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Nicolas Leduc

Nicolas Leduc
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Les griffes du cauchemar de Chuck Russel

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Realisateur : Chuck Russel
Origine : États Unis
Date de sortie : 27 Février 1987
Genre : Horreur… Comédie
Duree : 96 min
Distribution : Heather Langenkamp, Patricia Arquette, Craig Wasson, Robert Englund, Jennifer Rubin, Laurence Fishburne…

 

 

Kristen, une jeune fille que sa mère pense suicidaire (en même temps, elle la surprend dans la salle de bain avec un rasoir et les veines tailladées, mettez vous à sa place !), l’envoie dans un institut psychiatrique, dans lequel est traité un groupe d’adolescents, victimes de troubles du sommeil. Et attention, je vais spoiler : les troubles du sommeil sont dû à ce bon vieux Freddy, qui malgré la fin du deuxième film, n’arrive toujours pas à rester mort. Et naturellement, tout le personnel de l’institut ne croit absolument pas le groupe d’ados. Évidemment. Sauf qu’une nouvelle aide soignante débarque et que cette aide soignante, c’est Nancy, héroïne du premier film, qui revient pour sauver les jeunes et casser encore une fois la gueule du grand brûlé…

Le film est sorti en 1987. Je vais spoiler tout du long. Vous êtes prévenus !

Ah ! Les griffes du cauchemar ! Si on m’avait demandé mon avis il y a à peine un mois, j’aurais répondu que c’était le meilleur film de la saga… Plus maintenant !

Alors attention, le film est très sympa, il est tout de même dans le top 3, mais punaise… Qu’est ce qu’il a mal vieilli ! Qu’est ce qu’il est gnangnan ! Il est bien réalisé, il offre les morts les plus cools de la série (le marionnettiste, le show TV) les personnages sont attachants, l’histoire se suit facilement, mais bon sang ! Il y a des failles du scénario assez aberrantes, des deus ex qui popent tranquillement (la nonne, au hasard), une simili romance entre Nancy et le psychiatre en chef qui frôle la comédie involontaire tellement c’est naze et hors sujets… Et surtout, bah y a Freddy.

Freddy est toujours cool, toujours méchant… Mais ça y est ! Il ne fait plus peur : il fait rire. C’est vraiment à partir de ce film que Freddy a pris le tournant de l’humour qu’on connaît depuis…  Alors oui, il a toujours été cynique et avait toujours un bon mot de derrière les fagots, mais là, c’est un festival. Et bien que ça empire avec les suites, c’est bien ce film qui a  planté le premier clou dans le cercueil du boogeyman…

Mais comme je l’ai dit le film reste sympa à regarder, avec ce groupe de jeunes qui peuvent s’allier dans leur rêves grâce au pouvoir de Kristen. (Oui, c’est aussi dans celui là qu’on va introduire le concept de pouvoir pour personnes lambda. Parce que battre une entité omnipotente c’est compliqué !).

Kristen donc, à le pouvoir d’appeler qui elle veut dans ses rêves. Enfin, qui elle veut sous condition que la dite personne dorme aussi. Et ceux qu’elle appelle, soit Nancy et le reste du groupe, ont également des pouvoirs qui leur sont propre : y en a un ça devient un magicien surpuissant (le premier à se faire tuer, d’ailleurs !), y en a un il devient super fort, y en a une… elle a une coupe dégueulasse et deux petits couteau (on a les pouvoirs qu’on peut…), et tout ce petit monde décide d’aller défoncer notre brave Freddy, qui de son coté ne chôme pas non plus (Nancy dira même qu’il n’a jamais été aussi puissant… sachant que la seule fois où ils se sont vraiment affrontés s’était dans le monde réel, monde dans lequel Freddy se faisait avoir comme les casseurs flotteurs face à Kevin McAllister).

Mais comme notre brave équipe de bras cassés n’arrive pas à se dépêtrer de Freddy, le psychiatre aidé du père de Nancy (qui est devenu alcoolique pour l’occasion) et surtout de la bonne sœur, qui a lu le scénario, tente de leur côté de détruire Freddy pour de bon, (jusqu’au prochain film, quoi !) en allant brûler ses ossements dans le vrai monde de la réalité véritable.

Bon, le plan fonctionne, Freddy a le temps de faire un carnage quand même, les trois quart des ados meurent, Nancy meurt, son père meurt, mais Freddy meurt finalement, fin ou presque,  une dernière image nous fait comprendre qu’il va revenir incessamment.

Ah oui et la bonne sœur c’était la mère de Freddy.

 

Bon ! Réalisé par Chuck Russel, à qui on doit le remake du Blob et surtout The Mask, Les griffes du cauchemar essaie très, très fort de ramener une continuité avec le premier film, après un deuxième opus assez décevant. Et il y arrive le bougre. Le film reste vraiment plaisant à voir, étoffe la mythologie autour de Freddy, fait revenir les protagonistes du premier film… mais je suppose que comme pour moi, si le film reste autant aimé et souvent considéré comme l’un des meilleurs, si ce n’est le meilleur, c’est grâce à certaines scènes qui restent marquantes. Parce que le film dans sa globalité est extrêmement confus. Il y a plein de bonnes idées, mais mis ensemble de manière assez foutraque…

Est-ce un bon Freddy ? Oui. Est-ce un bon film ? C’est plus discutable…

La revanche de Freddy de Jack Sholder

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Réalisateur : Jack Sholder
Origine : États Unis
Genre : Horreur, slasher , fantastique
Durée : 85 minutes
Date de sortie : 1er Novembre 1985
Distribution : Robert Englund, Mark Patton, Kim Myers, Robert Rusler, Clu Gulager, Marshall Bell…


En 1985, et suite au succès du premier film, une suite aux aventures de notre croque-mitaine au pull rayé rouge et vert et à la main gantée, sort sur les écrans.

Cette fois-ci, nous suivons la famille Walsh, en particulier le fils adolescent, Jesse, qui par un hasard formidable, vient d’emménager dans l’ancienne maison de Nancy Thompson (l’héroïne du premier film). Et comme on pouvait s’y attendre, Freddy ne tarde pas à venir s’en prendre au brave Jesse…

Mais comme on pouvait s’y attendre beaucoup moins, le film se fout complètement des règles établies dans le précédent opus.

Bon… Vous pouvez arrêter la lecture maintenant si vous ne l’avez pas vu, parce que je vais spoiler quasiment jusqu’à la fin.

Le film est… étrange. Il est véritablement atypique dans la saga. Là, notre brave Freddy Krueger n’attaque plus dans les rêves de ses victimes (après tout pourquoi respecter LA caractéristique originale de notre tueur ?) et semble plus proche de l’entité possessive, poussant Jesse à tuer (enfin on suppose, c’est pas très clair) et venant carrément équarrir du jeune dans la réalité véritable à la fin du film.

Ce sera d’ailleurs la seule et unique fois de sa carrière (hormis dans le cross over avec Jason) qu’il se conduira ainsi, retournant dans le monde des rêves dès le film suivant. Ce sera aussi le seul qui n’entretiendra pas de véritable lien avec les autres. Hormis Freddy lui-même et une référence vite fait à Nancy (d’ailleurs rebaptisée Lisa, comment, pourquoi, on n’en saura jamais rien), le film ressemble plus à un spin off qu’à une suite.

 

Et pourtant… Bien qu’assez mal aimé (malgré un score au box office plus qu’honorable), le film est assez sympathique en soit. Loin (très) d’être le pire opus de la saga, et malgré d’évidents défauts (le film a mal vieilli, fait très kitsch par moment et les personnages sont vraiment, vraiment très cons. A un moment, les oiseaux de la maison s’excitent, sortent de leur cage, attaquent et finissent par exploser. Réaction ? « Oh, ça doit être une fuite de gaz ! »), on ne peut cependant pas nier son originalité et surtout certaines scènes mémorables qui font partie des meilleures de la saga (Freddy qui s’extirpe du corps de Jesse, l’une voir la meilleure scène tout Freddy confondu) …

Le film est formellement très interessant.

Et maintenant, il y a son sous texte. Bien que nié par le réalisateur, le scénariste et l’acteur principal (du moins jusqu’à son coming out), le film baigne du début à la fin dans une ambiance érotico gay, difficilement occultable.

Et là, c’est un festival d’image très très clichées (on est sur du « cuir moustache » basiquement). Jesse s’habille avec des petits shorts rose et moulant, lors d’une bagarre avec son copain, Ron, celui-ci lui baisse son pantalon. Le prof de sport, tout de cuir vêtu, qui croise Jesse dans un bar gay BDSM, et qui finira tué par Freddy dans une séance bondage sous la douche. Jesse qui, alors qu’il va conclure avec sa petite amie, est prit de panique, et va se réfugier chez Gary, en sueur et en pleine nuit…

Et c’est dommage que cet aspect là ne soit pas assumé par le film.

Bon, je sais que ce sont des gros clichés, et oui, c’est gênant en 2025, mais nous parlons d’un film qui a 40 ans. Mais si le film avait effectivement fait de Jesse, un personnage gay, le film aurait pu être une jolie parabole sur le coming out. Freddy devenant un symbole de la pression sociale, et où Jesse aurait pu le vaincre, et se libérer de son emprise en s’assumant comme il est.

Au lieu de ça, comme ce n’est pas assumé, on a limite l’impression que Freddy représente l’homosexualité de Jesse, et que celui-ci la combat et finit par gagner en « restant dans le droit chemin ». D’ailleurs le film s’achève avec Jesse qui sort enfin véritablement avec sa petite copine, une cruche comme on en fait peu et surtout totalement inutile dans le film. Du coup, on finit sur une note un peu frustrante.

Après, encore une fois, il faut se remettre dans le contexte de l’époque, époque où les personnes LGBT, avaient encore moins de considération que maintenant…

Mais bref, pour conclure, cette Revanche de Freddy reste peut être la plus originale et intéressante proposition dans le fond.

Le film en lui-même reste tout à fait regardable, si on fait fi de certains effets spéciaux mal vieillis, et demeure vraiment attachant et sympathique, malgré ses défauts, qualités que n’auront pas certains films le suivant !

Les griffes de la nuit de Wes Craven

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Réalisateur : Wes Craven
Origine : États Unis
Genre : Horreur, Slasher, Fantastique
Date de sortie : 9 Novembre 1984
Durée : 91 Minutes
Distribution : Heather Langenkamp, John Saxon, Robert Englund, Johnny Deep, Ronee Blackley, Amanda Wyss….

La jeune Tina fait d’atroces cauchemars dans lesquels elle se retrouve pourchassée par un homme au visage brûlé et portant à sa main un gant garni de couteaux acérés… Les rêves semblent extrêmement réels et en en discutant avec ses amis, elle comprend qu’eux aussi sont hantés par les mêmes cauchemars…

En 1984, Wes Craven décide de mettre un coup de pied dans la fourmilière et de dépoussiérer méchamment le genre du slasher. Pour cela deux ingrédients : un méchant immédiatement iconique, et un concept original.

Le concept est totalement inédit et génial : un tueur s’introduit dans les rêves des gens pour les tuer via leur cauchemar.

Le tueur, lui c’est Freddy Krueger. Boogeyman quasi ultime, il entre dès ce premier film dans le panthéon des plus grands méchants du cinéma et se hisse d’office à côté de Michael Myers (la saga Halloween) et de Jason Voorhes (la saga Vendredi 13, que Freddy affrontera d’ailleurs des années plus tard) dans le trio de tête des plus grands tueurs de slasher.

Mais un tueur et un concept ne suffisent pas à faire un grand film. D’ailleurs, la plupart des suites oscilleront souvent entre le médiocre et le mauvais (tout en restant quand même sympathique, il faut l’avouer). Il faut un réalisateur talentueux.

Et ce réalisateur c’est Wes Craven. Avec un budget pourtant serré, il réussit à créer un film extrêmement flippant, dont les visions cauchemardesques sont parmi les plus maîtrisées du cinéma et surprend constamment.

Tina qu’on prend pour le personnage principal du film meurt finalement très rapidement, (dans une scène vraiment traumatique) et c’est son amie Nancy qui devient la vraie héroïne. Le fait que Freddy ait été tué par les parents des adolescents. La mise en scène des morts toujours exagérées mais systématiquement surprenante…

 

De plus, Wes Craven se repose sur une réalisation franchement efficace et surtout sur un casting extrêmement talentueux. Si on peut reconnaître un tout jeune Johnny Deep ou le vétéran John Saxon, ce sont Heather Langenkamp et surtout, surtout Robert Englund qui sortent ici leur épingle du jeu. L’une jouant une victime potentielle mais sacrément plus maline et courageuse que la moyenne, l’autre jouant un personnage sardonique, cynique et maniant un humour noir assez subtil, et carrément pervers (et à des kilomètres du bouffon amateur de blagues lourdingues qu’il deviendra plus tard !).

Leur duel devient presque une partie d’échecs, l’affrontement étant bien plus tactique que physique, chacun exploitant les faiblesses de l’autre.

D’ailleurs il est assez amusant de voir le contraste entre Freddy dans le monde des rêves où il est potentiellement omnipotent et quand il se retrouve dans le monde réel où il devient maladroit et inefficace, Nancy lui collant  une branlée sans trop forcer (j’exagère un peu, mais elle à clairement le dessus). Ce qui mine de rien est une caractérisation assez efficace du personnage, puisqu’on apprend assez tôt que de son vivant, Freddy était un tueur d’enfants. Et si au départ on pouvait penser que ses meurtres étaient faits par choix, sa confrontation avec Nancy nous laisse surtout penser que ses par opportunisme : Freddy malgré sa grande gueule, est lâche et faible ! Aussi puissant soit il, il n’en reste pas moins une sale petite pourriture qui tue ses victimes dans leur sommeil.

C’est également pour cela que le personnage fascine et est tellement apprécié : contrairement à Michael Myers ou Jason, tueurs invincibles et monolithiques, Freddy est banalement humain, dans ce que l’humanité représente de pire.

 

Pour conclure, Les griffes de la nuit est un classique et l’un des meilleurs films d’horreur de l’histoire (même si certains effets se sont pris un petit coup derrière les oreilles).

À voir absolument si ce n’est déjà fait.

Red State de Kevin Smith

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Réalisateur : Kevin Smith
Durée: 88 minutes
Genre : Thriller Horrifique
Origine : États Unis
Sortie : 2011
Distribution : John Goodman, Michael Parks, Melissa Leto, Kyle Gallner, Stephen Root…

Trois adolescents partent en virée, en voiture. S’ils ont dit à leurs parents qu’ils allaient au cinéma, leur but est plus tendancieux : ils ont rendez-vous avec une femme d’âge mûre, rencontrée sur internet, pour un plan à quatre. Tout à leur excitation, ils percutent une voiture et font un délit de fuite, pour ne pas rater leur rencard. La femme qui les accueille, leur offre une bière…

Les trois jeunes se réveillent, séquestrés par une secte religieuse extrémiste, qui veut éliminer ceux qu’elle considère comme des « pêcheurs »…

Pour son premier film horrifique, le roi de la comédie, Kevin Smith frappe très fort. Et surprend par la qualité et la maîtrise de son travail. Si celui-ci nous avait habitué à des comédies tels que Les glandeurs, Jay et Bob contre attaquent ou évidemment l’incontournable Clerks, il prouve sa versatilité avec ce film coup de poing. Bien qu’il s’était déjà démarqué des comédies pures et dures avec l’excellent Dogma, le film restait quand même extrêmement drôle. Red State lui ne l’ai quasiment jamais, et le rare humour (il y en a un peu quand même) est d’une noirceur et d’un cynisme vraiment marquant.

Le film propose dans sa première partie une ambiance anxiogène vraiment étouffante et on éprouve une réelle peur pour nos trois jeunes protagonistes en proie à  cette communauté religieuse raciste et homophobe (entre autre) et surtout par les prêches de leur gourou le terrifiant Abin Cooper (interprété par un Michael Parks parfait), pasteur à la fois débonnaire et sinistre, débitant ses préceptes immondes avec une assurance vraiment effrayante, et les réactions extatiques de ses ouailles, buvant ses paroles, amplifiant le malaise ambiant.

À ce titre, la première mise à mort est un modèle de tension, glaçante par la froideur de son exécution et sa montée en tension.

Alors qu’on s’attend à voir un film d’horreur de genre survival, le film change son fusil d’épaule à mi parcours. Suite à un événement inattendu qui conduit à la mort de son adjoint, le shérif (homosexuel non assumé et à qui Abin Cooper fait un ignoble chantage) contacte la cellule anti-terroriste. Le film se change alors en film de siège entre les hommes d’états mené par Keenan, un John Goodman impérial, et les hommes d’église. Hors… nous sommes après le 11 Septembre 2001. Et les lois anti terroristes sont claires : il est autorisé (voir ordonné) en cas d’assaut de ne laisser aucuns survivants. Mais dans la communauté de Cooper, vivent des enfants.

Qui devront être exécutés froidement si l’assaut a lieu. Keenan essaie de repousser au maximum le moment où l’ordre tombera, mais la secte est lourdement armée et fait des dégâts dans leurs rangs… Mettant le spectateur dans la position inconfortable de voire deux représentation du « bien », l’église et l’état, se battre de façon immorale et honteuse. D’un côté des pourritures aveugles et fanatiques, mais possédant en leur seins un grand nombre d’innocents, de l’autre des fonctionnaires essayant de faire respecter l’ordre, mais n’ayant aucune hésitation à tuer adeptes comme innocents sitôt qu’on leur donnera la consigne.

 

Bref, Red State est un film sans concession, et très prometteur pour le changement de registre opéré par Kevin Smith, qu’il poursuivra trois ans plus tard avec le traumatisant Tusk.

 

The Monkey d’Oz Perkins

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Réalisateur : Oz Perkins
Genre : Comédie, horreur, gore
Duree : 94 minutes
Scenario : Oz Perkins
d’apres la nouvelle Le singe de Stephen King
Sortie : 14 Février 2025
Origine : États Unis
Distribution : Theo James, Tatiana Maslany, Christian Convery, Colin O’Brien, Rohan Campbell, Sarah Levy, Adam Scott, Elijah Wood…

Après nous avoir régalé et terrifié l’année passée avec l’éprouvant Longlegs, Oz Perkins nous revient donc en très grande forme avec The Monkey, comédie horrifico-gore, tiré d’une nouvelle de Stephen King, et qui avait déjà eu le droit à une adaptation plus ou moins officielle en 1984 titrée Le singe du diable, et qui était une production assez minable. Là, ce n’est pas le cas. Au contraire.

Hal et Bill sont deux frères jumeaux, qui ne s’entendent pas du tout, Hal étant la victime de son frère. Un jour, en fouillant dans les affaires de leur père, depuis longtemps disparu, ils trouvent une peluche de singe mécanique. Quand celui-ci est remonté, il frappe sur un tambour, provoquant la mort de personnes aléatoires. Les deux frères s’allient alors pour s’en débarrasser, l’enfermant dans sa boîte et le jetant dans un puit… Malheureusement, trente ans plus tard, le singe réapparaît…

Dans tous les sens du terme, ce film est une tuerie. Très souvent comparé à Destination finale, le film hormis l’originalité des mises à mort, s’en éloigne pourtant grandement. Déjà, premier point le film est une comédie avant tout. Et venant de la part du réalisateur du traumatisme Longlegs, on aurait pu craindre le pire. Heureusement, Oz Perkins, se révèle être aussi à l’aise dans l’horreur que dans l’humour et The Monkey fonctionne parfaitement, l’humour et l’horreur se nourrissant l’une l’autre.

Ce qui pourra faire d’ailleurs grincer les dents des amoureux de la nouvelle, qui elle était dépourvue totalement d’humour, et était même franchement sinistre et inquiétante. D’ailleurs, les deux œuvres ont finalement peu en commun si ce n’est ce singe qui provoque des morts. Mais bon ! Stephen King a adoré le résultat final et le résultat final est excellent, donc…

La grande majorité du film nous fera suivre Hal, d’ailleurs narrateur principal, qui essaie malgré ses traumatismes d’être un bon père pour son fils adolescent.

Et mine de rien, c’est là que Perkins se distingue. Il aurait pu enchaîner les morts gores (gentiment gore, hein) et l’humour de situation, et faire un comédie horrifique très honnête. Mais, on parle de Perkins et il y a forcément une plue value. Son scénario brasse des sujets bien plus large et sérieux : la culpabilité, les relations familiales dysfonctionnels, les traumatismes, les rapports aux autres, la vengeance, le pardon…

Et le tout sans tomber dans le pathos ou les clichés.

Le tout est bien sur, porté par des dialogues savoureux et un jeu d’acteur très crédible, que se soit les premiers rôles, les secondaires et même les cameos (le film se paie le luxe d’avoir Adam Scott, Oz Perkins lui-même et surtout Elijah Wood !).

Et bien sur, l’attraction principale du film : les morts. Toutes sont inattendues, toutes sont recherchées, surprenantes, et diablement efficaces.

Je ne veux pas en révéler plus, parce que le film joue beaucoup sur l’effet de surprise, mais en conclusion nous avons là une comédie d’horreur absolument jubilatoire, qui fout la banane (ah ah) du début à la fin et qui malgré un pitch somme toute assez simple, réussi l’exploit de mettre un scénario intelligent en sus.

Un film à voir absolument !

Pelìsky de Jan Hrebejk

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Réalisation : Jan Hebejk
Duree : 115 minutes
Genre : Comédie, drame, tranche de vie
Origine : République Tchèque
Sortie : 1999
Distribution : Miroslav Donutil, Jiri Kodet, Michael Beran, Kristyna Novàkovà, Emília Vásáryová, Bolek Polívka…

On découvre parfois des films totalement par hasard. Si je connaissais le cinéma tchèque, c’était surtout de réputation, et hormis Milos Forman, je n’avais jamais vraiment vu de film provenant de ce pays.

C’est ainsi que ma compagne, tchèque du coup, a voulu remédier à mon inculture, en me proposant Pelìsky. Une comédie.

De prime abord, la comédie est l’un des genres que j’apprécie le moins. A de rare exceptions près, je ris assez peu au cinéma. Donc, voir une comédie tchèque, j’avoue humblement avoir pensé passer un moment assez pénible.Et pourtant…

Pelìsky nous raconte la vie de deux familles, préparant Noël. Dans l’une, la famille Sebek, le père est un patriote communiste au plus haut degré. Dans l’autre, la famille Kraus, le père lui, est un ancien soldat, qui déteste le communisme. Les deux se heurtent à l’incompréhension de leurs enfants respectifs, et souvent du reste de leur famille également. Et de surcroît se déteste l’un l’autre.

Si, expliqué comme ça, le film peut laisser penser à un comique de vaudeville, il n’en est finalement rien. Au contraire, le film propose une subtilité d’écriture et une complexité bien supérieure à ce que son synopsis peut laisser penser.

Le film ne verse jamais dans le manichéisme et si l’humour fonctionne très bien (certaines scènes sont hilarantes et m’ont réellement fais rire), la partie « tranche de vie » est également très bonne, et on n’est jamais loin du drame.

Car le contexte dans lequel se déroule le film est dramatique. Le film se déroule pendant les années 67 et 68, en pleine guerre froide, dans un pays régit par le communisme. Et ce climat se ressent dans tout le film jusqu’à la dernière séquence.

La dernière séquence justement verse totalement dans le drame. Drame historique, puisque le film s’achève le 21 Août 1968, jour de l’invasion de la Tchécoslovaquie par les soldats du Pacte de Varsovie, qui mènera à un régime dictatorial et à l’exil long et forcé de nombreux Tchécoslovaques. Si malgré l’ambiance pesante sur le film tout du long, celle-ci était contrebalancée par la légèreté de certaines situations, la fin elle, ne laisse que peu d’espoir à nos protagonistes. Le film s’achevant sur note plutôt très amère.

Comme je l’ai dit le film est d’une grande subtilité et surtout se pare d’un cachet d’authenticité vraiment exceptionnel. Par moment on a presque l’impression de suivre un documentaire (du genre Strip tease).

À cela trois raisons principales : une écriture très intelligente et très sobre. Comme je l’ai dit, le film est une comédie et pourtant rien ne fait forcé, tout semble authentique, et cela amène aux deuxième point, une réalisation impeccable. Tout en justesse, en sobriété là encore, la réalisation se fait discrète et pourtant s’autorise par moment des écarts très rafraîchissant (la scène où Michal, le fils Sebek, fantasme son cadeau de Noël m’a fait exploser de rire, et plus encore quand la réalité le rattrape). Et dernier point et non des moindre : le jeu d’acteurs. C’est bien simple, le jeu est parfait. Tous sonnent juste, tous sont dans leur personnage. On ne voit aucun jeu, juste des personnes vivre leur vie.

 

Ce film est une véritable pépite qui non seulement m’a fait beaucoup rire, réfléchir et surtout donné envie de m’intéresser plus encore au cinéma tchèque.

À voir absolument.

 

 

L’homme qui voulait savoir de Georges Sluizer

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Realisation : Georges Sluizer
Origine : Pays Bas, France
Genre : Thriller
Durée : 107 minutes
Date de sortie : 1988
Distribution : Bernard-Pierre Donnadieu, Gene Bervoets, Johanna Ter Steege, Bernadette Le Saché…

En 1988, est sorti un film, franco-néerlandais, un thriller devenu culte, qui malgré des critiques dithyrambiques ( dont celle de Stanley Kubrick qui pourtant avare en compliment, déclarera que c’était le film le plus effrayant de tout les temps. De la part du réalisateur de Shining, ce n’est pas rien.) et de nombreux prix est un peu tombé dans l’oubli, malheureusement. Moi-même ne l’ai découvert qu’il y a peu, un peu par hasard, ce qui est dommage, tant ce film mérite plus de reconnaissance et surtout d’être redécouvert urgemment.

Ce film c’est L’homme qui voulait savoir. Ou Spoorloos dans son titre original. Réalisé par Georges Sluizer et qui est de loin sa pièce maîtresse, et offrant au passage à Bernard-Pierre Donnadieu (Le professionnel, Le retour de Martin Guerre, Faubourg 36…) son meilleur rôle.

Lors d’un voyage en France, Rex et Saskia, un jeune couple néerlandais, font une pause sur une aire d’autoroute. Saskia s’éloigne pour s’acheter une boisson. Rex ne la reverra jamais.

Trois ans plus tard, alors qu’il est toujours obsédé par cette disparition, Rex reçoit fréquemment des lettres, l’enjoignant à se rendre dans un café en France. L’auteur prétend savoir ce qu’il est advenu de Saskia.

Bien que Rex, s’y rende à chaque fois, son interlocuteur ne se manifeste jamais.

Mais un jour,   alors qu’il se rend encore une fois au rendez vous, un homme, Raymond, l’aborde. Celui-ci propose à Rex de lui faire découvrir la vérité…

 

Et je ne dirais rien de plus, le film doit être vu !

Commençant presque comme une comédie romantique, le film bascule dans un thriller vertigineux, au bout d’un quart d’heure.

Et si je ne sais pas si ce film est le plus terrifiant de tout les temps, force m’ait d’admettre, qu’il est glaçant comme jamais, proposant une ambiance lourde et pesante, jusqu’au dénouement final dont je ne révélerai rien.

Nous mettant tour à tour dans la peau de Rex et surtout (quasi dès le début) dans celle de Raymond, le film nous entraîne dans un labyrinthe au combien effrayant, malgré le peu de scènes chocs. Le film se suit, le cœur battant, le souffle court, passionnant de bout en bout, porté par des acteurs impériaux et une écriture au cordeau.

Par bien des aspects, le film m’a rappelé Ne vous retournez pas de Nicolas Roeg. Ce qui n’est pas un mince compliment.

Injustement oublié, ce film est à remettre sur le devant de la scène, tant sa maîtrise le place un bon cran au dessus de nombre thriller tourné après lui, et il mérite de tutoyer les plus grand, et surtout 1h40 de votre temps, vous ne le regretterez pas.

Le film a été réédité en 2024 dans une chouette édition blu-ray Ray, rempli de bonus passionnant, ce qui le rend assez facilement accessible.
À noter qu’un simili remake américain (réalisé par Georges Sluizer lui-même !) est sorti quatre ans plus tard (changeant totalement la fin, ce qui est aberrant !)  sous le nom de La disparue, avec Kiefer Sutherland.

 

 

Les chambres rouges de Pascal Plante

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Réalisateur : Pascal Plante
Genre : Thriller, drame, horreur
Durée : 118 minutes
Origine : Canada
Sortie : 20 juillet 2023
Distribution : Juliette Gariepy, Laurie Babin, Elisabeth Locas, Maxwell McCabe-Lokos, Nathalie Tannous, Pierre Chagnon, Guy Thauvette…

Il y a des films qu’on n’attend pas et qui vous cueillent d’une manière tellement brutale qu’ils vous hantent longtemps après leur vision.

Les chambres rouges sont de ceux là.

C’est peut-être la plus grosse claque cinématographique que j’ai eu depuis ces 20 dernières années… Une claque mémorable, marquante et incroyablement douloureuse.

Que dire de ce film si ce n’est qu’il ne ressemble à aucun autre. Dans quoi le catégoriser ?

Le film commence par un long plan séquence, magistralement exécuté, et laissant penser qu’on va assister à un film de procès. Pendant près d’un quart d’heure, on écoute, captivé et horrifié, le procureur et l’avocat de la défense  exposer des faits ignobles à un jury, pour que celui-ci détermine si l’accusé est oui ou non coupable… Coupable d’avoir violé, torturé, tué et filmé trois adolescentes dans une Red Room (pendant internet des snuff movies). Car même si certaines preuves sont accablantes, il subsiste un doute.

Et là, le film nous emmène ailleurs. Il ne s’intéresse pas à l’accusé. Il ne s’intéresse pas au procès. Il s’intéresse à deux femmes, spectatrices dans ce procès public. Clémentine, elle, est persuadée de l’innocence de l’accusé. Pour elle, il n’est qu’une victime collatérale piégée par le vrai coupable. Elle rencontre donc Kelly-Anne, mannequin le jours et hacker de génie la nuit, qui comme elle, vient tous les jours assister au procès. Sauf que les motivations de Kelly-Anne sont bien plus ambiguës. Elle, ne croit pas à l’innocence de l’accusé. Elle, est fascinée par lui…

 

Je ne dévoilerai pas plus l’histoire, parce que la moindre information supplémentaire dénaturerait la vision de ce film. Et il mérite d’être découvert avec le moins d’indications possible.

Pour son troisième long métrage, Pascal Plante, réalisateur canadien, réalise un tour de force. À mi chemin entre le thriller et le drame social, ce film est surtout un film d’horreur au sens le plus littéral du terme. J’ai vu énormément de films horrifiques dans ma vie, je pense qu’aucun ne m’a mît autant mal à l’aise ni autant terrifié que celui-ci.

Il n’y a pourtant aucune scène graphique, on ne voit pas les meurtres, il n’y a pas une goutte de sang ni aucune violence physique.

Et pourtant certaines scènes m’ont remués comme aucune autre auparavant (Terrifier 3 par exemple, qui a fait grand bruit avec son gore absurde et son interdiction au moins de 18 ans, m’a infiniment moins choqué que Les chambres rouges).

À cela trois explications : une réalisation d’une efficacité chirurgicale, un scénario précis et un jeu d’acteurs magistral. Le film est porté en grande partie par Kelly-Anne (Juliette Gariepy) et Clémentine (Laurie Babin). Les deux actrices sont tout simplement parfaites.

Mais si la naïveté de Clémentine peut la rendre touchante, notamment lors d’une scène télévisée, la froideur et l’ambiguïté de Kelly-Anne la rende tout simplement terrorisante, sa folle fascination pour l’accusé, transparaissant physiquement dans son regard et dans son attitude (lors d’une séance de shooting photo absolument flippante, par exemple ou lors d’un atroce champ/contre champ en cosplay).

 

Je ne sais pas à qui je peux conseiller ce film, tant il fait singulièrement penser à un cadeau empoisonné. Mais si vous vous laissez tenter, vous aurez alors devant vous une œuvre absolument exceptionnelle (dans tous les sens du terme) qui ne vous laissera pas indemne.

Don’t move d’Adam Schindler et Brian Netto

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Réalisateurs : Adam Schindler, Brian Netto
Genre : Thriller
Origine : États Unis
Duree : 94 minutes
Sortie : 25 Octobre 2024 sur Netflix
Distribution : Kelsey Asbille, Finn Wittrock, Daniel Francis, Moray Treadwell…

Iris est dépressive depuis le décès de son fils. Un jour, dans des bois montagneux, elle s’approche d’une falaise, prête à en finir. Mais un homme l’aborde. Ils discutent, chacun aillant un deuil à faire. Iris renonce à son projet. Et quand elle va partir, l’homme l’attaque. C’est un tueur en série, et si Iris réussit dans un premier temps à lui échapper, il lui a injecté un produit paralysant. Iris n’a plus que vingt minutes pour pour s’enfuir avant que son corps ne lui fasse défaut…

 

Les exclusivités Netflix, surtout dans le genre horrifique, c’est un peu du quitte ou double. Et généralement surtout du quitte. Si la plateforme nous a offert des purges comme Sous la Seine ou Emelie, force est de reconnaître que ce Don’t move fait plutôt partie du haut du panier. Et arrive à point nommé pour Halloween.

 

Le film grâce à sa simplicité devient extrêmement efficace. En effet, on se sent très rapidement en empathie envers Iris (impeccablement joué par Kelsey Asbille), du fait de sa dépression totalement compréhensible, d’abord, et ensuite du fait de sa condition liée à sa paralysie.

On ressent en même temps qu’elle l’impuissance de son corps, et on espère qu’elle va trouver un moyen d’échapper à Richard, tueur infect à gueule d’ange, interprété également avec brio par Finn Wittrock (dans un registre bien plus sobre que le tueur qu’il incarnait dans la quatrième saison d’American Horror Story).

La traque met une tension de dingue, et les rares personnes qu’Iris va croiser, seront dans un premier temps, impuissantes face à son état, manipuler par Richard, et quand elles réaliseront le danger, il sera trop tard pour elles.

Outre ses acteurs, vraiment bon, les autres points forts du film seront sa réalisation, simple de prime abord, mais s’autorisant par moment des fulgurances vraiment remarquables, notamment une scène avec des fourmis et une mise en scène rappelant le Nazgul poursuivant les Hobbits dans la Comté. Autre point fort, l’identification. Tous les personnages, même les plus secondaires, sont très bien écrits, Iris et Richard en tête. Par leur réalisme, ils deviennent quasiment tangibles.

Iris passe de jeune femme suicidaire à combattante bestiale luttant coûte que coûte pour sa survie, malgré sa situation handicapante (chose que soulignera Richard). Richard, lui, n’est pas juste un monstre froid, mais bel et bien un psychopathe, avec ce que cela apporte de complexité. Si, celui-ci tue des jeunes femmes, avec violence et sadisme, il est en parallèle de ça, un mari et un père aimant, du moins en apparence. Sa rupture, il l’expliquer à Iris, qui finit par le comprendre et peut-être même à y adhérer, la fin du film (qui a fait couler beaucoup d’encre) restant très ambiguë sur ce point.

Au niveau des points négatifs, on peut reprocher un rythme parfois un peu inégal. En effet, passer son idée de base, le film tire un peu sur la corde et l’idée toute bonne soit elle, aurait été bien plus efficace sur un format plus court.

Mais en l’état, Don’t move est un thriller bien troussé, qui vous fera passer un bon moment de tension, si vous passez au dessus de ses quelques défauts.

 

Terrifier 3 de Damien Leone

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Réalisateur : Damien Leone
Genre : Horreur, gore
Origine : États Unis
Date de sortie : 9 Octobre 2024
Durée : 125 minutes
Distribution : Lauren Lavera, Elliott Fullam, David Howard Thornton, Samantha Scafidi…

Ho ho ho…

Art le clown revient, et cette fois ci, il a décidé de pourrir Noël.

 

Terrifier 3… Premier film d’horreur interdit au moins de 18 ans en salle depuis Saw 3.

Je ne rentrerais pas dans le débat pour savoir si cela est mérité ou non (mais à mon avis non ! Même si le film repousse vraiment les limites du gore…) car d’un point de vue purement formel, cette interdiction est du pain béni : en effet, c’est plutôt rassurant pour les fans de gore, on sait ce qu’on va voir, et aussi pour le film. En effet, un film qui se veut extrême et qui réussi l’exploit de sortir en salle, sans censure et en décrochant la fameuse interdiction, c’est un peu le graal. Alors certes, il y aura forcément un manque à gagner, mais je ne doute pas que 1) il rentrera sans soucis dans son budget dérisoire (2,5 millions de dollars, soit le budget sopalin de n’importe quelle production Blumhouse) et 2) le film se fera une seconde jeunesse en streaming et en physique.

Cela évacué, parlons du film en lui-même. Soyons clair d’entrée de jeu, si vous n’avez pas aimé les précédents opus, celui-ci ne vous réconciliera pas avec la franchise. Par contre si vous avez apprécié les films précédents, bah, il y a fort à parier que ce nouvel opus vous séduira car il combine les qualités du 1 et du 2 en gommant au passage de nombreux défauts.

Si je devais décrire Terrifier 3 en un mot se serait : généreux. Quand on regarde certains films, on a du mal à comprendre où est passé le budget. Pas là. Le film a couté dix fois plus que son prédécesseur ? Ben Damien Leone vous balance dix fois plus de gore. On sent que le réalisateur s’éclate, en même tant qu’il éclate son casting. Terrifier 3 nous offre un déluge d’effets spéciaux craspecs, tout à la main s’il vous plaît, Leone venant du maquillage à la base, (notons d’ailleurs un cameo de l’immense Tom Savini) et ancrant un peu plus son personnage principal comme une icône de la culture pop, Art rejoignant en trois films (4 si l’on compte All Hallow’s Eve) les plus grands boogeyman du cinéma.

 

Le film en deux heures nous offre un bodycount très généreux, avec son lot de scènes choc, dont trois particulièrement se démarquent, se hissant au niveau de la fameuse scène de « la chambre » du 2 ou de la scie du 1.

Car oui, Terrifier 3 est une boucherie. Il est gore. Extrêmement gore. Mais, comme je l’avais dit pour le 2, son gore est inoffensif. Sa violence est tellement grand guignolesque, qu’elle se rapproche plus du cartoon que celle de films plus underground.

Oui, c’est graphique, oui, ça gicle, mais non, ça ne traumatise pas.

Déjà, parce qu’il y a ce côté trop énorme pour être vrai, et aussi parce que l’humour est toujours présent. Un humour toujours méchant et grinçant, mais néanmoins bel et bien là, ce qui adoucit clairement la pilule à avaler.

Cependant, le film est également plus sérieux dans son traitement (on sent quand même bien le gap de budget) et par moment il sait créé une bonne tension horrifique.

Le film continue d’explorer sa mythologie mais reste toujours nébuleux malheureusement, gageons que le 4 d’ores et déjà prévu rendra le tout plus cohérent. Le jeu des acteurs est également assez inégal.

Le film outre ses scènes gores dont les trois que j’ai évoqué (à savoir, la scène d’introduction, qui nous montre qu’Art n’aura pas de pitié envers les enfants (ce qu’on savait déjà, mais qui est là confirmé, la scène de la douche, teaser dans les trailers et qui est effectivement bien barbare, Leone s’amusant toutefois à inverser la tendance de ceux qui le traite de misogynie, et la scène du tuyau et du rat.) nous offre une vraie continuité du 2 avec le retour de Sienna et de son frère Johnathan.

Si, Sienna (dont le père est carrément interprété par Jason Patrick) continue d’entretenir le mystère sur ses capacités et reste la final girl, contre Art et sa complice (voir plus, on se demande qui tire les ficelles…) Johnathan lui, meurt étrangement hors champs, ce qui laisse la possibilité à nombreuses interprétations.

Bref, si vous voulez voir un film bien gore, bien violent, et bien méchant, mais in fine totalement inoffensif, courrez voir Terrifier 3, de loin le meilleur opus de la saga pour l’instant. Soutenons les artisans généreux du cinéma comme Damien Leone. Et félicitons-nous que des films aussi mainstream trouvent leur place dans nos cinémas.