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Liam Debruel

Liam Debruel
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Amoureux du cinéma. À la recherche de films de qualités en tout genre,qu'importe la catégorie dans laquelle il faut le ranger. Le cinéma est selon moi un art qui peut changer notre vision du monde ou du moins nous faire voyager quelques heures. Fan notamment de JJ Abrams,Christopher Nolan, Edgar Wright,Fabrice Du Welz,Denis Villeneuve, Steven Spielberg,Alfred Hitchcock,Pascal Laugier, Brad Bird ,Guillermo Del Toro, Tim Burton,Quentin Tarantino et Alexandre Bustillo et julien Maury notamment.Écrit aussi pour les sites Church of nowhere et Le quotidien du cinéma. Je m'occupe également des Sinistres Purges où j'essaie d'aborder avec humour un film que je trouve personnellement mauvais tout en essayant de rester le plus objectif possible :)

Freaks de Zach Lipovsky et Adam B. Stein

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Pays États-Unis
Année 2019
Casting Lexy Kolker, Émile Hirsch, Bruce Dern, …
Genre Drame, Action, Science-Fiction

Freaks se dévoile comme un film aux multiples genres hautement recommandable.

Chloé a 7 ans et n’a jamais vu la lumière du jour. Son père la maintient à l’écart du monde extérieur, ne cessant de lui répéter qu’elle est différente et que tout ce qui se trouve de l’autre côté de la porte d’entrée représente une menace. C’est en bravant tous les interdits que Chloé va pouvoir découvrir la vérité sur sa condition.

Il est difficile d’être parent. Chacun le sait, même les personnes qui n’ont ou ne veulent pas d’enfants. Les créateurs ont essayé de représenter cette difficulté de maintes manières à travers les années, notamment par le biais du genre. On repense ainsi à The Secret de Pascal Laugier, Looper de Rian Johnson ou We need to talk about Kevin de Lynne Ramsay, trois portraits différents d’une maternité devant faire face entre autres à ses interrogations intimes. On retrouve ici un même questionnement mais plus orienté du point de vue du père, voire même des pères.

Chloé doit ainsi se confronter à deux figures paternelles opposées sur divers points pour essayer de se découvrir, elle, jeune fille de 7 ans qui ne sait comment agir face au monde extérieur au vu de sa situation. Si l’explication de cet enfermement est amenée graduellement et apporte une certaine profondeur narrative dans sa deuxième partie, ce n’est pas tant cela ni ses (excellents) moments de tension qui en font le cœur.

On ressent ainsi beaucoup d’affection pour Chloé, interprétée par une Lexy Kolker touchante pour un premier rôle. Son besoin d’émancipation peut amener à une interprétation sociétale mais permet également de dresser un portrait d’enfant d’une justesse forte dont les doutes sur sa situation conduisent à de très belles scènes, notamment par ses rapports avec Émile Hirsch et Bruce Dern, dirigés d’une main de maître. De quoi donner du cœur quand advient la deuxième partie plus orientée et plus déchirante avec ses tournures narratives de qualité.

Usant d’un postulat de genre pour mieux interroger les responsabilités familiales, Freaks est une agréable réussite. Allant au bout des possibilités d’un budget que l’on imagine réduit sans jamais se réduire totalement dans ses ambitions, voilà un bel exemple de film de genre ayant besoin de ses multiples styles, entre l’horreur et la science-fiction, pour mieux faire exploser un drame pourtant intime dans son échelle. C’est tout simplement brillant et réussi, tout en rendant impatient de la prochaine aventure d’Adam B. Stein (dont c’est le premier long-métrage) et Zach Lipovsky (« Dead Rising Watchtower ») …

Jabberwocky de Terry Gilliam

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Pays Grande-Bretagne
Année 1977
Casting Michael Palin, Harry H. Corbett, John Le Mesurier,
Genre Fantastique

Carlotta nous offre un joli cadeau de Noël en ressortant ce film de Terry Gilliam.

À la mort de son père, le jeune Dennis décide de tenter sa chance en ville dans l’espoir de conquérir le coeur de sa dulcinée, Griselda, restée au village. Pendant ce temps, un horrible monstre surnommé Jabberwocky fait régner la terreur, tuant et anéantissant tout sur son passage.

Pour son passage solo post Monty Python, Terry Gilliam reste en territoire connu. En effet, on sent cette même ironie mordante dans Jabberwocky que celle qui nourrissait Sacré Graal, chef d’œuvre humoristique dont on ne se lassera jamais. Mais si le film ne renie jamais son aspect comique plongeant avec plaisir dans le grotesque pur, on ne peut mettre de côté ses instants plus angoissants telle la première attaque du Jabberwocky, à la brutalité aussi sèche que l’ancrage historique médiéval et la manière dont celle-ci reflète des interrogations plus contemporaines.

Nous sommes ainsi dans une époque brutale physiquement mais plus encore socialement, où le travail est une denrée rare et où les puissants s’occupent en organisant moult combats sanglants avec un plaisir éphémère. Gilliam tire à boulets rouges par le biais de son récit et du regard rempli de naïveté de son héros, incarné avec un certain délice par Michael Palin. Et si certains moments semblent par instants chaotiques dans leur construction (ce qui semble néanmoins volontaire), on ressent cependant une certaine forme de solidité mais surtout d’inventivité. Jamais le réalisateur ne s’offusque de son budget étriqué d’un demi million de dollars et parvient à « sublimer » son long-métrage par des décors et une production design crasseuse à souhait, le tout étant encore mieux mis en avant par la restauration 4K proposée en salles.

Jabberwocky est ainsi à l’image de son réalisateur, fou et acide, n’hésitant pas à aller vers le sale pour mieux critiquer un système social tel qu’il continuera à le faire dans ses œuvres d’après. Pas étonnant dès lors de prendre autant de plaisir devant ce film tant il dispose de tout ce qui fait que l’on aime Terry Gilliam…

Gloria Mundi de Robert Guédiguian

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Pays États-Unis
Année 2020
Casting Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan, …
Genre Drame

Et si demain, on commençait l’année par un drame social ?

Daniel sort de prison où il était incarcéré depuis de longues années et retourne à Marseille retrouver Sylvie, son ex-femme. Celle-ci l’a prévenu qu’il était grand-père : leur fille Mathilda vient de donner naissance à une petite Gloria. Daniel va alors observer et tenter d’aider ce microcosme.

Comme chaque œuvre est politiquement chargée, on peut dire que chacune se trouve également nourrie socialement, l’exprimant plus ou moins volontiers. Ici, l’ancrage économique du film est son point névralgique, portrait de personnes marquées par une situation financière sensible. Le regard que leur pose Daniel, électron libre parmi ceux-ci, est celui d’un prisonnier envers d’autres, coincés dans un système économique qui pousse à un quotidien difficilement enviable pour certains mais plus enviable qu’un enfermement physique (douce confession faite par Daniel à son ex-femme). C’est donc une ambiance assez lourde qui se ressent ici, la naissance de Gloria ne faisant que précipiter les actions de chacun qui ne peuvent plus que survivre à leur existence.

Dès lors, chaque personnage véhicule une forme de frustration, une sensation d’être coincé par des impératifs financiers qui mène à une prise de décision compliquée : effectuer son travail en étant inapte physiquement, refuser de faire grève pour ne pas perdre le peu que l’on reçoit, … Robert Guédiguian filme tout cela sans affres visuelles, coinçant dans ses plans ses protagonistes en quête de survie dans un milieu destructeur, prison sociale qui s’étend et dont l’affranchissement est d’une telle difficulté qu’il est compliqué de juger ceux qui tentent au mieux d’y survivre.

C’est donc un drame lourd que nous propose Robert Guédiguian avec « Gloria Mundi », insistant par instants dans sa volonté d’appuyer la douleur de ses protagonistes mais parvenant néanmoins à fonctionner dans son portrait d’individus meurtris par leurs situations.

La bataille de Midway de Jack Smight

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Pays États-Unis
Année 1976
Casting Charlton Heston, Henry Fonda, James Coburn, …
Genre Guerre, historique

Quelques temps après la sortie en salles du remake de Roland Eimmerich, Elephant sort en Blu-Ray ce titre réputé dans le cinéma de guerre.

Juin 1942 : les forces japonaises s’apprêtent à lancer une offensive surprise sur la base américaine du Midway, en plein cœur du Pacifique. L’armée américaine, qui vient d’apprendre l’existence de ce plan, se prépare à contre-attaquer.

Ce qui reste toujours aussi fascinant dans les longs-métrages traitant de conflits belliqueux, c’est la partie qui se joue entre deux camps, la bataille se transformant en échiquier géant où chaque côté tente au mieux de gagner en dépit des pions balancés comme autant de sacrifices pourtant nécessaires aux yeux de certains. Jack Smight parvient à capter cette grandiloquence dans l’affrontement et l’aspect stratégique d’une bataille connue de la seconde guerre mondiale.

L’intérêt est donc permanent, cette lutte étant en plus illustrée par un casting en or : Charlton Heston, Henry Fonda, James Coburn, Robert Mitchum, Toshirō Mifune, … De quoi faire tourner la tête de toute personne amoureuse de cinéma tout en conférant une certaine aura à une production qui tente au mieux de gérer les déterminants d’une bataille qui sera représentée avec un réalisme prenant, offrant à ses scènes de combat une sensation d’immersion réussie, notamment par l’insertion (plus ou moins fine) d’images d’archives. De quoi inscrire le film de Jack Smight dans une volonté de reconstitution historique par moments réussie et par moments marquée par ses velléités de récit grand public, notamment par la présence d’une romance.

Film de guerre assez épique et prenant, « La bataille de Midway » réussit à retranscrire un moment marquant de la Seconde guerre mondiale avec un certain prestige passant aussi bien par ses acteurs de qualité que sa mise en scène en quête de recréation cohérente de sa bataille. Sa sortie en Blu-Ray chez Elephant Films est donc une bonne occasion de jeter un œil à ce titre culte du film de guerre.

Yesterday de Danny Boyle

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Pays : Grande-Bretagne
Année : 2019
Casting : Himesh Patel, Lily James, Ed Sheeran, …
Genre : Comédie

Danny Boyle nous offre LE feel good movie de l’année avec cette comédie écrite par Richard Curtis.

Après un accident de voiture, Jack se rend compte qu’il est le seul à se souvenir des Beatles. Il va alors reprendre leurs chansons pour faire sortir sa carrière musicale de son marasme.

Commençons directement par une affirmation importante : Danny Boyle est l’un des réalisateurs les plus passionnants du 21ème siècle. Le voir s’attaquer à un film aussi solaire après avoir traité de mélancolie avec amertume dans le second Trainspotting (tout simplement l’une des suites les plus essentielles de ces dernières années) était assez attirant, connaissant l’éclectisme d’une carrière aussi riche et variée que qualitative. Il n’est donc que peu étonnant de voir que Yesterday est aussi maîtrisé, tout en reprenant un schéma narratif collant parfaitement aux travaux précédents de Richard « Coup de foudre à Notting Hill » Curtis.

Mais si les carcans de la comédie romantique peuvent par instants enfermer la narration, cela n’empêche en rien la création d’une émotion et d’une réflexion par son accroche alternative, rappelant l’aspect essentiel de certains artistes dans la construction des individus. Faire revivre les Beatles, c’est également rallumer une flamme qui a nourri diverses personnes depuis leurs premiers tubes, comme certains artistes peuvent, par leurs œuvres, (re)définir une personne. La réflexion émotionnelle de la conception artistique se fait puissante et la réécriture de l’Histoire permet également à Boyle de dresser l’une des scènes les plus chargées de l’année, la fiction permettant aux morts de connaître un autre sort où leur existence s’avère plus épanouie, à l’image de la réflexion de Tarantino dans son « Once upon a time … in Hollywood ».

Il est donc logique que Yesterday soit une agréable surprise, n’explosant pas entièrement sur certains points mais offrant quand même assez de surprises pour constituer un feel good movie réjouissant qui devrait se voir réévalué après un accueil critique assez mitigé. Il prolonge pourtant avec pertinence les thématiques de Boyle tout en rappelant la puissance de la création. On en sort avec un grand sourire et l’envie de redécouvrir aussi bien les morceaux des Beatles que la filmographie d’un réalisateur britannique au talent toujours aussi élevé…

Emma Peeters de Nicole Palo

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Pays Belgique
Année 2019
Casting Monia Chokri, Fabrice Adde, Stéphanie Crayencour, …
Genre Comédie dramatique

Nicole Palo nous offre une comédie amère avec un amour sincère pour le métier d’actrice.

Après des années à galérer, Emma Peeters décide de planifier sa mort afin de réussir quelque chose dans sa vie.

À peine entamons nous le film que le regard d’Emma nous frappe, empli d’une certaine tristesse qui touche par son apparente normalité. Il faut avouer directement que l’interprétation de l’héroïne que fournit Monia Chokri se fait avec une certaine amertume intériorisée qui va presque en contradiction au ton pince-sans-rire amené par sa metteuse en scène. Celle-ci met une forme de couleur au récit qui amène un certain charme et un certain humour qui vont à l’opposé du funèbre d’Emma.

Une chose qui frappe également est l’amour porté par Nicole Palo pour son héroïne mais également la figure de l’actrice en générale. On sent l’expérience dans le désarroi des castings, des figurations, des cours qui ne mènent nulle part ou du métier alimentaire qui nous déprime par l’importance qu’il prend. La réalisatrice sublime le rôle de l’actrice dans son ancrage dans le quotidien et dans l’incertitude l’entourant, la perte de vue du projet personnel et le besoin de s’ancrer dans une forme de vie sans réussir à se faire voir et s’accomplir dans sa passion.

Dès lors, on est charmé par la personnalité d’Emma, par sa décision d’en finir juste pour réussir, touché par sa tristesse au vu de son rêve qui ne va nulle part. C’est comme si l’union du jeu de Monia Chokri et de la mise en scène de Nicole Palo transformait cette femme en héroïne moderne, en symbole d’une génération d’actrice devant se conforter à un modèle ainsi que d’une partie de la population qui est brisée de ne pas pouvoir accomplir ses rêves et sa volonté.

En somme, Emma Peeters est le genre de comédie dramatique touchante et charmante à la réussite portée par la création d’une femme symbolisant toutes les interrogations de sa classe d’âge, de son sexe ou bien de tout individu qui cherche à se définir dans l’art tout en tissant une romance adorable et en évitant le marivaudage habituel. C’est drôle, c’est touchant mais surtout, c’est une réussite.

Les mains d’un étranger de Newt Arnold

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Pays États-Unis
Année 1962
Casting Paul Lukather, Joan Harvey, James Noah, …
Genre Horreur

C’est une jolie pépite que ressort Artus dans sa collection de classiques avec ces Mains d’un étranger.

Célèbre concertiste virtuose du piano, Vernon Paris perd ses mains dans un accident de voiture. Le docteur Harding tente une opération très audacieuse et lui greffe les mains d’un gangster assassiné le même soir par un gang rival. Convalescent, Vernon devient obsédé par l’idée que ses nouvelles mains sont dotées d’une vie propre et le forcent à commettre des actes de violence, se venger du chauffeur responsable de son accident et du chirurgien qui l’a opéré.

Est-ce qu’en sortant « Les mains d’Orlac » en 1920, Maurice Renard se doutait des adaptations officielles ou officieuses qui naîtraient de son postulat passionnant ? Aucune idée pour la réponse mais le fait est que ces mains prenant possession de leur nouveau propriétaire ont su inspirer avec soin le cinéma, notamment dans cette version moins autorisée. Newt Arnold filme avec intérêt son synopsis de manière efficace, rendant les moments d’attaque plus réussis par leur rareté, bien aidé par la prestation de Paul Lukather en pianiste souffrant de son opération et ses conséquences.

On pourrait ainsi souligner par ce biais la nature violente de l’être humain qui n’hésite pas à plonger dans la destruction de soi et d’autrui, atteint par le désarroi de sa situation. C’est une forme de plongée dans une colère forte menant à une rage ravageuse à laquelle on assiste, fruit de notre incapacité à se relever de certains drames. Comment ne pas comprendre la tristesse de Vernon, incapable de faire ce pourquoi il pensait être né, soulignant une forme d’empathie dans sa déchéance morale ? En effet, même si nous ne nous ferons pas tous greffer de nouvelles mains (espérons pour vous), qui ne peut pas admettre qu’il ne sait pas sa réaction s’il ne peut plus exercer son rêve ? La nature violente de cette greffe est donc symbolique d’une réaction forte à un événement dont le héros ne peut se relever.

Si vous acceptez la nature par moments un poil trop bavarde du film, alors nous vous recommandons de jeter un œil à ces Mains d’un étranger, disponible en DVD chez Artus pour 9,90€. De quoi jeter un œil neuf sur ses propres mains…

Extra Sangsues de Fred Dekker

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Pays États-Unis
Année 1987
Casting Jason lively, Jill Whitlow,Tom Atkins, …
Genre Comédie,Horreur,Science-fiction

Elephant Films nous propose en combo Blu-Ray/DVD une série B horrifique extrêmement divertissante en la présence d’Extra Sangsues.

1959, Un vaisseau extraterrestre s’écrase sur terre. La créature qui était à l’intérieur prend possession d’un jeune homme. Près de 30 ans plus tard, Chris Romero, étudiant un peu perdu et son ami J.C, découvrent le corps possédé qui revient à la vie…

C’est la nature colorée du film qui frappe au premier abord par une scène d’ouverture surprenante qui mettra le feu aux poudres des événements. Rien que cette introduction nous ouvre dans le style d’une série B réjouissante. En effet, tous les codes reviennent avec une certaine malice de la part de Dekker, aussi bien dans l’écriture de ses personnages que dans sa mise en scène, des idées simples à priori ancrant le film dans les inspirations de Monster Movies du réalisateur (les années 50 et leur photographie en noir et blanc).

Tout le long-métrage relève d’une forme de fantasme : celle du jeune homme perdu socialement, cherchant désespèrement à plaire à ses pairs et à rentrer dans une figure assez normée. Dans ce sens, on soulignera ce héros qui réutilise par exemple des phrases exprimées à son avis de manière négative pour les retourner vers lui et souligner son envie de correspondre à un modèle de héros. Il y a dès lors quelque chose d’assez touchant dans cette caractérisation moins appuyée que celle des autres protagonistes afin que le spectateur puisse se reconnaître dans cette volonté de sortir de sa perte de repères et se découvre par un événement qui le dépasse.On soulignera également l’affection portée envers le personnage de Tom Atkins, marqué par un drame assez fort et à l’origine de plusieurs répliques amusantes, appuyant le statut fun et gore de cette œuvre disponible en Director’s cut dans l’édition fournie par Elephant, avec ce qu’il faut de bonus pour permettre de creuser un peu plus sur cette bande de qualité.

En effet, comment ne pas apprécier les effets graphiques et le divertissement prodigué par cet Extra Sangsues bien ancré dans les années 80 ? De notre côté, on ne le saurait pas et on vous recommande largement ce film de Fred Dekker, fait pour être découvert avec un bon seau de pop-corn à avaler avec précaution pour ne pas être infecté à son tour par les sangsues du film…

Premiers pas dans la forêt + Zébulon le dragon

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Pays Russie et Corée du sud / Grande-Bretagne
Année 2019
Casting Aucun/ Hugh Skinner, Patsy Ferran, Kit Harrington,…

Si vous devez accompagner un jeune public au cinéma et que vous voulez éviter le raz de marée en salles pour La Reine des Neiges 2, voici deux jolies propositions qui devraient ravir les plus petits.

Commençons par « Premiers pas dans la forêt », composé de neuf courtes histoires suivant différent jeunes animaux dans leur milieu naturel. On peut ainsi apprécier le travail de deux réalisatrices, la sud-coréenne Soyeon Kim et la russe Veronika Fedorova. La première est derrière le segment initial, « Ahco, le petit éléphant intrépide », se distinguant des autres courts par une technique plus stylisée tout en partageant avec les autres courts une animation 2D merveilleuse qui devrait émerveiller les plus de 4 ans. Les histoires sont courtes et illustrées musicalement avec une certaine grâce qui fait passer rapidement les 38 minutes de durée avec un certain plaisir, tout en permettant aux plus jeunes de se retrouver face à une animation traditionnelle assez adorable.

Ce dernier terme convient également à « Zébulon le dragon » tant son animation 3D colorée permet de donner forme à ce jeune dragon qui cherche à devenir le meilleur de sa classe, bien aidée par une jeune fille. On est dans le style du Gruffalo qu’avait déjà dirigé le co réalisateur Max Lang. Ce dernier et Daniel Snaddon nous offrent ainsi un résultat amusant qui devrait faire rire petits et grands au long de ces quarante minutes, d’abord initiés par quelques autres courtes histoires. Certains trouveront cocasse de trouver dans le casting vocal Kit Harington qui, même affranchi de sa tenue de Jon Snow, ne peut échapper à ces satanés dragons. Heureusement pour lui que ce Zébulon est aussi attachant que le film qu’il illustre.

Voilà donc de quoi offrir deux films d’animation assez courts et pouvant ravir des spectateurs très jeunes, offrant de jolis moments aux techniques différentes mais au charme égal. De quoi offrir deux belles alternatives aux personnes voulant échapper aux salles bondées pour le dernier gros succès Disney.

Black journal de Mauro Bolognini

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Pays Italie
Année 1977
Casting Shelley Winters, Max von Sydow, Laura Antonelli, …
Genre Drame, Policier

La critique de Liam

Rimini nous fait découvrir une pépite noire qu’on croyait perdue.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, une femme assassine sauvagement ses amies et les transforme en savon, avant de reprendre le cours de sa vie.

À peine entamons nous le film que l’on comprend qu’il va nous prodiguer un moment assez noir par ses décors et sa gestion particulière de la photographie (appuyé par notre contact de la boîte de distribution confirmant que le master du disque a été approuvé par Daniele Nannuzzi, fils du chef opérateur du film Armando Nannuzzi et lui-même opérant dans le même domaine). Il y a une atmosphère de déliquescence qui se dégage, quelque chose qui nous happe telle une odeur putride mêlée à du souffre, collant à l’histoire vraie qui aura inspiré le récit.

Dès lors, on ne sera guère étonné devant ses quelques sursauts graphiques de bon aloi, comme le symbole d’une perdition morale face à l’inéluctabilité de la mort et son influence sur sa famille. Le film se fait alors une résonnance sourde d’une femme qui se mue en figure terrifiante de maternalisme proche de la créature de conte. Cela convient à un ton particulier, passant notamment par l’incarnation des victimes par des acteurs masculins, subissant autant l’action qu’ils la résolvent par une double personnification. Cette décision, ainsi que d’autres que nous vous laisseront découvrir, appuient le grotesque de l’ambiance avec une certaine colère de fond, se dégageant également des murs de la résidence, proche d’une demeure mortuaire implacable et étouffante.

Si le long-métrage fonctionne toujours aussi bien, c’est sans doute en partie par la bonne teneur de l’édition fournie par Rimini. Les suppléments comportent un entretien avec Daniele Nannuzzi qui travailla donc avec son père sur le tournage en étant chargé des éclairages du film et René Marx, directeur adjoint de l’Avant-Scène Cinéma qui revient sur Mauro Bolognini.

Œuvre particulière donc que ce Black Journal et sa morbidité confondante qui flotte sur l’entièreté du long-métrage. De quoi remettre en avant ce qui était apparemment considéré comme un bijou perdu de son réalisateur. Maintenant qu’on l’a retrouvé, on peut confirmer que sa réputation est amplement méritée.

La critique de Nicolas

 Novembre est décidément le mois de Mauro Bolognini ! Après 4 films en coffret par Carlotta c’est Rimini qui nous offre encore une fois une édition de grande qualité !

Black Journal est un film sacrément surprenant ! Lea revient s’installer avec son mari en Italie et revoit son fils unique. Elle se rend compte que se dernier est amoureux de Sandra une belle jeune femme. Lea se met à développer une jalousie maladive envers Sandra et commence à commettre des meurtres et transforme les cadavres en savon !

Derrière l’aspect horrifique et sordide de l’histoire il y a un fait divers, en effet le film est tiré d’une histoire vraie qui s’est déroulée avant la 2ème Guerre Mondiale.

Black Journal est un film incroyable, visuellement époustouflant, le film est un mélange de drame, d’horreur et de comédie. D’ailleurs parfois l’aspect sophistiqué et baroque de la mise en scène rappel le fameux Giallo italien.

Les prestations des acteurs sont impressionnantes notamment Shelley Winters incarnant parfaitement la cruelle et mélancolique Lea, Max von Sydow se travestit en femme et joue très bien la puritaine bouleversée par ses démons. Le reste du casting est lui aussi excellent.

Bolognini traite encore une fois de la folie et en fait une conséquence de la peur de la mort et du fascisme. Lea a vécut le traumatisme de la 1ère Guerre Mondiale et craint la prochaine.
Elle développe un amour pratiquement incestueux pour son fils ce qui la pousse vers une descente aux enfers presque insoutenable. Le personnage subit une transformation pratiquement physique, elle devient littéralement une sorcière terrifiante et morbide, digne des contes de fées. Le film évoque par exemple Hansel et Gretel avec ce personnage qui sombre dans une folie meurtrière et monstrueuse.

Bolognini livre un film entêtant, difficile et parfois poétique, la musique composée par Enzo Jannacci & Mina est sublime, elle devient presque un personnage rappelant la funeste destinée de son personnage principal.

Il s’agit sûrement d’une des œuvres les plus impressionnantes de Bolognini et pousse à continuer la découverte d’un grand auteur qui me paraît de plus en plus essentiel !

Du côté de l’édition elle est de grande qualité. La restauration du film est sublime et les bonus sont très intéressants et apportent un éclairage supplémentairement pour plonger dans la psyché du film.

Du grand cinéma comme je l’aime !