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Liam Debruel

Liam Debruel
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Amoureux du cinéma. À la recherche de films de qualités en tout genre,qu'importe la catégorie dans laquelle il faut le ranger. Le cinéma est selon moi un art qui peut changer notre vision du monde ou du moins nous faire voyager quelques heures. Fan notamment de JJ Abrams,Christopher Nolan, Edgar Wright,Fabrice Du Welz,Denis Villeneuve, Steven Spielberg,Alfred Hitchcock,Pascal Laugier, Brad Bird ,Guillermo Del Toro, Tim Burton,Quentin Tarantino et Alexandre Bustillo et julien Maury notamment.Écrit aussi pour les sites Church of nowhere et Le quotidien du cinéma. Je m'occupe également des Sinistres Purges où j'essaie d'aborder avec humour un film que je trouve personnellement mauvais tout en essayant de rester le plus objectif possible :)

Walerian Borowczyk : Les contes immoraux + La bête

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Les contes immoraux

Année : 1974

Pays : France

Casting : Lise Danvers, Paloma Picasso, Charlotte Alexandra, Fabrice Luchini

 

La bête

Année : 1975

Pays : France

Casting : Sirpa Lane, Lisbeth Hummel, Elisabeth Kasa, Pierre Beneditti

 

Le sexe a toujours été le plus grand tabou dans le septième art. Il suffit de voir les réactions que suscite sa représentation à l’écran (« Love », « Nymphomaniac » ou encore « La vie d’Adèle » interdits aux moins de dix-huit ans en France grâce à la merveilleuse * tousse * association Promouvoir). Il semble pourtant que les gens soient autant attirés par l’érotisme à l’écran qu’ils en sont choqués. C’est ainsi qu’actuellement, un film comme « Cinquante nuances de Grey » et sa suite, pourtant assez pudiques, sont vus par les spectateurs comme des parangons d’érotisme cinématographique. Il est donc intéressant que la société Carlotta sorte un coffret Walerian Borowczyk ainsi que deux éditions Blu Ray simples de deux de ses œuvres parmi les plus réputées : « Les contes immoraux » et « La bête ». Ce sont ces deux éditions que nous aborderons aujourd’hui.

Commençons par le premier sorti chronologiquement : « Les contes immoraux », sorti en 1974, est composé de quatre courtes histoires abordant l’érotisme de diverses manières. Ainsi avons-nous droit à une fellation en bord de mer, une initiation à la masturbation, une rencontre sanglante avec Erzebeth Bathory et les histoires d’inceste des Médicis.

Borowczyk amène dans ces histoires une forme d’érotisme qui se veut au départ subtile avant d’exploser à l’écran dans des images à la sensualité palpable. Difficile de ne pas se laisser porter par un rythme quasiment onirique, lent et assez doux, avant que n’arrivent lesdites scènes charnelles. Borowczyk sait ainsi quand cadrer plein ou hors champ, ce qu’il peut dévoiler ou ce qu’il vaut mieux dissimuler, afin de mieux aguicher le spectateur pris dans sa toile. Si certains pourront être rebutés par une certaine forme de lenteur narrative et un jeu théâtral de plus en plus critiqué actuellement, on ne peut négliger l’aspect sensuel de ces récits ainsi que leurs quelques coups de poignard à la religion, notamment dans « Pauline philosophe » et « Lucrecia Borgia ». À noter aussi que l’on retrouve Fabrice Luchini jeune dans le premier court, « La marée », l’occasion de voir qu’il disposait déjà d’un jeu assez atypique.

Ces « Contes immoraux » devaient contenir une cinquième courte histoire, « La bête », que Borowczyk préférera mettre de côté afin de la rallonger et de la sortir en salles un an plus tard. Une jeune femme arrive dans une famille assez bourgeoise et va découvrir un terrible secret les entourant…

On sent l’aspect rallongé et étiré du récit, notamment dans la description de cette famille bourgeoise, et cela pourrait en rebuter plus d’un. Néanmoins, cela peut être interprété comme un corset narratif qui étouffe le spectateur avant de se briser et de se libérer dans les séances de rêves de l’héroïne. Ceux-ci pourront au choix attirer ou repousser au vu de la nature animale de la créature, faisant penser à une transposition de « La belle et la bête », la métaphore sexuelle moins subtile bien évidemment. Tout cela fut bien évidemment annoncé au début avec ces chevaux s’accouplant mais le résultat pourrait bien déconcerter les spectateurs ne s’attendant guère à ces scènes fort explicites. Cela confirme néanmoins l’aspect libérateur de la sexualité pour les personnages féminins.

Niveau bonus, les éditions Blu Ray simples auront de quoi ouvrir un peu plus les connaissances sur la matière pour les personnes s’étant intéressées à l’achat. Ainsi, chacun des films a droit à une introduction assez intéressante et informative. Concernant « Les contes immoraux », on a droit au montage original du film avec le court « La bête » tel que diffusé au Festival de l’Âge d’Or, un montage donc intéressant sur la vision de départ du film. Sont également inclues des vidéos présentant les secrets du film, des retrouvailles entre l’équipe derrière celui-ci et une présentation d’objets qui inspireront Borowczyk. Quant à « La bête », on peut retrouver un making-of, la bande-annonce et deux courtes vidéos, une sur la créature même et une autre sur les peintures de Bona Tirbelli de Pisis. Bref, de quoi satisfaire les amateurs de ces films dotés d’une restauration exemplaire.

« Les contes immoraux » et « La bête » sont donc deux œuvres du cinéma sensuel des plus recommandables, ayant par moment un peu vieilli mais gardant quand même une force érotique non négligeable. Et là où les seules œuvres censées titiller ayant accès aux salles restent assez pudibondes, il est bon de revoir ces films révélateurs d’une sexualité qui peut être iconisée en gardant son ardeur et son impact.

Rusty James de Francis Ford Coppola

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Année : 1983

Pays : États-Unis

Casting : Matt Dillon, Mickey Rourke, Diane Lane, Nicolas Cage, Dennis Hopper

Francis Ford Coppola a offert au cinéma de nombreuses œuvres reconnues comme « Apocalypse now » et la trilogie « Le Parrain ». Néanmoins, il a aussi réalisé d’autres films de grande qualité qui mériteraient plus de reconnaissance. C’est le cas de ce « Rusty James », que Wild Side ressort dans une édition collector. Alors, achat obligatoire ?

Rusty James est une petite frappe de Tulsa qui vit dans l’ombre de son fameux grand frère, le Motorcycle Boy, parti depuis plusieurs mois. Un jour, celui-ci revient, sauvant son jeune frère d’une mort certaine lors d’une rixe…

Dès le départ, Coppola l’a annoncé : son « Rusty James » sera un film d’art pour adolescents. Grande réussite en effet au vu du mélange d’un genre de film de gang avec une mise en scène des plus léchées. Ainsi, cette association nourrira l’un l’autre, notamment avec ces plans expressionnistes, plongeant ses personnages dans un cauchemar urbain, conforté par son atypique bande originale.

Le duo Dillon-Rourke appuie la réussite de ce film avec ce jeune homme voulant à tout prix marcher sur les pas de son aîné iconisé par son quartier. Il se dégage une antinomie dans leurs interprétations, une plus posée et une plus nerveuse, qui contribue à la crédibilité de leur relation. Tous deux dégagent un charisme débordant qui nous pousse à les suivre en tant que spectateurs et éclipsant tout autre protagoniste sur le côté. Cela correspond au récit d’ailleurs, notamment avec la romance entre Rusty James et Patty, assombrie par la volonté de notre héros de devenir son frère.

« Rusty James » est ainsi une œuvre sur la puissance de nos icones, que leur réputation se rapproche plus du mythe que du réel, tout en abordant la fuite inexorable du temps. Les horloges sont ainsi beaucoup présentes dans cette œuvre, leurs aiguilles s’accélèrent même mais il semble que nos héros ne s’en rendent guère compte, préférant vivre leur existence comme si chaque jour était le dernier.

Le visuel du film est respecté sur son format dvd, rétablissant la beauté de cette œuvre. Le disque offre de nombreux bonus comme des scènes coupées, un court making-of avec images d’archives, un retour sur la création musicale, la bande-annonce ainsi que le commentaire audio du réalisateur. En plus de ces suppléments sur disque, il ne faut guère oublier le passionnant livret qui l’accompagne,plus de 180 pages composées d’images et d’informations en tous genres grâce à une analyse pointue de son auteur, Adrienne Boutang. Bref, de quoi faire un excellent complément à ce splendide « Rusty James », présenté dans un très bel écrin qui mérite bien évidemment l’investissement.

Les Sinistres Purges présentent : « Cinquante nuances de Grey » de Sam Taylor-Wood

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Sara était déstabilisée par le regard de Liam. On pouvait lire dans ses yeux si bleus la douleur passée et les souvenirs tortueux qu’il cachait. Il lâcha alors : « J’ai des goûts très particuliers. Vous ne pourriez pas comprendre ». Elle murmura alors : « Initiez-moi ». Il prit alors sa main et l’emmena vers une salle à la porte aussi rouge que les joues d’une pucelle face au torse de Channing Tatum( ou Dan Stevens si vous avez vu « The guest »). Il s’en dégageait une odeur d’eau bénite et de douleur. « Voici ma salle de Purge » dit-il. « Comme « American Nightmare ? » » demanda-t-elle. « Oh non, ce sont des chefs d’œuvre à côté… » répondit-il, l’air las et effrayé. Liam ouvrit la porte et Sara put alors voir ce que contenait la mystérieuse salle : des centaines de dvd. Malheureusement, ce n’était pas n’importe quels films qui se trouvaient ici : rien que sur la première étagère se trouvaient des titres aussi infamants que « Catwoman », « Gamer », quatre « Resident Evil » ou encore « Terminator Genisys ». Sara ne sut vers où tourner son regard. Liam déclara alors sur un ton solennel : « Bienvenue dans mon monde ».

 

« Mec, c’est quoi cette merde? » Mathieu était dégoûté par ce que son ami venait d’écrire. « Pourquoi tu plagies cette bouse de gaspillage d’arbres aussi érotique qu’un épisode de Oui-Oui ? » Liam lâcha « D’abord, les insultes sur les étrons artistiques, c’est mon territoire donc pas touche. Enfin, je me suis dit que ça pouvait réussir vu que les gens semblent avoir développé des goûts scatophiles » « Oui mais te rabaisser à ça… » « Écoute Mathieu, je pense que mes Sinistres Purges ont un potentiel commercial… » « Oui, pour un plagiat de l’Odieux Connard » Liam l’ignora « … et vu que tu connais des maisons d’édition, cela serait vraiment sympathique de ta part si tu me donnais un coup de main pour que mon « Cinquante nuances de purges » soit distribué en librairies » Mathieu réfléchit quelques secondes : « Je ne te promets rien mais je vais me renseigner ». « Merci, je t’en dois vraiment une ! » se réjouit notre critique. Mathieu eut alors le plus diabolique des sourires et ricana : « Oh oui, tu m’en dois une » avant de partir dans un amas de fumée sombre et sur une musique terrifiante (on va dire un duo Jul-Maître Gims, je pense que c’est assez horrible pour une sortie machiavélique et horrible). Votre Monsieur Popcorn se mit alors à s’attaquer au dangereux défi que lui a adressé Morman Freegan : se taper « 50 nuances de Grey » pour la Saint-Valentin. Et en plus, en édition spéciale (qu’il a obtenue de manière rocambolesque mais là n’est pas la question) en regardant la « Version Longue avec fin alternative inédite » (car il aime la souffrance et que les versions longues sont d’ailleurs plus douloureuses à aborder). Bref, sortons les fouets et le lubrifiant : c’est parti pour le côté gris de la Saint-Valentin…

Le film commence avec un montage alterné entre nos deux protagonistes : Anastasia Steele et Christian Grey. La première est une étudiante en littérature et le second un riche homme d’affaires. La jeune femme arrive devant la Grey Tower et … excusez-moi mais cette contre-plongée ne fait que souligner l’aspect phallique de la tour. Oh oui, que j’aime voir des grands immeubles en verre, oh oui…. Elle pénètre alors dans son bureau (avant que lui ne le fasse… ah oui, cette Sinistre Purge sera remplie de blagues de cul lourdingues et vu que je me suis tapé cette merde, je le mérite, putain !) en se cassant la gueule, rattrapée par la gravité et la merditude du film dans lequel elle se trouve. Est-ce aussi une métaphore du niveau de médiocrité de cette chose ? Néanmoins, cela lui permet de s’attirer le regard de ce psychopathe d’homme d’affaires de Donald Tr… Je veux dire Christian Grey (désolé, lapsus. Et dans « Lapsus », il y a…). Elle commence alors à l’interviewer à la place de l’amie qui devait s’en occuper car elle avait de la fièvre (pas de problèmes : un suppo et au lit. Et par au lit, je veux dire…) et lui pose donc les questions préalablement écrites par celle-ci. Et bien évidemment, le malaise ne fit qu’augmenter lorsqu’elle lâche « Êtes-vous gay ? ». Heureusement, Christian ne réagit pas tant vexé que ça, trop hypnotisé par le mâchouillement de son crayon par Ana (et non, ce n’est pas un sous-entendu de ma part. Enfin, c’est ce que fait le film mais… oh et puis merde, ce navet dure deux heures putain). Il annule même un rendez-vous pour pouvoir profiter plus longtemps d’Anastasia et lui parler, lui glissant qu’il pratique quelques activités physiques (si vous voyez ce que je veux dire), avant qu’elle ne reparte. Le temps de voir Grey lâcher devant son ascenseur un « Anastasia » puis elle un « Christian » avant que les portes ne se referment sur elle. Retenez ce plan, cela sera utile plus tard. Elle sort alors du bâtiment, la bouche ouverte sous la pluie, l’air marquée par cette rencontre « intense ». Bon, je crois que ce film accumule trop de sous-entendus aussi subtiles que mon énorme bi…llet d’avion donc je vais éviter d’en rajouter.

Elle rentre chez elle pour retrouver sa coloc grippée qui la remercie car monsieur Grey (à prononcer sur un ton sensuel et langoureux, ce que n’est pas ce film d’ailleurs) lui a envoyé un mail avec toutes les réponses à ses questions et justifie sa question sur son homosexualité par une absence de compagnie féminine sur toutes ses photos. Donc, elle désire se lancer dans une carrière pour « Public » ? Je croise les doigts pour elle, même si « Closer » est à ce qu’il paraît devenu plus politique depuis le coup du scooter d’Hollande (à ne pas confondre avec le fromage d’Hollande ! Ok, je sors). Ana, elle, part à son travail dans un magasin de bricolage. Et qui c’est qui apparaît d’un coup en mode harceleur effrayant ? Donal… Je veux dire Christian Grey (je continuerai jusqu’à ce que vous ayez l’image de Donald Trump nu qui vous brûle chaque morceau de votre âme). Il lui demande alors de la corde, du ruban adhésif et des liens de serrage, bref que du matériel de gentil et adorable psychopathe se préparant à un amusant kidnapping des familles. Ce qu’Ana fait remarquer d’ailleurs, avant que Christian ne lui lâche une réponse ambiguë (« Pas aujourd’hui ») qui aurait fait frémir de peur n’importe quelle personne censée, avant d’appeler la police et l’armée parce que le Joker a décidé d’enlever son maquillage et de se spécialiser dans les sévices sexuels (ce qui me rappelle que NON, je n’aborderai JAMAIS Suicide Squad dans cette rubrique).

Elle lui demande en même temps une photo pour son amie, ce qui pousse Christian à faire un shooting en compagnie des deux jeunes femmes et de José, ami photographe d’Ana qu’elle qualifiera plus tard de « frère » (ne t’en fais pas vieux, on a tous connu les affres de la friendzone). Tout cela a un prix évidemment, ici celui d’un café avec Ana. Bon, vaut-il mieux que je tape sur les dialogues ineptes (comme pour le restant du récit d’ailleurs) ou sur le fait que le mec prend le muffin de la jouvencelle avant de le lui rendre comme s’il lui donnait un ordre ? Vu que je sens que je vais déjà me faire taper dessus juste pour avoir osé critiquer ce navet, je crois que je vais juste vous laisser réfléchir sur le niveau élevé de « harceleur » de ce cher Christian. En pleine conversation, il lâche ainsi à Ana qu’il ne peut pas (jouer ?) et dans la rue, après l’avoir sauvée d’un risque de collision avec un vélo, lui déconseille de le revoir.

Effondrée, elle décide alors de partir en sortie avec ses amis s’émécher pour oublier (mon programme pendant tout un temps de ma vie pas si éloigné. Le comptoir du bar dans le coin de ma rue se souvient encore des heures que nous avons passées ensemble le soir à pleurer, mon verre d’amaretto en main, sur l’état du monde et de… non, je déconne, je voulais juste partir en gros hors sujet). En attendant dans la file menant aux toilettes, Ana appelle Christian en le taquinant et en avouant avoir bu. Mais alors qu’il réclame l’endroit où elle se trouve, elle raccroche et se fait accoster par José qui tente de s’échapper de la friendzone. Malheureusement, ce gredin de Christian, arrivé comme cela (apparemment, ce serait en retraçant l’appel d’Ana. Non, ce n’est pas flippant du tout), ramène celle-ci dans sa chambre d’hôtel, après avoir modérément vomi sur ses chaussures (une réaction normale aussi après le visionnage du film d’ailleurs).

Ana se réveille dans la chambre et trouve sur la table de nuit des médicaments et du jus d’orange avec écrit à côté « bois-moi » et « mange-moi ». Je pense que je vais aussi arrêter de parler de ces nombreux ordres donnés par ce cher Christian, cela deviendrait un cycle perpétuel. Je vais juste dire que la liberté d’action de l’héroïne est aussi existante que la possibilité de voir Marine Le Pen se battre contre le racisme. Voyant Grey revenir, elle lui demande si lui et elle ont… vous voyez… le but du film quoi. Réponse de l’intéressé : « La nécrophilie n’est pas mon truc ». Wouaw. Que ce film est romantique. Et ce n’est pas tout : il enlève son t-shirt de manière aléatoire, balance en s’approchant fortement d’Ana que « s’il était (sienne), il la corrigerait », croque un morceau du toast qu’il lui avait beurré avant de balancer qu’il doit se doucher. Wouaw. Juste wouaw. Le niveau d’écriture de ce machin est proche du néant. Mais cela fonctionne puisqu’ils discutent encore et que Christian, le regard souffrant, balance qu’il a des goûts particuliers, qu’elle ne peut pas comprendre. Elle demande alors à être initiée. Excusez-moi, je vais faire une courte pause, le temps de regarder un bon film. Ou de jeter un œil sur Brazzers voir après un truc plus érotique, mieux joué et mieux écrit que ce machin. Enfin … c’est ce qu’on m’a dit. Je ne suis jamais allé sur Brazzers, non… Juste sur Youporn.

Bon, maintenant que je me suis un peu lavé les yeux (et non, pas les mains, bande de dégueulasses). S’étant changée, Ana discute encore avec Christian qui balance entre autres qu’il ne la touchera pas sans consentement écrit. Euh … Anastasia ? C’est peut-être le moment pour courir non ? Non ? D’accord… Bon, les signes étaient là pour t’annoncer que tu allais tomber dans les griffes d’un prédateur sexuel… Discussion futile ascenseur et OH MON DIEU, ILS S’EMBRASSENT PUTAIN, ILS S’EMBRASSENT ! Il n’aura fallu attendre que trente LOOOOOOOOOOOOOOONGUES minutes de film pour avoir un putain de baiser. Dites-vous qu’il me reste une heure et demie et que je sens que les scènes de sexe vont être aussi érotiques qu’un fromage trop longtemps resté au soleil. Et tout ça en espérant que ça illumine la Saint-Valentin de certain(e)s d’entre vous. De rien.

Grey s’arrange pour que son chauffeur Taylor aille au boulot de sa jolie escl.. amoureuse afin de l’emmener sur une tour où ils vont s’envoyer en l’air. Je veux dire, en hélicoptère. Ah, ce bon vieux coup de l’hélicoptère est un véritable aimant à femmes. Dommage que le mien soit encore en réparation… Il l’emmène ensuite dans son splendide appartement où il lui fait signer un accord de confidentialité, PUTAIN COURS ANA COURS ! Je suis sûr que c’est le même endroit où Patrick Bateman a tué Jared Leto ! Et comble de l’érotisme : Christian Grey ne fait pas l’amour, il « baise. Brutalement ». Excusez-moi trente secondes, je vais vite sortir de chez moi pour trouver quelqu’un pour vomir sur ses chaussures.

Christian prit Ana (par la main, bordel, calmons-nous!) et la conduisit devant une porte qui renferme sa « salle de jeux ». Ce à quoi réagit Ana : « Avec une Xbox ? ». Bon Ana, laisse-moi te demander un tout petit truc de rien du tout : est-ce que tu es niaisement conne ou tu le fais exprès ? Parce qu’après toutes les déclarations de ton adorable psychopathe musclé d’amour, je crois qu’il faudrait être vraiment stupide pour croire ensuite que lorsque l’on parle de salle de jeux après avoir déclaré que l’on « baise. Brutalement », il y ait peu de chance pour te trouver dans la chambre du Joueur du Grenier. Christian lui ouvre la porte pour dévoiler ses jouets, ce qui fait comprendre à Ana que non, ce ne sont pas les boutons d’une manette qu’il veut triturer. Il lui dit aussi qu’ils ne dormiront pas ensemble, qu’elle devra être disponible certains jours et que si elle veut négocier, elle peut (ce qui apparemment ne fait toujours pas retentir une sonnette d’alarme dans sa tête). Elle avoue alors qu’elle n’a jamais eu le temps de goûter aux plaisirs de la chair, ce à quoi Christian, romantique comme pas deux, se propose de combler vite fait bien fait car il ne faut pas déconner non plus.

Bon alors oui, il y a une scène de sexe (petite pensée pour ceux du fond de la salle équipés d’une boîte de mouchoirs) mais il faut avouer qu’elle est soft et …voilà quoi. J’ai vraiment l’impression de n’avoir rien à dire sur cette scène à part que l’on peut trouver bien plus érotique et excitant en films. Mais bon, c’est peut-être aussi parce que j’ai vu « Love » avant… Bref, Ana se réveille pendant la nuit, voit Christian jouer du piano (il y a des gens qui dorment la nuit putain), ils se sautent dessus à nouveau et on en arrive au réveil où après un petit déjeuner où il lui lèche les doigts, Christian fait prendre un bain à Ana. Après cela, il lui attache les poignets et commence à la lécher quand sa mère arrive et c’est la débandade (tam tam tsouin). Ils se rhabillent, font coucou à maman avant que monsieur Grey (vous le dites encore sur un ton langoureux j’espère) explique à Ana comment il est devenu comme ça, notamment en parlant de l’amie de sa mère qui l’a initié à 15 ans et OH PUTAIN, C’EST DU PUTAIN D’ABUS DE MINEUR, MAIS QUE FAIT LA POLICE ? Ah oui, c’est aux États-Unis, ils doivent être occupés à tirer sur des personnes de couleur innocentes.

Christian remet à Ana le fameux contrat en lui lâchant un « A plus, bébé » (*gros soupir de plusieurs minutes*) et découvre que Christian lui a encore offert un truc, ici un ordinateur d’une marque fruitière (halte au placement de produit !). Elle se renseigne sur le contenu de son engagement. Un peu effrayée, elle lui dit que ce fut sympa de le connaitre. Réaction mature et tout à fait légale du monsieur ? Débarquer dans son appartement pour lui faire l’amour sur une BO se voulant langoureuse mais qui me casse cordialement mes parties génitales masculines. Il lui passe un glaçon, ça la chauffe, voilà quoi. Néanmoins (ou sourcilenplus), Ana ne se laisse pas faire et décide de faire une réunion avec Christian pour lui montrer qu’elle est aussi douée en négociation qu’en… qu’en. Je vous laisse rajouter ce que vous voulez, cette blague est vôtre. Elle refuse ainsi plusieurs choses, demande ce qu’est un plug anal (je pense que si, Ana, tu sais ce que c’est vu que le terme devrait te faire comprendre ce que c’est directement). A peine la réunion est finie que Grey déclare vouloir baiser Anastasia jusqu’à la fin de la semaine (mmh, élégance et délicatesse, les qualités principales d’un gentleman) en lui faisant remarquer qu’elle se mordille la lèvre (car oui, ils te font bien comprendre que cela signifie qu’elle est fort excitée en faisant cela, avec la même subtilité que le restant du film) et lui dit qu’il veut la faire basculer sur sa table de réunion ? Anastasia fait monter la sauce (de manière littéraire) avant de refuser dans ce qui se veut être une preuve que notre héroïne sait dire non.

Vient la remise de diplôme de cette chère Anastasia où, par PUR HASARD, Christian Grey vient faire un petit discours, notamment en disant vouloir financer le combat contre la faim dans le monde, et demander à Ana quand il pourra la retourner comme une crêpe (en espérant que vous n’ayez pas oublié d’en manger pour la chandeleur !). Il rencontre le beau-père d’Ana avant de la féliciter en soirée par une bonne petite fessée des familles, ce qui semble plaire à notre héroïne avant qu’elle ne déclare à sa mère souffrir de sa relation. Une partie de moi hurle de joie qu’elle se rende compte que oui, ce cher Christian aurait besoin de la case qui lui manque, mais en même temps, cela arrive tellement grossièrement que je reste sur ma faim. Bon, je vais passer la scène de sexe qui suit car oui, Grey lui donne un avant-goût de son fétiche (et il est amer, le goût. D’accord, je sors) et parce que franchement, elles sont tellement surestimées que l’on peut passer dessus. Nos amoureux partent alors voir la famille de Christian pour dîner. Christian apprend alors qu’Ana va voir sa mère en Géorgie alors qu’il ne le savait pas (TA TA DAAAAAM!) et lui fait une petite dispute dans la serre familiale. Bon, tous deux sont tiraillés, elle part chez sa mère en classe confort grâce aux avantages de Grey (un client de la société Virgin, hein ? Non, celle-là est vraiment foireuse) et alors qu’elles boivent un verre, qui c’est qui arrive de manière chelou (oui, j’ai utilisé ce terme, preuve que ce film me bouleverse, sa mère) ? Notre ami CriCri qui après avoir tenté de ramener sans succès son amoureuse dans sa chambre d’hôtel, lui propose de s’envoyer en l’air en planeur. Continue CriCri, tu l’auras à l’usure !

De retour de son voyage, Ana se rend chez son Christian, qui a apparemment des problèmes avec sa compagnie (lesquels ? Mystère et boule de gomme). Il lui demande de se rendre dans la salle de jeux pour se détendre (tout en se tendant). Il la caresse avec de multiples objets, ils baisent (ben quoi ? C’est lui qui le dit). Elle lui parle après et se demande pourquoi il ne la laisse pas rentrer (parce que c’est lui qui veut le faire, nah !) et pourquoi il veut la frapper (d’après certains critiques, parce que son jeu d’acteur n’est pas des meilleurs je crois). Christian parle de ses cinquante nuances de folie (et l’Oscar de la phrase balançant le titre de son film de la manière la moins subtile possible revient à..) et Ana demande qu’il lui fasse alors la pire punition qu’il pourrait lui infliger. Amateur de sado masochisme, accrochez-vous, cachez les yeux des censeurs et des plus fragiles, voilà le moment le plus sexuel et douloureux du film : six coups de martinet. Quoi, six ? Je veux bien que le film doive rester « déconseillé aux moins de dix-sept ans » et ne pas tomber dans le classement « X » qui lui vaudrait de ne pas sortir en salles mais quand même… Elle s’énerve, pleure dans son lit, décide de partir, rentre dans l’ascenseur en disant « Christian » après qu’il ait lâché un « Ana » et que les portes de l’ascenseur ne se ferment (comme au début, quelle coïncidence), ils vaquent à leurs occupations en pensant à ce qu’ils ont fait précédemment et… FIN ? Bon, je me doutais que cette fin alternative était de la grosse connerie donc jetons un œil à celle de la version cinéma. Ana rentre dans l’ascenseur en disant « Christian » après qu’il ait lâché un « Ana » et que les portes de l’ascenseur ne se ferment et… FIN?????? Dites, est-ce que vous avez oublié de tourner une fin ? Deux heures de vide et même pas une fin correcte ????Putain, remboursez-moi le dvd bordel !

Plus sérieusement, que retenir de ce film ? Que personnellement, je ne peux pas comprendre l’engouement qu’il y a eu autour de cette chose au point de devenir un phénomène. On parle quand même d’une adaptation sur grand écran d’une fan fiction de Twilight écrite sur un Blackberry. Je pourrais dire que l’esthétique papier glacé de la photo n’est pas mauvaise, que la mise en scène est correcte sans essayer mais les acteurs ont été bien meilleurs dans d’autres œuvres (si vous pensez que Jamie Dornan est mono expressif, je vous recommande la série « The fall » où il est très bon) et le scénario est niais et prouve encore une fois que la place de la femme est en tant que soumise avec un sado masochisme de pacotille. Si vous êtes adeptes de cela, vous avez sûrement dû rire devant les techniques utilisées par ce cher monsieur Grey (et oui, je sais que dans le livre, il enlève le tampon d’Ana, ce qui n’est pas du SM mais juste dégueulasse et peu respectueux pour la demoiselle). Ici, l’intrigue semble avoir été écrite par une personne qui s’est dit que même en n’y connaissant rien en SM, elle pouvait se démerder pour balancer ses fantasmes. C’est stupide, vulgaire, irrespectueux pour les adeptes de sado masochisme, pour les femmes et pour les spectateurs tout court. Si je veux être excité par du sexe au cinéma, je crois que je préférerais me remater « Love », « Nymphomaniac » ou encore « les contes immoraux ». Malheureusement, il semble au vu du succès du premier film et de sa suite en salles qu’il est plus populaire de faire du SM ultra soft que de voir des films abordant la sexualité de manière plus charnelle. Il existe néanmoins un avantage à la suite de ce truc, « Cinquante nuances plus sombres » : si l’on ensuit les (trop) nombreuses affiches mettant en avant qu’il n’y aura « plus de règles », on peut se dire que cet adorable Christian n’aura plus à enlever avec rage des tampons pour assouvir sa soif de sang et de baise.

Liam envoya sa Sinistre Purge à Morman Freegan avant de s’affaler dans son fauteuil. Il avait besoin de romantisme et quoi de mieux que « Casablanca », de l’amaretto et son amoureuse pour se reposer et enfin profiter de cette fête commerciale qu’est la Saint-Valentin ? Malheureusement pour lui, son téléphone sonna. Il décrocha et reconnut la voix de Mathieu « Voilà, j’ai contacté une maison d’édition et ils se sont dit qu’ils pouvaient bien te laisser une chance vu comment Valérie Trierweiler et EL James ont cartonné » « Oh merci mon ami ! » « Ce n’est rien Liam. De plus, tu as dit que tu m’en devais une. Alors je vais réclamer ma faveur maintenant… » « Si c’est pour cacher le corps d’une autre call girl dans la forêt, sache qu’il vaut mieux que ce soit près de bouleaux afin que leur sève… » « Non Liam. Je veux la prochaine Sinistre Purge ». « Sur quoi ? »

Liam put sentir le sourire machiavélique de Mathieu à l’autre bout du fil.

« Ne te retourne pas Liam. Ta prochaine Sinistre Purge est devant toi »

Fin ?

Toto le héros de Jaco Van Dormael

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Pays : Belgique

Année : 1991

Casting : Michel Bouquet, Mireille Perrier, Sandrine Blancke

Mettons de côté toute réflexion spirituelle et commençons par une vérité assez froide : nous n’avons qu’une vie. Cette affirmation nous définit et nous pousse dans nos motivations, dans notre quête de l’existence parfaite vu notre passage éphémère dans l’histoire. C’est quelque chose qu’a bien compris le réalisateur Jaco Van Dormael. Et si l’on parle souvent de son « Mister Nobody » qui exploitait ce potentiel et cette interrogation de la multiplicité de chemins que l’on peut suivre, ces regrets sur notre existence propre se retrouvent également dans son premier film « Toto le héros ».

Thomas en est persuadé : sa vie n’est pas la sienne. Il a été échangé à la naissance avec son voisin, Alfred. Aigri par son existence, il se décide alors à l’assassiner…

Le récit se structure entre flashs backs et présent, dans une mosaïque temporelle conforme aux souvenirs multiples de notre héroïque Thomas. Rongé par les regrets, celui-ci se voit parfois envahi par des moments de pure imagination, au point où l’on ne sait plus démêler ce qui est véridique ou non. Sa mémoire est un puzzle dont les pièces ont besoin par moments de se remodeler pour pouvoir s’imbriquer dans le tableau final.

Il se dégage aussi un regard sur l’enfance alternant un oeil cru et un autre plus porté par l’imagination enfantine. On peut y déceler la simplicité de cet âge mais aussi ce tiraillement face à l’incompréhension pour les actes des adultes, qu’on s’explique alors avec merveille mais aussi poésie et tiraillement, tel le style Van Dormael. Le merveilleux et le réalisme se mélangent alors de manière simple et d’une certaine manière logique.

Quant à l’aigreur de Thomas, elle s’explique par sa morne existence d’adulte, dont les chemins se réduisent à cause de son enfance qui ne fut pas des plus chanceuses et de choix malheureux. Ses quelques lueurs d’espoir se voient anéanties, tout comme celles de son « ennemi » Alfred. Et c’est sa compréhension que la vie n’est parfaite pour personne qui poussera notre héros de Toto à agir comme tel.

Ainsi, « Toto le héros » est un récit sur l’imperfection de la vie et donc l’imperfection même d’une quête d’existence parfaite, le tout peint avec le style visuel noté d’un Van Dormael déjà éblouissant pour sa première oeuvre. Son film est ainsi le genre de bande pour lequel notre coeur continuera de faire « boum » et ce jusqu’à ce qu’il arrête de battre. Car la vie est un chemin avec ses détours et ses sillons inattendus mais un voyage dont il faut apprécier la teneur, aussi imparfaite soit-elle…

L’échine du diable par Guillermo Del Toro

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Pays : Espagne

Année : 2001

Casting : Eduardo Noriga, Fernando Tielve, Federico Luppi

S’il existe bien un réalisateur qui met tout le monde d’accord dans le domaine du fantastique, c’est Guillermo Del Toro. Son talent est ainsi proportionnel à sa chance (abandon du Hobbit après deux ans de travail, projets repoussés ou annulés comme « Les montagnes hallucinées ») et chacun de ses films est un événement pour tout amateur de cinéma. Néanmoins, il ne faut pas oublier qu’il lui a fallu du temps pour s’ériger au rôle de « GRAND ». Ainsi, si sa première œuvre, « Cronos », reste remarquablement belle, il faut reconnaitre que c’est avec « L’échine du diable » que le mexicain s’est fait un véritable nom.

Carlos, garçon d’une douzaine d’années, débarque dans un orphelinat alors que la guerre d’Espagne fait rage. C’est dans une ambiance assez lourde, entre brimades de la part des autres garçons et la peur de l’homme à tout faire Jacinto qu’il va découvrir la présence d’un fantôme nommé Santi.

Chez Del Toro, les monstres ne sont pas ceux que l’on croit. Ainsi, le fantôme n’est guère celui à craindre dans l’orphelinat, ni même cette bombe au centre de la cour de l’établissement. L’explosion de violence viendra en effet de Jacinto, ce « prince déchu » comme le nommera Carmen. Le sang et le malheur viennent souvent de la part des humains dans la filmographie de Del Toro car nous vivons chacun avec ce bouillonnement intérieur. Ici, Santi n’est que le résultat de celui-ci et ne consiste qu’en une victime comme les autres. C’est la force d’un Del Toro, qui utilise le fantastique non pour réellement effrayer mais pour émouvoir.

Le réalisateur dépeint également l’enfance avec un regard moins insouciant que beaucoup de ses confrères actuels. Ici, les garçons vivent et meurent violemment, dans un contexte des plus violents que Del Toro représente avec crédibilité (bien qu’il avoue avoir pris plus de libertés historiques ici que dans son proche thématiquement « Labyrinthe de Pan »). Les gens héroïques ne décèdent pas d’une mort plus grande qu’eux mais dans la tristesse et une forme de courage qui devrait être normale (cf le sort des personnages adultes).

La mise en scène s’avère (comme habituellement avec le réalisateur) d’un sublime et d’une crédibilité simple. Ainsi, Santi apparait lors d’un simple champ/contre champ, preuve que si celui-ci fait partie de l’histoire, il n’en est pas l’élément principal. On peut souligner parmi les interprètes un Eduardo Noriga effrayant et pathétique à la fois en Jacinto, ce monstre aux aspirations si lâches mais si humaines.

« L’échine du diable » est donc un immanquable pour tout amateur de fantastique en quête de bon cinéma, ce cinéma qui transpire la vie, l’émotion et la douleur. Nous pouvons encore remercier le grand Del Toro pour cette magnifique œuvre, en attendant comme d’habitude avec fébrilité sa prochaine œuvre (par pitié, un troisième Hellboy !). Car avoir un réalisateur avec un tel talent visuel et une telle réussite dans ses œuvres est un cadeau pour tous les amateurs de cinéma…

La La Land de Damien Chazelle

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Année : 2017

Pays : USA

Casting: Emma Stone, Ryan Gosling, John Legend

Une vague d’amour du chant et de la danse semble avoir submergé le monde entier ces dernières semaines. Porté par des critiques dithyrambiques de la part des critiques et du public ainsi que de ses nombreuses récompenses aux Golden Globes et ses nominations aux Oscars, « La La Land » est devenu LE film à voir absolument en salles. Mais est-ce que cette réputation est justifiée ?

Mia est une jeune femme obligée de servir dans un café entre ses nombreuses (et malheureuses) auditions. Sebastian est un musicien adepte de jazz qui vogue entre petits boulots minables ne rendant guère justice à son talent. Un jour, ils se rencontrent…

Il n’est guère étonnant en voyant sa filmographie de constater que Damien Chazelle a étudié la musique. En effet, ses deux réalisations sont littéralement des films musicaux, où la musique prend une importance plus intense que dans la plupart des productions actuelles. Mais là où « Whiplash » se présentait sous une forme de drame psychologique avec la musique comme un sacerdoce qui exigeait un investissement total, ici elle prend des tournures poétiques, permettant l’expression des personnages, surtout dans une première partie plus « fantasmée » et colorée, tels les idéaux de nos héros.

« La La Land » se découvre ainsi comme une sucrerie cinématographique et ce dès la merveilleuse séquence d’ouverture en plan séquence. L’utilisation même de cette technique à plusieurs reprises dans le long métrage est bien loin de la simple esbroufe visuelle comme on en trouve tant actuellement. Ils dévoilent d’un art du montage sans égal, coupant peu mais coupant bien. Chaque image est ici sublimée avec un cachet rétro grâce à l’utilisation de la pellicule ou encore l’utilisation juste des couleurs pour exprimer les émois des personnages. Il se dégage ainsi de chaque plan un côté classieux mais pas académique, contrairement aux habituels candidats aux Oscars régulièrement guindés et sans vie.

L’histoire part certes d’une romance mais cela n’en fait pas une simple amourette déjà vue et vite oubliable. Tout d’abord, l’alchimie entre Ryan Gosling et Emma Stone est indéniable, les installant même comme l’un des meilleurs (le meilleur?) duos d’acteurs que l’on ait vu depuis un bon moment. De plus, le récit aborde les désenchantements de la vie d’artiste et la difficulté de maintenir ses idéaux dans une industrie artistique où il faut parfois mettre de côté ses rêves pour pouvoir subsister. On peut aussi ressortir de l’intrigue un amour de l’art, qu’il soit musical ou cinématographique, avec ses questionnements sur comment faire survivre celui-ci (cf le personnage de John Legend, interrogeant sur la dualité entre nostalgie et modernité). Enfin, chacune des chansons est intégrée avec parcimonie, notamment dans une seconde partie plus « terre à terre » et bien moins idéaliste et onirique (excepté son final des plus déchirants).

Il y a une vie qui se dégage de ce film, ce genre de vivacité qui fait rentrer les chansons dans la tête de ses spectateurs et qui pousse à danser. On en ressort avec une joie de vivre mais également le cœur un peu serré, la sensation d’avoir vécu une histoire dans laquelle on a été emmené directement à l’intérieur. « La La Land » est ainsi un vrai moment de cinéma et a la capacité de devenir prochainement un véritable classique du genre. Et franchement, cela fait tellement de bien dans un genre sclérosé par les intérêts pécuniers que par pure valeur artistique. Donc oui, la réputation de « La La Land » est plus que méritée et vaut vraiment le coup sur grand écran, afin de s’évader deux heures durant dans un pur moment de rêve, de musique, de cinéma et de vie, tout simplement…

Les figures de l’ombre de Theodore Melfi

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Année : 2017

Pays : USA

Casting : Taraji P. Henson, Octavia Spencer, Janelle Monáe

L’Histoire aime les Héros mais le cinéma aime les héros normaux. Il suffit de voir le nombre de biopics suivant une personne ordinaire au destin extraordinaire. Tel est le cas de ces « Figures de l’ombre », qui arrivent en pleine saison des Oscars et des déclarations peu avantageuses de l’actuel président américain.

« Les figures de l’ombre » suit trois scientifiques américaines se voyant discriminées par leur couleur de peau et leur sexe. Elles prendront leur revanche sur leurs collègues quand elles feront avancer l’avancée spatiale américaine, en pleine compétition avec leurs ennemis soviétiques.

L’idée de départ, bien que partant du schéma cité plus haut du héros ordinaire, a de quoi intéresser. Et il faut l’avouer, le sujet est assez passionnant, aussi bien d’un point de vue scientifique (la conquête spatiale) qu’historique (les discriminations, la compétition permanente entre américains et soviétiques). Ainsi, quiconque s’intéressant à tout cela pourra trouver le film intéressant, porté également par un casting de haut vol.

Néanmoins, le film souffre d’un classicisme des plus communs le fondant dans le moule de l’œuvre oscarisable à souhait. Ce côté propret et académique rend le message bien moins accrocheur et assez lisse. Ce qui est dommage de la part d’un Theodore Melfi qui avait su éviter cet écueil avec le très bon « Saint Vincent ». Oui, le film est oscarisable mais il fait partie de ces œuvres que l’on trouve formellement bien avant que l’impact s’amenuise rapidement après visionnage.

Pourtant, « Les figures de l’ombre » sort à un moment charnière, comme nous l’avons dit plus tôt. Les déclarations misogynes et racistes fusent de toutes parts et un réalisateur aussi admirable qu’Asghar Farhadi ne saura pas se rendre à la cérémonie à cause de sa nationalité. Nous ne sommes plus les yeux tournés vers le haut et la volonté de découvrir l’inconnu spatial mais vers le bas, avec la honte de ne pas savoir régler nos problèmes. Les discriminations subsistent et certains en jouent, politiciens ou non, pour faire passer leur message avec haine. Un mot comme populisme (la voix du peuple, donc) a pris une connotation négative car l’on cultive la peur au lieu de la détruire, tout cela pour obtenir un semblant de pouvoir sur les autres.

En cela, peut-être que « Les figures de l’ombre » mérite son visionnage. Certes, son classicisme académique a déjà été vu et mieux utilisé que cela mais le message de tolérance et de capacité que l’on a tous en commun est (malheureusement) intemporel. Et s’il faut ce genre de films pour pouvoir faire comprendre aux gens que l’on devrait s’en foutre de notre religion, notre sexe, notre couleur de peau ou notre pays d’origine, alors peut-être devrions-nous continuer à en produire encore et encore, jusqu’à ce que les gens comprennent que l’on est tous des êtres humains et que l’on est tous égaux. Bon, dans des oeuvres moins formelles et plus vivantes, ce serait peut être préférable…

Les Sinistres Purges présentent : « Catwoman » de Pitof

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La lune brillait fort dans cette nuit aussi sombre que le costume en simili cuir que portait notre critique. Il déambulait dans les rues de la ville pour faire ce pour quoi il s’était tant entraîné : justice. Le commissaire Daniels l’avait appelé grâce au Pop Signal, qui illuminait le ciel d’un popcorn géant (et sur lequel, à la demande de notre héros, on pouvait mettre du sucre et quelques grains de maïs pour faire un délicieux encas). Liam rejoint le policier à l’air désabusé sur le toit du commissariat.

« Je vous attendais » dit-il en se caressant sa moustache sel et poivre D’arvor. « Cela doit revenir ».

« Je croyais que je ne l’aurais plus à affronter » lâcha Liam, avec une voix mi cassée pour que personne ne puisse le reconnaitre (comme Christian Bale dans la trilogie Batman de Christopher Nolan et oui, c’était justifié alors bande de petits cons qui se plaignent de cette voix alors qu’ils feraient la même chose s’ils étaient des justiciers masqués, vous pouvez cordialement vous faire enfoncer mon bat grappin dans le c…), eut égard des critiques qu’on lui balançait.

« Peut-être Popcorn mais le fait est qu’avec l’augmentation des sorties super héroïques, les gens se plaignent pour un rien. Si un film aborde des thématiques mythologiques, religieuses et actuelles comme la déception des médias, les gens se plaignent que cela ne ressemble pas au concurrent principal. Quand les producteurs tentent d’arranger le tir en modifiant un film sombre en comédie loufoque, les gens se plaignent car cela ressemble trop aux productions du concurrent. Et quand ledit concurrent sort le même film plusieurs fois, le grand public râle mais les critiques applaudissent. Nous devons donc leur rappeler ce qu’est LA médiocrité super héroïque ». Popcorn soupira « Les Quatre fantastiques version Tim Story, cela conviendrait ? » « Non Popcorn, j’ai dit LA , en majuscules » « Oui mais les majuscules ne s’entendent pas à l’oral ». « Ah oui ! Excusez-moi, j’avais oublié qu’il fallait arrêter de détruire le quatrième mur. La mairie veut me faire payer pour les reconstructions de ceux-ci ». Popcorn s’avança alors vers le commissaire « D’accord, Daniels… » « Appelez-moi Jack, je vous prie » « Et vous, arrêtez avec vos calembours foireux, j’ai à peine survécu aux Visiteurs 3! J’accepte mais je ne veux plus avoir affaire à cet étron du diable, à cette diarrhée cinématographique et à ce viol de caméra. C’est personnel et vous savez pourquoi. »

« Popcorn, est-ce que vous croyez que le monde comprendra un jour la médiocrité absolue ? » « Il y a des fois où je le pense, Daniels. Et il y a des fois où je me rappelle que les gens ont voté pour un milliardaire raciste et misogyne comme président en espérant que celui-ci allait aider les pauvres. » Popcorn sauta alors du toit pour atterrir dans sa Popcorn Mobile et retourner dans son QG, un ancien cinéma avec des caméras en pellicule (oui, c’est son fétiche, ça, le cosplay Star Wars et les bébés ornithorynques). Il s’installa dans un fauteuil accompagné d’eau bénite, d’un crucifix constitué par deux caméras Super 8 et de quoi écrire son testament. En effet, la Sinistre Purge du jour n’est autre que « Catwoman ». Yep, ça va chier…

Après un générique qui se veut mystérieux et historique (non, ça ne pue pas déjà la merde), on voit le corps d’Halle Berry flotter dans l’eau alors qu’elle prononce en voix off « Tout a commencé le jour où je suis morte » (Cette odeur ? Non, je ne sens rien, je vous dis). Je ne vois pas pourquoi les voix off de mauvais films essaient tellement d’être spirituelles. Bref, nous sommes à Goth.. Euh, New York plutôt. D’accord, là cela transpire la merde à des kilomètres. Une adaptation ne doit pas toujours coller à la source originale pour réussir, c’est vrai. Mais faire un film Catwoman se déroulant à New York est aussi cohérent qu’un film Batman tourné à Marseille. Tu ne vois pas Bruce Wayne boire un pastis sur la canebière ? Cela tombe bien, je ne vois pas Selina Kyle travailler dans une agence de beauté à Big Apple. Ou plutôt Patience. Yep, ce film est un doigt d’honneur pour les fans de Batman en moins de cinq minutes. Et après, certains osent encore se plaindre des quelques fans services dans Star Wars 7 et OH MON DIEU, IL Y A LAMBERT FUCKING WILSON ! L’homme que je considère personnellement comme un des acteurs les plus classes et élégants du cinéma français dans cette PURGE ? Laissez-moi pleurer des larmes de sang s’il vous plait… Il joue le directeur d’une société de produits féminins marié à Sharon Stone (et non, elle n’est pas aussi douée que dans Basic Instinct) qui s’apprête à lancer une nouvelle gamme de maquillage. Stone profite aussi pour annoncer sa retraite en tant que modèle de la compagnie. Nope, ça ne pue pas la méchanceté. Patience va justement le voir pour présenter son nouveau projet, ce qui se passe évidemment mal : sa proposition ne correspond pas à ce que le directeur voulait. Il en profite d’ailleurs pour la casser car c’est Christophe Lambert et qu’il peut se le permettre. Malheureusement, Patience ne sait pas se reposer pour son travail  à cause des loubards faisant une soirée juste à côté. Le tout devant les yeux d’un chat qui miaule et à l’air spirituel. Oui, tous les chats ont l’air spirituel. Malheureusement, leur spiritualité a été affectée par ces foutues vidéos Lolcat. Rt si tu trouves ça triste.

Le lendemain, le même chat revient devant la fenêtre de l’appartement de Patience (putain, ce nom…) et joue l’enfoiré coincé sur une corniche. Putain de chat va (ou plutôt chat normal, tous les propriétaires de ces animaux savent à quel point ils peuvent être… ennuyants. Je ne dis plus rien, le mien m’observe avec le calme d’un Norman Bates félin). Cela pousse un policier qui passait par là à la sauver de ce qu’il croit être une tentative de suicide. Malheureusement, elle n’a pas le temps de discuter car elle est en retard pour son travail. Après un plan numérique aussi élégant que certains fanarts, ils se retrouvent dans son bureau à elle. L’occasion pour la meilleure amie de Patience (je n’arrêterai pas avec ce nom) de faire l’amie bête et embarrassante. Tiens, je devrais faire un bingo avec les clichés de mauvais films, cela ferait au moins une occupation amusante. Le policier dénommé Tom en profite pour prouver qu’il a des connaissances en art. Ou plutôt en maîtrise de Google. Donc, un stalker qui profite de sa haute position pour plaire à une fille qui l’intéresse. Tiens, j’ai l’impression de voir en avance la prochaine Sinistre Purge (et oui, j’aime teaser). Le policier décide alors de l’excuser de l’avoir sauvée et lui demande de se racheter avec un café. Oui, s’excuser de lui avoir sauvé la vie et de l’avoir prise pour une suicidaire. Un peu comme si Alfonso Cuaron s’excusait d’avoir fait l’un des meilleurs films de l’histoire avec « Les fils de l’homme » ou Jacques Brel d’avoir écrit « Ne me quitte pas ». Ou, plus vraisemblablement, c’est juste une simple technique de drague comme les autres (moi, je propose un café aux filles que je sauve de voir le prochain « Cinquante nuances de Grey ». Je vais arrêter de teaser, je crois). Patience accepte et ses amis s’excitent autant qu’un mécanophile devant Fast and Furious, tout en mentionnant un ensemble en cuir que Patience ne portera JAMAIS, JAMAIS, JAMAIS ! (ce qui veut dire prochainement en langage « cliché de Chekov »). Après un effet de temps accéléré assez… années 2000 (à vous de juger comment vous le prenez mais à leur place, je n’aurais pas aimé), Patience se rend dans une usine pour porter son travail à l’usine dans laquelle s’est rendu son chef, le tout après un plan montrant ladite usine grâce à l’un de ces merveilleux mouvements numériques de caméra qui transpirent bon l’année 2004 (l’occasion de penser que les évolutions numériques ont heureusement bien avancé en quelques années) et sur une musique que l’on va qualifier de… Non, ne la qualifions pas, il vaut mieux. Là-bas, un scientifique se plaint des effets secondaires du maquillage qui sont si néfastes qu’ils ont atteint le monteur qui coupe dans du vide. Patience, malheureusement, apprend cela et se retrouve poursuivie par la sécurité. Et alors que l’un des gardes décide d’essayer de parler à Patience, l’autre cherche à lui tirer dessus avant de critiquer le premier : « Ne me refais plus jamais ça ». Quoi, communiquer ? C’est sûr que la violence fonctionne, regarde toutes les informations qui ont été obtenues grâce à Guantanamo (et merde, cette critique commence à devenir trop politique à mon goût). Après une course poursuite vomitive due à une lumière absolument immonde et un montage nauséeux, notre héroïne se retrouve évacuée par un conduit de déchets. Et c’est comme ça qu’Halle Berry meurt métaphoriquement à cause du film. Belle allégorie aussi intra qu’extra diégétique.

Le corps de Patience flotte ainsi sur l’eau, tandis que l’on voit un AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH ! Désolé, ce chat numérique a violé une partie de mon cerveau à tout jamais. Bon, reprenons. Le corps de Patience se retrouve sur un monticule où elle se fait entourer de chats qui décident de la ranimer en lui… rotant dessus. Ok, cette scène vaut à elle seule le coup d’œil pour le mélange de la musique appuyée, du côté nanardesque de cette séquence seule et de ce PUTAIN DE CHAT EN EFFETS SPECIAUX DIGITAUX ABSOLUMENT DEGEULASSES, PUTAIN DE BORDEL DE MERDE MES YEUX SONT EN TRAIN DE BRULER DANS DES FLAMMES DE SANG ! ACHEVEZ-MOI, JE VOUS EN SUPPLIE, ACHEVEZ-MOI BON SANG !

Mh. Excusez-moi pour ce petit instant de craquage mental, je vous prie. Je reprends donc. Après que les chats aient roté sur notre héroïne(et oui, j’aimerais que ce soit une blague)., celle-ci revient à la vie et rentre chez elle passablement choquée (ce qui est normal, il n’existe pas beaucoup de cas de résurrection. Moi-même, j’ai eu la vie sauve en dernier moment après avoir subi cet étron une première fois). Patience se réveille alors qu’elle a dormi sur un meuble en hauteur et se rend compte qu’elle a oublié son rendez-vous avec son policier sexy qui cherche à lui passer les menottes, si vous voyez ce que je veux dire (je dois tenir encore une heure vingt devant cette merde, un peu de compassion devant mes blagues foireuses s’il vous plait). Elle décide alors de ramener un chat qui se trouvait chez elle à sa propriétaire et après un autre plan numérique inutile (j’arrête de les mentionner parce qu’il y en a trop. Buvez un shot à chaque fois que vous en verrez un si vous vous tapez cette daube et vous verrez combien de temps vous aurez avant de tomber dans un coma éthylique), la rencontre. Celle-ci s’appelle Ophelia Powers et ne vous inquiétez pas, vous allez la revoir très vite. Même trop vite.

Grâce à la confiance en soi qu’elle a obtenue, Patience a été virée de son boulot après une altercation avec Lambert Fucking Wilson (sérieusement monsieur Wilson, votre classe et votre charisme méritaient mieux que ce navet) et après avoir conduit son amie Sally à l’hôpital suite à une chute ainsi qu’une transition infirmière (oui, c’est aléatoire), elle fait un basket avec son charmant officier tout en lui offrant un café pour s’excuser. Attention, mesdames et messieurs, nous voilà face à une autre scène absolument nulle : un gamin qui n’a d’autre utilité que de rebondir le ballon de basket les oblige à faire un un contre un, le tout mis en scène de manière … mauvais films des années 2000 sur du RnB absolument immonde. Bordel, je suis heureux de ne plus être en 2004 pour ne plus subir ce genre de merde et avoir désormais l’âge légal pour boire de l’amaretto afin de compenser la douleur de subir cette chose. De plus, Patience a décidé de perdre la sienne (tam tam tsouin) face à ses voisins bruyants qui font apparemment chaque soir une petite fête et dont tu sens la méchanceté avec leurs airs de rockers (ah, ces merveilleux clichés sur la musique rock/métal ! Dommage que ça aussi ne soit pas resté en 2004…). Elle en profite même pour porter la tenue de cuir que ses amis lui ont offert et la customise, ainsi que ses cheveux, pour cambrioler une bijouterie sur fond de bo dégueulasse. À son réveil, elle se rend compte alors de ce qu’elle a fait et range tout son butin (sauf une bague et un collier ) dans un sac en papier afin de les ramener avec un « Sorry » écrit dessus et accompagné de pâtisseries. Les cupcakes sont en effet efficaces pour adoucir le cœur de policiers qui sont à la recherche d’une cambrioleuse (d’ailleurs, essayez ça la prochaine fois que vous commettrez un délit : un bon muffin au spéculoos convient aux agressions tandis qu’un délicieux brownie aux trois chocolats excusera un meurtre).

Patience part alors à la recherche de son problème grâce à la source la plus fiable qui soit : Internet ! Mais vu qu’elle repart bredouille, elle va voir Ophelia (aka la femme au chat des Simpsons) qui lui explique qu’elle est destinée à être la… femme chat qui… sauve les gens grâce à ses pouvoirs de … chat. Bon, en plus que mon anus de fan de Batman s’est fait encore plus élargir par le fist que représente ce machin, je crois qu’il y a un énorme problème à aborder. Une adaptation ne doit pas coller identiquement à sa source originale, je le conçois. Mais là, il n’y a aucun rapport avec Catwoman à part qu’elle est inspirée par les chats. C’est comme si je décidais un jour de faire un film sur un homme qui doit faire chaque jour la vaisselle et se fait un ami imaginaire en la personne d’une éponge et que je nommais ça « Bob l’éponge le film » (oui, cet exemple est de la merde mais je pense avoir perdu beaucoup de neurones à cause de ce navet). Un titre a un sens et ici, on se rapproche de la pute à clics que tous les gens détestent. Sans compter que bon, les responsables de ce bousin ne se sont même pas renseignés avant de faire leur merde sur qui est Catwoman et pourquoi les gens l’aiment. VOUS AURIEZ PU AU MOINS ESSAYER DE VOUS RENSEIGNER BORDEL DE TESTICULES POILUES ! Et ça s’étonne de l’échec commercial et de la colère des fans…

Ophelia explique donc que les femmes chats ont perduré tout au long de l’histoire mais que personne ne l’a cru à cause de son statut de femme. Qu’il y ait de la misogynie dans tous les secteurs qui existent, je confirme. Je ne vais pas m’épancher sur ce point car je comptais le faire bien plus tard et aussi parce que le Nostalgia Critic a fait les mêmes remarques au même moment dans sa vidéo et que je ne veux pas que l’on croie encore que j’ai plagié un vidéaste (petite pensée aux personnes qui n’ont pas lu ma Sinsitre Purge sur Gamer et se sont contentées de m’envoyer le « Crossed » dessus <3). Donc, madame Powers : non, votre théorie n’a pas été acceptée à cause de votre statut de femme, mais à cause de votre statut de folle.

Patience décide donc d’utiliser ses capacités pour découvrir qui l’a tuée… dans un costume en cuir absolument vulgaire. Et encore sur du RnB dégueulasse. À croire que ce film a décidé de jouer à mon bingo des clichés (j’ai déjà déposé le copyright) et l’a gagné haut la main. Elle suit le garde qui a essayé de lui tirer dessus dans un bar où elle commande du lait (parce que c’est un chat LOL XD PTDR MDR ! TU AS COMPRIS, HEIN ? TU AS COMPRIS MON HUMOUR AUSSI SUBTIL QU’UN AVION SE CRASHANT SUR TOI ???) et fouette le malotru avant de l’interroger en le griffant. Elle avance dans son enquête mais découvre que le scientifique qui avait peur de la sortie de son produit a été tué et Catwoman se voit accusée de ce meurtre. Pendant ce temps, Tom le policier (et non Bob le bricoleur) pense que Patience est la femme chat et compare son écriture sur le café d’excuse avec celui sur le sac en papier où se trouvent les bijoux. Mais il décide de ne pas avancer plus car les écritures révèlent des personnalités différentes et que bon, il veut vraiment se taper Halle Berry. Pas de chance : alors qu’ils vont s’embrasser sur une grande roue, celle-ci connait autant de difficultés techniques que les effets spéciaux du film. Heureusement, Patience utilise ses réflexes pour sauver un jeune garçon, devant les yeux ébahis de Tom. Qui ne fait toujours pas le lien parce que le scénario le lui a sagement demandé et que bon, il est sympa quand même de faire plaisir à ce brave scénario. Tiens, prends ce cookie de la servitude scénaristique.

Catwoman va alors à la maison de son ancien patron et interroge Sharon Stone dans une scène absolument inutile (dernière fois que je dis ça, ce film en lui-même est inutile) avant de se rendre à un spectacle pour retrouver Lambert Wilson. Mais vu que ses capacités en discrétion ne sont pas si avancées, la police la retrouve et elle affronte Tom. Bien sûr, lui ne se rend toujours compte de rien car il cherche à lui faire tâter sa matraque (je crois que je vais me débarrasser de ce texte au plus vite, on se croirait dans une de ces grosses comédies bien beaufs). Après avoir « consommé leur relation », Tom va devoir malheureusement accepter la gravité de la situation après avoir retrouvé la bague qu’a gardée Patience et analysé le rouge à lèvres qu’elle a laissé sur un verre chez lui et comparé avec les marques qu’elle lui a laissé lors de leur petite bagarre. Quant à Patience, elle se fait trahir après que Sharon Stone fasse croire qu’elle a tué Lambert « Je défonce tout dans Enragés bordel à couilles » Wilson. Elle se retrouve finalement arrêtée par Tom qui la met derrière les barreaux. Barreaux entre lesquels elle passe grâce à sa félinité. Yep, ça rend aussi mal que vous l’imaginez. Sérieusement, qui a cautionné ce nanar à gros budget ? Bon, vous me direz que ça fait six films Resident Evil qu’on a pu (dû ?) se taper en salles (tiens, encore une adaptation hyper fidèle) mais au moins, on pouvait en dégager quelques trucs, comme ce putain de dernier plan à la fin du premier qui m’a fait croire que le second film serait meilleur (spoiler : il ne l’est pas). Mais ici, il n’y a vraiment rien à sauver donc je vais essayer de terminer au plus vite.

Après s’être évadée, Patience se rend à son ancien bureau pour affronter Sharon Stone. Elle la surprend en train d’essayer de tuer Tom qui avait découvert le pot aux roses (ou aux muguets, ça dépend de vos goûts dans les fleurs). Elle affronte Sharon Stone et découvre que celle-ci a la peau extrêmement solide grâce au … maquillage qu’elle se mettait. Bon, mettons les choses au clair : c’est con. C’est juste incroyablement con. C’est tellement con que même l’équipe de Touche pas à mon poste trouverait ça con. Putain, si l’on devait faire une échelle de la connerie, ceci serait l’équivalent de l’infiniment con. Putain, c’est vraiment trop con. Je pense sincèrement que c’est si con que dans la prochaine édition du dictionnaire, il faudrait mettre l’instant précis où Sharon Stone balance cela à côté de la définition de con. Ou la tête des producteurs qui se sont dit que ce serait une bonne idée. Putain, je n’en reviens pas à quel point c’est con. Con. Con. Con. Est-ce que je vous ai dit que c’était très con ?

Donc, nous voilà au climax (oh, joie, cela va sonner le glas de cette souffrance !) où s’affrontent Halle Berry en femme chat et Sharon Stone en Terminator indestructible grâce aux produits de maquillage. Yep, ça c’est de l’affiche. Les coups se donnent, les punchlines moisies se perdent et finalement, madame Indestructible (putain, je sais ce que je vais regarder après !) voit son visage griffé par Catwoman et meurt en tombant d’une forte hauteur. Tom constate les dégâts et tente de réconforter Patience en lui promettant de la couvrir. Bref, tout est bien qui finit bien (Sally est en couple avec le médecin sexy qu’elle voulait se taper, Ophelia reçoit un remerciement de notre héroïne) sauf pour Major Tom qui se voit quitté par lettre par Patience. Celle-ci explique en voix off être une fille indomptable en dandinant du cul sur de la musique de merde et générique ! Putain, oui !

En jetant un coup d’œil sur la source la plus crédible du monde pour tous les étudiants * tousse *, on peut lire que l’inspiration du plan de fin viendrait du « Chat qui s’en va tout seul », où Rudyard Kipling terminait en racontant que le chat de son histoire s’en allait en remuant la queue. Ce à quoi, je réponds : « Ouais, vous vouliez terminer par un plan sur Halle Berry qui remuait son postérieur pour exciter les beaufs, c’est tout ».Voilà le gros problème de Catwoman. Le personnage est l’un des meilleurs des comics de par ses interactions avec ses personnages en tant que femme forte, une femme d’action qui ne se laisse pas faire. Ici, on tente de nous vendre un personnage fort mais sous des atouts tellement sexualisés que cela en devient juste vulgaire. Les femmes ici sont soit bêtes ou dans l’autre extrême féministes à un point où cela en devient misogyne. Et là, on touche au véritable cœur du problème : là où on nous vend un film féministe se cache un film misogyne. L’intrigue amoureuse ne sert à rien et la méchante n’a aucune revendication qu’être méchante. Pitof lui-même l’a balancé en interview : « Catwoman, c’est simple : soit t’en fais une Fantômette pour les gamines, soit une salope pour les plus grands ». Comment voulez-vous espérer une œuvre respectant les personnages ou même les femmes lorsque le réalisateur qui s’en occupe (et qui assume son statut d’ouvrier et non d’artiste) balance de tels propos ? En cela, « Catwoman » est comparable à Donald Trump qui hurlerait « Je suis féministe » : c’est facile de le dire mais ça ne marche pas si tu te comportes comme un connard avec les femmes. Bref, c’est un gâchis total pour la source originale, pour le casting et même pour Pitof, responsable des effets numériques sur le merveilleux « Cité des enfants perdus » de Jeunet et Caro (que je vous conseille vivement). Mais pire encore : c’est un film qui se veut intouchable car déclarant défendre un certain point de vues mais qui, lorsque l’on gratte un peu, ne fait que défendre la cause inverse de par son travail d’écriture aussi bourrin que du Michael Bay sous amphétamines. Les filles qui cherchent un modèle de femme forte ne devraient pas se tourner vers ce bousin tellement cliché qu’il en devient réducteur. Actuellement, si le problème est encore élevé (cf le merchandising autour des personnages de Rey et de la Veuve Noire, les déclarations de Donald Trump et d’accord, j’arrête de parler de politique!), on peut constater que dans certains milieux, l’image de la femme tend à être restauré et que l’on cherche à en mettre en avant de certaines grosses productions. Ce n’est évidemment pas encore la parfaite équité mais on avance néanmoins petit à petit. Donc ne mettez pas en avant ce film car il me en premier rôle un personnage féminin fort : ce n’est pas le cas. Il faut pousser les gens à voir d’autres oeuvres qui mettent en avant et respectent la femme comme ce qu’elle devrait être : l’égale de l’homme.

Popcorn tomba de fatigue dans le fauteuil après avoir terminé de rédiger sa Sinistre Purge. La fatigue l’avait pris si vite au vu de ses défenses réduites au minimum par un tel étron. Il se servit une bouteille d’amaretto et but tout son contenu en une fois. Évidemment, cela lui fit moins de dégâts que le visionnage de « Catwoman » mais le fit quand même dormir un peu. Et par un peu, il faut plutôt parler de plusieurs semaines. C’est ainsi qu’il se réveilla par terre et constata la présence de Morman Freegan, en costume entièrement rouge. « Que me vaut cet honneur ? » demanda notre critique. « Ma foi, je pense que vu la date, tu sais que tu vas devoir t’occuper d’un film en particulier ». Liam jeta un œil au calendrier qui se trouvait accroché au mur avant de se tourner à nouveau vers Morman. « Le 14 février, oui et ? » Morman eut un de ces sourires des plus effrayants. « Alors, c’est le jour pour sortir le fouet ». Liam fut d’abord interloqué avant de comprendre, malheureusement.

« Ah non. Non non non non non non non. Non. Non. Non. Jamais. Non, non, non, non, non,non, non, non, non. Non. Putain de bordel de merde de non, jamais je ne… »

« Si ».

Fin ?

C’est arrivé près de chez vous

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Réalisateurs : Rémy Belvaux, André Bonzel, Benoit Poelvoorde

Année : 1992

Pays : Belgique

Casting : Benoit Poelvoorde, Rémy Belvaux, André Bonzel

Le genre de found footage est désormais omniprésent dans le cinéma actuel. Aussi appelé documenteur, ce style est en effet facile à produire, aussi bien pour les gros studios que pour les apprentis réalisateurs en quête de succès. Depuis, ce format se retrouve usé et abusé à diverses sauces avec néanmoins une préférence pour le cinéma de genre. Mais comment peut-on encore croire aux films utilisant cette structure après en avoir vu plusieurs dont une grosse partie de médiocre qualité ? Il faut retourner aux modèles du genre pour trouver des exemples de grande qualité. Ainsi, le film du jour est l’un des meilleurs documenteurs qu’il ait été créé : « C’est arrivé près de chez vous ».

Une bande de journalistes décide de faire un reportage sur Ben. Ce jeune homme est un tueur spécialisé qui aime s’attaquer à des personnes de toute classe, plus particulièrement les personnes âgées. Bien évidemment, tout cela va vite déraper…

La structure même du film montre les bases du documenteur et comment elles doivent être gérées. Le récit semble ainsi se caler sur la fameuse émission « StripTease », réputée pour sa présentation assez crue et particulière de ses protagonistes. Ici, on sent l’aspect « véridique » de l’histoire de Ben (alias Benoit Poelvoorde) ainsi que de cette bande d’amis qui le suivent. Le visuel, des plus amateurs, renforce la crédibilité du documentaire, tourné avec un budget des plus minuscules.

L’écriture des personnages est intéressante de par le basculement graduel du récit dans l’horreur pure. Ainsi, les blagues que fait Ben commencent à être de plus en plus noires et cyniques (comme cette boisson « Petit Gregory » du nom du jeune garçon retrouvé mort noyé) et nos anti héros, d’abord spectateurs passifs, commencent à aider le tueur dans ses forfaits (notamment dans une scène de viol des plus crues). Il faut souligner l’interprétation sans faille de Benoit Poelvoorde, dans un rôle à la limite de l’humour et de l’horreur grotesque (à l’image du film) et qui reste encore à ce jour l’un de ses meilleurs.

En résumé, « C’est arrivé près de chez vous » reste encore à ce jour un exemple parfait de bon documenteur, jouant de son format pour piéger le spectateur crédule (plus facile à sa sortie qu’actuellement, il faut l’avouer). Drôle et horrible, sombre et grotesque, c’est un pilier de son genre à l’efficacité intemporelle et à la réussite extraordinaire, ainsi que la preuve qu’avec trois fois rien, on peut faire une œuvre toujours aussi culte (et à raison).

Silence de Martin Scorsese

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Année : 2017

Pays : Etats-Unis, Japon

Casting : Andrew Garfield, Adam Driver, Liam Neeson

Un film de Martin Scorsese reste toujours un événement pour tout amateur du septième art. En effet, contrairement à certains réalisateurs en quête de leur gloire passée, Marty a toujours gardé un niveau régulier et de haute qualité dans ses œuvres. Il nous avait laissés sur grand écran avec le phénoménal « Loup de Wall Street », suivant comment un jeune cadre financier allait atteindre les sommets avant que la deuxième moitié du récit casse son personnage ainsi que ses spectateurs. Mais alors, que vaut ce fameux « Silence » ?

Japon, dix-septième siècle. Deux prêtres jésuites, Rodrigues (Andrew Garfield) et Garupe (Adam Driver), cherchent à retrouver l’homme qui les a inspirés dans leur foi (Liam Neeson) dans une contrée où les catholiques se voient impitoyablement massacrés…

« Silence » est un film gigantesque. De par sa durée déjà, de deux heures quarante. Il faut en effet être prêt car c’est une œuvre qui pourra sembler longue par moments mais qui nous scotche tout du long. Ses plans, Scorsese les peint tels des tableaux. La plupart du temps, ses mouvements de caméras sont aussi délicats et gracieux qu’un pinceau, ce qui ne l’empêche pas d’utiliser quelques plans panoramiques assez secs.

Nous ne sommes pas tant dans un affrontement entre catholiques et jésuites de manière manichéenne mais dans une confrontation nuancée entre deux cultures, deux civilisations. Comment penser en effet que ces jésuites soient simplement les gentils de l’histoire alors que, comme tant de colons plus tard, ils sont venus s’ingérer dans une contrée en voulant imposer d’une certaine manière leur foi, tout en montrant des japonais brutaux et violents avec les convertis. Les deux prêtres sont en cela intéressants dans leur écriture car, si le début montre Rodrigues comme une personnification du Christ sage et juste alors que Garupe est plus impulsif et en même temps coincé dans ses préceptes, c’est ce dernier qui se révélera dans un sens plus christique là où l’on peut voir de l’ego et de la confiance aveugle en Rodrigues.

La foi, Scorsese l’a déjà abordée à plusieurs reprises dans ses œuvres. Ici, il la magnifie et la détruit en même temps, tels les iconoclastes qui décidaient de détruire des symboles religieux afin de supprimer une religion. C’est d’ailleurs l’aspect matériel et immatériel de la foi qui importe ici. Les locaux testent ainsi la foi des paysans par des actes désacralisants alors que cette notion même est immatérielle par nature et peut subsister sans appui physique. D’ailleurs, le film arrive à éviter d’être un pamphlet pro ou anti religieux. Cette foi pourrait ainsi se retrouver en n’importe quoi (ou n’importe qui, d’où la réussite du père Ferreira) et l’on peut comprendre ici autant ses qualités que ses imperfections, ce qui rend toute croyance aussi humaine que nous.

C’est ce genre de questionnements intéressants, ainsi que des plans magnifiques et des acteurs habités, qui font de ce « Silence » une sortie incontournable pour toute personne vénérant le cinéma et considérant cet art comme un sacerdoce. Alors ne laissons pas cette superbe œuvre dans son silence ambiant (maigres recettes au box-office américain, peu de nominations pour des récompenses au moment d’écrire ces lignes), et portons-la aux nues !