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Emmanuel Delextrat

Emmanuel Delextrat
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Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…

Seiken Densetsu : la série des Mana fête ses 35 ans

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Date de sortie : 28 juin 1991 (Japon), novembre 1991 (États-Unis), 7 juin 1993 (France)
Développeur : Square
Concepteur : Koichi Ishii
Genre : Action-RPG

Nationalité : Japonais
Compositeur : Kenji Ito
Système d’origine : Game Boy

 

Les origines de la légende

Trois noms différents pour un même jeu : la magie du rétrogaming !

Il y a 35 ans débutait une des sagas les plus merveilleuses de l’histoire du jeu vidéo. Plus connue en Occident comme la série des Mana, le tout premier Seiken Densetsu sort le 28 juin 1991 par l’intermédiaire de Square. L’objectif de l’éditeur de Final Fantasy est simple : concurrencer The Legend of Zelda sur son propre terrain en créant un Action-RPG dans la lignée d’un certain Ys The Vanished Omens. Alors même que la franchise de Nintendo ne comporte que deux épisodes, Seiken Densetsu est dans un premier temps prévu sur Famicom Disk System avec « The Emergence of Excalibur » comme sous-titre. Il sort finalement sur Game Boy, sous-titré « Final Fantasy Gaiden » au Japon, tandis qu’il est connu aux États-Unis sous le nom de Final Fantasy Adventure. Cet héritage de la saga phare de Square se retrouve dans le système de points d’expérience, les équipements, les magies, un scénario digne des meilleures références de l’heroic-fantasy ou encore la présence d’un Mog et d’un Chocobo. En Europe, le jeu arrive deux ans plus tard et est renommé Mystic Quest, un jeu bien distinct du Mystic Quest Legend de la Super Nintendo, autre spin-off pensé pour le marché occidental et connu sous le nom de Final Fantasy Mystic Quest en Amérique du Nord. Il était à l’époque courant que Square réutilise le nom de sa série pour des raisons commerciales, comme ce fut le cas pour Makai Toshi SaGa sur Game Boy, renommé Final Fantasy Legend en Occident.

Le scénario du jeu prend place dans un univers merveilleux surplombé par l’Arbre Mana, duquel jaillit la cascade source de toute vie. Le joueur y incarne un jeune esclave du nom de Sumo, qui combat chaque jour pour le bon plaisir de Roi Noir, despote qui cherche un moyen de puiser l’énergie Mana afin de renforcer son influence sur le monde, aux côtés de son sous-fifre Julius. Mystic Quest rappelle fortement The Legend of Zelda dans le level design de ses donjons et de sa carte du monde, bien que la progression soit bien plus linéaire. Le jeu se démarque rapidement par son gameplay accessible et ses magnifiques compositions musicales qui respirent l’aventure. Combattant à l’épée, le héros affronte un bestiaire caractéristique (à commencer par le Liévro qui deviendra la mascotte de la saga) et obtient plusieurs armes, armures et magies tout au long du jeu tandis que les ennemis peuvent laisser des objets dans des coffres. Parfois accompagné d’un allié, le héros peut aussi utiliser une arme pour se frayer un chemin, comme la hache qui coupe le bois, la chaîne qui s’agrippe à un poteau au-delà du vide et la faucille qui déblaie certains obstacles.

Les niveaux montent assez vite et Mystic Quest octroie la possibilité de choisir quelle caractéristique augmenter en priorité entre la force, la résistance, la sagesse et la volonté. Une barre d’énergie se remplit doucement tant que Sumo n’attaque pas pour laisser place à un coup plus puissant une fois pleine. D’abord très lente, elle devient de plus en plus rapide à se remplir au fil des niveaux et se dévoile comme précurseure de la jauge ATB initiée par Final Fantasy IV, sorti seulement quelques jours après. Au-delà des donjons au level design daté, la carte du monde constitue un des plus gros points forts avec des zones nombreuses et variées. La trame scénaristique est bien construite grâce à des dialogues qui laissent transparaître les sentiments des personnages et à des moments forts qui ont marqué toute une génération de joueurs. Le thème du bras droit qui prend le dessus sur son chef se dévoile tandis que les musiques s’intensifient à l’arrivée du dénouement final. Malgré quelques défauts, Mystic Quest demeure un des meilleurs jeux de la Game Boy et a l’immense mérite d’avoir su débuter une des sagas les plus qualitatives de l’histoire du RPG, qui a connu un grand chef-d’œuvre dès son deuxième épisode.

 

Dans les méandres de Chrono Trigger

Tel le reflux des marées, l’histoire se répète inlassablement…

Après la fin du développement de Final Fantasy III en 1990, Final Fantasy IV est à l’origine pensé pour être un Action-RPG à destination de la Famicom avant d’embrayer sur un nouvel épisode principal pour la future Super Famicom. Rapidement annulé, il devient finalement le Final Fantasy IV que l’on connaît. L’idée d’un Action-RPG continue toutefois d’émerger et son développement commence avec comme nom de projet « Chrono Trigger » pour la sortie du périphérique PlayStation de la Super Nintendo. Fruit du partenariat entre Nintendo et Sony, l’appareil est finalement annulé suite au coup de théâtre du CES de Chicago en 1991. Le projet Chrono Trigger est alors avorté et c’est de ses ruines que naît Seiken Densetsu 2, connu en Occident sous le nom de Secret of Mana, et non Final Fantasy Adventure 2 car son univers s’en émancipe largement. Le véritable Chrono Trigger sort alors bien plus tard en reprenant une bonne partie du projet d’origine, jusqu’à son casting comprenant Yuri Horii (créateur de Dragon Quest) et Akira Toriyama (papa de Dragon Ball).

Sorti le 6 août 1993, Secret of Mana approfondit très largement l’univers féérique inauguré par Mystic Quest. S’il ne reste qu’un RPG parmi d’autres sur le marché japonais, son impact est bien plus important Europe tellement le genre y est peu répandu. Il propose en effet un nouveau scénario bercé par la mythologie de l’Arbre source de toute vie qui se fait puiser son énergie par un empire malveillant, auréolé de la légende d’un héros qui aurait sauvé le monde grâce à l’épée sacrée. Dénommé Randy, il est rapidement rejoint par Purim, une jeune fille au caractère bien trempé à la recherche de son bien-aimé Tom, ainsi que par Popoï, un petit elfe amnésique en quête de ses origines. Une des grandes forces du jeu qui a contribué à son succès réside dans sa possibilité de jouer jusqu’à trois en contrôlant chaque personnage simultanément.

Secret of Mana arbore un level design bien plus abouti que celui de son prédécesseur avec une certaine liberté sur la première partie de la carte, promettant d’emblée une recherche intéressante à la difficulté progressive. Le menu des personnages est matérialisé sous la forme d’anneaux que l’on parcourt autour de chacun d’entre eux. Très fluide, ergonomique et agréable à parcourir, il propose un anneau pour les objets, un pour les options, un pour les armes et un autre pour les magies. Au nombre de huit, ces dernières sont représentées par des esprits élémentaires octroyant de nombreux sorts. Le système de niveaux enrichit considérablement le gameplay, les armes évoluant tout au long de l’aventure. En héritage de la jauge Active Time Battle inaugurée par Final Fantasy IV, le système de combat est pensé pour que le joueur ne puisse pas attaquer un ennemi avec plusieurs coups forts à la suite. Dès qu’une attaque est portée, il faut attendre quelques secondes qu’une jauge monte à 100% pour redonner un coup puissant.

Tout aussi riche au niveau de ses équipements, de ses lieux emblématiques et de son bestiaire reconnaissable, Secret of Mana possède également un vocabulaire de haute qualité dû à la traduction passionnée bien qu’assez perfectible de Véronique Chantel. La musique d’introduction « Fear of the Heavens » éveille puissamment la nostalgie des joueurs des années 1990 par sa mélodie d’un sublime rarement atteint, l’OST du jeu s’imposant comme une des plus éclatantes de toute l’histoire du jeu vidéo. Le jeu intègre même plusieurs concepts originaux, comme le voyage canon en guise de moyen de transport, ou encore le dragon Flammy qui fait office d’aéronef. Si les boss se montrent impressionnants, les antagonistes sont composés des charismatiques vassaux de l’Empereur Vandale, à commencer par le redoutable Thanatos, qui n’est pas sans rappeler Julius de Mystic Quest.

Porté fin 2010 sur iOS et quatre ans plus tard sur Android, le jeu obtient quelques modifications graphiques et une traduction plus claire, mais aussi une jouabilité tactile qui peut s’avérer laborieuse et des ennemis dont le nom perd fortement en charme. Nombreux sont les RPG à avoir marqué l’époque de la Super Nintendo par la qualité de leurs univers et de leurs gameplays. Si Secret of Mana est pratiquement exempt de quêtes annexes et ne possède pas un scénario aussi détaillé que des monuments tels que Final Fantasy VI et Chrono Trigger, il constitue un RPG de légende parsemé de musiques mémorables et pourvu d’un charme unique, notamment en Europe où il a marqué toute une génération de joueurs.

 

Le jeu de tous les fantasmes

Souvent appelé « Secret of Mana 2 » en Europe, Seiken Densetsu 3 fait partie de ces jeux dont l’inaccessibilité provoquait une envie irrésistible d’y jouer dans les années 90.

Suite au grand succès de Secret of Mana au Japon, Seiken Densetsu devient la troisième série phare de Square, aux côtés de SaGa et de Final Fantasy. Un nouvel épisode est alors mis en chantier à destination d’une Super Famicom en fin de vie. Les ventes de jeux Square étant bien en-deçà des attentes en Occident, Seiken Densetsu 3 reste une exclusivité japonaise, faisant ainsi baver les joueurs outre-Atlantique, qui imaginent un Secret of Mana sublimé en dévorant ses graphismes à la pointe dans les magazines. Sorti le 30 septembre 1995, il propose d’emblée de choisir trois personnages parmi les six disponibles, chacun ayant ses caractéristiques propres, du guerrier au mage en passant par le voleur. En plus de cela, l’avant-dernier donjon et le boss final varient selon le trio choisi jusqu’à trois possibilités.

Le système de combat y est étrangement moins abouti : les héros dégainent leurs armes dès l’approche d’un ennemi et les rangent une fois la zone nettoyée. Le chargement des armes disparaît au profit de la liberté de rouer les ennemis de coups. Si exécuter des combos sur les ennemis comme dans un bon beat’em up reste agréable, les combats perdent en stratégie et le système occulte l’augmentation des armes via la forge ainsi que la jauge ATB, qui obligeait à attendre un peu avant de donner un coup puissant. Simpliste, la quête consiste essentiellement à trouver les huit pierres Mana afin de récupérer les esprits bien connus, sans qu’aucun événement vienne perturber le scénario. Chaque esprit ne procure d’ailleurs qu’une seule magie de base et mis à part le soin et quelques attaques élémentaires contre certains boss, elles ne sont pas très utiles et s’enchaînent d’une manière assez peu dynamique. Leur efficacité peut cependant varier selon leur indice de puissance dans un cycle jour nuit, nouveauté notable de cette épisode.

Une évolution bienvenue est le changement de classe, qui octroie des pouvoirs différents aux héros selon qu’ils choisissent lumière ou ténèbres, offrant ainsi davantage de rejouabilité. Le jeu reste cependant très orienté action et les donjons se montrent rapidement répétitifs dans la dernière partie du jeu. Un bon point est son incitation à combattre les boss avec les armes au détriment des magies, qui pouvaient vite devenir surpuissantes dans Secret of Mana. S’il est loin d’être si exceptionnel que ce que les joueurs pouvaient imaginer dans les années 90, Seiken Densetsu 3 reste un très bon jeu grâce à ses apports et à son univers enchanteur. La demande d’une sortie occidentale demeurait tellement forte que le jeu finit par être compilé avec ses prédécesseurs dans une Collection of Mana le 11 juin 2019, profitant enfin d’une traduction française officielle et d’un nouveau titre raccord avec ses confrères : Trials of Mana.

 

Square of America contre-attaque !

Une jaquette qui claque. Et ce n’est que le premier boss !

Tandis que les joueurs occidentaux sont attristés de ne pouvoir toucher au nouveau jeu de leur saga fétiche, la branche américaine de Square sort contre toute attente un nouveau titre justement adapté pour le public occidental. Paru le 1er octobre 1995 (soit le lendemain de Seiken Densetsu 3), Secret of Evermore passe pour une suite de Secret of Mana en Europe étant donné qu’il en reprend le système de jeu et le packaging pourvu d’un guide stratégique. Un véritable tour de force pour un spin-off très largement à la hauteur de son modèle ! Le joueur y incarne un adolescent et son chien, transportés par inadvertance dans un univers artificiel composé de différentes époques, procédé non sans rappeler Chrono Trigger. Un véritable dépaysement allant de la Préhistoire à un futur hautement technologique, en passant par l’Antiquité et le Moyen-Âge.

D’abord armé d’un simple fémur, le héros se constitue un arsenal avec une série de haches, de lances et d’épées pouvant être chargées jusqu’à deux niveaux après amélioration. Les magies classiques laissent place à un génialissime système d’alchimie, dans lequel chaque sort nécessite un certain nombre d’ingrédients tels que de l’eau, de l’huile, de l’argile et des racines. Il est possible de switcher entre le héros et le chien, ce dernier s’avérant utile pour repérer les ingrédients et sa race variant selon l’époque à laquelle il se trouve. En plus de cela, des personnages clés du scénario donnent au héros des chapelets magiques, permettant d’utiliser des sorts en nombre limité. Secret of Evermore vaut aussi fortement pour ses situations originales comme l’exploration d’un volcan, la traversée d’un désert à bord d’une barque dirigée par un squelette rappelant le nocher Charon de la mythologie grecque, le troc de marchandises dans un marché, la collaboration avec le chien dans la pyramide et la traversée d’une forêt aux multiples chemins.

Le scénario se veut mature dès ses débuts et l’atmosphère générale renforce profondément l’immersion et l’envie d’en découvrir davantage. Graphiquement abouti, le jeu voit son univers sublimé par les musiques de Jeremy Soule, la qualité des bruitages offrant une ambiance particulière à de nombreux passages. Sorti alors que les consoles 32-bit étaient déjà là, boudé par une partie des joueurs de l’époque, méconnu par certains et souvent oublié aujourd’hui, Secret of Evermore reste un petit chef-d’œuvre incontournable pour tout amateur d’Action-RPG et de science-fiction. Il offre une brillante alternative à Secret of Mana, aux côtés duquel il s’impose comme un des meilleurs jeux de la Super Nintendo.

 

The Legend will never die

Éblouissant de bout en bout, Legend of Mana est également considéré comme un spin-off bien qu’il conserve la direction artistique de la saga.

Depuis l’immense succès de Final Fantasy VII en Occident, Square s’émancipe en sortant de nombreux jeux de qualité allant bien au-delà du RPG classique. De Xenogears à Final Fantasy Tactics en passant par Einhänder, la firme cherche également à poursuivre ses séries phare : c’est ainsi que naissent SaGa Frontier et Chrono Cross. Autant de jeux qui font les beaux jours de la PlayStation, Square mettant aussi l’accent sur les cinématiques en images de synthèse, bien trop coûteuses à stocker sur une cartouche Nintendo 64. D’abord pensé en full 3D, Legend of Mana arrive le 15 juillet 1999 dans une 2D éblouissante n’ayant rien à envier à ses prédécesseurs. Sorti l’année suivante aux États-Unis, il ne paraît officiellement en Europe qu’en 2021 sur Switch, PlayStation 4 et Steam, avec une traduction française inédite.

Legend of Mana s’impose d’emblée comme un des jeux les plus enchanteurs de la machine grâce à une direction artistique à couper le souffle et à des musiques d’une beauté sans pareille par la talentueuse Yoko Shimomura (connue pour ses compositions sur Street Fighter II, Live A Live, Tobal et Parasite Eve). Le scénario est assez difficile à suivre car contrairement aux RPG classiques, les événements ne sont pas racontés de manière linéaire. Le joueur est en effet amené à reconstruire le monde en plaçant des reliques sur la carte pour faire réapparaître villes et donjons avant de les explorer. Non sans rappeler l’excellent Soul Blazer d’Enix, ces reliques représentent le lieu qu’elles vont faire renaître : on trouve par exemple une boîte aux lettres à l’ancienne pour la maison du héros, une lampe à lucioles pour la ville nocturne de Lumina, une poupée cassée pour la décharge de jouets et une cuillère frémissante pour les Enfers.

Dans la droite lignée de Trials of Mana, le jeu opte pour un système de combat sans temps de recharge, avec les ennemis visibles à l’écran et l’affrontement qui s’engage quand on les approche. Il reste possible de forger les armes grâce à l’atelier de Watts, moyennant quelques matériaux ainsi que des légumes mixant leur nom avec des objets ou des animaux, donnant ainsi des mots-valises comme la couronnail, la manguéléphant et le chabricot. Une des singularités du titre est qu’en retournant dans certaines zones, il est possible de trouver des œufs de monstre renfermant des créatures qui peuvent évoluer en accompagnent le héros, bien que leur utilité soit assez limitée. Le principal défaut de Legend of Mana vient néanmoins de sa narration inhabituelle, qui offre une liberté très agréable au joueur mais sans être clair sur la marche à suivre pour continuer l’aventure, ce qui complique fortement la tâche pour obtenir les dernières reliques. Il reste toutefois un RPG de choix sur PlayStation, emblématique d’une période où de magnifiques jeux 2D rivalisaient largement avec les jeux en 3D.

 

Retour aux sources sur console portable

Le retour de Mystic Quest avec la direction artistique resplendissante de la saga !

Tandis que les ventes de la saga restent confidentielles face à la concurrence, Square se met dans une situation financière délicate après l’échec cuisant de Final Fantasy Les Créatures de l’Esprit au cinéma, devenant ainsi Square-Enix en fusionnant avec son rival de toujours. La Game Boy Advance paraissant la même année, d’anciens développeurs de Square sont réunis par Nintendo pour composer le studio Brownie Brown, chargé de créer un nouvel épisode pour sa console portable. Intitulé Shinyaku Seiken Densetsu au Japon et Sword of Mana en Occident, il a la particularité d’être un remake de l’épisode fondateur de la saga pour mieux prendre son indépendance sur Final Fantasy en s’affranchissant de références comme le Chocobo et la transformation en Mog. Sorti le 29 août 2003, il dépasse même les frontières de l’Europe l’année suivante, une aubaine après deux épisodes restés outre-Atlantique. Visuellement très proche de Trials of Mana, il comporte des remix musicaux de grande qualité malgré la faiblesse du processeur sonore de la machine. Certains noms sont également modernisés : c’est notamment le cas de Roi Noir, qui devient ici le Chevalier Noir, avec une identité fort intéressante cachée derrière son masque.

Le système de jeu met de côté ce qui faisait le charme de Mystic Quest et reprend les armes classiques de la saga en plus des huit esprits magiques, ces derniers étant néanmoins une fois de plus sous-exploités. Si le joueur peut toujours donner plusieurs coups à la suite sans la moindre jauge ATB, frapper un ennemi augmente une barre permettant d’utiliser une attaque spéciale. Le level design se veut quant à lui plus ingénieux, avec des donjons moins labyrinthiques. La map ressemble toutefois davantage à une accumulation de zones : on perd alors le sentiment de liberté très agréable de Mystic Quest mais on retrouve quelque peu le charme de Secret of Mana avec un thème principal mythique et des panneaux indiquant les différents lieux de l’aventure. On retrouve également le vendeur itinérant Niccolo de Trials of Mana, ainsi que P’tit Cactus de Legend of Mana avec une serre que l’on peut ériger afin de forger son équipement et d’avoir un résumé des événements. Le level-up permet cette fois-ci de choisir les statistiques à privilégier en sélectionnant un type d’évolution entre guerrier, moine, magicien, sage et voleur.

Outre le choix entre le héros et l’héroïne qui fait varier certains passages, le scénario est enrichi de nombreux dialogues et d’un background bien plus approfondi, provoquant ainsi une dualité forte entre le héros et le Chevalier Noir. Julius gagne en subtilité grâce à son apparition plus tardive, au miroir brisé qui dévoile en lui la réincarnation de Vandole et à sa tentative de soumettre le héros au pouvoir des ténèbres.  L’épée Mana est quant à elle présentée comme une simple épée rouillée sans aucun pouvoir particulier, l’accent étant mis sur la bravoure des épreuves relevées par le héros pour la trouver. Assez ambitieux, bancal sur quelques points mais très réussi dans son ensemble, Sword of Mana reste un remake assumé qui transforme considérablement son modèle tout en le repensant et en enrichissant son univers pour mériter sa place parmi les meilleurs jeux de la Game Boy Advance. Un épisode notable qui constitue un des derniers Seiken Densetsu dignes de ce nom tellement la saga se met rapidement à tomber dans la médiocrité durant plusieurs années.

 

La chute libre World of Mana

Des jeux médiocres qui ne font pas du tout honneur à la saga.

Tandis que les trois piliers de Square-Enix se dessinent en la présence de Final Fantasy, Dragon Quest et Kingdom Hearts, la société se restructure et tente une politique de création de produits de différentes natures et de différents genres autour d’un même univers. Alors que la Compilation Final Fantasy VII s’en sort relativement bien, un projet protéiforme du nom de World of Mana envisage de sortir quatre jeux et un manga, paru en France en 2018 par l’intermédiaire de Mana Books sous le nom de Princess of Mana. Hélas, la qualité des jeux ne suit pas et la saga s’enfonce de plus en plus profondément dans les abîmes.

La désillusion commence rapidement avec Children of Mana, sorti le 2 mars 2006 sur Nintendo DS sous la forme d’un simple Dungeon-RPG sans autre saveur que sa direction artistique et quelques musiques. Répétitif à souhait, il reste toujours plus agréable qu’Heroes of Mana, deuxième épisode DS sorti l’année suivante, qui ne prend même pas la peine de proposer une traduction française tellement son gameplay de Tactical-RPG a du mal à se convaincre lui-même de son intérêt. La plus grande catastrophe restant Seiken Densetsu 4, sorti le 21 décembre 2006 sur PlayStation 2 et renommé Dawn of Mana pour sa parution américaine. Un passage à la 3D remarqué par des graphismes passables, une jouabilité bancale et un système de jeu qui remet les compteurs à zéro quand le joueur arrive dans une nouvelle zone.

Pour se relever de ces mauvais pas, Square-Enix a l’excellente idée de concentrer sa saga sur des projets mobiles, plateformes connues pour la qualité de jeux et le soin apporté à la jouabilité. C’est ainsi que naissent Friends of Mana, Circle of Mana et Rise of Mana, des jeux tellement mémorables que tout le monde les a oubliés. Une véritable déchéance pour une saga aussi exceptionnelle à ses débuts. D’autant qu’à la même époque, un autre remake du premier Seiken Densetsu paraît sur les mobiles japonais. Fortement méconnu, il se veut bien plus fidèle que Sword of Mana à l’épisode Game Boy.

 

La magie des remakes

Des remakes sont prétention qui fond tout de même plaisir à voir.

Alors que les vingt-cinq ans de Seiken Densetsu approchent, la saga renaît enfin de ses cendres à travers une série de remakes bien décidées à lui rendre ses lettres de noblesse. Sorti le 4 février 2016 au Japon et le 28 juin de la même année sur les PlayStation Vita occidentales, Adventures of Mana dépoussière Mystic Quest avec des graphismes entièrement modélisés dans un rendu proche des capacités d’une PlayStation Portable. Des cinématiques sont ajoutées et le tactile s’avère pratique pour l’affichage du plan et la navigation dans l’inventaire. L’intégralité des musiques est remixée pour un résultat d’une intensité saisissante, loin des grésillements du processeur sonore de la Game Boy Advance. Seulement disponible en dématérialisé et uniquement traduit en anglais, Adventures of Mana reste très agréable à plus d’un titre et permet un joli dépoussiérage technique du jeu d’origine.

Le 15 février 2018, c’est au tour de Secret of Mana d’être remaké sur PlayStation 4 et PS Vita. Une nouvelle d’autant plus étonnante que le choix est fait de conserver la vue du dessus avec une modélisation 3D qui conserve la direction artistique du jeu d’origine. Il n’en faut pas plus pour qu’une partie des fans s’enflamme, le jeu ne présentant pas une grande ambition et la 3D étant considéré comme un sacrilège pour un tel titre de légende. Pour autant, le jeu est loin d’être mauvais et s’avère relativement plaisant à redécouvrir. Bénéficiant de la même traduction que sur iOS, il obtient des scènes cinématiques ainsi que des saynètes durant lesquelles les héros parlent des derniers événements du jeu avant de dormir dans une auberge. Assez contrastée, la bande son comporte tout de même d’excellents remix, notamment « Spirit of the Night » dont les notes subliment la mélodie d’origine. S’il aurait mérité un remake plus ambitieux avec une 2D à la hauteur de l’artwork visible au lancement du jeu, il reste une bonne alternative au chef-d’œuvre de la Super Nintendo, avec un design plus moderne qui pourrait plaire aux plus jeunes.

Tandis que Seiken Densetsu 3 est enfin porté en Occident sous le nom de Trials of Mana, Square Enix dévoile en même temps un remake à destination de la Switch, de la PlayStation 4 et de Steam. Sorti le 24 avril 2020, il se veut plus ambitieux que les précédents avec une refonte en full 3D qui modernise fortement la saga. Très agréable à jouer, il se montre cependant assez limité dans sa physique rigide tandis que, bien que la direction artistique soit réussie, ses graphismes s’avèrent loin d’être à la pointe et ses musiques sont tout juste correctes. Les combats permettent cependant de larges esquives et de puissantes attaques de classe ont été rajoutées. Toutefois, le gameplay très axé sur les combats donne le même sentiment de répétitivité que le jeu d’origine et son scénario ne décolle jamais réellement. S’ajoute à cela un post-game proposant de traverser un pot-pourri de zones déjà connues sur plusieurs heures : sympathique mais dispensable. Un bon jeu qui perpétue la renaissance de la saga avec un remake néanmoins agréable à parcourir.

 

Postérité

Des productions qui peinent à renouer avec la qualité d’antan.

Après des années d’errance, la saga Seiken Densetsu revit enfin par l’intermédiaire de ses remakes. Une tendance qui se confirme avec le portage de Legend of Mana, sorti en 2021 avec pour la première fois une traduction française officielle. Outre le magnifique ouvrage Art of Mana paru aux éditions Mana Books en 2018, la saga tente de se diversifier en 2022 avec le jeu mobile Echoes of Mana et la série animée Legend of Mana The Teardrop Crystal, qui ne restera pas dans les mémoires tellement elle s’éloigne du jeu d’origine. Le cinquième épisode principal arrive finalement le 29 août 2024 sous le nom de Visions of Mana, dans lequel les personnages accompagnent leurs semblables désignées comme offrandes par une fée, dans leur sacrifice visant à restaurer l’énergie de l’Arbre Mana. Un jeu à la direction artistique alléchante mai au game design qui manque une fois de plus de finition à cause de combats basiques et saccadés, ainsi que de vastes zones ennuyeuses pourvues de murs invisibles.

Nintendo 64 : déjà 30 ans pour la célèbre console !

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image 30th nintendo 64

Date de sortie : 23 juin 1996 (Japon), 27 septembre 1996 (Amérique du Nord), 1er mars 1997 (Europe)
Fabricant : Nintendo
Concepteur : Masayuki Uemura
Génération de console : Cinquième

Nationalité : Japonaise
Unités vendues : 32,93 millions
Fin de production : 7 août 2007
Meilleure vente : Super Mario 64 (11,89 millions)

Les débuts de la Nintendo 64

Le line-up japonais, rapidement complété par d’autres classiques.

Succédant de la légendaire Super Nintendo, la Nintendo 64 arrivait au Japon il y a déjà 30 ans avec la ferme intention de surpasser la Saturn et la PlayStation, disponibles depuis déjà un an et demi. Misant à l’époque encore fortement sur la puissance graphique, Nintendo entame une collaboration avec Silicon Graphics (responsable des effets spéciaux des films Terminator 2 et Jurassic Park) afin de développer une console 64-bit, argument utilisé pour vendre sa console comme étant plus puissante que ses concurrente 32-bit. D’abord connue sous les noms de code « Project Reality » puis « Ultra 64 », elle fait le choix de conserver le support cartouche suite à l’abandon de ses partenariats avec Sony et Philips, ainsi qu’à l’échec du Mega-CD et du CD-i, qui la confortent dans l’idée que le CD-Rom ne constitue pas l’avenir malgré ses capacités de stockage bien supérieures.

Le 23 juin 1996, la Nintendo 64 arrive au Japon avec un line-up qui, comme sa grande sœur, privilégie la qualité à la quantité. Justifiant à lui seul l’achat de la console pour la modique somme de 25 000 yens, Super Mario 64 révolutionne la façon d’appréhender la 3D avec sa caméra dynamique contrôlable avec les boutons C de la manette, précurseurs du stick analogique droit. Le joystick central contraste quant à lui fortement avec la croix multidirectionnelle et annonce la volonté de Nintendo de se concentrer essentiellement sur des titres en full 3D. Outre le jeu de mahjong Saikyō Habu Shōgi, Pilotwings 64 fait office de vitrine technique avec ses aéronefs contrôlables à trois cent soixante degrés. Le 29 septembre 1996, la Nintendo 64 débarque en Amérique du Nord pour 199 dollars avec Super Mario 64 et Pilotwings 64, Saikyō Habu Shōgi restant exclusif au Japon.

 

1996, l’essor de la cinquième génération
de consoles

Des premiers mois riches en jeux de qualité.

En attendant la sortie européenne, l’année 1996 se poursuit avec Wave Race 64, simulation de motomarine proposant des courses assez exigeantes où il est nécessaire de passer entre les balises pour ne pas être disqualifié. Portage du deuxième épisode de la saga phare de jeux de combat de Rareware originel de l’arcade, Killer Instinct Gold renoue avec les sensations du premier opus en apportant quatre nouveaux combattants, mais peine à impressionner par son gameplay se fait retirer des personnages emblématiques. Peu fournie en jeux de combat, la Nintendo 64 accueille tout de même sa propre version de Mortal Kombat Trilogy, compensant son casting réduit par une absence de chargements et par le personnage de Khameleon, qui alterne entre chacune des trois femmes ninjas de la saga. Pour Noël, Mario Kart 64 impressionne avec ses courses en trois dimensions, son multi jusqu’à quatre joueurs et l’apparition de Donkey Kong et de Wario, venant remplacer Donkey Kong Junior et Koopa Troopa au casting.

Le 1er mars 1997, la Nintendo 64 foule enfin le sol européen avec Super Mario 64 et PilotWings 64, accompagnés de Star Wars Shadows of the Empire, Wayne Gretzky’s 3D Hockey et surtout de Turok Dinosaur Hunter, jeu de tir à la première personne adaptée de la bande dessinée éponyme de Rex Maxon, qui devient une franchise phare de la console. Il faut cependant attendre le 1er septembre de la même année pour une sortie officielle en France, au prix de 990 francs. Malgré de bonnes sorties régulières, le choix de conserver le support cartouche et l’immense succès de la PlayStation coûtent cher à la Nintendo 64, qui voit alors plusieurs éditeurs tiers se tourner vers la concurrence, notamment Square et Enix. Cela explique pourquoi elle manque grandement de RPG : excepté Ogre Battle 64 et Hybrid Heaven, elle ne comporte que quelques jeux d’action aventure, comme Mystical Ninja Starring Goemon et Holy Magic Century.

 

Un constructeur qui soutient fortement sa console

Une multitude de franchies réunies ensuite dans le cultissime Super Smash Bros.

Nintendo peut heureusement compter sur ses licences phares pour soutenir sa console, à commencer par Mario qui se voit décliné en plusieurs séries. Outre Mario Tennis et Mario Golf qui effectuent un bon passage à la 3D, la Nintendo 64 joue la carte de la convivialité avec de nombreux jeux multijoueur. Elle accueille ainsi les trois premiers Mario Party, qui se présentent comme une adaptation du Jeu de l’Oie où chaque personnage lance un dé pour avancer, affronte les autres dans divers mini-jeux et utilise des objets pour obtenir le plus de pièces et d’étoiles possible. Successeur du mythique Yoshi’s Island, Yoshi’s Story se montre moins ambitieux avec une narration plus enfantine, des niveaux beaucoup moins inspirés et une structure de jeu qui aurait pu être plus aboutie. Conservant lui aussi un gameplay en 2D, Paper Mario succède à Super Mario RPG avec des personnages fins comme des feuilles qui donnent un charme particulier au titre en plus se servir le gameplay.

Adulé par une immense communauté de fans, The Legend of Zelda Ocarina of Time est souvent cité comme le meilleur jeu de la Nintendo 64 pour son aventure dépaysante ayant marqué toute une génération, aux côtés d’un Majora’s Mask bien plus sombre au concept audacieux. Héritier de StarWing, Lylat Wars s’impose comme le premier jeu de la machine à disposer d’un système de vibration grâce au Rumble Pak, pour des séquences de shoot spatial plus intenses que jamais. De son côté, F-Zero X sublime la formule de la course futuriste jusqu’à quatre joueurs grâce avec une fluidité à toute épreuve. Kirby obtient également un nouvel épisode appelé The Crystal Shards, entièrement modélisé mais conservant une jouabilité en vue de côté.

Alors en plein expansion, Pokémon obtient pas moins de cinq épisodes sur Nintendo 64, dont deux avec des arènes où il est possible de faire combattre des créatures issues des cartouches Game Boy, un puzzle-game, un safari-photo et un jeu d’élevage utilisant un microphone qui reconnaît de nombreux mots prononcés. Grande absente suite à l’échec commercial de Super Metroid, Samus Aran apparaît néanmoins modélisée parmi le casting de l’étonnant Super Smash Bros, jeu de combat particulier dans lequel douze figures emblématiques de Nintendo s’affrontent dans des arènes à l’effigie de leurs licences.

 

Rareware, un allié essentiel

Sans Rare, la Nintendo 64 aurait fortement manqué d’exotisme.

Si plusieurs éditeurs ont préféré la PlayStation, l’un d’eux reste étroitement lié à Nintendo pour ses nombreux jeux sortis depuis 1987. Le studio britannique Rareware étoffe en effet considérablement la ludothèque Nintendo 64 avec pas moins d’onze jeux parus sur la machine, à commencer par le Killer Instinct Gold déjà évoqué. Premier titre impossible à faire tourner sans la puissance octroyée par l’Expansion Pak, Donkey Kong 64 constitue un passage à la 3D remarqué pour le célèbre gorille, aux côtés d’un Diddy Kong Racing qui surfe sur le concept de Mario Kart avec un univers moins inspiré, une sensation de vitesse limitée mais aussi la possibilité de piloter trois types de véhicules avec des circuits à trouver en partant d’un hub central.

Outre les plus confidentiels Blast Corps et Mickey’s Speedway USA, Rare est notamment connu pour ses ténors de la plateforme 3D Banjo-Kazooie et Banjo-Tooie, sans oublier le cultissime Conker’s Bad Fur Day, qui casse les codes habituels des consoles Nintendo avec des thématiques autour de la violence, du sexe, de l’alcool et de l’argent. Les jeux de shoot ne manquent pas à l’appel avec Jet Force Gemini, l’excellente adaptation du James Bond GoldenEye ainsi que son successeur Perfect Dark, dont le mode histoire nécessite aussi la présence de l’Expansion Pak.

 

La plateforme 3D au cœur de l’expérience

Un choix éclectique à la qualité qui l’est tout autant !

Reine des jeux en full 3D, la Nintendo 64 s’est aussi illustrée à travers la version originale de Rayman 2, ou encore avec des jeux comme Paperboy et l’oppressant Shadow Man. La saga Bomberman n’est pas en reste avec pas moins de quatre jeux (dont un jamais sorti en Europe) tandis que Castlevania ose le risque de la transposition en 3D après un renouvellement remarqué sur PlayStation avec le sublime Symphony of the Night. S’il ne fait pas l’unanimité à cause d’une caméra pas toujours docile (défaut courant des jeux de cette époque), quelques combats pénibles au fouet et un level design qui peut déconcentrer, Castlevania 64 reste un bon jeu qui mérite totalement sa place dans la saga. Sa version ultime Legacy of Darkness améliore encore sa fluidité et propose deux nouveaux scénarios avec quelques séquences et niveaux inédits. Outre les ratages qu’a pu connaître la console avec des jeux comme Earthworm Jim 3D et Superman 64, certains optaient toujours pour un gameplay en 2D : c’est le cas de Mischief Makers, de l’illustre compagnie Treasure, également derrière le shoot’em up Bangai-O et le rail shooter Sin and Punishment, tous deux exclusifs au Japon.

 

Une console riche en jeux de shoot…

Une ludothèque parfaitement rôdée pour tirer sur tout ce qui bouge, y compris à quatre joueurs !

La Nintendo 64 est tout aussi connue pour ses nombreux FPS de qualité, à commencer par la saga Turok, qui ne compte pas moins de quatre épisodes sur la machine. Outre les jeux Rareware déjà mentionnés, la console comporte une version du Monde ne Suffit pas différente de celle sortie sur PlayStation, pourvue d’un mode multijoueur appréciable. Faisant partie des rares jeux à la fois sortis sur Saturn, PlayStation et Nintendo 64, Duke Nukem 3D fait une apparition remarquée, accompagné d’un épisode inédit appelé Duke Nukem Zero Hour. Si la Saturn possède uniquement le premier Quake et la PlayStation seulement le deuxième, la Nintendo 64 peut se targuer d’avoir les deux dans sa ludothèque. En plus d’un Doom 64 inédit à l’atmosphère bien plus sombre et davantage axé sur les énigmes, on trouve un jeu d’aventure en vue subjective nommé Shadowgate 64, ainsi que le TPS Operation WinBack, qui utilisait déjà un système de couverture.

 

… mais aussi amatrice de courses !

Mais qui a osé dire que tout ce qui a quatre roues, on s’en fout !?

Finalement assez riche dans la variété des genres, la Nintendo 64 comporte également un certain nombre de jeux de course flirtant parfois avec le sport. En dehors des jeux déjà précités, on retient surtout le jeu de glisse 1080° Snowboarding, les jeux de moto futuriste Extreme-G et même un nouvel épisode pour la saga Excitebike, revenue d’entre les morts depuis 1984. Moins connus mais sûrement pas déplaisants, Beetle Adventure Racing propose un mix entre course et aventure en plus d’un mode arène à la Mario Kart, tandis que World Driver Championship peut rappeler Gran Turismo sur certains aspects. Outre un Offre Road Challenge tout droit sorti de l’Arcade, on retrouve d’ailleurs des licences emblématiques de la PlayStation avec les non pas moins sympathiques WipEout 64 et Ridge Racer 64, tandis que Micro Machines V3 s’invite sur la machine s’invite sous le nom de Micro Machines 64 Turbo.

 

D’inévitables jeux en commun avec la concurrence

Des jeux finalement reportés sur la génération suivante.

Du haut de ses nombreuses exclusivités qualitatives, la Nintendo 64 comporte aussi plusieurs jeux en commun avec ses concurrentes, en particulier avec la PlayStation. On trouve de la plateforme avec Gex Enter the Gecko et Gex Deep Cover Gecko, de l’action / versus fighting avec Mortal Kombat Mythologies et Mortal Kombat 4, du puzzle-game avec Bust-A-Move 2 et 3, du sport de glisse grâce à l’emblématique Tony Hawk’s Skateboarding et même de l’athlétisme jouable à quatre avec International Track & Field Summer Games. Une des plus grandes prouesses reste celle de l’excellent Resident Evil 2, qui propose une jouabilité assouplie, de nombreux documents inédits et des cinématiques en images de synthèse entièrement conservées grâce à des puces qui augmentent le stockage des cartouches. Le début d’une certaine mainmise de Nintendo sur la licence de Capcom, le futur Resident Evil Zero ayant commencé son développement sur Nintendo 64 avant d’être entièrement retravaillé pour la génération suivante. Tout comme Eternal Darkness, curiosité hybride entre survival horror et aventure sur différentes époques, qui sortira finalement sur GameCube.

Cette dernière arrivant le 14 septembre 2001 au Japon, la fin de vie de la Nintendo 64 est marquée par quelques sorties cette même année, à commencer par Conker’s Bad Fur Day, mais aussi le méconnu Doctor Mario 64 et le tout premier Animal Crossing, porté ensuite sur GameCube. Des jeux comme Tony Hawk’s Pro Skater 2 sortait encore en Occident, tandis que Tony Hawk’s Pro Skater 3 arrivait même le 20 août 2002 en exclusivité américaine. Avec près de 33 millions de consoles vendues, la Nintendo 64 a indéniablement marqué la cinquième génération de consoles grâce à sa ludothèque de grande qualité. Même si elle reste à mille lieues des prouesses de la PlayStation, elle possède une ludothèque bien fournie avec des jeux uniques en leur genre, symbole d’une époque où chaque machine concurrente avait sa propre architecture.

Toy Story 5, d’Andrew Stanton

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Date de sortie : 17 juin 2026 (1h 42min)
Réalisateur : Andrew Stanton
Comédiens de doublage : Jean-Philippe Puymartin, Richard Darbois, Barbara Tissier, Laura Felpin, Vanina Pradier, Marine Leonardi, Jonathan Cohen, Jean-Pascal Zadi, Pierre Niney
Genre : Animation
Nationalité : Américain
Compositeur : Randy Newman
Scénaristes : Andrew Stanton et Kenna Harris
Société de production : Pixar Animation Studios
Budget : 200 millions de dollars

Une nouvelle venue pas vraiment appréciée.

Sept ans après un Toy Story 4 à l’atmosphère particulière, Pixar relance à nouveau la machine avec un cinquième épisode sous l’objectif d’Andrew Stanton, qui avait déjà œuvré sur 1001 Pattes, Le Monde de Nemo, Wall-E et Le Monde de Dory. Toujours présent chez une Bonnie qui commence doucement à rentrer dans la préadolescence, le groupe de jouets est désormais dirigé par Jessie, avec Buzz comme shérif adjoint. La place des nouvelles technologies est rapidement abordée avec l’arrivée des tablettes connectées, qui accapare l’attention des enfants au point de complètement délaisser leurs jouets.

Un problème de taille…
De nouveaux personnages pleins d’humour.

Subissant les moqueries de ses amies, Bonnie reçoit alors Lilypad, une tablette en forme de grenouille dont les fonctionnalités vont faire tomber toute l’équipe en désuétude. Jessie fait alors appel à Woody, qui décide de revenir les aider pour ne pas que Bonnie devienne addicte aux écrans. Outre la présence de Fourchette et de Karen Beverly ainsi que les caméos de Bo et de Duke Kaboom, la deuxième apparition la plus notable est celle de Rouleau Pote, un jouet électronique en forme de papier toilette créé pour apprendre l’hygiène aux jeunes enfants. Il peut être raccordé à Snappy et Atlas, un appareil photo sur pattes et une tête d’hippopotame.

Un traitement de l’enfance toujours aussi maîtrisé.
Une étrange armée que l’on suit du début à la fin.

/!\ SPOILERS /!\ Pourvu d’une réalisation et d’une écriture toujours aussi soignées, Toy Story 5 apporte lui aussi sa pierre à l’édifice en propulsant son héroïne dans l’ancienne maison de sa première enfant, qui lui fait de nouveau ressentir le bonheur ses jeunes années. L’importance des jouets traditionnels est alors joliment mise en avant, donnant lieu à des scènes débordantes d’imagination autour d’une demande en mariage. On peut aussi noter les multiples passages mettant en scène une armée de Buzz l’Éclair connectés, qui viennent se fondre dans le scénario pour mieux laisser place à une fin énigmatique. Un film un peu moins marquant que ses prédécesseurs, mais toujours aussi qualitatif.

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Retour vers le Futur III, de Robert Zemeckis

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Date de sortie : 25 mai 1990 (Amérique du Nord), 18 juillet 1990 (France)
Réalisateur : Robert Zemeckis
Acteurs principaux : Michael J. Fox, Christopher Lloyd, Mary Steenburgen, Thomas F. Wilson, Lea Thompson, James Tolkan, Richard A. Dysart, Matt Clark, Donovan Scott
Genre : Science-fiction
Nationalité : Américain
Compositeur : Alan Silvestri
Scénariste : Bob Gale
Sociétés de production : Universal Pictures, Amblin Entertainment et U-Drive Productions
Budget : 40 millions de dollars

Une nouvelle aventure pleine de surprises !

Conclusion de la trilogie mythique de Robert Zemeckis, Retour vers le Futur III arrive seulement un an après son prédécesseur pour mieux nous transporter dans le Far West de 1885 suite à la lettre laissée par le doc. Une belle illustration des ravages que peuvent occasionner les voyages dans le temps alors que le doc de 1955, après avoir renvoyé le Marty du premier film en 1985, tombe en syncope après avoir croisé le Marty du deuxième épisode de retour du futur. Installé comme maréchal-ferrant à Hill Valley, il attend alors que Marty vienne le rejoindre pour repartir à son époque et détruire la DeLorean afin d’éviter que d’autres dégâts ne soient causés.

Une mise en scène digne des meilleurs westerns.
Un Clint Eastwood parfaitement crédible !

S’adaptant parfaitement à cette nouvelle époque avec une réalisation toujours aussi solide, le film remet en scène Michael J. Fox dans le rôle Marty, mais aussi de son trisaïeul Seamus tandis que Lea Thompson incarne Maggie McFly. Si James Tolkan est méconnaissable en marshal James Strickland, la future fiancée du doc apparaît sous les traits de Mary Steenburgen (En Route vers le Sud, Ragtime, Comédie Érotique d’une Nuit d’Été). Thomas F. Wilson interprète quant à lui Buford Tannen, ancêtre de Biff qui n’en manque pas une pour se faire remarquer en bon cow-boy analphabète, Richard Darbois s’éclatant toujours autant dans son doublage. On peut aussi remarquer un Richard A. Dysart (The Thing, Pale Rider) doublé par Jacques Ciron (Grippe-Sou dans Ça – Il est revenu, Alfred dans la série animée Batman) alors que Guy Piérauld (Bugs Bunny, le Lapin Blanc dans Alice au Pays des Merveilles) assure la voix de Pat Buttram.

Une sacrée montée en grade pour James Tolkan.
Un Tannen plus charismatique que jamais.

Véritable western moderne, Retour vers le Futur III comporte plusieurs références à la trilogie du dollar, avec Marty qui se fait appeler Clint Eastwood et qui utilise une plaque de tôle lors du duel final comme dans Pour une Poignée de Dollars. On trouve aussi Tannen qui fait danser Marty en tirant vers ses pieds, ce dernier imitant alors Michael Jackson, ou encore un clin d’œil à Taxi Driver et au Retour de l’Inspecteur Harry quand il se parle devant le miroir. Même la musique s’adapte au Far West avec le groupe de blues rock ZZ Top qui interprète la chanson « Doubleback » durant le bal folk. Un peu moins marquants que ses prédécesseurs, Retour vers le Futur III reste un film très qualitatif qui conclut parfaitement une trilogie parmi les plus marquantes de l’histoire du cinéma.

Scary Movie 2, de Keenen Ivory Wayans

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Date de sortie : 4 juillet 2001 (Amérique du Nord), 25 juillet 2001 (France)
Réalisateur : Keenen Ivory Wayans
Acteurs principaux : Anna Faris, Shawn Wayans, Regina Hall, Marlon Wayans, 
Genre : Parodie
Nationalité : Américain
Compositeur : Mark McGrath
Scénaristes : Alyson Fouse, Greg Grabianski, Dave Polsky, Michael Anthony Snowden, Craig Wayans, Marlon Wayans et Shawn Wayans
Sociétés de production : Wayans Bros. Entertainment, Gold/Miller Productions et Brad Grey Pictures
Budget : 19
 millions de dollars

Une belle brochette de vainqueurs !

Suite du premier film toujours sous l’objectif de Keenen Ivory Wayans, Scary Movie 2 conserve son humour très cru en parodiant cette fois-ci des films de maisons hantées comme L’Exorciste, Amityville et Poltergeist. L’accent est particulièrement mis sur la possession et le paranormal, Cindy et ses amis étant invités par leur professeur Oldman, interprété par Tim Curry (Ça – Il est Revenu, Maman j’ai Encore raté l’Avion, La Famille Addams Les Retrouvailles), à vivre une expérience scientifique dans un étrange manoir éloigné de l’université. Ils découvrent alors qu’ils auraient bien mieux fait de rester tranquillement sur le campus.

Un rôle un peu trop convenu pour l’excellent Tim Curry.
Des délires à n’en plus finir.

Tandis qu’Anna Faris, Regina Hall, Shawn et Marlon Wayans reprennent leurs rôles respectifs de Cindy, Brenda, Ray et Shorty, de nombreux personnages font leur apparition. On trouve ainsi Christopher Masterson (L’Île aux Pirates, American History X, Malcolm) dans le rôle de Buddy et sa fâcheuse tendance à prendre Cindy pour pote mec, Tori Spelling (Beverly Hills, Scream 2) en tant qu’Alex et Kathleen Robertson (Beverly Hills, Nowhere) qui incarne la bimbo Théo. S’ajoutent à eux le père McFeely sous les traits de James Woods (Virgin Suicides, L’Enfer du Dimanche, Jugé Coupable), le geek Dwight en fauteuil roulant joué par David Cross (Disjoncté, Men in Black, Small Soldiers) et surtout Hanson, le concierge à la main atrophiée incarné par Chris Elliott (Un Jour sans Fin, Strike, Mary à Tout Prix), véritable archétype du gardien bizarre et effrayant.

Un dîner presque parfait…
Une chorégraphie toute en finesse !

Fidèle à son prédécesseur, le film parodie également La Petite Boutique des Horreurs quand la plantation de cannabis de Shorty prend vie, ou encore Raging Bull et Simetierre lorsque Cindy se bat avec le chat noir. Il fait notamment écho à son époque avec la publicité « Freestyle » pour la marque Nike quand ils jouent au basket, ainsi qu’à Charlie et ses Drôles de Dames quand les trois filles se battent contre Hanson au sous-sol. Bien réalisé, Scary Movie 2 souffre de la même lourdeur que le premier film entre les obscénités du perroquet, le concierge qui en fait un peu trop et les allusions sexuelles à la qualité d’écriture limitée. Il reste néanmoins un bon divertissement emblématique du début des années 2000.

Retour vers le Futur II, de Robert Zemeckis

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Date de sortie : 22 novembre 1989 (États-Unis),
20 décembre 1989 (France)

Réalisateur : Robert Zemeckis
Acteurs principaux : Michael J. Fox, Christopher Lloyd, Jeffrey Weissman, Lea Thompson, Thomas F. Wilson, Elisabeth Shue, James Tolkan, Billy Zane, Jason Scott Lee, Elijah Wood
Genre : Science-fiction
Nationalité : Américain
Compositeur : Alan Silvestri
Scénariste : Bob Gale
Sociétés de production : Universal Pictures, Amblin Entertainment et U-Drive Productions
Budget : 40 millions de dollars

Un livre aux pouvoirs démesurés.

Après le succès de Retour vers le Futur, deux suites sont parallèlement mises en chantier pour approfondir le lore de la franchise. Il faut alors attendre 1989 pour que Retour vers le Futur II dévoile l’avenir de Marty McFly en le projetant en 2015 aux côtés de sa petite amie. Leur fils s’apprête en effet à commettre un vol aux conséquences désastreuses en tant que complice de Griff Tannen, le petit-fils de Biff. Alors de retour en 1985, Marty se retrouve dans un présent alternatif où Biff est devenu un riche homme d’affaires ayant fini par épouser Lorraine. Il doit alors retourner en 1955 pour empêcher cette uchronie en appréhendant le vieux Biff, qui avait voyagé soixante ans en arrière pour provoquer tout cela.

Tel père, tel fils !
Un skate spatial qui avait de quoi faire baver les jeunes spectateurs.

Si la plupart des acteurs sont de retour, Crispin Glover est remplacé par Jeffrey Weissman pour George McFly et Claudia Wells par Elisabeth Shue (Karaté Kid, Cocktail, Hollow Man) pour la Jennifer du futur. Alors que Thomas F. Wilson joue les différentes versions de Biff ainsi que Griff Tannen, Michael J. Fox incarne à la fois Marty du présent, Marty du futur, Marty Jr. et sa sœur Marlene. Le casting compte également Jason Scott Lee (Dragon L’Histoire de Bruce Lee, Le Livre de la Jungle, Mulan) parmi les amis de de Griff et marque la première apparition à l’écran du tout jeune Elijah Wood (Le Rêve de Bobby, Les Aventures de Huckleberry Finn, Le Seigneur des Anneaux) près de la borne du jeu vidéo Wild Gunman dans le café du futur.

Le vieux Biff n’est jamais loin…
Un véritable gangster aux dialogues sublimés par Richard Darbois.

Véritable prouesse scénaristique, Retour vers le Futur II exploite les paradoxes temporels pour transporter le spectateur à travers différentes époques aux traversées lourdes de conséquences. Si la vision du futur se veut explicitement exagérée avec ses voitures volantes, ses écrans multiples et l’incontournable hoverboard, c’est aussi ce qui en fait tout le charme rétro. L’uchronie de 1985, où Biff règne en maître grâce à l’almanach des sports que Marty avait laissé en 2015, offre un contraste saisissant avec la réalité initiale, tandis que le retour en 1955 impose à Marty de récupérer le précieux ouvrage en évitant de croiser son propre double. Outre les clins d’œil à la pop culture comme Biff qui regarde Pour une Poignée de Dollars et le comique de répétition sur la réaction de Marty quand il se fait traiter de mauviette, Richard Darbois se montre particulièrement génial dans ses doublages de méchant. Une suite très largement à la hauteur de son illustre prédécesseur !

Dragon Quest : le père du J-RPG célèbre ses 40 ans

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image 40th dragon quest

Date de sortie : 27 mai 1986 (Famicom), 18 décembre 1993 (Super Famicom), 23 septembre 1999 (Game Boy Color),
28 novembre 2013 (Mobile),
30 octobre 2025 (HD-2D Remake)

Développeur : Chunsoft
Concepteur : Yuji Horii
Genre : RPG au tour par tour

Nationalité : Japonais
Compositeur : Koichi Sugiyama
Système d’origine : Famicom

Le père du J-RPG

image I dragon quest
Un grand classique remasterisé de nombreuses fois !

Inspiré de jeux de rôle réservés aux micro-ordinateurs comme Ultima et Wizardry, Dragon Quest constitue le tout premier RPG sorti sur console. Sorti le 27 mai 1986 sur Famicom, il est resté exclusif au marché japonais pendant plus de trois ans avant d’être localisé en Amérique du Nord sous le nom de Dragon Warrior. Source d’une influence artistique étonnante, Dragon Quest est le fruit du travail de plusieurs hommes travaillant pour la société Enix, à commencer par son créateur Yuji Horii. Reconnaissable parmi mille, le character design est dû à Akira Toriyama, connu pour son manga Dragon Ball, qui embellit l’œuvre de sa patte graphique. Très inspirées de la période baroque, les musiques sont composées par Koichi Sugiyama, qui offre au joueur un véritable sentiment d’aventure. Dragon Quest se caractérise par un classicisme très marqué, avec un univers heroic-fantasy mettant en scène un héros et des dragons à travers une légende. Le scénario nous transporte dans le royaume d’Alefgard, auquel le terrible Dragonlord a subtilisé la Boule de Lumière, symbole de paix et de bien-être. Le roi Lorik charge alors notre héros, descendant de la lignée Roto, de sauver la princesse Laura et d’en finir avec le dragon.

Parcourant la carte du monde à la recherche d’indices, le joueur est ainsi invité à se rendre dans différents villages afin d’obtenir des informations des habitants et de se procurer des équipements en magasin. Graphiquement loin d’exploiter toutes les capacités de la Famicom, Dragon Quest est tout aussi daté par son absence de bouton contextuel. Il faut en effet ouvrir un menu pour choisir l’action adéquate pour parler à un personnage, fouiller une zone, ouvrir un coffre, emprunter des portes ou des escaliers. Grand représentant du jeu d’aventure, Dragon Quest se démarque toutefois de The Legend of Zelda, sorti trois mois plus tôt sur le même support, par un système de combat au tour par tour où le héros combat un seul ennemi à la fois. En se promenant, il tombe en effet face à des monstres lors d’affrontements à la difficulté croissante, qui s’imposent de manière aléatoire. L’ennemi apparaît en vue subjective et le joueur doit choisir d’utiliser une attaque, un sortilège ou un objet à travers un menu.

Vaincre un ennemi octroie de l’argent, mais surtout des points d’expérience qui permettent au héros de monter en niveau afin d’améliorer son attaque, sa défense ou encore sa vitesse d’action. Il s’agit là du cœur du gameplay, car il est nécessaire de battre de nombreux monstres pour être de taille contre des créatures plus puissantes. Mascotte officielle de la saga, le gluant est une des plus emblématiques, aux côtés du squelette, de la chauve-souris et du golem. Avec toutes ces mécaniques, nul doute que Dragon Quest allait inspirer de nombreuses productions à venir, à commencer par un certain Final Fantasy dès l’année suivante. Très populaire au Japon, Dragon Quest a notamment connu un remaster aux commandes plus souples sur Super Famicom en 1993, mais aussi sur Game Boy Color en 1999, Android et iOS en 2013. Il faut alors attendre 2025 pour qu’il paraisse officiellement en Europe dans une compilation en HD-2D réunissant les deux premiers épisodes avec une traduction française inédite sur Switch, PlayStation 5, Xbox Series et Switch 2.

Fidèle au jeu d’origine, le remake du premier épisode se démarque par de nombreux éléments lui permettant de s’aligner avec celui de Dragon Quest III, sorti en 2024. Si le joueur contrôle un seul et unique personnage, les ennemis peuvent cette fois-ci être plusieurs, ce qui change complètement la stratégie des combats et donne même sacrément de fil à retordre lors de certains passages. Le jeu connaît en effet plusieurs pics de difficultés face à certains boss, qui impliquent d’utiliser des techniques précises tout en rendant le level-up indispensable. Si les équipements se veulent plus nombreux, plusieurs mécaniques, objets et sortilèges absents du jeu d’origine font leur apparition de manière à fluidifier l’aventure, en permettant notamment de se téléporter vers les lieux déjà visités et de recommencer à la dernière sauvegarde automatique en cas de défaite. Le scénario est quant à lui enrichi de cinématiques inédites et de plusieurs passages venant doubler la durée de vie initiale. Un bon point qui le rend parfaitement cohérent avec Dragon Quest III, mais qui dénature aussi un peu l’aventure d’origine. Un très bon jeu qui permet néanmoins aux novices de découvrir les grands débuts de la saga fondatrice du J-RPG !

 

Un deuxième épisode plus dense mais plus fragile

Un jeu dont les mécaniques seront reprises dans le premier Final Fantasy.

Sorti le 27 janvier 1987, soit seulement huit mois après le premier épisode, Dragon Quest II place le joueur dans la peau de trois autres descendants de Roto un siècle plus tard afin de terrasser le sorcier Hargon. Traversant une immense carte qui comprend une version simplifiée des terres du premier jeu, l’équipe doit alors affronter des créatures, parcourir des donjons et traverser des villages pour recueillir des indices et acheter de précieux équipements. La principale nouveauté est que l’on contrôle non plus un seul mais trois personnages à la fois et face à des ennemis pouvant être nombreux, ce qui implique d’autant plus de choix stratégiques. Le jeu se veut également bien plus long, avec beaucoup de recherche et des donjons de plus en plus complexes. Le level design labyrinthique de ces derniers les rend au demeurant pénibles, à l’exception de quelques tours plutôt plaisantes qui ne nécessitent pas de se perdre dans d’innombrables couloirs pour en trouver la sortie.

La progression sur la carte est facilitée par l’apparition du premier véhicule du genre du J-RPG : un bateau permettant de naviguer entre les continents. La recherche des crests dans la seconde partie du jeu se veut aussi laborieuse, certaines étant quasiment impossibles à trouver sans consulter une soluce. Autant d’éléments plus ou moins convaincants que Squaresoft reprendra dans son premier Final Fantasy, sorti la fin de la même année. Lui aussi remasterisé sur Super Famicom en 1993, Game Boy Color en 1999, Android et iOS en 2014 puis consoles de neuvième génération en 2025, Dragon Quest II apporte sa pierre à l’édifice mais se veut bien plus contraignant à rejouer que son aîné, dont la simplicité permet bien plus d’accessibilité et de plaisir de jeu. Préférez de loin Zelda II The Adventure of Link, sorti treize jours auparavant.

 

Le climax de la première trilogie

image III dragon quest
Un aboutissement ayant marqué toute une époque.

Sorti le 10 février 1988 soit à peine deux mois après le premier Final Fantasy, Dragon Quest III est un préquel dans lequel le joueur incarne l’ancêtre des héros des deux premiers épisodes. Prenant place dans un univers appelé Midgard, le scénario se veut d’emblée plus intense et dramatique en mettant en scène son père Ortega, héros légendaire ayant perdu la vie en affrontant un monstre près d’un volcan. Tandis qu’il cherche à s’inscrire dans sa lignée, il est chargé par le roi de vaincre l’archidémon Baramos aux côtés de trois autres personnages à recruter dans la taverne du royaume. Si Dragon Quest III passe ainsi de trois à quatre combattants à gérer simultanément, il innove surtout pour son système de jobs. Directement inspiré de jeux de rôles comme Donjons & Dragons et Wizardry, il consiste à désigner une classe particulière pour chaque coéquipier, dont dépendra les compétences apprises et l’évolution des statistiques à chaque niveau gagné. On a ainsi le choix entre guerrier, artiste martial, mage, prêtre, sage, marchand, bouffon et voleur. Arrivé au niveau 20, il est même possible d’effectuer un changement de classe pour renforcer les capacités des personnages.

Outre le choix du sexe pour chaque équipier, Dragon Quest III innove également par une alternance jour / nuit héritée de Castlevania II Simon’s Quest. L’influence va toutefois bien plus loin car au-delà de l’augmentation de la dangerosité des ennemis, la musique des villages et les déplacements des habitants s’y adaptent astucieusement. Bien mieux élaboré que son prédécesseur, le jeu se montre plus agréable à parcourir grâce à un level design exemplaire, aussi bien au niveau des donjons que de la carte du monde, dont les continents rappellent fortement ceux de la planète Terre. Ses musiques gagnent fortement en qualité et certaines demeurent parmi les meilleures de la saga, notamment celles de la carte et de l’envol. Cet épisode est en effet le premier à comporter un moyen de transport aérien avec l’oiseau Ramia, la mélodie étant elle-même reprise dans Dragon Quest VIII avec Empyréa.

De loin le plus abouti de la première trilogie, Dragon Quest III surprend avec un twist final qui renvoie les héros à Alefgard, univers du premier Dragon Quest plongé dans les ténèbres, afin d’y anéantir Zoma, véritable antagoniste du scénario. Très populaire au Japon, le jeu a déclenché une telle euphorie à sa sortie que les joueurs ont préféré sécher les cours pour ne pas rater son jour de parution, événement suite auquel Enix décide de lancer ses futurs jeux uniquement le week-end. Le 23 octobre 1989, la saga se voit adaptée en un manga supervisé par Yuji Horii appelé Dragon Quest La Quête de Daï. Connu en France sous le nom de Fly et adapté en série animée deux ans plus tard, il s’inspire de Dragon Quest III pour l’apparence de son héros, la figure de son père et l’emblématique musique de la carte du monde remixée pour accompagner les résumés d’épisodes. Un pilier du J-RPG de la fin des années 80, magnifiquement remasterisé sur Super Famicom en 1996, Game Boy Color en 2000, Android et iOS en 2014 puis remaké sur Switch, PlayStation 5 et Xbox Series en 2024.

Mon article sur le film Dragon Quest Your Story

Le Diable s’habille en Prada 2, le grand retour vingt ans après

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Date de sortie : 29 avril 2026 (1h 59min)
Réalisateur : David Frankel
Acteurs principaux : Anne Hathaway, Meryl Streep, Emily Blunt, Stanley Tucci, Justin Theroux, Kenneth Branagh, Tracie Thoms, Tibor Feldman, Simone Ashley, Lucy Liu, B. J. Novak, Lady Gaga
Genre : Comédie dramatique
Nationalité : Américain
Compositeur : Theodore Shapiro
Scénariste : Aline Brosh McKenna
Sociétés de production : 20th Century Studios et Wendy Finerman Production
Budget : 100 millions d’euros

Andy toujours dans les bons coups !

Basé sur le roman Vengeance en Prada Le Retour du Diable de Lauren Weisberger, Le Diable s’habille en Prada 2 arrive vingt ans après son prédécesseur toujours sous l’objectif de David Frankel. Anne Hathaway y reprend son rôle d’Andrea Sachs, journaliste désormais reconnue à New York, qui est amenée à retravailler pour Runway suite à une controverse autour de Miranda Priestly, toujours jouée par Meryl Streep. Devenu rédactrice des reportages, Andy débarque alors au bureau de son ancienne directrice sans se douter que cette dernière n’avait pas été consultée. Le plus drôle reste ce moment où toutes deux vont, accompagnée de Nigel Kipling, à la rencontre de Dior pour redorer leur image avant de réaliser que leur interlocutrice n’est autre qu’Emily Charlton, une nouvelle fois sous les traits d’Emily Blunt.

Un rendez-vous qui a de quoi faire sourire.
Une complicité plus affirmée entre les deux personnages.

Au-delà des visages déjà connus, le casting est également renouvelé par Simone Ashley (Sex Education, Pokémon Détective Pikachu, La Petite Sirène) dans le rôle de la nouvelle assistante de Miranda, Justin Theroux (Inland Empire, La Fille du Train, Beetlejuice Beetlejuice) en tant que fiancé d’Emily et BJ Novak (Inglourious Basterds, Dans l’Ombre de Mary, The Amazing Spider-Man Le destin d’un Héros) qui interprète le fils du propriétaire du groupe, victime d’une étrange crise cardiaque en pleine réception. Outre la présence de Kenneth Branagh (Dunkerque, Le Crime de l’Orient-Express, Oppenheimer) qui incarne le mari de Miranda, Lucy Liu (Kill Bill, Domino, L’Homme aux Poings de Fer) et Lady Gaga (Sin City J’ai Tué pour Elle, House of Gucci, Joker Folie à Deux) ont également droit à de courtes apparitions.

Meryl Streep en grande forme malgré l’âge.
Une évolution intéressante pour le personnage d’Emily Blunt.

Retranscription efficace de l’évolution des postes dans le monde du travail, Le Diable s’habille en Prada 2 constitue une suite ingénieuse en s’adaptant aux réalités d’une société dirigée par les téléphones portables et le numérique. Bien plus expressive que dans le premier film, Miranda peine d’ailleurs à s’adapter à ces nouvelles pratiques, Nigel lui expliquant avec humour que la version papier du magazine est en déclin et qu’il dépend désormais de pièges à clic et de formats courts destinés aux réseaux sociaux pour conserver ses revenus publicitaires. La boucle est alors bouclée alors qu’Andy réapparaît à Runway avec une tenue classique comportant un format découpé de son fameux pull bleu céruléen, dans une fin de scénario qui manque toutefois de piquant.

Retour vers le Futur, véritable pépite de Robert Zemeckis

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Date de sortie : 3 juillet 1985 (États-Unis),
30 octobre 1985 (France)

Réalisateur : Robert Zemeckis
Acteurs principaux : Michael J. Fox, Christopher Lloyd, Crispin Glover, Lea Thompson, Thomas F. Wilson, Claudia Wells, James Tolkan, Billy Zane
Genre : Science-fiction
Nationalité : Américain
Compositeur : Alan Silvestri
Scénaristes : Robert Zemeckis et Bob Gale
Sociétés de production : Universal Pictures, Amblin Entertainment, U-Drive Productions
Budget : 19 millions de dollars

Une veste rouge reconnaissable entre mille.

Film de science-fiction parmi les plus emblématiques de Robert Zemeckis (À la Poursuite du Diamant Vert, La Mort vous va si Bien, Forrest Gump), Retour vers le Futur place Michael J. Fox (Class 1984, Teen Wolf, Outrages) dans la peau de Marty McFly, un lycéen féru de guitare faisant partie d’une famille modeste des années 1980. Interprété par Crispin Glover (Vendredi 13 Chapitre Final, Sailor & Lula, The Doors), son père George est d’un naturel peureux et cherche tellement à éviter les conflits qu’il se laisse exploiter par son manager Biff Tannen. Sa mère Lorraine, sous les traits de Lea Thompson (Les Dents de la Mer 3, Howard… une Nouvelle Race de Héros, Denis la Malice) se montre vieux jeu, possessive et alcoolique.

Le début d’un duo d’anthologie.
« Tu veux ma photo, banane !? »

La vie de Marty s’apprête à changer tandis qu’il participe à une expérience avec son vieil ami Emmett Brown, scientifique joué par l’excellent Christopher Lloyd (Cluedo, Qui veut la Peau de Roger Rabbit ?, La Famille Addams), qui parvient à transformer une DeLorean DMC-12 en machine à voyager dans le temps. Propulsé trente ans en arrière suite au meurtre du doc par des Libyens qu’il avait arnaqués, Marty se retrouve en 1955. Il doit alors résoudre les paradoxes temporels provoqués par son passage dans le passé, notamment auprès de ses parents qui étaient encore adolescents à cette époque, et trouver comment faire refonctionner la machine pour retourner en 1985.

Quand tu tombes nez à nez avec ton père à l’époque où il avait le même âge que toi.
Quand ta mère s’éprend de toi sans savoir que tu es son fils venu du futur.

Doté d’une très belle réalisation et d’un scénario particulièrement ingénieux, Retour vers le Futur joue habilement sur les deux époques pour provoquer des situations aussi touchantes que comiques, entre Marty qui tient tête à Biff, Lorraine qui flashe sur son fils sans le savoir et le doc qui ne comprend pas les expressions des années 80 comme « C’est pas le pied. ». Alors que la bande-son est assurée par Alan Silvestri (Predator, Abyss, Mort ou Vif), fidèle au réalisateur, le concert que Marty assure à la guitare électrique pour que ses parents se mettent ensemble fait référence à des artistes comme Chuck Berry, Jimi Hendrix, Steve Hackett, Eddie Van Halen et Angus Young. Complété par James Tolkan (Wargames, Top Gun, Junior le Terrible 2) ou encore par le premier rôle de Billy Zane, futur antagoniste de Titanic, le casting fait partie des plus iconiques de son époque.

Un antagoniste tenace qui fait toute la qualité du film.
« Nom de Zeus ! »

Si Michael J. Fox et Christopher Lloyd se font connaître auprès du grand public, Crispin Glover et Lea Thompson se montrent tout aussi bluffants quand on réalise que ce sont aussi eux qui incarnent George et Lorraine adultes, camouflés derrière leur maquillage. Et que serait un aussi grand film sans des comédiens de doublage d’anthologie comme Luq Hamet (Daniel LaRusso dans Karaté Kid), Pierre Hatet (le Joker dans la série animée Batman), Céline Monsarrat (Bulma dans la série animée Dragon Ball, voix française de Julia Roberts) et Richard Darbois (voix française d’Harrison Ford, Bruce Wayne dans la même série animée Batman), qui apportent un cachet particulier à la version française. Une production de Steven Spielberg exceptionnelle ayant marqué les débuts d’une des meilleures trilogies de l’histoire du cinéma !

Le Diable s’habille en Prada, la face cachée de l’industrie de la mode

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Date de sortie : 29 juin 2006 (Porto Rico),
27 septembre 2006 (France)

Réalisateur : David Frankel
Acteurs principaux : Anne Hathaway, Meryl Streep, Emily Blunt, Stanley Tucci, Simon Baker, Adrian Grenier, Gisele Bündchen, Tracie Thoms
Genre : Comédie dramatique
Nationalité : Américain
Compositeur : Theodore Shapiro
Scénariste : Aline Brosh McKenna
Sociétés de production : Fox 2000 Pictures, Wendy Finerman Productions et Dune Entertainment
Budget : 35 millions d’euros

Une tenue vestimentaire pas vraiment adaptée au poste.

Adaptation du roman éponyme de Lauren Weisberger par David Frankel, Le Diable s’habille en Prada place Anne Hathaway (Le Secret de Brokeback Mountain, The Dark Knight Rises, Sacrées Sorcières) dans la peau d’Andrea Sachs, jeune journaliste fraîchement diplômée qui obtient un poste d’assistante pour le magazine Runaway. Ce dernier est sous la direction de Miranda Priestly, interprétée par Meryl Streep (Voyage au Bout de l’Enfer, La Mort aux Enchères, Into the Woods), rédactrice en chef caractérielle et influente inspirée d’Anna Wintour, qui fait régner un stress permanent dans l’entreprise.

Les collègues jalouses et hautaines par excellence.
Un directeur artistique qui ne manque jamais l’occasion de lancer une pique.

Andrea est ainsi confrontée à un quotidien tyrannique aux côtés de la première assistante de Miranda et du directeur artistique du magazine, respectivement joués par Emily Blunt (La Guerre selon Charlie Wilson, Looper, Le Retour de Mary Poppins) et Stanley Tucci (Les Sentiers de la Perdition, Le Terminal, The King’s Man Première Mission). S’accrochant tout de même pour gravir les échelons sous prétexte que « n’importe quelle femme tuerait pour avoir son poste », elle réalise que sa vie sociale ne sera plus jamais la même et que son couple se retrouve au bord de la rupture au point de se laisser séduire par l’écrivain Christian Thompson, incarné par Simon Baker (Hartley Cœurs à Vif, Le Protecteur, Mentalist).

Une supérieure hiérarchique difficile à contenter.
Des relations qui commencent toujours par un simple verre.

Comédie dramatique au style particulier, Le Diable s’habille en Prada dresse un portrait impitoyable de l’industrie de la mode, où l’apparence et le pouvoir dictent chaque décision. Le film marque les esprits grâce à des scènes culte comme le célèbre monologue de Miranda sur le pull bleu céruléen, qui illustre à la perfection l’influence insoupçonnée de la mode sur la société. Son impact dans la pop culture est tel qu’il est parodié dans plusieurs séries, comme Les Simpson et The Office. Propulsant les carrières d’Anne Hathaway et d’Emily Blunt, il marque également un des rôles majeurs de Meryl Streep, également de retour dans une suite parue vingt ans plus tard.