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Liam Debruel

Liam Debruel
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Amoureux du cinéma. À la recherche de films de qualités en tout genre,qu'importe la catégorie dans laquelle il faut le ranger. Le cinéma est selon moi un art qui peut changer notre vision du monde ou du moins nous faire voyager quelques heures. Fan notamment de JJ Abrams,Christopher Nolan, Edgar Wright,Fabrice Du Welz,Denis Villeneuve, Steven Spielberg,Alfred Hitchcock,Pascal Laugier, Brad Bird ,Guillermo Del Toro, Tim Burton,Quentin Tarantino et Alexandre Bustillo et julien Maury notamment.Écrit aussi pour les sites Church of nowhere et Le quotidien du cinéma. Je m'occupe également des Sinistres Purges où j'essaie d'aborder avec humour un film que je trouve personnellement mauvais tout en essayant de rester le plus objectif possible :)

La deuxième femme de James V Kern

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Pays États-Unis
Année 1950
Casting Robert Young, Betsy Drake, John Sutton, …
Genre Thriller

Artus nous sort encore une petite pépite pas assez reconnue dans sa collection des classiques.

Ellen Foster rend visite à sa tante sur la côte californienne et rencontre un voisin nommé Jeffrey Cohalan, un homme séduisant vivant dans une bâtisse à l’architecture futuriste perchée au sommet d’un pic rocheux. Ellen se sent irrésistiblement attirée par ce solitaire frappé trop régulièrement par des accidents inexplicables qui affectent son quotidien. Ces événements sont-ils liés à la mort de sa fiancée survenue quelques années auparavant dans un mystérieux accident de voiture ?

James V Kern inscrit son film dans un genre de romance que l’on a plus souvent vu dans le domaine du gothique, que ce soit Le château du dragon, Rebecca ou plus récemment Crimson Peak. Il parvient néanmoins à extraire de son postulat classique un film remarquablement mené par un scénario n’hésitant pas à nous faire balader sur des fausses pistes pour mieux jouer sur nos nerfs et notre questionnement face à un vrai/faux coupable intéressant.

Alors certes, si l’on joue à la comparaison avec le modèle hitchcockien, il est évident que le long-métrage de Kern n’en sort pas favorable mais en même temps, pourquoi le faire ? En effet, le metteur en scène gère assez bien son intrigue et sa mise en scène pour conférer une certaine ambiance intrigante, bien aidé par une direction d’acteurs solide. Et si l’on ne sait par moments si le récit privilégie sa nature romanesque, noire ou thriller tout en s’approchant sans l’atteindre le fantastique, cela permet de lui apporter une multiplicité des genres loin d’être inintéressante tout en permettant au film de se donner un certain style.

Bref, c’est avec un certain plaisir qu’on laisse La Deuxième femme, rondement bien mené par un James V Kern qui, sans atteindre le modèle hitchcockien, met remarquablement bien la main à la pâte pour savourer l’ensemble.

Les anges de l’Enfer d’Howard Hugues

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Pays États-Unis
Année 1930
Casting Ben Lyon, James Hall, Jean Harlow, …
Genre Drame, Guerre

Parmi les nombreux films de guerre récemment sortis par Elephant, comment ne pas parler de ce titre culte d’Howard Hugues ?

Trois amis, deux frères américains et un allemand, se sont rencontrés lors de leurs études. Mais quand éclate la Première Guerre Mondiale, ils se retrouvent dans des camps opposés…

Les anges de l’enfer, c’est un titre de légende dans le domaine du film de guerre par ses proportions grandioses à l’époque. En effet, entre ses scènes couleurs et les séquences aériennes, Howard Hugues envoie du sensationnel pour les yeux. Difficile de ne pas trouver spectaculaire ces moments d’action et ce même si l’on sent que l’on ne fait pas face au dernier blockbuster en date. On sent que Hugues cherchait à agrandir les pupilles de son public et il y arrive, ne serait-ce qu’avec cette scène de bataille entre avions valant à elle seule le visionnage de ce long-métrage.

Mais il n’y a pas que du divertissement à l’écran mais également le face à face entre l’être humain et la guerre, en particulier les conflits moraux amenés par les belligérants. Comment réagir face à des ordres destructeurs pour un pays pouvant être considéré comme une seconde maison ? Comment faire face à la mort ? Chacun s’étouffe et prend des décisions voulant être héroïques, avec les conséquences que cela amène inévitablement.

La guerre fait mal, les morts se ressentent au gré de séquences tombant par instants dans l’oraison funèbre, tels ces soldats se jetant de leur dirigeable. Chacun cherche à vivre le peu de temps dont il dispose au vu de la menace permanente sur leur existence, se résignant ou s’y confrontant, au gré des deux heures d’un métrage qui, s’il est virtuose dans ses séquences grandiloquentes, sait amener le destin de ses protagonistes vers des dimensions tragiques.

En ce sens, on recommande donc cette édition proposée par Elephant Films, portant un film de qualité qui amène déjà des questions sur les réactions individuelles face à une catastrophe de groupe. 90 ans après sa sortie, Les anges de l’Enfer reste un classique du film de guerre, tour à tour spectaculaire et amer, mais toujours avec réussite.

Les Carrefours de la ville de Rouben Mamoulian

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Pays États-Unis
Année 1931
Casting Gary Cooper, Sylvia Sidney, Barbara Leonard, …
Genre Policier

Rimini sort un des titres pionniers du genre noir.

Nan, la fille d’un gangster, est amoureuse de The Kid. Ce dernier refuse de suivre son train de vie jusqu’à ce qu’elle soit envoyée en prison pour une histoire de meurtre.

Les Carrefours de la ville City Streets 1931 real : Rouben Mamoulian Gary Cooper Sylvia Sidney
COLLECTION CHRISTOPHEL

Nous avions déjà parlé de Rouben Mamoulian il y a quelques temps pour revenir sur son adaptation plus que réussie de Docteur Jekyll et Mr Hyde. L’occasion était belle, avec cette sortie, de découvrir un autre titre du réalisateur, encore plus quand ce long-métrage est considéré comme un précurseur dans le domaine du genre noir, qui connaîtra son avènement dans les années 40.

Inscrit dans la prohibition, le film trouve en sa romance l’occasion de narrer une société où même l’innocence se voit dévoyée par des actes criminels et ce par la simple force de l’amour. Mamoulian parvient à capter son époque ainsi que sa romance, bien aidé par l’alchimie entre ses acteurs principaux, Sylvia Sidney et Gary Cooper. La justesse de leur couple appuie la crédibilité de celui-ci et l’empathie du spectateur, confronté à cette jeunesse amoureuse mais barrée par une puissance qui les dépasse.

Le décalage entre leur histoire et le milieu criminel qui les écrase parvient à fonctionner admirablement, rendant l’implication forte malgré quelques points qui feront tiquer le spectateur actuel s’il n’est pas habitué aux films d’époque. Pourtant et malgré ses 89 ans, Les Carrefours de la ville possède toujours ce même charme, bien aidé dans cette édition par un master atténuant les effets du temps pour mieux illustrer les qualités du long-métrage, le tout accompagné d’un entretien avec l’écrivain et essayiste spécialiste du film noir Alexandre Clément. Le Blu-Ray fourni par Rimini est donc techniquement de grande qualité.

Ce combo DVD/Blu-Ray permet de découvrir une œuvre pionnière toujours aussi réussie et sans que son âge ne soit un souci, bien aidé par la maîtrise de Rouben Mamoulian et le charme de son duo vedette. Les Carrefours de la ville est donc un indispensable pour les amateurs de film noir.

Les cinq secrets du désert de Billy Wilder

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Pays États-Unis
Année 1943
Casting Franchot Tone, Anne Baxter, Akim Tamiroff, …
Genre Guerre, espionnage

Quand Elephant nous propose un titre de Billy Wilder, il n’y a qu’une réponse possible et elle est tout aussi positive que son film.

En 1942, peu de temps après la chute de Tobrouk, l’armée britannique est en pleine déroute. Un officier britannique, Bramble, trouve refuge dans un hôtel du Caire.

Est-ce que nous vanterons assez les qualités cinématographiques de Billy Wilder ? Probablement pas tant chacun de ses titres relève d’un éclectisme apparent au niveau des genres, bien qu’étant tous reliés par la volonté permanente d’offrir la meilleure histoire possible en réaction à leur public. Les cinq secrets du désert relève de cette même envie et maîtrise dans ses ambitions. Sorti en plein conflit, le film s’inscrit dans une forme de comédie n’occultant jamais la gravité du conflit. Au contraire même, en dépit d’un ancrage historique que l’on ressent par le soutien fort envers les forces alliées, Wilder se gausse de l’ennemi et permet de divertir au mieux tout en prenant acte des malheurs causés par les allemands. L’ironie n’est jamais loin mais ne renie jamais la réalité des faits.

Doté comme toujours de la part de Wilder d’une écriture des personnages créant un lien fort avec le public, le film use de la fiction pour théoriser sur l’engagement de certains et le fil ténu qui sépare la vie et la mort durant la guerre, faisant de cet hôtel un faux refuge et un vrai canalisateur d’une tension permanente, résultat d’un jeu de secrets qui se trouve même dans la recherche de ces tombeaux mystérieux. Notons que si le titre original met en avant ces derniers par l’usage du terme « Graves », le titre français reflète également cette mécanique au cœur d’un film bien huilé.

Marqué par son contexte historique et la réalité des conflits, Les cinq secrets du désert offre un suspense bien mené et un divertissement de qualité, comme toujours venant de la part de Billy Wilder. Une nouvelle preuve que l’on ne parlera jamais assez de ce réalisateur dont le talent transcende toujours à l’heure actuelle.

Noura rêve de Hinde Boujemaa

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Pays Tunisie, Belgique, France
Année 2019
Casting Hend Sabri, Lotfi Abdelli, Hakim Boumsaoudi, …
Genre Drame

Avec son drame sur la pression sociale imposée aux désirs féminins, Hinde Boujemaa émeut.

5 jours, c’est le temps qu’il reste avant que le divorce entre Noura et Jamel, un détenu récidiviste, ne soit prononcé. Noura, qui rêve de liberté, pourra alors vivre pleinement avec son amant Lassad. Mais Jamel est relâché plus tôt que prévu, et la loi tunisienne punit sévèrement l’adultère : Noura va alors devoir jongler entre son travail, ses enfants, son mari, son amant, et défier la justice…

Il est toujours passionnant de découvrir un premier film de fiction, surtout quand le sujet donne autant envie. Une fois « Noura rêve » terminé, on ne peut que confirmer qu’Hinde Boujemaa frappe fort. Ce portrait de femme écrasée par la loi sur l’adultère mais également par un futur ex-mari aussi étouffant souligne l’hypocrisie d’une certaine justice. Mais au-delà de cela, le long-métrage illustre également la façon dont notre société trouve toujours un moyen de bâillonner les femmes dans ses envies avec un certain poids qui ne fait que détruire et jamais construire.

Très vite, le film s’oriente vers le thriller par la tension qui s’accentue tout au long du récit. La mise en scène de Boujemaa parvient à faire ressortir les doutes de ses protagonistes, notamment lorsque Lassad assiste aux retrouvailles entre Noura et Jamel. Mais « Noura rêve » est également porté par l’écriture passionnante de ses personnages complexes dans leurs questionnements propres et un casting dont l’interprétation juste touche encore plus par l’empathie dégagée. Hend Sabri, dans le rôle-titre, éclate par sa manière d’appréhender un personnage torturé dans ses envies et la manière dont chacun, hommes comme société, ne fait qu’augmenter sa douleur, obligée d’être intériorisée pour mieux subsister.

« Noura rêve » est donc une œuvre qui fait mal par sa représentation d’une femme opprimée jusque dans son intimité et qui ne demande qu’aimer. Voici un beau film fort que l’on ne peut que recommander tant il se trouve important dans son contexte actuel. Quand un drame éclate à ce point sur le grand écran par sa force émotionnelle, il vaut mieux ne pas passer à côté.

La trilogie Evil Dead : Groovy!

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Il existe de ces films qui auront marqué dès leur première apparition sur le grand écran le cinéma de manière marquante, retournant déjà leurs premiers fans lors de leur découverte et se transmettant de génération en génération sans perdre en impact sur les rétines. Clairement, Evil Dead fait partie de ces œuvres cultes à la légende largement méritée. C’est l’avènement d’un réalisateur de talent qui aura enflammé le cinéma de genre en quelques films et surtout la création d’une œuvre qui oscille parfaitement entre humour grotesque et violence graphique. Bref, Evil Dead est génialissime.

On pourrait terminer cet article comme cela tant les fans ne pourront qu’approuver ces déclarations et les détracteurs pester pour cet enthousiasme peut-être un tantinet naïf mais néanmoins sincère. Et tandis que L’atelier d’image ressort la trilogie dans des éditions techniquement remarquables, nous ne pouvons que nous enflammer à nouveau pour cette saga marquante qui aura su évoluer avec assez de malice pour procurer un vent de folie à de nombreux spectateurs.

Comment en effet ne pas penser à ce premier volet, aussi fauché niveau budget que riche visuellement, porté par le plaisir largement ressenti de Sam Raimi derrière sa caméra ? Tout est ici prétexte pour balancer l’enfer sur terre avec cette abondance extrême d’hémoglobine qui aura su être partagée par toutes les itérations de la licence. On aura beau constater certains aspects assez vieillis du récit, on ne peut s’empêcher de garder les yeux ébahis par la manière dont Raimi déroule la pellicule pour mieux surprendre, filmant comme si couper sa caméra pouvait lui coûter la vie. Malgré ses quelques rides, ce premier Evil Dead dynamite bon nombre de productions par son énergie toujours aussi éblouissante.

Mais pas autant que pour sa suite, plongeant tête baissée dans l’humour cartoonesque avec un délice partagé par le public. Evil Dead était un grand film, son successeur est un pur chef d’œuvre toujours aussi hilarant, poussant encore plus loin le curseur de la folie, avec néanmoins un certain sens de poésie (cette danse macabre en stop motion) ou de tragédie (ce final). Rebootant le premier volet, ce second opus est bien aidé par la verve Looney Tunesque d’un Bruce Campbell au sommet de son art, personnage de dessin animé live torturé par un Raimi toujours aussi furieux et surprenant.

Cela, le réalisateur le confirmera avec « L’armée des ténèbres », troisième volet plus avare dans sa violence graphique mais toujours aussi drôle, jouant de son côté médiéval pour mieux iconiser un Ash aussi doué pour s’ancrer dans une imagerie Comic Book qui lui sied à merveille que pour se planter en beauté. Souffrant de montages différents amenant des perceptions aussi diverses, « L’armée des ténèbres » reste remarquable, notamment par des scènes cultes qui poussent à la redécouverte d’un film largement plaisant.

Le plaisir se retrouve également dans le contenu du coffret proposé par L’atelier d’images : 5 Blu-Ray, 1 DVD, 1 Blu-Ray 4K UHD, 1 livre de 112 pages exclusif, 1 jeu de plateau créé spécialement, des bonus inédits, … Clairement, il y a de quoi faire plaisir aux fans dans cette édition ultime limitée à 1500 exemplaires. À noter que le premier film est également disponible en édition 4K ultra HD simple et que l’on peut retrouver la trilogie dans un nouveau coffret DVD et un autre Blu-Ray.

Si vous connaissez et adorez Evil Dead, foncez donc sur cette édition de qualité. Si vous ne connaissez pas la saga, profitez-en pour la découvrir tant on prend toujours autant de plaisir à suivre Ash affronter les Deadites sous la tutelle d’un Sam Raimi génialissime à souhait. De quoi patienter en attendant son éventuel retour sur grand écran.

Le rocher du diable de William Cameron Menzies

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Pays États-Unis
Année 1951
Casting James Craig, Barbara Payton, Guy Madison, …
Genre Western

Artus ressort un film de guerre de qualité dans sa collection des classiques.

Durant la guerre de Sécession, deux amis de promotion à West Point, les majors Clayburn et Denning, se retrouvent dans des camps opposés. Clayburn, qui se bat pour le Sud, prend possession d’un pic rocheux d’où ses hommes pourront stopper un train d’approvisionnement nordiste défendu par le major Denning. Jadis amoureuse des deux hommes, Kathie Summers va tenter d’éviter l’affrontement des deux ex-amis.

La mise en scène de William Cameron Menzies dégage une certaine élégance et cela n’est guère étonnant. En effet, celui-ci était directeur artistique et décorateur sur des classiques tels qu’Autant en emporte le vent ou Pour qui sonne le glas. Ses visuels sont donc logiquement une réussite implacable dans ce western marqué par ce duel fratricide qui aura marqué la jeune histoire de l’Amérique. Le cadre naturel de tournage exacerbe la nature tragique du conflit dans ce récit par la relation entre les deux belligérants.

Habitué à la série B de genre, William Cameron Menzies use au mieux de son expérience dans le domaine pour mieux mettre en avant son drame humain et l’absurdité du combat. Il en découle un certain style visuel permettant de capter au mieux les tenants et aboutissants d’un récit qui aurait pu surfer sur un certain nombre de clichés mais parvient à esquiver cet écueil, bien aidé par un casting assez bon. L’intrigue tient assez la route pour qu’on reste captivé durant son entièreté. Artus présente son film dans une édition DVD simple mais efficace, reprenant le film en version originale sous-titrée.

C’est donc un agréable film de guerre que l’on découvre ici avec ce Rocher du diable, assez efficace et maîtrisé visuellement pour maintenir un certain intérêt et susciter la curiosité.

Le monstre du train de Roger Spottiswoode

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Pays Canada
Année 1980
Casting Jamie Lee Curtis, Ben Johnson, David Copperfield, …
Genre Slasher

Critique de Liam

Rimini nous permet une nouvelle fois de redécouvrir un titre culte dans le domaine du slasher avec cette édition.

Trois ans après avoir fait une mauvaise farce à un de leurs camarades, un groupe de jeunes étudiants en médecine se réunit pour un réveillon costumé dans un train à vapeur. Ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’une figure masquée les attend pour les massacrer…

Dire qu’on aime les slashers sur ce site serait un petit mot étant donné les nombreux articles abordés sur des titres de ce sous-genre horrifique qui, bien que largement codifié, peut offrir néanmoins de nombreuses surprises. « Le monstre du train » va dans cette orientation tant le jeu de massacre est plus central que le « Whodunit », révélé assez rapidement dès les premières minutes du film. On pourrait néanmoins arguer que cette partie reste intéressante tant on ne sait pas sous quel costume se dissimule l’assassin.

Et pendant que le tueur profite de l’occasion pour revêtir les déguisements et les identités, on ressent un certain plaisir devant le film de Roger Spottiswoode. Ce dernier parvient à faire du resserrement géographique créé par la location des meurtres dans le train à offrir une certaine tension. Jamie Lee Curtis revêt encore sa couronne de reine des Scream Queens et la galerie de personnages, bien qu’archétypés, nous permet de suivre leur mésaventure avec une certaine attention, même si celle-ci est moins forte que celle apportée par Spottiswoode pour accentuer au mieux l’aspect cinématographique de son décor, avec une certaine solidité visuelle.

Rimini propose le film dans un Combo DVD/Blu-Ray reprenant le film en haute définition, une interview du réalisateur Roger Spottiswoode, une autre de la scénariste Judith Rascoe ainsi qu’un portrait de Jamie Lee Curtis, sans oublier l’immanquable livret de 20 pages rédigé par Marc Toullec.

C’est donc un slasher intéressant que nous propose Rimini et l’occasion de voir les voyages en train d’une autre manière, surtout quand on veut y organiser une fête costumée. Bref, c’est un bon titre géré avec un certain style par Roger Spottiswoode qui nous propose un voyage ferroviaire que vous ne risquez pas d’oublier. Alors, prêts à embarquer ?

Critique de Nicolas

Rimini continue à éditer des perles du cinéma de genre !

Terror Train est le deuxième film dans lequel joue Jamie Lee Curtis. Après le succès de l’Halloween de John Carpenter elle continue dans le genre du slasher.

Le film de Roger Spottiswoode se déroule dans un train à vapeur loué par des étudiants en médecine pour y fêter un réveillon costumé. C’est alors que commence une série de meurtres sanglants !

Un point déjà important concernant Terror Train est sa magnifique gestion de l’espace. Le réalisateur fait vivre le cadre où se déroule l’action avec des décors réalistes et bien mis en scènes. Le spectateur mémorise alors la configuration du train ce qui donne naissance à un aspect ludique.
Bien loin d’être un simple slasher bourrin, Terror Train est avant tout un film inspiré des plus grands thrillers policier comme le Crime de l’orient Express de Sidney Lumet. Le film relève plus d’un genre de cluedo dans lequel il faudra identifier le tueur le plus vite possible.

Cet aspect renforce donc le jeu avec le spectateur. Il faut prendre également en compte le fait que dès le début du film on connaît l’identité du tueur mais pas son visage.
Le réalisateur utilise alors le contexte masqué du film pour jouer avec le spectateur et instaurer une tension particulièrement efficace. Le masque devient un pur objet horrifique ce qui renforce la filiation avec l’œuvre de John Carpenter.

Il faut aussi évoquer la présence du grand magicien David Copperfield qui s’en donne à cœur joie pour offrir des spectacles d’une grande magie.
Les acteurs incarnent très bien leurs personnages, surtout James Lee Curtis qui continue à développer ce qu’elle avait amenée dans Halloween.

Entre pure horreur et jeux d’enquêtes, Terror Train est une merveille sur laquelle il est nécessaire de se jeter, une pépite du genre qui mérite bien sa réédition !
Rimini apparaît encore une fois comme un éditeur de bon goût qu’il est nécessaire de suivre !

 

La ferme de la terreur de Wes Craven

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Pays États-Unis
Année 1981
Casting Maren Jensen, Sharon Stone, Susan Buckner, …
Genre Horreur

Elephant ressort un titre de Wes Craven marqué par la spiritualité.

Suite à la mort suspecte de son mari, Martha Schmidt est témoin de phénomènes inexpliqués et effrayants.

La religion est ainsi au cœur du récit, par la place occupée, près de cette jeune veuve, d’une communauté religieuse vivant en autarcie et voyant en la technologie moderne et autres avancées la présence d’une menace puissante que seuls eux peuvent repérer. La mort rapide du mari va ainsi attiser une confrontation entre Martha et ses proches, toutes féminines, et le chef de la communauté, modèle d’un patriarcat écrasant et limitant par sa colère réductrice.

Au fur et à mesure du récit, le film va néanmoins se détourner un peu de l’opposition, par la mort surprenante d’un protagoniste animé d’une certaine aura négative et la volonté d’un membre de la communauté de ne plus subsister dans les limitations idéologiques de celles-ci. Il en ressort une intrigue prenant des tournures par moments surprenantes voire cruelles. Comme toujours, Craven arrive à faire de ses séquences d’effroi des moments réussis, à l’instar d’un serpent débarquant dans une baignoire occupée ou la chute d’une mygale.

Mais la vraie réussite du film revient à sa critique d’une figure de prédicateur qui, par sa virulence et son agressivité, amoindrit un certain danger qui se révélera pourtant élevé. En tombant dans une forme de foi brutale et étouffante, cet homme donne une image négative de sa foi par sa fermeture d’esprit. Dès lors, comment croire en la menace qu’il annonce au vu de son comportement terrifiant et réducteur, symbole d’un patriarcat qui ne comprend pas la portée nuisible et contre-productive de ses actions ?

La ferme de la terreur comporte ainsi une attaque envers un intégrisme religieux qui ne comprend pas le danger qu’il représente et une menace patriarcale qui, sous prétexte de protéger les femmes, ne fait que les étouffer perpétuellement et les écraser pour mieux coller à l’image que la société veut donner de celles-ci. Le revoir avec ce regard neuf apporte donc un certain intérêt à un titre qui a par moments un peu vieilli…

Mon nom est clitoris de Daphné Leblond et Lisa Billuart Monet

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Pays Belgique
Année 2019
Genre Documentaire

Et si l’on parlait d’un documentaire sur un sujet bien trop tabou ?

Douze jeunes femmes de 20 à 25 ans racontent le parcours de leur sexualité depuis l’enfance.

On a beau être dans une société hyper sexualisée, le sexe reste un tabou, encore plus quand il touche aux corps féminins. Il suffit de jeter un œil sur l’omerta des réseaux sociaux envers tout ce qui dépasse leur convenu du physique des femmes là où l’on peut plus s’exhiber en tant qu’homme. Laisser la parole à plusieurs jeunes femmes à propos de leur sexualité s’avère donc, plus qu’intéressant, essentiel dans une époque où la parole féminine s’ouvre plus tout en étant rabaissée en permanence par d’autres.

Daphné Leblond et Lisa Billuart Monet concentrent donc leur mise en scène sur leurs intervenantes, permettant par leur propos de s’adresser à divers cas et inscrivant leur intimité dans un questionnement plus global sur certains non-dits dans la sexualité générale. La mise en avant du clitoris dans le titre mais aussi quelques séquences vont dans ce sens tant les informations dessus, pourtant existantes, ne sont pas réellement partagées à un large public.

Dès lors, les deux réalisatrices permettent une ouverture de dialogue sur la sexualité féminine et ses tabous inscrits socialement (notamment au niveau de la masturbation) avec une certaine assurance qui permettra à certaines de s’affirmer dans leur existence sexuelle et à d’autres d’en savoir plus sur le plaisir féminin et comprendre un corps dont la dissimulation par certains lorsqu’il s’agit d’orgasme s’avère à contre courant du regard sexualisé que perpétuent beaucoup de personnes ancrées dans une réflexion rétrograde des femmes.

Informant et interrogeant sur la sexualité féminine et son apprentissage à un plus large public, le tout animé par une certaine énergie, « Mon nom est clitoris » est un documentaire important quant aux tabous bien trop étouffants sur le corps des femmes et leur intimité personnelle ainsi que leurs envies. De quoi donner quelques leçons à certains…