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Emmanuel Delextrat

Emmanuel Delextrat
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Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…

Les Sous-Doués passent le Bac, de Claude Zidi

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Date de sortie : 30 avril 1980 (1h 32min)
Réalisateur : Claude Zidi
Acteurs principaux : Daniel Auteuil, Maria Pacôme, Hubert Deschamps, Michel Galabru
Genre : Comédie
Nationalité : Français
Compositeur : Bob Brault

Si la tenue correcte faisait les bons élèves, cela se saurait !

Grand classique de la comédie française réalisé par Claude Zidi (Les Bidasses en folie, La Moutarde me monte au nez, L’Aile ou la Cuisse), Les Sous-Doués met en scène des élèves de terminale du cours Louis XIV, lycée privé qui arrive dernier au classement du baccalauréat en ayant cent pourcents de recalés. Interprété par Daniel Auteuil (À nous deux, Bête mais discipliné) qui livre ici le premier rôle majeur de sa carrière, Bébel et sa bande obtiennent volontairement de mauvais résultats pour continuer à s’amuser au lieu de prendre leur futur en main. Jouée par Maria Pacôme (Le Gendarme de Saint-Tropez, Le Distrait, Bons baisers… à lundi), la directrice Lucie Jumaucourt décide une bonne fois pour toutes d’employer les grands moyen afin qu’ils obtiennent leur fichu examen. Elle est épaulée par son mari Léon, sous les traits d’Hubert Deschamps (On a retrouvé la 7ème Compagnie, La Zizanie), qui assure à la fois l’anglais et les matières scientifiques.

« S’il y a fumette, il y a réaction ! »
Ces situations potaches chères aux comédies françaises…

La bande à Bébel est notamment composée de deux filles, Jeanne et Caroline, son ami Julien aux cheveux longs, l’africain Togo, le bêta Gaëtan et son pote Graffiti qui passe son temps à lui voler sa mobylette pour la lui revendre après l’avoir repeinte. Parmi les secondes rôles se trouve aussi Hélène Zidi, la fille du réalisateur. Les gags vont bon train entre la lycéenne qui rentre dans l’établissement en promenant son chien, la fumée de cigarette qui allume volontairement l’alarme, l’électrocution à la poignée de porte ou encore les fausses alertes à la bombe lancées au commissaire de police, joué par Michel Galabru (hexalogie du Gendarme, La Cage aux Folles, L’Avare). L’occasion est inespérée pour caricaturer le professeur de gym (comme on disait autrefois), incarné par le cascadeur Dominique Hulin, qui ressemble plutôt à un bourreau chargé d’attraper les élèves quand ils ne se tiennent pas tranquilles, ce qui lui vaudra de se prendre une planche de bois en pleine figure.

« – Trotsky a été assassiné à Mexico en 1940. – Quelle année ? – En 40 ! – Qui ? – Euh Kennedy ! »

Gaëtan, caricature du cancre.

Malgré ces traits d’humour qui ont inscrit Les Sous-Doués dans l’histoire de la comédie française, le film peut paraître assez vieillissant et comporte un montage qui manque de finition en passant régulièrement d’une séquence à une autre sans réel rapport entre elles. Le scénario va également trop loin avec le procès qui oblige les lycéens à obtenir leur bac, les triches utilisées restant inspirées de faits réels. Le gag le plus marquant reste celui de la machine à apprendre, qui pose des questions aux élèves et les oblige à répéter des phrases de culture générale sous peine de coups sur le visage. On retient également la chanson « On a un grand poil dans la main », interprétée par Daniel Auteuil lui-même lors du passage de la sortie scolaire. Leurs retrouvailles dix ans plus tard poussent l’ironie jusqu’au bout étant donné qu’ils ont tous réussi professionnellement tandis que le commissaire se retrouve à la circulation avant de se prendre un gâteau en pleine figure. Le film connaît une suite deux ans plus tard, Les Sous-Doués en vacances.

Pour une Poignée de Dollars, de Sergio Leone

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Date de sortie : 12 septembre 1964 (Italie),
16 mars 1966 (France)

Réalisateur : Sergio Leone
Acteurs principaux : Clint Eastwood, Gian Maria Volonté, José Calvo, Sieghardt Rupp
Genre : Western spaghetti
Nationalité : Italien
Compositeur : Ennio Morricone

 

Les Baxter d’un côté, les Rodos de l’autre,
et moi au beau milieu…

Clint Eastwood, nouvelle figure emblématique du western des années 60 !

Tandis que les westerns américains s’essoufflent largement au début des années 1960 malgré quelques classiques comme Les Sept Mercenaires, un nouveau genre plus dynamique et moins manichéen naît en Europe sous l’égide de l’italien Sergio Leone, à qui l’on doit la Trilogie du Dollar ainsi que le triptyque Il était une Fois. Dénommé western-spaghetti, il troque la glorification des valeurs traditionnelles américaines par la dure loi du plus fort au far-west. L’ordre se règle au revolver, qu’il s’agisse de récupération d’argent ou de vengeance personnelle. La lutte unilatérale des cow-boys face aux indiens sauvages ou aux bandits mexicains est également mise de côté pour mieux mettre en avant des personnages durs et complexes. Leur statut d’anti-héros leur dégage un certain charisme et les rend plus crédibles dans leurs agissements.

Gian Maria Volonté, deuxième révélation du film.

Remake à la sauce western du Garde du Corps du japonais Akira Kurosawa, Pour une Poignée de Dollars (A Fistful of Dollars en Amérique) est aussi le film qui a révélé le prolifique Clint Eastwood en lui offrant son premier grand rôle de cavalier solitaire. Appelé Joe en VF, il cherche en effet à gagner des billets en tirant profit de deux bandes qui se disputent domination d’une petite ville à la frontière du Texas et du Mexique. L’intrigue sur l’identité d’un certain Ramon est bien soutenue jusqu’à son apparition sous les traits du charismatique Gian Maria Volonté, qui marque lui aussi son premier rôle majeur face à Clint Eastwood. Sa bande sans pitié, notamment composée de son frère Esteban joué par Sieghardt Rupp, symbolise tout le cynisme et la crasse qui pouvaient caractériser les cow-boys de l’époque. D’autres personnages comme le tavernier, le shérif, le fabricant de cercueils et la jeune femme Marisol renforcent la crédibilité de cet univers.

Des personnages secondaires attachants.

 

Quand deux hommes sont armés
l’un d’un fusil, l’autre d’un pistolet,
l’homme au pistolet est un homme mort.

Une mise en scène astucieuse.

L’introduction de Pour une Poignée de Dollars est marquée par la musique resplendissante d’Ennio Morricone, dont la mélodie retranscrit la vie à la campagne avec des sifflements, des bruits de fouet ou encore de cloche qui se superposent les uns aux autres. La guitare électrique et les chœurs ponctuent les moments forts du récit et offrent une intensité dramatique sans pareille au scénario. C’est notamment le cas lors des longues scènes de duel, lentes et dramatiques, caractérisées par des successions de gros plans sur les regards des personnages. Le style de Sergio Leone est également marqué par des encadrements dans des fenêtres, des cordes de potence et des cadrages serrés sur une main prête à dégainer. Les angles de caméra font en sorte d’être très ouverts sur de larges paysages, principalement issus du désert espagnol de Tabernas, doté d’espaces vierges de présence humaine et ressemblant aux paysages de l’Arizona ou du Nevada.

Seul contre tous, c’est l’art de la gâchette qui fera la différence…
Des gros plans d’une redoutable efficacité !

La maîtrise des revolvers et les winchesters offre des séquences d’anthologie en plus des scènes d’action bien plus explosives et violentes. L’usage de la ruse reste toutefois bienvenue, notamment avec Joe qui se cache une fois blessé et qui profite de l’obsession de Ramon à viser le cœur pour se fabriquer une plaque de tôle. Avec Pour une Poignée de Dollars, Clint Eastwood prouve définitivement qu’il est taillé pour le cinéma, et ce dès le premier regard qu’il jette en observant les alentours. Le doublage français de Jacques Deschamps renforce d’autant plus son personnage en lui procurant une assurance digne des plus grands héros. Et le meilleur restait encore à venir avec une suite spirituelle des plus intenses

Les deux hommes s’affronteront de nouveau l’année suivante, dans Et Pour Quelques Dollars de Plus…

Niki Larson, de Wong Jing

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Date de sortie : 13 janvier 1993 (1h 35min)
Réalisateur : Wong Jing
Acteurs principaux : Jackie Chan, Joey Wong, Richard Norton, Gary Daniels
Genre : Comédie, action
Nationalité : Hongkongais
Compositeurs : James Wong et Romeo Díaz

Jackie Chan en grande forme !

Comédie d’action hongkongaise réalisée par le prolifique Wong Jing (Future Cops, Les Griffes d’Acier, Evil Cult), Niki Larson la première adaptation cinématographique du manga City Hunter de Tsukasa Hojo. Il a la particularité de mettre en scène le tout aussi prolifique Jackie Chan (Le Marin des Mers de Chine, Police Story, Double Dragon) dans la peau du célèbre détective privé, qui doit retrouver la fille d’un riche homme d’affaires ayant fugué suite à la volonté de remariage de ce dernier. La majeure partie du film se déroule sur un paquebot de croisière, attaqué en plein voyage par un groupe de gangster dirigé par un certain McDonald. Ce dernier est interprété par Richard Norton, grand pratiquant d’arts martiaux connu pour ses apparitions dans plusieurs films d’action hongkongais. Son bras droit est joué par Gary Daniels, le même qui jouera Kenshiro dans l’adaptation tout aussi nanardesque de Ken le Survivant deux ans plus tard.

Le petit comique de service, parce qu’il en faut bien un…

Le film fait apparaître plusieurs personnages du manga en modifiant leur nom d’origine. Sous les traits de  Joey Wong (Les Dieux du Jeu, The Big Score et Casino Tycoon du même réalisateur), Laura devient ainsi Sonia. De même, le lieutenant Hélène Lamberti s’appelle désormais Anna et est interprétée par Chinhmay Yau, également habituée aux films de Wong Jing (Casino Tycoon 1 et 2, Evil Cult, Chun (Li) May dans Future Cops). Quand on voit que Richard Norton est censé jouer Mammouth, et Gary Daniels l’ancien associé de Nicky Mick Angel, on comprend que les personnages ont été distribués comme s’il s’agissait d’une adaptation libre. L’introduction confirme d’ailleurs que Niki Larson n’est qu’une sorte de parodie du manga tellement l’assassinat de Tony Marconi n’est pas pris au sérieux, Michael Wong simulant la mort de manière totalement ridicule.

Car un grand méchant avec des cartes, ça fait tout de suite beaucoup plus méchant !
Une véritable ressemblance avec Ken de Street Fighter II !

Les seuls points communs que Jackie Chan maintient avec Nicky Larson est son obsession pour les jolies filles, son humour et sa manière de se battre. Ce dernier paramètre est quand même à nuancer car ça reste Jackie Chan qui fait du Jackie Chan, avec des chorégraphies plus ou moins inspirées, un personnage qui grimace souvent et qui fuit ses adversaire car il les trouve trop fort, ce qui n’est pas vraiment dans l’esprit de City Hunter. Un choix d’acteur opportuniste qui décrédibilise toujours plus les adaptations de manga en film, surenchéri par une voix off féminine qui passe son temps à acclamer « Nicky Larson » avec résonance. Outre les bruitages cartoonesques et certains mouvements de combat pas du tout réalistes, ces derniers comportent parfois des phylactères avec des onomatopées comme « Bam » à la manière du Batman de 1966, histoire de ridiculiser encore davantage son action.

La première apparition de Street Fighter au cinéma !

Mais s’il n’y avait qu’une seule scène à retenir de Niki Larson, c’est bien sa parodie de Street Fighter II, qui intervient alors que Jackie Chan affronte Gary Daniels dans une salle d’arcade où se trouvent des bornes du célèbre versus fighting, alors en pleine hype dans les années 90. Tandis que le premier prend l’apparence de Honda puis de Chun Li face à un Ken tout puissant, deux de ses alliés arborent les costumes de Guile et de Dhalsim, avec les musiques et les bruitages directement issus du jeu qui se succèdent dans une véritable folie visuelle. Si le combat de Nicky face à McDonald vaut tout de même le détour, on retient également l’opening « Sing Si Lip Yan » chanté par Jackie Chan lui-même, ainsi que la chanson « Gala Gala Happy » du groupe chinois Softhard, qui intervient pour introduire le casino. Les compositions de James Wong (Histoire de Fantômes Chinois, Il était une fois en Chine) et de Romeo Díaz font d’ailleurs partie des meilleures qualités de ce film culte, qui sera suivi d’une adaptation non officielle trois ans plus tard et de la superbe interprétation de Philippe Lacheau en 2019.

Dragon Quest Your Story, de Takashi Yamazaki, Ryuichi Yagi et Makoto Hanafusa

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Date de sortie : 2 août 2019 (Japon), 13 février 2020 (Netflix)
Réalisateurs : Takashi Yamazaki, Ryuichi Yagi et Makoto Hanafusa
Doubleurs VF : Benjamin Bollen, Anaïs Delva, Emmylou Homs, Feodor Atkine
Genre : Animation
Nationalité : Japonais
Compositeur : Koichi Sugiyama

De quoi ravir les fans de Dragon Quest V !

De longues années après la série animée Fly, Dragon Quest revient à l’écran dans un long métrage en images de synthèse adaptant le cinquième épisode de la saga de jeux vidéo. On y suit les aventures du jeune Luca, enlevé alors qu’il n’était qu’un enfant aux côtés de son ami Harry afin d’être utilisés comme esclaves dans le construction d’un palais. Après être parvenus à s’échapper dix ans plus tard, il part à la recherche de l’élu capable de brandir l’épée zénithienne pour terrasser Erebos le Fou, démon qui retient sa mère. Relativement convenu, le film se laisse regarder pour son humour et la qualité de son animation, bien que les images de synthèse soient très standard et la direction artistique relativement éloignée du talent d’Akira Toriyama.

Selon la légende, il est souvent plus difficile d’affronter une jolie fille qu’une horde de démons…
Un antagoniste caricatural mais plutôt plaisant.

Une critique majeure vient également du choix de doubleurs célèbres au lieu des seiyus professionnels pour les personnages. Ainsi, Bianca et Nera sont respectivement interprétées par Anaïs Delva et Emmylou Homs, connues pour leurs VF d’Elsa et d’Anna dans La Reine des Neiges. Mixte improbable entre Hadès du Hercule de Disney et Ryuk du manga Death Note, Erebos le Fou arbore néanmoins un certain charisme grâce au doublage de Féodor Atkine, connu pour son interprétation de Jafar dans Aladdin. Le principal plaisir pour qui connaît les jeux reste les musiques directement reprises du répertoire de Koichi Sugiyama, à commencer par le thème principal de Dragon Quest qui retentit subrepticement lors de plusieurs moments forts.

Dragon Quest Experience, le jeu que tout le monde attendait !

Le film comporte d’autres clins d’œil aux jeux vidéo, tel le gluant Surarin qui vient en aide au héros, ainsi que les dragons et d’autres créatures. L’introduction dévoile d’ailleurs la naissance de Luca en montrant directement des séquences du jeu de 1992 pour une nostalgie des plus agréables. Le scénario va même jusqu’à tenter une mise en abyme via un final étonnant dans lequel le héros joue à une nouvelle version du jeu en réalité virtuelle, la représentation virtuelle du véritable méchant lui montrant même la cartouche Super Famicom. Si cette idée ingénieuse justifie alors le titre Your Story, il est très dommage qu’elle tombe comme un cheveu sur la soupe sans étoffer davantage son propos, qui paraît pour le coup plutôt gratuit. Relativement correcte, cette itération de Dragon Quest reste des plus plaisante à regarder.

Ni No Kuni, de Yoshiyuki Momose

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Date de sortie : 23 août 2019 (Japon), 16 janvier 2020 (Netflix)
Réalisateur : Yoshiyuki Momose
Doubleurs VO : Kento Yamazaki, Mackenyu Arata, Mei Nagano, Mamoru Miyano
Genre : Animation
Nationalité : Japonais
Compositeur : Joe Hisaishi

Une fracture sociale d’emblée mise en avant.

Suite à deux RPG japonais sortis en 2010 et 2018, Ni No Kuni (en japonais « second pays ») est adapté en animé par Yoshiyuki Momose, déjà derrière les deux jeux vidéo et grand habitué du studio Ghibli. Scénarisé par le fondateur du studio de développement Level-5 Akihiro Hino, le film doit ses musiques à Joe Hisaishi, cofondateur de Ghibli et connu pour avoir composé les mélodies de la plupart des films de Hayao Miyazaki. L’intrigue se développe autour de trois adolescents : le protagoniste Yu, qui se déplace en fauteuil roulant, son meilleur ami Haru et leur amie d’enfance Kotona envers qui il semble avoir des sentiments. Alors que cette dernière se fait poignarder par un mystérieux assassin semblant venir d’un autre monde, Yu et Haru se retrouvent propulsés dans un univers parallèle en tentant de la sauver.

Une des rares scènes pouvant rappeler la maturité des productions Ghibli.
Des personnages corrects au background peu étoffé.

Nommé le royaume d’Evermore, cet autre monde abrite des personnages liés à ceux de leur époque, notamment la princesse héritière qui ressemble étrangement à Kotona. Tandis qu’un complot semble se dessiner, et comprenant qu’une personne qui meurt dans un monde disparaît aussi dans l’autre, Yu et Haru, alors devenus chevaliers, vont tout faire pour sauver leur amie. Transporté dans un univers proche du médiéval, le film s’auréole d’une animation très correcte, soutenue par quelques mouvements bien réalisés en images de synthèse. Des petites créatures apparaissent ici et là, tandis que le rendu des plus grandes est formaté à des CGI très moyennes. Les personnages sont plutôt bien écrits bien que peu originaux, notamment le ministre de la magie Yoki, dont le passé pourtant intéressant manque de background.

La complicité entre Yu et Haru dans toute sa splendeur !
Un design assez… discutable.

Agréable à suivre, le scénario se veut cependant très classique à cause de thématiques sous-exploitées. Le triangle amoureux entre les trois protagonistes s’en tient au minimum et la dualité entre les deux adolescents tombe vraiment comme un cheveu sur la soupe. Il y aurait pourtant eu moyen d’aborder les difficultés de la paralysie dans le contexte de l’amour ou encore les dangers de la jalousie provoquée par une telle situation. Si l’histoire du vieil homme ayant partagé la chambre d’hôpital de Yu dans son enfance respire dans un premier temps le vu et le revu, elle aboutit à une révélation intéressante sur la liaison des personnages et conclut le scénario d’une belle manière. Assez critiqué pour sa comparaison avec les précédents films du studio Ghibli, Ni No Kuni reste toutefois un animé de bonne facture, à la narration simple mais efficace.

Beetlejuice, 2ème film de Tim Burton

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Date de sortie : 30 mars 1988 (États-Unis),
14 décembre 1988 (France)

Réalisateur : Tim Burton
Acteurs principaux : Michael Keaton, Alec Baldwin, Geena Davis, Winona Ryder, Jeffrey Jones, Catherine O’Hara
Genre : Comédie horrifique
Nationalité : Américain
Compositeur : Danny Elfman

« Quel intérêt d’être un fantôme si on ne peut pas lui faire peur !? »

Avec son deuxième film, Tim Burton pose réellement les bases de sa patte artistique déjà aperçue dans des courts métrages comme Vincent et Frankenweenie, avec un univers macabre, parfois poétique, carnavalesque pour sa recrudescence de créatures et bien souvent comique. Voyant son film comme une parodie de L’Exorciste, il met en scène un couple de jeunes mariés qui décèdent subrepticement sur la route en voulant éviter un chien avant d’être contraints de hanter leur ancienne maison, occupée par une nouvelle famille. Si Adam et Barbara sont respectivement joués par Alec Baldwin (Conversations Nocturnes, À la Poursuite d’Octobre Rouge, Malice) et Geena Davis (La Mouche, Thelma et Louise, L’Île aux Pirates), le casting reste des plus alléchants entre Jeffrey Jones (La Folle Journée de Ferris Bueller, Ed Wood, Sleepy Hollow), Catherine O’Hara (After Hours, Maman j’ai raté l’Avion, Wyatt Earp), Winona Ryder (Edward aux Mains d’Argent, Dracula, Le Temps de l’Innocence) et bien sûr l’illustre Michael Keaton (que Tim Burton reprendra pour Batman et Batman Returns) dans le rôle de l’exorciste free-lance qui a la lourde tâche de porter l’essence du film en tant que créature principale fraîchement imaginée.

« Vous savez ce qui arrive aux personnes qui tentent de se suicider ? Dans l’au-delà, on les utilise comme simples fonctionnaires ! »
Un casting trois étoiles !

D’abord prévu pour être profondément horrifique, le registre du film a été décalé pour une orientation largement plus comique. En effet, si l’univers respire un fort cachet d’épouvante grâce à l’atmosphère fantomatique dans laquelle se retrouvent plongés les Maitland et à la figure de la vieille maison gardant des secrets jusque dans son grenier avec la maquette d’un cimetière, le tout est saupoudré d’une féroce sauce comique qui inverse le rapport à l’horreur. Ce qui est censé faire peur provoque de ce fait le rire, notamment les métamorphoses faciales d’Adam et de Barbara, leurs mises en scène sanglante pour effrayer les Deetz alors que ces derniers ne peuvent les voir ou encore la dégaine des nombreuses créatures difformes qui règnent dans cet univers parallèle. Le spectateur recherche alors moins sa propre peur que celle des autres personnages, notamment concernant l’emprise que Beetlejuice obtient lorsque son nom est prononcé trois fois de suite.

« Beetlejuice ! Beetlejuice !! Beetlejuice !!! »

Associé à Tim Burton depuis Pee-Wee Big Adventure, Danny Elfman signe une bande originale alliant efficacement le registre horrifique et l’aspect comique, notamment lors de la musique d’introduction ou quand les personnages trouvent le livre de nécrologie. Une des scènes les plus culte du film montre les Deetz complètement envoutés en train de danser autour de leur table sur la musique « Banana Boat Song » d’Harry Belafonte, dans un style complètement décalé repris à la toute fin quand la jeune gothique est en lévitation sur fond de « Jumping the Line ». Avec Beetlejuice, Tim Burton consolide son style artistique dans un film mémorable pour son univers et ses personnages. Michael Keaton marque son premier grand rôle au cinéma avec un jeu d’acteur brillamment déjanté, que le grand sérieux de son futur rôle de Bruce Wayne fera oublier avant que l’on retrouve son registre décalé dans des films comme Jackie Brown, L’Enjeu ou encore Birdman de longues années plus tard.

Final Fantasy VII Remake, un chef-d’œuvre sublimé

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Après des années d’attente, les fans peuvent enfin tenir le tant espéré Final Fantasy VII Remake entre les mains. Tout du moins sa première partie, car l’ambition de Square-Enix est de ne faire aucun compromis au point de retranscrire l’immense richesse du jeu d’origine dans plusieurs jeux de grande envergure. Retour sur les forces et les faiblesses du premier d’entre eux !

Date de sortie : 31 janvier 1997 (jeu d’origine),
10 avril 2020 (remake)

Développeur : Square-Enix
Concepteurs : Yoshinori Kitase (réalisateur, scénariste), Tetsuya Nomura (characters designer), Kazushige Nojima (scénariste, event planner), Yusuke Naora (directeur artistique)
Genre : Action-RPG

Nationalité : Japon
Compositeurs : Nobuo Uematsu, Masashi Hamauzu, Mitsuto Suzuki
Console : PlayStation 4

Nouvelle contreplongée visant à montrer l’immensité des réacteurs Mako.

Espéré par les nombreux fans du jeu d’origine depuis son introduction refaite pour promouvoir les capacités de la PlayStation 3 à l’E3 2005, Final Fantasy VII Remake n’était qu’un pur fantasme tellement Square-Enix disait que non, il n’y avait aucun remake de prévu. La popularité de cet épisode s’était dans un premier temps manifesté par une compilation de plusieurs jeux sur différents supports, d’un film, de nouvelles et même d’un court métrage animé dans les années 2000. Mais l’E3 2015 allait bouleverser à jamais le monde du jeu vidéo avec la fin de plusieurs arlésiennes. Alors qu’une vidéo estampillée Square-Enix semblait montrer un nouveau jeu de la saga Final Fantasy sous la musique d’introduction d’Advent Children, on pouvait d’abord penser au fameux Endless Crisis, épisode final de la compilation finalement annulé. Tandis que le thème de l’introduction de 1997 retentissait avec à l’écran un personnage blond apparaissant de dos muni d’une énorme épée, il était encore difficile d’y croire…

Le cœur du réacteur n°1, magnifiquement retranscrit.

Jusqu’à l’apparition du logo représentant un météore, rapidement suivi d’un son cliquant affichant les lettres « REMAKE », provoquant une extase rarement ressentie de la part des fans, qui n’y croyaient plus depuis très longtemps. Une claque monumentale ayant fait attendre les joueurs pendant près de cinq ans avant que le jeu daigne enfin sortir sur PlayStation 4. Ou du moins sa première partie, car bien conscient de l’ambition et de l’enjeu que représente un tel remake, Square-Enix joue carte sur table en annonçant que le jeu serait scindé en plusieurs parties, non pas à l’image d’un jeu épisodique avec des sessions de quelques heures, mais bien en plusieurs gros jeux. Une excellente idée permettant d’éviter de sortir le titre de manière extrêmement tardive, bourré de bugs et limité dans son contenu. Le 10 avril 2020 (ou techniquement dix jours auparavant), Final Fantasy VII Remake était enfin disponible pour nous faire revivre le premier arc du scénario concentré sur la ville de Midgar, passant ainsi de cinq heures à facilement cinquante heures de jeu avec les quêtes annexes.

Midgar, avant et après
Il y a 7 ans, à Nibelheim…

Dès la cinématique d’intro et les premiers instants in game, le constat est saisissant : sans être une claque comme un Uncharted 4, les graphismes à la pointe subliment les plaques métalliques et autres grisailles de la métropole, tandis que la modélisation très détaillée des personnages valorise fortement leur apparence et leur expression. La full 3D offre une impression de grandeur époustouflante, notamment grâce à la grande plaque qu’il est possible de voir depuis n’importe quel lieu extérieur. Seul bémol : certaines textures de décor vraiment datées, notamment les amas de déchets dans les taudis du Secteur 5, heureusement très minoritaires. Les pistes musicales sont nombreuses et apportent de nouvelles mélodies en plus de superbes remix comme « Maze of Scrap Metal », qui dramatise le thème de la Shinra pour l’adapter à une situation de jeu de plusieurs minutes. En plus des disques cachés permettant d’écouter de nouvelles versions de musiques emblématiques, plusieurs pistes de la suite du jeu interviennent à certains passages de l’aventure, comme le superbe thème de la worldmap.

De petits éléments commencent à être révélés dans les lignes qui suivent, les réelles analyses ne se trouvant que vers les derniers paragraphes.

L’occasion du remake est surtout de renforcer le background des personnages, ainsi que d’élargir les lieux visités à travers de nombreux passages jouables supplémentaires. La plupart sont en fait des passages qui, rapides dans le jeu d’origine, ont été fortement rallongées, comme celui des rues du Secteur 8 après l’explosion du réacteur n°1, l’objectif étant de mettre en avant la panique des habitants avec la réaction à chaud des PNJ que l’on croise. Si les tunnels après la fuite du train sont eux aussi rallongés, le plateau du Secteur 4 laisse carrément place à de toutes nouvelles zones, notamment une immense passerelle où l’équipe doit éteindre des projecteurs pour alimenter l’ascenseur leur permettant de se rendre au réacteur n°5. Appelés les « soleils des bidonvilles », ils s’avèrent en réalité être la seule source de lumière des taudis juste en-dessous, ce qui accentue d’autant plus la fracture entre riches et pauvres des habitants de Midgar.

La maison d’Aerith et son jardin sublimé.
Un Wall Market avec un cachet différent, un peu trop surfait.

Si la route accidentée du Secteur 6 est elle aussi bien plus longue, elle est le théâtre d’une diversion musicale qui instaure un remix de la musique originale de Wall Market lors de combats contre des brigands, tandis que le bidonville arbore une mélodie bien plus festive, à l’image de son ambiance qui a fortement changé. Avec ses faux airs de blockbuster bourré de PNJ type Assassin’s Creed, la ville a tout de même la mérite de proposer de nouveaux passages, comme le salon de massage et surtout l’arène de Cornéo, qui devient ensuite une importante quête annexe proposant plusieurs combats avec lots à la clé. Outre les égouts et l’ascension des débris du Secteur 7 largement allongés, le laboratoire d’Hojo propose un level design intéressant nécessitant d’alterner entre deux équipes en utilisant le fameux PHS, présent un peu plus tard dans le jeu d’origine.

C’est toujours amusant de voir Cloud traiter Cornéo de gros porc 😀
Si cette nouvelle phase en moto manque d’action, celle de fin est tout aussi punchy qu’à l’époque !

En plus de ces nombreux rallongements, on peut noter un retour au Secteur 7 désormais en ruines, mais surtout une petite visite sur le dessus de la plaque pour aller rendre visite aux parents de Jessie, précédée par un tour à moto qui rappelle fortement le mini-jeu sur l’autoroute de Midgar. Une très bonne idée, si ce n’est que ce passage est un peu trop scripté et bien trop rapide, d’autres nouveautés du même genre auraient été bienvenues afin de mieux découvrir la zone supérieure de Midgar. De même, si tous ces nouveaux passages donnent une forte plus-value en enrichissant considérablement le background du jeu ou même d’un point de vue purement ludique, ils restent globalement un peu trop longs. Pour une moyenne de deux heures par passage, une heure ou une heure et demie aurait été bien suffisant. Très à l’ancienne, le level design est en bonne partie composé de nombreux chemins à embranchements menant à des coffres ou à des materias, moyennant pas mal d’interaction avec des décors, comme des leviers, des clés ou encore des objets à casser à l’épée. Il est bien sûr possible de revenir en arrière et plusieurs zones ouvertes viennent varier le tout, à commencer par les bidonvilles et la Tour Shinra.

En plus des environnements entièrement refaits dans la Tour Shinra, une visite guidée relatant l’histoire de la firme enrichit considérablement son background, notamment celui du Président lui-même.
Un duo de choc, doublé d’une complicité très appuyée dans le scénario.

Contre toute attente, une des grandes qualités du remake est son gameplay. Si on pouvait penser que Square-Enix casualiserait le tout afin d’être accessible au plus grand nombre, il n’en est rien et les combats se trouvent particulièrement fluides et dynamiques, entre combos directs toujours réalisables et compétences particulières moyennant le remplissage d’une jauge ATB. D’autant que chaque personnage se manie très différemment : Cloud opte pour des coups lourds et brutaux avec son épée broyeuse, Barret est plus lent à esquiver mais très utile pour mitrailler de loin, Tifa est légère et peut s’avérer très puissante grâce à la grande rapidité de ses combos, tandis qu’Aerith fait cette fois-ci jaillir une attaque magique de son bâton en combattant à distance. Présent depuis Final Fantasy XIII dans la saga, le système de choc est ici très bien exploité pour rendre les ennemis les plus coriaces vulnérables. Pas de temps limité stressant et inutile : la jauge ne baisse pas mais il faut trouver les attaques les plus efficaces pour la faire grimper car ça peut être long.

Un combat intense misant sur le spectacle et la grandeur de la machine !
Si le triangle amoureux entre ces trois-là n’est plus vraiment présent, on peut se demander comment tout cela a évolué…

Aussi nombreux que variés dans leur style et leur IA, la plupart des ennemis sont issus du jeu d’origine et se reconnaissent aussi facilement que leurs attaques. Les soldats Shinra sont quant à eux clairement séparés en plusieurs catégories, comme les aérocombattants, les bombardiers et même des soldats à bouclier donnant au moins autant de fil à retordre qu’à Solid Snake dans Metal Gear Solid 2. Mieux encore : certains ennemis assez stylés sont devenus de puissants boss, notamment la Maison Infernale issue de la route accidentée du Secteur 6, ainsi que Meistergeist et Éligor qui rend l’atmosphère du cimetière des trains bien plus pesante. Les boss connus sont beaucoup plus impressionnants par leur taille et la mise en scène renforce l’intensité des combats, bien plus longs et découpés en plusieurs phases. Le combat contre l’Aérodestructeur (Briseur de l’Air) est par exemple précédé d’un passage où on choisit lesquels de ses points forts on va amenuiser, tandis que l’hologramme géant d’Heidegger qui commente en même temps rend l’affrontement encore plus dantesque. Si le premier combat face à Reno se trouvait au niveau du pilier du Secteur 7, il intervient cette fois-ci dans l’église, ce qui est assez logique. Rude intervenant plus tôt dans l’histoire, un combat face à lui a également été rajouté et on se retrouve alors face aux deux en même temps au moment du pilier de manière à intensifier l’intrigue du moment.

Reno et Rude, la crédibilité dans l’âme 😀
Un design soigné à l’aspect très nippon pour Tseng, qui garde toujours un œil sur la fille pour laquelle il en pince…

Visibles sur les personnages avec les materias incrustées, de nombreuses armes connues du jeu d’origine sont renommées à l’occasion, telles Épée brute (Bord-dur) et Mitrailleuse rotative (Fusil automatique), tandis que d’autres conservent leur nom d’origine, comme Griffes en mithril et bâton de frappe. Il en va de même pour les armures et les accessoires, nombreux et variés. Les armes sont même customisables via des points de compétences acquis après chaque niveau atteint, permettant ainsi d’augmenter les statistiques des personnages ou encore le nombre d’orifices pour materias. Ces dernières sont nombreuses et peuvent se ramasser à plusieurs endroits dans les niveaux, à l’ancienne, avec la sphère de couleur qui brille au loin. Certaines sont classiques et connues (Feu, Soin, Vol, Absorption de PV), et nombreuses sont les retraduites (Remèdes pour Guérir, Vénéfice pour Poison, Chronomancie pour Temps, Analyse pour Sentir, Affinité élémentaire pour Élément base). De nouvelles materias font aussi leur apparition, c’est par exemple le cas de Vent (élémentaire bien plus présent), Turbo ATB (pour booster la jauge en combat), Prière (très utile pour recharger tout le monde à la fois), Résistance aux altérations, PC augmentés, Expertise des objets et Avantage de choc.

Le remake donne enfin les moyens à Square-Enix de rendre Heiddeger aussi fêlé qu’il en avait l’air en 1997 !
Disponibles en invocations, les Chocobos sont aussi présents pour effectuer des voyages entre les différentes zones de Midgar.

La materia Techniques ennemies (anciennement Talents ennemis) est également de la partie et permet d’apprendre quatre compétences, notamment Mauvaise haleine (Haleine aigre, appelée Puanteur dans FFVIII, l’infernal pouvoir du Morbol (aussi connu sous le nom de Malboro ou Xylomid) qui inflige toutes les altérations d’état. Absentes de la première partie du jeu d’origine, quelques invocations sont ici bien présentes et ne peuvent intervenir en combat que contre certains ennemis majeurs : il est possible de leur demander d’attaquer avec la jauge ATB, et elles envoient leur attaque ultime avant de repartir. On trouve surtout des représentants de principaux éléments, tels Ifrit (feu), Shiva (glace) et Léviathan (eau). Outre le puissant Bahamut, les invocations Chocobo & Mog et Gros Chocobo sont désormais séparées. Aussi prolifiques que soient les materias, il reste cependant dommage qu’on les trouve si facilement en double voire en triple, sans parler des nombreux distributeurs qui en vendent la plupart, enlevant ce côté sacré de l’objet bien présent en 1997, où chaque materia était potentiellement précieuse.

Assez mélancolique, Reeve est particulièrement bien écrit et devient un personnage plus affirmé. Il semblerait aussi qu’il ait aperçu le Secteur 7 s’effronder du haut d’un toit…
Les textes durant les chargement confirment toute l’inutilité de Palmer au sein de la Shinra. Et c’est ce qui le rend encore plus indispensable 😀

Comme tout bon RPG, FFVII Remake possède son lot de quêtes annexes, idéales pour approfondir le background des bidonvilles avec diverses missions confiées à Cloud qui travaille alors comme mercenaire. Assez classiques dans l’ensemble, elles restent toutefois cohérentes avec les lieux et le scénario. Outre les trois alternatives possibles pour les robes portées lors de la visite à Cornéo, des défis intéressants sont proposés par Chadley, un jeune stagiaire qui étudie les materias pour la Shinra. En réunissant plusieurs conditions durant les combats, il fabrique des materias à partir des données récoltées et peut ensuite en vendre des inédites, voire nous obtenir des invocations moyennant des combats en réalité virtuelle. FFVII Remake conserve les mini-jeux qui faisaient toute sa qualité de par la variété de ses situations. L’épreuve du squat est ainsi largement améliorée dans la salle de sport de Wall Market, avec plusieurs adversaires et un gameplay plus précis. Elle est ensuite complétée par une épreuve de tractions, montrant une fois de plus de Tifa en a vraiment dans le ventre. Outre le sympathique jeu de fléchettes dans le bar du Septième Ciel, le brise-boîtes propose un véritable scoring en temps limité avec Cloud qui doit casser le plus de cubes possibles tout en récupérant des chronomètres.

Quelques dialogues à choix peuvent venir influencer la suite des événements.
Derrière son caractère implusif, Barret laisse entrevoir de nombreuses autres émotions qui renforcent son personnage.

Gros point fort du jeu, le scénario est enrichi par plusieurs nouveaux passages et dispose notamment d’une narration très moderne donnant lieu à des scènes cinématiques de qualité et à de bons dialogues in game. Malgré une VF parfois assez cheap (Tifa qui s’exclame « J’ai besoin d’une bonne douche ! » ou Aerith « Ça fait du bien quand ça s’arrête ! » en fin de combat), les conversations font très naturelles et on reconnaît aisément les dialogues parfois à peine remaniés de l’opus original. Mention spéciale à Barret, dont on doit les pétages de câbles au comédien Frédéric Souterelle, connu pour son doublage de Wario dans Wario Ware Gold, qui fredonne la mélodie de la victoire en s’exclamant d’un bon gros « TATATATA TA TA TA TATA !! » après certains combats.

Scarlet, toujours aussi cinglée à la tête du développement des armes, peut aussi se montrer très persuasive…
Ce serait l’inverse, les gens crieraient au harcèlement^^

Le background des personnages va ainsi bien plus loin, la narration permettant de mieux suivre le quotidien de chacun, à commencer par celui de Cloud qui se voit offert une chambre par Tifa dans un petit motel du bidonville du Secteur 7. Les personnalités de Biggs, de Wedge et surtout de Jessie sont également bien plus approfondies, cette dernière n’hésitant pas à draguer ouvertement Cloud, à sauter dans ses bras et à lui faire des sacrées avances. Les membres de la Shinra sont également mieux développés et le contournement du manichéisme se fait notamment ressentir avec le travail des Turks, Reno et Rude allant jusqu’à se poser des questions sur leurs agissements avant d’aller vers le pilier du Secteur 7. Heidegger gagne fortement en charisme avec sa posture dictatoriale, Scarlet prend littéralement ses subalternes pour des bambins, Palmer savoure déjà son thé au saindoux tandis qu’Hojo est plus que jamais le parfait psychopathe responsable de tous les maux du scénario. L’imminence de la mort du Président Shinra est mise en scène d’une manière plus angoissante de par son absence au bureau et grâce à l’appel à l’aide qu’on entend d’une provenance inconnue.

Si les membes de la Shinra sont tous très réussis, le plus machiavélique d’entre eux ne manque pas de personnalité…
Rufus Shinra, toujours la grande classe !

Rufus arbore une classe complètement folle et son combat face à lui est particulièrement stylé, son chien Ténébro (référence à Secret of Mana ?) étant bien plus coriace que le simple figurant qu’il était en 1997. Sans surprise, un combat face à Sephiroth intervient en tant que grand final, précédé par un bel affrontement face à une nouvelle forme pour Jénova dans le bureau du Président. Là où le jeu d’origine laissait planer le mystère en ne faisant que le mentionner comme soldat légendaire surnommé le « Grand Sephiroth », le remake fait le choix de le montrer assez rapidement à l’écran en intensifiant les flashbacks qui enivrent Cloud quand il se rapproche de la Mako. Il est assez dommage que le mystère sur son apparence et sur sa dualité avec Cloud n’aient pas été conservés, mais ce choix peut s’expliquer par le fait que Sephiroth est un méchant très connu du jeu vidéo en 2020, là où il faisait sa première apparition en 1997. Beaucoup de joueurs sachant alors de qui il s’agit sans même avoir joué au moindre Final Fantasy, Square-Enix a dû privilégier une approche plus directe avec de belles cinématiques plutôt que le renforcement de l’intrigue.

Un Président largement mieux mis en avant grâce à de nombreuses scènes de très grande qualité !
« J’ai besoin de ton aide, Cloud : suis-moi, luttons ensemble contre le joug du destin ! »

Si le principe des fileurs et la possibilité de changer le destin est une idée intéressante bien que complexe à mettre en œuvre, le combat contre le fileur héraut va un peu trop loin dans le délire fantastique et fait bien plus Kingdom Hearts que Final Fantasy. Pour autant, l’idée de faire finalement revenir Zack alors vainqueur de son combat contre la horde de soldats est excitante quant à la suite du scénario, qui risque d’être quelque peu bouleversé. Tout proche de l’excellence, Final Fantasy VII Remake est une grande réussite tant il parvient à moderniser le gameplay et à enrichir l’univers d’un des jeux les plus plébiscités de tous les temps. Ne sachant pas combien de parties il reste avant d’arriver à la fin du scénario, on ne saurait que trop préconiser à Square-Enix de ne pas ajouter de nouvelles portions trop longues afin que les futurs jeux ne s’éternisent pas inutilement. La worldmap a déjà à elle seule un fort potentiel d’exploration et les lieux existants suffisamment emblématique pour être simplement enrichis de nouveaux éléments.

Les cinq héros à la sortie de Midgar, prêts pour de nouvelles aventures !

The Reader, de Stephen Daldry

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Date de sortie : 10 décembre 2008 (États-Unis),
15 juillet 2009 (France)

Réalisateur : Stephen Daldry
Acteurs principaux : David Kross, Kate Winslet, Ralph Fiennes, Bruno Ganz
Genre : Drame
Nationalité : Américain
Compositeur : Nico Muhly

 

J’avais quinze ans. Un jour en rentrant du lycée, je me suis senti mal, et une femme m’a aidé…

Droite dans ses bottes, Hanna montre d’emblée qu’elle est très appliquée dans les missions qui lui sont confiées.

Adaptation du roman Le Liseur de Bernhard Schlink par Stephen Daldry (Billy Elliot, The Hours), The Reader est un drame poignant se situant dans la République Fédérale Allemande des années 1950. Kate Winslet (Titanic, Eternal Sunshine of the Spotless Mind, Les Noces Rebelles) y interprète le rôle d’Hanna Schmitz, une contrôleuse de tramway venant en aide à Michael Berg, un adolescent en proie à une maladie grave alors qu’il s’égarait dans sa rue. La narration effectue de nombreux va-et-vient entre différentes époques, en partant de la vie de Michael alors homme d’âge mûr sous les traits de Ralph Fiennes (Harry Potter et la Coupe de Feu, Skyfall, The King’s Man Première Mission). Joué par le talentueux David Kross, le jeune Michael revient voir sa guérisseuse une fois sauvé et ne semble pas indifférent à sa beauté tandis qu’il l’observe en train de s’habiller. Il n’en faut pas plus pour qu’une liaison passionnelle s’installe entre eux malgré leur importante différence d’âge, ce qui donne d’ailleurs lieu à un nombre un peu trop excessif de scènes de nudité qui ne brillent pas vraiment par leur réalisme.

Des séances de lecture intenses.
Quelques séquences joyeuses viennent dédramatiser le récit.

Lycéen érudit, Michael ramène régulièrement des livres et fait la lecture à haute voix pour Hanna, intriguée par un tel savoir-faire. Mais cette relation secrète est loin d’être simple et la rigidité du caractère d’Hanna provoque plusieurs disputes, jusqu’à ce qu’elle finisse par disparaître, laissant Michael dans une peine qui le marquera à vie (« Tu n’as pas le pouvoir de me faire de la peine, tu ne comptes pas assez pour me faire de la peine. »). Étudiant en droit à l’université, il suit avec attention les cours du professeur Rohl, interprété par Bruno Ganz, connu pour son rôle d’Hitler dans La Chute. Alors que sa formation l’amène à assister à un procès de criminelles de guerre, c’est avec stupéfaction qu’il y découvre Hanna parmi les femmes accusées d’avoir envoyé des juives à une mort certaine. S’ensuit alors une importante réflexion sur le sens de la culpabilité, circonstance dans laquelle il est rappelé que le droit à un rôle prépondérant, et que la loi est là pour faire respecter des principes (« Ce que nous pensons n’a aucune importance : ce qui compte, c’est ce que nous faisons. »).

Mise devant le fait accompli, Hanna persiste à défendre son application au travail.

Terriblement éprouvant, The Reader dévoile la culpabilité que ressent Hanna par sa manière d’être méfiante et rigide, tandis qu’elle tente de se libérer de cet énorme poids par cette initiation sensuelle et amoureuse qu’elle partage avec Michael. Comme une façon de se pardonner à elle-même en faisant le bien tout en s’affranchissant par le sexe et l’extase du phrasé de son amant. Car son plus grand fardeau est en réalité d’être analphabète, ce qui l’avait obligée à quitter un travail pour être gardienne à Auschwitz. Ses anciennes collègues profitant de sa faiblesse pour lui faire porter le chapeau afin de mieux s’en sortir, la honte est telle qu’elle préfère une condamnation à perpétuité plutôt que d’avouer qu’elle ne sait ni lire ni écrire, ne cherchant pas à être innocentée. Devenu un homme sentimentalement perturbé, Michael se sent parallèlement coupable d’avoir aimé une criminelle, ce qui enrichit considérablement la complexité de son personnage et la relation qu’il entretient avec sa fille, menant à une scène touchante à la toute fin.

Devenu adulte en pleine force de l’âge, Michael reprend contact avec sa amante d’antan en lui faisant parvenir des lectures orales.
En correspondance avec Michael, Hanna retrouve une raison de vivre en apprenant par elle-même à lire et à écrire.

Plus largement, la balance judiciaire souligne la culpabilité collective d’un pays qui s’est tu alors qu’il connaissait l’existence des camps, par rapport à la culpabilité individuelle des gardiens qui ont été enrôlés par le nazisme pour gagner leur vie. Auréolé d’un superbe jeu d’acteurs, de musiques d’une grande intensité dramatique et d’un maquillage bluffant pour représenter Hanna âgée, The Reader reçoit d’abord un accueil difficile vu la sensibilité du sujet traité. S’il a pu être jugé que l’enchaînement du plan de la cellule de prison d’Hanna avec celle de l’appartement new-yorkais de la femme juive ayant survécu au camp n’est pas du meilleur goût, il place au contraire Hanna comme victime collatérale du système, et montre qu’une survivante a pu regagner sa liberté tout en acceptant de lutter contre l’illettrisme en utilisant les économies d’Hanna à cet égard. Ce qui n’a pas empêché Kate Winslet d’obtenir l’Oscar, le Golden Globe et le BAFTA de la meilleure actrice pour son excellente interprétation.

Taxi Driver, de Martin Scorsese

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Date de sortie : 8 février 1976 (États-Unis),
2 juin 1976 (France)

Réalisateur : Martin Scorsese
Acteurs principaux : Robert De Niro, Jodie Foster, Harvey Keitel, Cybill Shepherd
Genre : Drame
Nationalité : Américain
Compositeur : Bernard Herrmann

Une véritable romance qui semble s’installer.

Cinquième film de Martin Scorsese, Taxi Driver illustre parfaitement le style du réalisateur en mettant en exergue la violence cathartique de personnages en dégénérescence dans un environnement new-yorkais, théâtre d’un anti-manichéisme sociétal. Auréolé de la Palme d’Or en 1976 et de quatre nominations aux Oscars l’année suivante, il offre une notoriété mondiale à Robert De Niro (Mean Streets, Le Parrain 2, Raging Bull), révélation majeure de l’œuvre pour son rôle de Travis Bickle, un ancien marine dont les insomnies répétées le poussent à opter pour un job de chauffeur de taxi. Précurseur dans la lignée des films mentionnant les conséquences psychologiques de la guerre du Vietnam, il inspirera même John Hinckley Jr. dans sa tentative d’assassinat contre Ronald Reagan en 1981, mentalement aliéné au point de se prendre pour Travis cherchant à venger l’assassinat de John Lennon.

« Tu prends un voleur qui loupe son coup par exemple, et bah, ils lui coupent les doigts. Je sais, ça a l’air d’une blague comme ça, mais c’est vrai. Ils flinguent un gars qui les a pigeonnés : qu’est-ce qu’ils mettent sur son cadavre ? Une mouche, ça rappelle que c’était un mouchard. »
Un duo attachant qui montre toute la bonté du personnage.

D’autres acteurs fétiches de Scorsese apparaissent comme personnages principaux, notamment la jeune Jodie Foster (Alice n’est plus ici) dans le rôle d’Iris, une prostituée que Travis cherche à aider, ainsi qu’Harvey Keitel (Who’s That Knocking at My Door, Mean Streets, Alice n’est plus ici). On peut également citer Victor Argo (Bertha Boxcar, Mean Streets), simple vendeur qui se fait braquer, et Murray Moston (Mean Streets, Alice n’est plus ici), le maquereau d’Iris. Martin Scorsese apparaît lui-même plusieurs fois, et particulièrement lors d’une scène où il projette de liquider sa femme qu’il aperçoit chez un autre à travers une fenêtre, marquant ainsi des dialogues sombres et torturés dignes de ce qu’écrira Quentin Tarantino des années plus tard. La réalisation de haute volée se dévoile dès l’introduction, avec la vue subjective à travers un pare-brise recouvert de pluie sous une mélodie jazzée Bernard Herrmann, dont on reconnaît le style aux notes intenses pour marquer le suspense après avoir composé plusieurs années pour les films d’Alfred Hitchcock.

« Vous avez déjà vu le visage d’une femme après un coup de 44 ? Ça lui bousille la gueule. Voilà ce que je lui réserve à son visage. »
« C’est à moi que tu parles ? Alors à qui est-ce que tu parles, t’en vois un autre que moi ici !? »

Les plans alternent régulièrement entre ceux sur Travis au volant et les passagers à l’arrière, Taxi Driver insistant pour dépeindre les bas-fonds de New York loin des fantasmes des buildings et de Wall Street. La pluie, les couleurs sombres et les musiques moroses marquent d’autant plus la perversion et le dépérissement de la société de l’époque, qu’il observe depuis son taxi durant chaque nuit new-yorkaise. Anti-héros de renom, Travis paraît rapidement sympathique par la jovialité dont il fait preuve, le doublage français de Maurice Sarfati (plus tard connu pour ses voix décalées des méchants dans l’animé Nicky Larson) renforçant le ton naïf et simplet de son sourire et de son allure. La forte présence de la voix off dans la narration renforce d’autant plus l’introspection du personnage et l’identification du spectateur (« Toute ma vie j’ai été suivi par la solitude, partout. Dans les bars, les voitures, sur les trottoirs, dans les magasins, partout. Y’a pas d’issue… j’suis abandonné de Dieu. »). Ce n’est qu’après avoir échoué à séduire la jeune Betsy que sa chute s’intensifie avec l’achat d’armes au marché noir et leur maniement dans plusieurs scènes d’anthologie. Issue d’une improvisation de Robert De Niro, la scène où il se cherche un style devant le miroir en lançant la réplique « C’est à moi que tu parles ? » est devenue une des plus cultes de l’histoire du cinéma, reprise dans de nombreux films comme Retours vers le Futur 3, Le Roi Lion, La Haine et La Stratégie de l’échec.

« C’est moi que tu veux baiser ? C’est pas moi que tu baises, c’est elle, donc c’est à elle que tu files le pognon. »

Sous ses airs d’aliéné cherchant à descendre le candidat le plus médiatisé aux élections présidentielles, Travis ne cherche en réalité qu’à « laver les rues de toute cette racaille » avec des méthodes désespérées, au point de vouloir sortir une prostituée mineure de l’esclavagisme sexuel dans lequel elle a été entraînée (« Écoutez bien, bande de dépravés, voilà l’homme pour qui la coupe est pleine, l’homme qui s’est dressé contre la racaille, le cul, les cons, la crasse, la merde… voilà quelqu’un… qui a refusé. »). Le carnage final semble confirmer sa mort tandis que la caméra s’élève pour symboliser son âme quittant les lieux en observant la scène alors figée par le temps. Considéré comme un héros pour s’être enfin montré utile, Travis reprend enfin son travail avec Betsy comme cliente dans son taxi, les plans flous à travers le rétroviseur allant bien le dans le sens qu’il s’agit d’un rêve fantasmé. Conservé depuis 1994 par le National Film Registry de la bibliothèque du Congrès américain pour son importance culturelle, historique ou esthétique, Taxi Driver fait partie des films les plus influents des années 1970. Quarante-trois ans plus tard, Robert De Niro apparaît dans le rôle d’un riche présentateur télévisé au casting du film Joker, mettant en scène Joaquin Phoenix dans une nouvelle société en dégénérescence faisant largement écho à Taxi Driver.

Willow, de Ron Howard

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Date de sortie : 14 décembre 1988 (2h 06min)
Réalisateur : Ron Howard
Acteurs principaux : Warwick Davis, Val Kilmer, Joanne Whalley, Jean Marsh
Genre : Aventure, Fantastique
Nationalité : Américain
Compositeur : James Horner

Un protagoniste d’emblée attachant.

Grand classique de l’aventure fantastique de la fin des années 1980, Willow est né de la collaboration entre Ron Howard (réalisateur de Splash, Cocoon) et George Lucas (scénariste des trilogies Star Wars et Indiana Jones) quinze ans après American Graffiti, dans lequel le premier jouait sous l’objectif du second. Très inspiré de monuments de l’heroic fantasy comme Le Seigneur des Anneaux, il présente un univers habité par différents peuples à commencer par les Nelwyns, de petits êtres similaires à des nains. Willow est l’un d’entre eux, et c’est le talentueux Warwick Davis qui lui prête ses traits après son rôle d’Ewok dans Le Retour du Jedi et de gobelin dans Labyrinthe, également coproduit par George Lucas. Les humains y sont appelés les Daikinis et dirigés par la terrible reine Bavmorda, jouée par Jean Marsh (Oz, Un Monde Extraordinaire). Les Brownies, quant à eux, sont de petits êtres de quelques centimètres servant essentiellement de duo comique.

Val Kilmer dans un univers d’heroic fantasy, qui l’eût cru !
Franjean et Rool, des Minipouss par comme les autres !

Le scénario tourne autour d’une prophétie annonçant qu’un bébé viendra détrôner la reine, ce qui provoque la traque de tous les bébés du royaume. L’un d’eux passe évidemment à la trappe et se retrouve échoué près de là où vit la famille de Willow, qui se voit alors chargé de le ramener aux Daikinis pour ne pas mettre son village en danger. Il est rapidement aidé par Madmartigan, un jeune rebelle interprété par Val Kilmer, qui signe son deuxième rôle phare juste après Top Gun, sorti deux ans plus tôt. Le casting comporte également la fille de la reine Sorsha, jouée par la jeune Joanne Whalley, chargée de retrouver le bébé, ainsi que le général Kael sous les traits de Pat Roach (Indiana Jones et le Temple Maudit, Conan le Destructeur, Kalidor), dont le masque en forme de crâne a pu inspirer celui de Shao Kahn de la saga de jeux vidéo Mortal Kombat.

Choose your destiny !
Une romance prévisible qui sait rester touchante.

L’aventure est rapidement dépaysante avec de superbes panoramas en extérieur, le tournage ayant eu lieu au Royaume-Uni et en Nouvelle-Zélande, sublimés par la bande originale composée par James Horner (Cocoon, Aliens Le Retour, Le Nom de la Rose). S’ils peuvent paraître particulièrement vieillissants aujourd’hui, les effets spéciaux montrant les changements de forme et la transformation du troll en dragon à deux têtes étaient pourtant à la pointe en 1988 grâce aux prouesses de la société Industrial Light & Magic, permettant ainsi une grande avancée dans la technologie du morphing. Le film convainc pourtant moins que prévu au box-office et reçoit des critiques très mitigées avant de remporter le Saturn Award des meilleurs costumes ainsi que plusieurs nominations, dont les Oscars du meilleur montage sonore et des meilleurs effets visuels. Comme de nombreux films incompris à leur sortie, c’est avec le temps que Willow obtient son statut de classique de l’heroic fantaisy.