Pinocchio (1940) d’Hamilton Luske et Ben Sharpsteen

 

Date de sortie : 23 février 1940 (États-Unis), 2 octobre 1946 (France)
Réalisateurs : Hamilton Luske et Ben Sharpsteen
Comédiens de doublage : Mark Lesser, Roger Carel, Teddy Bilis, Michel Roux, Pierre Garin, Pierre Collet, Évelyn Séléna
Genre : Animation
Nationalité : Américain
Compositeurs : Leigh Harline et Paul J. Smith (musique), Ned Washington (paroles)

« Quand on prie la bonne étoile… »

Deuxième classique d’animation des studios Disney, Pinocchio s’inspire du roman de Carlo Collodi pour faire de son personnage principal une marionnette héritière de la tradition italienne et de la commedia dell’arte. Le scénario prend place dans un petit village où le sculpteur sur bois Geppetto, vivant seul avec son chat Figaro et son poisson Cléo, fabrique la marionnette d’un petit garçon qu’il aimerait voir prendre vie. Symbolisant la bonne étoile évoquée dans la chanson d’introduction, la Fée Bleue exauce son souhait et demande à Pinocchio de bien se conduire s’il veut un jour devenir un vrai petit garçon. Personnage emblématique racontant le début du film, Jiminy Cricket s’abrite alors chez Geppetto et devient la conscience du petit pantin de bois, qui a tout à apprendre pour bien se conduire à l’extérieur.

Un personnage emblématique repris dans de nombreuses autres œuvres de Disney.
« Hi-diddle di di, à moi la vie d’artiste ! »

L’histoire de Pinocchio peut se définir comme un parcours initiatique dans lequel le héros doit effectuer les bons choix en découvrant le monde réel. Censé se rendre à l’école, il croise d’abord la route de Gédéon et Grand Coquin, un chat et un renard servant de premier obstacle qui le détourne du droit chemin. Se laissant piéger pour devenir acteur, il se retrouve dans la roulotte du marionnettiste Stromboli, caricature gitane de l’escroc par son attitude et ses gestes, mais également satire juive par les expressions de son visage et l’obsession qu’il voue à la richesse. Le thème de la sincérité fait alors surface tandis que Pinocchio se retrouve enfermé dans une cage, son nez s’allongeant proportionnellement aux mensonges qu’il raconte à la Fée Bleue.

Un premier aperçu du traitement que le scénario réserve aux enfants.

Terriblement sombre dans son traitement des enfants, le film passe un nouveau cap avec l’île enchantée, sur laquelle un cocher à l’allure peu recommandable emmène les enfants désobéissants pour qu’ils puissent s’amuser comme bon leur semble, boire des pintes de bière et fumer des cigares. Il y rencontre Crapule, un délinquant plus âgé pouvant rappeler le taquin Mickey Rooney dans le court métrage « Chasseur d’Autographes », qui met en scène Donald Duck. L’indocilité se concrétise alors par la transformation des enfants en ânes, dont le cocher et ses hommes arrachent les vêtements avant de les mettre en cage malgré leur souhait explicite de retrouver leur maison. Un effroyable traitement de l’esclavage repris de longues années plus tard dans Le Triomphe de Babar. Encore plus étonnant, le dernier passage du film se déroule dans le ventre d’une immense baleine nommée Monstro, Geppetto s’y retrouvant prisonnier avec ses deux compagnons. Un scénario tout aussi original que celui de « La Baleine qui voulait chanter au Met », court métrage faisant partie de la future compilation La Boîte à Musique.

« Vois-tu Pinocchio, c’est ainsi qu’un mensonge grandit, grandit… jusqu’à ce qu’il se voie comme le nez au milieu de la figure. »
Un antagoniste dont on n’a plus aucune nouvelle à la fin de l’aventure.

Véritable prouesse technique pour son époque, Pinocchio arbore une animation de grande qualité et est rythmé par des chansons devenues emblématiques comme « Un pantin de bois », « La Vie d’artiste » et surtout « Sans aucun lien ». Le film fait aussi appel à des comédiens de renom pour son doublage français de 1975, à commencer par Mark Lesser (Trunks, Broly et Gohan adulte dans Dragon Ball Z, Zoïzite dans Sailor Moon) pour Pinocchio, mais aussi Roger Carel (Timothée dans Dumbo, Kaa dans Le Livre de la Jungle, Persifleur dans Robin des Bois) pour Jiminy Cricket et Teddy Bilis (le Roi de Cœur d’Alice au Pays des Merveilles, M. Mouche dans Peter Pan, le sultan d’Aladdin) pour Geppetto.

Un personnage attachant par le sort qui lui est réservé.
Une violence rarement vue dans les productions Disney.

Espérant renouveler le succès de Blanche-Neige et les Sept Nains, Disney doit faire face à la Seconde Guerre mondiale et Pinocchio obtient des résultats mitigés au box-office, tout comme son successeur Fantasia, sorti quelques mois plus tard. Le film reçoit toutefois un grand succès d’estime avec les années ainsi qu’un héritage laissant réapparaître certains personnages dans d’autres œuvres. Si Figaro et Cléo sont réutilisés dans plusieurs courts métrages, Pinocchio et Grand Coquin effectuent un caméo dans la scène finale de Qui veut la Peau de Roger Rabbit ? tandis que Jiminy Cricket ressurgit comme narrateur dans Coquin de Printemps et en tant que fantôme des Noëls passés dans Le Noël de Mickey.

Un rendu gigantestque très réussi !

En 1996, Pinocchio est même adapté sur Super Nintendo, Mega Drive et Game Boy dans un jeu de plates-formes reprenant fidèlement le déroulement du dessin animé avec des phases de gameplay très variées. Il fait également partie des univers Disney à être exploité dans la saga Kingdom Hearts, que ce soit à l’intérieur du ventre de Monstro dans le premier épisode sur PlayStation 2 et sa suite sur Game Boy Advance, ou au Paradis des Garnements sur Nintendo 3DS. Il faut ensuite attendre 2022 pour une adaptation en prises de vue réelles par Robert Zemeckis, avec Tom Hanks dans le rôle de Geppetto et Luke Evans incarnant le cocher.

Emmanuel Delextrat

Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j'ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La soupe aux choux, mais aussi de nombreux dessins animés (courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo ; longs métrages Disney avec Alice au pays des merveilles en tête ; animés japonais avec Sailor Moon et Dragon Ball Z ; j'aime aussi particulièrement Batman et Tintin). Mes années 90 ont été bercées par les comédies de Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête), ou d'autres films que j'adore comme Les valeurs de la famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à tout prix). C'est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par The Dark Knight, Casino Royale, Dragon l'histoire de Bruce Lee ou encore Rambo. Collectionneur, j'attache de l'importance au matériel et j'ai réuni deux étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Il va sans dire qu'il m'en reste encore beaucoup à voir...

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :