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Emmanuel Delextrat

Emmanuel Delextrat
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Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…

Le Bazaar de l’Épouvante, de Fraser Clarke Heston

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Date de sortie : 27 août 1993 (Amérique du Nord), 13 juillet 1994 (France)
Date de reprise : 22 novembre 2021

Réalisateur : Fraser Clarke Heston
Scénariste : Walter Duch Richter
Acteurs principaux : Ed Harris, Max von Sydow, Bonnie Bedelia, Amanda Plummer, JT Walsh, Ray McKinnon
Genre : Épouvante
Nationalité : Américain
Compositeur : Patrick Doyle

 

L’avis d’Emmanuel

Adaptation du roman Bazaar de Stephen King paru deux ans plus tôt, Le Bazaar de l’Épouvante est un film horrifique dans lequel un étrange magasin d’antiquités vient réveiller les démons d’une petite ville tranquille du Maine nommée Castle Rock. Réalisé par Fraser Clarke Heston (L’Île au Trésor, Sherlock Holmes et la Croix de Sang), il met en scène Ed Harris (Creepshow, Abyss, La Firme) dans la peau du shérif Alan Pangborn face au sinistre Leland Gaunt, interprété par Max von Sydow (Jamais Plus Jamais, Dune, Robin des Bois). Ce dernier propose en effet à chaque habitant d’obtenir un objet dont il a toujours rêvé pour un prix dérisoire, mais moyennant des faveurs non sans conséquence.

Également porté par des actrices comme Bonnie Bedelia (Die Hard Piège de Cristal, 58 Minutes pour Vivre, Présumé Innocent) et Amanda Plummer (The Fisher King, Pulp Fiction), Le Bazaar de l’Épouvante présente en réalité les vices d’une microsociété capitaliste où tout le monde se connaît et où le prix à payer pour posséder ce que l’on désire va bien au-delà du simple coût financier. Car sous leurs apparences anodines, ces faveurs cherchent en réalité à dresser les habitants les uns contre les autres en exploitant leurs tensions passées et leurs paranoïas, allant jusqu’à créer un conflit entre les communautés baptiste et catholique et passant par la vente d’armes pour que les clients puissent régler leurs comptes.

Bien mieux réalisé que la plupart des adaptations de Stephen King, Le Bazaar de l’Épouvante comporte des musiques diaboliques avec de jolis pics d’intensité, mais présentant un décalage sonore ennuyeux par rapport aux dialogues des personnages sur le blu-ray. Ressemblant toutefois à la plupart des autres films tirés de ses romans, il se démarque essentiellement par sa critique du capitalisme via des personnages prêts à tout pour satisfaire leur besoin de consommation, déjà bien présente dans le roman.

 

L’avis de Nicolas

L’horreur permet de mettre en avant l’absurdité des communautés humaines en se servant du fantastique pour appuyer une critique. Le Bazaar de L’Épouvante met en avant cette idée en faisant d’une petite ville des États-Unis le théâtre de la destruction de la tranquillité publique après l’arrivée d’un étrange personnage.

Leland Gaunt installe donc un magasin dans Castle Rock et vend de vieux objets qui semblent apporter un trouble dans la ville. En effet, les habitants vont par la suite s’entretuer en série.

Le film est adapté d’un roman de Stephen King, Bazaar. L’auteur revisite la figure du mal à travers le personnage de Leland, qui s’avèrera être le diable en personne ou dans tous les cas un étrange dérivé.

Le film de Fraser Clarke Heston est une étonnante série B qui possède une mise en scène classique préférant minimiser ses effets pour créer une atmosphère assez géniale. Le Bazaar de l’Épouvante est alors un habile mélange entre comédie et cinéma d’horreur.

Les morts des personnages sont souvent filmées d’une manière assez absurde. Il suffit de voir cette séquence où une femme entre dans la maison d’un personnage pour coller des affiches qui l’accuse de fraude. La séquence est rythmée par « Dans l’Antre du Roi de la Montagne » d’Edvard Grieg, qui y ajoute une dimension profondément cynique et jouissive.

Il y a également tout le travail qui entoure Leland Gaunt qui est très bien géré. Sa nature est dévoilée de manière savante à travers le récit afin de brouiller les pistes. Il est magistralement incarné par Max Von Sydow, qui semble totalement s’éclater à prendre la place du diable après s’être confronté à ce dernier dans le Septième Sceau d’Ingmar Bergman.

L’ensemble du Bazaar de l’Épouvante en fait un film très sympathique, qui n’atteint jamais la grandeur du cinéma mais s’avère être une bonne petite madeleine qui renvoie au style si particulier de King (tous les ingrédients y sont : ville perdue, Lovecraft, Castle Rock). C’est franchement à découvrir sachant que le film est sorti chez Rimini dans une belle édition blu-ray/DVD.

L’édition est accompagnée d’un livret « Nos âmes au Diable » rédigé par Marc Toullec, d’un commentaire audio de Fraser C. Heston et d’un film promotionnel. Les plus courageux trouveront également satisfaction dans la version longue rajoutant une heure de film.

La Soupe aux Choux : les adieux de Louis De Funès

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Date de sortie : 2 décembre 1981 (1h 38min)
Réalisateur : Jean Girault
Acteurs principaux : Louis De Funès, Jean Carmet, Jacques Villeret, Christine Dejoux
Genre : Comédie dramatique
Nationalité : Français
Compositeur : Raymond Lefebvre

« C’est encore dans notre petit coin à nous, loin des malfaisants, qu’on est encore le mieux pour attendre la mort. »

Adaptation du roman éponyme de René Fallet paru au début de l’année précédente, La Soupe aux Choux est une comédie touchante saupoudrée de science-fiction marquant l’avant-dernière collaboration entre Jean Girault et Louis De Funès après des films comme Jo, Le Gendarme et les Extraterrestre et L’Avare. Ce dernier y incarne le sabotier Claude Ratinier, dit « le Glaude », vivant dans une campagne reculée auprès du puisatier Francis Chérasse, dit « le Bombé », interprété par Jean Carmet (La Septième Compagnie au Clair de Lune, Allons z’Enfants, Les Misérables). Septuagénaires à l’écart de la civilisation moderne, ils mènent une vie à l’ancienne en consommant plusieurs litres d’alcool par jour, dont leur fameux perniflard.

« Le Glaude ! Mon eau, sans me vanter, c’est la meilleure du coin, pour la soupe et pour le perniflard. Y’a là-dessous une nappe phréatique comme y’a point dans tout l’Allier ! »
Des faciès toujours aussi exquis !

Leur quotidien est perturbé par un extraterrestre, qui apparaît en pleine nuit à bord d’une soucoupe volante sous les traits de Jacques Villeret (Papy fait de la Résistance, Le Dîner de Cons, Iznogoud), qui se trouve alors révélé auprès du grand public. Tandis que Francine, défunte femme du Glaude jouée par Christine Dejoux, est ramenée à la vie à l’âge de vingt ans, la différence entre les générations s’accentue et les difficultés de vivre à cette époque se font d’autant plus ressentir. Pourvu d’un casting de qualité, le film comporte aussi le caméo de plusieurs acteurs familiers au duo Girault De Funès tels Henri Génès, Claude Gensac et Max Montavon.

Un design qui pourrait avoir inspiré Capcom pour Mega Man, sorti six ans plus tard.
Un accent du midi qui renforce encore plus le comique de la situation.

Grand habitué du réalisateur, Raymond Lefebvre rend le film intemporel grâce à des musiques d’une grande intensité composées à l’aide de synthétiseurs, à commencer par l’excellent thème principal qui se reconnaît entre mille. En surface, l’humour de La Soupe aux Choux est d’abord habituel des mimiques de De Funès, qui râle à l’excès, grimace tant qu’il peut, imite la façon de communiquer de l’extraterrestre et propose une joyeuse caricature du vieux franchouillard aux côtés de Jean Carmet. De nombreuses séquences courtes, dont celle du médecin et du brigadier, viennent efficacement renforcer le comique de l’œuvre. Bien que certains gags puissent surfer avec le loufoque (péter à outrance pour faire venir un extraterrestre…), le film aborde en réalité plusieurs thématiques qui le démarquent d’une simple comédie.

« Mais mmm… je t’ai déjà vue toute nue même quand t’avais l’âge que t’as ! »

Thème cher à De Funès déjà effleuré dans le cinquième épisode du Gendarme, la vie extraterrestre est ici approfondie avec le personnage de Jacques Villeret, surnommé « la Denrée » pour l’exotisme qu’il procure et la soupe dont il raffole. Finissant par apprendre le langage humain puis à parler avec le patois du Glaude, il a même ses instants touchants alors qu’il demande la signification du mot « plaisir ». Ce qui amène à la thématique du temps qui passe, notamment abordé à travers Francine, dont la résurrection crée un grand décalage avec son mari, comme l’atteste la scène de l’omelette où il braille sur le rythme des œufs battus car elle refuse qu’il la regarde en train de s’habiller.

La jeunesse du début des années 80, à la manière de La Boum.
Une lettre d’adieu touchante narrée par deux voix sous une musique d’une grande tristesse.

Différente des épouses traditionnelles, Francine est la première à choisir de s’émanciper de son mari, qui devient alors comme un oncle, pour profiter de sa seconde vie. Dans la lignée de L’Aile ou la Cuisse et de La Zizanie, le film dénonce également la désertification rurale causée par l’industrialisation à la société française à travers le maire capitaliste qui les pousse d’autant plus à quitter la planète. Empli d’une certaine émotion, La Soupe au Choux peut alors se caractériser comme le testament de Louis De Funès tandis qu’il choisit de rejoindre un monde meilleur, ne partageant plus les valeurs des hommes de la fin du XXème siècle. Une comédie française d’anthologie !

House of Gucci : retour gagnant pour Ridley Scott ?

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Date de sortie : 24 novembre 2021 (2h37min)
Réalisateur : Ridley Scott
Acteurs principaux : Lady Gaga, Adam Driver, Al Pacino, Jared Leto
Genre : Biopic, drame
Nationalité : Américain
Compositeur : Harry Gregson-Williams

C’était un nom si doux à l’oreille, si séduisant, synonyme de richesse, de style, de pouvoir

Une soirée absolument comme les autres.

Adapté du roman The House of Gucci : A Sensational Story of Murder, Madness, Glamour, and Greed écrit par Sara Gay Forden, House of Gucci se présente comme un biopic relatant la décadence de la célèbre famille propriétaire de la société éponyme spécialisée dans le luxe et la mode, créée par Guccio Gucci tout juste un siècle avant la sortie du film. Réalisé par Ridley Scott (Robin des Bois, Alien Covenant, Napoléon), il met en scène Lady Gaga (Sin City j’ai Tué Pour Elle, A Star is Born, Joker Folie à Deux) dans le rôle de Patrizia Reggiani, jeune femme issue d’une famille modeste qui se lie malgré elle à Maurizio Gucci, jeune héritier de la famille interprété par Adam Driver (BlacKkKlansman, Star Wars IX, Le Dernier Duel).

Adam Driver retranscrit parfaitement le malaise de son personnage.
Ce qui devait arriver arriva…

Sous les traits de Jeremy Irons (Faux-Semblants, Batman V Superman, Red Sparrow), Rodolfo Gucci représente l’archétype du père qui reste campé sur ses valeurs d’un autre temps, tandis que son frère Aldo Gucci, brillamment incarné par Al Pacino (Le Parrain, Once Upon a Time in Hollywood, The Irishman), est comparable à un mafieux tenant absolument à léguer son héritage à une personne de confiance. Ce qui est sans compter sur son fils Paolo Gucci, joué par Jared Leto (Blade Runner 2049, Une Affaire de Détails, Justice League Snyder’s Cut), dont les projets artistiques paraissent bien trop décalés pour satisfaire la famille. Le casting comporte également Salma Hayek (Desperado, Bandidas, Les Éternels) dans le rôle d’une divinatrice, ainsi que Camille Cottin (Hep Taxi, Connasse, Alliés) pour Paola Franchi.

De véritables airs du Parrain.

 

Au nom du père, du fils et de la maison Gucci

Al Pacino toujours en grande forme.

Bercé à la fois par des musiques italiennes (« La Ragazza Dol Maglione » de Pino Donaggio), classiques (« A Fifth of Beethoven » par Walter Murphy) et américaines (« Heart of Glass » du groupe Blondie, « Sweet Dreams » du groupe Eurythmics), House of Gucchi respire l’amour du rétro par son esthétique portée par des accoutrements de luxe. Un décalage se montre néanmoins rapidement entre la beauté et la classe de Patrizia et un Maurizio au physique peu reluisant qui se tient mal à l’aide dans son costume cravate. Ayant une vision bien différente de celle de son père, ce dernier semble se moquer de faire perdurer le prestige familial, à l’inverse de Patrizia qui prend réellement les devants pour leur intérêt.

Une conspiration non sans conséquence.
Les aléas de plusieurs années de mariage.

Mais malgré les excès qu’elle peut commettre, la femme jouée par Lady Gaga demeure loin du cliché de la profiteuse qui se marie pour profiter des richesses sans éprouver le moindre sentiment, ce qui rend son personnage d’autant plus intéressant. D’un très bon acabit, les acteurs jouent efficacement la famille qui s’entredéchire jusqu’à finalement tout perdre. Si la réalisation de Ridley Scott est tout à fait correcte, elle manque toutefois d’un cachet supplémentaire qu’un cinéaste comme Guy Ritchie (Aladdin, The Gentlemen, Un Homme en Colère) aurait pu apporter à ce genre de film. Au demeurant, House of Gucci s’impose sans problème comme une œuvre majeure de sa filmographie.

« Je ne me considère pas spécialement comme quelqu’un de très moral, mais je suis juste. »

 

Resident Evil Bienvenue à Raccoon City : le joyau tant attendu ?

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Date de sortie : 24 novembre 2021 (1h47min)
Réalisateur : Johannes Roberts
Acteurs principaux : Kaya Scodelario, Robbie Amell, Neal McDonough, Hannah John-Kamen, Avan Jogia, Tom Hopper
Genre : Épouvante
Nationalité : Américain
Compositeur : Mark Korven

De quoi se rappeler la magnifique introduction de 1996 !

Il a fallu attendre cinq ans après la fin de la saga portée par Paul W.S. Anderson (qui avait pourtant su reconstituer de manière cohérente l’univers de Mortal Kombat quelques années plus tôt) pour voir arriver une nouvelle adaptation des jeux vidéo Resident Evil, ayant cette fois-ci la volonté d’être bien plus fidèle au matériau d’origine. Réalisé et scénarisé par Johannes Roberts, cinéaste britannique habitué aux productions horrifiques, Resident Evil Bienvenue à Raccoon City tente de mêler les événements des deux premiers jeux de la saga dans un film introduisant de facto de nombreux personnages à la fois. On trouve ainsi Hannah John-Kamen (Tomb Raider, Ready Player One, Ant-Man et la Guêpe) et Robbie Amell respectivement dans les rôles de Jill Valentine et de Chris Redfield, ainsi qu’Avan Jogia (Retour à Zombieland) et Kaya Scodelario (Le Labyrinthe, Pirates des Caraïbes La Vengeance de Salazar, Crawl) pour Leon S. Kennedy et Claire Redfield.

« Ils se sont réfugiés dans cette maison, où ils pensaient être à l’abri. Pourtant… »
Un personnage réussi qui aurait pourtant mérité une plus grande importance.

Présenté comme un jeune flic qui ne semble pas être capitaine de son équipe, Albert Wesker est quant à lui incarné par Tom Hopper (Terminator Dark Fate, Game of Thrones, Umbrella Academy), tandis que William Birkin est joué par Neal McDonough (Street Fighter La Légende de Chun Li, Captain America First Avenger, Sonic) et le chef de la police Brian Irons par Donal Logue (Max Payne, Gotham, The Cloverfield Paradox). Si des personnages comme Brad Vickers, Richard Aiken, Sherry et Annette Birkin sont bien présents, on remarque toutefois l’absence regrettable de Barry Burton et Rebecca Chambers, sans doute pour ne pas ébranler un casting déjà débordant. On note également la présence de membres de l’Umbrella Biohazard Countermeasure Service, d’une Lisa Trevor très discrète et d’un clin d’œil plus que bienvenu à Resident Evil Code Veronica.

Une façade très bien rendue.
La renaissance d’une scène d’anthologie !

Assez inégal, Resident Evil Bienvenue à Raccoon City commence néanmoins par une belle introduction montrant l’enfance de deux des héros dans le sinistre orphelinat de Raccoon City, avant d’embrayer sur l’état actuel de la ville alors que l’épidémie gagne du terrain. S’il est agréable de voir les STARS échanger entre eux depuis leur bureau pour la première fois, les clins d’œil manquant de subtilité commencent à faire leur apparition tandis qu’ils se demandent quelle serait la mort la plus douloureuse entre la morsure d’un serpent et celle d’un requin. D’autres sont heureusement bien mieux mis en valeur, comme le titre RESIDENT EVIL qui s’affiche en rouge avec la police d’écriture du premier jeu de la saga, la scène du premier zombie recréée telle quelle, quelques notes de la « Sonate au Clair de Lune » qui libère un passage, les clés aux enseignes « pique cœur carreau trèfle », les armures présentes dans le manoir, le camionneur infecté qui fonce sur la route et l’hélicoptère qui s’écrase.

Un rendu glauque des plus perturbants.

En dents de scie, la réalisation comporte toutefois une belle reconstitution des halls du commissariat et du manoir, ce dernier étant montré par l’intermédiaire d’un travelling allant du sol jusqu’au plafond dans une jolie contreplongée. Outre la présence de dobermans, d’un corbeau et d’un licker, certains personnages en cours de transformation provoquent efficacement l’effroi grâce à leur regard livide, leur perte de cheveux et leur élocution inhumaine. Alors que les scènes se voient ponctuées par l’affichage de l’heure qu’il est avant le moment fatidique de six heures du matin, la relation de certains personnages s’avère différente, comme Claire et Chris qui ne s’entendent pas si bien que ça. Si le journaliste Ben Bertolucci cherche cette fois-ci à sortir de sa cellule, son attitude à moitié cinglée lui correspond tout à fait en tant que dénonciateur de la situation.

Les STARS dans leur bureau : une grande première depuis vingt-cinq ans !
Un chien pas très commode…

Assez convaincant sur plus d’un point, Resident Evil Bienvenue à Raccoon City comporte cependant plusieurs défauts qui l’empêchent d’être l’adaptation que la saga mérite. Outre le classique « on devrait se séparer » cher aux films d’horreur, le scénario passe bien trop vite sur les événements du manoir et du commissariat au point que les personnages sont subrepticement rassemblés sur la fin. La relation entre les personnages est quelque peu cassée par une remarque d’Irons sur la coiffure de Leon, Wesker présenté comme un Monsieur Muscle pour qui Jill en pince ou une réplique sortie de nulle part supposant que le « S » de « Leon S. Kennedy » signifierait « stupide ». Pas toujours au top, la réalisation laisse place à plusieurs CGI datées et à une scène épileptique durant laquelle Chris tire vainement sur des zombies dans le noir.

Une visite bien trop expéditive du laboratoire.
Si on s’attendait à voir une photo de Wesker parmi d’autres scientifiques, le réalisateur opte pour un choix surprenant…

Si l’idée de présenter Lisa Trevor comme une alliée capable de discernement est loin d’être inintéressante, son traitement aurait mérité d’être largement plus abouti. Il est aussi dommage que Sherry et Annette n’aient pas un rôle plus important, d’autant que William est assez peu valorisé par Neal McDonough, qui aurait sans doute incarné un Wesker bien plus charismatique. Si le film reste correct et bien plus respectueux que ses prédécesseurs malgré la présence de Paul W.S. Anderson comme producteur exécutif, la scène post-générique montrant Wesker qui renaît de ses cendres et Ada Wong qui lui apporte ses lunettes a de quoi faire peur pour une éventuelle suite. À moins que les diapositives montrant l’enfance d’Alfred et Alexia Ashford soient de meilleur augure ?

Last Night in Soho, d’Edgar Wright

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Date de sortie : 22 octobre 2021 (Canada),
27 octobre 2021 (France)

Réalisateur : Edgar Wright
Acteurs principaux : Thomasin McKenzie, Anya Taylor-Joy, Matt Smith, Diana Rigg
Genre : Thriller, horreur psychologique
Nationalité : Britannique
Compositeur : Steven Price

Une jeune femme innocente en route vers un monde cruel.

Thriller horrifique réalisé par Edgar Wright (Shaun of the Dead, Scott Pilgrim, Baby Driver), Last Night in Soho met en scène Thomasin McKenzie (Le Hobbit La Bataille des Cinq Armées, Jojo Rabbit, Old) dans le rôle d’Eloise Turner, une étudiante en stylisme qui a des difficulté à trouver sa place dans la modernité de Londres au XXIème siècle. Passionnée par la vitalité cultuelle de la capitale britannique des années 1960, elle s’y retrouve alors propulsée chaque nuit dans la peau de Sandie, une jeune chanteuse pleine d’avenir au Café de Paris interprétée par Anya Taylor-Joy (Glass, Radioactive, Le Jeu de Dame). Elle y rencontre également Jack, un jeune homme qui l’aide à monter les échelons sous les traits de Matt Smith (Doctor Who, Terminator Genisys, Orgueil et Préjugés et Zombies) ainsi que l’étrange Lindsey, un gentleman incarné par Terence Stamp (Star Wars La Menace Fantôme, Big Eyes, Miss Peregrine et les Enfants Particuliers).

De superbes plans réalisés d’une main de maître.
Un clin d’œil des plus appréciables.

Si le thème de la mode et le contexte historique sont proches de ceux de Cruella, la comparaison s’arrête rapidement avec une réalisation, une photographie et des décors autrement plus travaillés. L’ambiance des Swinging Sixties est joliment retranscrite par des couleurs criardes et de nombreuses musiques de l’époque comme « A World Without Love » de Peter and Gordon et « You’re My World » par Cilla Black, sans oublier le James Bond Opération Tonnerre à l’affiche du cinéma dès l’arrivée d’Eloise. Last Night in Soho marque également le dernier rôle au cinéma de Diana Rigg (Au Service Secret de Sa Majesté, Game of Thrones, Breathe) et Margaret Nolan (Goldfinger), décédées avant la sortie du film.

La représentation typique d’une idylle de l’époque.
Des plans horrifiques qui accélèrent la tension.

Très talentueuses, Thomasin McKenzie et Anya Taylor-Joy sont astucieusement mises en parallèle lors de plans miroir où l’une est le reflet de l’autre. Tandis que l’intrigue se resserre, les bas-fonds du métier de chanteuse de cabaret se dévoile par l’usage de l’horreur psychologique, qui balaie d’un revers de main les fantasmes d’une époque que l’héroïne n’a pas connue et dont elle se faisait simplement une image idyllique. Une critique du « c’était mieux avant » et un cynisme qui terminent brillamment le film par un bain de sang et des flammes faisant table rase d’un idéal déchu. Très stylé et pourvu d’une réalisation haut de gamme, Last Night in Soho se démarque largement des autres films à l’affiche.

Labyrinthe, de Jim Henson

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Date de sortie : 27 juin 1986 (États-Unis), 3 décembre 1986 (France)
Réalisateur : Jim Henson
Acteurs principaux : David Bowie, Jennifer Connelly, Toby Fround
Genre : Fantastique
Nationalité : Américain
Compositeur : Trevor Jones

Un des rôles les plus culte de David Bowie au cinéma.

Réalisé par Jim Henson (Le Muppet Show, Dark Crystal), Labyrinthe est un film fantastique dans lequel Jennifer Connelly (Il était une fois en Amérique, Requiem for a Dream) incarne Sarah, une adolescente férue de scénarios féeriques devant garder son petit frère Toby pendant que ses parents sortent. Agacée par ses pleurs tandis qu’elle lui conte une histoire sur une étrange communauté de gobelins, elle prononce une phrase de trop qui emporte le bébé dans un dangereux labyrinthe gouverné par Jareth, un étrange personnage interprété par David Bowie (Furyo, Les Prédateurs, Série Noire pour une Nuit Blanche). Pour empêcher que Toby ne se transforme lui-même en gobelin, elle doit traverser le labyrinthe et résoudre ses puzzles en moins de treize heures afin de se confronter à Jareth, qui ne cesse de lui mettre des bâtons dans les roues.

Le Minotaure n’est jamais loin !
Les prémices d’un romantisme noir ?

Véritable ode à l’imagination, Labyrinthe renvoie immédiatement à Alice au Pays des Merveilles avec son héroïne presque seule contre tous, ses mystères incessants et ses recoins peuplés de gobelins, lutins et autres fées. Dans la droite lignée du Muppet Show, pas moins de dix-huit marionnettistes ont été engagés pour permettre la superbe animation des créatures, bien que les incrustations soient parfois assez voyantes. De la même manière que Dark Crystal, le film s’inspire de l’univers fantastique de l’illustrateur Brian Froud, qui supervise les costumes et les effets visuels. L’architecture surréaliste rappelle aussi fortement les créations de l’artiste Maurits Cornelis Escher, notamment les escaliers à multiples pesanteurs dans le château de Jareth.

Un air de l’épisode « Réalité Virtuelle » de la série animée Batman ?

Malgré son pantalon un peu trop proche d’un pyjama ou d’un survêtement utilisé pour traîner le dimanche, David Bowie arbore un certain charisme et six de ses chansons sont disséminées dans le film, dont la curieuse « Magic Dance » et l’intensive « Within You ». La fascination qui relie Sarah et Jareth rend le duo particulièrement intéressant, notamment lors de la scène du bal sous l’enivrante « As The World Falls Down ». Un film particulier, parfois déconcertant, qui appelle à l’aventure d’une manière astucieuse parmi les œuvres emblématiques des années 1980.

Eiffel, de Martin Bourboulon

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Date de sortie : 16 septembre 2021 (Nouvelle-Zélande), 13 octobre 2021 (France)
Réalisateur : Martin Bourboulon
Acteurs principaux : Romain Duris, Emma Mackey, Pierre Deladonchamps, Armande Boulanger
Genre : Historique, romance
Nationalité : Français
Compositeur : Alexandre Desplat

« Une tour, trois cents mètres, entièrement en métal. »

Après le diptyque à succès Papa ou Maman, Martin Bourboulon se lance dans un autre registre avec une romance historique relatant la genèse et la construction de la tour Eiffel. Brillamment interprété par Romain Duris (L’Arnacœur, L’Écume des Jours, Casse-Tête Chinois), l’ingénieur Gustave Eiffel est en effet poussé à sortir le grand jeu pour l’Exposition Universelle de Paris de 1889 après avoir réalisé l’ossature de la Statue de la Liberté pour les États-Unis. Jusqu’alors uniquement intéressé par le futur métropolitain de la capitale française, il retrouve son inspiration en recroisant Adrienne Bourgès (« Il faut voir plus libre, plus audacieux. »), son amour de jeunesse incarné par Emma Mackey, connue pour son rôle dans la série Sex Education.

Une romance des plus touchantes.
« Cette tour, messieurs, c’est Paris, son rayonnement, sa place dans le monde. »

Doté d’une belle reconstitution historique et d’une narration bercée par les compositions d’Alexandre Desplat, Eiffel alterne efficacement entre les difficultés de l’ingénieur et des flashbacks dévoilant sa rencontre et ses moments passés avec Adrienne, qu’il retrouve mariée avec un autre des années après qu’elle l’a abandonné suite à un différend de classe sociales. La construction de la tour met également en avant la concurrence avec d’autres projets et la difficulté des ouvriers pour relier les parcelles, Gustave Eiffel faisant preuve d’un réel leadership en escaladant lui-même l’édifice pour encourager son équipe.

Des acteurs de grand talent.
« Ce que nous allons entreprendre, personne ne l’a jamais tenté. […] C’est ensemble qu’on l’a commencée, c’est ensemble qu’on va l’achever ! »

Dans la lignée de L’Empereur de Paris tout en surpassant d’assez loin la qualité d’un De Gaulle, Eiffel vaut fortement pour son jeu d’acteur de grande qualité, Romain Duris et Emma Mackey faisant honneur au cinéma français en interprétant leur personnage avec beaucoup de justesse. Librement inspiré de faits réels, il se permet même une conclusion des plus touchantes en associant la forme en A de la tour Eiffel à la première lettre du prénom Adrienne. Au-delà de son caractère accessible et relativement convenu, Eiffel fait correctement les choses du début à la fin.

Candyman (1992) de Bernard Rose

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Date de sortie : 16 octobre 1992 (États-Unis), 20 janvier 1993 (France)
Réalisateur : Bernard Rose
Acteurs principaux : Virginia Madsen, Tony Todd, Kasi Lemmons, Vanessa A. Williams
Genre : Épouvante
Nationalité : Américain
Compositeur : Philip Glass

« Candyman… Candyman… Candyman… Candyman… »

Adaptation cinématographique de la nouvelle The Forbidden de Clive Barker par Bernard Rose, Candyman est un film d’épouvante qui se joue efficacement de la construction des slashers classiques pour mieux surprendre le spectateur. Interprétée par Virginia Madsen (Dune, Highlander Le Retour), Helen Lyle est une étudiante en pleine élaboration d’une thèse sur les croyances populaires et les légendes urbaines en compagnie de son amie Bernadette, jouée par Kasi Lemmons (Le Silence des Agneaux, Chasse à l’Homme). Elle entend rapidement parler d’un croque-mitaine qui assassine des femmes et des enfants dans un quartier défavorisé habité par des immigrés d’origine africaine. Helen part alors directement enquêter dans un logement désaffecté où a eu lieu un meurtre présenté lors de l’introduction du film.

Deux héroïnes qui doivent encore prouver qu’elles peuvent appartenir à leur propre milieu.
L’effroi par la mise en scène.

Incarné par Tony Todd (Platoon, La Nuit des Morts-Vivants, The Crow), Candyman arbore un certain charisme et entretient le mystère par ses apparitions confidentielles. Tirant son nom de son odeur de barbe-à-papa dans la nouvelle, à laquelle le film fait référence par la présence de bonbons, il est présenté comme le fils d’un esclave noir dont la main a été coupée et remplacée par un crochet qui lui sert d’arme. Devenu peintre, il s’était en effet attiré les foudres de son entourage pour s’être lié à une femme blanche, ce qui lui avait valu d’être recouvert de miel pour une mort lente et douloureuse par un essaim d’abeilles. Comme montré dans l’introduction, prononcer son nom cinq fois devant un miroir le fait apparaître. Cette mise en bouche est volontairement cliché pour illustrer le fait qu’Helen ne croit pas en l’existence de Candyman et laisser croire à un slasher des plus convenus.

Une posture imposante qui joue sur les ombres et lumières.
Le regard subjugué d’une héroïne qui court à sa perte.

Fort bien réalisé, le film profite d’une belle photographie dont a pu s’inspirer Silent Hill pour ses zones horrifiques parsemées de rouille et de sang. Composé par Philip Glass, le thème musical récurrent au piano rappelle efficacement, à la manière de John Carpenter dans Halloween, que le danger n’est jamais loin. L’éclairage centré sur les yeux de l’héroïne lors des gros plans participe à une certaine hypnose sensuelle, comme celle dont se sert Dracula pour piéger ses victimes. Déjà utilisée pour le personnage de Morticia dans La Famille Addams, elle fait également référence au romantisme noir façon Edgar Allan Poe. La volonté de Candyman est en effet qu’Helen obtienne une mort spectaculaire afin de devenir une légende à ses côtés.

Piqué vingt-trois fois durant le tournage par des abeilles spécialement élevées pour les besoins du film, Tony Todd avait négocié une prime de mille dollars par piqûre subie.
« Qu’est-ce que tu as Trevor ? Tu as peur de quelque chose ? »

L’horreur sociale se caractérise alors par l’omniprésence de l’hostilité des habitants de la cité de Cabrini-Green. Jusque dans sa forme, le rectangle de ses immeubles qui s’empilent de manière oppressante s’oppose au cercle réconfortant de l’amphithéâtre, qui renvoie de son côté au savoir et à l’aisance sociale. L’introduction insiste justement sur cette opposition par la route qui relie les deux quartiers, en la montrant en vue aérienne durant plusieurs secondes. Bêtement accusé de se servir de stéréotypes racistes à sa sortie, Candyman consiste pourtant bien au contraire en une métaphore efficace des difficultés d’intégration de la minorité afro-américaine. Un bon classique de l’épouvante qui obtiendra deux suites dans les années 1990, puis un nouvelle faisant table rase des précédentes en 2021.

Robin des Bois (1973) de Wolfgang Reitherman

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Date de sortie : 8 novembre 1973 (États-Unis), 30 octobre 1974 (France)
Réalisateur : Wolfgang Reitherman
Doubleurs français : Dominique Paturel, Claude Bertrand, Philippe Dumat, Roger Carel
Genre : Animation
Nationalité : Américain
Compositeurs : Floyd Huddleston, Roger Miller

« Au à propos je suis Adam de La Halle, un ménestrel, un chanteur qui compte de belles histoires ! »

Bien connue pour être une adaptation accessible aux plus jeunes, cette version de Robin des Bois s’inspire à la fois de la légende du célèbre justicier et du Roman de Renart, avec l’utilisation d’animaux anthropomorphes comme Disney en a l’habitude. Ainsi, Robin devient un sympathique renard pour son infaillible ruse, Petit Jean un ours, le Prince Jean un lion (symbolique de l’animal royal), Frère Tuck un blaireau, le shérif de Nottingham un loup grossier et Belle Marianne une renarde pour sa romance avec Robin. Si le bras droit Guy de Gisbourne n’est pas présent, il est remplacé par un serpent nommé Père Siffleur qui, tel Kaa du Livre de la Jungle, parle souvent en insistant sur les phonèmes sifflants et est animé de manière comique. L’occasion inespérée pour un jeu de mots évident avec le terme « persifleur », caractérisant parfaitement ce personnage qui se plaît dans ses railleries et qui se tourne bien souvent en ridicule tout en servant de souffre-douleur au Prince Jean. L’anthropomorphisme permet également à Disney de s’éloigner de la condition de voleur de son personnage principal, qui entrait en conflit avec la morale établie par le studio de l’époque.

« Robin avec Petit Jean aux bois se promènent
Ils s’en vont le coeur content et devisent gaiement. »
La symbolique de la fierté de dérober aux pauvres pour nourrir les riches !

On reconnaît l’esthétique très colorée typique des années 1960 de Merlin l’Enchanteur, Le Livre de la Jungle et Les Aristochats, avec des contours sur plusieurs traits et des éléments liquides qui disparaissent quand ils tombent. L’animation est marquée par quelques chansons, notamment les sifflements et les cordes pincées du coq ménestrel au début et à la fin, ainsi que la satirique « Messire le Roi de Mauvais Aloi ». Le portrait des personnages est adouci afin de parler aux plus jeunes tandis que le Prince Jean est clairement montré comme usurpateur de la couronne. Son illégitimité passe par son inattention lorsqu’il se fait voler ses bagues et son or, par sa ridiculisation quand il est traîné dans la boue et par la corde qui fait défiler les sacs de pièces, et par son infantilisation avec sa façon de sucer son pouce en pensant à sa mère, sa couronne étant également trop grande pour lui. Le roi Richard est au contraire un lion fièrement pourvu d’une crinière, lui offrant une tout autre maturité.

 

It's Time to Stop Using Robinhood - Forget Algebra
Un grand souverain dans toute sa spelndeur !
Rencontre avec « Belle » Marianne, car le héros ne finit jamais avec une fille moche 😉

Robin est d’entrée présenté comme un bienfaiteur qui vole les riches pour donner aux pauvres, tandis que sa balade avec Petit Jean sur le tronc surplombant une rivière est un clin d’œil au combat qu’ils mènent l’un contre l’autre dans l’histoire d’origine, tourné en dérision dans des adaptations comme Sacré Robin des Bois. Le shérif de Nottingham est le véritable antagoniste de terrain, chargé de récolter l’argent des taxe auprès des pauvres habitants. L’humour suit son train tandis qu’il lance une pièce dans la tasse de Robin déguisé en clochard pour mieux en faire rebondir trois qu’il attrape aussitôt, ou encore quand il s’empare des dernières économies d’une famille pour celui qu’il appelle ironiquement le « pauvre Prince Jean ». Père Siffleur se fait maltraiter jusqu’à subir un nœud avec son propre corps, et Petit Jean n’est pas en reste lorsqu’il gobe les pierres précieuses des bagues du Prince Jean en lui baisant les doigts.

Un bienfaiteur apprécié de tous.
Tous les moyens sont bons pour récupérer l’argent des taxes !

La réalisation de Robin des Bois est notamment marquée par la réutilisation d’éléments d’animation des précédentes productions Disney : les graphiques du Prince Jean et de Petit Jean sont par exemple directement repris du roi Léonidas et de l’ours pêcheur de L’Apprentie Sorcière, film mêlant animation et prises de vues réelles sorti deux ans plus tôt. Encore plus frappant, de nombreuses voix françaises se reconnaissent par rapport à d’autres dessins animés. Bien connu pour faire les voix de Gargamel dans Les Schtroumpfs, Snoops dans Les Aventures de Bernard et Bianca et surtout Picsou dans La Bande à Picsou, Philippe Dumat tourne profondément le Prince Jean en ridicule grâce à son doublage enjoué. Voix française de Bugs Bunny, Guy Piérauld interprète ici la souris Croquenote.

Un mot, un gif | Les Forums Rockie
Quand tu t’autoproclames toi mais que tu n’as jamais été le fils préféré de ta mère…
Un final d’une intensité très appréciable.

Connu pour avoir doublé le Schtroumpf Maladroit, le perroquet de Monsieur Dodo dans Alice au Pays des Merveilles ou encore Monsieur Tumnus et Aslan dans le dessin animé adapté du Monde de Narnia en 1979, Francis Lax prête sa voix au vautour Niquedouille. Quant à Claude Bertrand (Hector dans Merlin l’Enchanteur, Baloo dans Le Livre de la Jungle, Thomas O’Malley dans Les Aristochats) il assure le doublage de Petit Jean, tandis que Roger Carel (Jiminy Cricket, Kaa du Livre de la Jungle, Astérix, Winnie l’Ourson) double Père Siffleur. Pourvu de nombreuses qualités, Robin des Bois peut largement être considéré comme un des disneys les plus appréciés de son époque.

Mortal Kombat Final Battle, de Reza Badiyi

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Dates de sortie : 22 mai 1999 (1h25min)
Réalisateur : Reza Badiyi
Acteurs principaux : Paolo Montalban, Daniel Bernhardt, Kristanna Loken, Jeffrey Meek, Bruce Locke, Tracy Douglas, Adoni Maropis, Jon Valera
Genre : Arts martiaux, fantastique
Nationalité : Américain
Compositeur : Jonathan Sloate

« – Honnêtement, je ne lui fais pas confiance. – Et alors ? Qu’est-ce qui est mieux au combat : se montrer honnête ou se montrer vicieux ? »

Sorti directement en vidéo quelques temps après le téléfilm Mortal Kombat Conquest, Mortal Kombat Final Battle met bout à bout les deux derniers épisodes de la série et est lui aussi présenté comme un film lors de sa sortie française en VHS. Le dénouement du scénario se rapproche alors et Shao Kahn se fait passer pour le dieu d’une mystérieuse secte et engage des prêtres de l’ombre pour en finir avec Raiden et ses alliés. Alors que Kung Lao, Siro et Taja se préparent pour le combat final, une ancienne amie de cette dernière réapparaît sous les traits de Kathleen Kinmont (Halloween 4). De son côté, Raiden semble avoir abandonné tout espoir et préfère se la jouer dragueur en passant ses derniers instants auprès d’une femme aux formes généreuses.

« La marmite bout, Kung Lao ! Et avant que ça déborde, j’ai eu envie d’une détente bien méritée. »
Une actrice qui tranche radicalement avec Talisa Soto.

Tandis que Shang Tsung et Vorpax tentent désespérément de rassembler une armée pour défaire l’Empereur, d’autres personnages déjà vus dans les épisodes de la série apparaissent une dernière fois. On trouve alors Reptile, Kitana qui se défend tant bien que mal avec ses éventails tranchants et un Quan Chi au jeu d’acteur n’ayant pas grand-chose à envier à celui de Mortal Kombat Mythologies. La narration commence vraiment à se dégrader lorsque les passages sur Terre s’alternent avec ceux d’Outremonde, où Raiden se livre à une joute verbale contre Shao Kahn avant leur affrontement féroce, ce dernier se battant étrangement à l’épée tandis que le marteau revient au Dieu du Tonnerre.

Un maquillage qui sonne faux malgré une certaine ressemblance avec le sorcier du jeu vidéo.
« – Je suis Raiden, le Dieu du Tonnerre ! – Et moi, je suis Shao Kahn, conquérant de tous les royaumes et Empereur d’Outremonde !! »

Déjà pas folichonne sur l’ensemble de la série, la réalisation vient confirmer le statut de série Z de ce final avec des chorégraphies de combat parsemées de ralentis abusifs, de saltos inutiles et d’angles de caméra aussi bancals que le montage. Outre les effets spéciaux et autres incrustations de qualité médiocre, la multiplication de femmes à moitié dénudées finissent d’achever le manque de pertinence de la fin du scénario. Si l’idée de faire perdre les héros participe à une certaine cohérence dans la volonté d’en faire un préquel au premier film Mortal Kombat, leur mise en scène est complètement ratée et la mort des autres personnages provoquent trop d’incohérences pour que ce soit le cas. Le bilan de Mortal Kombat Final Battle s’avère donc vraiment pas terrible, mais l’échec de la série aura au moins provoqué l’annulation de la seconde saison.

Quand tu t’apprêtes à achever ton adversaire mais que ta batterie tombe à plat…