Année : 2004

Pays :Etats-Unis

Réalisateur : Michel Gondry

Casting :Jim Carrey, Kate Winslet, Tom Wilkinson, Kirsten Dunst, Elijah Wood, Mark Ruffalo

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L’amour est un sentiment universel pouvant pousser aussi bien à l’allégresse qu’à la douleur. Nous en avions déjà parlé dans notre critique du « Her » de Spike Jonze mais de toute façon, la complexité de toute sensation humaine ne pourrait être abordée pleinement, encore moins dans une critique de quelques centaines de mots. De nombreux réalisateurs ont néanmoins cherché à toucher à l’amour, à ce que leurs spectateurs ressentent la même sensation que leurs personnages. On passera sur 99% des comédies romantiques pour balancer des essais plus divers et de meilleure qualité comme « Her », « 500 days of summer », « Love » ou « Alleluia ». C’est dans cette seconde catégorie de films d’amour que nous allons nous diriger aujourd’hui avec le désormais classique « Eternal sunshine of the spotless mind ».

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Joel (Jim Carrey) est dépité. Son amoureuse Clémentine (Kate Winslet) a décidé d’effacer de sa mémoire tout souvenir qu’ils partageaient ensemble avec l’aide de la société Lacuna. Il décide alors de faire la même chose afin de s’éviter toute douleur liée à elle. Mais pendant le processus d’effacement, il se rend compte qu’il ne veut plus l’oublier…

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« Eternal sunshine of the spotless mind » est la rencontre entre deux esprits d’une imagination débordante : Charlie Kaufman et Michel Gondry. Le premier est un scénariste de talent, dépeignant avec brio l’esprit humain, souvent sur un ton absurde (« Dans la peau de John Malkovich »). Le second est un réalisateur de clips aux visuels marquants. L’union de ces deux personnalités fortes sur un thème aussi complexe que l’amour ne pouvait que mener à un résultat unique. « Eternal sunshine of the spotless mind » est ainsi un trésor aussi bien visuel que narratif.

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Abordant son couple avec une écriture des plus réalistes, le film aborde le besoin d’avancer, difficile mais nécessaire. Il y a évidemment quelque chose des plus tentants dans la proposition du docteur Howard. En effet, la vie ne serait-elle pas plus facile si l’on pouvait oublier les histoires qui nous ont affectés, les personnes qui nous ont blessés ? Pourtant, ce sont ces blessures qui nous construisent, qui font de nous les femmes et les hommes que nous devenons. Chaque rencontre, bonne ou mauvaise, a son impact dans notre existence et les renier ne ferait que nous endommager bien plus que les accepter.

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Gondry nous plonge dans ce questionnement existentiel des plus Kaufmanien (cf le merveilleux « Anomalisa », l’un des meilleurs films de l’année) avec un plaisir des plus prégnants. Jouant aussi bien sur la couleur, le montage, la taille de ses décors et sur des détails par milliers, le réalisateur nous offre une de ces réjouissances visuelles des plus marquantes sans plonger non plus dans le trop plein envahissant. On sent la joie de Gondry de nous immerger dans son style visuel mais sans nous faire oublier son récit. Tout apprenti(e) réalisateur/réalisatrice à l’esprit imaginatif peut trouver dans le film de quoi apprendre à gérer à merveille sa patte visuelle sans s’aliéner ses spectateurs.

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Une autre réussite du film est son casting, et particulièrement son duo principal. Jim Carrey et Kate Winslet trouvent dans des interprétations opposées à leurs habitudes l’un de leurs meilleurs rôles. Ils se dégagent d’eux une sincérité des plus humaines, collant à l’écriture de Kaufman et évitant le stéréotype dans lequel tant de scénaristes plongent. Les seconds rôles aussi sont de grande qualité, liés à l’intrigue de manière inhérente (l’amoureux voulant copier Joel, la révélation sur Mary).

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« Eternal sunshine of the spotless mind » constitue donc un immanquable pour tout amoureux de cinéma en quête de trésor visuel et narratif. C’est une œuvre des plus humaines et des plus belles avec sans aucun doute l’un des couples les plus marquants et les plus touchants peints sur grand écran. Surtout, le film de Gondry nous pousse à avancer dans notre existence, à faire fi des malheurs et mieux se les approprier pour devenir la personne que l’on souhaite devenir, celle dont l’on pourra être fier lors de nos dernières heures, et à aimer passionnément ceux qui comptent à nos cœurs.

5-sur-5


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