Date de sortie : 27 février 1996 (Japon), 28 septembre 1998 (Amérique du Nord), 5 octobre 1999 (Europe)
Développeur : Game Freak
Concepteur : Satoshi Tajiri
Genre...
Date de sortie : 27 février 1996 (Japon), 28 septembre 1998 (Amérique du Nord), 5 octobre 1999 (Europe)
Développeur : Game Freak
Concepteur : Satoshi Tajiri
Genre...
Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…
Date de sortie : 28 août 2019 (1h 36min) Réalisateurs : Tyler Gillett et Matt Bettinelli-Olpin Acteurs principaux : Samaa Weaving, Adam Brody, Henry Czerny, Nicky Guadagni Genre : Épouvante, comédie Nationalité : Américain Compositeur : Brian Tyler
Une si belle innocence…
Habitués aux films d’horreur avec V/H/S, The Baby et 666 Road, Tyler Gillett et Matt Bettinelli-Olpin de la team Radio Silence récidivent avec Wedding Nightmare, thriller décomplexé dans lequel une jeune mariée interprétée par Samara Weaving doit jouer à un jeu dit traditionnel pour être acceptée dans sa belle famille. Il a fallu qu’elle tombe sur « cache-cache » pour que la partie se transforme en une véritable chasse à l’homme (mais sans John Woo… ni Jean-Claude Van Damme), la tradition familiale disposant que si par le plus grand des hasard c’est ce jeu-là qui était tiré au sort, la nouvelle venue devait être traquée puis sacrifiée suite à un rituel avant l’aube, sans quoi la famille serait anéantie.
Une famille tout ce qu’il y a de plus normal…Un terrain de jeu stimulant.
Non sans rappeler la saga American Nightmare, ce concept macabre rassemble sept membres familiaux (sans compter les enfants !) allant du bon père de famille un peu trop porté sur la religion au jeune marié qui ne sait plus ce qu’il doit faire, en passant par la vieille tante lugubre et le gendre qui cherche encore comment fonctionne son arbalète. Parmi les acteurs notables, on trouve Adam Brody (Mr & Mrs Smith, Scream 4, Shazam !), Henry Czerny (Mission Impossible, La Panthère Rose, L’Agence Tous Risques) et Nicky Guadagni (Cube, Silent Hill). Doté d’une narration des plus classiques et d’un scénario sympathique mais pas si original, le film se laisse regarder grâce à une bonne réalisation et à une intrigue proposant des scènes de tension efficaces.
Souvenez-vous bien que ce n’est qu’un jeu…La blonde contre-attaque !
L’esthétique est fortement imprégnée par le gore, les meurtres s’enchaînant à vitesse grand V et les giclées de sang se veulent de plus en plus courantes, le tout étant saupoudré par de nombreux extraits de musiques classiques très fortement mis en avant parle compositeur Brian Tyler, déjà derrière la soundtrack du sympathique Escape Game. Assez grave et sérieux de base, le scénario se prend de moins en moins au sérieux et plonge dans la surenchère et l’absurdité totales sur la fin. S’il s’agit d’un style comme un autre avec une héroïne qui devient une véritable warrior maniant (presque) parfaitement les armes, il reste dommage de voir passer autant d’insultes en réaction à l’horreur vécue. Un pur divertissement tout à fait honnête !
L’Écureuil Noir est de retour avec un guide complet de Kid Icarus, légende oubliée de la NES sortie en 1986 pourtant censée combiner les mécaniques de jeux des sempiternels Mario, Zelda et Metroid. Et son auteur n’est pas n’importe qui, souvenez-vous : la chaîne Nolife, l’émission Hidden Palace, … c’est bien du Docteur Lakav qu’il s’agit ! Il avait d’ailleurs remixé la musique cultissime de ce grand classique pour s’en servir comme générique.
Toujours est-il qu’il reste cinq jours avant la fin de la campagne Ulule, et nous comptons sur les amateurs pour partager en masse, voire contribuer s’ils sont intéressés, sachant que le guide est déjà terminé et qu’il sera envoyé en même temps que le guide des Zelda Oracles. Bien sûr, le titre est jouable sur le Nintendo Switch Online, et même sur la NES Mini sortie il y a deux ans. Si le nom de Pit ne vous dit toujours rien, sachez qu’il est présent dans la série Super Smash Bros, aux côtés de la déesse Palutena, redoutable quand elle est maîtrisée en tournoi. Et quelque chose me dit que tu auras un bon de réduction si tu contribues à la campagne, il suffit de suivre ce lien : https://fr.ulule.com/kid-icarus/
Date de sortie : 19 décembre 1986 (Japon), 1er juillet 1987 (États-Unis), 15 février 1987 (Europe) Développeur : Nintendo Concepteurs : Gunpei Yokoi, Satoru Okada
Genre : Action-RPG Nationalité : Japon Compositeur : Hirokazu Tanaka
Console : Nintendo Entertainment System
Date de sortie : 14 décembre 1990 (États-Unis), 10 avril 1991 (France) Réalisateur : Tim Burton Acteurs principaux : Johnny Depp, Winona Ryder, Dianne Wiest, Vincent Price Genre : Comédie dramatique, fantastique Nationalité : Américain Compositeur : Danny Elfman
Une simple et unique vision du monde extérieur.
Entre ses deux Batman, Tim Burton revient sur un projet plus personnel avec une mélancolie fantastique très marqué. Premier rôle de Johnny Depp chez l’illustre réalisateur, qui l’a fait connaître au grand public six ans après son passage dans Les Griffes de la Nuit, Edward aux Mains d’Argent conte la triste histoire d’un être créé mais qui, n’ayant pu être terminé, a des cicatrices sur le visage et des lames de ciseaux en guise de mains. Alors qu’une représentante en cosmétiques entre dans son ténébreux manoir, elle perturbe son quotidien en l’emmenant dans le monde extérieur pour le faire vivre parmi les autres et exposer ses talents. Créature emblématique de l’imagination de Tim Burton, Edward arbore un regard et une posture torturé par la tristesse et la solitude, associant ainsi définitivement le réalisateur au mouvement gothique. Sa coiffure est inspirée par celle de Robert Smith du groupe The Cure, à qui Burton avait proposé d’écrire les musiques du film.
De bien jolis taillages dont seul Edward a le secret.Main-d’œuvre jusqu’à l’intérieur d’une école.
Derrière le comique des nombreuses situations mettant Edward dans l’embarras se cachent en réalité les thèmes de l’exclusion et de la découverte de soi. Car si son talent pour la sculpture des feuillages fait l’unanimité, les maladresses provoquées par ses ciseaux et la moquerie des habitants vont le rendre difficilement adaptable à l’impitoyable vie en société. Si la dramaturgie met vraiment du temps à se mettre en place, le background du personnage se développe à travers des flashbacks mettant en scène son inventeur, interprété par le brillant Vincent Price, connu pour ses rôles dans des films horrifique comme L’Homme au Masque de Cire, La Mouche Noire, Vincent (le premier court métrage de Tim Burton) ainsi que le célèbre monologue de la chanson « Thriller » de Michael Jackson.
Un dernier rôle emblématique pour Vincent Price au cinéma.L’inévitable coulée de sang au bout des lames…
Le personnage d’Edward sait se montrer très attachant lorsque ses premiers sentiments apparaissent à l’égard de la lycéenne Kim, interprétée par Winona Ryder (Beetlejuice, Dracula, Frankenweenie 2012), qui est la seule personne à réellement le traiter comme un humain et non comme une bête de foire. Les musiques de Danny Elfman, surtout présentes dans les premières et dernières minutes, subliment le pathétique et la fatalité du personnage, notamment provoqués par la violence qui survient vers la fin. À l’instar de futurs films comme Ed Wood, Big Fish ou encore Big Eyes, Edward aux Mains d’Argent se veut finalement être un film très particulier, avec une atmosphère glauque qui se traduit davantage par un univers réaliste mettant en avant le jugement des personnes que par une esthétique gothique et monstrueuse.
Date de sortie : 10 juillet 2019 (1h 59min) Réalisateur : Luc Besson Acteurs principaux : Sasha Luss, Helen Mirren, Luke Evans, Cillian Murphy Genre : Thriller, action Nationalité : Américain Compositeur : Éric Serra
Une vendeuse de poupées parfaitement inoffensive…
Thriller classique et efficace réalisé par Luc Besson (Le Dernier Combat, Malavita, DogMan), Anna met en scène la jeune Sasha Luss (déjà apparue dans Valérian) dans la peau d’une femme russe utilisée par le KGB pour toutes sortes de missions dans lesquelles elle joue le rôle de plusieurs personnages pour arriver à ses fins, d’où le parallèle avec les matriochkas, ces poupées russes qui s’emboîtent les unes dans les autres. Entre la vendeuse de poupées sur le marché russe, le top model parisien, la tueuse italienne et la fine joueuse d’échecs, Anna cache parfaitement son jeu pour se sortir de la spirale infernale dans laquelle on l’a embrigadée.
Le chef du KGB serait lui aussi un grand amateur d’échecs !Quand la CIA s’en mêle de force…
D’abord formée par Alexander Tchenkov, interprété par Luke Evans (Dracula Untold, La Fille du Train, La Belle et la Bête), et sous les ordres de la très exigeante Olga sous les traits d’Helen Mirren (Benjamin Gates et le Livre des Secrets, Red, Casse-Noisette et les Quatre Royaumes), elle va peu à peu jouer à l’agent double en travaillant pour la CIA, dirigée par un personnage joué par le talentueux Cillian Murphy (Batman Begins, Sunshine, Inception). Après un Lucy controversé par ses véracités scientifiques douteuses, Besson parvient à quelque chose de plus simple en mettant en avant une nouvelle héroïne sans chercher à trop en faire.
L’espionnage nécessite toujours des relations utiles.Une réalisation très propre.
La narration est agréable et claire tandis que l’intrigue est fort bien ficelée par des retours en arrière qui nous en apprennent davantage sur le passé. L’ambiance à risques des services secrets se fait bien ressentir avec une tension palpable et des scènes d’action dynamiques. Si la réalisation évite de s’éparpiller dans une mise en scène trop complexe, le jeu d’acteur suit le même cours en proposant des personnages classiques mais qui ont leur petit background pour les rendre intéressants. Non sans rappeler le très bon Red Sparrow, Anna est un réel bon film à la hauteur du savoir-faire de Luc Besson, Sasha Luss se montrant très convaincante avec ses airs de Léa Seydoux.
Date de sortie : 23 juin 1989 (États-Unis),
13 septembre 1989 (France) Réalisateur : Tim Burton Acteurs principaux : Michael Keaton, Jack Nicholson, Kim Basinger, Michael Gough Genre : Super-héros, fantastique Nationalité : Américain Compositeur : Danny Elfman, Prince
Un monstre ailé terrorise…
vous n’avez encore rien vu !
Michael Keaton exquis de bout en bout !
Après le succès de Beetlejuice, Tim Burton obtient la réalisation d’un long métrage sur l’homme chauve-souris par Warner Bros, l’occasion d’utiliser sa fibre artistique afin de créer lui-même son interprétation de Batman, sa face cachée l’ayant toujours fasciné. C’est ainsi que naquit le premier film sérieux sur le personnage de Bob Kane, là où le long métrage et la série télévisée de 1966 faisaient passer le chevalier noir pour un véritable comique. Les comics des années 80 ayant enfin replacé Batman comme détective digne de ce nom, notamment avec des œuvres comme The Killing Joke et Year One, l’homme chauve-souris troque son costume bleu pour une imposante combinaison noire afin de mieux se fondre dans la nuit. Le scénario dépeint une Gotham City très sombre, ravagée par le crime et les gangsters, deux d’entre eux étant rapidement neutralisés par Batman sur les toits, ce dernier demandant même à ce qu’ils fassent la publicité de ses actes à leurs semblables, marquant d’emblée sa volonté d’être craint de tous. Doté d’un rythme renforçant l’intrigue d’une manière particulièrement efficace, le film a beaucoup marqué son époque et reste cultissime pour son esthétique sombre et malsaine, à tel point qu’il fut un temps classé parmi les films horrifiques. Il aura en outre créé le thème musical historique de Batman, dont seul Danny Elfman pouvait avoir le secret, popularisé le logo de la chauve-souris entouré d’un ovale jaune, ainsi que sa précieuse Batmobile.
La Batmobile, symbole de la puissance technologique de Batman.Un regard sombre et glaçant d’une redouable efficacité !
Pour le rôle de Bruce Wayne, Burton reprend Michael Keaton après l’excellence de son interprétation sur Beetlejuice, la taciturnité du personnage apportant un contraste considérable avec l’excentricité du précédent. Le film comporte notamment Kim Basinger (Jamais Plus Jamais, Cool World, LA Confidential) dans le rôle de la journaliste Vicki Vale, Michael Gough (Le Cauchemar de Dracula, Le Fantôme de l’Opéra, Jules César) dans le rôle d’Alfred, Billy Dee Williams (Lando Calrissian dans L’Empire Contre-Attaque et Le Retour du Jedi) pour le procureur Harvey Dent, ainsi que Pat Hingle (Le Retour de l’Inspecteur Harry) dans le rôle du commissaire James Gordon. Mais c’est pourtant Jack Nicholson (Vol Au-Dessus d’un Nid de Coucou, Shining, Mars Attacks !) qui est cité en premier dans le casting pour mieux voler la vedette au justicier masqué avec son interprétation magistrale du gangster Jack Napier. La première partie du film est à ce sens très réussie grâce à son ambiance noire et malsaine mettant en concurrence plusieurs mafieux dont un infiltré dans la police. Nicholson joue particulièrement bien celui qui s’apprête à tomber dans une cuve d’acide avec son chapeau noir, ses regards ténébreux et ses cartes à jouer dont un magnifique plan dévoilant un Joker avec l’impact d’une balle. L’intrigue est intensivement ficelée en cherchant à ne dévoiler la véritable identité du méchant que bien plus tard pour mieux profiter de son personnage de base.
Une façon symbolique d’annoncer la couleur !
Je suis le premier artiste assassin au monde en parfait état de marche !
« Jack est mort mon ami : tu peux m’appeler… Joker ! »
Et c’est là le grand point fort du film, Nicholson exprimant parfaitement l’essence de la personnalité du Joker avec sa folie destructrice, qui le fait tirer sur un de ses hommes par simple vexation ou encore marteler violemment la gâchette car la mort vient bien trop vite avec une seule balle. Ses blagues pas drôles dont il est le seul à rire le rendent d’autant plus dangereux avec une poignée de main provoquant une décharge électrique (« On va faire des coups fumants, et une java du tonnerre ! »), une publicité pour les produits de beauté qui déforment les visages en leur donnant un sourire forcé, ainsi que des ballons en forme de clown remplis de gaz hilarant. Sa dangerosité mortelle laisse également place à un style très distingué, tel le lancer de plume en pleine gorge (« La plume est plus forte que l’épée ! ») en plein rassemblement. Le passage le plus exquis reste celui où il revient vers son ancien patron, filmé en train d’avancer doucement depuis le fond de l’écran avec le visage dans l’ombre laissant petit à petit apparaître sa face blanchie, alors que la tension laisse place au thème comique « Waltz to the death », complètement décalé avec le dramatique de la situation pour mieux aller de pair avec le sourire dérangé du Joker. Le comique de ses interventions est également valorisé par les compositions de Prince, ayant produit la motion picture soundtrack du film, avec la piste « Partyman » quand il défigure les peintures dans le restaurant ou encore « Trust » lorsqu’il attire la foule en jetant des billets en pleine rue.
« Il m’arrive aussi de ne pas très bien savoir, c’est quelque chose que je dois faire. »
La figure de Batman est également creusée à l’occasion, à commencer par son alter ego Bruce Wayne. Michael Keaton réussit brillamment à dépeindre le côté asocial (quand il suit discrètement Vicki et son collègue dans le manoir) et tourmenté du personnage (quand il confie sa double vie à Vicki), avec une touche tantôt tragique (la rose qu’il place dans la rue où sont morts ses parents), tantôt comique (le tête-à-tête pendant lequel ils sont assis bout à bout le long d’une table de plusieurs mètres, les obligeant à se lever pour se passer le sel). Batman passe quant à lui en premier lieu pour un ennemi, étant encore inconnu des policiers qui tentent parfois de lui tirer dessus, mais prouve au fil du film qu’il est bien là pour protéger la population et le confirme même en offrant le bat-signal à la ville pour marquer la séquence finale. Burton ayant osé modifier le scénario d’origine en faisant de Jack Napier l’assassin des parents de Bruce, ce dernier conserve une relation particulière avec lui et doit sans cesse se retenir de tuer pour respecter son éthique, le Joker accentuant son tourment avec son illustre réplique « N’as-tu jamais dansé avec le diable au clair de lune ? ».
« Gotham City… cette ville me donne toujours envie de sourire ! »
Le curé n’attend pas,
il faut être à l’heure à l’église !
« Je t’ai fait, mais toi tu m’as fait le premier. »
S’il y parvient tant bien que mal dans un premier temps, on remarque qu’il se débarrasse de pas mal de gangsters après cette douloureuse nouvelle. Il annonce même au Joker qu’il va le tuer lors d’une séquence d’anthologie suivant l’ascension de la cathédrale, dans un affrontement à l’ancienne où Vicki et lui-même doivent se cramponner pour résister à ses piétinements. La folie du personnage atteint son apogée avec de nombreuses blagues parsemées de son rire retentissant (« Tu frapperais pas un type avec des lunettes quand même !! » lorsque Batman le cogne, « Qu’est-ce qui te fait rire toi !!? » en regardant la gargouille qui exprime tout sauf la joie, « Je lui ai donné la main !! » quand il piège Vicki en lui faisant croire qu’il veut l’aider à remonter en utilisant une fausse main), sans compter son dentier qui tombe et le poing qu’il s’éclate en voulant frapper Batman. La mise en scène est d’une redoutable efficacité et on aurait presque pitié du pauvre Joker, jusque-là toujours très sûr de lui, qui laisse pourtant transparaître un sacré désespoir sur son visage alors qu’il glisse petit à petit le long des barreaux de l’échelle ; mais ce qui ne l’empêche pas de garder le sourire une fois écrasé par terre, avec un petit rire automatique qui se déclenche.
Cultissime parmi les adaptations de Batman, l’œuvre de Tim Burton a su donner un nouveau souffle à la franchise grâce à l’interprétation sombre du justicier et au jeu d’une justesse rare de Jack Nicholson. Plusieurs adaptations verront le jour en jeux vidéo, notamment un jeu NES qui ne fera que s’inspirer du film, mais aussi une très sympathique version Game Boy et une version Mega Drive plus fidèle et aux graphismes affinés. Parallèlement au tournage du prochain film, c’est surtout la célèbre série animée de 1992 qui popularisera fortement Batman auprès des plus jeunes, avec un thème musical composé par Danny Elfman lui-même et de nombreux méchants de qualité dont un Joker tout juste exceptionnel doublé par le génialissime Pierre Hatet, connu pour la VF mythique de Christopher Lloyd. Un film d’anthologie qui connaîtra une suite exceptionnelle.
Date de sortie : 13 août 1996 (États-Unis),
7 novembre 1996 (France) Réalisateurs : Tad Stones Doubleurs principaux : Guillaume Lebon, Richard Darbois, Alain Dorval, Jacques Frantz, Magali Barney Genre : Animation Nationalité : Américain Compositeurs : Carl Johnson et Mark Watters
Un rapprochement tant attendu !
Dernier volet de la trilogie Aladdin, Le Roi des Voleurs se déroule après l’éviction définitive de Jafar alors que le mariage entre Aladdin et Jasmine est sur le point de se concrétiser. De bien meilleure qualité que son prédécesseur, il puise de nouveau dans les contes des Mille et une Nuits en faisant intervenir une bande de quarante voleurs menée par un certain Cassim, qui n’est autre que le père d’Aladdin, que ce dernier croyait mort. Ne l’ayant jamais connu, il se retrouve embrigadé dans ses plans de trouver un trésor caché sur une île qui change régulièrement de place. La thématique de la relation père fils est alors bienvenue, Aladdin doutant de sa capacité à être un bon père une fois marié, n’ayant jamais connu de modèle familial. L’inspiration d’Ali Baba et les Quarante Voleurs ne s’arrête pas là avec un repaire accessible au pied d’une montagne en prononçant la formule « Sésame, ouvre-toi ! » ; de plus, le frère d’Ali Baba s’appelle aussi Cassim dans ce même conte.
Des personnages d’une grande finesse !Des retrouvailles touchantes.
Techniquement, Aladdin et le Roi des Voleurs reste bien en deçà du premier film de la trilogie. On retrouve les mêmes soucis de couleurs que dans Le Retour de Jafar, Aladdin et Jasmine ayant pris un bronzage hors norme et les habits du sultan virant parfois au jaune foncé entre deux plans de la même scène. Les chansons vont du médiocre au correct en passant par la niaiserie : on retient surtout la sympathique introduction « C’est la fantasia à Agrabah » pendant laquelle le génie annonce la cérémonie du mariage, l’entraînante « Bienvenue aux quarante voleurs » alors qu’Aladdin prend la place de Sa’luk après l’avoir vaincu en face à face, ainsi que « Dites oui ou non » prononcée par ce dernier et une partie des voleurs en guide de vengeance. Si la voix française d’Aladdin n’est plus la même, les autres personnages conservent les mêmes et Sa’luk a l’honneur d’être doublé par Alain Dorval, déjà derrière Pat Hibulaire et Sylvester Stallone.
La grande épreuve !« Il n’aurait pas la tête de l’ennemi public n°1 !? »
Le génie en fait de nouveau des tonnes en faisant référence à d’autres personnalités comme Vito Corleone du Parrain, Rocky Balboa, RoboCop, Elvis Presley et Forrest Gump. Il apparaît également sous les traits de nombreux personnages de l’univers Disney : on trouve ainsi Blanche-Neige, Cendrillon, la Fée Clochette, le Lapin Blanc d’Alice au Pays des Merveilles, Pocahontas et Pumbaa du Roi Lion. Les clins d’œil vont plus loin avec Mickey Mouse dans une parodie de Steamboat Willie, une apparition en Pluto et même une en Jasmine. Dans la première version du scénario, Aladdin devait retrouver son frère Mozenrath, présent dans la série télévisée. Mais le comédien qui lui prêtait sa voix n’ayant pas voulu reprendre son rôle, le réalisateur préféra se démarquer de la série en imaginant de nouveaux personnages comme Cassim et Sa’luk.
L’île de la Tortue.Le prix de la cupidité.
Alternant action et dialogues, le scénario fonctionne et mène vers une aventure intéressante au cœur des trésors où la cupidité se paie avec la Main de Midas, qui transforme en or tout ce qui la touche, y compris un être humain. La trilogie se conclut d’une belle manière avec la réapparition du marchand chantant une dernière reprise de « Nuits d’Arabie ». Inventif de bout en bout, Aladdin aura su imposer un univers très riche donnant lieu à une série animée appréciable ainsi qu’à deux suites faisant partie des plus marquantes des classiques Disney malgré une qualité largement inférieure à celle de son modèle.
Date de sortie : 9 août 1985 (États-Unis),
3 juin 1987 (France) Réalisateur : Tim Burton Acteurs principaux : Paul Reubens, Elizabeth Daily, Mark Holton, Diane Salinger Genre : Comédie Nationalité : Américain Compositeur : Danny Elfman
Premier film de Tim Burton après des courts métrages comme Doctor of Doom, Vincent et Frankenweenie, Pee-Wee’s Big Adventure raconte une nouvelle histoire du célèbre personnage que Paul Reubens interprétait dans ses spectacles. Adulte d’apparence mais très enfant dans sa tête, il va vivre des mésaventures en voulant absolument récupérer sa bicyclette rouge, volée par un méchant voisin de quartier. Complètement barré, le film nous emmène dans des situations de plus en plus burlesques avec des gags qui arrivent de très loin : un accident au ralenti suite à des panneaux indiquant des virages au fléchage impossible, Pee-Wee qui se sort d’une mauvaise situation avec des motards en dansant dans un bar sur la musique « Tequila de The Champs », des courses-poursuites ridicules avec un Bud Spencer du pauvre parce qu’il avait passé du temps avec sa fiancée Simone qui rêve de voyager à Paris, tout y passe !
L’humour très à l’ancienne est axé sur des bruitages, une VF très drôle et aiguë pour le personnage principal et des situations cartoonesques comme le coup du panneau qui fait croire que la route continue, ou encore les yeux seuls qui restent visibles dans le noir. Si cet humour très cru reviendra plus tard chez Burton dans des films comme Mars Attacks, on trouve quelques passages qui parviennent à provoquer une certaine peur avec cet acharnement de l’entourage sur l’individu. Danny Elfman imprègne brillamment le film d’une bande originale comique avec des pistes rappelant des musiques de cirque. À noter que Paul Reubens et Diane Salinger se retrouveront au tout début du futur Batman Returns pour interpréter les parents d’un personnage torturé qui deviendra un des antagonistes les plus marquants de l’histoire. Un bon film dont le succès aura permis à Tim Burton de se lancer dans le cinéma avec des films comme Beetlejuice, Batman et Edward aux Mains d’Argent.
Date de sortie : 20 mai 1994 (États-Unis), 4 mai 1995 (France) Réalisateurs : Toby Shelton, Tad Stones et Alan Zaslove Doubleurs principaux : Paolo Domingo, Richard Darbois, Féodor Atkine, Magali Barney Genre : Animation Nationalité : Américain Compositeur : Mark Watters
De nouvelles aventures dans la joie et la bonne humeur !
Deux ans après le phénomène Aladdin, Le Retour de Jafar marque la première tentative des studios Disney dans l’exploitation de créer des suites pour ses « Grands Classiques ». S’il ne s’agit pourtant pas de la première suite en tant que telle (Bernard et Bianca ayant sorti un deuxième épisode de grande qualité peu avant), c’est bien le tout premier long métrage à sortir directement en vidéo (VHS à l’époque) sans passer par la case cinéma : c’est la raison pour laquelle il n’est affublé que d’un simple « Classique ». Le scénario se déroule un an plus tard, alors qu’Aladdin est installé au palais avec Jasmine, mais remet régulièrement ses habits de mendiant pour déjouer les coups montés de malfrats cherchant à dérober des richesses. C’est de cette manière qu’il arrête la bande d’Abis Mal, un piètre voleur qui va malgré lui obtenir une certaine importance. L’univers arabique est bien respecté entre la ville et le désert, toujours renforcé par une reprise de la chanson d’introduction « Nuits d’Arabie » qui nous plonge une nouvelle fois dans cette ambiance emplie de mystère.
Un duo de méchants de choc !C’est là qu’on voit que la direction artistique en a vraiment pris un coup…
Une des principales nouveautés réside dans la figure de Iago, qui commence à se lasser de toujours avoir à suivre les ordres de Jafar et semble vouloir prendre son indépendance comme il le met si bien en avant dans sa chanson « Je prends soin de ma vie ». De retour au palais, il va alors sympathiser avec Aladdin et ses amis, toujours avec cette arrière-pensée de se servir de leur confiance pour mieux aider Jafar à revenir. Ce dernier est accidentellement libéré par Abis Mal, qui malgré lui prend une certaine importance en lui permettant de revenir se venger à Agrabah. Malgré un synopsis vraiment intéressant, le film peine à convaincre en annonçant ce qu’allait être les nombreuses suites de grands classiques à venir. En effet, l’animation est clairement au rabais et les doublages, pourtant assurés par les mêmes personnes, ne sont pas du tout aussi soignés. Les couleurs changent aussi trop souvent de teint, notamment les vêtements du sultan deviennent presque roses lors d’une scène. La quête d’identité d’Aladdin continue alors que le sultan lui propose de devenir son nouveau grand vizir, rôle qu’il ne pourra pas accepter. Le génie effectue son retour et remet un peu de joie et d’animation dans ce scénario qui manque de punch, ses gags n’étant plus aussi drôles et sa seule référence notable concernant le personnage de Rambo.
« Ta folie des grandeurs n’est pas à la hauteur, tu n’es qu’un amateur ! »
Sa petite confrontation face à Jafar sous forme de génie reste toutefois amusante : si les chansons du film sont clairement anecdotiques, le pastiche « Tu n’es qu’un amateur » sait se montrer drôle et sympathique. Malgré une certaine prestance et une forme de génie imposante, Jafar perd toutefois fortement en charisme avec ses vêtements devenus rouges et ses animations bien plus grossières. Sa possibilité de prendre la forme de qui il souhaite aurait pu le rendre plus intéressant si la séquence où il pique une crise de trahison à Aladdin en se faisant passer pour Jasmine n’avait pas été aussi cliché et surjouée. Le plus astucieux reste le rôle de Iago lors de l’affrontement contre un Jafar tout puissant, durant lequel il projette lui-même la lampe dans la lave pour l’achever. Au détour de sa qualité générale relativement moyenne, Le Retour de Jafar a essentiellement marqué pour son statut de première suite directe honorable de l’histoire de Disney. Il a surtout servi d’épisode pilote pour la série animée Aladdin, racontant par la suite plusieurs petites histoires mettant en scène les personnages connus, accompagnés de Iago et avec un Jafar enfin terrassé.
« Un génie ne peut tuer personne, mais il peut t’en faire voir des vertes et des pas mûres ! »
Date de sortie : 21 août 2019 (1h 22min) Réalisateur : Justin Copeland Comédiens de doublage : Emmanuel Jacomy, Françoise Cadol, Jean-François Lescurat, Kelvine Dumour Genre : Animation, super-héros Nationalité : Américain Compositeur : Frederik Wiedmann
« Eh bien ça alors pour une surprise : Bruce Wayne dans une soirée de gala ! »
Adapté de la série de comics de Jeph Loeb et Jim Lee, Batman Silence place le chevalier noir au cœur d’un complot faisant intervenir une grande partie de ses ennemis principaux. Alors qu’il part secourir un enfant enlevé par Bane bien que ce soit inhabituel dans le mode opératoire de ce dernier, il chute lourdement suite au tir bien placé d’un mystérieux personnage et se retrouve à l’hôpital entre les mains du docteur Thomas Eliott, un ami d’enfance qui ne semble pas tout à fait innocent dans l’affaire. L’essentiel de l’intrigue se concentre autour de la traque de celui qui tire les ficelles pour anéantir Batman, plusieurs antagonistes se faisant manipulés un par un afin de faire croire à un stratagème. La direction artistique renoue avec un style à l’ancienne, notamment pour le costume d’Harley Quinn qui retrouve son costume de la série animée de 1992 ainsi que la VF succulente de Kelvine Dumour.
« Silence, Batman. Silence… »« C’est ta couleur préférée, si je ne m’abuse. »
Entre Poison Ivy qui tente de charmer Catwoman, Batman qui défonce le Joker sans preuve qu’il ait tué qui que ce soit (mettant ainsi lourdement à l’épreuve son code d’honneur), Nygma qui attaque en pleine rue et l’Épouvantail qui sème la terreur en plein cimetière, le panel est d’autant plus large que des séquences d’action avec d’autres méchants sont résumées en quelques images. La présence de Nightwing et de courtes apparitions comme celles de Batgirl et de Shiva Al Ghul renforcent davantage l’ampleur des mystérieux événements qui sévissent à Gotham. Et d’ailleurs pas que, car Bruce se rend un instant à Metropolis afin d’avertir Superman de ce qui se trame, donnant ensuite lieu à une séquence d’action assez intéressante.
« Arrête-moi si tu la connais : deux types entrent dans un bar… »« Ça fait si longtemps qu’on se tourne autour. Est-ce que tu n’es pas un peu… curieux ? »
L’autre pan du scénario concerne la romance entre Batman et Catwoman. Selina est en effet de retour après un bon moment d’absence et les deux personnages semblent plus que d’habitude dans l’idée de concrétiser quelque chose ensemble, en témoignent les étreintes et autres baisers qui les relient. Allant jusqu’à lui révéler son identité secrète, Bruce fait alors équipe avec elle pour démasquer cet étrange homme au visage couvert de bandes. L’intrigue se révèle alors pleine de rebondissements avec une identité d’antagoniste inattendue et des séquences d’action poignantes et sanglantes mettant une nouvelle fois Batman au défi de ne laisser mourir personne. Différent du comics sur plusieurs points, ce Batman Silence reste dans la lignée des adaptations vidéo de très bonne facture !
Date de sortie : 25 novembre 1992 (États-Unis), 10 novembre 1993 (France) Réalisateurs : John Musker et Ron Clements Doubleurs principaux : Paolo Domingo, Richard Darbois, Féodor Atkine, Magali Barney Genre : Animation Nationalité : Américain Compositeurs : Alan Menken, Howard Ashman, Tim Rice
Ô nuits d’Arabie !!
« Ne vous laissez pas rebuter par son apparente banalité : comme tant d’autres choses, ce n’est pas ce qu’il y a à l’extérieur, mais ce qu’il y a à l’intérieur qui compte. »
Sorti au beau milieu du deuxième âge d’or des studios Disney, Aladdin s’inspire à la fois du conte éponyme des Mille et une Nuits et du film britannique Le Voleur de Bagdad (Ludwig Berger, Michael Powell et Tim Whelan, 1940). On y suit les péripéties d’un jeune orphelin qui survit en dérobant de la nourriture au marché dans la ville fictive d’Agrabah, tandis que la princesse Jasmine, qui se sent elle-même prisonnière d’une condition où on l’oblige à épouser un homme du même rang social, se lance le défi de rencontrer le monde extérieur et fuyant son palais. Pendant ce temps, le grand vizir Jafar, qui souhaite devenir sultan à la place du sultan (toute ressemblance avec un personnage de bande dessinée serait fortuite), cherche à rentrer dans la Caverne aux Merveilles pour y rapporter une lampe magique contenant un génie capable d’exaucer trois souhaits. Le Trésor de la Lampe Perdue, sorti deux ans auparavant, avait déjà excellé dans cette thématique tout en sublimant l’univers de La Bande à Picsou.
« Qui donc vient troubler mon repos !? »Le sublime palais d’Agrabah, largement inspiré du Taj Mahal.
Le ton grave à l’esthétique arabique est donné d’entrée de jeu avec la très intense chanson « Nuits d’Arabie », dévoilant tour à tour le désert, l’imposante devanture du palais et la dangerosité des rues. Le marchand ambulant fait alors office de narrateur en racontant l’histoire, après avoir éveillé la curiosité du spectateur en dévoilant la lampe magique et cet étrange « diamant d’innocence » qui serait le seul à la mériter. La narration accentue d’ailleurs le côté sombre du scénario en enchaînant directement avec une scène dévoilant d’ores et déjà celui qui semble être le méchant de l’histoire ainsi que l’imposante gueule de tigre animée servant d’entrée à la Caverne aux Merveilles. L’alternance entre passages sombres, joyeux, mélancoliques et comiques est brillamment gérée tout au long du film.
« Tout ça pour un morceau de pain !? »
L’aspect profondément comique de l’œuvre fait son entrée à la scène suivante tandis qu’Aladdin échappe aux gardes en dévalant les rues en prononçant la fort sympathique chanson « Je Vole ». Les animations se montrent déjà comme étant de hautes volées et les réalisateurs se plaisent à ridiculiser les gardes, incapables d’arrêter le jeune-homme alors qu’ils sont armés et bien plus nombreux. Le passage confirme également l’habitude de Disney d’accompagner ses personnages phare d’une petite mascotte. Ainsi, Aladdin fait équipe avec un petit singe nommé Abu, tandis que Jafar apparaît toujours accompagné de son vil perroquet Iago ; de son côté, Jasmine a carrément un tigre adulte comme animal de compagnie, Rajah, doux comme un agneau mais suffisamment protecteur pour arracher le derrière du pantalon des prétendants qui osent venir importuner sa maîtresse.
Dix millénaires,
ça vous flanque un de ces torticolis !!
« Un dessert du tonnerre, un éclair, car je suis ton meilleur ami ! »
Et que serait Aladdin sans le génie, cet être surnaturel parmi les mieux animés de toute l’histoire de Disney avec ses très nombreuses imitations bourrées de références à toutes sortes de personnalités (Arnold Schwarzenegger avec ses gros muscles, Robert de Niro dans Taxi Driver et Jack Nicholson avec ses airs de gangster). Interprétée par le génialissime Richard Darbois (Robin Williams en VO), sa chanson mythique « Je suis ton Meilleur Ami » résume à elle seule tout le génie du personnage ! En effet, il accompagne la moindre de ses turlupinades par diverses animations comiques « Plat divers colonne A, fruits d’été colonne B. », souvent une métamorphose de son corps en être vivant ou en objet ayant ses traits de visage, à la manière du Joker dans l’univers de Batman. Par exemple, se transformer en chèvre et parler en bêlant après avoir dit à Aladdin qu’il allait le faire devenir chèvre, ou lui dire qu’il lui donne le bourdon et qu’il doit voler de ses propres elles tout en étant sous forme d’abeille.
« Ça pince, monseigneur ! »
Il fait également apparaître toutes sortes d’animaux et de personnages selon les situations, notamment lors de l’emblématique chanson « Balkany Prince Ali », pendant laquelle il se fait plaisir en inventant tout un cortège pour Aladdin devenu prince grâce à son premier souhait. Il a aussi le pouvoir de fortement modifier l’apparence d’un personnage et d’agir directement sur quelqu’un, comme Abu qui devient un éléphant pour porter Aladdin. De manière générale, il est génialement envahissant au point de se trouver lui-même à l’intérieur du poulet qu’il sert à Aladdin durant sa chanson. Les références vont encore plus loin avec de petits caméos de précédents classiques Disney. Le génie remplace un instant sa tête par celle de Pinocchio avec le nez qui s’allonge, il sort Sébastien (le crabe de La Petite Sirène) d’un livre de cuisine, La Bête se trouve parmi l’empilement de jouets avec lesquels s’amuse le sultan, tandis qu’il porte une casquette à l’effigie de Dingo tout à la fin.
Je vire, délire et chavire
dans un océan d’étoiles !
Quand on vous dit que ce n’est que votre imagination…
Le merveilleux et la romance restent au cœur du récit. L’univers onirique est accentué par la beauté de la Caverne aux Merveilles, notamment par cette salle envahie de pièces d’or et de coffres remplis d’objets de valeurs. L’animation de la très imposante gueule du tigre ainsi que de la lave jaillissante étaient une véritable prouesse technique pour 1992 et demeurent aujourd’hui une petite claque visuelle. La romance est marquée par la volonté d’Aladdin d’acquérir le cœur de Jasmine, elle-même cherchant désespérément autre chose que de banals prétendants sans sentiment. Parmi les plus marquantes du genre, la chanson « Ce Rêve Bleu » est sans doute ce qui symbolise le mieux cette thématique.
« Comment osez-vous, tous les trois, vous êtes là à comploter pour décider de mon avenir. »
En plus de sa romance chère aux productions Disney, l’esprit du film combat le superficiel et semant des valeurs morales durant sa narration, à commencer par l’importance de l’essence (l’intérieur) par rapport à l’apparence (l’extérieur) des choses. La loi obligeant la princesse à épouser un prince (qui plus est avant son prochain anniversaire, qui pour en rajouter une couche arrive dans trois jours) est largement remise en cause par la première concernée (« Je ne suis pas le premier prix d’une tombola !! »), ce qui amène le sultan à briser cette règle ancestrale (« Mais que fais le sultan devant une loi insultante ? ») afin que Jasmine puisse choisir Aladdin. Les valeurs de la liberté sont proclamées par l’utilisation du dernier souhait pour libérer le génie, qui était pourtant prêt à ce qu’Aladdin redevienne un prince (« Qu’est-ce qu’une éternité de servitude à côte de l’amour ? »). Les limites des pouvoirs du génie reflètent quant à elles une certaine éthique visant à interdire l’homicide, la résurrection des morts et les sentiments forcés envers quelqu’un.
Ce soir, le rôle d’Ali
sera joué par un acteur grand,
ténébreux, sinistre et moche
La crédibilité à l’état pur !
Un autre grand point fort du film est évidemment Jafar, méchant rapidement repéré du haut de son grand costume noir mais terriblement efficace dans son traitement. À l’opposé du sultan qui est excessivement gentil, simplet, parfois même enfantin, petit et vêtu de beige, Jafar se trouve quant à lui grand et sombre, malin et perfide au point d’entraîner Aladdin récupérer la lampe à sa place en se déguisant en vieux prisonnier anorexique. Jouant la comédie pour renverser le pouvoir, il se retrouve parfois dans des situations comiques, du style écrasé contre le mur par la porte d’entrée durant la chanson « Prince Ali », ou encore avec un habit de sultan qui contraste totalement avec la noirceur de son visage. Il va alors de pair avec son compagnon Iago, qui multiplie les running-gags tout au long du film (« Chaque fois que j’déprime, ça m’déplume ! »). Plus subtil, son costume de sorcier diffère légèrement de son costume de vizir : ses épaulettes sont bien plus pointues et son couvre-chef remplace sa plume et son extrémité ovale par deux pointes sur les côtés.
« Ah je suis un serpent… alors si c’est là ce que tu sssouhaites, je ssserai donc ce ssserpent ! »Les aléas de la soif de pouvoir !
Le combat final est intense grâce au pouvoirs acquis par Jafar, qui s’amuse avec Aladdin au point de se transformer en serpent (à l’image de son trône et de sa canne hypnotiseuse) suite à une simple injure lancée par ce dernier. Si de nombreux signes témoignaient déjà de la soif de pouvoir du personnage, c’est paradoxalement en cherchant à devenir toujours plus puissant qu’il court tout seul à sa perte. D’abord « sorcier le plus puissant de l’univers » puis cobra royal, il utilise alors son dernier vœu pour dépasser celui qu’il qualifie d’esclave en lui demandant de le faire devenir « le génie le plus puissant de la Terre », sans penser qu’il se retrouverait neutralisé dans sa propre lampe. Une ruse fort bien menée pour un des affrontements les plus mémorables de tout Disney ! Il est juste dommage que Jafar n’ait pas une chanson diabolique aussi marquante que ses confrères (Ursula, Gaston, Scar, Frollo, …), même si sa courte reprise parodique de « Prince Ali » se montre succulente grâce à l’apparence monstrueuse qu’il revêt en éclatant de rire.
« Si tu veux faire la cour à la donzelle, il vaut mieux pas qu’tu tires dans les coins, tu piges ? »
Comme tout bon disney, les références érotiques sont bien cachées mais décelables, à commencer par le génie, qui entame les hostilités en rappelant à Aladdin que c’est bien lui qui avait frotté sa lampe. Lors de la chanson « Prince Ali », il affirme qu’il y a du monde au balcon tout en arborant l’apparence d’une femme très plantureuse. Le conseil de son Jack Nicholson est tout aussi flou qu’il peut porter à confusion, tout comme la proximité entre Jafar et Iago se montre parfois étrange, surtout lorsque ce dernier se sent flatté après l’avoir grassement imité (« Oh Jafar, c’est trop ma grande, arrête ton char tu vas me faire rougir ! »). Plus direct mais pas nécessairement moins subtil, la diversion sensuelle à laquelle joue Jasmine (« Et votre barbiche est tellement… entortillée ! ») lorsqu’Aladdin se faufile derrière Jafar pour lui dérober la lampe participe également à cette vision pour adultes.
La guerre des Aladdin !
D’une qualité rarement égalée, Aladdin a rapidement donné lieu à une des premières suites de l’histoire des grands classiques Disney, Le Retour de Jafar, ainsi qu’à un troisième film mettant en scène les quarante voleurs. Pas moins de trois adaptations différentes ont vu le jour en jeux vidéo : une version très complète et fidèle sur Mega Drive, une version plus libre, plus jouable et pas moins agréable sur Super Nintendo, ainsi qu’une version avec du scrolling automatique et des passages absents des deux précédentes qui fait office de réelle prouesse graphique sur Master System. Une sympathique itération en trois dimensions est également sortie plus tard sur PlayStation avec Aladdin La Revanche de Nasira.
27 ans plus tard, Disney adapte de plus en plus de ses classiques en remake live et Aladdin n’échappe pas à la règle. Réalisée par Guy Ritchie, cette adaptation est une grande réussite grâce à sa grande fidélité, ses nombreuses nouveautés et scènes alternatives qui enrichissent le background de l’univers en lui offrant un nouvel aperçu.