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Emmanuel Delextrat

Emmanuel Delextrat
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Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…

Super Mario Bros. 35 : le plombier se met au battle royale !

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Si les battles royales ne datent en réalité pas d’hier (il suffit de se souvenir que le premier Bomberman date de 1983, et que Super Smash Bros. est une saga très populaire), le genre est largement à la mode ces dernières années, notamment en ce qui concerne les jeux de shoot en ligne avec les succès fulgurants de PlayerUnknown’s Battlegrounds, Fortnite ou encore Apex. La console hybride de Nintendo avait déjà fait un essai convaincant avec le très réussi Tetris 99, qui proposait d’être le dernier survivant en ligne face à quatre-vingt-dix-huit autres joueurs. Depuis le 1er octobre 2020, Super Mario Bros. 35 (non pas parce qu’il est précédé de trente-quatre autres Super Mario Bros, mais parce qu’il sort à l’occasion des trente-cinq ans de Super Mario Bros…) propose à trente-cinq joueurs d’enchaîner des niveaux du jeu en envoyant les ennemis vaincus aux autres joueurs afin d’être le dernier survivant. Aussi sympathique soit-il, il manque encore d’équilibrage, le jeu nous poussant à toujours refaire les mêmes niveaux et rien n’empêchant par exemple qu’un joueur ayant un bon timer attende sans rien faire que les derniers joueurs se plantent. En attendant une mise à jour améliorant l’expérience, nous ne pouvons que vous conseiller de l’essayer en le téléchargeant gratuitement sur l’eShop de la Switch, moyennant un abonnement au online de la console.

Resident Evil Infinite Darkness : la date de sortie enfin dévoilée !

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[EDIT] 19 mai 2021

À l’occasion d’une troisième bande-annonce que vous pouvez retrouver ci-dessous, nous apprenons que Resident Evil Infinite Darkness sera disponible dès le 8 juillet 2021 sur Netflix tandis qu’Eduard Badaluta et Jordan Mcewen reprendront leur rôle de Léon et Claire, toujours doublés en français, en cohérence avec Resident Evil 2 Remake. En attendant, n’hésitez pas à vous plonger dans le somptueux Resident Evil VIIIage, dont la qualité ne cesse de surprendre pour ses hommages à de nombreux épisodes de la saga !

 

[EDIT] 16 avril 2021

Le Resident Evil Showcase nous informe que les événements de la série se dérouleront deux ans après ceux de Resident Evil 4 (par ailleurs annoncé en réalité virtuelle pour une date inconnue) avec l’iconique duo Léon / Claire face à une invasion d’armes biologiques dans la Maison Blanche. Et il ne faudra pas patienter bien longtemps avant d’y regarder car sa date de sortie est fixée au mois de juillet 2021. D’ici là, il sera toujours possible de visiter le village et le château de Resident Evil 8 le 3 mai prochain (18 et 25 avril en accès anticipé sur PlayStation 4 et PlayStation 5) avant sa sortie mondiale le 7 mai 2021.


28 septembre 2020

L’actualité est décidément brûlante pour la légendaire saga de Capcom. Après le retour de Resident Evil 3 dans un remake convaincant en avril 2020, un Resident Evil 8 attendu pour 2021 et un hypothétique remake de Resident Evil 4 pour 2022, voilà qu’une série animée est annoncée pour l’année prochaine sur Netflix. Intitulée Infinite Darkness, elle est animée par le studio Quebico, déjà derrière le film d’animation Resident Evil Vendetta. Quant à son producteur exécutif, il s’agit d’Hiroyuki Kobayashi, qui avait déjà œuvré sur les trois films animés (Degeneration, Damnation, Vendetta). Le mois dernier, Capcom avait déjà officialisé une série live dévoilant Jade Wesker et Billie Wesker, filles du mythique antagoniste. Étant donné la qualité des films d’animation et d’autres adaptations vidéoludiques comme Castlevania, cette nouvelle série ne peut présager que du bon, d’autant qu’elle met en scène Léon S. Kennedy et Claire Redfield dans ce qui pourrait être une suite directe des événements du chef-d’œuvre Resident Evil 2, le même qui a eu un remake exceptionnel en janvier 2019.

Mulan (2020) de Niki Caro

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Date de sortie : 4 septembre 2020 (États-Unis),
4 décembre 2020 (France)

Réalisateur : Niki Caro
Acteurs principaux : Liu Lifei, Donnie Yen, Jason Scott Le, Gong Li,  Jet Li
Genre : Aventure, action
Nationalité : Américain
Compositeur : Harry Gregson-Williams

Une entrée en matière des plus artistiques !

Très attendu suite à de multiples reports liés à la crise du coronavirus, le remake live du dessin animé de 1998 arrive enfin par l’intermédiaire de la plateforme Disney +, au grand dam des salles de cinéma. Connue pour ses rôles dans plusieurs séries télévisées et dans Le Royaume Interdit, Liu Yifei a alors la lourde tâche d’interpréter la guerrière Mulan dans un film qui tente une nouvelle approche d’adaptation. La volonté de réalisme a en effet poussé la réalisatrice Niki Caro à supprimer les chansons, laissant simplement des mélodies discrètes et une séquence d’entraînement rythmée différemment. La taille et le comique de Mushu ayant été considérés comme peu respectueux de la tradition chinoise, le petit dragon se voit remplacé par la figure du Phénix, que l’on aperçoit plusieurs fois en arrière-plan pour symboliser le courage de l’héroïne. Plus proche que jamais de son père, elle a cette fois-ci une sœur, en lieu et place du personnage de sa grand-mère.

La témérité de Mulan résumée en une image.
Une séquence d’entraînement digne des classiques du film d’arts martiaux asiatique.

Le film innove efficacement en commençant par l’enfance de Mulan, dont l’agilité pourtant impressionnante déplaît fortement aux habitants compte tenu des valeurs morales de l’époque. Le genre se trouve bien plus axé sur les arts martiaux, avec des chorégraphies de combat très correctes et l’omniprésence du concept du ki, énergie fondamentale qui se trouve en chaque individu. Mais le tempérament combatif et rebelle de Mulan la pousse à remettre la notion honneur en question et ainsi à partir dans une quête d’identité. Revêtant l’armure de son père, elle part rejoindre l’armée pour faire face à l’invasion des Rourans, tribu qui remplace les Huns. Joué par Jason Scott Lee (Dragon L’Histoire de Bruce Lee, TimeCop 2, Tigre & Dragon 2), leur chef Bori Khan remplace quant à lui Shan-Yu tout en restant dans un style assez proche.

Un Jason Scott Lee méconnaissable dans ce rôle qui lui va à merveille !
Nouveau personnage de qualité, la sorcière Xian Lang n’a cependant pas une fin à sa hauteur.

À ses côtés se trouve une sorcière interprétée par Gong Li (Mémoires d’une Geisha, La Cité Interdite, Hannibal Lecter les origines du mal), personnage intéressant qui épaule Bori Khan tout en cherchant à mettre en avant les valeurs de la femme au combat. Shang est quant à lui remplacé par le commandant Tung, sous les traits de Donnie Yen (Hero, Tigre & Dragon 2, la tétralogie IP Man), avec qui Mulan n’a aucune romance à cause d’une nouvelle censure de la bienpensance. Qu’à cela ne tienne, le background de ses camarades est un peu plus développé et elle semble entretenir bien plus qu’une simple rivalité avec Cheng. La crainte de dévoiler sa féminité est également montrée différemment : tandis qu’elle se porte volontaire pour monter la garde au lieu d’aller prendre sa douche avec les autres, elle tourne le dos à Cheng lorsqu’il la surprend en train de se baigner.

Ayant pris de l’âge, Jet Li renouvelle enfin sa filmographie en optant pour un rôle qui lui correspond.
Concentration, ruse et équilibre seront les clés de la victoire.

Mais c’est surtout après avoir provoqué l’avalanche qu’elle décide de se dévoiler elle-même en se détachant les cheveux, qu’elle n’avait pas coupés pour respecter la tradition des guerriers chinois aux cheveux longs. Acceptée un peu trop facilement suite à ce qui constitue légalement une trahison, elle affronte finalement Bori Khan lors d’un combat final bien mis en scène sous les yeux ébahis de l’empereur, incarné par Jet Li (Le Royaume Interdit, La Momie : la tombe de l’Empereur Dragon, trilogie Expendables). Malgré le caractère relativement convenu du film, Mulan tire son épingle du jeu grâce à un univers bien retranscrit et à des acteurs principaux vraiment charismatiques. Interprété par Christina Aguilera, le générique final « Loyal Brave True » achève d’illustrer la légende de Mulan à travers sa musicalité et ses paroles lourdes de sens.

Mulan (1998) de Tony Bancroft et Barry Cook

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Date de sortie : 19 juin 1998 (États-Unis),
25 novembre 1998 (France)

Réalisateurs : Tony Bancroft et Barry Cook
Doubleurs principaux : Valérie Karsenti, Renaux Marx, Richard Darbois, José Garcia
Genre : Animation
Nationalité : Américain
Compositeur : Jerry Goldsmith

L’honneur d’une femme par le mariage, une tradition largement remise en cause.

Inspiré de la légende chinoise de Hua Mulan datant du IVème siècle, Mulan fait partie des derniers longs métrages d’animation Disney de grande qualité de la fin des années 1990. Prononcée « Fa Mulan » alors que le scénario se déroule au nord de la Chine (où le dialecte dominant est le mandarin et non le cantonais), notre héroïne est présentée comme une jeune femme devant préparer son mariage dans les plus pures traditions afin de faire honneur à sa famille. Mais étant de tempérament plutôt combatif et rebelle, elle choisit de se déguiser en homme pour prendre la place de son père, qu’elle estime trop vieux et fragile pour faire face aux Huns. L’introduction montre en effet le début de l’invasion, dirigée par le charismatique Shan-Yu, sur les remparts de la Muraille de Chine. Pour lui venir en aide, ses ancêtres demandent à Mushu, un petit dragon déchu, de réveiller un grand dragon de pierre afin de protéger Mulan.

Un antagoniste au charisme ténébreux très marqué.
De très jolis panoramas animés.

Ayant brisé la sculpture par maladresse, il se voit alors obligé de garder lui-même un œil sur elle, donnant ainsi un avant-goût de l’humour que réserve l’aventure. Le scénario du film est construit autour de trois grands thèmes qui s’entremêlent efficacement. Il est d’emblée question d’honneur, comme l’illustre l’entraînante chanson « Honneur à tous » tandis que sa mère prépare Mulan à rencontrer la marieuse. Une infantilisation telle qu’elle se fait jeter dans la baignoire avant d’être couverte de honte à cause de simples maladresses jugées non convenables pour une future épouse. Lorsque son père remarque son absence, il renonce même à la dénoncer, sachant que cela entraînerait l’exécution de sa fille ainsi qu’un déshonneur ultime sur sa famille. Tout cela mène à la notion d’identité, symbolisée par la mélancolique chanson « Réflexion », durant laquelle Mulan s’interroge sur le rôle qu’elle doit tenir.

Des alliés rigolos qui auraient mérité d’être davantage travaillés.
« Sois plus violent que le court du torrent, sois plus puissant que les ouragans, sois plus ardent que le feu des volcans. »

Ayant pris la décision d’aller se battre, elle va jusqu’à retirer son maquillage et se couper les cheveux avec l’épée de son père afin de prendre sa place. Lorsque plus tard elle se fait enfin accepter en tant que femme guerrière, son identité se voit renforcée tandis que le générique final se termine par la chanson « Qui je suis vraiment », interprétée par la belge Mélanie Cohl. Mulan met alors en œuvre son propre sens de l’honneur à travers sa mission. L’empereur ayant décrété la mobilisation d’un homme par famille, elle représente la sienne et part s’entraîner pour repousser les Huns, puis trouve en son chef de troupe Shang un véritable mentor. Sa ténacité est fortement mise en avant par la chanson « Comme un homme », qui est de loin la plus intense du film. A contrario, ses camarades soldats sont présentés comme des boulets qui les rendent plus comiques d’autre chose, et ce jusqu’à la niaiserie avec la chanson « Une belle fille à aimer ».

Face à l’infériorité en nombre, seule la ruse permet de s’en sortir.

Doté d’une animation détaillée et d’un bel univers asiatique, le film manque cependant de personnages fortement charismatiques : Mulan, Shang, l’Empereur et Shan-Yu sont en effet les seuls qui sortent réellement du lot, à cela près que ce dernier aurait mérité d’avoir un background étoffé. Le casting reste néanmoins de qualité grâce à un doublage de renom, à commencer par Mulan qui doit sa voix à Valérie Karsenti (Le Cygne et la Princesse, Gargoyles, Daria). On reconnaît aisément Marie Galey, qui faisait déjà la voix d’Ariel dans La Petite Sirène, pour les chansons de l’héroïne. Si Shang est sérieusement doublé par Renaud Marx (The Crow, Double Dragon, Mortal Kombat Destruction Finale), Shan-Yu doit quant à lui sa voix au prolifique Richard Darbois (le Génie d’Aladdin, Buzz l’Éclair de Toy Story) et Yao à Christian Pelissier, déjà derrire la VF du capitaine Haddock dans Les Aventures de Tintin. Dans un registre comique, Mushu se voit doubler par José Garcia, et Chi-Fu par Michel Prud’homme, connu pour la VF de Zazu dans Le Roi Lion.

Une héroïne digne ce nom qui n’hésite pas à brandir les armes.
Une romance plutôt timide entre Mulan et son supérieur.

Très Populaire pour son histoire originale, Mulan fut rapidement adapté en jeux vidéo. D’abord en point’n click simpliste sur PlayStation et PC, puis en jeu de plates-formes déjà plus intéressant sur Game Boy. Six ans plus tard, une suite du film voit le jour directement en vidéo, sous-titrée « La Mission de l’Empereur ». Fin 2005, le jeu vidéo Kingdom Hearts II exploite de nouveaux univers Disney sur PlayStation 2 et celui de Mulan, intitulé « Terre des Dragons », constitue le premier monde à parcourir. Il faut ensuite attendre 2020 pour que Disney s’attaque à un remake en prises de vue réelles, qui tente de se démarquer de ses prédécesseurs en proposant un film qui laisse de côté Mushu, les chansons ainsi que la légère romance qui commençait à se concrétiser entre Mulan et Shang.

Batman Begins, le reboot de Christopher Nolan

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Date de sortie : 15 juin 2005 (2h20min)
Réalisateur : Christopher Nolan
Acteurs principaux : Christian Bale, Liam Neeson, Katie Holmes, Gary Oldman, Cillian Murphy, Michael Caine
Genre : Super-héros, action
Nationalité : Américain
Compositeurs : Hans Zimmer, James Newton Howard 

Une soirée comme les autres pour le jeune Bruce.

Après le grand échec critique de Batman & Robin et l’annulation du troisième film prévu par Joel Schumacher, il semble clair que le public souhaite renouer avec noirceur des comics. Envisageant un instant une adaptation de la série animée Batman la Relève, ce sont finalement les comics Batman The Man Who Falls, Batman Année Un et Batman Un Long Halloween qui servent d’inspiration à la Warner pour le reboot des aventures de l’homme chauve-souris. Celui-ci arrive pas moins de huit ans plus tard sous l’objectif de Christopher Nolan (Following, Memento, Insomnia) qui, pour son quatrième film, souhaite revisiter le mythe de Batman avec davantage d’humanité et de réalisme tout en maintenant une forte dimension dramatique. Revenant aux origines de Bruce Wayne alors incarné par Christian Bale (Equilibrium, The Machinist, Le Nouveau Monde), Batman Begins dépeint son enfance entre jeux avec son amie Rachel et développement d’une phobie à l’égard des chauves-souris après être tombé dans un puits.

Un représentation de Ra’s Al Ghul fidèle à celle de la série animée de 1992.
« La colère décuple ta puissance mais si tu la laisses te dominer, elle va te détruire. »

Nolan reste plus proche des comics avec le meurtre de ses parents par Joe Chill, dont la libération sur condition de témoignage quatorze ans plus tard amène Bruce alors jeune adulte à développer son esprit de vengeance en envisageant de l’assassiner. Mais le procès du mafieux Carmine Falcone, interprété par Tom Wilkinson, n’est que le début d’une nouvelle étape tandis que ce dernier lui affirme que le vrai pouvoir réside dans la crainte que l’on inspire. La narration de Batman Begins alterne alors efficacement les scènes montrant son passé avec son entraînement aux arts martiaux auprès de la Ligue des Ombres, secte de guerriers ninjas dirigée par un Ra’s Al Ghul vieillissant sous les traits de Ken Watanabe. Un pan de la vie du futur justicier terriblement intéressant dans le sens où, pour faire face à son traumatisme, il tente de comprendre le fonctionnement du monde criminel afin de mieux le combattre.

« C’est un monde que tu ne comprendras jamais. Et ce que tu comprends pas, t’en auras toujours la trouille. »
« Pourquoi tombons-nous, Monsieur ? C’est pour mieux apprendre à nous relever. »

Interprété par un Liam Neeson (Les Misérables, La Menace Fantôme, Kingdom of Heaven) en grande forme, son mentor Henri Ducard lui permet de perfectionner ses techniques de combat, son camouflage et la domination de ses propres peurs. Mais c’est suite à un désaccord sur la vision de la justice qu’il délaisse finalement la ligue pour mieux reprendre le contrôle de Wayne Enterprises une fois de retour à Gotham. Pour élaborer la batcave à partir du sous-sol de son manoir, il est épaulé par son majordome Alfred, brillamment incarné par un Michael Caine (Noël chez les Muppets, Austin Powers dans Goldmember) auréolé de plusieurs années d’expérience. Pour lui venir en aide, il peut aussi compter sur Lucius Fox, interprété par un Morgan Freeman (Bruce Tout-Puissant, Million Dollar Baby, Danny the Dog) qui ne cesse de multiplier les rôles au cinéma.

« Qui que l’on soit au fond de nous, nous ne sommes jugés que d’après nos actes. »

Bien plus abouti dans Batman Begins, James Gordon comme simple sergent de police sous les traits d’un Gary Oldman (Le Cinquième Élément, Hannibal, Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban) convaincant. Personnage-clé du scénario pour sa proximité avec Bruce, Rachel réapparaît adulte en commençant par blâmer ce dernier pour ses intentions de vengeance. Jouée par Katie Holmes (Go, Phone Game, Des Étoiles Plein les Yeux), elle rejoint le bureau du procureur afin d’enquêter sur les activités de Falcone. Prenant l’allure d’un Batman plus classique, le scénario n’en finit cependant pas de surprendre avec l’apparition du docteur Jonathan Crane, psychiatre à la prison de Gotham. Incarné par un Cillian Murphy (28 Jours Plus Tard, La Jeune-Fille à la Perle) qui a totalement la tête de l’emploi, il ne tarde pas à révéler son terrible gaz sous les traits de l’Épouvantail.

Le terrible contaste entre un Jonathan Crane très réussi et un Épouvantail tout juste passable.
« Un individu qui passe ses nuits à s’amuser à escalader les toits de Gotham me reprocherait une double identité ? »

Simplement coiffé d’un masque en toile de jute, il peine cependant à convaincre à cause de son absence de costume, de l’étrange cheval noir avec lequel il se déplace et de son entrée en matière à la réalisation très discutable. Sous-exploité dans ses interactions avec Batman, les scènes qui le concernent et l’effet de son gaz se montrent plutôt limités, mais sa présence reste pertinente au regard de la suite du scénario. Car si Liam Neeson signe là un de ses plus grands rôles, c’est bien parce qu’il incarne en réalité le véritable Ra’s Al Ghul, sa double identité effectuant alors un parallèle intéressant avec celle de Bruce Wayne. La dualité entre les deux hommes marque alors durablement les temps forts de Batman Begins, terminant de forger l’identité d’un Batman qui gagne en identité et en légitimité, appuyée par sa voix rendue bien plus grave ainsi que par une batmobile très moderne ressemblant à un tank.

L’aboutissement à une collaboration destinée à sauver la ville.
« Vol à main armée, double homicide, un certain goût pour la mise en scène comme vous, et il laisse sa carte de visite. »

Fortement modernisé depuis le capharnaüm de la fin des années 1990, Batman Begins s’impose comme un film de super-héros épique, une véritable réussite rendant à Batman ses lettres de noblesse. En s’attaquant au passé de Bruce Wayne pour mieux approfondir la psychologie du personnage, Christopher Nolan réussis son pari et parvient à apporter sa vision du chevalier noir avec maestria. Les mélodies intenses composées par James Newton Howard (habitué aux films de M. Night Shyamalan) et par l’illustre Hans Zimmer renforcent alors l’identité de l’homme chauve-souris par la gravité de ses timbres. Son partenariat avec Gordon alors promu inspecteur est fortement symbolisé par leur échange verbal lourd de sens après que ce dernier tease la suite des événements pour ce qui sera un des films Batman les plus riches de l’histoire du cinéma.

« Je ne vous ai jamais dit merci. » « Et vous n’aurez jamais à le faire. »

 

Et Pour Quelques Dollars de Plus, de Sergio Leone

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Date de sortie : 20 décembre 1965 (Grèce),
30 septembre 1966 (France)

Réalisateur : Sergio Leone
Acteurs principaux : Clint Eastwood, Lee Van Cleef, Gian Maria Volonté, Mario Brega
Genre : Western spaghetti
Nationalité : Italien
Compositeur : Ennio Morricone

Là où la vie n’avait pas de valeur, la mort, parfois,
avait son prix. C’est ainsi que les chasseurs de primes
firent leur apparition.

Clint Eastwood, la pugnacité à l’écran.

Deuxième film de la Trilogie du Dollar, Et pour Quelques Dollars de Plus (For a Few Dollars More) confirme définitivement le talent artistique de Sergio Leone grâce à une réalisation des plus intenses servie par des personnages et des compositions musicales d’une redoutable efficacité. Clint Eastwood y effectue son retour en chasseur de primes appelé le Manchot : il ne manque en effet qu’avec sa main gauche, laissant toujours la droite agrippée à son pistolet. On croirait même qu’il joue le même personnage que dans Pour une Poignée de Dollars étant donné qu’il porte le même poncho dans l’autre sens, les impacts de balles de sa précédente aventure restant visibles durant certaines scènes. Gian Maria Volonté atteint des sommets en incarnant l’Indien, un criminel au regard glaçant qui n’hésite pas à faire preuve de cruauté envers la famille de celui qui l’avait fait mettre en prison.

« Voyons si, quand je suis de face, tu me vises mieux que quand j’ai le dos tourné ! »
Lee Van Cleef démontre rapidement sa maîtrise de la gâchette !

C’est pourtant le charismatique Lee Van Cleef (L’Homme qui tua Liberty Valence, La Conquête de l’Ouest) qui impose d’emblée sa posture et son autorité en apparaissant dès la première séquence du film. Son personnage du colonel Douglas Mortimer s’ajoute habilement aux deux précédents pour créer une intrigue qui s’éclaircit tout au long du scénario, entre vengeance et alliances masquées. Rappelant fortement Jesse James avec ses vêtements noirs, sa moustache, ses yeux fins et son air sérieux, Lee Van Cleef sera aussi une des sources d’inspiration d’Hideo Kojima pour le personnage de Revolver Ocelot dans Metal Gear Solid. Parmi les hommes de l’Indien, Klaus Kinski sort clairement du lot pour son interprétation du Bossu, tandis que l’on retrouve Mario Brega dans le rôle de Niño, ainsi que Joseph Egger qui joue un vieux prophète.

Provocation et duels de regard : qui craquera le premier ?
Pas de bon western sans saloon et ses célèbres jeux de cartes !

Si Pour une Poignée de Dollars inaugurait le style du western spaghetti, Et pour Quelques Dollars de Plus sublime la formule grâce à une narration puissante portée par des personnages brillamment interprétés, des jeux de regard en gros plan à l’expression intense ainsi que des séquences variées comme la partie de poker, le vol du coffre de la banque et la provocation de Mortimer au saloon. Le duo formé par le Manchot et ce dernier s’avère d’une redoutable efficacité, entre provocations successives (le duel de tir sur chapeau) et collaboration pour traquer l’Indien. L’expérience de l’ancien et la pugnacité du jeune se complètent habilement lors de scènes mémorables aboutissant à une conclusion touchante. Si les réelles motivations de Mortimer se dévoilent petit à petit lors de flashbacks, il reste cependant dommage que le scénario manque d’éléments pour faire le lien avec l’Indien.

« Dis un peu, y’a beau temps que je veux te demander ça : que signifie cette montre pour toi ? »
« Quand la musique s’arrêtera, ramasse ton pistolet et essaie de me tuer. Essaie… »

Les compositions musicales, quant à elles, qui n’en finissent plus de transcender le récit. Outre le thème principal récurrent aux sifflements reconnaissables, la montre à gousset renforce considérablement le background de l’Indien, notamment grâce à la mélodie dont il se sert pour chacun de ses duels comme pour expier un crime qui le tourmente. Cette musique intradiégétique est alors renforcée par la composition extradiégétique d’Ennio Morricone, dont l’orgue renforce la dramaturgie. Puissant dans ses jeux de regard, le duel final préfigure presque celui de Le Bon, la Brute et le Truand grâce à un trio au sommet de ses enjeux, fortement intensifiés par des instruments qui subliment le suspense. Dépassant de loin son prédécesseur, Et pour Quelques Dollars de Plus s’impose comme un des meilleurs westerns de tous les temps.

Trials of Mana (2020) de Xeen

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Date de sortie : 30 septembre 1995 (jeu d’origine), 24 avril 2020 (remake)
Développeur : Square-Enix
Concepteur : Naoki Matsue
Genre : Action-RPG

Nationalité : Japon
Compositeur : Hiroki Kikuta
Consoles : Switch, PlayStation 4

Une équipe de choc !

Après une bonne vingtaine d’années d’attente, la volonté des fans du jeu qu’on appelait encore Seiken Densetsu 3 est enfin récompensée avec l’annonce de la Compilation of Mana en Europe, avec une traduction française inédite qui choisit le prestigieux titre de Trials of Mana. Annonce suivie d’une autre encore plus alléchante tandis que le thème principal remixé retentit de plus belle pour accompagner un bel univers en trois dimensions, nous faisant comprendre qu’un nouveau remake est en cours de développement. Plus ambitieux que les remakes des deux premiers épisodes, il modernise fortement l’ancienne exclusivité japonaise pour une expérience en full 3D avec un level design de grande qualité, permettant toujours de choisir un trio parmi six personnages bien différents : Angela la magicienne noire, Duran le guerrier, Hawk le voleur, Riesz l’amazone, Kevin le lycanthrope et Charlotte la magicienne blanche.

La légende surgit de nouveau.
De sympathiques panoramas absents dans le jeu d’origine.

Très agréable à jouer, Trials of Mana reprend fidèlement les différents passages du jeu d’origine, que l’on reconnaît parfaitement malgré la refonte totale. Totale mais loin d’être à la pointe, car si la direction artistique est vraiment belle et colorée, les graphismes sont tout juste corrects pour la Switch et la PS4, le jeu n’étant clairement pas à gros budget. Les remix musicaux sont de qualité mais restent assez standard, aucune piste ne sortant réellement du lot contrairement aux musiques du remake de Secret of Mana qui avait su se montrer plus inventives. Les combats sont dynamiques et permettent d’esquiver plus facilement les attaques ennemies grâce à un bouton dédié. On peut cependant regretter une physique assez pauvre, les attaques aériennes obligeant notamment à sauter pour frapper droit devant soi de manière rigide. Si chaque personnage à son propre type d’arme, de puissantes attaques de classe ont été rajoutées moyennant la collecte de petits cristaux bleus faisant grimper une jauge.

Flammy toujours de la partie !
Malgré la relative facilité du jeu, certains boss donnent pas mal de fil à retordre.

Fluides et faciles à prendre en main, les combats sont nombreux mais la simplicité des combos donne le même sentiment de répétitivité que le jeu d’origine, notamment sur la fin où on enchaîne les zones à affrontements sans que le scénario décolle réellement. Ce dernier est en effet très lisse et ne donne accès qu’à peu de moments intenses, même s’il est toujours possible de voir des variantes selon le personnage principal choisi. Les cinématiques permettent certes de dynamiser la narration, mais les méchants n’atteignent décidément pas le charisme de ceux de Secret of Mana, pourtant eux-mêmes assez convenus dans leur genre. Le jeu se veut relativement facile avec les tracés rouges qui indiquent les zones où les ennemis vont frapper ainsi que les nombreux objets de soin qu’on peut ramasser un peu partout.

Un certain charisme non sans rappeler le Chevalier Noir de Sword of Mana.
Une nouvelle quête qui démarre de la bibliothèque…

L’évolution en classes est toujours présente et le level up permet également d’assigner des compétences classées selon les caractéristiques principales. Assez peu utilisées dans l’ensemble, les magies disponibles dépendent fortement du personnage de base et de sa classe. Le post-game comporte une nouvelle quête s’étendant sur plusieurs heures durant laquelle on traverse un pot-pourri de zones déjà connues pour terrasser une sorcière. Sympathique mais plutôt dispensable, elle permet néanmoins d’obtenir de nouveaux pouvoirs via un troisième changement de classe. Fidèle à lui-même tant dans ses qualités que dans ses limites de game design, Trials of Mana perpétue la renaissance de la saga avec un remake agréable bien que manquant d’ambition, Secret of Mana lui restant d’assez loin supérieur malgré son remake très terre à terre.

Adieu les Cons, d’Albert Dupontel

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Date de sortie : 4 août 2020 (avant-première), 21 octobre 2020 (1h 45min)
Réalisateur : Albert Dupontel
Acteurs principaux : Albert Dupontel, Virginie Efira, Nicolas Marié, 
Genre : Comédie dramatique
Nationalité : Français
Compositeur : Christophe Julien

Virginie Efira au sommet de son talent.

Septième film d’Albert Dupontel (Le Vilain, Neuf mois fermes, Au revoir là-haut), Adieu les Cons joue la carte de la comédie dramatique dans un scénario où trois personnages se lancent dans une improbable quête afin de tenter de prouver que leur existence ont un sens. Jouée par Virginie Efira (Elle, Victoria, Le Grand Bain), Suze Trappa Trappi Trappo Trappet est une coiffeuse de quarante-trois ans qui apprend qu’elle est gravement malade à cause de cosmétiques qu’elle utilise à son travail. Sa vie risquant d’être écourtée, elle joue son va-tout en décidant de partir à la recherche d’un enfant qu’on lui avait retiré lorsqu’elle était adolescente.

Albert Dupontel, sérieux en apparence, déjanté à l’intérieur !
Une véritable infiltration digne des plus grands James Bond !

Pendant ce temps, Albert Dupontel interprète comme à son habitude un personnage complètement barré. Dénommé JB Cuchor Cuchasse, cet homme d’âge mur en a ras le bol de son poste dans l’administration et l’annonce de son licenciement le pousse à en finir avec son fusil. Les circonstances vont alors pousser ce dernier à aider Suze à retrouver son enfant. La recherche de documents va aussi faire intervenir l’archiviste Monsieur Blin, incarné par Nicolas Marié décidément très présent dans les films du réalisateur. Toujours impeccable dans ses prises de vue, Dupontel exprime ainsi sa vision anxiogène de la société du XXIème siècle à travers de nombreuses situations rendues comiques par leur absurdité.

Prise de vue qui résume efficacement le comique du film !
La fameuse scène des ascenseurs surplombant le très symbolique CAC 40.

Du coup de feu en plein mur à l’archiviste en folie qui se cogne partout, en passant par le médecin et le manager qui prennent leurs interlocuteurs pour des numéros de dossier, les séquences drôles sont légion tout en conservant un fond dramatique qui sert le scénario. Omniprésente, la technologie est un symbole fort de cette déshumanisation avec l’écran et les gadgets qui dirigent la société, poussant ainsi les gens à hacker les systèmes pour se sortir d’une injustice. Pourvu d’images frappantes et d’un final choc, Adieu les cons est une réussite qui prouve une fois de plus qu’Albert Dupontel se démarque largement dans le cinéma français, en réalisant des films qui font sens loin des sempiternelles comédies à l’affiche qui peinent à faire décoller un sourire.

Les Sous-Doués en Vacances, de Claude Zidi

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Date de sortie : 10 mars 1982 (1h 35min)
Réalisateur : Claude Zidi
Acteurs principaux : Daniel Auteuil, Guy Marchand, Grace de Capitani, Charlotte de Turckheim
Genre : Comédie, romance
Nationalité : Français
Compositeur : Vladimir Cosma

 

Désespoir, je vois tout en noir, il va pleuvoir

La romance dans toute sa splendeur.

Deux ans après le succès des Sous-Doués, Claude Zidi remet le couvert en imaginant les vacances de la bande à Bébel suite à leur obtention du baccalauréat. Le film se veut d’emblée bien plus musical avec une introduction rappée racontant ce qui attend les personnages. Et les gags ne se font pas attendre alors que Bébel se fait larguer à l’aéroport par sa dernière conquête, avec qui il était censé partir en voyage. Daniel Auteuil est rapidement rejoint au casting par Grace de Capitani, qui débute sa carrière d’actrice dans le rôle de Claudine, une jeune femme dont le copain est parti aux Seychelles avec sa sœur jumelle qui s’est fait passer pour elle à force de se faire railler. Jouée par Charlotte de Turckheim (La Nuit de la mort, Le Maître d’école, Les Babas cool), son amie Pétronille va alors la mettre en contact avec Paul Memphis, savoureusement interprété par le chanteur Guy Marchand (Cousin Cousine, Garde à vue, Coup de torchon).

 

Sur la plage, j’irai te chercher des coquillages

Une dualité à toute épreuve.

Grand séducteur qui passe son temps à se marier puis à divorcer avant de conquérir à nouveau, il a engagé un concepteur sous les traits de Jean Paul Farré (Les Bidasses s’en vont en guerre, Les Ringards, Le Roi des cons), qui a mis au point un love computer mettant en avant le potentiel amoureux entre deux personnes via des câbles reliés à la tête. Bébel et Claudine tombent évidemment ensemble lors d’une danse prévue à cet effet et avec un résultat plus que prometteur. L’essentiel du comique repose alors sur les actions de Memphis afin de retourner Bébel contre Claudine et ainsi mieux s’accaparer cette dernière. De nombreux gags viennent surenchérir l’action, comme une diva qui parle systématiquement en se croyant à l’opéra, un faux requin mis en scène semblant parodier Les Dents de la Mer, ou encore Hubert Deschamps de retour dans le rôle d’un chirurgien encore moins doué que l’enseignant qu’il était dans le premier film.

 

Destinée, on était tous les deux destinés

Comment résister à des sous-vêtements aussi fleuris…

L’animateur de radio Jacques Rouland et le chanteur Gérard Lenorman apparaissent même lors d’une séquence, Dominique Hulin servant de garde du corps à ce dernier. Mais si le film est porté par la musique, il l’est surtout par la mémorable chanson « Destinée », dont la mélodie est fredonnée plusieurs fois pour ponctuer le film. Composée par Vladimir Cosma en reprenant à l’envers les notes de « L’Été Indien » de Joe Dassin, elle est directement interprétée par Guy Marchand, qui pensait ringardiser le style avec une chanson à contre-courant des slows des années 80. S’en dégage au final une musique certes autodérisoire mais également touchante, offrant un certain cachet à la romance du film. Sa popularité est telle qu’elle fut réutilisée la même année dans Le Père Noël est une Ordure lors d’une scène de slow entre Thierry Lhermitte et Christian Clavier. Sans doute moins culte et mémorable que son prédécesseur, Les Sous-Doués en Vacances s’en démarque tout de même largement grâce à sa musicalité, ainsi qu’à son rythme et à son montage de meilleure facture.

Lucky Strike, de Kim Yong-hoon

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Date de sortie : 19 février 2020 (Corée du Sud), 8 juillet 2020 (France)
Réalisateur : Kim Yong-hoon
Acteurs principaux : Jeong Woo-seong, Jeon Do-yeong, Man-Sik Jeong, Seong-woo Bae
Genre : Thriller
Nationalité : Sud-coréen
Compositeur : Nene Kang

Que faire quand on tombe sur un sac pourvu de milliers de wons ?

Adaptation du roman de Keisuke Sone par Kim Yong-hoon dont c’est le tout le premier film, Lucky Strike est un thriller sud-coréen dans lequel un sac rempli de billets vient bouleverser le destin de plusieurs personnages alors tentés de refaire leur vie. D’abord un employé de sauna joué par le taciturne Seong-woo Bae, rapidement suivi d’un agent des douanes interprété par Jeong Woo-seong (Le Bon, la Brute et le Cinglé) devant de l’argent à un prêteur sur gage sous les traits de Man-Sik Jeong (Hard Day). La très populaire Jeon Do-yeong (Secret Sunshine) y incarne un des personnages les plus manipulateurs lors de séquences plus macabres les unes que les autres.

Les promesses de remboursement, ça finit rarement bien…
Rearch of a Lucky instead of a sweet !

Entre meurtres, arnaques et trahisons, chacun est prêt à tout pour parvenir à ses fins dans une narration éclatée donnant un certain cachet au film, bien que sa réalisation reprenne largement les codes connus du cinéma coréen. Son découpage en chapitres et ses nombreux dialogues ne sont pas sans rappeler les premiers films de Quentin Tarantino, si ce n’est que le scénario peut parfois paraître trop brouillon pour être facile à suivre. Si le titre du film fait écho aux coups chanceux que peuvent porter les personnages selon les situations, il renvoie aussi à la marque de cigarettes éponyme, directement présentes dans le film pour symboliser la fortune et la consumation. Pour son premier film, Kim Yong-hoon s’en sort relativement bien : un réalisateur à suivre de près !