La Belle et le Clochard (1955) de Clyde Geronimi, Wilfred Jackson et Hamilton Luske

 

Date de sortie : 22 juin 1955 (États-Unis), 14 décembre 1955 (France)
Réalisateurs : Clyde Geronimi, Wilfred Jackson et Hamilton Luske
Doubleurs principaux : Barbara Tissier, Guillaume Lebon, Gérard Hernandez, Roger Carel
Genre : Animation, romance
Nationalité : Américain
Compositeur : Oliver Wallace

Naissance d’une toute nouvelle princesse !

Premier film Disney basé sur une nouvelle (Happy Dan the Whistling Dog de Ward Greene) encore non publiée à l’époque de l’achat de ses droits d’adaptation, La Belle et le Clochard constitue une étape importante dans l’histoire du studio pour plusieurs inaugurations. Il s’agit en effet de son premier long métrage à utiliser le format d’image CinemaScope et à bénéficier du son stéréo, en plus de marquer la première distribution par Buena Vista Pictures créée en 1954. Au lieu d’adapter une œuvre préexistante, Disney développe également une histoire originale autour de la nouvelle de Ward Greene. Le scénario se déroule dans le riche foyer d’un jeune couple de Nouvelle-Angleterre, lors d’un Noël durant lequel Jim offre à sa femme Darling une adorable petite chienne qu’elle baptise Lady. Devenant rapidement adulte, elle vit à travers l’amour de ses maîtres et la compagnie de chiens voisins qui deviennent rapidement les personnages principaux.

« As-tu remarqué que depuis que nous avons Lady, nous lisons de moins en moins de mauvaises nouvelles ? »
Le chamboulement de toute une vie !

Six ans avant Les 101 Dalmatiens, les chiens sont alors mis à l’honneur et illustrés par l’intermédiaire de plusieurs races. Si le cocker anglais représente une certaine idée de l’aristocratie à travers Lady, Jock est un terrier écossais relativement vif à l’inverse de son compagnon César, vieux Saint-Hubert qui ne cesse de demander aux autres s’il leur a déjà parlé de son grand-père. Peg est une pékinoise largement distinguée malgré son pelage sali par la rue tandis que Clochard est volontairement un chien croisé pour mieux marquer sa différence avec Lady. Pourvu de trois séries de doublages différents, le film comporte plusieurs voix de renom comme Barbara Tissier (Anastasie dans Cendrillon, Jessie dans Toy Story 2, Ranma fille et Bambou dans Ranma ½) pour Lady, Guillaume Lebon (Aladdin dans Le Roi des Voleurs, L dans Death Note) pour Clochard, Michel Papinesch (John Smith dans Pocahontas, Mortimer dans Blake et Mortimer), Gérard Hernandez (Grand Schtroumpf, Myster Mask, Iznogoud) pour Joe le cuisinier et Roger Carel (Kaa dans Le Livre de la Jungle, Jiminy Cricket dans Pinocchio, le Chat de Cheshire dans Alice au Pays des Merveilles) pour Bull le bull-dog.

La panoplie de chiens s’élargit encore à la fourrière.
Quoi de mieux que des queunottes de castor pour briser une muselière ?

Afin de maintenir la vue à sa hauteur, les plans sont réalisés à basse perspective et les visages de Jim et Darling apparaissent rarement à l’écran. Dorlotée dès sa première nuit qu’elle termine sur le lit de ses maîtres, Lady se dévoile d’emblée comme une héroïne attachante. Plusieurs événements arrivent ensuite pour illustrer l’entrée à l’âge adulte avec les thèmes du délaissement et de la jalousie. Le changement de comportement de ses maîtres à son égard annoncent rapidement la naissance d’un bébé, qui prend alors une place jusqu’ici exclusivement occupée par Lady. Le départ en voyage du couple chamboule d’autant plus ses habitudes qu’elle se retrouve à la niche avec une muselière suite à une altercation avec les terrifiants siamois de tante Sarah, venue garder le bébé, accompagnée par la chanson la plus envoutante du long métrage.

Un disney qui sait aussi passer par toutes les émotions.

Affolée par un tel traitement, elle s’enfuit de la maison et se retrouve face à trois chiens errants avant d’être sauvée par Clochard. Elle découvre alors la liberté à l’occasion d’un romantique dîner aux chandelles offert par des cuisiniers à l’accent italien un tantinet prononcé sous une belle reprise de la chanson « Belle Nuit ». Un clivage apparaît alors entre le confort de la vie domestique et la rudesse de la vie urbaine tandis que Lady est attrapée par la fourrière et apprend des choses qui ne lui plaisent pas sur celui dont elle s’est éprise. Malgré des difficultés et un passage relativement triste, le scénario se termine gaiement dans la tendresse à laquelle ses débuts nous avait habitués. Relativement critiqué malgré une qualité d’animation évidente mais grand succès critique à son époque, La Belle et le Clochard obtient une suite en 2001 directement en vidéo, ainsi qu’une adaptation live en 2019 pour la sortie de la plateforme Disney+.

Emmanuel Delextrat

Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j'ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La soupe aux choux, mais aussi de nombreux dessins animés (courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo ; longs métrages Disney avec Alice au pays des merveilles en tête ; animés japonais avec Sailor Moon et Dragon Ball Z ; j'aime aussi particulièrement Batman et Tintin). Mes années 90 ont été bercées par les comédies de Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête), ou d'autres films que j'adore comme Les valeurs de la famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à tout prix). C'est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par The Dark Knight, Casino Royale, Dragon l'histoire de Bruce Lee ou encore Rambo. Collectionneur, j'attache de l'importance au matériel et j'ai réuni deux étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Il va sans dire qu'il m'en reste encore beaucoup à voir...

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