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Liam Debruel

Liam Debruel
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Amoureux du cinéma. À la recherche de films de qualités en tout genre,qu'importe la catégorie dans laquelle il faut le ranger. Le cinéma est selon moi un art qui peut changer notre vision du monde ou du moins nous faire voyager quelques heures. Fan notamment de JJ Abrams,Christopher Nolan, Edgar Wright,Fabrice Du Welz,Denis Villeneuve, Steven Spielberg,Alfred Hitchcock,Pascal Laugier, Brad Bird ,Guillermo Del Toro, Tim Burton,Quentin Tarantino et Alexandre Bustillo et julien Maury notamment.Écrit aussi pour les sites Church of nowhere et Le quotidien du cinéma. Je m'occupe également des Sinistres Purges où j'essaie d'aborder avec humour un film que je trouve personnellement mauvais tout en essayant de rester le plus objectif possible :)

Phil Tippett : des rêves et des monstres de Gilles Penso et Alexandre Poncet

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Pays : France

Année : 2020

Genre : Documentaire

Carlotta nous partage ce portrait de deux passionnés d’une figure importante des effets spéciaux d’œuvres importantes de la pop culture.

Animateur de stop motion, designer et réalisateur, Phil Tippett a donné naissance à quelques créatures légendaires, de Jabba le Hutt aux insectes géants de Starship Troopers. Mais derrière ce brillant technicien hollywoodien, récompensé aux Oscars pour Le Retour du Jedi et Jurassic Park, il y a un artiste fou, qui passe ses journées à expérimenter dans son atelier avec tout ce qui lui passe sous la main. Bénéficiant d’un accès illimité aux collections et aux archives de Tippett Studio, ce documentaire étudie l’héritage de Phil Tippett, depuis sa collaboration avec George Lucas jusqu’à des œuvres plus personnelles

Dire que Gilles Penso et Alexandre Poncet sont des passionnés d’effets spéciaux serait sous-évaluer leur amour pour ce domaine. Outre leurs écrits dans leurs médias respectifs, ils sont en effet reconnus pour leurs documentaires « Ray Harryhausen, le titan des effets spéciaux » et « Le complexe de Frankenstein », déjà chroniqué auparavant. On ne pouvait dès lors qu’attendre de voir la manière dont ils allaient établir le profil de Phil Tippett, véritable sommité dans le milieu.

Ses créations sont alors sublimées par le regard des réalisateurs, replacées dans leur contexte par le biais de ses titres les plus reconnus tels que « Jurassic Park » , « Robocop » ou « Star Wars ». Les interventions d’esprits tout aussi créatifs comme Joe Dante ou Paul Verhoeven permettent de croquer cet artiste avec un amour sincère pour son travail.

C’est bien simple : toute personne curieuse de découvrir les coulisses de certains gros morceaux de la pop culture ne pourra être que ravie devant les images dévoilées ici, en plus d’autres inédites et aidant à développer toute la personnalité de Tippett par le biais d’un travail légendaire. S’il n’y a qu’un défaut à lui trouver, c’est sa durée qui rend le visionnage trop rapide, sans doute « dû » à la passion se dégageant de l’écran et faisant oublier la sensation que 80 minutes sont passées à la vitesse de l’éclair.

Encore une fois, Carlotta offre une édition de qualité avec divers suppléments comme un commentaire audio, les coulisses du documentaire se dressant pendant 1h40, 8 scènes coupées/alternatives ainsi que la galerie photo et une piste musicale isolée.

La passion transmise par Gilles Penso et Alexandre Poncet dans ce « Phil Tippett : des rêves et des monstres »  traverse l’écran et nous permet de profiter au mieux de ce très bon documentaire, qui devrait permettre de partager les rêves qu’aura permis de construire Phil Tippett tout au long de sa carrière…

Vers sa destinée de John Ford

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Pays : États-Unis

Année : 1939

Casting : Henry Fonda, Alice Brady, Marjorie Weaver,…

BQHL nous permet de redécouvrir ce biopic sur l’une des plus grandes figures de l’histoire américaine, si pas la plus reconnue.

Sa fiancée décédée, le jeune Abraham Lincoln jure sur sa tombe de faire carrière selon ce qu’elle attendait de lui. Devenu avocat, il s’installe à Springfield.
Lors de la fête de l’indépendance, une dispute éclate et se conclut par l’assassinat du shérif adjoint. Lincoln s’emploie spontanément à la défense de deux frères présumés meurtriers que tout accable.

Comment ne pas être fasciné par la destinée d’Abraham Lincoln, sans doute le président le plus célébré de l’histoire des États-Unis ? Il reste une figure mythique de ce pays encore jeune et il n’est guère étonnant de voir le cinéma s’y intéresser, aussi bien dans un contexte réaliste (le « Lincoln » de Steven Spielberg) ou bien plus fantaisiste (son itération « Chasseur de vampires » par Timur Bekmambetov). Savoir qu’un des réalisateurs les plus importants du cinéma américain a dressé son portrait il y a plus de 80 ans ne pouvait donc être qu’un grand rendez-vous… que John Ford n’a pas manqué.

On sent bien évidemment la force du metteur en scène dans sa réalisation impactante, au service d’un portrait d’une justesse surprenante de la jeunesse d’Abraham Lincoln. Il sublime un déjà superbe Henry Fonda dans le rôle principal tout en permettant de capter ses doutes et ses questionnements, notamment au vu de ses imperfections. Sa quête de justice et d’accomplir ce qu’il pense être le bien est plus que touchante et permet au film de s’élever encore plus que ce que l’on attendait (c’est-à-dire beaucoup).

L’édition fournie est impeccable techniquement, comme on pouvait s’y attendre avec BQHL. Les bonus sont composés d’une présentation du film par Noël Simsolo, d’un entretien avec Jean Collet et d’une leçon de cinéma par le regretté Jean Douchet, sans oublier un livret de 16 pages rédigé par Marc Toullec.

« Vers sa destinée » était déjà un titre qui s’annonçait au moins recommandable, le découvrir dans cette édition le révèle comme largement à conseiller. Un grand Ford et un grand Fonda parlant d’un grand homme, cela ne pouvait faire qu’un grand film et c’est le cas.

The big short d’Adam McKay

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Pays : États-Unis
Année : 2015
Casting : Steve Carell, Christian Bale, Ryan Gosling, …
Genre : Comédie dramatique

Avant Todd Phillips et son « Joker », il y avait Adam McKay et « The big short ».

Alors qu’une crise financière va toucher les États-Unis, les personnes l’ayant vue venir, ignorées par les autres, parient contre les banques afin de s’enrichir par leur découverte.

Beaucoup de personnes se retrouvent surprises face à « Joker » au vu du passif de Todd Phillips dans le domaine de la comédie. Pourtant, Adam McKay aura su faire de même tout en intégrant dans cette transition les leçons apprises tout au long de sa filmographie. C’est ainsi que, si « The big short » est plus ancré dans le drame par son portrait choral, il comporte encore quelques séquences d’humour qui ne dépareillent pas dans la carrière du réalisateur des « Présentateur vedette », comme l’explication de certains aspects techniques.

Au niveau de la mise en scène et de la gestion des personnages, on ressent quelque chose de plus posé et moins dans la folie visuelle que les autres films de McKay. Il y a une recherche plus documentaire, même didactique afin de ne pas perdre son public tout en gardant une certaine verve acide, influençant tout le cœur narratif du métrage. Ses héros sont soit brisés soit cyniques, tous au fait des soucis derrière le système financier et impuissants face à la catastrophe qui arrive autrement que par l’enrichissement personnel.

Cette écriture presque satirique ne remet jamais en question les drames inhérents à la crise mais soulève soit la stupidité, soit la naïveté de certains dans leurs agissements, bien trop occupés à s’auto-congratuler pour pouvoir se préparer à la vague qui fera de nombreuses victimes autour de la planète. Jamais McKay ne se moque de celles-ci, préférant l’attaque au lance-roquettes sur un système pourri qui, même dans un événement l’affectant profondément, pousse à poursuivre le même cycle capitaliste, faisant gagner à nos héros une grosse somme d’argent en échange de leur innocence.

C’est cette croyance détruite en un environnement s’auto-dévorant en permanence qui fait de « The big short » un film hautement recommandable. Ne tombant jamais dans la facilité ou l’auto-congratulation simple, McKay met plus en avant une éloquence âcre qui se trouvait déjà en fond de ses récits pour mieux confronter le public aux exactions de certains, tellement proches du surréalisme qu’on se croirait dans une comédie. Malheureusement, au vu de la réalité des faits, on est plus proche de la tragédie humaine. Et de ce drame à grande échelle, McKay en tire un grand film.

Le lieu du crime d’André Téchiné

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Pays France
Année 1986
Casting Catherine Deneuve, Danielle Darrieux, Wadeck Stanczak, …
Genre Drame

Nouveau retour sur un film d’André Téchiné ressorti chez Carlotta avec cette fois-ci « Le lieu du crime ».

Thomas, adolescent de quatorze ans, s’ennuie un peu dans le petit village du Sud-Ouest où il vit entre son adorable mère et ses chers grands-parents. Sa rencontre avec deux fugitifs va faire brutalement basculer sa vie.

Le soleil du Sud-Ouest inonde le décor du long-métrage avec tellement de force que l’on sent que quelque chose va débarquer et remettre en question cet univers. Les évadés qui vont confronter le jeune Thomas donnent ainsi un coup de pied dans une fourmilière bien trop organisée, tels des fantômes que l’on ne peut rejeter et qui, par leur simple existence, bouleversent ce qui les entoure. Notre jeune héros se voit ainsi confronté à ses rancoeurs par leur arrivée, faisant face à un autre monde qui le fait définitivement passer dans l’âge adulte.

Mais si la fin d’innocence illustrée par André Téchiné est moins brutale et plus « solaire » que celle vécue par Nina dans « Rendez-vous », son film précédent, elle marque une étape qui résonne face au parcours de sa mère. Les deux vivent ainsi par ce chamboulement une forme de confrontation à leur place et un équilibre assez fragile qu’ils auront assimilé comme leur quotidien. Il y a ainsi une forme d’ambivalence globale dans la manière dont le thriller voit une forme de fantastique (si l’on voit ces fugitifs comme des fantômes) s’insérer dans une réalité qui ne peut appréhender ce qui sort de l’ailleurs tout en ayant un rapport particulier face à la vérité, celle que certains ne peuvent accepter ou doivent cacher. Pourtant, chacun aspire à une forme de libération et d’émancipation qui retourne les personnages et les replace dans leurs volontés.

« Le lieu du crime » constitue ainsi un récit plus mélancolique où les rayons du soleil forment une contradiction avec la noirceur développée par chacun et leur position d’être presque morts qui doivent trouver une forme d’affranchissement pour se permettre de réellement vivre. De quoi rendre sa découverte passionnante par ses formes d’opposition qui se répondent, tels des doutes que l’on enferme dans un coffre que l’on espère ne jamais avoir à ouvrir…

Rendez-Vous d’André Téchiné

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Pays France
Année 1985
Casting Juliette Binoche, Lambert Wilson, Jean-Louis Trintignant, …
Genre Drame
La ressortie de titres d’André Téchiné chez Carlotta permet de revenir sur une partie de sa filmographie avec ici « Rendez-vous ».

Paulot et Quentin accueillent dans leur appartement Nina, jeune comédienne. Fascinée par Quentin, être inquiétant et possessif, elle refuse l’amour que lui voue Paulot. Un événement tragique transformera cet attrait déchirant en véritable hantise.

Il y a quelque chose qui donne le cafard dès l’intro du film, une ambiance morne qui ne semble pas vouloir nous lâcher. L’arrivée par le biais du personnage de Nina va nous permettre de voir la manière dont son existence sera contaminée par une forme de violence inhérente à la masculinité mais également au milieu théâtral. La prestation de Juliette Binoche s’avère dès lors remarquable, surtout en opposition avec l’interprétation amenée par ses collègues.

Il est donc déchirant de voir cette avancée narrative, notamment par l’opposition qui se joue entre le milieu théâtral et le monde extérieur, instaurant un certain conflit d’idées chez notre héroïne. Quelle est sa place en tant qu’aspirante comédienne ? Comment ne pas être aspiré par une forme de magnétisme destructeur, comme si l’annihilation attirait sans possibilité de s’en écarter ? Plusieurs questions sur la vie se dessinent avec cette sensation que la mort est toujours présente, prête à nous appréhender avec son inéluctabilité que l’on ne peut qu’accepter, au risque de jouer son jeu.

André Téchiné nous amène donc par la force de sa mise en scène dans un chemin de croix où l’innocence n’a plus lieu d’être et où le refuge artistique n’amène qu’à se confronter à nos propres interrogations personnelles. Écrit en collaboration avec Olivier Assayas, « Rendez-vous » amorce des questions intimes avec un tel sinistre et une telle ambiance proche du funèbre qu’on en sort largement affecté mais néanmoins fasciné, bien aidé par la prestation de Juliette Binoche.

Deux de Filippo Meneghetti

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Pays France, Luxembourg, Belgique
Année 2020
Casting Martine Chevalier, Léa Drucker, Barbara Sukowa, …
Genre Drame

Filippo Meneghetti aborde la force de l’amour avec une certaine réussite.

Nina et Madeleine sont profondément amoureuses l’une de l’autre. Aux yeux de tous, elles ne sont que de simples voisines vivant au dernier étage de leur immeuble. Au quotidien, elles vont et viennent entre leurs deux appartements et partagent leurs vies ensemble. Personne ne les connaît vraiment, pas même Anne, la fille attentionnée de Madeleine. Jusqu’au jour où un événement tragique fait tout basculer…

Nous avons déjà maintes fois théorisé sur les réflexions créatives autour du sentiment amoureux, en particulier dans l’art qui nous intéresse le plus sur ce site, le cinéma. Le grand écran continue perpétuellement à être vecteur des questions et autres représentations de l’amour avec autant d’échecs que de réussites, comme pour les relations de couple en général. Le film de Filippo Meneghetti aurait pu en ce sens être assez redondant.

Pourtant, on sent une certaine tension se dégager du métrage, fruit d’une frustration suite à un événement que l’on ne révélera guère pour vous laisser le découvrir. La caméra, captant d’abord avec subtilité et simplicité la relation entre Nina et Madeleine, se fait porteuse du manque de l’autre et de la peur de l’avoir perdue définitivement en arrivant même par instants à être pleinement déchirante.

Il y a aussi une question de tabou, celui d’un amour entre deux femmes avec cette crainte exprimée par l’une dans une société qui se veut plus ouverte mais n’hésite pas à exprimer avec véhémence son homophobie au quotidien, nourrissant cette peur interne. On a dès lors une incompréhension, celle de comment agir, comment se dévoiler pour mieux vivre au grand jour sa romance en dépit de ce que peuvent juger les autres.

Alors certes, on pourrait relever quelques scories mais on préférera conseiller ce long-métrage qui, dans ses meilleurs moments, parvient à toucher avec une certaine finesse, bien aidé par sa mise en scène mais également la performance toute aussi discrète que réussie des deux interprètes principales. Deux est un joli film, presque aussi joli que nos propres interrogations sur l’Amour.

Maniac de Franck Khalfoun

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Pays : États-Unis
Année : 2012
Casting : Elijah Wood, Noa Arzenedder, America Olivo, …
Genre : Horreur

En remakant un classique du cinéma de genre, Khalfoun offre un film éprouvant dans le bon sens du terme.

Derrière son aspect timide, Franck dissimule des pulsions meurtrières qu’il ne parvient pas à contrôler. Un jour, il rencontre Anna, une jeune artiste intéressée par ses mannequins.

La case Remake est fortement crainte par les fans de cinéma de genre, malgré des réussites ayant réussi à se réapproprier des classiques pour les amener vers un chemin différent (citons entre autres « Evil Dead » de Fede Alvarez ou les « Halloween » de Rob Zombie). Il était donc évident que la reprise du film culte de William Lustig allait faire grincer des dents tant son aspect craspec aura marqué ses spectateurs, en plus de la prestation de Joe Spinelli. Et pourtant, Khalfoun parvient à amener son long-métrage vers de nouveaux rivages cauchemardesques, Styx aussi traumatisant que celui dans lequel baignait le film de 1980.

Tout cela part d’une idée pourtant simple, presque simpliste : le point de vue subjectif. Cette idée de cadrage aurait pu se révéler grossière et se voit finalement transcendée par la gestion de Khalfoun. On plonge en permanence dans l’esprit malade de son personnage principal, sa folie meurtrière rongeant ses pensées en permanence, et l’on se voit contraint dans notre rôle de spectateur passif à n’assister qu’à des visions graphiquement sanglantes. C’est l’occasion parfaite de constituer des plans à la portée effrayante élevée et d’interroger le public sur son rapport à l’empathie.

L’autre gros point fort vient de l’interprétation d’Elijah Wood dans le rôle principal. Alors qu’il est confronté à un registre compliqué par la logistique technique et par l’écriture peu affable envers son personnage, il livre une prestation remarquable, habitée autant par la rage meurtrière que par la perte de repères émotionnels inhérente à cet anti-héros meurtrier. On sent une implication forte de la part de l’interprète de l’iconique Frodon et ce malgré un tournage et un métrage ne lui donnant pas une réelle mise en avant par son procédé filmique.

Dans la catégorie des réactualisations de films d’horreur cultes, ce « Maniac » se classe donc parmi les agréables surprises, ces titres qu’on était prêt à conduire à l’échafaud avant d’oublier toute velléité négative une fois le résultat disponible au visionnage. L’occasion de rappeler qu’il est bien beau de critiquer une œuvre avant sa sortie mais qu’un avis sur celle-ci ne sera pertinent qu’une fois que l’on a découvert le résultat final…

L’odyssée de Choum de Julien Bisaro

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Vous cherchez un programme court à regarder avec votre enfant ? Pourquoi ne pas regarder alors L’odyssée de Choum ?

Choum, la petite chouette, vient juste d’éclore lorsque la tempête la pousse hors du nid. Faisant rouler le second œuf de la nichée, la voilà qui s’élance contre vents et marées, bien décidée à trouver une maman…


Regroupant trois courts-métrages (la description se trouve plus bas), « L’odyssée de Choum » offre plusieurs récits d’animation jouant notamment sur le rapport aux animaux dans des esthétiques différentes. L’ensemble est court mais devrait ravir les plus petits par leur aspect visuel largement soigné, tout en évitant d’aliéner les parents comme peuvent le faire certains titres confondant « familial » et « puéril ».

Mais si « Le nid » et « L’oiseau et la baleine » sont des courts effectivement remarquables par leur animation, c’est bien « L’odyssée de Choum » qui prend la plus large part du gâteau et pas seulement par sa durée plus conséquente que les deux autres titres. En effet, son aspect coloré et son esthétique adorable devraient ravir tout le monde dans une histoire assez mignonne et touchante. Le tout rappelle aussi aux plus jeunes qu’il faut faire attention aux plus petites créatures, message assez simple mais toujours nécessaire pour un public plus enfantin.

En résumé, si vous souhaitez ouvrir vos enfants ou des spectateurs plus jeunes au grand écran, on recommande assez « L’odyssée de Choum », composé de courts croquignolets qui passent encore plus rapidement que leur petite durée et devrait (r)éveiller aux merveilles de l’animation pour tous et toutes. C’est mignon, court et très joli : bref, c’est une vraie réussite !

Programme composé de :
– Le Nid (Nest) de Sonja Rohleder (Allemagne, 2019, 4′)
– L’Oiseau et la baleine (The Bird and the Whale) de Carol Freeman (Irlande, 2019, 7′)
– L’Odyssée de Choum de Julien Bisaro (France/Belgique, 2019, 26 ‘)

La ronde de Max Ophüls

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Pays France
Année 1950
Genre Romance
Casting Anton Walbrook, Simone Signoret, Serge Reggiani,…

La sortie du classique de Max Ophüls chez Carlotta nous permet de nous interroger sur ce sentiment, riche en réflexions artistiques, qu’est l’amour.

Un narrateur, le « meneur de jeu », présente une série d’histoires tournant autour de rencontres amoureuses ou « galantes ». La « ronde » passe de la prostituée au soldat, du soldat à la femme de chambre, de la femme de chambre au fils de famille, et ainsi de suite jusqu’à ce que la boucle soit bouclée…

Dire que le sentiment amoureux aura inspiré les esprits créateurs en tout genre serait sous-estimer le grand nombre d’œuvres, qu’importe le médium, interrogeant sur la manière dont il influence notre destinée. Max Ophüls traite donc son sujet par la bande, avec, au centre de ses récits, un narrateur, observateur complice du spectateur jugeant la manière dont les romances se répondent dans une grande boucle qui tourne éternelle, dans une ronde sans fin.

C’est un voyage vers l’ailleurs que nous propose le film, par le décor de Vienne ou la mise en scène d’une élégance, d’une délicatesse et d’une poésie intemporelles. Chaque histoire parle à la précédente dans la complexité de l’être, d’aimer de façon unique et entière, comme si ces sentiments gagnaient en magie par leur nature aussi éphémère que l’être humain lui-même. C’est un schéma général triste peut-être) mais réussissant qui réussit à souligner l’importance de l’amour dans l’existence, avec cette sensation de féérie dans le quotidien qui se ressent dès l’ouverture.

Ophüls filme dès lors d’amour habité par le merveilleux tragique, mélancolique mais sublime dans sa manière de l’inscrire dans la quotidienneté. L’édition fournie par Carlotta offre une restauration qui souligne encore plus la beauté du long-métrage, poussant à revoir encore et encore celle-ci une fois la découverte passée.

Avec La Ronde, Max Ophüls nous propose un songe éveillé, un voyage à travers les méandres de l’amour dans une œuvre qui subjugue et réveille en nous les émois de nos histoires. On sort de ce rêve un peu amer, le cœur saignant aussi fort qu’à la fin d’une romance marquante. De quoi souligner le caractère intemporel et poétique de ce film…

Merci à Emmanuelle Spadacenta pour la relecture

Chien de garde de Sophie Dupuis

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Pays Canada
Année 2018
Casting Jean-Simon Leduc, Théodore Pellerin, Maude Guérin, …
Genre Drame

Après sa disparition des radars, le premier film de Sophie Dupuis réapparaît en DVD.

JP et Vincent sont deux frères unis jusqu’à ce que le premier cherche à échapper au destin funeste qui lui est promis.

On sent dès les premières minutes que Sophie Dupuis cherche à nous présenter une tragédie moderne, de celles qui collent à la peau du spectateur longtemps après son visionnage. L’objectif est accompli tant on sent que le long-métrage regorge de passion pour ses personnages et leur avancée sans espoir dans un milieu criminel destructeur. C’est ce goût pour l’intime et le déchirement, que ce soit de soi ou de son rapport aux proches, qui frappe. On sent en effet notre cœur se serrer devant certaines séquences et la manière dont se (dé)fait cette famille.

L’alchimie entre JP et Vincent représente en ce sens un pur moteur émotionnel, alimenté par le jeu de ses deux acteurs principaux tout simplement parfaits dans leurs rôles. Jean-Simon Leduc et Théodore Pellerin s’inscrivent dans des jeux opposés mais autant dans une énergie de soi, une rage qui ne peut que s’extérioriser de manière inéluctable dans un climat déterminé. La caméra, souvent portée, est proche, et cherche à capter ces sentiments contradictoires qui animent chacun, en particulier JP, le chien de garde du titre qui cherche à protéger ses proches mais en ressort tiraillé. Sophie Dupuis reste humaniste dans sa mise en scène tout en apportant quelque chose de proche d’une explosion inéluctable, une tension qui ne demande qu’à péter d’un moment à un autre dans une promesse de destruction multiple.

Dès lors, on peut être content de cette sortie en DVD chez Rimini tant on est rempli d’injustice face au traitement d’un film qui n’aura pas connu le sort mérité à sa sortie malgré un certain soutien de la presse. En effet, Chien de garde, en plus d’être un film prenant à tous les niveaux, annonce une grande réalisatrice en la personne de Sophie Dupuis, dont on a hâte de voir le prochain long-métrage.