Depuis 2025
Format 60 min
Genre Drame, Epouvante-horreur, Fantastique, Science Fiction, Thriller
Titre original : The Institute
Créée par Jack Bender
Avec Joe Freeman, Ben Barnes, Mary-Louise Parker
Nationalité U.S.A.
Musique
Synopsis
Kidnappé,...
Depuis 2025
Format 60 min
Genre Drame, Epouvante-horreur, Fantastique, Science Fiction, Thriller
Titre original : The Institute
Créée par Jack Bender
Avec Joe Freeman, Ben Barnes, Mary-Louise Parker
Nationalité U.S.A.
Musique
Synopsis
Kidnappé,...
Sortie 24 avril 2026 sur Netflix
Durée 1h 35min
Titre original Apex
Genre Action, Thriller
De Baltasar Kormákur
Avec Charlize Theron, Taron Egerton, Eric Bana
Nationalité Etats-Unis
Musique Hogni Eglisson
Synopsis
Alors qu'elle...
Depuis 2025
Format 60 min
Genre Drame, Epouvante-horreur, Fantastique, Science Fiction, Thriller
Titre original : The Institute
Créée par Jack Bender
Avec Joe Freeman, Ben Barnes, Mary-Louise Parker
Nationalité U.S.A.
Musique
Synopsis
Kidnappé,...
Depuis 2025
Format 60 min
Genre Drame, Epouvante-horreur, Fantastique, Science Fiction, Thriller
Titre original : The Institute
Créée par Jack Bender
Avec Joe Freeman, Ben Barnes, Mary-Louise Parker
Nationalité U.S.A.
Musique
Synopsis
Kidnappé,...
Sortie 24 avril 2026 sur Netflix
Durée 1h 35min
Titre original Apex
Genre Action, Thriller
De Baltasar Kormákur
Avec Charlize Theron, Taron Egerton, Eric Bana
Nationalité Etats-Unis
Musique Hogni Eglisson
Synopsis
Alors qu'elle...
Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…
Date de sortie : 24 décembre 1986 (Turquie),
25 mars 1987 (France) Réalisateur : Oliver Stone Acteurs principaux : Charlie Sheen, Willem Dafoe, Tom Berenger, Keith David Genre : Guerre, drame Nationalité : Américain Compositeur : Georges Delerue
Les grands débuts de Charlie Sheen en uniforme !
Écrit et réalisé par Oliver Stone (La Reine du Mal, La Main du Cauchemar, Salvador) qui s’est inspiré de sa propre expérience en tant que soldat engagé, Platoon fait partie de ces films marquants dépeignant une vision particulièrement violente de la guerre du Vietnam. Dans la lignée de Voyage au Bout de l’Enfer et d’Apocalypse Now mais très différent d’un Rambo, il est le premier film d’un triptyque culte du réalisateur qu’il constitue avec Né un 4 juillet et Entre Ciel et Terre. Se déroulant en 1967, il met en avant la condition de soldat du jeune Chris Taylor, premier rôle majeur de Charlie Sheen (Lucas, La Folle Journée de Ferris Bueller, Phantom), dont l’enthousiasme se volatilise rapidement lorsqu’il se rend compte des corvées qu’on lui assigne dans une section qui a déjà subi plusieurs pertes au combat.
« Surtout tâche d’éviter la ronflette, bleusaille, ou t’auras le cul qui saignera ! »Un peu de légèreté dans ce monde de brutes.
Pris en main par le sergent Elias sous les traits de Willem Dafoe (The Loveless, Les Rues de Feu, Police Fédérale Los Angeles), il est dirigé par le sergent-chef Barnes, individu bien plus brutal interprété par Tom Berenger (Les Copains d’Abord, New York, Deux Heures du Matin, Rustlers’ Rhapsody). Malgré l’atrocité des conditions de vie imposée par le conflit, Taylor peut compter sur le soutien de plusieurs camarades notamment interprétés par Forest Whitaker (La Couleur de l’Argent, Good Morning Vietnam, Bloodsport), Keith David (The Thing, Mort ou Vif, Mary à Tout Prix) et Tony Todd (Bird, La Nuit des Morts-Vivants, Candyman). Deux ans après Les Griffes de la Nuit, Johnny Depp y effectue même un petit rôle avant le réel lancement de sa carrière avec Edward aux Mains d’Argent.
Une dualité iconque entre les deux sergents.Un Tom Berenger qui exploite toute la cruauté de son rôle.
Pour imprégner au mieux les acteurs de la vie des soldats et leur faire perdre leur aspect civil, Oliver Stone va jusqu’à recréer un camp d’entraînement et leur impose deux semaines d’épreuves comprenant de longues heures de marche, des embuscades, des patrouilles et des attaques nocturnes. De cette manière, Platoon illustre parfaitement l’esprit de l’Amérique de l’époque, partagé entre des guerriers assoiffés de victoire et des soldats qui estiment que le pays perd son âme dans un conflit qu’ils ne comprennent pas et auquel ils n’ont jamais été préparés. Vision symbolisée par la confrontation entre les sergents Barnes et Elias, le premier représentant la force brute et rapidement incontrôlable, tandis que le second fait preuve d’une conscience morale et se montre bien plus lucide en ne croyant pas en une véritable victoire.
« Nous bottons le cul à tellement de peuples depuis si longtemps qu’il est normal qu’on se le fasse botter à notre tour. »« L’enfer, c’est la suppression de la raison. »
Approfondissant toujours plus la condition des soldats, Platoon en profite pour pointer du doigt l’abus d’autorité des soldats expérimentés sur les nouvelles recrues à travers des répliques injurieuses. Il dénonce également l’abandon et l’assassinat d’officiers impopulaires ainsi que le dérapage des soldats face aux civils innocents dans des séquences particulièrement poignantes. Fort d’une réalisation de qualité à travers de nombreux plans à travers les feuillages et des gros plans sur les regards des sergents pour insister sur leur dualité, le film marque aussi pour sa narration portée par un personnage principal efficacement doublée par Eric Legrand, rapidement connu pour les voix de Seiya des Chevaliers du Zodiaque et de Vegeta dans Dragon Ball Z. Récompensé par quatre oscars dont celui du meilleur film, Platoon s’impose comme un des plus grands classique sur la guerre du Vietnam.
« Je suis sûr maintenant quand j’y repense, que nous ne nous sommes pas battus contre l’ennemi. Nous nous sommes battus contre nous-mêmes. L’ennemi était en nous. »
Date de sortie : 21 octobre 1981 (1h 48min) Réalisateur : Georges Lautner Acteurs principaux : Jean-Paul Belmondo, Robert Hossein, Michel Beaune, Jean-Louis Richard Genre : Action, drame Nationalité : Français Compositeur : Ennio Morricone
Une introduction qui annonce d’emblée la dramaturgie du scénario.
Adaptation du roman Mort d’une Bête à la Peau Fragile de Patrick Alexander, Le Professionnel marque la troisième collaboration entre Georges Lautner et Jean-Paul Belmondo, après Flic ou Voyou et Le Guignolo. Scénarisé par Jacques Audiard et le réalisateur lui-même, il met en scène l’espion français Josselin Beaumont, dénoncé par ses supérieurs pour des raisons politiques alors qu’il devait assassiner le dirigeant du Malagawi. Évadé de prison lors d’une séquence explosive à la Rambo II, il revient en France pour se venger de ses employeurs et exécuter le dictateur, en voyage officiel à Paris.
« – Je voulais pas le gifler, je te jure : c’est Rosen qui me l’a demandé. *PAF* – Moi non plus je voulais pas te gifler, c’est ma femme qui me l’a demandé ! »« J’étais en train de penser que je ne détesterais pas vous retenir, mais sans lui téléphoner. »
Le contexte politique se base en réalité sur l’évolution des relations diplomatiques entre la France et ses anciennes colonies africaines. Sorti peu après l’élection de François Mitterrand, le film imagine alors un nouveau gouvernement dont l’intérêt n’aurait plus été de tuer le colonel N’Jala. Plus casse-cou que jamais, Bébel va alors se mesurer au commissaire Rosen, incarné par Robert Hossein (Une Corde, un Colt, Point de Chute, Les Misérables), mais aussi à d’autres gradés de la police joués par Jean-Louis Richard (Jules et Jim, Le Dernier Métro, Le Gendarme et les Gendarmettes), Michel Beaune et Bernard-Pierre Donnadieu.
« – Tu vas pas sortir comme ça, y’a deux flics dehors : t’es cinglé, ils vont te tomber dessus ! – Aucune importance : j’ai ce qui s’appelle l’avantage de la surprise ! »« Je t’avais dit que je serais toujours derrière toi ! »
Dans la pure tradition des comédies d’action avec Jean-Paul Belmondo, Le Professionnel est un régal de chaque instant tant le moindre plan est calculé pour une réalisation optimale. Les scènes d’action soudaines sont bien orchestrées et les combats à mains nues ne manquent pas de bruitages percutants pour renforcer l’immersion. Grand habitué du réalisateur, Michel Audiard s’amuse à décomplexifier les situations grâce à des dialogues complètement décalés tels que « Joss Beaumont, espionnage et châtaigne ! », ou encore « J’espère qu’il va pas trop se friper, j’ai oublié de le mettre sur un cintre ! ».
« – Que puis-je faire pour voir, commandant Beaumont ? – Ouvrir les rideaux, allumer la lampe… et mourir, Monsieur le Président ! »« Quand j’ai dit ça j’avais un flingue là. Vous savez ce que c’est que d’avoir un flingue là !? C’est pas les comptes-rendus, c’est pas les rapports, c’est pas de l’informatique, c’est un flingue ! »
Le Professionnel constitue toutefois un tournant dans la carrière de Belmondo pour son ton bien plus grave et son scénario dramatique, comme l’illustre le duel de Beaumont face au commissaire Rosen, véritable hommage aux meilleurs westerns spaghetti grâce à des jeux de regard filmés à la perfection sublimés par la mélancolique « Chi Mai ». Retentissant à de nombreuses reprises, cette musique avait été composée dix ans plus tôt par Ennio Morrione pour le film italien Maddalena de Jerzy Kawalerowicz. /!\ SPOILERS /!\Elle retentit de plus belle durant le final d’un tragique audacieux pour son époque, la caméra s’éloignant de Beaumont par les airs pour symboliser l’élévation de son âme à la manière d’un Taxi Driver. Un film exemplaire du savoir-faire français du début des années 1980.
Date de sortie : 16 décembre 1994 (États-Unis),
14 juin 1995 (France) Réalisateurs : Peter et Bobby Farrelly Acteurs principaux : Jim Carrey, Jeff Daniels, Lauren Holly, Mike Starr Genre : Comédie Nationalité : Américain Compositeur : Todd Rundgren
– ARRÊTEZ CET AVION !!
– Non non, n’y allez pas !
– Vous inquiétez pas, je suis chauffeur de limousine !
De sacrées têtes de vainqueur pour ce duo de folie !
Après quelques films sympathiques dont le méconnu Vampire Forever et sa révélation dans les comédies culte Ace Ventura, Détective Chiens et Chats et The Mask, Jim Carrey atteint les sommets de son humour déjanté avec l’excellent Dumb & Dumber, premier film des frères Farrelly (Strike, Mary à Tout Prix, Fous d’Irène). Incarnant Lloyd Christmas, un chauffeur de limousine aussi peu futé que sa coupe au bol est ringarde, il fait équipe avec Harry Dunne, un colérique à moitié bègue et mal coiffé interprété par Jeff Daniels (La Rose Pourpre du Caire, Arachnophobie, Speed), qui n’a rien de mieux à faire que customiser sa camionnette en berger des Pyrénées pour ses livraisons de chiens. Lloyd croise le chemin de la ravissante Mary Swanson, jouée par Lauren Holly (Linda Lee dans Dragon L’Histoire de Bruce Lee), le coup de foudre est tel qu’il ne peut s’empêcher de vouloir lui ramener la mallette qu’elle laisse pourtant volontairement à l’aéroport pour un duo de personnages peu recommandables.
Une bonne tête de l’emploi pour ces sous-fifres du grand méchant de l’histoire !« Casse-lui la gueule, Gaspard ! »
Incarnés par Mike Starr (Les Affranchis, Cool World, Ed Wood) et Karen Duffy, ces derniers vont alors les traquer sur la route pour qu’ils n’atteignent jamais Aspen, ville d’où le malicieux Nicholas Andre tire les ficelles sous les traits de Charles Rocket (Objectif Terrienne, Danse avec les Loups, Hocus Pocus). Si la première partie de Dumb & Dumber s’attache à la situation des deux protagonistes, qui perdent leur boulot et vivent dans un logement miteux avec un élevage de vers de terre comme seul projet, elle annonce surtout la variété des gags à venir. On y voit en effet Lloyd serrer Mary dans ses bras comme s’ils venaient de vivre un moment inoubliable, percuter une voiture en suivant Mary des yeux et se vautrer dans l’aéroport en pensant pouvoir rattraper son avion pendant qu’Harry offre gracieusement des sandwiches aux chiens qu’il vient de toiletter.
« Vous avez un peu abusé de la bouteille à ce que je vois, ou alors je me trompe c’est p’tet du sirop pour la toux ! »
J’aurais cru que les montagnes rocheuses
étaient un peu plus… rocheuses que ça !
Un rêve aux fantasmes très éclectiques !
La seconde partie de Dumb & Dumber se concentre sur les nombreuses péripéties qu’ils s’infligent eux-mêmes sur la route. Les situations d’anthologie ne manquent pas entre leur arnaque au routier Gaspard, Lloyd contraint d’uriner dans des bouteilles vides tandis qu’un policier poursuit leur véhicule, Harry qui cherche désespérément de quoi éteindre le feu sur ses chaussures à la station-service, le coup de poing dans la figure à travers le vitre d’une cabine téléphonique et Lloyd qui se trompe de route en pleine nuit. Le délire atteint son paroxysme quand ce dernier caricature à outrance les arts martiaux lors d’un rêve où il s’imagine défendre Mary face à plusieurs agresseurs dans un restaurant, ou encore lorsque les deux compères ne s’arrêtent plus d’exaspérer Mentalino alors qu’ils le prennent comme autostoppeur. Le pire est qu’ils arrivent à passer pour des pros aux yeux de leurs opposants quand ils liquident involontairement ce dernier en partant d’une simple blague de piment dans son burger.
« Non non non non ! On n’a pas le droit de se percher dans un camion ! On n’a pas le droit de se percher dans un camion ! On n’a pas le droit de se percher dans un camion ! Lloyd !? LLOYD !!? »Les mecs qui éclatent de rire sans se rendre compte que leur victime est en train de clamser !
Tandis qu’ils découvrent enfin que la mallette regorge de billets, ils ne cessent d’empiler les clichés sur les riches, comme les paquets qui dégoulinent lorsqu’ils ouvrent les portes de leur Ferrari et les dollars qui servent de mouchoir tellement ils ne savent plus quoi en faire. Si Lloyd continue d’accumuler les rires et autres tronches d’imbécile heureux en plus des films qu’il se fait durant tout le scénario, Harry s’accapare carrément Mary lors d’une journée au ski, préfigurant ainsi le scénario de Mary à Tout Prix, des mêmes réalisateurs. Les situations délirantes s’enchaînent alors avec le bouchon de champagne qui dégomme une chouette, Lloyd qui hurle de joie quand Mary lui annonce qu’il aurait une chance sur un million de finir avec elle, et leur engueulade qui explose une fois attachés sur le lit. Si plusieurs gags pipi caca ou en-dessous de la ceinture peuvent être de trop, l’idée du laxatif qui oblige Harry à se retrouver coincé aux toilettes dans le chalet de Mary s’avère relativement efficace.
« – C’est une jolie paire que vous avez là. – Je vous demande pardon ? – Bah oui vous chouettes elles sont magnifiques ! »
– Alors vous passez me prendre à dix-neuf heures quarante-cinq ? – Euh ce soir bah non j’ai à faire, enfin bon alors si vous voulez bien j’aimerais plutôt huit heures moins le quart.
Du pur délire dans les gestes comme seul Jim Carrey sait le faire !
Fort bien réalisé, Dumb & Dumber vaut aussi pour son rythme parsemé de courtes compositions qui viennent ponctuer certains moments forts, comme « First Love » lors du coup de foudre, « Urgent Bagage » quand Lloyd tente de rattraper l’avion et « Wrath of the Gas Man » qui annonce la présence d’un antagoniste. Outre l’enivrante « The Rain, The Park and Other Things » de The Cowsills durant le rêve et l’entraînante « Oh, Pretty Woman » de Roy Orbison à l’institut de beauté, plusieurs chansons américaines dynamisent les moments sur la route et à la montagne telles que « Boom Shack-a-lack » d’Apache Indian, « Crash (The 95’ Mix) » par The Primitives et « New Age Girl » par Dead Eye Dick. Todd Rundgren lui-même vient apporter une touche plus personnelle avec « Can We Still Be Friends » lors de l’avant-dernière séquence.
« Je rêve désespérément de faire l’amour à un petit écolier ! »« – C’est vrai ça s’il faut seulement une belle gonzesse pour foutre le bordel comme ça, c’est p’tet parce que notre amitié n’existe pas, il vaut mieux tirer un très dessus, d’accord ? – Et tu me dis où je dois signer, abruti ? – Sur mon cul, tu l’embrasses et t’as plus qu’à signer ! »
Un scénario rocambolesque sans lequel Mary n’aurait jamais retrouvé son mari, mais qui laisse ironiquement Lloyd et Harry sur le carreau étant donné qu’ils se retrouvent de nouveau à pied sur la route. Mais au cas où le titre du film ne serait pas suffisamment explicite, une dernière scène vient achever de démontrer leur qualification de cloche et d’idiot (selon le titre québécois) tandis qu’ils ne se rendent même pas compte qu’ils auraient pu servir de masseurs à une trentaine de filles dans un bus en tournée bikinis. Complété par un préquel à l’intérêt limité sans l’équipe d’origine puis par une suite correcte par les mêmes réalisateurs quelques années plus tard, Dumb & Dumber représente brillamment le sommet de la carrière comique de Jim Carrey tout en faisant partie de ces comédies intemporelles à consommer sans aucune modération.
« Police ! On fait plus un mouvement. Personne ne bouge, ou je tire : les mains en l’air ! Pas toi, connard ! »
Date de sortie : 18 octobre 1961 (États-Unis), 3 mars 1962 (France) Réalisateurs : Jerome Robbins et Robert Wise Acteurs principaux : Richard Beymer, Natalie Wood, George Chakiris, Rita Moreno Genre : musical Nationalité : Américain Compositeur : Leonard Bernstein
Les Jets, premiers arrivants toujours très sûrs d’eux.
Adaptation de la comédie musicale éponyme de 1957 par Jerome Robbins et Robert Wise (La Mélodie du Bonheur, Star Trek le film), West Side Story constitue un Roméo et Juliette moderne dans le New York des années 1950, théâtre d’un conflit ethnique qui sévit entre deux gangs de rue. D’une part les Jets, Américains d’origine polonaise, irlandaise et italienne, bien décidés à protéger leur territoire ; d’autre part les Sharks, immigrés d’origine portoricaine cherchant à être acceptés dans une société profondément communautariste.
Les Sharks, expressément qualifiés de sauvages durant le film.L’immanquable séquence de bal.
Ce qui devait arriver surgit alors lorsque Tony, ancien leader des Jets joué par Richard Beymer (Twin Peaks), tombe sous le charme de Maria, immigrée portoricaine interprétée par Natalie Wood (La Fureur de Vivre), mais aussi sœur de Bernardo, chef des Sharks incarné par George Chakiris (Les Demoiselles de Rochefort). Conseillée par son amie Anita, sous les traits de Rita Moreno (The Ritz), cette dernière succombe néanmoins à cet amour irrésistible, pourtant rendu impossible par la confrontation des deux clans, qui ne cessent de se provoquer et organisent même un duel.
Une allégorie efficace de l’amour impossible.
Du haut de ses deux heures et demie, West Side Story expérimente divers procédés de réalisation, à commencer par un générique à image fixe qui ne laisse étrangement place qu’à la musique sans aucun nom qui défile à l’écran. Premier film à survoler New York en vue aérienne, il introduit son scénario par une première séquence simplement composée de danse et de musique, qui annonce d’ores et déjà un style rythmique à base de sifflements et de claquements de doigt. Récompensé par dix oscars dont celui du meilleur film et de la meilleure musique, West Side Story s’impose d’emblée comme un grand classique du film musical.
L’adaptation de Steven Spielberg
Date de sortie : 8 décembre 2021 (2h 36min) Réalisateur : Steven Spielberg Acteurs principaux : Ansel Elgort, Rachel Zegler, Ariana DeBose, David Alvarez Genre : musical Nationalité : Américain Compositeurs : Leonard Bernstein et David Newman
Un nouveau duo plein de charme.
Adaptation réalisée soixante ans après le premier West Side Story par Steven Spielberg (Le Bon Gros Géant, Pentagon Papers, Ready Player One), ce nouveau film se montre d’emblée plus fidèle à la comédie musicale avec un quartier en pleine gentrification, des Sharks tous interprétés par des Latino-Américains et un Tony récemment sorti de prison dont la prise de distance avec les Jets se fait davantage ressentir. Incarné par Ansel Elgort (Carrie La Vengeance, Baby Driver, November Criminals), il porte largement le film en duo avec Rachel Zegler, qui effectue son premier rôle au cinéma avant d’incarner Blanche-Neige dans la future adaptation en prises de vue réelles de Disney.
Là où les Sharks passent, les Jets trépassent !Une « America » très efficacement remaniée !
Outre le jeune David Alvarez qui joue Bernardo, Valentina remplace Doc à la direction du café sous les traits de Rita Moreno, qui interprétait Anita en 1961. Fort d’une réalisation au top pour une durée similaire, ce nouveau West Side Story reprend efficacement la structure du scénario d’origine en réinterprétant certaines chorégraphies. « America » se déroule désormais dans les rues de New York, « One Hand, One Heart » passe du magasin de vêtements à l’église tandis que de nombreux dialogues en espagnol viennent davantage marquer les différences ethniques. Le film offre également des plans très intéressants, comme la vue aérienne qui laisse apparaître les ombres des Jets et des Sharks au début de leur confrontation. Une grande réussite pour un des meilleurs films de 2021 !
Date de sortie : 27 août 1993 (Amérique du Nord), 13 juillet 1994 (France)
Date de reprise : 22 novembre 2021 Réalisateur : Fraser Clarke Heston Scénariste : Walter Duch Richter Acteurs principaux : Ed Harris, Max von Sydow, Bonnie Bedelia, Amanda Plummer, JT Walsh, Ray McKinnon Genre : Épouvante Nationalité : Américain Compositeur : Patrick Doyle
L’avis d’Emmanuel
Adaptation du roman Bazaar de Stephen King paru deux ans plus tôt, Le Bazaar de l’Épouvante est un film horrifique dans lequel un étrange magasin d’antiquités vient réveiller les démons d’une petite ville tranquille du Maine nommée Castle Rock. Réalisé par Fraser Clarke Heston (L’Île au Trésor, Sherlock Holmes et la Croix de Sang), il met en scène Ed Harris (Creepshow, Abyss, La Firme) dans la peau du shérif Alan Pangborn face au sinistre Leland Gaunt, interprété par Max von Sydow (Jamais Plus Jamais, Dune, Robin des Bois). Ce dernier propose en effet à chaque habitant d’obtenir un objet dont il a toujours rêvé pour un prix dérisoire, mais moyennant des faveurs non sans conséquence.
Également porté par des actrices comme Bonnie Bedelia (Die Hard Piège de Cristal, 58 Minutes pour Vivre, Présumé Innocent) et Amanda Plummer (The Fisher King, Pulp Fiction), Le Bazaar de l’Épouvante présente en réalité les vices d’une microsociété capitaliste où tout le monde se connaît et où le prix à payer pour posséder ce que l’on désire va bien au-delà du simple coût financier. Car sous leurs apparences anodines, ces faveurs cherchent en réalité à dresser les habitants les uns contre les autres en exploitant leurs tensions passées et leurs paranoïas, allant jusqu’à créer un conflit entre les communautés baptiste et catholique et passant par la vente d’armes pour que les clients puissent régler leurs comptes.
Bien mieux réalisé que la plupart des adaptations de Stephen King, Le Bazaar de l’Épouvante comporte des musiques diaboliques avec de jolis pics d’intensité, mais présentant un décalage sonore ennuyeux par rapport aux dialogues des personnages sur le blu-ray. Ressemblant toutefois à la plupart des autres films tirés de ses romans, il se démarque essentiellement par sa critique du capitalisme via des personnages prêts à tout pour satisfaire leur besoin de consommation, déjà bien présente dans le roman.
L’avis de Nicolas
L’horreur permet de mettre en avant l’absurdité des communautés humaines en se servant du fantastique pour appuyer une critique. Le Bazaar de L’Épouvante met en avant cette idée en faisant d’une petite ville des États-Unis le théâtre de la destruction de la tranquillité publique après l’arrivée d’un étrange personnage.
Leland Gaunt installe donc un magasin dans Castle Rock et vend de vieux objets qui semblent apporter un trouble dans la ville. En effet, les habitants vont par la suite s’entretuer en série.
Le film est adapté d’un roman de Stephen King, Bazaar. L’auteur revisite la figure du mal à travers le personnage de Leland, qui s’avèrera être le diable en personne ou dans tous les cas un étrange dérivé.
Le film de Fraser Clarke Heston est une étonnante série B qui possède une mise en scène classique préférant minimiser ses effets pour créer une atmosphère assez géniale. Le Bazaar de l’Épouvante est alors un habile mélange entre comédie et cinéma d’horreur.
Les morts des personnages sont souvent filmées d’une manière assez absurde. Il suffit de voir cette séquence où une femme entre dans la maison d’un personnage pour coller des affiches qui l’accuse de fraude. La séquence est rythmée par « Dans l’Antre du Roi de la Montagne » d’Edvard Grieg, qui y ajoute une dimension profondément cynique et jouissive.
Il y a également tout le travail qui entoure Leland Gaunt qui est très bien géré. Sa nature est dévoilée de manière savante à travers le récit afin de brouiller les pistes. Il est magistralement incarné par Max Von Sydow, qui semble totalement s’éclater à prendre la place du diable après s’être confronté à ce dernier dans le Septième Sceau d’Ingmar Bergman.
L’ensemble du Bazaar de l’Épouvante en fait un film très sympathique, qui n’atteint jamais la grandeur du cinéma mais s’avère être une bonne petite madeleine qui renvoie au style si particulier de King (tous les ingrédients y sont : ville perdue, Lovecraft, Castle Rock). C’est franchement à découvrir sachant que le film est sorti chez Rimini dans une belle édition blu-ray/DVD.
L’édition est accompagnée d’un livret « Nos âmes au Diable » rédigé par Marc Toullec, d’un commentaire audio de Fraser C. Heston et d’un film promotionnel. Les plus courageux trouveront également satisfaction dans la version longue rajoutant une heure de film.
Date de sortie : 2 décembre 1981 (1h 38min) Réalisateur : Jean Girault Acteurs principaux : Louis De Funès, Jean Carmet, Jacques Villeret, Christine Dejoux Genre : Comédie dramatique Nationalité : Français Compositeur : Raymond Lefebvre
« C’est encore dans notre petit coin à nous, loin des malfaisants, qu’on est encore le mieux pour attendre la mort. »
Adaptation du roman éponyme de René Fallet paru au début de l’année précédente, La Soupe aux Choux est une comédie touchante saupoudrée de science-fiction marquant l’avant-dernière collaboration entre Jean Girault et Louis De Funès après des films comme Jo, Le Gendarme et les Extraterrestre et L’Avare. Ce dernier y incarne le sabotier Claude Ratinier, dit « le Glaude », vivant dans une campagne reculée auprès du puisatier Francis Chérasse, dit « le Bombé », interprété par Jean Carmet (La Septième Compagnie au Clair de Lune, Allons z’Enfants, Les Misérables). Septuagénaires à l’écart de la civilisation moderne, ils mènent une vie à l’ancienne en consommant plusieurs litres d’alcool par jour, dont leur fameux perniflard.
« Le Glaude ! Mon eau, sans me vanter, c’est la meilleure du coin, pour la soupe et pour le perniflard. Y’a là-dessous une nappe phréatique comme y’a point dans tout l’Allier ! »Des faciès toujours aussi exquis !
Leur quotidien est perturbé par un extraterrestre, qui apparaît en pleine nuit à bord d’une soucoupe volante sous les traits de Jacques Villeret (Papy fait de la Résistance, Le Dîner de Cons, Iznogoud), qui se trouve alors révélé auprès du grand public. Tandis que Francine, défunte femme du Glaude jouée par Christine Dejoux, est ramenée à la vie à l’âge de vingt ans, la différence entre les générations s’accentue et les difficultés de vivre à cette époque se font d’autant plus ressentir. Pourvu d’un casting de qualité, le film comporte aussi le caméo de plusieurs acteurs familiers au duo Girault De Funès tels Henri Génès, Claude Gensac et Max Montavon.
Un design qui pourrait avoir inspiré Capcom pour Mega Man, sorti six ans plus tard.Un accent du midi qui renforce encore plus le comique de la situation.
Grand habitué du réalisateur, Raymond Lefebvre rend le film intemporel grâce à des musiques d’une grande intensité composées à l’aide de synthétiseurs, à commencer par l’excellent thème principal qui se reconnaît entre mille. En surface, l’humour de La Soupe aux Choux est d’abord habituel des mimiques de De Funès, qui râle à l’excès, grimace tant qu’il peut, imite la façon de communiquer de l’extraterrestre et propose une joyeuse caricature du vieux franchouillard aux côtés de Jean Carmet. De nombreuses séquences courtes, dont celle du médecin et du brigadier, viennent efficacement renforcer le comique de l’œuvre. Bien que certains gags puissent surfer avec le loufoque (péter à outrance pour faire venir un extraterrestre…), le film aborde en réalité plusieurs thématiques qui le démarquent d’une simple comédie.
« Mais mmm… je t’ai déjà vue toute nue même quand t’avais l’âge que t’as ! »
Thème cher à De Funès déjà effleuré dans le cinquième épisode du Gendarme, la vie extraterrestre est ici approfondie avec le personnage de Jacques Villeret, surnommé « la Denrée » pour l’exotisme qu’il procure et la soupe dont il raffole. Finissant par apprendre le langage humain puis à parler avec le patois du Glaude, il a même ses instants touchants alors qu’il demande la signification du mot « plaisir ». Ce qui amène à la thématique du temps qui passe, notamment abordé à travers Francine, dont la résurrection crée un grand décalage avec son mari, comme l’atteste la scène de l’omelette où il braille sur le rythme des œufs battus car elle refuse qu’il la regarde en train de s’habiller.
La jeunesse du début des années 80, à la manière de La Boum.Une lettre d’adieu touchante narrée par deux voix sous une musique d’une grande tristesse.
Différente des épouses traditionnelles, Francine est la première à choisir de s’émanciper de son mari, qui devient alors comme un oncle, pour profiter de sa seconde vie. Dans la lignée de L’Aile ou la Cuisse et de La Zizanie, le film dénonce également la désertification rurale causée par l’industrialisation à la société française à travers le maire capitaliste qui les pousse d’autant plus à quitter la planète. Empli d’une certaine émotion, La Soupe au Choux peut alors se caractériser comme le testament de Louis De Funès tandis qu’il choisit de rejoindre un monde meilleur, ne partageant plus les valeurs des hommes de la fin du XXème siècle. Une comédie française d’anthologie !
Date de sortie : 24 novembre 2021 (2h37min) Réalisateur : Ridley Scott Acteurs principaux : Lady Gaga, Adam Driver, Al Pacino, Jared Leto Genre : Biopic, drame Nationalité : Américain Compositeur : Harry Gregson-Williams
C’était un nom si doux à l’oreille, si séduisant, synonyme de richesse, de style, de pouvoir
Une soirée absolument comme les autres.
Adapté du roman The House of Gucci : A Sensational Story of Murder, Madness, Glamour, and Greed écrit par Sara Gay Forden, House of Gucci se présente comme un biopic relatant la décadence de la célèbre famille propriétaire de la société éponyme spécialisée dans le luxe et la mode, créée par Guccio Gucci tout juste un siècle avant la sortie du film. Réalisé par Ridley Scott (Robin des Bois, Alien Covenant, Napoléon), il met en scène Lady Gaga (Sin City j’ai Tué Pour Elle, A Star is Born) dans le rôle de Patrizia Reggiani, jeune femme issue d’une famille modeste qui se lie malgré elle à Maurizio Gucci, jeune héritier de la famille interprété par Adam Driver (BlacKkKlansman, Star Wars IX, Le Dernier Duel).
Adam Driver retranscrit parfaitement le malaise de son personnage.Ce qui devait arriver arriva…
Sous les traits de Jeremy Irons (Faux-Semblants, Batman V Superman, Red Sparrow), Rodolfo Gucci représente l’archétype du père qui reste campé sur ses valeurs d’un autre temps, tandis que son frère Aldo Gucci, brillamment incarné par Al Pacino (Le Parrain, Once Upon a Time in Hollywood, The Irishman), est comparable à un mafieux tenant absolument à léguer son héritage à une personne de confiance. Ce qui est sans compter sur son fils Paolo Gucci, joué par Jared Leto (Blade Runner 2049, Une Affaire de Détails, Justice League Snyder’s Cut), dont les projets artistiques paraissent bien trop décalés pour satisfaire la famille. Le casting comporte également Salma Hayek (Desperado, Bandidas, Les Éternels) dans le rôle d’une divinatrice, ainsi que Camille Cottin (Hep Taxi, Connasse, Alliés) pour Paola Franchi.
De véritables airs du Parrain.
Au nom du père, du fils et de la maison Gucci
Al Pacino toujours en grande forme.
Bercé à la fois par des musiques italiennes (« La Ragazza Dol Maglione » de Pino Donaggio), classiques (« A Fifth of Beethoven » par Walter Murphy) et américaines (« Heart of Glass » du groupe Blondie, « Sweet Dreams » du groupe Eurythmics), House of Gucchi respire l’amour du rétro par son esthétique portée par des accoutrements de luxe. Un décalage se montre néanmoins rapidement entre la beauté et la classe de Patrizia et un Maurizio au physique peu reluisant qui se tient mal à l’aide dans son costume cravate. Ayant une vision bien différente de celle de son père, ce dernier semble se moquer de faire perdurer le prestige familial, à l’inverse de Patrizia qui prend réellement les devants pour leur intérêt.
Une conspiration non sans conséquence.Les aléas de plusieurs années de mariage.
Mais malgré les excès qu’elle peut commettre, la femme jouée par Lady Gaga demeure loin du cliché de la profiteuse qui se marie pour profiter des richesses sans éprouver le moindre sentiment, ce qui rend son personnage d’autant plus intéressant. D’un très bon acabit, les acteurs jouent efficacement la famille qui s’entredéchire jusqu’à finalement tout perdre. Si la réalisation de Ridley Scott est tout à fait correcte, elle manque toutefois d’un cachet supplémentaire qu’un cinéaste comme Guy Ritchie (Aladdin, The Gentlemen, Un Homme en Colère) aurait pu apporter à ce genre de film. Au demeurant, House of Gucci s’impose sans problème comme une œuvre majeure de sa filmographie.
« Je ne me considère pas spécialement comme quelqu’un de très moral, mais je suis juste. »
Date de sortie : 24 novembre 2021 (1h47min) Réalisateur : Johannes Roberts Acteurs principaux : Kaya Scodelario, Robbie Amell, Neal McDonough, Hannah John-Kamen, Avan Jogia, Tom Hopper Genre : Épouvante Nationalité : Américain Compositeur : Mark Korven
Il a fallu attendre cinq ans après la fin de la saga portée par Paul W.S. Anderson (qui avait pourtant su reconstituer de manière cohérente l’univers de Mortal Kombat quelques années plus tôt) pour voir arriver une nouvelle adaptation des jeux vidéo Resident Evil, ayant cette fois-ci la volonté d’être bien plus fidèle au matériau d’origine. Réalisé et scénarisé par Johannes Roberts, cinéaste britannique habitué aux productions horrifiques, Resident Evil Bienvenue à Raccoon City tente de mêler les événements des deux premiers jeux de la saga dans un film introduisant de facto de nombreux personnages à la fois. On trouve ainsi Hannah John-Kamen (Tomb Raider, Ready Player One, Ant-Man et la Guêpe) et Robbie Amell respectivement dans les rôles de Jill Valentine et de Chris Redfield, ainsi qu’Avan Jogia (Retour à Zombieland) et Kaya Scodelario (Le Labyrinthe, Pirates des Caraïbes La Vengeance de Salazar, Crawl) pour Leon S. Kennedy et Claire Redfield.
« Ils se sont réfugiés dans cette maison, où ils pensaient être à l’abri. Pourtant… »Un personnage réussi qui aurait pourtant mérité une plus grande importance.
Présenté comme un jeune flic qui ne semble pas être capitaine de son équipe, Albert Wesker est quant à lui incarné par Tom Hopper (Terminator Dark Fate, Game of Thrones, Umbrella Academy), tandis que William Birkin est joué par Neal McDonough (Street Fighter La Légende de Chun Li, Captain America First Avenger, Sonic) et le chef de la police Brian Irons par Donal Logue (Max Payne, Gotham, The Cloverfield Paradox). Si des personnages comme Brad Vickers, Richard Aiken, Sherry et Annette Birkin sont bien présents, on remarque toutefois l’absence regrettable de Barry Burton et Rebecca Chambers, sans doute pour ne pas ébranler un casting déjà débordant. On note également la présence de membres de l’Umbrella Biohazard Countermeasure Service, d’une Lisa Trevor très discrète et d’un clin d’œil plus que bienvenu à Resident Evil Code Veronica.
Une façade très bien rendue.La renaissance d’une scène d’anthologie !
Assez inégal, Resident Evil Bienvenue à Raccoon City commence néanmoins par une belle introduction montrant l’enfance de deux des héros dans le sinistre orphelinat de Raccoon City, avant d’embrayer sur l’état actuel de la ville alors que l’épidémie gagne du terrain. S’il est agréable de voir les STARS échanger entre eux depuis leur bureau pour la première fois, les clins d’œil manquant de subtilité commencent à faire leur apparition tandis qu’ils se demandent quelle serait la mort la plus douloureuse entre la morsure d’un serpent et celle d’un requin. D’autres sont heureusement bien mieux mis en valeur, comme le titre RESIDENT EVIL qui s’affiche en rouge avec la police d’écriture du premier jeu de la saga, la scène du premier zombie recréée telle quelle, quelques notes de la « Sonate au Clair de Lune » qui libère un passage, les clés aux enseignes « pique cœur carreau trèfle », les armures présentes dans le manoir, le camionneur infecté qui fonce sur la route et l’hélicoptère qui s’écrase.
Un rendu glauque des plus perturbants.
En dents de scie, la réalisation comporte toutefois une belle reconstitution des halls du commissariat et du manoir, ce dernier étant montré par l’intermédiaire d’un travelling allant du sol jusqu’au plafond dans une jolie contreplongée. Outre la présence de dobermans, d’un corbeau et d’un licker, certains personnages en cours de transformation provoquent efficacement l’effroi grâce à leur regard livide, leur perte de cheveux et leur élocution inhumaine. Alors que les scènes se voient ponctuées par l’affichage de l’heure qu’il est avant le moment fatidique de six heures du matin, la relation de certains personnages s’avère différente, comme Claire et Chris qui ne s’entendent pas si bien que ça. Si le journaliste Ben Bertolucci cherche cette fois-ci à sortir de sa cellule, son attitude à moitié cinglée lui correspond tout à fait en tant que dénonciateur de la situation.
Les STARS dans leur bureau : une grande première depuis vingt-cinq ans !Un chien pas très commode…
Assez convaincant sur plus d’un point, Resident Evil Bienvenue à Raccoon City comporte cependant plusieurs défauts qui l’empêchent d’être l’adaptation que la saga mérite. Outre le classique « on devrait se séparer » cher aux films d’horreur, le scénario passe bien trop vite sur les événements du manoir et du commissariat au point que les personnages sont subrepticement rassemblés sur la fin. La relation entre les personnages est quelque peu cassée par une remarque d’Irons sur la coiffure de Leon, Wesker présenté comme un Monsieur Muscle pour qui Jill en pince ou une réplique sortie de nulle part supposant que le « S » de « Leon S. Kennedy » signifierait « stupide ». Pas toujours au top, la réalisation laisse place à plusieurs CGI datées et à une scène épileptique durant laquelle Chris tire vainement sur des zombies dans le noir.
Une visite bien trop expéditive du laboratoire.Si on s’attendait à voir une photo de Wesker parmi d’autres scientifiques, le réalisateur opte pour un choix surprenant…
Si l’idée de présenter Lisa Trevor comme une alliée capable de discernement est loin d’être inintéressante, son traitement aurait mérité d’être largement plus abouti. Il est aussi dommage que Sherry et Annette n’aient pas un rôle plus important, d’autant que William est assez peu valorisé par Neal McDonough, qui aurait sans doute incarné un Wesker bien plus charismatique. Si le film reste correct et bien plus respectueux que ses prédécesseurs malgré la présence de Paul W.S. Anderson comme producteur exécutif, la scène post-générique montrant Wesker qui renaît de ses cendres et Ada Wong qui lui apporte ses lunettes a de quoi faire peur pour une éventuelle suite. À moins que les diapositives montrant l’enfance d’Alfred et Alexia Ashford soient de meilleur augure ?
Date de sortie : 22 octobre 2021 (Canada),
27 octobre 2021 (France) Réalisateur : Edgar Wright Acteurs principaux : Thomasin McKenzie, Anya Taylor-Joy, Matt Smith, Diana Rigg Genre : Thriller, horreur psychologique Nationalité : Britannique Compositeur : Steven Price
Une jeune femme innocente en route vers un monde cruel.
Thriller horrifique réalisé par Edgar Wright (Shaun of the Dead, Scott Pilgrim, Baby Driver), Last Night in Soho met en scène Thomasin McKenzie (Le Hobbit La Bataille des Cinq Armées, Jojo Rabbit, Old) dans le rôle d’Eloise Turner, une étudiante en stylisme qui a des difficulté à trouver sa place dans la modernité de Londres au XXIème siècle. Passionnée par la vitalité cultuelle de la capitale britannique des années 1960, elle s’y retrouve alors propulsée chaque nuit dans la peau de Sandie, une jeune chanteuse pleine d’avenir au Café de Paris interprétée par Anya Taylor-Joy (Glass, Radioactive, Le Jeu de Dame). Elle y rencontre également Jack, un jeune homme qui l’aide à monter les échelons sous les traits de Matt Smith (Doctor Who, Terminator Genisys, Orgueil et Préjugés et Zombies) ainsi que l’étrange Lindsey, un gentleman incarné par Terence Stamp (Star Wars La Menace Fantôme, Big Eyes, Miss Peregrine et les Enfants Particuliers).
De superbes plans réalisés d’une main de maître.Un clin d’œil des plus appréciables.
Si le thème de la mode et le contexte historique sont proches de ceux de Cruella, la comparaison s’arrête rapidement avec une réalisation, une photographie et des décors autrement plus travaillés. L’ambiance des Swinging Sixties est joliment retranscrite par des couleurs criardes et de nombreuses musiques de l’époque comme « A World Without Love » de Peter and Gordon et « You’re My World » par Cilla Black, sans oublier le James BondOpération Tonnerre à l’affiche du cinéma dès l’arrivée d’Eloise.Last Night in Soho marque également le dernier rôle au cinéma de Diana Rigg (Au Service Secret de Sa Majesté, Game of Thrones, Breathe) et Margaret Nolan (Goldfinger), décédées avant la sortie du film.
La représentation typique d’une idylle de l’époque.Des plans horrifiques qui accélèrent la tension.
Très talentueuses, Thomasin McKenzie et Anya Taylor-Joy sont astucieusement mises en parallèle lors de plans miroir où l’une est le reflet de l’autre. Tandis que l’intrigue se resserre, les bas-fonds du métier de chanteuse de cabaret se dévoile par l’usage de l’horreur psychologique, qui balaie d’un revers de main les fantasmes d’une époque que l’héroïne n’a pas connue et dont elle se faisait simplement une image idyllique. Une critique du « c’était mieux avant » et un cynisme qui terminent brillamment le film par un bain de sang et des flammes faisant table rase d’un idéal déchu. Très stylé et pourvu d’une réalisation haut de gamme, Last Night in Soho se démarque largement des autres films à l’affiche.
Date de sortie : 27 juin 1986 (États-Unis), 3 décembre 1986 (France) Réalisateur : Jim Henson Acteurs principaux : David Bowie, Jennifer Connelly, Toby Fround Genre : Fantastique Nationalité : Américain Compositeur : Trevor Jones
Un des rôles les plus culte de David Bowie au cinéma.
Réalisé par Jim Henson (Le Muppet Show, Dark Crystal), Labyrinthe est un film fantastique dans lequel Jennifer Connelly (Il était une fois en Amérique, Requiem for a Dream) incarne Sarah, une adolescente férue de scénarios féeriques devant garder son petit frère Toby pendant que ses parents sortent. Agacée par ses pleurs tandis qu’elle lui conte une histoire sur une étrange communauté de gobelins, elle prononce une phrase de trop qui emporte le bébé dans un dangereux labyrinthe gouverné par Jareth, un étrange personnage interprété par David Bowie (Furyo, Les Prédateurs, Série Noire pour une Nuit Blanche). Pour empêcher que Toby ne se transforme lui-même en gobelin, elle doit traverser le labyrinthe et résoudre ses puzzles en moins de treize heures afin de se confronter à Jareth, qui ne cesse de lui mettre des bâtons dans les roues.
Le Minotaure n’est jamais loin !Les prémices d’un romantisme noir ?
Véritable ode à l’imagination, Labyrinthe renvoie immédiatement à Alice au Pays des Merveilles avec son héroïne presque seule contre tous, ces mystères incessants et ses recoins peuplés de gobelins, lutins et autres fées. Dans la droite lignée du Muppet Show, pas moins de dix-huit marionnettistes ont été engagés pour permettre la superbe animation des créatures, bien que les incrustations soient parfois assez voyantes. De la même manière que Dark Crystal, le film s’inspire de l’univers fantastique de l’illustrateur Brian Froud, qui supervise les costumes et les effets visuels. L’architecture surréaliste rappelle aussi fortement les créations de l’artiste Maurits Cornelis Escher, notamment les escaliers à multiples pesanteurs dans le château de Jareth.
Malgré son pantalon un peu trop proche d’un pyjama ou d’un survêtement utilisé pour traîner le dimanche, David Bowie arbore un certain charisme et six de ses chansons sont disséminées dans le film, dont la curieuse « Magic Dance » et l’intensive « Within You ». La fascination qui relie Sarah et Jareth rend le duo particulièrement intéressant, notamment lors de la scène du bal sous l’enivrante « As The World Falls Down ». Un film particulier, parfois déconcertant, qui appelle à l’aventure d’une manière astucieuse parmi les œuvres emblématiques des années 1980.