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Emmanuel Delextrat

Emmanuel Delextrat
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Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…

The King’s Man Première Mission, de Matthew Vaughn

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Date de sortie : 15 décembre 2021 (2h28min)
Réalisateur : Matthew Vaughn
Acteurs principaux : Ralph Fiennes, Gemma Arterton, Harris Dickinson, Djimon Hounsou
Genre : Super-héros, fantastique
Nationalité : Américain
Compositeurs : Matthew Margeson et Dominic Lewis

Une introduction qui annonce la violence à venir.

Préquel de Kingsman Services Secrets et Kingsman Le Cercle d’Or toujours réalisé par Matthew Vaughn (Stardust, Kick-Ass, X-Men Le Commencement), The King’s Man Première Mission prend place au début du XXème siècle avec l’histoire du duc Orlando Oxford, interprété par Ralph Fiennes (The Reader, The Grand Budapest Hotel, Mourir Peut Attendre). Pressentant la provocation d’un conflit mondial par une sombre organisation, il met en place un réseau d’espionnage mondial avec l’aide de ses camarades Shola et Polly, respectivement joués par Djimon Hounsou (Blood Diamond, Aquaman, Shazam) et Gemma Arterton (Quantum of Solace, Prince of Persia Les Sables du Temps, Hansel et Gretel Chasseurs de Sorcières).

Une relation père fils profonde.
Un danger à ne pas négliger.

Incarné par Harris Dickinson (Les Bums de la Plage, Maléfique Le Pouvoir du Mal), son fils Conrad envisage de s’engager dans l’armée britannique tandis que le charismatique Raspoutine, sous les traits de Rhys Ifans (Snowden, Alice de l’Autre Côté du Miroir, Spider-Man No Way Home), se dévoile comme premier antagoniste. Véritable réécriture de la Première Guerre Mondiale, The King’s Man met précisément en scène plusieurs personnages historiques comme François-Ferdinand d’Autriche, Lénine, Woodrow Wilson, ainsi que plusieurs souverains joués par Tom Hollander (Breathe, Bohemian Rhapsody, Mowgli). Charles Dance (Last Action Hero, Game of Thrones, Enfant 44) y apparaît même quelques instants dans le rôle d’ Horatio Herbert Kitchener.

Des entraînements dépaysants.
Polly, une alliée précieuse.

Pourvu d’une réalisation impressionnante dont seul Matthew Vaughn a le secret, The King’s Man est efficacement rythmé par des scènes d’action de haute volée, sublimées par des musiques entraînantes et des chorégraphies de combat d’une grande qualité. Plus réaliste que dans les deux précédents films, l’action se permet toutefois quelques artifices pour assurer le spectacle. Le scénario sait également surprendre par sa tournure dramatique et son suspense vis-à-vis de la tête pensante de l’organisation adverse. Un préquel exemplaire qui se démarque aisément de ses prédécesseurs tout en assurant leur héritage, la scène post-générique annonçant déjà une suite tonitruante.

« C’est à ses manières que l’on juge un homme. »

1986 : l’envol du jeu vidéo

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image 1986 header

Période : jeux vidéo sortis entre le 1er janvier et le 31 décembre 1986
Développeurs : Nintendo, Sega, Enix, Capcom, Konami, Taito, Namco, Technos
Concepteurs : Shigeru Miyamoto, Yūji Horii, Satoru Okada, Gunpei Yokoi
Genres : Plates-formes, action aventure, RPG, beat’em up, combat, shoot’em up

Compositeurs : Koji Kondo, Kōichi Sugiyama, Hirokazu Tanaka, Kinuyo Yamashita
Supports : NES, Master System, Arcade, MSX

 

Il y a 40 ans, l’année 1986 marquait
un essor important pour le jeu vidéo
suite à la révolution Super Mario Bros.

Les débuts de grandes sagas ayant fortement influencé l’histoire du jeu vidéo.

Sur NES, l’arrivée du Famicom Disk System favorise l’émergence de nombreuses sagas devenues mythiques à commencer par The Legend of Zelda, mais aussi Metroid, Kid Icarus et Castlevania, rapidement adapté sur MSX sous le nom de Vampire Killer. Outre la sortie de la console dans certains pays européens au 1er septembre, 1986 marque également les débuts du jeu de rôles japonais avec le premier Dragon Quest, un an et demi avant Final Fantasy.

La ludothèque de la NES s’enrichit notamment avec un Super Mario Bros. 2 (plus tard connu sous le nom de Super Mario Bros. The Lost Levels en Occident) aux niveaux d’une difficulté exponentielle, le Ninja Kid de Bandai à ne pas confondre avec le titre Arcade sorti deux ans plus tôt, un Ganbare Goemon largement inspiré de The Legend of Zelda, le shoot’em up vertical Star Soldier et un Dragon Ball Le Secret du Dragon à la jouabilité désastreuse.

Sur Master System, c’est bien Alex Kidd in Miracle World qui marque l’année dans un jeu d’action plates-formes très inventif qui se démarque efficacement de Super Mario Bros. Tandis que la console arrive en Amérique du Nord au mois d’octobre, quelques sorties viennent égayer l’année comme le beat’em up Hokuto No Ken (décliné chez nous sous le nom de Black Belt), l’action platformer Ghost House, les shoot’em up Action Fighter et Astro Warrior, le run’n gun Rambo First Blood Part 2 et le jeu de tir direct à l’écran Safari Hunt.

 

Des salles d’Arcade en pleine expansion

Une grande variété de jeux pour des affiches qui claquent !

De son côté, l’Arcade reste un support de référence avec les débuts de la saga Wonder Boy, dont le premier épisode abuse tout autant de sa répétitivité dans sa déclinaison NES Adventure Island. Le genre action plates-formes est plus que jamais présent avec Athena de SNK, le tout premier Goemon, Rygar de Tecmo, Rolling Thunder de Namco et le bien trop simpliste Alex Kidd The Lost Stars.

Outre les run’n gun Ikari Warriors et KiKi KaiKai, l’Arcade se dote de plusieurs shoot’em up tels Fantasy Zone de Sega, Salamander de Konami, Hyper Dyne Side Arms de Capcom, Legendary Wings et Sky Kid Deluxe de Namco. Tandis que les jeux de course continuent de fuser avec Out Run et Enduro Racer, les beat’em up ne sont pas en reste avec Avengers pour lequel Capcom choisit une vue aérienne, Trojan du même développeur, Gladiator de Taito et surtout Renegade de Technos, qui modernise le genre un an avant l’arrivée de Double Dragon.

D’autres jeux s’aventurent aussi vers des styles différents avec un sympathique Bubble Bobble axé sur le scoring avec plusieurs écrans fixes, le labyrinthique The Return of Ishtar, le casse-briques Arkanoid héritier de Breakout, le dungeon-crawler Gauntlet II et un Rampage proposant de survivre à l’assaut de l’armée en contrôlant des créatures proches de Godzilla et de King Kong.

 

Des micro-ordinateurs à ne pas négliger

Une jolie petite sélection de jeux en tout genre.

Du côté des micro-ordinateurs, on peut retenir le jeu de plates-formes Cauldron II dans lequel le jouer incarne une citrouille, le terrifiant Dark Castle qui a gagné en popularité depuis la vidéo du Joueur du Grenier, le jeu de stratégie Defender of the Crown, le sympathique jeu de basket GBA Championship Basketball Two-On-Two ainsi qu’un Yie Ar Kung-Fu II qui ressemble davantage à un beat’em up.

Outre le portage Bomber Man Special et la version MSX Vampire Killer qui se démarque de Castlevania, les micro-ordinateurs accueillent aussi un certain nombre de jeux à licence comme Astérix et la Potion Magique, Astérix and the Magic Cauldron, une adaptation de Taram et le Chaudron Magique et Howard the Duck.

Mon top 10 des meilleurs jeux de 1986

Compte-tenu des jeux que j’ai faits et préférés, voici mon top 10 des meilleurs jeux de 1986, sans surprise largement dominé par la NES :

10ème : Wonder Boy
9ème : Renegade
8ème : Bubble Bobble
7ème : Super Mario Bros. The Lost Levels
6ème : Kid Icarus
5ème : Metroid
4ème : Castlevania
3ème : Alex Kidd in Miracle World
2ème : Dragon Quest
1er : The Legend of Zelda

 

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Disjoncté : une amitié sur la base du volontariat ?

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Date de sortie : 10 juin 1996 (Brésil),
13 novembre 1996 (France)

Réalisateur : Ben Stiller
Acteurs principaux : Jim Carrey, Matthew Broderick, Leslie Mann, Jack Black
Genre : Comédie dramatique
Nationalité : John Ottoman

Steven ne sait pas encore dans quoi il s’engage.

Deuxième film réalisé par Ben Stiller (Génération 90, Mary à Tout Prix, Mystery Men), Disjoncté commence à annoncer l’évolution de Jim Carrey vers le genre de la comédie dramatique après ses accès de folie mémorables dans des longs métrages comme Dumb & Dumber, Batman Forever et Ace Ventura en Afrique. Interprétant un technicien venant installer le câble chez l’un peu trop gentil Steven Kovacs incarné par Matthew Broderick (WarGames, La Folle Journée de Ferris Bueller, Godzilla), il se présente comme un certain Ernie « Chip » Douglas et refuse d’être payé pour ses services, en échange de l’amitié de Steven afin de partager sa passion pour la télévision en commençant par percer le bon endroit du mur comme s’il s’agissait d’un point G.

« Je vous conseille de mettre un maillot de bain : dans très peu de temps vous allez surfer sur les chaînes ! »
Des situations toutes aussi saugrenues les unes que les autres.

S’immisçant toujours plus dans sa vie privée, il tente de le persuader d’être son ami et va jusqu’à se servir dans son frigo, s’héberger chez lui, semer la zizanie avec un Time’s Up érotique lors d’une soirée dans sa famille et passer du temps avec son ex-copine, jouée par Leslie Mann (George de la Jungle, I Love You Philip Morris). Un casting sympathique également composé de Jack Black (Demolition Man, L’Histoire Sans Fin 3, Waterworld), Bob Odenkirk (l’avocat véreux de Breaking Bad) en caméo et Owen Wilson qui signe un de ses premiers rôles avant d’autres collaborations avec Ben Stiller comme Mon Beau-Père et Moi, Zoolander et Starsky & Hutch.

« Le futur, c’est maintenant ! Bientôt chaque foyer aura intégré la télévision, le téléphone, l’ordinateur. On pourra visiter le Louvre sur une chaîne, ou suivre le catch féminin dans la boue sur une autre. On pourra faire du shopping à domicile ou une partie de Mortal Kombat avec un ami au Vietnam. Les possibilités sont infinies ! »
Un pervers narcissique qui sait profiter de chaque situation !

Allant du combat de chevaliers à la chanson « Somebody to Love » de Jefferson Airplane interprétée par Jim Carrey pendant une soirée, le scénario comique de Disjoncté se permet de surcroît une critique de la télévision lorsque Chip sauve les gens de son influence néfaste en chutant sur la parabole. Si Ben Stiller y apparaît plusieurs fois comme accusé attendant son verdict durant une émission regardée par tous, le film fourmille aussi de références à la pop culture avec la mention de classiques comme Star Trek, Le Silence des Agneaux, Waterworld, GoldenEye et Mortal Kombat.

« Tout ce que je voulais c’est qu’on traîne ensemble, je demandais pas la lune !! »
« C’est encore moi qui ai tout gâché. Je voulais seulement être ton ami ! »

Arrêté pour recel après que Chip lui a installé un équipement haut de gamme, Steven comprend enfin qu’il a à faire à un aliéné et décide de se rebeller provoquant alors final à la dramaturgie touchante. Disjoncté prend en effet des tournures de film de super-héros tandis que Jim Carrey sublime son rôle dans un monologue illustrant toute la condition pathétique de son personnage, dans un final pouvant rappeler celui du Batman de Tim Burton. Un film poignant qui l’amènera vers des rôles différents de ses comédies habituelles dans des œuvres au ton particulier comme The Truman Show, Man on the Moon, The Majectic et Eternal Sunshine of the Spotless Mind.

Matrix, la saga visionnaire des Wachowski

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Matrix

 

Date de sortie : 31 mars 1999 (États-Unis), 23 juin 1999 (France)
Réalisatrices : Lana et Lilly Wachowski
Acteurs principaux : Keanu Reeves, Carrie-Anne Moss, Laurence Fishburne, Hugo Weaving
Genre : Science-fiction, action
Nationalité : Américain
Compositeur : Don Davis

« Comme tous les autres, tu es né enchaîné. Le monde est une prison où il n’y a ni espoir, ni saveur, ni odeur. Une prison pour ton esprit. »

Film de science-fiction emblématique de son époque réalisé par Lana et Lilly Wachowski, Matrix prend place dans un futur dystopique où de puissantes intelligences artificielles asservissent les humains à leur insu en leur faisant croire à une réalité fictive. Interprété par Keanu Reeves (Speed, Johnny Mnemonic, L’Associé du Diable), l’informaticien Thomas Anderson rejoint alors un groupe de résistants combattant la Matrice, dans laquelle les humains sont gardés sous contrôle. Sous le commandement de Morpheus, joué par Laurence Fishburne (La Couleur Pourpre, Double Détente, Othello), il fait la connaissance de Trinity, premier rôle d’envergure de Carrie-Anne Moss, et fait équipe avec tout un groupe dont l’excentrique Cypher, sous les traits de Joe Pantoliano (Bad Boys, Bound, Memento).

« Choisis la pilule bleue et tout s’arrête. […] Choisis la pilule rouge : tu restes au Pays des Merveilles et on descend avec le Lapin Blanc au fond du gouffre. »
Une complicité se voulant d’emblée naturelle.

Considéré comme l’élu pouvant libérer les humains du joug de la Matrice, Neo (selon son pseudonyme de hacker) doit alors faire face au redoutable agent Smith, incarné par le charismatique Hugo Weaving (Elrond dans Le Seigneur des Anneaux), dont les capacités dépassent les limites du réel. Grand classique du cyberpunk, Matrix brise efficacement le quatrième mur afin d’interroger le spectateur sur le monde dans lequel il vit. Pourvu de scènes d’action impressionnantes, il est aussi connu pour avoir popularisé le bullet time, cet effet visuel ralentissant la progression de certains personnages pendant que le reste se déroule à vitesse normale. Une technique réexploitée de nombreuses fois au cinéma et dans des jeux vidéo comme Max Payne.

Un sympathique hommage au cinéma hongkongais.
Neo et Trinity, héros emblématiques.

Inspiré par plusieurs films comme Tron pour son programmeur qui s’appelle Anderson, il emprunte aussi à Terminator pour son univers dominé par les machines ainsi qu’au cinéma hongkongais pour ses combats chorégraphiés à la manière d’un John Woo. Matrix puise également dans le manga Ghost in the Shell pour son esthétique générale, sans oublier Alice au Pays des Merveilles pour son univers parallèle où tout semble se retourner contre le personnage principal. Récompensé à de nombreuses reprises avec notamment les oscars des meilleurs effets visuels, du meilleur montage, du meilleur son et du meilleur montage sonore, le film des sœurs Wachowoski raisonne comme une œuvre visionnaire ayant fortement marqué la fin des années 1990.

 

Animatrix

 

Date de sortie : 17 avril 2003 (Argentine, Pérou), 12 juin 2003 (France)
Réalisateurs : Andy Jones, Mahiro Maeda, Shin’ichirō Watanabe, Yoshiaki Kawajiri, Takeshi Koike, Kôji Morimoto, Peter Chung
Doubleurs principaux : Patrice Baudrier, Agnès Manoury, Danièle Douet, Alain Dorval
Genre : Animation, science-fiction
Nationalité : Américain, japonais
Compositeurs : Don Davis, Machine Head et Photek

Un magnifique combat d’introduction.

Sorti peu de temps avant le deuxième film de la saga, Animatrix se compose de neuf courts métrages animés réalisés conjointement par des studios américains et japonais. Scénarisés par les Wachowski, ils abordent des thèmes comme la manipulation des humains et la trahison tout en enrichissant le background de la saga. « Dernier Vol de l’Osiris » constitue par exemple une introduction à Matrix Reloaded et comporte une superbe scène de combat dans la pure tradition des films d’arts martiaux, à l’instar de l’épisode « Programme ». Le conflit entre humains et machines est notamment raconté dans « La Seconde Renaissance », son origine ayant amené à la rébellion de ces dernières jusqu’à la création de la Matrice.

Un véritable hommage aux samouraïs.
Un choix de couleurs non sans rappeler celui du comics Sin City.

Mêlant à la fois dessins traditionnels et images de synthèse, l’animation se veut de haute qualité grâce à sa fluidité et à la grande variété de ses rendus. Si « Record du Monde » utilise des traits à la perspective exagérée pour mieux accentuer la démence de son personnage, « Histoire d’un Détective » fait le choix de se limiter aux nuances de gris pour rappeler l’esthétique des films noirs. Un des plus frappants est également « Matriculé », dont la direction artistique est un hommage certain à Ghost in the Shell. Accompagnant les films d’une manière atypique, Animatrix s’impose comme un très bon cru à consommer sans modération.

 

Matrix Reloaded

 

Date de sortie : 15 mai 2003 (2h 12min)
Réalisatrices : Lana et Lilly Wachowski
Acteurs entrants : Jada Pinkett Smith, Lambert Wilson, Monica Belluci, Randall Duk Kim
Genre : Science-fiction, action
Nationalité : Américain
Compositeur : Don Davis

Un deuxième film qui laisse une belle part à l’action.

Se situant six mois après les événements du premier film, Matrix Reloaded commence à se la jouer Star Wars alors que Neo, Trinity et Morpheus sont regroupés avec les derniers humains dans leur quartier général Sion pour faire face aux sentinelles envoyées par les machines. Aidés par les capitaines Soren et Niobe, cette dernière étant jouée par Jada Pinkett Smith (Le Professeur Foldingue, Scream 2, Ali), ils cherchent à accéder à la source de la Matrice en trouvant le Maître des Clés, incarné par Randall Duk Kim (Mémoires d’une Geisha, Dragon Ball Evolution, Le Dernier Maître de l’Air).

L’élu face au programme renégat.
Un rôle qui sied particulièrement à Lambert Wilson.

Ils doivent pour cela le libérer de l’emprise du Mérovingien, un trafiquant d’informations interprété par Lambert Wilson (La Boum 2, De Gaulle, Benedetta), accompagné de sa femme Perséphone sous les traits de Monica Belluci (Dracula, Le Pacte des Loups, Astérix & Obélix Mission Cléopâtre). Enrichissant de plus belle le lore de la saga, Matrix Reloaded constitue surtout une superbe vitrine du savoir-faire des Wachowski en termes de scènes d’action. De retour d’entre les morts, l’agent Smith refuse alors sa suppression et se propage comme un virus en multipliant les clones lors d’un affrontement mémorable face à Neo.

Assez flippants, les Jumeaux ont plus d’un tour dans leur sac.
Sans doute la séquence la plus emblématique du film.

Outre la superbe course poursuite contre les Jumeaux, la réalisation de la vision du futur durant laquelle Trinity effectue un saut dans le vide tout en tirant sur l’agent Thompson démontre une grande maîtrise de la caméra et du bullet time. À noter que l’agent Johnson est de son côté incarné par Daniel Bernhardt, connu pour son rôle de Siro dans Mortal Kombat Conquest. Valant essentiellement pour la qualité de ses chorégraphies, Matrix Reloaded se veut complémentaire à son aîné. Sorti exactement le même jour, le jeu vidéo Enter the Matrix complète quant à lui le scénario de ce deuxième film.

 

Matrix Revolutions

 

Date de sortie : 16 octobre 2003 (Lituanie),
5 novembre 2003 (France)

Réalisatrices : Lana et Lilly Wachowski
Acteurs principaux : Keanu Reeves, Carrie-Anne Moss, Sing Ngai, Mary Alice
Genre : Science-fiction, action
Nationalité : Américain
Compositeur : Don Davis

Le Mérovingien, toujours autant la classe.

Tourné parallèlement à Matrix Reloaded, Matrix Revolutions sort seulement six mois après son prédécesseur et s’avère être le premier film de l’histoire à paraître simultanément dans une grande majorité de pays. Dans cette conclusion de la trilogie d’origine, Neo cherche à se rendre à la ville des machines pour négocier la paix avec leur dirigeant en éliminant l’agent Smith, capable de transgresser les lois de la Matrice depuis son absorption de l’Oracle. Encore plus tourné vers l’action, le film confirme d’autant plus son inspiration pour Star Wars avec un combat spatial qui en met plein la vue.

Des machines, en veux-tu en voilà…
Un affontement final spectaculaire !

La violence se veut beaucoup plus marquée, notamment au niveau des visages lors de l’affrontement face à Bane et quand Trinity se fait transpercer avant l’arrivée du vaisseau à la ville machine. Le duel final ressemble quant à lui à un combat de super-héros tandis que Neo fait face à l’agent Smith sous une pluie battante devant une multitude de clones. Durant ces chorégraphies filmées avec un dynamisme fulgurant, Neo a en effet de fortes allures de Superman avec sa cape et sa vitesse d’envol. Assez différent des premiers films, Matrix Revolutions termine alors le récit en suggérant que l’Oracle et l’Architecte ne seraient pas humains. Deux ans plus tard sort le jeu vidéo Matrix Path of Neo, qui propose de revivre les éléments des trois films agrémentés de passages inédits.

 

Matrix Resurrections

 

Date de sortie : 16 décembre 2021 (Russie, Thaïlande, …), 22 décembre 2021 (France)
Réalisatrices : Lana Wachowski
Acteurs principaux : Keanu Reeves, Carrie-Anne Moss, Yahya Abdul-Mateen II, Jonathan Groff
Genre : Science-fiction, action
Nationalité : Américain
Compositeurs : Johnny Klimek et Tom Tykwer

Un Keanu Reeves en grande forme malgré l’âge.

Près de vingt ans après la trilogie Matrix, un quatrième film voit le jour sous l’objectif de Lana Wachowski seule, Lilly Wachowski consacrant tout son temps à la série Work in Progress. Se déroulant soixante ans après Matrix Revolutions, il met en scène un Thomas Anderson n’ayant plus de souvenir du passé et créateur d’une trilogie de jeux vidéo portant le nom de Matrix. Sujet à des visions perturbantes, il consulte un psychiatre qui lui prescrit d’étranges pilules bleues. Tandis qu’il recroise Morpheus, sa quête d’identité reprend et une nouvelle bataille s’enclenche dans la Matrice.

Un Neil Patrick Harris des plus intrigants.
Et pourquoi n’aurait-on pas le droit de faire les soldes dans la Matrice ?

Si on retrouve de nombreux personnages des précédents films, le casting subit des changements importants. Là où Keanu Reeves, Carrie-Anne Moss et Jada Pinkett Smith reprennent leur rôle de Neo, Trinity et Niobe, Morpheus est désormais incarné par Yahya Abdul-Mateen II (Aquaman, Us, Candyman) et l’agent Smith par Jonathan Groff (Spring Awakening, Glee). On trouve également une Sati devenue adulte sous les traits de Priyanka Chopra Jonas, ainsi que de nouveaux personnages comme l’Analyste joué par Neil Patrick Harris (How I Met Your Mother, Albert à l’Ouest, Gone Girl), Bugs par Jessica Henwick (Game of Thrones, Star Wars VII, On the Rocks) et Gwyn de Vere par Christina Ricci (La Famille Addams, Casper, After.Life).

Malgré un charisme certain, Jonathan Groff n’égale pas le talent d’Hugo Weaving.
Ayant bien grandi, Sati prend elle aussi une place plus importante.

Dans la droite lignée de ses prédécesseurs, Matrix Resurrections remet en question nos acquis de la société actuelle en proposant une nouvelle réflexion sur notre identité, thème faisant écho à la transgenrisme des auteurs d’origine. Un lien naturel est effectué par les visions qu’a Neo des précédents événements, ce dernier ayant amusamment de faux airs de John Wick quand il enchaîne ses chorégraphies de combat. Malgré des acteurs au charisme amoindri et un scénario quelque peu confus, Lana Wachowski parvient à émettre une critique des suites de film à outrance renvoyant efficacement aux dérives de l’époque actuelle. Techniquement bien abouti, Matrix Resurrections lance alors un pavé dans la mare des plus percutants.

Spider-Man No Way Home : le final tant attendu ?

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Date de sortie : 15 décembre 2021 (2h28min)
Réalisateur : Jon Watts
Acteurs principaux : Tom Holland, Zendaya, Benedict Cumberbatch, Marisa Tomei
Genre : Super-héros, fantastique
Nationalité : Américain
Compositeur : Michael Giacchino

Piégé par le pouvoir des médias, Peter doit trouver une solution pour convaincre les gens de son impunité.

Troisième épisode de l’univers cinématographique Marvel plaçant Tom Holland dans la peau de l’homme-araignée, Spider-Man No Way Home entame un scénario dramatique des plus intéressants suite à la révélation de l’identité du super-héros par Mystério dans le précédent film. Accusé du meurtre de ce dernier et traqué par les médias, Peter demande alors au Docteur Strange, toujours aussi bien interprété par Benedict Cumberbatch (Doctor Strange, Mowgli, 1917) de lancer un sort pour faire effacer son identité secrète de la mémoire des gens. Peter exigeant de plus en plus d’exceptions pour ses proches, le sort déstabilise l’espace-temps et introduit le Multivers, faisant alors réapparaître plusieurs personnages issus des précédents film Spider-Man.

Tout comme Ned, MJ subit les conséquences de la réputation de Spider-Man.
Stephen Strange, un allié essentiel qui reste correctement à sa place de personnage secondaire.

/!\ SPOILERS /!\ En plus de Zendaya, Jacob Batalon, Marisa Tomei et Jon Favreau qui réitèrent leur rôle, on a ainsi le plaisir de retrouver l’intégralité des principaux antagonistes des films précédant l’ère Holland. Outre un Docteur Octopus très présent sous les traits de l’excellent Alfred Molina (Da Vinci Code, Prince of Persia Les Sables du Temps), Peter Parker doit aussi en découvre face au Bouffon Vert, l’Homme-Sable, le Lézard et Électro, de nouveau incarnés par Willem Dafoe (Platoon, Beyond Two Souls, Le Crime de l’Orient-Express), Thomas Haden Church (John Carter, Killer Joe, Hellboy), Rhys Ifans (Snowden, Alice de l’Autre Côté du Miroir, The King’s Man Première Mission) et Jamie Foxx (Django Unchained, Baby Driver, Robin des Bois).

« Hello, Peter ! »
Un plan qui sort clairement du lot.

La naissance du Multivers est notamment marquée par le retour tant espéré de Tobey Maguire (Gatsby le Magnifique, Le Prodige) et d’Andrew Garfield (Breathe, Under the Silver Lake, Tick, Tick… Boom !), tous deux anciens interprètes de l’homme-araignée. Même le journaliste J. Jonah Jameson nous fait l’honneur de sa présence sous les traits du talentueux JK Simmons (Whiplash, Terminator Genisys, La La Land). Pour les connaisseurs des anciens Spider-Man, c’est ainsi un véritable plaisir de retrouver ces anciennes figures du cinéma, qui effectuent bien plus qu’un simple caméo.

Une mise en scène vraiment réussie pour certains passages grand spectacle.
Un Bouffon Vert plus dangereux que jamais, servi par un Willem Dafoe en grande forme !

Toutefois, leur temps de présence demeure assez mal exploité tandis que les dialogues inutiles ne cassent de traîner avant le combat final, faisant ainsi durer le film bien trop longtemps pour ce qu’il propose. Le dramatique lié à la révélation de l’identité de Spider-Man est également trop peu mis en avant malgré une introduction qui allait dans ce sens. Outre la mort de tante May à la dramaturgie tout juste acceptable, Spider-Man No Way Home manque sans surprise d’ambition cinématographique mais reste un divertissement réussi qui introduit le Multivers d’une bien belle manière.

Ace Ventura en Afrique, de Steve Oedekerk

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Date de sortie : 10 novembre 1995 (États-Unis),
10 juillet 1996 (France)

Réalisateur : Steve Oedekerk
Acteurs principaux : Jim Carrey, Ian McNeice, Simon Callow, Sophie Okonedo
Genre : Comédie
Nationalité : Américain
Compositeur : Robert Folk

« Ah oui ! Mais si t’étais moi, alors moi je serais toi et j’utiliserais tes jambes pour continuer à grimper ! »

Deuxième film mettant en scène le fameux détective pour animaux incarné par Jim Carrey (The Mask, Dumb & Dumber, Batman Forever), Ace Ventura en Afrique nous fait voyager au Tibet puis dans un pays fictif à la recherche d’une chauve-souris blanche sacrée nommée Chickaka, dont la disparition a provoqué un conflit entre deux tribus. Réalisé par Steve Oedekerk (Le Professeur Foldingue, Bruce Tout Puissant), il met notamment en scène Simon Callow (Amadeus, Bons Baisers d’Hollywood, Street Fighter L’Ultime Combat), Bob Gunton (Demolition Man, Les Évadés) et Adewale Akinnuoye-Agbaje (Légionnaire, Le Retour de la Momie, La Mémoire dans la Peau).

« L’arme à feu ou le vieux poignard !? »
Une dégaine à la Michel Courtemanche !

À la suite d’une introduction parodiant celle de Cliffhanger Traque au Sommet par l’intermédiaire d’un malencontreux accident de raton-laveur, Ace Ventura en Afrique poursuit son scénario en enchaînant les gags propres au comique de Jim Carrey. Outre un personnage qu’il compare au Colonel Moutarde du jeu de société Cluedo (alors qu’il parle du bonhomme Monopoly dans la version québécoise), il s’amuse à faire des ombres chinoises potaches pendant une projection sérieuse tandis qu’il conduit une voiture n’importe comment en réalisant un rangement en bataille (qu’il appelle un créneau) après plusieurs tonneaux.

« Chickaka ! »
Des situations à nulle autre pareille !

Les sonorités de « Chickaka » donnent évidemment lieu à toutes sortes de jeux de mots et la caricature des tribus africaines bat son plein entre la coutume des crachats et leurs noms fictifs Wachati et Wachootoo. Véritable réussite dans la lignée de son prédécesseur, Ace Ventura en Afrique est en réalité la seule suite à laquelle Jim Carrey a bien voulu participer à l’époque. Il décline en effet sa présence dans les années 2000 pour le dispensable préquel Dumb & Dumberer, l’affligeant Fils du Mask et l’abominable Evan Tout Puissant. Une habitude qu’il semble avoir changée ces dernières années étant donné sa participation dans Dumb & Dumber De et son retour dans la suite du film Sonic.

Quand tu donnes ton avis sur les réseaux sociaux…

Platoon : Oliver Stone et les ravages de la guerre

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Date de sortie : 24 décembre 1986 (Turquie),
25 mars 1987 (France)

Réalisateur : Oliver Stone
Acteurs principaux : Charlie Sheen, Willem Dafoe, Tom Berenger, Keith David
Genre : Guerre, drame
Nationalité : Américain
Compositeur : Georges Delerue

Les grands débuts de Charlie Sheen en uniforme !

Écrit et réalisé par Oliver Stone (La Reine du Mal, La Main du Cauchemar, Salvador) qui s’est inspiré de sa propre expérience en tant que soldat engagé, Platoon fait partie de ces films marquants dépeignant une vision particulièrement violente de la guerre du Vietnam. Dans la lignée de Voyage au Bout de l’Enfer et d’Apocalypse Now mais très différent d’un Rambo, il est le premier film d’un triptyque culte du réalisateur qu’il constitue avec Né un 4 juillet et Entre Ciel et Terre. Se déroulant en 1967, il met en avant la condition de soldat du jeune Chris Taylor, premier rôle majeur de Charlie Sheen (Lucas, La Folle Journée de Ferris Bueller, Phantom), dont l’enthousiasme se volatilise rapidement lorsqu’il se rend compte des corvées qu’on lui assigne dans une section qui a déjà subi plusieurs pertes au combat.

« Surtout tâche d’éviter la ronflette, bleusaille, ou t’auras le cul qui saignera ! »
Un peu de légèreté dans ce monde de brutes.

Pris en main par le sergent Elias sous les traits de Willem Dafoe (The Loveless, Les Rues de Feu, Police Fédérale Los Angeles), il est dirigé par le sergent-chef Barnes, individu bien plus brutal interprété par Tom Berenger (Les Copains d’Abord, New York, Deux Heures du Matin, Rustlers’ Rhapsody). Malgré l’atrocité des conditions de vie imposée par le conflit, Taylor peut compter sur le soutien de plusieurs camarades notamment interprétés par Forest Whitaker (La Couleur de l’Argent, Good Morning Vietnam, Bloodsport), Keith David (The Thing, Mort ou Vif, Mary à Tout Prix) et Tony Todd (Bird, La Nuit des Morts-Vivants, Candyman). Deux ans après Les Griffes de la Nuit, Johnny Depp y effectue même un petit rôle avant le réel lancement de sa carrière avec Edward aux Mains d’Argent.

Une dualité iconque entre les deux sergents.
Un Tom Berenger qui exploite toute la cruauté de son rôle.

Pour imprégner au mieux les acteurs de la vie des soldats et leur faire perdre leur aspect civil, Oliver Stone va jusqu’à recréer un camp d’entraînement et leur impose deux semaines d’épreuves comprenant de longues heures de marche, des embuscades, des patrouilles et des attaques nocturnes. De cette manière, Platoon illustre parfaitement l’esprit de l’Amérique de l’époque, partagé entre des guerriers assoiffés de victoire et des soldats qui estiment que le pays perd son âme dans un conflit qu’ils ne comprennent pas et auquel ils n’ont jamais été préparés. Vision symbolisée par la confrontation entre les sergents Barnes et Elias, le premier représentant la force brute et rapidement incontrôlable, tandis que le second fait preuve d’une conscience morale et se montre bien plus lucide en ne croyant pas en une véritable victoire.

« Nous bottons le cul à tellement de peuples depuis si longtemps qu’il est normal qu’on se le fasse botter à notre tour. »
« L’enfer, c’est la suppression de la raison. »

Approfondissant toujours plus la condition des soldats, Platoon en profite pour pointer du doigt l’abus d’autorité des soldats expérimentés sur les nouvelles recrues à travers des répliques injurieuses. Il dénonce également l’abandon et l’assassinat d’officiers impopulaires ainsi que le dérapage des soldats face aux civils innocents dans des séquences particulièrement poignantes. Fort d’une réalisation de qualité à travers de nombreux plans à travers les feuillages et des gros plans sur les regards des sergents pour insister sur leur dualité, le film marque aussi pour sa narration portée par un personnage principal efficacement doublée par Eric Legrand, rapidement connu pour les voix de Seiya des Chevaliers du Zodiaque et de Vegeta dans Dragon Ball Z. Récompensé par quatre oscars dont celui du meilleur film, Platoon s’impose comme un des plus grands classique sur la guerre du Vietnam.

« Je suis sûr maintenant quand j’y repense, que nous ne nous sommes pas battus contre l’ennemi. Nous nous sommes battus contre nous-mêmes. L’ennemi était en nous. »

Le Professionnel, un Belmondo percutant

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Date de sortie : 21 octobre 1981 (1h 48min)
Réalisateur : Georges Lautner
Acteurs principaux : Jean-Paul Belmondo, Robert Hossein, Michel Beaune, Jean-Louis Richard
Genre : Action, drame
Nationalité : Français
Compositeur : Ennio Morricone

Une introduction qui annonce d’emblée la dramaturgie du scénario.

Adaptation du roman Mort d’une Bête à la Peau Fragile de Patrick Alexander, Le Professionnel marque la troisième collaboration entre Georges Lautner et Jean-Paul Belmondo, après Flic ou Voyou et Le Guignolo. Scénarisé par Jacques Audiard et le réalisateur lui-même, il met en scène l’espion français Josselin Beaumont, dénoncé par ses supérieurs pour des raisons politiques alors qu’il devait assassiner le dirigeant du Malagawi. Évadé de prison lors d’une séquence explosive à la Rambo II, il revient en France pour se venger de ses employeurs et exécuter le dictateur, en voyage officiel à Paris.

« – Je voulais pas le gifler, je te jure : c’est Rosen qui me l’a demandé. *PAF* – Moi non plus je voulais pas te gifler, c’est ma femme qui me l’a demandé ! »
« J’étais en train de penser que je ne détesterais pas vous retenir, mais sans lui téléphoner. »

Le contexte politique se base en réalité sur l’évolution des relations diplomatiques entre la France et ses anciennes colonies africaines. Sorti peu après l’élection de François Mitterrand, le film imagine alors un nouveau gouvernement dont l’intérêt n’aurait plus été de tuer le colonel N’Jala. Plus casse-cou que jamais, Bébel va alors se mesurer au commissaire Rosen, incarné par Robert Hossein (Une Corde, un Colt, Point de Chute, Les Misérables), mais aussi à d’autres gradés de la police joués par Jean-Louis Richard (Jules et Jim, Le Dernier Métro, Le Gendarme et les Gendarmettes), Michel Beaune et Bernard-Pierre Donnadieu.

« – Tu vas pas sortir comme ça, y’a deux flics dehors : t’es cinglé, ils vont te tomber dessus ! – Aucune importance : j’ai ce qui s’appelle l’avantage de la surprise ! »
« Je t’avais dit que je serais toujours derrière toi ! »

Dans la pure tradition des comédies d’action avec Jean-Paul Belmondo, Le Professionnel est un régal de chaque instant tant le moindre plan est calculé pour une réalisation optimale. Les scènes d’action soudaines sont bien orchestrées et les combats à mains nues ne manquent pas de bruitages percutants pour renforcer l’immersion. Grand habitué du réalisateur, Michel Audiard s’amuse à décomplexifier les situations grâce à des dialogues complètement décalés tels que « Joss Beaumont, espionnage et châtaigne ! », ou encore « J’espère qu’il va pas trop se friper, j’ai oublié de le mettre sur un cintre ! ».

« – Que puis-je faire pour voir, commandant Beaumont ? – Ouvrir les rideaux, allumer la lampe… et mourir, Monsieur le Président ! »
« Quand j’ai dit ça j’avais un flingue là. Vous savez ce que c’est que d’avoir un flingue là !? C’est pas les comptes-rendus, c’est pas les rapports, c’est pas de l’informatique, c’est un flingue ! »

Le Professionnel constitue toutefois un tournant dans la carrière de Belmondo pour son ton bien plus grave et son scénario dramatique, comme l’illustre le duel de Beaumont face au commissaire Rosen, véritable hommage aux meilleurs westerns spaghetti grâce à des jeux de regard filmés à la perfection sublimés par la mélancolique « Chi Mai ». Retentissant à de nombreuses reprises, cette musique avait été composée dix ans plus tôt par Ennio Morrione pour le film italien Maddalena de Jerzy Kawalerowicz. /!\ SPOILERS /!\ Elle retentit de plus belle durant le final d’un tragique audacieux pour son époque, la caméra s’éloignant de Beaumont par les airs pour symboliser l’élévation de son âme à la manière d’un Taxi Driver. Un film exemplaire du savoir-faire français du début des années 1980.

Dumb & Dumber : la comédie ultime de Jim Carrey

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Date de sortie : 16 décembre 1994 (États-Unis),
14 juin 1995 (France)

Réalisateurs : Peter et Bobby Farrelly
Acteurs principaux : Jim Carrey, Jeff Daniels, Lauren Holly, Mike Starr
Genre : Comédie
Nationalité : Américain
Compositeur : Todd Rundgren

 

– ARRÊTEZ CET AVION !!
– Non non, n’y allez pas !
– Vous inquiétez pas, je suis chauffeur de limousine !

De sacrées têtes de vainqueur pour ce duo de folie !

Après quelques films sympathiques dont le méconnu Vampire Forever et sa révélation dans les comédies culte Ace Ventura, Détective Chiens et Chats et The Mask, Jim Carrey atteint les sommets de son humour déjanté avec l’excellent Dumb & Dumber, premier film des frères Farrelly (Strike, Mary à Tout Prix, Fous d’Irène). Incarnant Lloyd Christmas, un chauffeur de limousine aussi peu futé que sa coupe au bol est ringarde, il fait équipe avec Harry Dunne, un colérique à moitié bègue et mal coiffé interprété par Jeff Daniels (La Rose Pourpre du Caire, Arachnophobie, Speed), qui n’a rien de mieux à faire que customiser sa camionnette en berger des Pyrénées pour ses livraisons de chiens. Lloyd croise le chemin de la ravissante Mary Swanson, jouée par Lauren Holly (Linda Lee dans Dragon L’Histoire de Bruce Lee), le coup de foudre est tel qu’il ne peut s’empêcher de vouloir lui ramener la mallette qu’elle laisse pourtant volontairement à l’aéroport pour un duo de personnages peu recommandables.

Une bonne tête de l’emploi pour ces sous-fifres du grand méchant de l’histoire !
« Casse-lui la gueule, Gaspard ! »

Incarnés par Mike Starr (Les Affranchis, Cool World, Ed Wood) et Karen Duffy, ces derniers vont alors les traquer sur la route pour qu’ils n’atteignent jamais Aspen, ville d’où le malicieux Nicholas Andre tire les ficelles sous les traits de Charles Rocket (Objectif Terrienne, Danse avec les Loups, Hocus Pocus). Si la première partie de Dumb & Dumber s’attache à la situation des deux protagonistes, qui perdent leur boulot et vivent dans un logement miteux avec un élevage de vers de terre comme seul projet, elle annonce surtout la variété des gags à venir. On y voit en effet Lloyd serrer Mary dans ses bras comme s’ils venaient de vivre un moment inoubliable, percuter une voiture en suivant Mary des yeux et se vautrer dans l’aéroport en pensant pouvoir rattraper son avion pendant qu’Harry offre gracieusement des sandwiches aux chiens qu’il vient de toiletter.

« Vous avez un peu abusé de la bouteille à ce que je vois, ou alors je me trompe c’est p’tet du sirop pour la toux ! »

 

J’aurais cru que les montagnes rocheuses
étaient un peu plus… rocheuses que ça !

Un rêve aux fantasmes très éclectiques !

La seconde partie de Dumb & Dumber se concentre sur les nombreuses péripéties qu’ils s’infligent eux-mêmes sur la route. Les situations d’anthologie ne manquent pas entre leur arnaque au routier Gaspard, Lloyd contraint d’uriner dans des bouteilles vides tandis qu’un policier poursuit leur véhicule, Harry qui cherche désespérément de quoi éteindre le feu sur ses chaussures à la station-service, le coup de poing dans la figure à travers le vitre d’une cabine téléphonique et Lloyd qui se trompe de route en pleine nuit. Le délire atteint son paroxysme quand ce dernier caricature à outrance les arts martiaux lors d’un rêve où il s’imagine défendre Mary face à plusieurs agresseurs dans un restaurant, ou encore lorsque les deux compères ne s’arrêtent plus d’exaspérer Mentalino alors qu’ils le prennent comme autostoppeur. Le pire est qu’ils arrivent à passer pour des pros aux yeux de leurs opposants quand ils liquident involontairement ce dernier en partant d’une simple blague de piment dans son burger.

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« Non non non non ! On n’a pas le droit de se percher dans un camion ! On n’a pas le droit de se percher dans un camion ! On n’a pas le droit de se percher dans un camion ! Lloyd !? LLOYD !!? »
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Les mecs qui éclatent de rire sans se rendre compte que leur victime est en train de clamser !

Tandis qu’ils découvrent enfin que la mallette regorge de billets, ils ne cessent d’empiler les clichés sur les riches, comme les paquets qui dégoulinent lorsqu’ils ouvrent les portes de leur Ferrari et les dollars qui servent de mouchoir tellement ils ne savent plus quoi en faire. Si Lloyd continue d’accumuler les rires et autres tronches d’imbécile heureux en plus des films qu’il se fait durant tout le scénario, Harry s’accapare carrément Mary lors d’une journée au ski, préfigurant ainsi le scénario de Mary à Tout Prix, des mêmes réalisateurs. Les situations délirantes s’enchaînent alors avec le bouchon de champagne qui dégomme une chouette, Lloyd qui hurle de joie quand Mary lui annonce qu’il aurait une chance sur un million de finir avec elle, et leur engueulade qui explose une fois attachés sur le lit. Si plusieurs gags pipi caca ou en-dessous de la ceinture peuvent être de trop, l’idée du laxatif qui oblige Harry à se retrouver coincé aux toilettes dans le chalet de Mary s’avère relativement efficace.

« – C’est une jolie paire que vous avez là. – Je vous demande pardon ? – Bah oui vous chouettes elles sont magnifiques ! »

 

– Alors vous passez me prendre à dix-neuf heures quarante-cinq ?
– Euh ce soir bah non j’ai à faire, enfin bon alors si vous voulez bien j’aimerais plutôt huit heures moins le quart.

Du pur délire dans les gestes comme seul Jim Carrey sait le faire !

Fort bien réalisé, Dumb & Dumber vaut aussi pour son rythme parsemé de courtes compositions qui viennent ponctuer certains moments forts, comme « First Love » lors du coup de foudre, « Urgent Bagage » quand Lloyd tente de rattraper l’avion et « Wrath of the Gas Man » qui annonce la présence d’un antagoniste. Outre l’enivrante « The Rain, The Park and Other Things » de The Cowsills durant le rêve et l’entraînante « Oh, Pretty Woman » de Roy Orbison à l’institut de beauté, plusieurs chansons américaines dynamisent les moments sur la route et à la montagne telles que « Boom Shack-a-lack » d’Apache Indian, « Crash (The 95’ Mix) » par The Primitives et « New Age Girl » par Dead Eye Dick. Todd Rundgren lui-même vient apporter une touche plus personnelle avec « Can We Still Be Friends » lors de l’avant-dernière séquence.

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« Je rêve désespérément de faire l’amour à un petit écolier ! »
« – C’est vrai ça s’il faut seulement une belle gonzesse pour foutre le bordel comme ça, c’est p’tet parce que notre amitié n’existe pas, il vaut mieux tirer un très dessus, d’accord ? – Et tu me dis où je dois signer, abruti ? – Sur mon cul, tu l’embrasses et t’as plus qu’à signer ! »

Un scénario rocambolesque sans lequel Mary n’aurait jamais retrouvé son mari, mais qui laisse ironiquement Lloyd et Harry sur le carreau étant donné qu’ils se retrouvent de nouveau à pied sur la route. Mais au cas où le titre du film ne serait pas suffisamment explicite, une dernière scène vient achever de démontrer leur qualification de cloche et d’idiot (selon le titre québécois) tandis qu’ils ne se rendent même pas compte qu’ils auraient pu servir de masseurs à une trentaine de filles dans un bus en tournée bikinis. Complété par un préquel à l’intérêt limité sans l’équipe d’origine puis par une suite correcte par les mêmes réalisateurs quelques années plus tard, Dumb & Dumber représente brillamment le sommet de la carrière comique de Jim Carrey tout en faisant partie de ces comédies intemporelles à consommer sans aucune modération.

« Police ! On fait plus un mouvement. Personne ne bouge, ou je tire : les mains en l’air ! Pas toi, connard ! »

West Side Story, au cœur de la rue de 1961 à 2021

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L’adaptation de Jerome Robbins et Robert Wise

 

Date de sortie : 18 octobre 1961 (États-Unis), 3 mars 1962 (France)
Réalisateurs : Jerome Robbins et Robert Wise
Acteurs principaux : Richard Beymer, Natalie Wood, George Chakiris, Rita Moreno
Genre : musical
Nationalité : Américain
Compositeur : Leonard Bernstein

Les Jets, premiers arrivants toujours très sûrs d’eux.

Adaptation de la comédie musicale éponyme de 1957 par Jerome Robbins et Robert Wise (La Mélodie du Bonheur, Star Trek le film), West Side Story constitue un Roméo et Juliette moderne dans le New York des années 1950, théâtre d’un conflit ethnique qui sévit entre deux gangs de rue. D’une part les Jets, Américains d’origine polonaise, irlandaise et italienne, bien décidés à protéger leur territoire ; d’autre part les Sharks, immigrés d’origine portoricaine cherchant à être acceptés dans une société profondément communautariste.

Les Sharks, expressément qualifiés de sauvages durant le film.
L’immanquable séquence de bal.

Ce qui devait arriver surgit alors lorsque Tony, ancien leader des Jets joué par Richard Beymer (Twin Peaks), tombe sous le charme de Maria, immigrée portoricaine interprétée par Natalie Wood (La Fureur de Vivre), mais aussi sœur de Bernardo, chef des Sharks incarné par George Chakiris (Les Demoiselles de Rochefort). Conseillée par son amie Anita, sous les traits de Rita Moreno (The Ritz), cette dernière succombe néanmoins à cet amour irrésistible, pourtant rendu impossible par la confrontation des deux clans, qui ne cessent de se provoquer et organisent même un duel.

Une allégorie efficace de l’amour impossible.

Du haut de ses deux heures et demie, West Side Story expérimente divers procédés de réalisation, à commencer par un générique à image fixe qui ne laisse étrangement place qu’à la musique sans aucun nom qui défile à l’écran. Premier film à survoler New York en vue aérienne, il introduit son scénario par une première séquence simplement composée de danse et de musique, qui annonce d’ores et déjà un style rythmique à base de sifflements et de claquements de doigt. Récompensé par dix oscars dont celui du meilleur film et de la meilleure musique, West Side Story s’impose d’emblée comme un grand classique du film musical.

 

L’adaptation de Steven Spielberg

 

Date de sortie : 8 décembre 2021 (2h 36min)
Réalisateur : Steven Spielberg
Acteurs principaux : Ansel Elgort, Rachel Zegler, Ariana DeBose, David Alvarez
Genre : musical
Nationalité : Américain
Compositeurs : Leonard Bernstein et David Newman

Un nouveau duo plein de charme.

Adaptation réalisée soixante ans après le premier West Side Story par Steven Spielberg (Le Bon Gros Géant, Pentagon Papers, Ready Player One), ce nouveau film se montre d’emblée plus fidèle à la comédie musicale avec un quartier en pleine gentrification, des Sharks tous interprétés par des Latino-Américains et un Tony récemment sorti de prison dont la prise de distance avec les Jets se fait davantage ressentir. Incarné par Ansel Elgort (Carrie La Vengeance, Baby Driver, November Criminals), il porte largement le film en duo avec Rachel Zegler, qui effectue son premier rôle au cinéma avant d’incarner Blanche-Neige dans la future adaptation en prises de vue réelles de Disney.

Là où les Sharks passent, les Jets trépassent !
Une « America » très efficacement remaniée !

Outre le jeune David Alvarez qui joue Bernardo, Valentina remplace Doc à la direction du café sous les traits de Rita Moreno, qui interprétait Anita en 1961. Fort d’une réalisation au top pour une durée similaire, ce nouveau West Side Story reprend efficacement la structure du scénario d’origine en réinterprétant certaines chorégraphies. « America » se déroule désormais dans les rues de New York, « One Hand, One Heart » passe du magasin de vêtements à l’église tandis que de nombreux dialogues en espagnol viennent davantage marquer les différences ethniques. Le film offre également des plans très intéressants, comme la vue aérienne qui laisse apparaître les ombres des Jets et des Sharks au début de leur confrontation. Une grande réussite pour un des meilleurs films de 2021 !