Never let me go de Mark Romanek

Pays : Royaume-Uni
Année : 2010
Casting : Carey Mulligan, Andrew Garfield, Keira Knightley,…

Revenons aujourd’hui sur un film sensible de la part du réalisateur de « Photo obsession », « Never let me go » (aussi intitulé « Auprès de moi toujours »).

Kathy, Ruth et Tommy sont liés depuis leur plus jeune enfance passée dans une école particulière. Alors que leurs chemins se séparent adultes, ils tentent de survivre à l’existence qui leur a été imposée…

Le film de Mark Romanek se dévoile par une ouverture clinique de par sa location dans un hôpital. Par cette scène, il tente de nous accrocher en nous montrant que la romance qu’il va nous raconter aura un aspect assez différent de toutes celles que l’on a pu voir sur grand écran. En effet, « Never let me go » tient autant de la romance que de l’anticipation, par un aspect que l’on va garder secret pour ceux qui ne l’ont pas encore vu. Il y a un aspect terre à terre correspondant à la teneur de son intrigue et appuyé par ses décors purement britanniques (l’institution en première partie, plusieurs scènes en campagne dans la seconde). Mark Romanek sublime ces instants, aidé en cela par la photographie d’Adam Kimmel et ses interprètes (touchante Carey Mulligan).

L’auteur de ces lignes n’a pas eu l’occasion de lire le roman original de Kazuo Ishiguro et jugera donc uniquement le scénario d’Alex Garland. Celui-ci dégage un aspect poétique mais surtout philosophique sur le déterminisme social, mais plus encore sur la fuite inévitable du temps, comme nous le rappelle cette fin poignante. Loin d’être un objet tire larme ou de jouer la carte du chantage émotionnel, « Never let me go » trouve en sa sensibilité d’écriture une force qui nous permet d’être accroché par ce qu’il raconte, notamment les thématiques qu’il soulève dans son aspect science-fictionnel. Sans trop en dévoiler, on touche à une dépossession du corps et à un fatalisme du destin qui donne un aspect très sombre dans cet univers au visuel assez proche du cotonneux et de l’onirisme par ces quelques images. Notons d’ailleurs le changement de ton de ces scènes une fois placées en milieu hospitalier, ramenant le spectateur dans l’aspect clinique de l’ouverture. Il y a donc une richesse tout autant visuelle (ces champs contre champ séparant Ruth de ses deux amis pour appuyer sa brisure relationnelle avec ceux-ci) que thématique qui en fait quelque chose d’humain.

Au final, « Never let me go » est une œuvre bouleversante et touchante sur l’amour ainsi que sur le contrôle de sa destinée dans une société qui cherche à s’améliorer mais ne peut s’empêcher d’être moralement ambiguë. En cela, elle dégage un humanisme et une émotion jamais feinte. À une époque où l’on doit subir des productions à la romance factice, ce genre de films fait du bien autant qu’il nous touche émotionnellement.

Liam Debruel

Amoureux du cinéma. À la recherche de films de qualités en tout genre,qu'importe la catégorie dans laquelle il faut le ranger. Le cinéma est selon moi un art qui peut changer notre vision du monde ou du moins nous faire voyager quelques heures. Fan notamment de JJ Abrams,Christopher Nolan, Edgar Wright,Fabrice Du Welz,Denis Villeneuve, Steven Spielberg,Alfred Hitchcock,Pascal Laugier, Brad Bird ,Guillermo Del Toro, Tim Burton,Quentin Tarantino et Alexandre Bustillo et julien Maury notamment.Écrit aussi pour les sites Church of nowhere et Le quotidien du cinéma. Je m'occupe également des Sinistres Purges où j'essaie d'aborder avec humour un film que je trouve personnellement mauvais tout en essayant de rester le plus objectif possible :)

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