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Dans une société ou l’image du corps est importante et où n’ont de cesse de véhiculer des canons de beauté, My Skinny Sister, à travers une histoire à la fois drôle, tragique et émouvante, se veut de dénoncer les dangers des troubles du comportement alimentaires, et plus particulièrement de l’anorexie.

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Si ce film ne révolutionnera pas le Monde du cinéma, il n’en est pas moins original et marquant. Sa réalisatrice, Sanna Lenken, ayant connu personnellement l’Enfer de cette maladie, a su lui donner vie, d’une manière qui jamais ne s’essouffle.

Son film est une ode aux liens fraternels, à la douleur, à la jalousie et aux rêves qui viennent se confronter à la réalité avec une violence sans merci, qui se dévoile dans toute sa splendeur. Elle raconte l’histoire de deux sœurs que tout oppose, mais qui pour autant sont complémentaires, à l’image du ying et du yang.

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Ainsi, elle nous fait découvrir et nous fait aimer Stella, âgée de 12 ans rondelette et peu sportive, d’une nature spontanée et joyeuse, amoureuse du professeur de patinage de sa sœur aînée Katja, fine et gracieuse, admirée par tous. Un jour, Stella qui jusqu’alors ne comprenait pas sa sœur, image même de la perfection, et enviait ce qu’elle pouvait inspirer chez les autres, découvre que cette dernière cache un terrible secret qui pourrait bien mettre sa vie en danger.

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A compter de ce moment, la relation entre les deux sœurs qui était parfois un peu tendue, malgré une certaine forme de complicité, change du tout au tout: Stella va devenir l’ange gardien de sa sœur, souhaitant la protéger coûte que coûte.

Nous assistons alors au combat acharné que Katja mène contre une maladie invisible qui n’a de cesse de l’oppresser. Nous la voyons se battre pour qu’on la laisse continuer à maigrir, allant même jusqu’à menacer sa sœur Stella pour qu’elle garde pour elle ce qui se passe. Nous assistons, impuissants, à sa déchéance, voyant son talent pour le patin à glace, sa grande passion, entaché par cette maladie aussi cruelle que vicieuse.

Stella, de par son regard jeune et innocent, nous fait découvrir les rouages d’une réalité de plus en plus prégnante dans la société, en passant pour cela par le prisme de la peur de la perte d’un être aimé. La symbolique de la mort est en effet extrêmement prégnante dans le film. Elle rôde autour de Katja, semble vouloir jouer avec elle, faisant d’elle sa marionnette. Certaines scènes du film sont par ailleurs assez dures à supporter sur le plan psychologique. On ne peut qu’admirer le courage de Stella, qui malgré son jeune âge, parvient à se montrer forte pour sa sœur, à être son rocher, son point d’ancrage.

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Ce film, bien que toute en simplicité, est d’une beauté esthétique toute en poésie. Son message est fort, un vrai cri du cœur. C’est une petite perle cinématographique à voir au moins une fois, ne serait-ce que pour ce qu’il dénonce.

En ce sens, il est dommage qu’il n’est pas fait plus de bruit, car même s’il ne se démarque pas autant que certains films ayant marqués leur temps, il apporte quelque chose, un regard neuf sur une société où tout va de plus en plus vite, où les critères de beauté sont de plus en plus sélectifs, et où les troubles du comportement alimentaires sont un fléau bel et bien réel.

On peut d’ailleurs faire un autre parallèle entre Katya et Stella: si l’une représente la froideur sérieuse et l’autre la joie de vivre, on peut aussi constater que si l’une souffre d’anorexie, l’autre, quant à elle, souffre d’une certaine forme de boulimie qui peut, par moments, venir l’enfermer également dans un cycle infernal. De plus, le rapport établi avec la nourriture dans ce film, est aussi dans un sens représentatif de la possibilité pour les protagonistes ou non, de croquer la vie à pleines dents.

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Enfin, mention spéciale aux deux actrices principales du film: Rebecka Joesphson (Stella) et Amy Deasismont (Katya) qui ont su porter l’histoire avec brio, et donner vie à leur personnage avec une authenticité touchante, et avec une justesse de jeu que l’on ne peut que louer.


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Laetitia, étudiante en sociologie, grande lectrice et amoureuse du cinéma ainsi que dessinatrice à mes heures perdues. J’ai un grand engouement pour l’écriture, support par lequel j’aime faire passer mes passions, dont celle que j’entretiens pour les films et séries, à l’image de Game Of Thrones, Penny Dreadful ou encore The Walking Dead. J’aime énormément les films psychologiques comme Mulholand Drive, Requiem For A Dream et Suhtter Island. Certains des films m’ayant le plus marqué sont : Inception, Interstellar ,Virgin Suicides, Battle Royale, Alabama Monroe. Si j’avais un film à recommander à cet instant précis, ce serait La Route, avec Viggo Mortensen. L’un de mes plus grands plaisirs est de pouvoir échanger autour de ces films et séries, et de pouvoir en découvrir un peu plus chaque jour.

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