Bruno Reidal, confessions d’un meurtrier de Vincent Le Port


Date de sortie : 23 Mars 2022
Réalisateur : Vincent Le Port
Acteurs principaux : Dimitri Doré, Jean-Luc Vincent, René Loyon, Nelly Bruel…
Nationalité : Française
Duree : 101 minutes

 

 


En 1905, dans le Cantal, un jeune homme de dix-sept ans vient se constituer prisonnier pour le meurtre d’un enfant.

Le docteur Lacassagne, chargé de son évaluation psychologique, va recueillir sa terrible confession.

Premier film, premier chef d’œuvre. Tiré d’une histoire vraie, le film de Vincent Le Port trouble par sa réalisation naturaliste, quasi documentaire.

Cette plongée dans les pensées d’un psychopathe effraie autant qu’elle fascine, d’autant que les passages en voix off, sont les retranscriptions exactes des écrits du véritable Bruno Reidal.

Nous suivons donc, avec un mélange étrange d’empathie, de pitié et de répulsion la vie du dit Bruno, de son enfance à son incarcération. Vie jonchée de drames, d’abus… Une vie dans une famille dysfonctionnelle, entre une mère tyrannique et un père bienveillant… Des frères et sœurs perturbés… Le travail dès six ans, en tant que berger… Et les pensées de Bruno. Fantasmes érotiques et mortels. On ressent le malaise de l’enfant dans sa lutte pour contrer ses pulsions, de plus en plus présentes, de plus en plus violentes… Lutte perdue d’avance, on le sait dès la première scène, où l’on assiste hors champs au meurtre, la caméra se focalisant sur le visage de Bruno, dans une expression qui pourrait ressembler à du soulagement.

La caméra, parlons en. Vincent Le Port se porte en témoin. Pas de jugement dans sa réalisation. Il n’essaie pas d’influencer son spectateur. Nous suivons les faits comme ils se déroulent.

Le film, porté par des acteurs débutants (et mention particulière pour Dimitri Doré, magistral) en devient cru. Sec. Nous ne sommes pas face à un tueur romancé… Nous sommes face à un jeune homme nourrit de haine, de fantasmes, de pulsions et qui n’est pas aidé ou alors très peu, par un prêtre qui voit d’un plus mauvais œil ses tendances masturbatoires à ses envies de meurtres.

Le film est interdit au moins de seize ans, et c’est mérité. J’ai vu cette année the Sadness et Terrifier 2. Bruno des trois est celui qui m’a le plus choqué.

 

 

 

La scène du meurtre, apparaît en fin de film. Si on pouvait légitimement se dire que le hors champs du début allait être réitéré, après tout on s’est attaché à Bruno, et la victime est un enfant, nos espoirs s’envole. Le meurtre est long, froid, statique. On voit le couteau qui s’abat, une fois, deux fois… Le coup de poing qui fait saigner du nez… La décapitation, lointaine, mais Bruno qui exhibe la tête avant de la lancer, loin de lui, horrifié par son geste. Mais c’est trop tard. Il a atteint un point de non retour et le spectateur avec lui.

On avait été outré par l’abus d’un berger sur Bruno, et on s’était dit que voir la main de l’homme glisser dans le pantalon de l’enfant était la limite que se fixait le réalisateur, on avait tort.

Ce meurtre est l’un des plus ignobles que j’ai vu dans une fiction. Pas uniquement pour son côté graphique, mais aussi et surtout pour sa gratuité, sa fatalité et le gâchis qui en résulte.

Définitivement ce film n’est pas à mettre devant tous les yeux, même si il y a graphiquement pire. Le contexte, la psychologie du personnage principal et la réalisation froide et pourtant limpide en font l’un des films de psychopathe les plus remarquables jamais tournés.

C’est pour moi, la première œuvre la plus maîtrisée que j’ai pu voir sur grand écran. Si le courage vous en dis, tentez l’expérience. Et attendez vous à vous prendre une claque, un traumatisme, mais surtout à voir l’un des meilleurs films de cette année 2022.

 

 

 

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :