A Rainy Day In New York (critique)

Date de sortie : 18 septembre 2019 (en France) Réalisé et scénarisé par : Woody Allen  Acteurs principaux : Timothée Chalamet, Elle Fanning, Selena Gomez, Jude Law, Diego Luna, Liev Schreiber Nationalité : Américaine  Production : Amazon Studios & Gravier Productions Distribution (France) : Mars Films  Aspects techniques : Couleur ; 2,00:1 ; D-Cinema 09,5/10 Le temps passe, mais Woody ne faiblit pas. En réalité, il ne se garde pas de bouleverser avec A Rainy Day In New York, vaudeville au charme si singulier, d’une ironie décapante, qui sous le fard de sa gouaillerie familière sourit encor à la misérable beauté de notre espèce complexée. L’incroyable compassion qu’il jette sur une jeunesse insouciante et gauche se paie la hauteur de sa modestie. Le film transcende subtilement le matériau de

76e édition du festival de Venise : Joker de Todd Phillips et J’accuse de Polanski couronnés (palmarès)

Après plus d'une semaine de compétition, et en guise de clôture, le jury, sous la présidence de l'argentine Lucrecia Martel - à qui l'on doit dernièrement le très encensé et non moins impressionnant Zama - s'est vu dans l'obligeance ce samedi soir de décerner ses prix si espérés, dont l'historique Leone d'Oro (Lion d'or). En voici le palmarès qui n'a, pour les récompenses majeures, pas dérogé aux plébiscites de la presse cinéphile : Lion d'or : Joker, de Todd Phillips Lion d'argent (Grand prix du jury) : J'accuse, de Roman Polanski Lion d'argent du meilleur réalisateur : Roy Andersson, pour About Endlessness Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine : Ariane Ascaride, pour Gloria Mundi, de Robert Guédiguian  Coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine : Luca

Focus de janvier : Funny Games (1997), pittoresques paroles

Abattre la violence malfaisante des inconséquences du cinéma américain par la représentation d’une violence conséquemment malfaisante, c’est le pitch de ce Funny Games. Les rationalités s’opposent mais le matériau demeure, et le fâcheux paradoxe s’apparaît à lui-même : la démarche consiste à représenter la mauvaise représentation du mal – coupable comme telle – par la juste représentation du mal. Ce qui préoccupe alors l’auteur, ce n’est pas tant la morale d’une démarche artistique que les représentations qu’elle s’octroie, oh non ! Haneke se comporte en réprobateur de licence, sans n’être jamais celui de son sujet. Une âme qui oserait concourir à quelque hauteur ne put alors omettre de rectifier sa trajectoire : si l’on ne permet à autrui de mal représenter, c’est pour

Anti-Eloge du sophiste, The House that Jack Built (critique)

« Qui des dieux osera, Lesbos, être ton juge Et condamner ton front pâli dans les travaux, Si ses balances d’or n’ont pesé le déluge De larmes qu’à la mer ont versé tes ruisseaux ? Qui des dieux osera, Lesbos, être ton juge ? Que nous veulent les lois du juste et de l’injuste ? Vierges au cœur sublime, honneur de l’archipel, Votre religion comme une autre est auguste, Et l’amour se rira de l’Enfer et du Ciel Que nous veulent les lois du juste et de l’injuste ? » BAUDELAIRE Charles. Lesbos, strophes 7-8, Les Fleurs du mal, 1857. Ces mots, ces gestes, cette volupté, ces plaisirs, ce beau mal. Quelle est la réalité ontologique qui se dérobe à la forme ? Finalement, le mal d’hier peut être le bien d’aujourd’hui ; le bien d’aujourd’hui peut être

2018 n’est pas finie : autres événements cinématographiques à venir (1/2)

Girl, réalisé par Lukas Dhont, distribué par Diaphana Distribution   Galveston, réalisé par Mélanie Laurent, distribué par Les Bookmakers et The Jokers   First Man, réalisé par Damien Chazelle, distribué par Universal Pictures International France   The House That Jack Built, réalisé par Lars Von Trier, distribué par Les Films du Losange   Cold War, réalisé par Pawel Pawlikowski, distribué par Diaphana Distribution   Haloween, réalisé par David Gordon Green, distribué par Universal Pictures International France   Touch Me Not, réalisé par Adina Pintilie, distribué par Nour Films   Heureux comme Lazzaro, réalisé par Alice Rohrwacher, distribué par Ad Vitam   Les Animaux Fantastiques - Les Crimes de Grindenwald, réalisé par David Yates, distribué par Warner Bros. France   Mais aussi : Ramen de Eric Khoo, Nos Batailles de Guillaume Senez, Frères ennemis de David Oelhoffen, Dilili à

2018 est loin d’être finie : les attentes cinématographiques de la rentrée

C’est un bien compliqué été que nous sommes en train de connaître, marqué par ces incessantes canicules qui demeurent éprouvantes à bien des égards. Quoi de mieux, pour faire face à cette asphyxie, que de retrouver le souffle dans nos salles préférées, celles du 7ème art. Quoique. Aride fut aussi l’agenda estival des nouveautés jusqu’alors. Au sein de la rédaction, nous n’avons pas faibli pour autant et avons, malgré tout, déplacé nos occupations vers d’autres desseins. Le mois de juin et juillet, c’était par exemple le football avec la coupe du monde, et cette finale dont est ressortie victorieuse notre belle et chère France, face à des croates vaillants, et le mot est faible tant cette équipe était et sera

Festival de Cannes 2018 : Le Palmarès

Le jury du 71ème festival de Cannes présidé par Cate Blanchett a donc cette année récompensé pas moins de neuf films d'horizons, de cinéastes aussi divers que surprenants : il ne s'agissait pas de juger mais de faire des choix. C'est en prenant appui sur ce leitmotiv que la présidente a fait part du désarroi profond qui surplombait les discussions du jury. Faire un choix, c'est renoncer. Renoncer à tant de films merveilleux, touchants, grands et importants. Important, l'adjectif va de soi avec la politique du jury, assigné à la tâche de véritablement porter un film et ce qui le compose : un message, une protestation, une émotion qui, les uns comme les autres, peuvent probablement bouleverser le monde par

Les Heures sombres : une marche solitaire (version révisée)

Alors qu'il est sorti très tôt cette année, Darkest Hour en demeure l'un des films les plus impressionants. Il s'avère très incertain qu'il parvienne à se faire une place dans le top 10 de fin d'année à l'aune d'une concurrence déjà féroce (Phantom Thread, Foxtrot, Senses, Jusqu'à la garde, Call me by your name...) mais il n'empêche qu'il se sera imposé en 2018 comme l'une des séances les plus intenses auxquelles il ait été donné d'assister et aura marqué l'année par son admirable renouveau esthétique insufflé dans le biopic historique, depuis maintenant longtemps gangrené par ses poncifs à oscars. Voici une version révisée de la critique publiée en janvier, en espérant qu'elle soit encore davantage fidèle au métrage et qu'elle

Les sorties du 14 février : les films à voir au cinéma

Phantom Thread  réalisé par Paul Thomas Anderson et distribué par Universal Pictures International France Dans le Londres des années 50, juste après la guerre, le couturier de renom Reynolds Woodcock et sa soeur Cyril règnent sur le monde de la mode anglaise. Ils habillent aussi bien les familles royales que les stars de cinéma, les riches héritières ou le gratin de la haute société avec le style inimitable de la maison Woodcock. Les femmes vont et viennent dans la vie de ce célibataire aussi célèbre qu’endurci, lui servant à la fois de muses et de compagnes jusqu’au jour où la jeune et très déterminée Alma ne les supplante toutes pour y prendre une place centrale. Mais cet amour va bouleverser une routine

Les sorties du 7 février : les films à voir au cinéma

Jusqu'à la garde réalisé par Xavier Legrand et distribué par Haut et Court Le couple Besson divorce. Pour protéger son fils d’un père qu’elle accuse de violences, Miriam en demande la garde exclusive. La juge en charge du dossier accorde une garde partagée au père qu’elle considère bafoué. Pris en otage entre ses parents, Julien va tout faire pour empêcher que le pire n’arrive.   Human Flow réalisé par Ai Weiwei et distribué par Mars Films Plus de 65 millions de personnes ont été contraintes de quitter leur pays pour fuir la famine, les bouleversements climatiques et la guerre : il s'agit du plus important flux migratoire depuis la Seconde Guerre mondiale. Réalisé par l’artiste de renommée internationale Ai Weiwei, HUMAN FLOW aborde l'ampleur catastrophique de