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Emmanuel Delextrat

Emmanuel Delextrat
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Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…

Super Nintendo : la reine de la 2D célèbre ses 35 ans !

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header 35 ans super nintendo

Date de sortie : 21 novembre 1990 (Japon), 23 août 1991 (Amérique du Nord), 11 avril 1992 (France)
Fabricant : Nintendo
Concepteur : Masayuki Uemura
Génération de console : Quatrième

Nationalité : Japonaise
Unités vendues : 49,10 millions
Fin de production : 25 septembre 2003
Meilleure vente : Super Mario World (21,61 millions)

Le début d’un âge d’or pour
la quatrième génération de consoles

image line up 1990 super nintendo
Une entrée fracassante dans la guerre des 16-bit !

Il y a déjà 35 ans, la tant attendue Super Famicom débarquait au Japon dans un véritable raz-de-marée, trois ans après la PC Engine de NEC et deux ans après sa concurrente directe, la Mega Drive de Sega. Bien plus performante que ces dernières avec une plus grande capacité d’affichage de couleurs et de sprites, un processeur sonore supérieur et le fameux mode 7 qui imite des effets en trois dimensions, elle s’arrache au Japon dès le 21 novembre 1990 au prix de 25 000 yens (environ 200€). Novatrice pour sa manette passant de deux à quatre boutons en plus des deux gâchettes proposées par Shigeru Miyamoto, elle possède un des line-up les plus mémorables de tous les temps malgré la présence de seulement deux jeux. Successeur de la trilogie Super Mario Bros. sortie sur NES, Super Mario World peut en effet se targuer d’être un des jeux de plates-formes les plus qualitatifs de l’histoire avec sa carte du monde aux multiples chemins, ses sorties secrètes conduisant à de nombreux niveaux cachés, son système d’envol plus abouti, ses maisons hantées et surtout l’apparition de la monture Yoshi. À ses côtés, F-Zero fait office de vitrine technique avec ses courses futuristes effrénées profitant d’un rendu immersif du mode 7.

La fin de l’année 1990 continue de fleurir sur Super Famicom avec ActRaiser, jeu atypique qui témoigne déjà de la patte narrative et artistique du studio Quintet en alternant astucieusement des phases de gestion et d’action plates-formes sous un scénario enchanteur. On trouve aussi le simulateur aérien Pilotwings qui exploite encore plus le mode 7, un portage du Populous de Peter Molyneux et le jeu d’action en vue aérienne SD The Great Battle, qui rassemble des personnages d’Ultraman, Kamen Rider et Gundam. Deux autres jeux viennent directement de l’arcade : une version modifiée du shoot’em up horizontal Gradius III ainsi que l’illustre beat’em up Final Fight, pourvu d’une très belle réalisation malgré quelques censures mais amputé du personnage de Guy, du niveau de Rolento et du mode deux joueurs à cause des ressources limitées des cartouches pour un tel jeu d’action en temps réel affichant de gros sprites.

 

Des hits qui s’enchaînent
à une vitesse vertigineuse

image 1991 super nintendo
Une ludothèque en passe de devenir légendaire.

Les éditeurs multiplient les sorties sur Super Famicom en 1991 avec des genres variés comme HAL’s Hole in One Golf, une adaptation du jeu de gestion SimCity, une version plus complète du jeu de course Big Run originaire de l’Arcade, le jeu de mahjong Shodan Morita Shougi et Ultraman Towards the Future, connu pour être un des jeux de combats les plus risibles de la machine. Les jeux d’aventure commencent déjà à se multiplier avec une adaptation d’Ys III Wanderers from Ys, le jeu de rôle Drakkhen issu de l’Amiga, le J-RPG Gdleen adapté de l’animé éponyme et l’entraînant Goemon The Legend of the Mystical Ninja. De son côté, Final Fantasy IV fait passer la saga dans une tout autre dimension avec l’apparition des jauges ATB en combat, un système de jeu plus intuitif et abouti, de nombreux personnages jouables et un scénario bien plus développé que ses prédécesseurs.

Outre de nombreux jeux de sport dont Battle Dodge Ball qui se déroule dans l’univers de Gundam, la Super Nintendo enrichit son catalogue de shoot’em up avec Darius Twin, un Super R-Type qui reprend une partie de R-Type II pour y ajouter plusieurs nouveautés et surtout l’excellente adaptation du manga Area 88, connue en Occident sous le nom d’UN Squadron, qui améliore fortement la formule de la version Arcade en proposant le choix entre plusieurs niveaux et un système d’achat d’avions pouvant chacun utiliser des attaques différentes. Le 23 août 1991, la console paraît en Amérique du Nord sous le nom de Super NES pour 199 dollars avec un line-up alléchant composé de Super Mario World, F-Zero, Gradius III, Pilotwings, et SimCity.

Tandis que la sortie européenne se fait toujours attendre, les jeux continuent d’arriver avec le jeu de course en vue isométrique Radical Psycho Machine Racing, un portage du jeu d’arcade Super Off Road ainsi que des adaptations des jeux Amiga Lemmings et Paperboy 2. Outre le jeu de gestion SimEarth The Living Planet originaire du PC, d’autres portages issus de micro-ordinateurs interviennent comme le jeu de stratégie Romance of the Three Kingdoms II, le jeu de rôle Dungeon Master, le jeu d’action aventure Lagoon et le jeu de basket Bill Laimbeer’s Combat Basketball. Quelques jeux de sport sortent également du lot tels que Super Tennis, Super Soccer, World League Soccer et sa vue aérienne, le jeu de football américain issu de la Mega Drive John Madden Football et le jeu de catch Super Fire Pro Wrestling.

Genre phare au début des années 90, le jeu de plateforme obtient de nouvelles références avec Super Wagyan Land, une adaptation du jeu d’arcade Joe & Mac, Smart Ball où on contrôle une boule pouvant se déformer ainsi que Spanky’s Quest, jeu de plates-formes réflexion originaire de la Game Boy. De nouveaux shoot’em up se joignent aux précédents avec D-Force, HyperZone qui utilise le mode 7, une adaptation de Thunder Force III nommée Thunder Spirits et deux autres titres issus de l’Arcade : Super Earth Defense Force et Raiden Trad. On peut aussi citer le jeu d’échecs The Chessmaster, le jeu de stratégie Nobunaga’s Ambition Lord of Darkness, une adaptation à l’intérêt limité de Maman j’ai raté l’Avion ou encore Super Ninja Boy, RPG mêlant action directe et combats au tour par tour.

Les véritables hits arrivent en fin d’année en commençant par deux grands classiques de l’action plates-formes : Super Ghouls’n Ghosts, troisième épisode de la saga de Capcom spécialement conçu pour la Super Famicom ainsi qu’un Super Castlevania IV impressionnant présenté au Japon comme un remake de l’opus fondateur. Outre un portage du puzzle-platformer Lemmings, c’est la sortie du mythique The Legend of Zelda A Link to the Past qui rameute les foules, améliorant drastiquement la formule du premier jeu sur NES par une excellente carte du monde à deux facettes, un panel d’objets impressionnant, de nouvelles mécaniques de jeu et un scénario détaillé plongeant le joueur au cœur de la légende.

Plutôt méconnu aujourd’hui, Soul Blazer est un RPG enivrant à découvrir d’urgence !
Nommé Super Probotector en Europe, Contra III symbolise la quintessence du run’n gun sur console.

L’année 1992 débute sous le signe du RPG avec Dragon Ball Z Legend of the Super Saiyan, Romancing SaGa de Squaresoft et surtout l’excellent Soul Blazer d’Enix, qui consiste à recréer des zones entières du monde et à faire revenir ses habitants en affrontant des portails d’ennemis dans un univers à la fois épique et poétique. La saga Contra obtient également un troisième épisode officiel avec Contra Spirits, un titre ultra nerveux faisant partie des meilleurs représentants du genre du run’n gun. La Super Nintendo arrive enfin en France le 11 avril 1992 au prix de 1290 Francs avec Super Mario World et F-Zero au line-up, mais aussi Super R-Type, Super Soccer et Super Tennis. L’Europe rattrape alors rapidement son retard avec le portage des nombreux jeux déjà sortis en import tandis que les hits continuent de s’enchaîner, offrant à la Super Nintendo une ludothèque d’anthologie à faire pâlir la Mega Drive de Sega, pourtant loin d’être avare en titres de qualité.

Une compilation mythique remakant les trois Mario de la NES, en plus du Super Mario Bros. 2 japonais à l’époque inédit en Occident.
Après six Mega Man très similaires sur NES, Mega Man X atteint des sommets en faisant évoluer le gameplay de la saga en plus d’une petite claque graphique.

Avec essentiellement quatre ans de vie majeure, la Super Nintendo a su symboliser l’âge d’or de la 2D avec de grandes références pour chaque genre de jeux. La plateforme d’abord avec la compilation Super Mario All Stars, Donkey Kong Country, un superbe remake de Prince of Persia de Jordan Mechner, Skyblazer, Mega Man X, mais aussi de nombreux jeux tirés de bandes dessinées et de dessins animés comme Astérix, Les Schtroumpfs, Tintin au Tibet, Tiny Toon Adventures Buster Busts Loose, Les Aventures de Batman et Robin, The Pagemaster, ou encore le redoutable Addams Family Pugsley’s Scavenger Hunt. Les jeux Disney ne sont pas en reste avec l’excellent Mickey Mania, Le Livre de la Jungle, La Belle et la Bête, Le Roi Lion, la trilogie The Magical Quest, le superbe Aladdin de Shinji Mikami sans oublier le singulier Goof Troop, qui mixe action et puzzle dans un jeu coopératif en vue aérienne.

Pas toujours évident à prendre en main, ce Batman & Robin reste un véritable régal pour les fans de la série animée de Bruce Timm et Paul Dini !
La version ultime (ou presque) du légendaire jeu de combat avec quatre nouveaux personnages, des coups spéciaux supplémentaires et plusieurs modes de jeu.

Genre phare depuis le portage du surpuissant Street Fighter II et ses upgrades, le versus fighting multiplie les références avec la trilogie Mortal Kombat, des portages SNK tels Fatal Fury, Art of Fighting, Samurai Shodown et World Heroes, sans oublier les Dragon Ball Z Super Butoden, marquants pour leurs arènes élargies et leurs combats à distance à coups de Kamehameha. Côté beat’em up, les adaptations de dessins animés, films et super sentai sont multiples avec Tortues Ninja Turtles in Time, Sailor Moon, Batman Returns et Power Rangers, en parallèle des références que sont Legend, Battletoads in Battlemaniacs, Return of Double Dragon, The Ninja Warriors The New Generation et la trilogie Final Fight.

Marquant pour son mode histoire à ambranchements multiples, on se souvient aussi de La Légende Saiyan pour sa traduction française à mourir de rire (« Un pirate, ça va être le pied !« ).
Premier RPG pour beaucoup de joueurs occidentaux, Seiken Densetsu 2 fut un véritable coup de cœur.

Ayant des éditeurs comme Square et Enix de son côté, la Super Nintendo s’auréole de grandes références du RPG et de l’action aventure. En Europe, hormis le tout juste correct Mystic Quest Legend, il s’agit essentiellement d’action RPG avec des titres d’anthologie comme Secret of Mana, Secret of Evermore, Soul Blazer, Illusion of Time et Terranigma. En import, les Final Fantasy IV à VI transportent la saga vers un début d’âge d’or, Dragon Quest V et VI s’accompagnent de remakes des trois premiers épisodes de la NES, tandis que de nouvelles licences naissent avec Breath of Fire, Tales of Phantasia et Star Ocean.

La quintessence du savoir-faire d’Enix avec ce jeu d’aventure haletant à la narration poétique.
Dézinguer du cow-boy à longueur de niveau : le fun à l’état pur !

Si les shoot’em up de la Super Nintendo subissent souvent des ralentissements à cause des limites de son processeur, les bons titres ne manquent pas à l’appel à l’image de Parodius, R-Type III, Super Aleste, Axelay, sans oublier StarWing qui profite de la puce Super-FX. Terriblement jouissifs, les run’n gun procurent de superbes sensations de jeu avec le diptyque Pocky & Rocky, un Wild Guns explosif, l’original The Firemen et l’excellent Sunset Riders. Outre des puzzle-games comme la compilation Tetris & Doctor Mario, Bust-A-Move et Kirby’s Ghost Trap, la console accueille toutes sortes de jeux originaux comme Super Punch-Out, Kid Klown in Crazy Chase, l’exceptionnel Super Metroid et Micro Machines, sans oublier les génialissimes Super Bomberman, avec leur mode aventure jouable eu duo et les battles royales endiablés en arène. S’il ne fallait retenir qu’un seul jeu de course dans toute sa ludothèque, ce serait évidemment Super Mario Kart !

Ayant obtenu des ventes mitigées à cause de sa sortie tardive sur la console, Super Metroid demeure une véritable perle de game design.
Terriblement culte parmi les jeux développés par Rareware, Killer Instinct impose son système de combos dans un univers sombre relativement léché.

Tandis que la cinquième génération arrive à la fin de l’année 1994 avec la PlayStation et la Saturn, ces dernières ont bien du mal à obtenir des titres convaincants en 3D et comptent les bons jeux en 2D sur les doigts d’une main. En pleine force de l’âge, la Super Nintendo continue d’agrémenter sa ludothèque avec Earthworm Jim, Demon’s Crest, Hagane, Mega Man 7, Donkey Kong Country 2, Killer Instinct, Castlevania Vampire’s Kiss, l’impressionnant Yoshi’s Island ainsi que plusieurs RPG tels Front Mission, Seiken Densetsu 3 (désormais connu sous le nom de Trials of Mana depuis sa sortie occidentale officielle en 2019) et l’excellent Chrono Trigger.

Profitant des atouts de la Super FX-2, Yoshi’s Island met une claque aux autres productions de 1995 avec son game design qui se renouvelle sans cesse.
Un partenariat abouti entre Nintendo et Squaresoft.

En 1996, les sorties de la Super Nintendo freinent tandis que la PlayStation gagne du terrain avec un nombre grandissant de hits. Mais la 16 bits résiste encore avec Dragon Ball Z Hyper Dimension, Street Fighter Alpha 2, Super Mario RPG, Rudra no Hihou, Super Bomber Man 4 et Donkey Kong Country 3. La Nintendo 64 arrivant le 23 juin 1996, les nouveautés Super Nintendo se font de plus en plus rares l’année suivante. Notons tout de même la sortie de Super Bomber Man 5, Lucky Luke, Kirby’s Dream Land 3, Harvest Moon, Rockman & Forte et Fire Emblem Thracia 776 jusqu’à Metal Slider Glory director’s cut le 29 novembre 2000, année de sortie de PlayStation 2. Avec 49 millions d’unités écoulées et un arrêt de production en 2003, la Super Nintendo a fortement marqué son époque au point d’attiser la curiosité des joueurs lors des débuts de l’émulation sur PC et de faire revivre sa ludothèque trois ans plus tard sur la console virtuelle de la Wii.

The Dark Knight, de Christopher Nolan

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image header the dark knight

 

Date de sortie : 18 juillet 2008 (Amérique du Nord), 13 août 2008 (France)
Réalisateur : Christopher Nolan
Acteurs principaux : Christian Bale, Heath Ledger, Aaron Eckhart, Maggie Gyllenhaal
Genre : Super-héros, action
Nationalité : Américain
Compositeurs : Hans Zimmer, James Newton Howard 

« Je crois que tout ce qui ne nous tue pas nous rend simplement plus… bizarre ! »

Trois ans après un Batman Begins très réussi, la trilogie de Christopher Nolan atteint son apogée avec The Dark Knight, métaphore lourde de sens pour l’homme chauve-souris qui va lui-même remettre en cause sa légitimité face à la nouvelle menace qui pèse sur la ville. Toujours épaulé par Jim Gordon, Alfred et Lucius Fox, il trouve un nouvel allié en la personne du procureur Harvey Dent, interprété par Aaron Eckhart (The Pledge, Les Disparues, Le Dahlia Noir). Parvenant à démanteler les activités de mafieux comme Salvatore Maroni, il est présenté comme le chevalier blanc de Gotham City, à l’opposé de Batman qui, avec son statut de chevalier noir, ne peut combattre le crime qu’en étant masqué. Chaînon manquant entre les deux hommes pour sa relation avec Harvey et ses sentiments envers Bruce toujours présents, Rachel est cette fois-ci jouée par Maggie Gyllenhaal (Donnie Darko, Le Sourire de Mona Lisa, World Trade Center), Katie Holmes ayant dû lui laisser sa place à cause de son mariage avec Tom Cruise.

« Tu te souviens de cette conversation où tu m’as parlé du jour où Gotham n’aurait plus besoin de Batman : ce jour est proche. »
« Pourquoi ce regard si sérieux ! »

Une des premières scènes du film fait étrangement le lien avec le précédent, tandis que trois hommes déguisés en Batman tentent d’appréhender une rencontre entre l’Épouvantail et des gangsters. Si l’on peut douter de la réelle utilité d’un tel passage, il a au moins le mérite de commencer à questionner l’éthique de l’homme chauve-souris lorsque les imposteurs lui demandent de quel droit il se permet d’agir ainsi. C’est pourtant bien la séquence finale de Batman Begins qui annonçait le grand retour du Joker dans une introduction éclatante où chaque clown masqué tente de doubler les autres. Brillamment interprété par Heath Ledger (Les Frères Grimm, Le Secret de Brokeback Mountain), ce dernier se distingue fortement du gangster qu’incarnait Jack Nicholson en 1989 par son allure nonchalante, son faciès négligé, son imprévisibilité et l’intelligence redoutable avec laquelle il contrôle les rues de Gotham City.

« Soit on meurt en héros, soit on vit assez longtemps pour se voir endosser la peau du méchant. »

Pour accentuer la descente aux enfers d’Harvey Dent et la contestation des agissements de Batman, Christopher Nolan s’est inspiré du comics The Killing Joke, dans lequel le Joker prétend que n’importe qui peut basculer dans la folie suivant de telles circonstances. L’idée qu’un défenseur compulsif comme Batman attire effectivement le crime remet alors en cause sa légitimité, lui-même déclarant Dent comme étant le plus fort d’entre eux, ce pourquoi le Joker s’en est pris à lui afin de le détruire tout en supprimant Rachel. Devenant ainsi un Double Face bien plus crédible et dangereux que l’était Tommy Lee Jones en 1995, sa rivalité avec Bruce Wayne pour le cœur de Rachel se transforme alors en rivalité pour l’épuration des rues de Gotham City. Sa présence en tant que procureur donne l’opportunité à Nolan de bien construire son personnage avant de le voir basculer dans la haine, symbolisée par sa face gauche à la chair apparente et à l’œil exorbitant, brillamment dévoilée après un hors champ de plus d’une minute.

« Lorsque je te parlais de nous retrouver quand Gotham n’aurait plus besoin de Batman, j’étais sincère. Mais aujourd’hui j’ai la certitude que c’est toi qui ne pourras jamais te passer de lui. »
« Le monde est cruel, et la seule chose morale dans un monde cruel, c’est le hasard impartial, équitable, juste. »

Stoppé par Batman après avoir tenté de rendre les citoyens responsables de l’explosion de bateaux abritant des citoyens d’une part, des condamnés d’autre part, le Joker devait pourtant réapparaître dans le dernier film de la trilogie. De même, la métamorphose de Dent en Double-Face devait survenir lors d’un procès du Joker, le décès d’Heath Ledger six mois avant la sortie du film ayant contraint Nolan à modifier le scénario. Le final reste brillant tandis que Batman choisit d’endosser la responsabilité des meurtres commis par Harvey Dent afin de lui présager une réputation de héros aux yeux des habitants. Chant du cygne d’Heath Ledger et véritable tour de force pour Aaron Eckhart qui signe un Double Face terrifiant sur ses dernières minutes, The Dark Knight est un réussite à tous les niveaux, et un tel succès qu’il est le quatrième film de l’histoire à dépasser le milliard de dollars de recette. Avec un final aussi puissant, The Dark Knight Rises ne pouvait partir que sur les meilleures bases…

« Parce qu’il est le héros que Gotham mérite, mais pas encore celui qu’il faut à ses citoyens. Alors on va le traquer, car il est capable de l’endurer. Parce que ce n’est pas un héros, c’est un ange gardien silencieux, un protecteur vigilant, un chevalier noir. »

Sean Connery : hommage au célèbre interprète de James Bond, décédé à l’âge de 90 ans

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Un martini sec avec une larme de vodka, mélangé selon votre goût et bien frappé

« Bond, James Bond. »

Tels étaient les mots adressés à James Bond dans Docteur No en 1962, premier rôle phare d’une longue lignée pour le légendaire Sean Connery, qui réinterprète l’agent dans Bons Baisers de Russie, Goldfinger, Opération Tonnerre et son remake non officiel Jamais Plus Jamais, On ne vit que Deux Fois et Les Diamants sont Éternels. Plus qu’un simple acteur qui ne se contente que des mêmes rôles, il joue en parallèle pour Hitchcock dans Pas de Printemps pour Marnie, le colonel Arbuthnot dans Le Crime de l’Orient-Express, obtient le premier rôle dans L’Homme qui voulut être Roi et Le Lion et le Vent, avant d’incarner Robin des Bois dans La Rose et la Flèche. Les années 1980 sont marquées par des rôles plus matures tels Guillaume de Baskerville dans Le Nom de la Rose, le formateur de Christophe Lambert dans Highlander, l’officier Jim Malone dans Les Incorruptibles aux côtés de Kevin Costner et d’Andy Garcia, ou encore le père d’Harrison Ford dans Indiana Jones et la Dernière Croisade.

Des rôles aussi variés que maîtrisés
« Peu importe qui sortira vainqueur, notre combat est sans fin : le perdant sera libéré du champ de bataille et le vainqueur y restera. »

L’homophonie de son patronyme avec le terme français « connerie » inspire alors une blague aux Inconnus lors de leur Télémagouille, tandis qu’Hideo Kojima utilise ses traits pour le personnage de Big Boss dans l’excellent Metal Gear 2 : Solid Snake. Durant les années 1990, il joue pour John McTiernan dans À la Poursuite d’Octobre Rouge et Medicine Man, incarne Richard Cœur de Lion lors du final de Robin des Bois Prince des Voleurs, revient pour la suite d’Highlander puis accompagne Ralph Fiennes et Uma Thurman dans l’adaptation cinématographique de la série Chapeau Melon et Bottes de Cuir. Ayant pris sa retraite avec brio dans La Ligue de Gentlemen Extraordinaires en 2003 et une dernière incarnation de James Bond dans l’adaptation vidéoludique de Bons Baisers de Russie en 2005, nul doute que Sean Connery laisse un souvenir impérissable à l’histoire du cinéma.

Casper, de Brad Silberling

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Date de sortie : 26 mai 1995 (États-Unis),
4 octobre 1995 (France)

Réalisateur : Brad Silberling
Acteurs principaux : Christina Ricci, Bill Pullman, Cathy Moriarty, Eric Idle
Genre : Fantastique
Nationalité : Américain
Compositeur : James Horner

« – Allez, une photo et nous disparaissons ! – Oui c’est bien ce qui me fait peur… »

Inspiré du court-métrage d’animation Casper le Gentil Fantôme réalisé par Izzy Sparber cinquante ans plus tôt, Casper fait partie des films cultes des années 1990 ayant une vocation familiale tout en mêlant l’humour à une portée dramatique et sentimentale. Le scénario part d’un vieux manoir hérité par l’effroyable Carrigan Crittenden, sous les traits de Cathy Moriarty (Raging Bull, Un Flic à la Maternelle), qui rechigne à s’en occuper avant d’apprendre qu’il renferme un trésor. Accompagné par son notaire Dibs, incarné par l’excellent Eric Idle des Monty Python, elle va tenter de faire exorciser les fantômes par tous les moyens. L’occasion d’entamer toute une série de clins d’œil à la figure des esprits dans l’histoire au cinéma, d’abord à travers le prêtre qui ressort du manoir la tête retournée comme dans L’Exorciste, puis en la présence du docteur Raymond Stantz de SOS Fantômes, qui détourne la principale réplique du film (« Qui c’est qu’on appelle ? Quelqu’un d’autre ! ») pour souligner son incapacité à agir.

D’effroyables faciès présageant l’agonie !
« Allez les mecs : la nuit est à nous ! »

Carrigan fait alors appel au parapsychologue James Harvey, joué par le sympathique Bill Pullman (L’Emprise des Ténèbres, Malice, Wyatt Earp), afin de chasser les fantômes du manoir et d’enfin accéder au trésor. Il y emménage alors avec sa fille Kathleen, interprétée par une Christina Ricci toujours aussi talentueuse depuis son rôle de Mercredi dans le diptyque La Famille Addams. Casper et Kat souffrant tous deux d’une profonde solitude, leur rapprochement va provoquer des situations aussi comiques que touchantes. L’humour est en effet très présent, notamment à travers les gags des oncles de Casper : Teigneux, Bouffi et Crado, ce dernier étant doublé par Gilbert Lévy (la série animée Batman, Dingo et Max). Leurs pitreries font aussi bien référence à la sorcière du Magicien d’Oz (« Je fonnnnnds ! ») qu’à l’arrivée des hélicoptères dans Apocalypse Now, avec « La Chevauchée des Walkyries » de Richard Wagner en musique de fond.

« Kat, si j’étais vivant, tu irais à la fête d’Halloween avec moi ? »
« Je vais te tuer, ta maman et toutes ses copines de bridge ! »

On trouve aussi des situations rocambolesques (la brosse à dent et le rasage automatique dans la machine réveille-matin) et des cris en gros plan chers aux années 90 pour surenchérir sur la peur des fantômes. Avec un acting qui rappelle fortement Robin Williams, Bill Pullman se montre souvent très drôle, son visage laissant notamment apparaître Clint Eastwood, Mel Gibson et le squelette des Contes de la Crypte lors d’une séquence culte. Premier long métrage dont le héros principal est entièrement réalisé en images de synthèse, Casper comporte en outre des effets spéciaux impressionnants, le petit fantôme prenant tour à tour la forme d’un oreiller, d’un œuf sur le plat, d’un accordéon et même de Superman en faisant référence à Terminator avec la célèbre réplique « Viens avec moi si tu veux vivre ! ».

« Et ça ! Je connais ça ! »

Au-delà de sa vocation comique et familiale, Casper excelle dans traitement du relationnel et du lien avec les morts, le docteur Harvey étant un personnage profondément bousculé par le décès de sa femme. Kat n’ayant donc plus de mère, cela fait écho à la situation de Casper, qui a continué de hanter la vie de son père au point que ce dernier invente une machine pour ramener les fantômes à la vie. Voir Casper retrouver ses jouets et recouvrer la mémoire de sa mort provoque une profonde émotion, ces instants mélancoliques étant brillamment valorisés par les compositions de James Horner, connu pour avoir œuvré dans de nombreux films tels Aliens Le Retour, Willow et Richard au Pays des Livres Magiques.

« – C’est un vrai scandale, c’est épouvantable : on paie ce monsieur pour chasser les fantômes de la maison et qu’est-ce qu’il fait ? – Il chasse les fantômes de la maison. – Exactement ! »
« Toi et Kat vous m’avez si bien aimée quand j’étais vivante que je n’ai pas d’œuvre inachevée : je t’en prie, ne fais pas de moi la tienne. »

Le docteur Harvey met efficacement en avant la solitude des fantômes en les considérant comme des êtres à part entière pouvant être tourmentés comme le seraient des êtres humains. Ses retrouvailles avec sa femme sont aussi émouvantes que quand on le voit devenir fantôme à son tour, puis un instant oublier Kat avant de se souvenir d’elle grâce à un signe qu’ils avaient l’habitude d’utiliser. Le rapprochement entre Kat et Casper temporairement redevenu humain est aussi touchant que drôle alors qu’il redevient fantôme avant de faire fuir les élèves avec un simple « Bouh ! » lors du bal d’Halloween. En justifiant la présence de esprits par le principe d’œuvres inachevées qui les empêcheraient de reposer en paix, Brad Silberling laisse une empreinte indélébile pour le tout premier long métrage de sa filmographie.

« Je t’ai dit que j’étais un bon danseur : tu restes avec moi ? »

Batman Un Deuil dans la Famille, de Brandon Vietti

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Date de sortie : 21 octobre 2020 (1h 04min)
Réalisateur : Brandon Vietti
Doubleurs VO : Bruce Greenwood, Vincent Martella, John DiMaggio, Zehra Fazal
Genre : Animation, super-héros
Nationalité : Américain
Compositeur : Christopher Drake

Une relation tumultueuse au destin inévitablement tragique

Dix années après Batman & Red Hood : Sous le Masque Rouge, Brandon Vietti revient à la réalisation pour une nouvelle adaptation de l’album Un Deuil dans la Famille, reprenant cette fois-ci le douloureux épisode de la capture de Jason Todd par le Joker. Curieusement, Warner Bros opte pour le format du film interactif, permettant au spectateur de choisir le destin de Robin et d’en apprécier les conséquences possibles pour aboutir à pas moins de sept fins différentes. N’excédant pas une heure toutes scènes alternatives confondues, le film reste de qualité grâce une animation et à une direction artistique toujours aussi sombres et maîtrisées.

Un Joker toujours aussi effrayant
Red Hood, personnage-clé du scénario

Le scénario semble malheureusement avoir été réduit au minimum tellement les différentes séquences sont rapides, donnant ainsi une étrange impression de résumé à un film qui aurait pu être excellent si la narration avait pris le temps de développer les personnages et les situations. Plus étrangement encore, les choix sont directement formulés comme les conséquences, au lieu de consister en une action de Batman ou de Jason qui provoquerait une issue surprise. Ainsi, il est clairement indiqué que si Robin ne meurt pas tel que c’est prévu dans le comics d’origine, il frôle la mort à moins que Batman ne le sauve de justesse.

Un petit air de Tommy Lee Jones ?

Malgré d’autres choix tout aussi divulgâcheurs, les suites possibles réservent de bonnes surprises dans un registre toujours plus tragique, telles que Bruce qui se retrouve camisolé après avoir été plongé dans le Lazare, des morts après explosion laissant des plans horribles sur les squelettes, ou encore Jason fier d’être en prison pour y faire régner sa vision de la justice. Outre la présence de Talia, Ra’s Al Ghul, Double Face ou Damian Wayne selon les fins, Tim Drake peut apparaître pour revêtir l’étrange forme d’un Batman Junior aux côtés de Jason. Un bon concept qui n’est pas sans rappeler les jeux vidéo Batman the Telltale Series et Batman L’Ennemi Intérieur, mais qui aurait vraiment mérité d’être approfondi.

Peninsula, de Sang-Ho Yeon

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Date de sortie : 21 octobre 2020 (1h 56min)
Réalisateur : Sang-ho Yeon
Acteurs principaux : Dong-won Gang, Jeong-hyeon Lee, Re Lee, Ye-won Lee
Genre : Épouvante, action
Nationalité : Sud-Coréen
Compositeur : Mowg

De très jolis panorama post-apocalyptiques

Quatre ans après la leçon de cinéma octroyée par l’excellent Dernier Train pour Busan, Sang-Ho Yeon réalise un nouveau film se déroulant quelques années plus tard dans le même univers avec une narration bien plus orientée action. Ne s’agissant pas réellement d’une suite, il met en scène de tous nouveaux personnages devant retourner sur la péninsule infestée de morts-vivants pour y récupérer une forte somme d’argent cachée dans des sacs à l’intérieur d’un camion. Ayant échappé au pire suite au souvenir douloureux de la mort d’une proche lors de la propagation du virus, l’ancien soldat Jung-seok redécouvre alors la terreur à travers les rues dévastées, bien trop calmes pour être si sûres.

Dernier bus pour Peninsula ?
Le parfait repaire de psychopathe

Loin d’égaler son prédécesseur, Peninsula possède un scénario bien plus classique à la The Walking Dead, dans lequel les protagonistes constatent que quand leur survie est en jeu, les humains peuvent être bien plus dangereux que les zombies, fussent-ils d’une virulence sans pareille. Le ton est lancé lorsqu’il refuse d’aider une famille dans le besoin tandis qu’il se dirige avec la sienne vers le train. Les survivants se regroupant en clans quatre ans plus tard, il faut qu’il retombe sur eux afin d’avoir l’occasion d’accomplir ce qu’il n’avait pas pu faire. Le duo formé par Dong-won Gang et Jung-hyun Lee s’avère au demeurant très efficace.

L’humanité des personnages parvient néanmoins à transparaître
Un antagoniste caricatural pas forcément utile

Si le scénario et l’empathie envers les personnages perdent en finesse, la réalisation reste maîtrisée et le scènes d’action, bien qu’assez poussives, se regardent aisément. Une surenchère que le réalisateur doit à Mad Max Fury Road, notamment pour la course-poursuite dont un comprend immédiatement l’inspiration. Re Lee et Ye-won Lee sont aussi très convaincants ans le rôle des enfants, notamment cette dernière qui montre une grande maîtrise de la voiture téléguidée dans une des meilleures scènes du film. Avec tant de bons points, il reste tout de même dommage que Peninsula ne soit pas la petite claque qu’il aurait pu être. On lui préférera Lucky Strike, sorti deux mois plus tôt.

Aline, de Valérie Lemercier

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Date de sortie : 15 octobre 2020 (avant-première), 11 novembre 2021 (France)
Réalisatrice : Valérie Lemercier
Acteurs principaux : Valérie Lemercier, Sylvain Marcel, Danielle Fichaud, Jean-Noël Brouté
Genre : Musical, comédie dramatique
Nationalité : Français
Compositeur : Pascal Mayer

Comédienne de bout en bout.

Véritable hommage à la vie de Céline Dion à l’instar de Rocketman pour Elton John, Aline est un biopic saupoudré de romance mettant en lumière l’ascension de la célèbre chanteuse québécoise avec beaucoup d’émotion. Valérie Lemercier (Les Visiteurs, Le Petit Nicolas, Astérix et Obélix au Service de Sa Majesté) y est à la fois réalisatrice et coscénariste, en plus de prêter ses traits au personnage principal dès ses premières chansons à l’âge de douze ans. Habituée à être sur scène et à interpréter des enfants, Valérie Lemercier est éclatante dans son jeu d’actrice. Considérant qu’il n’existe qu’une seule et unique Céline Dion, elle a fait le choix de la renommer Aline Dieu, tout comme ses proches bénéficient d’un autre nom dans le film.

Une rencontre qui allait bouleverser sa vie.
La future belle-mère, un obstacle de taille…

Benjamine d’une fratrie de quatorze enfants dans une bourgade du Québec, Aline est rapidement sensibilisée à la musique et son aisance pour le chant la place sous l’aile du producteur Guy-Claude, joué par le talentueux Sylvain Marcel. Leur idylle grandissante est astucieusement mise en avant, tandis qu’arrive rapidement le malaise de la perception des autres pour une relation amoureuse avec vingt-quatre ans de différence d’âge. La dramaturgie se mêle habilement à l’humour lors de nombreuses séquences durant lesquelles Aline essaie de faire comprendre à sa mère qu’elle n’est plus une enfant, et qu’elle ne peut pas faire semblant d’être celle qu’elle n’est pas.

Une romance florissante
Des plans resplendissants.

Pour conserver l’authenticité du biopic, et ce malgré les libertés prises pour romancer le tout (Aline qui réchauffe ses plats avec un sèche-cheveux), Valérie Lemercier a uniquement choisi des acteurs québécois, sans chercher des personnes particulièrement connues. De plus, elle imite elle-même l’accent avec beaucoup de sincérité et sans aucune surenchère. Les différentes scènes de sa vie personnelle sont entrecoupées par des chansons phare de l’artiste, incarnée sur scène avec des costumes fidèles et un public en émulsion. Brillamment interprétées par Victoria Sio, les titres de Céline Dion dynamisent le film avec maestria, de « Ce n’était qu’un rêve » à « Pour que tu m’aimes encore » en passant par « My heart will go on », thème principal du film Titanic.

La famille, valeur centrale du long métrage
La valeur d’une relation où on ne se consacre qu’à une seule personne.

Mais plus encore, c’est la justesse de l’interprétation de Valérie Lemercier que l’on retient. Enfant comme adulte, son perfectionnisme et sa détermination se ressentent de bout en bout. Ses difficultés sentimentales, notamment son impossibilité temporaire pour tomber enceinte qui lui provoque une extinction de voix, ne la rendent que plus humaine. La réalisatrice parvient à retranscrire toute l’humilité qui habite la chanteuse, qui se définit elle-même comme une femme bien « Ordinaire » dans un final musical époustouflant. Pour son sixième film, Valérie Lemercier marque les esprits comme jamais.

The Good Criminal, de Mark Williams

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Date de sortie : 14 octobre 2020 (1h 39min)
Réalisateur : Mark Williams
Acteurs principaux : Liam Neeson, Kate Walsh, Jeffrey Donovan, Jai Courtney
Genre : Thriller, action
Nationalité : Américain
Compositeur : Mark Isham

Une romance qui aurait mérité davantage de travail

Fidèle à lui-même quand il s’agit de casser la figure à tous ceux qui essaient de s’en prendre à ses proches, Liam Neeson (Les Veuves, Sang Froid, Men in Black International) tourne dans un énième thriller action dans lequel il campe le rôle de Tom, un cambrioleur de banques décidant de se ranger et de négocier une remise de peine avec le FBI, qui n’a jamais pu lui mettre la main dessus. Ayant rencontré Annie, sous les traits de Kate Walsh (Grey’s Anatomy, The Secret Man : Mark Felt), il souhaite mener une vie tranquille dépourvue de toute culpabilité par rapport à son passé. S’ensuit alors une véritable machination visant à l’inculper pour meurtre et récupérer les neuf millions de dollars qu’il comptait remettre aux autorités.

Comment se débrouille-t-il pour toujours se fourrer dans de pareilles situations…
Liam Neeson, le Chuck Norris des temps modernes !

Jai Courtney (Divergente, Terminator Genisys, Suicide Squad) et Anthony Ramos (A Star is Born, Godzilla 2 Roi des Monstres, Hamilton) constituent quant à eux un duo relativement convenu, avec le gentil qui accepte de magouiller mais pas trop, et le méchant prêt à tuer pour se faire une jolie retraite. Derrière cet amas de clichés se trouve néanmoins une critique intéressante d’un système dans lequel les fédéraux gagnent peu par rapport aux risques qu’ils prennent, tandis que les avocats s’engraissent en prenant la défense de malfrats. Le niveau remonte heureusement avec l’agent Meyers, interprété par le charismatique Jeffrey Donovan (Burn Notice, J. Edgar, Sicario), dont le background s’implante tellement bien à l’intrigue qu’il aurait mérité d’être approfondi.

Règle1 : toujours avoir un coup d’avance !
C’est qu’il a pris cher, le T-1000…

Même le personnage de Robert Patrick, revenu d’outre-tombe plus de vingt-cinq ans après Terminator 2 et sa chute de carrière due à son rôle nanardesque dans l’adaptation du jeu vidéo Double Dragon, arrive à imposer une certaine posture. S’il est loin d’être le meilleur film du genre dans lequel officie Liam Neeson, The Good Criminal tire son épingle du jeu grâce à des rebondissements qui peuvent surprendre. Des morts semblant prévisibles ne surviennent pas nécessairement et le scénario parvient à prendre une tournure intéressante, entre bombes fait maison et final relativement propre. Un film qui fait le job !

Avatar 5 de nouveau repoussé suite aux ravages du coronavirus

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Les fans redoutaient la nouvelle, elle vient pourtant d’arriver dans un capharnaüm fracassant : le cinquième volet de la saga Avatar est fermement reporté jusqu’à nouvel ordre. Jusque là prévu pour le 20 décembre 2028, la quatrième suite de ce que certains spécialistes appellent « le meilleur film de tous les temps » est bien parti pour patienter de longues années avant d’atteindre les salles de cinéma, si tant est qu’elles n’aient pas disparu entre temps comme l’aurait prédit l’illustre penseur Jean-Claude Van Damme. Un triste coup du destin qui vient rappeler qu’Avatar 2 se fait toujours attendre depuis déjà onze ans, grande époque de la révolution de la 3D relief et des lunettes en plastique. Mais intarissable face aux médias, James Cameron reste confiant pour une sortie en 2021, rassurant les fans en leur disant que malgré les morts toujours croissantes provoquées par le terrible Covid 19, « [il peut] toujours faire un peu de montage, même si ce n’est pas génial ».

Mr Mumble, de Michael Chow et Jun-Man Yuen

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Date de sortie : 10 octobre 1996 (1h 40min)
Réalisateurs : Michael Chow et Jun-Man Yuen
Acteurs principaux : Michael Chow, Françoise Yip, Jessica Hester Hsuan, Eric Kei Ka-Fat, Alex Ng
Genre : Comédie, action
Nationalité : Hongkongais
Compositeur : Simon Lui

Un peu trop axé humour, sachant que même cet aspect à faire sourire.

Près de quatre ans après une première adaptation déjantée portée par Jackie Chan, Nicky Larson effectue son retour dans le cinéma honkongais à travers une adaptation non officielle intitulée Mr Mumble. Ce dernier est joué par Michael Chow (L’Arme Fatale 4, les deux premiers Rush Hour), qui coréalise également le film à une époque où le cinéma coréen manque encore de moyens pour concrétiser toute son inventivité. Mumble y est un tireur d’élite des forces spéciales de la police de Hong-Kong, mais ses retards fréquents dus à ses penchants pour les jeunes femmes voluptueuses lui valent rapidement un licenciement. Croisant alors une belle à protéger de la mafia locale, il s’improvise alors détective privé dans des séquences plus ridicules les unes que les autres. Car oui, en plus du scénario qui met un sacré moment à décoller, le rythme est assez faiblard et le jeu d’acteur pas hyper convaincant.

Des antagonistes… charismatiques ?
Veste enlevée, débardeur apparent : ça ne rigole plus !

Mumble lui-même n’a la plupart du temps pas de charisme, les seules scènes d’action où il se décide enfin à se battre sortant vraiment du lot. Quant aux personnages emblématiques du manga, ils manquent pour la plupart à l’appel (Laura et Tony Marconi en tête), excepté Mammouth qui fait à peine mieux qu’un simple figurant, et une policière qu’on devine être Hélène Lombardi. Si la réalisation en dents de scie peine à faire retenir de réels bons passages (la ridicule poursuite de la voiture au ralenti), les doublages français en rajoutent une couche avec des dialogues médiocres contenant quelques insultes et autres grossièretés qui sortent de nulle part. Intéressant pour de rares effets (le focus sur son regard quand une fille est en danger) qui auraient mérité un meilleur enrobage, Mr Mumble reste relativement moyen et en l’état, difficile de dire qu’il fait mieux que son prédécesseur. Il faudra attendre l’adaptation de Philippe Lacheau pour obtenir, plus de vingt ans plus tard, une adaptation digne de ce nom du manga de Tsukasa Hojo.