Après le succès retentissant des Petits mouchoirs en 2010 (plus de 5 millions d’entrées), la bande d’amis revient ce mercredi sur nos écrans… Vu en avant-première, voici ce que j’en ai pensé.

Des situations moins prévisibles

J’avais plutôt bien aimé le premier opus, même si, contrairement à une grande majorité du public qui parlait même de film générationnel, je n’avais pas été transcendé. La première des raisons de mes réserves venait de la grande prévisibilité de l’intrigue. Dès le début, je m’attendais à la mort de M’sieur Dujardin, et rien ne m’avait semblé très original dans le film.

Ici, le film va plus loin et réserve son lot de surprises. Monsieur Cotillard a pris son temps pour sortir une suite intéressante, avec quelques nouveaux personnages, notamment José Garcia qui vient apporter une petite touche sympa, sans tout chambouler. Le principal arc narratif est centré sur le personnage de Max et on assiste à pas de moments auxquels on ne s’attend pas forcément.

L’émotion mieux gérée

Les Petits mouchoirs portait un titre qui annonçait la couleur, mais à force d’en faire des tonnes au niveau émotions, le film ne m’en avait procuré quasiment aucune. Dans « Nous finirons ensemble », Guillaume Canet semble aller mieux et ne tombe pas dans le pathos facile. Il a réussi à passer le cap difficile de la quarantaine (cf « Rock’n Roll) et propose un long-métrage mieux équilibré entre comédie et drame.

Autant bon nombre de situations sont assez rudes dans le fond, autant chaque scène plus dramatique est désamorcée grâce à un humour bienvenu et qui fait mouche. Les personnages secondaires jouent leur rôle à leur perfection (à l’image de la nounou ou du jeune Ilan Debrabant qui interprète brillamment le fils de Marion Cotillard) et il se dégage du film une vraie tendresse. Comme s’il avait fallu passer par des moments difficiles pour arriver à une certaine forme de sérénité toute relative.

Des personnages qui évoluent

Dernier gros point qui avait limité mon plaisir en 2010 : pour un film centré sur les personnages, j’avais trouvé que ces dits-personnages évoluaient très peu tout au long du film. Neuf ans après, on peut dire que le réalisateur a pris son temps et qu’il a eu raison. En s’appuyant sur chacun de ses acteurs (on dit qu’ils lui ont renvoyé assez violemment la première proposition de scénario), il nous propose une galerie de personnages plus approfondis.

J’ai trouvé la plupart des acteurs plus nuancés dans leur jeu. Un Laurent Lafitte très frais (lui qui enchaine souvent des rôles plus durs, comme dans le récent et magnifique « L’heure de la sortie »), une Marion Cotillard qui s’écarte aussi de ses registres habituels, un Gilles Lellouche qui fait mouche, une Pascale Arbillot qui a bien changé, un François Cluzet beaucoup plus subtil et donc beaucoup plus touchant.

Les bons ingrédients toujours là

Ajoutons que si cette suite a réussi à gommer les petits défauts du deuxième meilleur box office 2010 (derrière Harry Potter 3), il a su garder tous les bons ingrédients de ce film de potes où les vannes s’enchainent avec férocité et bienveillance. Cette suite a tout à fait sa place : « Nous finirons ensemble » n’a pas du tout le côté réchauffé d’un « Bronzés 3 » par exemple.

Après le succès de son pote Lellouche avec le Grand Bain, Canet réussira-t-il à dépasser le box office de « Mais qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu ? », histoire de s’assurer le César du public 2019 ?


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