà de jouer les baby-sitters. Si la plupart des personnages ont conservé leurs doubleurs d’origine, Timon n’est plus doublé par Jean-Philippe Puymartin mais par Mark Lesser, qui assurait déjà de sa voix dans la série animée Timon & Pumbaa. Concernant Scar, le magistral Jean Piat laisse malheureusement sa place à Guy Chapellier, qui doublait notamment Hadès dans Hercule, sa prestation manquant encore de piquant. Rafiki, quant à lui, ne parle presque pas.

 

Kingdom Hearts III

Dans Kingdom Hearts III, Sora peut faire appel à ses alliés dans n’importe quel monde et Simba ne manque pas à l’appel ! Sora monte alors sur son dos pour une attaque « Lueur du Roi » à base de feu leur permettant d’étourdir les ennemis, de les projeter dans les airs et de finir en beauté par une puissante déflagration sur toute la zone.

De Gaulle, de Gabriel Le Bomin

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Date de sortie : 4 mars 2020 (1h 49min)
Réalisateur : Gabriel Le Bomin
Acteurs principaux : Lambert Wilson, Isabelle Carré
Genre : Biopic, historique
Nationalité : Français
Compositeur : Romain Trouillet

 

L’histoire fait les hommes, certains hommes font l’histoire

« En ces heures douloureuses, c’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat… »

À la suite de moult documentaires, séries et téléfilms, Charles De Gaulle voit sa première adaptation au cinéma sous les traits de Lambert Wilson (Colette, une Femme Libre, Catwoman, Des Hommes et des Dieux). Très ciblé, le film se concentre sur les mois de mai et juin 1940, alors que Paris est sur le point de céder face à l’Allemagne nazie. Confronté au défaitisme du gouvernement français (« Il est l’heure, sans honte et sans déshonneur, de reconnaître notre défaite. »), De Gaulle doit trouver le moyen de sauver la France de l’horrible menace qui l’attend. Le film met alors en scène plusieurs personnages historiques avec des acteurs arborant un certain charisme dans leurs interprétations accompagnées de répliques poignantes, à commencer par Paul Reynaud, joué par Olivier Gourmet (Coluche, l’Histoire d’un Mec, Mesrine L’Ennemi Public n°1, Edmond), partagé entre le combat et la reddition (« Je ne vous permets pas, De Gaulle !! »).

Le célèbre Conseil de Guerre de mai 1940, plaçant Charles De Gaulle, Paul Reynaud et Phillipe Pétain autour d’une même table.
La famille De Gaulle en exil.

Lors d’un conseil de guerre, passage-clé du scénario, le maréchal Pétain est présent mais plutôt effacé, et régulièrement présenté comme assoiffé de pouvoir. Rejoignant Londres, De Gaulle tente un accord avec le premier ministre Winston Churchill, interprété par un Tim Hudson convaincant, dans le but de remotiver les Français par le biais de la BBC, sur un large plan valorisant les deux hommes. Le film est également l’occasion d’en apprendre davantage sur les enfants et la femme du général. Jouée par Isabelle Carré (Les Enfants du Marais, Respire), Yvonne De Gaulle doit s’exiler pour échapper aux Allemands et tenter de rejoindre son mari en Angleterre. Correctement interprétée, elle reste cependant assez timide, témoignant en partie du manque d’envergure de la narration.

Un Churchill poignant, fidèle au personnage historique.
Condamné à mort pour son opposition à l’armistice, De Gaulle met tout en oeuvre pour déployer la Résistance.

Si les décors et les costumes sont bien reconstitués dans une réalisation offrant des passages solides comme le plan-séquence durant lequel De Gaulle traverse un champ de bataille avec le conflit en fond, la violence des situations n’est pas suffisamment marquée et les personnages auraient mérité d’être davantage mis en valeur. Pour autant, Lambert Wilson interprète un De Gaulle avec une poigne de fer à sa hauteur, entre déterminisme (« Quoi que nous fassions, cette guerre sera mondiale, décidons de continuer le combat ailleurs. »), remise en question (« Je suis surtout un homme qui a tout quitté : son pays, ses fonctions, et qui a laissé sa famille dans un pays à feu et à sang. ») et rejet du nouveau pouvoir en place (« Vous êtes dégradé et déchu de la nationalité française. »). Le célèbre appel du 18 juin 1940 marque le dernier acte du long métrage, dont l’intérêt réside essentiellement dans le choix de la courte période qu’il traite et dans les quelques bons passages qu’il en retire.

« Les mots, ce sont les seules armes qu’il me reste… »