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Emmanuel Delextrat

Emmanuel Delextrat
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Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…

Eiffel, de Martin Bourboulon

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Date de sortie : 16 septembre 2021 (Nouvelle-Zélande), 13 octobre 2021 (France)
Réalisateur : Martin Bourboulon
Acteurs principaux : Romain Duris, Emma Mackey, Pierre Deladonchamps, Armande Boulanger
Genre : Historique, romance
Nationalité : Français
Compositeur : Alexandre Desplat

« Une tour, trois cents mètres, entièrement en métal. »

Après le diptyque à succès Papa ou Maman, Martin Bourboulon se lance dans un autre registre avec une romance historique relatant la genèse et la construction de la tour Eiffel. Brillamment interprété par Romain Duris (L’Arnacœur, L’Écume des Jours, Casse-Tête Chinois), l’ingénieur Gustave Eiffel est en effet poussé à sortir le grand jeu pour l’Exposition Universelle de Paris de 1889 après avoir réalisé l’ossature de la Statue de la Liberté pour les États-Unis. Jusqu’alors uniquement intéressé par le futur métropolitain de la capitale française, il retrouve son inspiration en recroisant Adrienne Bourgès (« Il faut voir plus libre, plus audacieux. »), son amour de jeunesse incarné par Emma Mackey, connue pour son rôle dans la série Sex Education.

Une romance des plus touchantes.
« Cette tour, messieurs, c’est Paris, son rayonnement, sa place dans le monde. »

Doté d’une belle reconstitution historique et d’une narration bercée par les compositions d’Alexandre Desplat, Eiffel alterne efficacement entre les difficultés de l’ingénieur et des flashbacks dévoilant sa rencontre et ses moments passés avec Adrienne, qu’il retrouve mariée avec un autre des années après qu’elle l’a abandonné suite à un différend de classe sociales. La construction de la tour met également en avant la concurrence avec d’autres projets et la difficulté des ouvriers pour relier les parcelles, Gustave Eiffel faisant preuve d’un réel leadership en escaladant lui-même l’édifice pour encourager son équipe.

Des acteurs de grand talent.
« Ce que nous allons entreprendre, personne ne l’a jamais tenté. […] C’est ensemble qu’on l’a commencée, c’est ensemble qu’on va l’achever ! »

Dans la lignée de L’Empereur de Paris tout en surpassant d’assez loin la qualité d’un De Gaulle, Eiffel vaut fortement pour son jeu d’acteur de grande qualité, Romain Duris et Emma Mackey faisant honneur au cinéma français en interprétant leur personnage avec beaucoup de justesse. Librement inspiré de faits réels, il se permet même une conclusion des plus touchantes en associant la forme en A de la tour Eiffel à la première lettre du prénom Adrienne. Au-delà de son caractère accessible et relativement convenu, Eiffel fait correctement les choses du début à la fin.

Candyman (1992) de Bernard Rose

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Date de sortie : 16 octobre 1992 (États-Unis), 20 janvier 1993 (France)
Réalisateur : Bernard Rose
Acteurs principaux : Virginia Madsen, Tony Todd, Kasi Lemmons, Vanessa A. Williams
Genre : Épouvante
Nationalité : Américain
Compositeur : Philip Glass

« Candyman… Candyman… Candyman… Candyman… »

Adaptation cinématographique de la nouvelle The Forbidden de Clive Barker par Bernard Rose, Candyman est un film d’épouvante qui se joue efficacement de la construction des slashers classiques pour mieux surprendre le spectateur. Interprétée par Virginia Madsen (Dune, Highlander Le Retour), Helen Lyle est une étudiante en pleine élaboration d’une thèse sur les croyances populaires et les légendes urbaines en compagnie de son amie Bernadette, jouée par Kasi Lemmons (Le Silence des Agneaux, Chasse à l’Homme). Elle entend rapidement parler d’un croque-mitaine qui assassine des femmes et des enfants dans un quartier défavorisé habité par des immigrés d’origine africaine. Helen part alors directement enquêter dans un logement désaffecté où a eu lieu un meurtre présenté lors de l’introduction du film.

Deux héroïnes qui doivent encore prouver qu’elles peuvent appartenir à leur propre milieu.
L’effroi par la mise en scène.

Incarné par Tony Todd (Platoon, La Nuit des Morts-Vivants, The Crow), Candyman arbore un certain charisme et entretient le mystère par ses apparitions confidentielles. Tirant son nom de son odeur de barbe-à-papa dans la nouvelle, à laquelle le film fait référence par la présence de bonbons, il est présenté comme le fils d’un esclave noir dont la main a été coupée et remplacée par un crochet qui lui sert d’arme. Devenu peintre, il s’était en effet attiré les foudres de son entourage pour s’être lié à une femme blanche, ce qui lui avait valu d’être recouvert de miel pour une mort lente et douloureuse par un essaim d’abeilles. Comme montré dans l’introduction, prononcer son nom cinq fois devant un miroir le fait apparaître. Cette mise en bouche est volontairement cliché pour illustrer le fait qu’Helen ne croit pas en l’existence de Candyman et laisser croire à un slasher des plus convenus.

Une posture imposante qui joue sur les ombres et lumières.
Le regard subjugué d’une héroïne qui court à sa perte.

Fort bien réalisé, le film profite d’une belle photographie dont a pu s’inspirer Silent Hill pour ses zones horrifiques parsemées de rouille et de sang. Composé par Philip Glass, le thème musical récurrent au piano rappelle efficacement, à la manière de John Carpenter dans Halloween, que le danger n’est jamais loin. L’éclairage centré sur les yeux de l’héroïne lors des gros plans participe à une certaine hypnose sensuelle, comme celle dont se sert Dracula pour piéger ses victimes. Déjà utilisée pour le personnage de Morticia dans La Famille Addams, elle fait également référence au romantisme noir façon Edgar Allan Poe. La volonté de Candyman est en effet qu’Helen obtienne une mort spectaculaire afin de devenir une légende à ses côtés.

Piqué vingt-trois fois durant le tournage par des abeilles spécialement élevées pour les besoins du film, Tony Todd avait négocié une prime de mille dollars par piqûre subie.
« Qu’est-ce que tu as Trevor ? Tu as peur de quelque chose ? »

L’horreur sociale se caractérise alors par l’omniprésence de l’hostilité des habitants de la cité de Cabrini-Green. Jusque dans sa forme, le rectangle de ses immeubles qui s’empilent de manière oppressante s’oppose au cercle réconfortant de l’amphithéâtre, qui renvoie de son côté au savoir et à l’aisance sociale. L’introduction insiste justement sur cette opposition par la route qui relie les deux quartiers, en la montrant en vue aérienne durant plusieurs secondes. Bêtement accusé de se servir de stéréotypes racistes à sa sortie, Candyman consiste pourtant bien au contraire en une métaphore efficace des difficultés d’intégration de la minorité afro-américaine. Un bon classique de l’épouvante qui obtiendra deux suites dans les années 1990, puis un nouvelle faisant table rase des précédentes en 2021.

Robin des Bois (1973) de Wolfgang Reitherman

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Date de sortie : 8 novembre 1973 (États-Unis), 30 octobre 1974 (France)
Réalisateur : Wolfgang Reitherman
Doubleurs français : Dominique Paturel, Claude Bertrand, Philippe Dumat, Roger Carel
Genre : Animation
Nationalité : Américain
Compositeurs : Floyd Huddleston, Roger Miller

« Au à propos je suis Adam de La Halle, un ménestrel, un chanteur qui compte de belles histoires ! »

Bien connue pour être une adaptation accessible aux plus jeunes, cette version de Robin des Bois s’inspire à la fois de la légende du célèbre justicier et du Roman de Renart, avec l’utilisation d’animaux anthropomorphes comme Disney en a l’habitude. Ainsi, Robin devient un sympathique renard pour son infaillible ruse, Petit Jean un ours, le Prince Jean un lion (symbolique de l’animal royal), Frère Tuck un blaireau, le shérif de Nottingham un loup grossier et Belle Marianne une renarde pour sa romance avec Robin. Si le bras droit Guy de Gisbourne n’est pas présent, il est remplacé par un serpent nommé Père Siffleur qui, tel Kaa du Livre de la Jungle, parle souvent en insistant sur les phonèmes sifflants et est animé de manière comique. L’occasion inespérée pour un jeu de mots évident avec le terme « persifleur », caractérisant parfaitement ce personnage qui se plaît dans ses railleries et qui se tourne bien souvent en ridicule tout en servant de souffre-douleur au Prince Jean. L’anthropomorphisme permet également à Disney de s’éloigner de la condition de voleur de son personnage principal, qui entrait en conflit avec la morale établie par le studio de l’époque.

« Robin avec Petit Jean aux bois se promènent
Ils s’en vont le coeur content et devisent gaiement. »
La symbolique de la fierté de dérober aux pauvres pour nourrir les riches !

On reconnaît l’esthétique très colorée typique des années 1960 de Merlin l’Enchanteur, Le Livre de la Jungle et Les Aristochats, avec des contours sur plusieurs traits et des éléments liquides qui disparaissent quand ils tombent. L’animation est marquée par quelques chansons, notamment les sifflements et les cordes pincées du coq ménestrel au début et à la fin, ainsi que la satirique « Messire le Roi de Mauvais Aloi ». Le portrait des personnages est adouci afin de parler aux plus jeunes tandis que le Prince Jean est clairement montré comme usurpateur de la couronne. Son illégitimité passe par son inattention lorsqu’il se fait voler ses bagues et son or, par sa ridiculisation quand il est traîné dans la boue et par la corde qui fait défiler les sacs de pièces, et par son infantilisation avec sa façon de sucer son pouce en pensant à sa mère, sa couronne étant également trop grande pour lui. Le roi Richard est au contraire un lion fièrement pourvu d’une crinière, lui offrant une tout autre maturité.

 

It's Time to Stop Using Robinhood - Forget Algebra
Un grand souverain dans toute sa spelndeur !
Rencontre avec « Belle » Marianne, car le héros ne finit jamais avec une fille moche 😉

Robin est d’entrée présenté comme un bienfaiteur qui vole les riches pour donner aux pauvres, tandis que sa balade avec Petit Jean sur le tronc surplombant une rivière est un clin d’œil au combat qu’ils mènent l’un contre l’autre dans l’histoire d’origine, tourné en dérision dans des adaptations comme Sacré Robin des Bois. Le shérif de Nottingham est le véritable antagoniste de terrain, chargé de récolter l’argent des taxe auprès des pauvres habitants. L’humour suit son train tandis qu’il lance une pièce dans la tasse de Robin déguisé en clochard pour mieux en faire rebondir trois qu’il attrape aussitôt, ou encore quand il s’empare des dernières économies d’une famille pour celui qu’il appelle ironiquement le « pauvre Prince Jean ». Père Siffleur se fait maltraiter jusqu’à subir un nœud avec son propre corps, et Petit Jean n’est pas en reste lorsqu’il gobe les pierres précieuses des bagues du Prince Jean en lui baisant les doigts.

Un bienfaiteur apprécié de tous.
Tous les moyens sont bons pour récupérer l’argent des taxes !

La réalisation de Robin des Bois est notamment marquée par la réutilisation d’éléments d’animation des précédentes productions Disney : les graphiques du Prince Jean et de Petit Jean sont par exemple directement repris du roi Léonidas et de l’ours pêcheur de L’Apprentie Sorcière, film mêlant animation et prises de vues réelles sorti deux ans plus tôt. Encore plus frappant, de nombreuses voix françaises se reconnaissent par rapport à d’autres dessins animés. Bien connu pour faire les voix de Gargamel dans Les Schtroumpfs, Snoops dans Les Aventures de Bernard et Bianca et surtout Picsou dans La Bande à Picsou, Philippe Dumat tourne profondément le Prince Jean en ridicule grâce à son doublage enjoué. Voix française de Bugs Bunny, Guy Piérauld interprète ici la souris Croquenote.

Un mot, un gif | Les Forums Rockie
Quand tu t’autoproclames toi mais que tu n’as jamais été le fils préféré de ta mère…
Un final d’une intensité très appréciable.

Connu pour avoir doublé le Schtroumpf Maladroit, le perroquet de Monsieur Dodo dans Alice au Pays des Merveilles ou encore Monsieur Tumnus et Aslan dans le dessin animé adapté du Monde de Narnia en 1979, Francis Lax prête sa voix au vautour Niquedouille. Quant à Claude Bertrand (Hector dans Merlin l’Enchanteur, Baloo dans Le Livre de la Jungle, Thomas O’Malley dans Les Aristochats) il assure le doublage de Petit Jean, tandis que Roger Carel (Jiminy Cricket, Kaa du Livre de la Jungle, Astérix, Winnie l’Ourson) double Père Siffleur. Pourvu de nombreuses qualités, Robin des Bois peut largement être considéré comme un des disneys les plus appréciés de son époque.

Mortal Kombat Final Battle, de Reza Badiyi

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Dates de sortie : 22 mai 1999 (1h25min)
Réalisateur : Reza Badiyi
Acteurs principaux : Paolo Montalban, Daniel Bernhardt, Kristanna Loken, Jeffrey Meek, Bruce Locke, Tracy Douglas, Adoni Maropis, Jon Valera
Genre : Arts martiaux, fantastique
Nationalité : Américain
Compositeur : Jonathan Sloate

« – Honnêtement, je ne lui fais pas confiance. – Et alors ? Qu’est-ce qui est mieux au combat : se montrer honnête ou se montrer vicieux ? »

Sorti directement en vidéo quelques temps après le téléfilm Mortal Kombat Conquest, Mortal Kombat Final Battle met bout à bout les deux derniers épisodes de la série et est lui aussi présenté comme un film lors de sa sortie française en VHS. Le dénouement du scénario se rapproche alors et Shao Kahn se fait passer pour le dieu d’une mystérieuse secte et engage des prêtres de l’ombre pour en finir avec Raiden et ses alliés. Alors que Kung Lao, Siro et Taja se préparent pour le combat final, une ancienne amie de cette dernière réapparaît sous les traits de Kathleen Kinmont (Halloween 4). De son côté, Raiden semble avoir abandonné tout espoir et préfère se la jouer dragueur en passant ses derniers instants auprès d’une femme aux formes généreuses.

« La marmite bout, Kung Lao ! Et avant que ça déborde, j’ai eu envie d’une détente bien méritée. »
Une actrice qui tranche radicalement avec Talisa Soto.

Tandis que Shang Tsung et Vorpax tentent désespérément de rassembler une armée pour défaire l’Empereur, d’autres personnages déjà vus dans les épisodes de la série apparaissent une dernière fois. On trouve alors Reptile, Kitana qui se défend tant bien que mal avec ses éventails tranchants et un Quan Chi au jeu d’acteur n’ayant pas grand-chose à envier à celui de Mortal Kombat Mythologies. La narration commence vraiment à se dégrader lorsque les passages sur Terre s’alternent avec ceux d’Outremonde, où Raiden se livre à une joute verbale contre Shao Kahn avant leur affrontement féroce, ce dernier se battant étrangement à l’épée tandis que le marteau revient au Dieu du Tonnerre.

Un maquillage qui sonne faux malgré une certaine ressemblance avec le sorcier du jeu vidéo.
« – Je suis Raiden, le Dieu du Tonnerre ! – Et moi, je suis Shao Kahn, conquérant de tous les royaumes et Empereur d’Outremonde !! »

Déjà pas folichonne sur l’ensemble de la série, la réalisation vient confirmer le statut de série Z de ce final avec des chorégraphies de combat parsemées de ralentis abusifs, de saltos inutiles et d’angles de caméra aussi bancals que le montage. Outre les effets spéciaux et autres incrustations de qualité médiocre, la multiplication de femmes à moitié dénudées finissent d’achever le manque de pertinence de la fin du scénario. Si l’idée de faire perdre les héros participe à une certaine cohérence dans la volonté d’en faire un préquel au premier film Mortal Kombat, leur mise en scène est complètement ratée et la mort des autres personnages provoquent trop d’incohérences pour que ce soit le cas. Le bilan de Mortal Kombat Final Battle s’avère donc vraiment pas terrible, mais l’échec de la série aura au moins provoqué l’annulation de la seconde saison.

Quand tu t’apprêtes à achever ton adversaire mais que ta batterie tombe à plat…

James Bond : la saga de Casino Royale (2006) à Mourir Peut Attendre (2021)

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Casino Royale
le renouveau ultime

 

Date de sortie : 14 novembre 2006 (Koweït), 22 novembre 2006 (France)
Réalisateur : Martin Campbell
Acteurs principaux : Daniel Craig, Eva Green, Mads Mikkelsen, Judi Dench
Genre : Espionnage
Nationalité : Britannique
Compositeurs : David Arnold, Chris Cornell (générique)

Une introduction vintage à couper le souffle.

Tandis que Pierce Brosnan concrétise sa quatrième adaptation de James Bond en 2002, un cinquième film est en discussion mais les négociations s’avèrent difficiles. La société EON Productions cherchant à rajeunir le personnage pour porter à l’écran ses premières aventures, c’est finalement le méconnu Daniel Craig qui est choisi pour lui succéder, après avoir été remarqué dans des films comme Tomb Raider, Layer Cake et Munich. La saga est alors rebootée tandis que Barbara Broccoli et Michael G. Wilson ont enfin acquis les droits d’adaptation du tout premier roman d’Ian Fleming. En effet, Casino Royale avait déjà été portée à la télévision en tant que troisième épisode de la série américaine Climax en 1954, Barry Nelson concrétisant la première apparition de l’agent secret à l’écran. En 1967, c’est David Niven qui se démarque volontairement des films portés à l’époque par Sean Connery, dans une parodie qui prend beaucoup de libertés.

Quelque part, à l’autre bout du monde…

Casino Royale devient alors le vingt-et-unième film officiel de la saga James Bond le 14 novembre 2006 et c’est Martin Campbell qui reprend du service à la réalisation, plus de dix ans après GoldenEye. Une aventure digne de ce nom montrant la première mission majeure de l’espion anglais tout juste promu agent double-zéro, fortement valorisée par une scène d’introduction qui utilise le noir et blanc pour lui donner un esthétique rétro. Des flash-back y renforcent considérablement l’action suivie d’une brillante transition vers un opening très stylé avec ses animations de cartes de jeu et une chanson « You Know My Name » rythmée interprétée par la talentueux Chris Cornell. Reprenant l’intrigue générale du roman, l’action se voit toutefois transposée à l’époque de la sortie du film et se déroule dans plusieurs pays, notamment au Monténégro, bien que la partie de poker (et non plus de baccara comme dans le roman) ait été tourné dans un casino de Karlory Vary en République Tchèque.

Obtenir des informations d’un malfrat en soudoyant sa femme ? Challenge accepté !
Une aide précieuse pour la mission, mais peut-on vraiment lui faire confiance ?

Outre l’esthétique volontairement carte postale du blockbuster, ces différents voyages accentuent le fait que Bond est face à une organisation internationale qui a des yeux et des oreilles partout. Très critiqué à son annonce pour son manque de notoriété auprès du public et jusqu’à sa chevelure blonde qui contreviendrait au teint brun du personnage décrit par Ian Fleming, Daniel Craig met finalement tout le monde d’accord grâce à son jeu d’acteur terriblement juste parvenant à renouveler la saga à travers une narration plus axée sur l’action, tout en mettant en avant les difficultés physiques qu’il rencontre lors de deux courses poursuites impressionnantes. L’intrigue d’espionnage reste au cœur du récit grâce à de très bons personnages, Casino Royale ayant en effet révélé les talents de la française Eva Green (Innocents The Dreamers, Arsène Lupin, Kingdom of Heaven) dans son rôle de la comptable Vesper Lynd, ainsi que du danois Mads Mikkelsen et sa sublime interprétation du Chiffre, banquier des terroristes à l’œil blanchi duquel coulent des larmes de sang.

« Vous avez dû croire que je bluffais, Monsieur Bond. »
« – Vodka-Martini. – Au shaker ou à la cuillère ? – Qu’est-ce que j’en ai à foutre ! »

Daniel Craig fait parfaitement ressortir le caractère effronté de son personnage à travers ses répliques osées et ses façons de contrevenir aux ordres pour mener à bien sa mission. Sa relation avec M, toujours sous les traits de Judi Dench (Les Chroniques de Riddick, Orgueil et Préjugés), est aussi poignante que drôle dans la façon qu’il a de rétorquer à sa supérieure (« Je ne peux pas demander à un bulldozer de comprendre ça, l’arrogance et l’introspection font rarement bon ménage. »). Sa confrontation avec Le Chiffre est également l’occasion de joutes verbales cinglantes (« Je ne m’inquiéterai que quand je commencerai à verser des larmes de sang. ») tandis que ce dernier arbore un regard inquiétant en plus de sa façon d’intervertir des jetons avec ses doigts quand il réfléchit à son prochain coup. La séquence de torture renforce la violence du scénario tout en apportant un aspect comique à la situation (« Maintenant, le monde entier saura que c’est en me grattant les couilles que vous êtes mort ! »).

Mads Mikkelsen imperturbable dans le cynisme de son rôle.

Vesper est sans doute la James Bond girl la plus travaillée et la plus complexe de la saga. Leurs échanges provocateurs à bord du train (« Et comme vous avez tout de suite pensé que j’avais perdu mes parents, je dirais que c’est vous l’orphelin. Oh vous l’êtes ? Je commence à aimer le poker… ») entament une certaine complicité qui évolue peu à peu en une histoire d’amour intense et une fin tragique non sans rappeler celles du film Au service secret de sa Majesté. L’interprétation de Daniel Craig fait alors ressortir le côté humain de son personnage grâce au contraste entre la brutalité de ses affrontements et la sensibilité dont il fait preuve. Les dernières minutes se voient alors riches en rebondissements, après une séquence un peu trop idyllique et alors que Le Chiffre se trouve lui-même confronté à des membres de l’organisation secrète pour laquelle il travaille, dont l’énigmatique Monsieur White, que le spectateur avait déjà pu brièvement apercevoir lors de quelques séquences bien plus tôt.

« – Et ma famille est strictement catholique alors pour les apparences nous aurons une suite avec chambre séparée. – J’ai horreur que la religion s’interpose à ce point ! – La religion et une porte fermée à double-tour, dois-je m’attendre à un problème avec vous ? »
La vie sauve, quitte à en payer le prix…

Un moyen narratif efficace permettant un final claquant durant lequel Bond suit sa piste avant de le mettre à terre et d’enfin affirmer son identité en terminant le film par son emblématique réplique, qu’il n’avait encore jamais prononcée jusqu’alors. Et tandis que Daniel Craig brandit fièrement son fusil d’assaut annonçant la jaquette du futur Quantum of Solace, les origines de la saga retentissent d’autant plus avec un générique rythmé par le thème principal inauguré par Docteur No en 1962. Composé originellement par Monty Norman et John Barry, il est ici remixé par David Arnold, qui dirige la bande-son d’un James Bond pour la quatrième fois d’affilée. Une bien belle manière de terminer ce renouveau d’anthologie qui s’impose brillamment comme un des épisodes les plus marquants de la saga, et un des meilleurs films des années 2000.

« Mon nom est Bond, James Bond. »

 

Quantum of Solace
la confirmation

 

Date de sortie : 31 octobre 2008 (1h 47min)
Réalisateur : Marc Forster
Acteurs principaux : Daniel Craig, Olga Kurylenko, Mathieu Amalric, Gemma Arterton
Genre : Espionnage
Nationalité : Britannique
Compositeurs : David Arnold, Alicia Keys et Jack White (générique)

« Nos hommes sont partout, absolument partout. »

Reprenant le nom original de la nouvelle « Chaleur Humaine » issue du recueil Bons Baisers de Paris d’Ian Fleming, Quantum of Solace est le premier film de la saga à faire directement suite à son prédécesseur. Son titre morose et ambigu peut s’expliquer par la mélancolie du scénario, et notamment ce que peut ressentir Bond quelques heures seulement après avoir perdu celle à qui il tenait. Réalisé par Marc Forster (Neverland, Stay), il commence lors d’une course poursuite alors que Bond emmène Monsieur White en lieu sûr pour l’interroger avant d’embrayer sur l’opening musical « Another Way to Die », chanté par Alicia Keys et Jack White avec une sympathique animation à travers des dunes désertiques. Dès l’interrogatoire, le scénario annonce la couleur entre White qui tente d’intimider Bond en parlant de Vesper et un agent pourtant proche de M qui trahit le MI6.

Toute cette mise en scène ne cacherait-elle pas un désir de vengeance personnelle ?

Plus largement, M remet en question la loyauté de Bond par crainte que sa seule motivation soit de venger Vesper. Usant toujours plus de son audace légendaire, ce dernier parvient néanmoins à suivre une nouvelle piste et à contrevenir aux ordres malgré le mouchard qui lui a été implanté. Privé de ses ressources, c’est ironiquement en se ralliant à son vieil ami Mathis, toujours incarné par le charismatique Giancarlo Giannini (Hannibal, Man on Fire), qu’il va pouvoir se réapprovisionner pour enquêter sur la mystérieuse organisation Quantum. Il s’allie pour cela à une jeune femme jouée par Olga Kurylenko (Hitman, Max Payne) et parvient à identifier le cynique Dominic Greene, interprété par Mathieu Amalric (Munich, Mesrine L’Ennemi Public n°1), qui utilise sa société philanthropique pour dissimuler ses actions terroristes.

Après sa trahison, Mathis choisit de se racheter avec les risques que ça comporte.
Derrière ce masque de philanthrope se cache un véritable psychopathe au regard glaçant.

De nouveau sous les traits de Jeffrey Wright (Ali, La Jeune Fille de l’Eau), Felix Leiter réapparaît à ses côtés pour mieux protéger ses arrières, mais tout en se taisant sur Bond en plus de lui délivrer des informations cruciales, apportant une relation non manichéenne intéressante entre les deux hommes. Assez confuse voire inutilement compliquée, la narration mène tout de même vers des passages emblématiques, comme celui de l’opéra pendant lequel Greene et Bond se jettent mutuellement un regard à distance tandis que ce dernier démasque ses collaborateurs. Mais aussi sympathique soit-il, le film reste bien en deçà de ses illustres prédécesseur et successeur, notamment faute d’un scénario manquant d’originalité et surtout de scènes d’action au montage frôlant parfois l’épileptique tellement la lisibilité est médiocre.

« James, bougez-vous le cul. »
Tandis que Camille tente d’en finir avec le général Medrano, Bond fait face à un Dominic Greene déchaîné.

Pour autant, Quantum of Solace poursuit les clins d’œil et autres diversions. Pour la première fois dans la saga, le gun barrel se trouve par exemple à la fin du film et non au début. Une référence est faite à Goldfinger lorsque l’agent Fields est retrouvée recouverte de pétrole (et non d’or) dans son lit. Dangereusement Vôtre en possède quant à lui deux : la course de chevaux au tout début du film, ainsi que l’affrontement entre Bond et Greene, qui rappelle fortement celui entre Roger Moore et Christopher Walken en 1985. La séquence finale boucle le diptyque alors que Bond laisse le pendentif de Vesper dans la neige après avoir livré au MI6 son ex-petit ami qui l’avait obligée à le trahir. On apprécie aussi la petite touche d’humour précisant que le corps de Greene a été retrouvé dans le désert avec l’estomac ravagé par de l’huile pour moteur, offerte par Bond au cas où il aurait soif, lui qui voulait le monopole des ressources d’eau en Bolivie.

 

Skyfall
l’aboutissement

 

Date de sortie : 24 octobre 2012 (2h 23min)
Réalisateur : Sam Mendes
Acteurs principaux : Daniel Craig, Javier Bardem, Ben Whishaw, Naomie Harris
Genre : Espionnage
Nationalité : Britannique
Compositeurs : Thomas Newman, Adèle (générique)

Une introduction haletante qui aboutit sur un générique d’anthologie.

L’année 2012 marque le cinquantième anniversaire de la saga James Bond au cinéma, débutée en 1962 avec l’adaptation du roman Docteur No. Et après un Quantum of Solace en demi-teinte, c’est le réalisateur Sam Mendes (American Beauty, Les Sentiers de la Perdition, Les Noces Rebelles) qui prend en charge le troisième épisode mettant en scène Daniel Craig dans un film de très grande envergure. Skyfall prend tout son sens de « chute du ciel » dès la séquence d’introduction, pendant laquelle Bond et sa coéquipière Eve, sous les traits de la talentueuse Naomie Harris (28 Jours Plus Tard, Tia Dalma dans la saga Pirates des Caraïbes), poursuivent un homme pour récupérer des données contenant les identités des agents de l’OTAN infiltrés dans des organisations terroristes. Une course poursuite impressionnante en voiture puis à moto sur des toits près du grand bazar d’Istanbul, qui se termine au-dessus d’un train avec une tension palpable.

 

« Je profitais de la Mort. Double Zéro Sept au rapport, Madame. »

Tandis qu’Eve reçoit l’ordre de tirer sur la cible au sniper au risque de toucher Bond, ce dernier tente de maîtriser son adversaire en pleine vitesse. L’impact de la balle propulsant l’agent dans l’eau embraie efficacement sur un générique mémorable aux notes musicales ayant un parfum à la fois triste et mystérieux saupoudré d’un arrière-goût de trahison. Véritable phénomène à l’époque, la chanson d’Adele demeure un des singles les plus vendus de l’histoire et lui a valu un Oscar et un Golden Globe pour la meilleure chanson originale. L’intensité de sa voix et de ses paroles va de pair avec la qualité de la bande-son de Thomas Newman, compositeur fétiche de Sam Mendes qui succède efficacement à David Arnold. Skyfall valorise sa photographie avec de superbes plans en faisant voyager le spectateur à Istanbul, sur l’île d’Hashima et même à Shanghai de nuit, où il se remet une forme en surprenant sous la douche une belle jeune femme jouée par Bérénice Marlohe.

« – J’ose arguer que je puis faire plus de dégâts avec mon ordinateur portable et en pyjama avant ma première tasse de Earl Grey que vous en un an sur le terrain. – Oh, alors à quoi je sers moi ? – De temps en temps il faut bien appuyer sur la gâchette. – Ou pas. Difficile d’en juger quand on est en pyjama. »
Coéquipière jusqu’au bout !

James Bond profitant de sa soi-disant mort pour prendre du recul sur la situation, le scénario se concentre sur de fortes menaces envers le MI6 et ciblant plus particulièrement M. Les hautes instances du Royaume Uni font alors intervenir Gareth Mallory, le responsable des services secrets et de la sécurité intérieure britannique, joué par Ralph Fiennes (Bons Baisers de Bruges, Démineurs, The Reader), afin d’enquêter sur l’attentat. Bond ressurgit alors et doit passer des tests pour être réhabilité lors de séquences plus ou moins cocasses. Le renouvellement des origines de la saga se poursuit alors avec la réapparition de Q, incarné par Ben Whishaw (Layer Cake, Le Parfum, Cloud Atlas), qui fournit l’agent en ressources secrètes et se permet même une mention de la désuétude des stylos explosifs.

Quelle meilleure piste que suivre une femme ayant caché un revolver sous sa robe de soirée ?
« – On n’a tous besoin d’un hobby. – C’est quoi le tien ? – La résurrection. »

/!\ SPOILERS /!\ Sa piste le mène au cyber-terroriste Raoul Silva, brillamment interprété par Javier Bardem (No Country for Old Men, Biutiful), ancien agent du MI6 considérant avoir été trahi par M lorsque cette dernière avait dû faire le choix de le laisser aux mains d’autorités chinoises lors d’une mission passée. Le plan montrant Silva qui avance vers l’écran avec un affichage de plus en plus net renforce l’intrigue et le goût de la mise en scène du personnage, à l’image du ton décalé provoqué par la chanson « Boum ! » de Charles Trenet pendant qu’il interroge Bond. Une dualité forte s’impose rapidement entre les deux hommes, tous deux recueillis un jour par M comme s’il s’agissait de leur mère, et possiblement abandonnés par la suite avec les décisions qu’elle a dû prendre.

« Si nous ne sommes plus aujourd’hui cette force qui jadis remua ciel et terre, ce que nous sommes nous le sommes. Des cœurs héroïques d’une même trempe, affaiblis par le temps qui passe et la fatalité, mais forts par la volonté de lutter, d’explorer, de découvrir et de ne rien concéder. »
Le mal-être d’un antagoniste d’anthologie résumé en une image.

La dynamique du film amène à différents passages très bien construits qui font toute sa qualité, de la détention de Silva à l’audience publique de M en passant par la poursuite dans les souterrains de Londres. Le rôle de M devient alors prépondérant et le manichéisme se trouve remis en question lors de la révélation de l’effroyable visage que Silva cache avec sa prothèse, déformé par du cyanure. Le grand final amène les protagonistes au Manoir de Dalness, appartenant depuis le XIXème siècle à la famille d’Ian Fleming, et dans lequel Bond a grandi aux côtés d’un garde-chasse joué par Albert Finney (Big Fish, Les Noces Funèbres, La Vengeance dans la Peau). Le guet-apens tendu à Silva et ses hommes donne lieu à un superbe affrontement aboutissant à une puissante table rase du passé pour mieux appuyer le renouvellement de la saga.

« J’ai toujours détesté cette baraque. »
« Jusqu’au dernier rat. »

Les plans insistant sur l’explosion de l’emblématique Aston Martin DB5 et du manoir couplés à l’humour pas moins mélancolique de Bond symbolisent en effet fortement le passage à une nouvelle ère. Plus impactant encore, la mort d’Olivia « M » Mansfield, qui survient symboliquement dans la chapelle du domaine, apporte une fin tragique très émouvante similaire à celle de Casino Royale tout en achevant de tirer un trait sur le passé. La boucle se trouve alors bouclée alors qu’on apprend qu’Eve se décharge pour des activités administratives, son nom de famille se révélant être Moneypenny. Et c’est en toute logique que Mallory devient le nouveau M, renvoyant le scénario de James Bond vers la lignée de ses premiers films. Avec plus d’un milliard de dollars de recettes, la récompense du meilleur film britannique et de la meilleure musique de film aux British Academy Film Awards 2013, Skyfall est un immense succès critique et commercial marquant avec maestria un nouvel âge d’or pour la saga.

« Avec plaisir, M. Avec plaisir ! »

 

Spectre
la renaissance

Date de sortie : 26 octobre 2015 (Royaume-Uni), 11 novembre 2015 (France)
Réalisateur : Sam Mendes
Acteurs principaux : Daniel Craig, Christoph Waltz, Léa Seydoux, Ralph Fiennes
Genre : Espionnage
Nationalité : Britannique
Compositeurs : Thomas Newman, Sam Smith (générique)

« – Nous devons vous appeler C, alors ? – Non non, Max, je vous en prie. – Non je vais vous appeler C. »

Toujours sous l’objectif de Sam Mendes, le successeur de Skyfall fait directement référence aux premières adaptations cinématographiques de James Bond avec le titre Spectre, qui renvoie à une organisation terroriste faisant le lien avec les précédents films. Tandis que Bond enquête sur cette dernière suite à une vidéo laissée par l’ancienne M, Mallory fait face à Max Denbigh (alias C), incarné par Andrew Scott (Docteur Frankenstein, Alice de l’Autre Côté du Miroir), persuadé que la section Double Zéro est désuète et qu’elle peut être remplacée par des drones. Le film commence brillamment avec un superbe plan-séquence montrant la parade de la fête des morts au Mexique, pour continuer avec la traditionnelle scène d’action qui aboutit à un générique toujours aussi stylé. Interprétée par le jeune Sam Smith, la chanson « Writing’s on the Wall » se veut profondément mélancolique et tout aussi intense que le « Skyfall » d’Adele au point d’être auréolée de l’oscar de la meilleure chanson originale.

« Vous êtes un cerf-volant qui danse dans un ouragan, M. Bond. »

De nouveau mis à pied par M, Bond poursuit son enquête et est amené à recroiser un Monsieur White à l’agonie, cherchant à protéger sa fille de l’organisation SPECTRE. Jouée par Léa Seydoux (La Vie d’Adèle, La Belle et la Bête, Journal d’une Femme de Chambre), Madeleine Swann, dont le nom est tiré du roman de Marcel Proust Du Côté de Chez Swann, s’allie alors à l’agent secret pour en savoir davantage sur les anciennes activités de son père. Toujours au top, la réalisation du film amène à de superbes séquences comme celle de la réunion secrète de SPECTRE à laquelle James Bond se rend dans la ville de Rome. Si les indices sur l’identité de son dirigeant commencent à tendre vers un certain Franz Oberhauser pourtant censé être mort, le plan maintenant l’ombre sur sa silhouette en contraste avec les lumières de la pièce s’avère d’une redoutable efficacité pour maintenir le suspense sur son visage.

« Bienvenue, James. Cela fait une éternité, mais enfin nous y voilà. Tu en as mis du temps. »
« C’est vraiment ça que vous voulez ? Vivre dans l’ombre, traqué, traquant les autres et toujours seul ? »

/!\ SPOILERS /!\ Achevant de créer le lien avec les trois premiers films, le patron du Chiffre, de Dominic Greene et de Silva se dévoile enfin en la personne d’Ernst Stravo Blofeld, incarné par le talentueux Christoph Waltz (Inglourious Basterds, Django Unchained, Big Eyes). Fidèle à lui-même, l’acteur rend parfaitement honneur à cet antagoniste historique de la saga. Il est secondé par M. Hinx, un gros bras joué par l’ancien catcheur David Bautista (Le Roi Scorpion 3, L’Homme aux Poings de Fer, Riddick), dont le jeu d’acteur reste tout à fait correct. De leur côté, Ralph Fiennes, Ben Whishaw et Naomie Harris reprennent leur rôle respectif et se montrent particulièrement actifs dans leur entraide avec James Bond et Madeleine, ainsi que dans leur confrontation avec C.

Une place qui sied parfaitement à Léa Seydoux.
« Franz Oberhauser est mort il y a vingt ans, James. L’homme à qui tu parles en ce moment, celui qui est à l’intérieur de ton crâne, c’est Ernst Stravo Blofeld. »

Pourvu de scènes d’action haletante comme celle du train en marche, Spectre renoue les gadgets à l’ancienne tels que la montre explosive, mais aussi avec le repaire ennemi qui fait office de lieu à atteindre et à neutraliser. Le final débute d’ailleurs dans l’ancien quartier général du MI6, désaffecté depuis les événements de Skyfall, tandis que Blofeld gagne en charisme avec sa fameuse cicatrice à l’œil droit. Si l’on peut douter de la pertinence de la demi-fraternité entre James et ce dernier, leur confrontation s’avère remarquable et se conclut avec maestria sur le pont de Westminster. Sottement mésestimé en comparaison avec l’excellence de Skyfall, Spectre demeure un film très réussi faisant brillamment honneur à l’arc narratif entamé depuis Casino Royale.

 

Mourir Peut Attendre
l’hégémonie

Date de sortie : 29 septembre 2021 (Belgique, Corée du Sud), 6 octobre 2021 (France)
Réalisateur : Cary Joji Fukunaga
Acteurs principaux : Daniel Craig, Léa Seydoux, Rami Malek, Lashana Lynch
Genre : Espionnage
Nationalité : Britannique
Compositeurs : Thomas Newman,  (générique)

 

Avant on pouvait se retrouver dans une pièce avec nos ennemis.
Aujourd’hui, ils flottent au gré de l’éther.

 

Une introduction puissante qui renforce considérablement l’importance du personnage de Léa Seydoux.

Tant attendu après de multiples reports, Mourir Peut Attendre arrive six ans après son prédécesseur dans une conclusion faisant largement honneur à l’ère Daniel Craig. Réalisé par Cary Joji Fukunaga, il annonce d’emblée la couleur dans une introduction dévoilant une partie de l’enfance de Madeleine Swann, traquée par un angoissant personnage masqué au visage défiguré. Tandis que cette dernière mène une vie tranquille à Matera avec un James Bond qui semble bel et bien avoir raccroché, ce dernier est pris pour cible et s’éloigne d’elle le temps d’enquêter sur une menace encore plus dangereuse que Blofeld lui-même. Là où Thomas Newman cède sa place à Hans Zimmer, le générique « No Time To Die » est brillamment interprété par Billie Eilish, dans un ton lent et mélancolique illustré par des tirs de pistolets représentant l’ADN infectée par un virus.

 

Du martini et une belle femme : what else ?

La principale menace est en effet constituée par le projet Héraclès, une arme biologique contenant des nanoparticules qui infectent les personnes ciblées selon leur identification génétique. Une menace extrêmement dangereuse due à Lyutsifer Safin, joué par un Rami Malek (Papillon, Bohemian Rhapsody, Une Affaire de Détails) des plus perturbants. James fait alors de nouveau équipe avec Felix Leiter, toujours incarné par Jeffrey Wright, dans le but de retrouver un scientifique russe ayant contribué à l’élaboration d’Héraclès. Il est entre autres amené à collaborer avec Paloma, agent de la CIA interprétée par Ana de Armas (Knock Knock, Blade Runner 2049, À Couteaux Tirés). Sa rencontre avec l’agent Nomi, qui a hérité du matricule 007 sous les traits de Lashana Lynch (Captain Marvel), s’avère un peu plus sulfureuse mais non dénué d’humour. James Bond a également à faire avec plusieurs hommes de Safin, dont un porté par Billy Magnussen (Into the Woods, Le Pont des Espions, Aladdin).

« James ! Le destin nous réunit à nouveau. À présent mon ennemi est ton ennemi : comment est-ce arrivé ? »

 

James Bond, antécédents violents, permis de tuer : je croirais parler à mon double !

 

Une terrification interprétée avec maestria.

/!\ SPOILERS /!\ Dans la lignée de Spectre tout en le surpassant, Mourir Peut Attendre réalise l’exploit d’être le film le plus long de la saga sans s’encombrer de passages inutiles. Efficacement rythmé par plusieurs scènes d’action musclées, il mêle habilement une dramaturgie forte avec de nombreux traits d’humour qui apportent une certaine légèreté au ton particulièrement grave du scénario. Des liens touchants aux précédents films sont assurés par le recueil sur la tombe de Vesper, une mémorable visite de James Bond à Blofeld dans sa cellule et la mention de l’assassinat des parents de Safin par Monsieur White, qui travaillaient sur des plantes servant de base au virus. La base secrète de l’antagoniste effectue également son retour avec un silo datant de la Seconde Guerre mondiale converti en une usine de nanobots.

Un recueillement touchant qui renvoie quinze années en arrière.
« – Nous éradiquons des gens tous les deux pour créer un monde meilleur. Mais moi j’essaie d’être un peu plus méticuleux. – L’histoire n’est pas très indulgente avec les hommes qui se prennent pour Dieu. »

Sans atteindre l’apothéose d’un Casino Royale et d’un Skyfall, Mourir Peut Attendre combine efficacement ce qui s’est fait de meilleur dans ses prédécesseur pour atteindre une certaine excellence. Très impliqués, les acteurs font preuve d’un jeu incroyable pour honorer le scénario, notamment une Léa Seydoux touchante au point de livrer une des meilleures performances de sa carrière et un Rami Malek exceptionnel qui parvient à respirer la terreur même quand il n’apparaît pas à l’écran. Après quinze ans de bons et loyaux services, Daniel Craig quitte son rôle de la manière la plus surprenante qui soit avec la première mort de James Bond de toute l’histoire de la saga et une petite fille qu’il laisse en souvenir à Madeleine. Une pentalogie qui peut largement prétendre être la plus qualitative parmi les multiples interprétations depuis 1962.

Dune (1984) de David Lynch

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Date de sortie : 14 décembre 1984 (États-Unis),
6 février 1985 (France)

Réalisateur : David Lynch
Acteurs principaux : Kyle MacLachlan, José Ferrer, Francesca Annis, Sting
Genre : Science-fiction
Nationalité : Américain
Compositeur : groupe Toto

Paul Atréides, le nouveau Luke Skywalker.

Première adaptation du roman éponyme de Frank Herbert paru près de trente ans plus tôt, Dune est le troisième film réalisé par David Lynch (Eraserhead, Elephant Man, Blue Velvet). Le scénario se déroule dans un futur très lointain, au sein d’un univers où plusieurs peuples se disputent l’Épice, une substance rare permettant de voyager dans l’espace. Ne se trouvant que sur Dune, une histoire planète sableuse habitée par des vers géants, l’Épice est convoitée par tous les moyens, à la manière du pouvoir dans Star Wars, dont le film s’inspire beaucoup. Très ambitieux dans les détails de son scénario et la richesse de son univers, il traite aussi bien des conflits entre les peuples que de tabous comme la réglementation des naissances.

Le barbier du futur !
Luke et Leia ?

Pourvu de nombreux personnages en tout genre, Dune marque le premier rôle de Kyle MacLachlan, que Lynch reprendra pour Blue Velvet et Twin Peaks. Le casting comporte également Brad Dourif (Vol au-dessus d’un Nid de Coucou, Blue Velvet, Jeu d’Enfant), Patrick Stewart (Star Trek, Sacré Robin des Bois, X-Men), Max von Sydow (L’Exorciste 2, Flash Gordon, Conan le Barbare), Sean Young (Blade Runner, Wall Street, Ace Ventura) et même le chanteur Sting dans le rôle du bad guy Feyd-Rautha Harkonnen. Fort d’une réalisation solide pour son époque, le film est également valorisé par une bande-son de qualité aux timbres graves.

La révérende mère Gaius Helen Mohiam, un style comme un autre.
Feyd-Rautha Harkonnen, un certain charisme à l’ancienne.

Initialement prévu pour durer trois heures trente, Dune voit finalement sa durée baisser plusieurs fois jusqu’à atteindre à peine plus de deux heures. Les producteurs souhaitaient en réalité un film plus facilement exploitable au cinéma, espérant un succès qui leur permettrait de consolider une saga de science-fiction pour concurrencer Star Wars. Loin s’en faut, le film est un échec critique et commercial renié par Lynch lui-même. Le montage et la narration de Dune le rendent en effet incompréhensible pour les spectateurs qui n’ont pas connaissance du roman. Devenu culte avec le temps, il reste un des films les plus contestés de l’histoire du cinéma.

Space Jam, de Joe Pytka

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Dates de sortie : 15 novembre 1996 (États-Unis), 5 février 1997 (France)
Réalisateur : Joe Pytka
Acteurs principaux : Michael Jordan, Wayne Knight, Bill Murray
Genre : Comédie, animation
Nationalité : Américain
Compositeur : James Newton Howard

 

Et si on jouait au basket-ball ?

Une introduction touchante sur l’enfance de Michael.

Divertissement cultissime mêlant animation et prises de vue réelles, Space Jam arrive huit ans après Qui veut la peau de Roger Rabbit ? pour mieux confirmer le regain d’intérêt des Looney Tunes de Warner Bros. depuis déjà plusieurs années. Il a surtout la particularité de mettre en scène le basketteur professionnel Michael Jordan dans un pur scénario prétexte à sa rencontre avec Bugs Bunny et d’autres personnages connus comme Daffy Duck, Porky Pig et Taz. Les cartoons doivent en effet gagner un match de basket contre des extraterrestres qui souhaitent les faire devenir des esclaves de divertissement. Pour s’assurer la victoire, ces derniers parviennent à dérober les capacités d’autres joueurs de la NBA et se transforment alors en de puissantes créatures implacables.

Les Zinzins de l’espace !?
De grandes dents, un gros cigare et un regard sadique : aurait-on à faire à un méchant très méchant ?

Bercé par des musiques américaines classiques comme « I Believe I Can Fly » chanté par R. Kelly, le film relate en premier lieu l’enfance de Michael Jordan lors d’une séquence avec son père, dont il suit la trace bien plus tard en arrêtant le basket pour le base-ball, ce qui ne lui réussit pas vraiment. Le générique lui-même est dynamisé par la piste « Space Jam » du groupe Quad City DJ’s afin de accompagner des extraits des plus grands matchs du joueur. Pour compléter la bande-son de James Newton Howard, on trouve aussi des extraits de « Let’s Get Ready to Rumble » de la première compilation Jock Jams durant le match. Si la réalisation reste digne d’un simple bon film commercial, les incrustations sont tout aussi soignées que les images de synthèse et les effets spéciaux.

Wayne Knight aurait-il vu un dinosaure ?
Que serait un preux chevalier sans une femme à sauver !

Space Jam marque aussi un tournant dans le doublage des personnages animés. Connu pour avoir longuement prêté sa voix à Bugs Bunny, Guy Piérauld est notamment remplacé par Gérard Surugue, à une époque où le comédien était pourtant toujours actif. Il offre également sa première apparition à Lola Bunny, équivalent féminin de Bugs Bunny ayant un caractère de femme forte bien que rentrant dans un évident jeu de séduction avec ce dernier. Du côté des acteurs, Wayne Knight (JFK, Basic Instinct, Jurassic Park) prête ses traits à une sorte de garde du corps en réalité tellement fan de Michael Jordan qu’il va jusqu’à creuser un énorme trou pour le retrouver. Bill Murray (SOS Fantômes, Ed Wood) fait quant à lui quelques apparitions et tout deux finissent par rejoindre l’équipe de basket lorsque les choses vont mal.

Tous les coups sont permis !
Qui c’est qu’on appelle ? Bill Murray !

Moment phare du film, le match est un méli-mélo de coups bas qui donnent évidemment l’avantage aux extraterrestres avant que les Looney Tunes finissent par s’autoriser la même chose. Les astuces de cartoon rappelle alors l’âge d’or des courts métrages Warner entre l’explosion d’une bombe sur le terrain, le taureau qui fonce sur un joueur peint en rouge ou encore Pépé le Putois qui utilise son odeur. Elmer et Sam le Pirate font même référence à Pulp Fiction en tirant sur un adversaire, vêtus de lunettes et de costumes noirs sous un court extrait de la reprise de « Misirlou » par Dick Dale, qui sert de bande originale au film de Quentin Tarantino. Référencé de bout en bout, Space Jam s’impose comme un divertissement très réussi qui a efficacement marqué son temps.

OSS 117 Alerte Rouge en Afrique Noire, de Nicolas Bedos

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Décidément plus actif que jamais dans le cinéma français de ces dernières années, Jean Dujardin renfile son « costume colonial » dans OSS 117 Alerte Rouge en Afrique Noire, une comédie très réussie qui surpasse ses prédécesseurs !

The Mask, de Chuck Russel

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header the maskDate de sortie : 29 juillet 1994 (États-Unis),
26 octobre 1994 (France)

Réalisateur : Chuck Russel
Acteurs principaux : Jim Carrey, Cameron Diaz, Peter Greene, Amy Yasbeck
Genre : Comédie, cartoon
Nationalité : Américain
Compositeur : Randy Edelman

« Sssssplendide !! »

Inspiré d’une série de comic books publiée par Dark Horse Comics, The Mask est connu pour être le premier grand succès du génialissime Jim Carrey, après des films comme Vampire Forever et Ace Ventura qui se font alors connaître en France par une sortie en VHS. Réalisé par Chuck Russel (Les Griffes du Cauchemar, Le Blob), il met en scène Stanley Ipkiss, un timide employé de banque qui a du mal à se faire respecter et à séduire une chanteuse de cabaret nommée Tina Carlyle. Cette dernière est interprétée par Cameron Diaz, qui voit sa carrière propulsée suite à ce premier rôle au cinéma.

Les clichés jusqu’au bout avec la propriétaire chiante, agressive et à la coiffure discutable.
« Regarde : dans deux secondes je te fais couiner le nez et je te mets ton calbar sur la tête ! »

Fort de son style humoristique très marqué, Jim Carrey multiplie les mimiques et ses dialogues saugrenus sont sublimés par le doublage d’Emmanuel Curtil, qui exagère ses intonations avec toujours autant de talent. Comme dans Ace Ventura, il a un propriétaire peu scrupuleux avec la caricaturale Madame Bonpoil, qui est évidemment tout sauf de bonne humeur. Mais sa personnalité s’extravertit au plus haut point lorsqu’il tombe sur un masque ancestral, qui le transforme en personnage surnaturel complètement barré défiant les lois de la physique à la manière de cartoons sortis tout droit de Tex Avery.

Peter Greene, la tête de l’emploi comme jamais.
« Réserve ta soirée, cocotte : au chant du coq, tu passes à la casserole ! »

Pour ajouter un peu de tension au scénario, Peter Greene (Pulp Fiction, Usual Suspects) incarne le mafieux Dorian Tyrell, qui cherche à mettre la main sur le masque afin de prendre le dessus sur son patron. Jouée par Amy Yasbeck (Pretty Woman, Junior le Terrible, Sacré Robin des Bois), la journaliste Peggy Brandt cherche à en savoir plus sur The Mask, tandis que le lieutenant Kellaway suspecte fortement Stanley d’être l’auteur du cambriolage de la banque. Il faut dire que le personnage a une dégaine et un comportement comique qui ne sont pas sans rappeler ceux du Joker dans le Batman de Tim Burton.

Des animations complètement dingues !
« Un petit baiser, chérie ? Je vous ferai voir ma grosse gondole et ma belle tour de Pise, et puis je planterai ma grosse fourchette dans vos raviolis ! »

L’humour du film est largement porté par les nombreuses références aux cartoons qu’il comporte, notamment lors de la séquence culte du cabaret pendant laquelle Tina chante à la manière de Jessica Rabbit de Qui veut la Peau de Roger Rabbit ?. The Mask la siffle en effet en prenant l’apparence du loup de Tex Avery après avoir vu sa langue s’étaler sur toute la table et ses yeux gicler de leurs orbites. Tournant à toute vitesse comme Taz des Looney Tunes, il peut changer de costume en un éclair et faire apparaître toutes sortes d’objets, comme le maillet dont il se sert pour faire taire le réveil qui saute. Même son chien Milo rit comme celui de Satanas et Diabolo lorsqu’il endosse le masque durant quelques minutes.

La tête de méchant dans toute sa splendeur !
« Quand les emmerdes arrivent, c’est moi qui interviens. Ici c’est moi qui fais la loi, c’est clair ? Alors, faites pas chier ! »

The Mask vaut également pour son ambiance bercée par des chansons comme la très jazzy « Hey Pachuco », interprétée par le groupe Royal Crown Revue directement au cabaret. Les répliques culte fusent tandis que certaines font directement référence à des films comme Autant en Emporte le VentDis à Scarlett que ce n’est pas le cadet de mes soucis ! »), Le Kid de Cincinnati (« Petit, tu es doué, très doué, mais tant que je serai dans le métier tu ne seras jamais que le second. ») et même Rambo avec la voix reconnaissable d’Alain Dorval, doubleur français de Sylvester Stallone. Un très bon film emblématique de la carrière de Jim Carrey !

 

Mortal Kombat Legends Battle of the Realms, d’Ethan Spaulding

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Date de sortie : 30 août 2021 (Royaume-Uni), 15 septembre 2021 (France)
Réalisateur : Ethan Spaulding
Doubleurs VO : Jordan Rodrigues, Dave B. Mitchell, Fred Tatasciore, Bayardo De Murguia
Genre : Animation, combat
Nationalité : Américain
Compositeurs : John Jennings Boyd et Eric V. Hachikian

On ne change pas une équipe qui gagne !

Suite directe de Mortal Kombat Legends Scorpion’s Revenge, Battle of the Realms se base en toute cohérence sur les scénarios de Mortal Kombat II et Mortal Kombat 3, avec un deuxième tournoi décisif suite à la défaite de Shang Tsung. C’est ainsi que l’on retrouve Liu Kang, Johnny Cage, Sonya et Jax aux côtés de Raiden, auxquels s’ajoutent Stryker et Kung Lao pour en découdre face à Shao Kahn. Ce dernier est également bien armé avec l’imposant Kintaro, Jade et Kitana, dont le rôle gagne fortement en importance. Il est aussi accompagné de Reiko, Li Mei et D’Vorah, issus de Mortal Kombat plus récents.

Shao Kahn, l’Empereur d’Outremonde.
Un combat un tantinet rapide, dommage pour une telle icône.

Parallèlement au tournoi, le scénario s’émancipe grâce au clan des Lin Kuei, au sein duquel Kuai Liang, devenu le nouveau Sub-Zero, s’entraîne avec son ami Smoke. L’heure de la robotisation des ninjas arrive alors, avec Cyrax et Sektor en têtes d’affiche. Afin de lutter contre cette nouvelle menace et préserver son humanité, Kuai Liang doit mettre de côté sa vengeance et faire équipe avec Scorpion, laissant place à un des meilleurs duos du long métrage. Ces différents éléments de background sont au final reliés par la volonté de Shinnok, qui cherche à réunir toutes les pièces du mystérieux Kamidogu afin de prendre le pouvoir sur Terre.

Une association bienvenue qui a tout à fait sa place dans le scénario.
Une anticipation qui pourrait indiquer qu’aucune autre suite n’est prévue. À moins que…

Toujours aussi soutenu, le rythme est largement tourné vers les combats, qui s’enchaînent parfois bien trop rapidement. La direction artistique reste tout aussi efficace que la fluidité de l’action, valorisée par de jolis décors de fond. Plus présente que jamais, la violence multiplie les giclées de sang, les arrachages de membres et autres détails radiographiques des os qui se brisent. /!\ SPOILERS /!\ Outre les clins d’œil à la saga, le scénario se tourne déjà vers la métamorphose de Shinnok en l’Être Unique et la fusion des royaumes. Un final assez surréaliste qui voit Liu Kang devenir une sorte de dieu du feu avant de se transformer en dragon, de manière bien plus propre que dans Mortal Kombat Destruction Finale. Dans la droite lignée de son prédécesseur, Mortal Kombat Legends Battle of the Realms se veut moins surprenant mais parvient à maintenir une certaine qualité dans sa narration des événements du jeu vidéo en dessin animé.