Freaks de Zach Lipovsky et Adam B. Stein

Pays États-Unis
Année 2019
Casting Lexy Kolker, Émile Hirsch, Bruce Dern, …
Genre Drame, Action, Science-Fiction

Freaks se dévoile comme un film aux multiples genres hautement recommandable.

Chloé a 7 ans et n’a jamais vu la lumière du jour. Son père la maintient à l’écart du monde extérieur, ne cessant de lui répéter qu’elle est différente et que tout ce qui se trouve de l’autre côté de la porte d’entrée représente une menace. C’est en bravant tous les interdits que Chloé va pouvoir découvrir la vérité sur sa condition.

Il est difficile d’être parent. Chacun le sait, même les personnes qui n’ont ou ne veulent pas d’enfants. Les créateurs ont essayé de représenter cette difficulté de maintes manières à travers les années, notamment par le biais du genre. On repense ainsi à The Secret de Pascal Laugier, Looper de Rian Johnson ou We need to talk about Kevin de Lynne Ramsay, trois portraits différents d’une maternité devant faire face entre autres à ses interrogations intimes. On retrouve ici un même questionnement mais plus orienté du point de vue du père, voire même des pères.

Chloé doit ainsi se confronter à deux figures paternelles opposées sur divers points pour essayer de se découvrir, elle, jeune fille de 7 ans qui ne sait comment agir face au monde extérieur au vu de sa situation. Si l’explication de cet enfermement est amenée graduellement et apporte une certaine profondeur narrative dans sa deuxième partie, ce n’est pas tant cela ni ses (excellents) moments de tension qui en font le cœur.

On ressent ainsi beaucoup d’affection pour Chloé, interprétée par une Lexy Kolker touchante pour un premier rôle. Son besoin d’émancipation peut amener à une interprétation sociétale mais permet également de dresser un portrait d’enfant d’une justesse forte dont les doutes sur sa situation conduisent à de très belles scènes, notamment par ses rapports avec Émile Hirsch et Bruce Dern, dirigés d’une main de maître. De quoi donner du cœur quand advient la deuxième partie plus orientée et plus déchirante avec ses tournures narratives de qualité.

Usant d’un postulat de genre pour mieux interroger les responsabilités familiales, Freaks est une agréable réussite. Allant au bout des possibilités d’un budget que l’on imagine réduit sans jamais se réduire totalement dans ses ambitions, voilà un bel exemple de film de genre ayant besoin de ses multiples styles, entre l’horreur et la science-fiction, pour mieux faire exploser un drame pourtant intime dans son échelle. C’est tout simplement brillant et réussi, tout en rendant impatient de la prochaine aventure d’Adam B. Stein (dont c’est le premier long-métrage) et Zach Lipovsky (« Dead Rising Watchtower ») …

Liam Debruel

Amoureux du cinéma. À la recherche de films de qualités en tout genre,qu'importe la catégorie dans laquelle il faut le ranger. Le cinéma est selon moi un art qui peut changer notre vision du monde ou du moins nous faire voyager quelques heures. Fan notamment de JJ Abrams,Christopher Nolan, Edgar Wright,Fabrice Du Welz,Denis Villeneuve, Steven Spielberg,Alfred Hitchcock,Pascal Laugier, Brad Bird ,Guillermo Del Toro, Tim Burton,Quentin Tarantino et Alexandre Bustillo et julien Maury notamment.Écrit aussi pour les sites Church of nowhere et Le quotidien du cinéma. Je m'occupe également des Sinistres Purges où j'essaie d'aborder avec humour un film que je trouve personnellement mauvais tout en essayant de rester le plus objectif possible :)

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