Realisateur : Anthony Hickox
Origine : États Unis / Royaume Uni
Genre : Horreur molle
Duree : 93 minutes
Date de sortie : 1992
Distribution : Doug Bradley, Terry...
Date de sortie : 27 février 1996 (Japon), 28 septembre 1998 (Amérique du Nord), 5 octobre 1999 (Europe)
Développeur : Game Freak
Concepteur : Satoshi Tajiri
Genre...
Realisateur : Anthony Hickox
Origine : États Unis / Royaume Uni
Genre : Horreur molle
Duree : 93 minutes
Date de sortie : 1992
Distribution : Doug Bradley, Terry...
Date de sortie : 27 février 1996 (Japon), 28 septembre 1998 (Amérique du Nord), 5 octobre 1999 (Europe)
Développeur : Game Freak
Concepteur : Satoshi Tajiri
Genre...
Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…
Date de sortie : 22 mai 1996 (États-Unis),
23 octobre 1996 (France) Réalisateur : Brian De Palma Acteurs principaux : Tom Cruise, Emmanuelle Béart, Jon Voight, Jean Reno Genre : Action, espionnage Nationalité : Américain Compositeur : Danny Elfman
Une équipe de choc !
Trente ans après la célèbre série américaine au générique retentissant (à l’occasion reprise par Adam Clayton et Larry Mullen du groupe U2), Mission Impossible s’exporte au cinéma pour débuter une longue saga de films, dont le premier se retrouve sous l’objectif de Brian De Palma (Scarface, Les Incorruptibles, Outrages). En tête d’affiche, Tom Cruise (Top Gun, Des Hommes d’Honneur, Entretien avec un Vampire) y incarne Ethan Hunt, un agent de l’IMF (Impossible Missions Force) chargé d’appréhender un espion ennemi dans une ambassade américaine de la ville de Prague. Interprété par Jon Voight (Macadam Cowboy, Délivrance, Heat), son supérieur Jim Phelps est rapidement confronté à la méfiance de la CIA qui, persuadée qu’un traître se cache dans son équipe, envoie d’autres agents pour les éliminer.
Les fameux facemakers dont John Woo abuse un chouïa dans Mission Impossible 2.Un huis clos de grande qualité.
Les assassinats s’enchaînent tandis qu’Ethan tente de résoudre la situation aux côtés de Claire, la femme de Jim, jouée par Emmanuelle Béart (La Belle Noiseuse, L’Enfer, Nelly et Monsieur Arnaud). Le scénario tourne alors rapidement vers de l’espionnage amenant à dérober une disquette contenant la véritable liste des agents infiltrés en Europe centrale. Ethan recrute alors d’anciens agents désavoués afin de mener sa mission à bien : s’ajoutent alors Franz Krieger, pilote aux méthodes musclées interprété par Jean Reno (Nikita, Les Visiteurs, Léon), ainsi que Luther Stickell, brillant informaticien sous les traits de Ving Rhames (L’Échelle de Jacob, Le Sous-Sol de la Peur, Pulp Fiction).
La scène dont on se souvient forcément même des années après !Une tension palpable entre les personnages pour renforcer l’intrigue.
Digne d’un James Bond avec ses traîtres à foison, son chewing-gum explosif et son facemaker permettant d’imiter le visage de n’importe qui, Mission Impossible est une réussite grâce aux talents de Brian De Palma, qui embellit ce blockbuster plutôt convenu par de nombreux plans de qualité confirmant sa maîtrise de la caméra. Malgré un scénario pas toujours facile à cerner, le film se suit naturellement et vaut aussi pour la variété de ses scènes, qu’il s’agisse d’action (la superbe séquence du train) ou d’infiltration (l’emblématique passage où Ethan se faufile par le plafond pour récupérer les données sans déclencher l’alarme). Bien que fortement exagéré sur son action finale, ce premier Mission Impossible remplit son contrat et offre un bel avenir à la saga avec son fort succès commercial rapportant plus de 450 millions de dollars au box-office.
Date de sortie : 11 février 2021 (Brésil, Singapour, Taïwan), 19 mai 2021 (France) Réalisateur : Tim Story Acteurs principaux : Chloë Grace Moretz, Michael Peña, Ken Jeong, Colin Jost Genre : Comédie, animation Nationalité : Américain Compositeur : Christopher Lennertz
Toute situation est faite pour être démolie !
Près de vingt ans après le long métrage animé mettant en scène les personnages de cartoon Tom et Jerry, le duo effectue son grand retour au cinéma dans un film mêlant animation et prises de vue réelles. Touchant décidément à toutes sortes de productions, Chloë Grace Moretz (Suspiria, Greta, Shadow in the Cloud) y incarne une jeune femme dont le talent d’improvisation lui permet d’obtenir un emploi dans un hôtel newyorkais en subtilisant le CV d’une autre candidate. Elle se retrouve alors confronté au gestionnaire d’un important mariage sous les traits de Michael Peña (World Trade Center, Ant-Man, La Mule), avec qui elle va devoir collaborer en plus de gérer les pérégrinations des deux mammifères.
Un rôle principal qui sied parfaitement à Chloë Grace Moretz.Le bull-dog est évidemment de la partie !
Kayla est en effet chargée de chasser Jerry en s’alliant avec son frère ennemi Tom, qui décroche lui-même un poste à l’hôtel. Pourvu d’une animation bien maîtrisée et d’un humour grand public réussi, le film marie efficacement les codes du cinéma avec l’incrustation de personnages dessinés pour en faire une bonne comédie grand public. Les gags habituels des courts métrages Tom & Jerry font toujours mouche et Chloë Grace Moretz confirme ses talents d’actrice en s’adaptant parfaitement au genre de la comédie. À noter que contrairement au long métrage animé de 1992, les deux héros ne parlent pas et ne s’allient que vers la fin. On trouve également un caméo de Droopy, personnage phare de Tex Avery. Un film idéal pour le retour du cinéma !
Date de sortie : 21 octobre 2003 (États-Unis) Réalisateur : Curt Geda Doubleurs : Bruno Carna, Véronique Desmadryl, Jacques Ciron, Philippe Peythieu Genre : Animation, super-héros Nationalité : Américain Compositrice : Lolita Ritmanis
Après Batgirl et Catwoman, voici Batwoman. À quand Catgirl ?
Tandis que les longs métrages animés Batman continuent de développer l’univers des séries d’animation dont ils sont issus, Curt Geda (Superman L’Ange de Métropolis, Batman La Relève, Le Retour du Joker) revient en 2003 sur Batman The New Adventures pour lui octroyer un film inédit intitulé La Mystérieuse Batwoman. Classique mais toujours aussi bien animé, il a la particularité d’introduire un personnage encore inédit à l’écran : Batwoman, qui est ici un personnage différent de celui des comics. Le scénario met Batman et Robin face à un trafic d’armes que le Pingouin camoufle dans une fabrique de jouets en association avec Rupert Thorne, qui n’était pas encore apparu dans les épisodes de Batman The New Adventures. Mis à mal par l’arrivée de l’énigmatique justicière, ils engagent alors Bane qui, tout comme le spectateur, tente de démasquer l’identité de Batwoman tout au long du film.
Des antagonistes convenus qui laissent place à de bien meilleurs éléments d’intrigue.
Reprenant le style artistique de 1997, le long métrage apporte une touche rétro tout en étant moderne avec la chanson dance-pop « Betcha Never » interprétée par Cyndi Almouzni dans le club du Pingouin. Pour les besoins du scénario, plusieurs personnages viennent renforcer l’intrigue à commencer par Carlton Duquesne, père de famille qui coopère secrètement avec les malfrats. Sa fille Kathleen se lie alors à Bruce tandis que Roxanne Ballantine, une ingénieure travaillant pour Wayne Enterprises, attire la suspicion de Batman. En parallèle, l’agent Sonia Alcana accompagne Bullock dans l’enquête autour des chargements d’armes et de Batwoman. En outre, un caméo téléphonique de Barbara Gordon vient confirmer que cette dernière entretient bien une relation avec, Bruce comme cela est déjà plus que suggéré dans certains épisodes de Batman La Relève.
Trois pour le prix d’une, assez innovant pour l’époque.
Centré autour du mystère de l’identité de la nouvelle justicière, le scénario voit tout son intérêt dans la mise en œuvre de son intrigue, avec des situations dans lesquelles une des suspectes est montrée en même temps qu’une intervention de Batwoman afin de balayer les soupçons à son encontre. Un procédé malin qui, sept ans après Scream, dévoile qu’il s’agit en fait de trois femmes à la corpulence similaire qui agissent l’une après l’autre avec chacune un mobile personnel. Mis à part au niveau de la voix française de Bruno Carna (La Ligue des Justiciers, Static Choc) qui ne sied pas vraiment à Bruce Wayne, La Mystérieuse Batwoman remplit son contrat et enrichit efficacement le background de Batman The New Adventures, moins d’un an avant la sortie de la série animée The Batman, qui revient sur les premières années de l’homme chauve-souris.
Date de sortie : 22 juin 1955 (États-Unis), 14 décembre 1955 (France) Réalisateurs : Clyde Geronimi, Wilfred Jackson et Hamilton Luske Doubleurs principaux : Barbara Tissier, Guillaume Lebon, Gérard Hernandez,
Roger Carel Genre : Animation, romance Nationalité : Américain Compositeur : Oliver Wallace
Naissance d’une toute nouvelle princesse !
Premier film Disney basé sur une nouvelle (Happy Dan the Whistling Dog de Ward Greene) encore non publiée à l’époque de l’achat de ses droits d’adaptation, La Belle et le Clochard constitue une étape importante dans l’histoire du studio pour plusieurs inaugurations. Il s’agit en effet de son premier long métrage à utiliser le format d’image CinemaScope et à bénéficier du son stéréo, en plus de marquer la première distribution par Buena Vista Pictures créée en 1954. Au lieu d’adapter une œuvre préexistante, Disney développe également une histoire originale autour de la nouvelle de Ward Greene. Le scénario se déroule dans le riche foyer d’un jeune couple de Nouvelle-Angleterre, lors d’un Noël durant lequel Jim offre à sa femme Darling une adorable petite chienne qu’elle baptise Lady. Devenant rapidement adulte, elle vit à travers l’amour de ses maîtres et la compagnie de chiens voisins qui deviennent rapidement les personnages principaux.
« As-tu remarqué que depuis que nous avons Lady, nous lisons de moins en moins de mauvaises nouvelles ? »Le chamboulement de toute une vie !
Six ans avant Les 101 Dalmatiens, les chiens sont alors mis à l’honneur et illustrés par l’intermédiaire de plusieurs races. Si le cocker anglais représente une certaine idée de l’aristocratie à travers Lady, Jock est un terrier écossais relativement vif à l’inverse de son compagnon César, vieux Saint-Hubert qui ne cesse de demander aux autres s’il leur a déjà parlé de son grand-père. Peg est une pékinoise largement distinguée malgré son pelage sali par la rue tandis que Clochard est volontairement un chien croisé pour mieux marquer sa différence avec Lady. Pourvu de trois séries de doublages différents, le film comporte plusieurs voix de renom comme Barbara Tissier (Anastasie dans Cendrillon, Jessie dans Toy Story 2, Ranma fille et Bambou dans Ranma ½) pour Lady, Guillaume Lebon (Aladdin dans Le Roi des Voleurs, L dans Death Note) pour Clochard, Michel Papinesch (John Smith dans Pocahontas, Mortimer dans Blake et Mortimer), Gérard Hernandez (Grand Schtroumpf, Myster Mask, Iznogoud) pour Joe le cuisinier et Roger Carel (Kaa dans Le Livre de la Jungle, Jiminy Cricket dans Pinocchio, le Chat de Cheshire dans Alice au Pays des Merveilles) pour Bull le bull-dog.
La panoplie de chiens s’élargit encore à la fourrière.Quoi de mieux que des quenottes de castor pour briser une muselière ?
Afin de maintenir la vue à sa hauteur, les plans sont réalisés à basse perspective et les visages de Jim et Darling apparaissent rarement à l’écran. Dorlotée dès sa première nuit qu’elle termine sur le lit de ses maîtres, Lady se dévoile d’emblée comme une héroïne attachante. Plusieurs événements arrivent ensuite pour illustrer l’entrée à l’âge adulte avec les thèmes du délaissement et de la jalousie. Le changement de comportement de ses maîtres à son égard annoncent rapidement la naissance d’un bébé, qui prend alors une place jusqu’ici exclusivement occupée par Lady. Le départ en voyage du couple chamboule d’autant plus ses habitudes qu’elle se retrouve à la niche avec une muselière suite à une altercation avec les terrifiants siamois de tante Sarah, venue garder le bébé, accompagnée par la chanson la plus envoutante du long métrage.
Un disney qui sait aussi passer par toutes les émotions.
Affolée par un tel traitement, elle s’enfuit de la maison et se retrouve face à trois chiens errants avant d’être sauvée par Clochard. Elle découvre alors la liberté à l’occasion d’un romantique dîner aux chandelles offert par des cuisiniers à l’accent italien un tantinet prononcé sous une belle reprise de la chanson « Belle Nuit ». Un clivage apparaît alors entre le confort de la vie domestique et la rudesse de la vie urbaine tandis que Lady est attrapée par la fourrière et apprend des choses qui ne lui plaisent pas sur celui dont elle s’est éprise. Malgré des difficultés et un passage relativement triste, le scénario se termine gaiement dans la tendresse à laquelle ses débuts nous avait habitués. Relativement critiqué malgré une qualité d’animation évidente mais grand succès critique à son époque, La Belle et le Clochard obtient une suite en 2001 directement en vidéo, ainsi qu’une adaptation live en 2019 pour la sortie de la plateforme Disney+.
Date de sortie : 23 avril 2021 (États-Unis),
12 mai 2021 (France) Réalisateur : Simon McQuoid Acteurs principaux : Lewis Tan, Hiroyuki Sanada, Joe Taslim, Jessica McNamee, Josh Lawson, Tadanobu Asano Genre : Arts martiaux, fantastique Nationalité : Américain Compositeur : Benjamin Wallfisch
Une introduction sanglante qui annonce la couleur.
Nouvelle adaptation de la saga de jeux vidéo créée par Ed Boon et John Tobias, Mortal Kombat effectue un retour remarqué après vingt-quatre ans d’absence au cinéma dans un film principalement axé sur les combats et les mises à mort en exploitant pleinement tout le gore des célèbres fatalités. Premier long métrage de Simon McQuoid, il renoue aussi avec une certaine fidélité du scénario en introduisant le massacre du village d’Hanzo Hasashi, comme l’avait déjà fait le superbe animé Mortal Kombat Legends Scorpion’s Revenge un an auparavant. Interprété par Hiroyuki Sanada (San Ku Kaï, Ring, Wolverine Le Combat de l’Immortel), le futur Scorpion se retrouve effet rapidement dépassé par le surpuissant Sub-Zero, joué par le judoka Joe Taslim. Si sa femme et son fils sont assassinés à la manière du scénario originel, Hanzo parvient à camoufler son deuxième enfant. Mis en sûreté par Raiden, il perpétue la lignée jusqu’à donner naissance à Cole Young, un lutteur à son tour bientôt traqué par le clan Lin-Kuei. Afin de protéger sa famille, il part alors à la recherche des combattants du Royaume Terre choisis pour affronter les guerrier d’Outre Monde.
Terriblement puissant, Sub-Zero s’annonce comme l’adversaire le plus redoutable du film.Une ressemblance adéquate pour Liu Kang et Kung Lao.
Repartant de zéro pour adapter le tout premier jeu Mortal Kombat, le film fait apparaître l’ensemble de son casting, à l’exception notable de Johnny Cage, avec une ressemblance soignée pour la plupart des personnages. Outre Scorpion et Sub-Zero qui se partagent l’affiche, on trouve ainsi un Kano avec une verve toujours aussi crue (« Ça te dirait que je vienne chercher ton pauvre sombrero en forme de scie circulaire et que je te le fourre tellement loin dans le c*l que tu parleras espagnol !? »), un Raiden relativement sérieux, un Liu Kang habilement incarné par Ludi Lin (Power Rangers, Aquaman) tandis que Sonya envoie des mandales sous les traits de Jessica McNamee (Battle of the Sexes, En Eaux Troubles). Goro est cette fois-ci entièrement représenté en images de synthèse et Shang Tsung est interprété par Chin Han (The Dark Knight, Ghost in the Shell, Skyscraper). Si Kitana est absente parmi la sélection de Mortal Kombat II, on retrouve néanmoins un Kung Lao charismatique, Mileena qui ne prend même pas la peine de cacher la monstruosité de sa mâchoire, Reptile sous forme bestiale ainsi que Jax qui se fait éclater les bras par Sub-Zero avant d’en obtenir des bioniques évolutifs.
Sonya et Kano, une parfaite entente.
Pour étoffer son casting, le long métrage va même puiser dans des épisodes ultérieurs. On trouve ainsi Kabal dans son superbe costume masqué, un Reiko étrangement baraqué et bourrin avec la posture du catcheur Nathan Jones (qui joue aussi Craig Marduk dans Tekken), et même la vampire Nitara de Mortal Kombat Deadly Alliance. Pourvu d’une bien meilleure réalisation que ses prédécesseurs, Mortal Kombat soigne aussi davantage ses chorégraphies de combat et ses effets spéciaux pour mieux faire ressortir des techniques tirées du jeu vidéo, comme la téléportation de Kung Lao et le gel de Sub-Zero. Les fatalités sont très réussies entre Kano qui arrache le cœur de Reptile, Jax qui éclate la tête de Reiko avec ses poings, Liu Kang qui achève Kabal avec un superbe dragon enflammé et surtout Kung Lao qui tronçonne violemment Nitara en faisant tourner son chapeau. La version française reprend même telles quelles certaines citations emblématiques comme « Kano wins », « Finish him ! », « Flawless victory », « Fatality » et « Get over here ! » pour ajouter une touche de style.
Une manière astucieuse de suggérer la présence du prince des Shokan.Outre le gel et les éclairs, les flammes sont particulièrement bien retranscrites.
Trop concentré sur ses qualités esthétiques, le film en oublie toutefois d’étoffer son scénario, qui ne consiste même pas en un véritable tournoi étant donné que Shang Tsung décide de tricher avant même son commencement. Ce dernier manque d’ailleurs de charisme à cause de son apparence et de sa posture trop commune, tout comme Raiden apparaît trop sérieux car trop calqué sur le personnage des derniers jeux. Relativement limités, les décors donnent une impression de statisme qui entrave le sentiment d’aventure, seuls quelques plans ingénieux faisant exception comme le panorama donnant sur la statue de Goro et la silhouette de Liu Kang qui ressort sur le coucher du soleil. L’affrontement entre Scorpion et Sub-Zero achève cependant le scénario avec beaucoup de talent tandis que le dernier plan promet une suite endiablée avec le plus distingué des acteurs hollywoodiens sous un sympathique remix du « Techno Syndrome » de The Immortals. Encore très perfectible, cette itération moderne de Mortal Kombat demeure toutefois plus que satisfaisante.
Dates de sortie : 22 novembre 2000 (États-Unis), 27 décembre (France) Réalisateur : M. Night Shyamalan Acteurs principaux : Bruce Willis, Samuel L. Jackson, Robin Wright, Spencer Treat Clark Genre : Thriller, drame Nationalité : Américain Compositeur : James Newton Howard
Monsieur tout le monde, dans un train parmi tant d’autres.
Déjà fortement remarqué pour la réalisation de Sixième Sens, M. Night Shyamalan signe un nouveau thriller dramatique avec Incassable, dans un scénario rendant un puissant hommage aux comics et leurs univers de super-héros grâce à deux figures de personnages totalement opposés. D’une part David Dunn, incarné par Bruce Willis (L’Armée des Douze Singes, Le Cinquième Élément, Armageddon), qui se découvre un don particulier en se relevant indemne d’un violent accident ferroviaire alors que l’ensemble des autres passagers sont morts. Sans le moindre traumatisme, David Dunn entre dans une crise identitaire et se demande durant tout le film comment il peut être aussi résistant, soulever des haltères aussi lourds et ne jamais tomber malade. D’autre part Elijah Price, sous les traits de Samuel Jackson (Pulp Fiction, Jackie Brown, La Menace Fantôme), un homme souffrant depuis sa naissance d’une forme d’ostéogenèse, rendant ses os extrêmement fragiles, et lui ayant valu le surnom du « bonhomme qui casse » depuis son enfance. Fasciné par les comics depuis que sa mère l’avait envoyé en un chercher un à l’extérieur afin qu’il surmonte sa peur de sortir, il ne cesse d’admirer les pouvoirs des super-héros, dont il se sent le parfait opposé.
Part d’ombre du personnage et suggestion de sa phobie de l’eau.Capable de soulever d’insoutenables poids, David en vient à effrayer son fils.
Shyalaman utilise brillamment la technique du plan-séquence pour dévoiler les différents personnages de la scène du bébé dans une gamme variée de valeurs, ou encore pour masquer à tour de rôle chaque personnage grâce aux fauteuils du premier plan dans le train et ainsi faire ressortir les moments-clé de la scène. Outre les portions du cadre créées par le soulèvement du rideau au premier plan qui rappellent les cases d’une bande dessinée lors du sauvetage de la famille, le reflet dans le miroir est utilisé à plusieurs reprises pour montrer un personnage indirectement afin de renforcer son mal-être. C’est notamment le cas d’Elijah, d’abord enfant à travers un écran de téléviseur, puis adulte tandis qu’il apparaît dans le reflet d’une vitre protégeant un dessin. Le ton se montre d’emblée mélancolique dans la quête d’identité des deux protagonistes, qui ont du mal à s’accepter tellement ils se sentent différents des autres. La discrétion des musiques de James Newton Howard, collaborateur habituel du réalisateur, mène ensuite à des mélodies de plus en plus renversantes.
Un personnage perdu à l’équipement sophistiqué accentuant sa différence.Un petit caméo du réalisateur lors d’une séquence au stade.
Le discours d’Elijah fait douter David de sa propre nature, sa résistance surhumaine l’ayant poussé à devenir agent de sécurité afin de protéger son entourage, comme le ferait un véritable héros. Son pouvoir le rendant capable de visualiser plusieurs secondes du passé de toutes personnes avec qui il a un contact physique rend le personnage particulièrement intéressant dans ses prédictions. Le concept du point faible est également abordé (la kryptonite en référence à Superman) tandis que David se souvient avoir cru se noyer quand il était enfant, ce qui a provoqué en lui la phobie de l’eau. Sa résistance supérieure a vite fait d’attirer l’attention d’Elijah, alors à la recherche de survivants de grands désastres dans les journaux. Terriblement intrigué par cet être si différent, ce dernier s’immisce dans la vie de David en parlant à son fils pour comprendre comment quelqu’un peut avoir de telles capacités.
Un Bruce Willis très convaincant dans un rôle à des années-lumières de Die Hard.
Son point faible étant sa constitution maladive qui l’amène à se casser les jambes et à finir en fauteuil roulant, il trouve une compensation dans son intelligence hors du commun, à la manière d’un Charles Xavier chez les X-Men, un mental d’acier qui lui a permis de se maintenir en vie. De son côté, David ressent un profond malaise d’avoir été le seul survivant de l’accident, provoquant un regard incompréhensif de la part des autres jusqu’à sa propre famille. Ayant tenté d’aborder sa voisine au début du film en cachant son alliance, sa femme va jusqu’à lui demander s’il ne l’a pas déjà trompée, et son fils manque de lui tirer dessus pour lui prouver qu’il est indestructible, sa raison d’exister étant mise à rude épreuve. David est définitivement poussé vers le statut de héros alors qu’il vient en aide à une famille séquestrée : survivant à une chute dans une piscine, il est alors montré vêtu de son imperméable et d’une capuche rappelant ainsi la tenue de certains super-héros.
« Maintenant que nous savons qui vous êtes, je sais qui je suis. Je ne suis pas une erreur ! »« Dans les comics, est-ce que vous savez à quoi on reconnaît le méchant ? Il est le parfait opposé du héros. Et la plupart du temps… ILS SONT AMIS COMME VOUS ET MOI ! »
Le grand final met brillamment en opposition les deux personnages alors qu’Elijah propose à David de lui serrer la main, provoquant ainsi un flash-back bouleversant. Ayant provoqué lui-même de graves accidents grâce à une intelligence machiavélique créée par la fatalité de sa situation, Elijah ne cherchait en fait qu’à trouver un résistant en espérant inconsciemment y voir son parfait opposé afin de comprendre sa place dans le monde. Cette scène stupéfiante crée alors un parallèle entre le héros et le méchant, ce dernier se reconnaissant comme étant le parfait opposé du premier, et ce bien qu’ils soient amis comme c’est le cas dans de nombreux comics, notamment Charles Xavier et Erik Lensherr des X-Men ou encore Batman et le Joker, qui entretiennent une proximité fascinante selon les adaptations. Sous une musique d’une intensité des plus émouvantes, Samuel Jackson signe de loin un des meilleurs rôles de sa carrière avec un personnage torturé qui comprend enfin qu’il n’est pas une erreur de la nature en trouvant une personne avec qui il symbolise un équilibre, le double sens de son surnom « le bonhomme qui casse » prenant alors tout son sens. Plus qu’un excellent film, Incassable s’impose surtout comme un merveilleux hommage au monde des super-héros à travers un scénario au ton réaliste sublimé par des personnages d’anthologie.
Dates de sortie : 3 octobre 1998 (États-Unis),
1er novembre 1999 (France) Réalisateur : Oley Sassone Acteurs principaux : Paolo Montalban, Daniel Bernhardt, Kristanna Loken, Jeffrey Meek Genre : Arts martiaux, fantastique Nationalité : Américain Compositeur : Jonathan Sloate
Une nouvelle (en vérité ancienne) génération de héros !
Suite à l’échec commercial de Mortal Kombat Destruction Finale, la saga tente un nouveau format avec une série télévisée de vingt-deux épisodes distribuée par Warner Bros, deux ans après la sympathique série animée Mortal Kombat Les Gardiens du Royaume. Pouvant être considéré comme un préquel des deux films si l’on excepte quelques incohérences, Mortal Kombat Conquest se concentre sur l’histoire du Kung Lao suite à sa victoire au tournoi Mortal Kombat face au sorcier Shang Tsung. D’abord envisagé pour être incarné par Mark Dacascos (qui prendra finalement ce rôle dans la saison 2 de Mortal Kombat Legacy), le jeune moine Shaolin est finalement joué par Paolo Montalban. Shang Tsung est quant à lui interprété par Bruce Locke (un des ninjas androïdes dans RoboCop 3), dont le visage rappelle fortement celui du sorcier rajeuni de Mortal Kombat II.
« Ta victoire dépendra avant tout de la confiance inébranlable que tu auras en ta force. Et d’un tantinet de chance ! »« Déchaîne ta méchanceté et ta barbarie sur le Royaume de la Terre, que j’assouvisse toute ma haine ! »
Les deux premiers épisodes devant à la base n’en constituer qu’un seul pour lancer la guerre que Shang Tsung impose à Kung Lao par simple vengeance, ils sont finalement séparés pour ne pas que leur longueur laisse croire à un film. En France, ils sont pourtant réunis et présentés comme un téléfilm lors de sa sortie en VHS, sans aucune mention de quelque série que ce soit. Un peu plus éloigné de l’univers du jeu vidéo, Mortal Kombat Conquest met alors en scène de nouveaux visages aux côtés de personnages connus. Kung Lao fait équipe avec Siro, un ancien garde du corps joué par Daniel Bernhardt (Bloodsport 2, 3 et 4), ainsi qu’avec la voleuse Taja, sous les traits de Kristanna Loken (Terminator 3, BloodRayne). Révélé en 1992 dans la série d’arts martiaux Raven, Jeffrey Meek interprète à la fois le Dieu du Tonnerre Raiden et l’Empereur Shao Kahn. S’ajoutent à eux Chris Casamassa, qui incarnait déjà Scorpion dans le premier Mortal Kombat, et la mystérieuse Vorpax, qui tente vainement de séduire Shang Tsung alors piégé dans les mines de cobalt du Royaume de Shokan.
« Il est à ta merci, il n’en peut plus : achève-le, qu’on en finisse ! »« Takeda n’existe plus : moi je suis le Scorpion ! »
Pourvu d’une réalisation à peu près correcte, le film se regarde pour la découverte des personnages inédits et pour ses combats convenables rythmés par de la techno bon enfant malgré des ralentis qui peuvent en faire un peu trop. Le budget limité se fait hélas rapidement ressentir par des effets spéciaux limités, des décors manquant de cachet et une photographie générale plutôt moyenne. La fidélité des personnages n’est pas non plus toujours très convaincante. Si Kung Lao fait office de héros classique avec un clin d’œil bienvenu à son chapeau, Raiden ne se démarque pas vraiment des humains malgré son joli costume et Shao Kahn arbore un drôle de faciès masqué quand il ne porte pas sa coiffe habituelle. La grosse voix de Benoît Allemane lui fait d’ailleurs perdre de la crédibilité en surjouant son rôle. Quant à Scorpion, sa création à base d’arachnide par la sorcellerie de Shang Tsung a de quoi laisser perplexe. Assez mitigé dans sa réalisation mais sympathique dans sa volonté de dévoiler le passé du scénario, Mortal Kombat Conquest reste surtout une curiosité à voir pour les fans de la saga de jeux vidéo d’Ed Boon et de John Tobias. Il est suivi par Mortal Kombat Final Battle, sorti l’année suivante.
« La destinée du Royaume de la Terre dépendra comme toujours de la vaillance de ses meilleurs combattants dans le plus grand des tournois, que l’on appelle Mortal Kombat. »
Dates de sortie : 21 novembre 1997 (États-Unis), 4 février 1998 (France) Réalisateur : John R. Leonetti Acteurs principaux : Robin Shou, Brian Thompson, James Remar, Talisa Soto, Sandra Hess, Lynn « Red » Williams Genre : Arts martiaux, fantastique Nationalité : Américain Compositeur : George S. Clinton
Quand tu réalises que t’es le seul duo d’acteurs à être resté…
Après le succès du premier Mortal Kombat dont la fin annonce clairement vouloir adapter la suite du scénario du jeu vidéo, un nouveau film est mis en chantier et sa conception s’annonce d’emblée chaotique avec le départ de plusieurs acteurs phares. Lassé des exigences des producteurs, Paul W.S. Anderson donne sa place à John R. Leonetti, directeur de photographie sur le précédent, qui réalise alors son premier film. Ayant senti le vent tourner sur la qualité du scénario, Christophe Lambert privilégie Beowulf est se voit remplacé par James Remar (Le Grand Tournoi, Le Fantôme du Bengale) pour jouer Raiden. Ce dernier est doublé par Ray Park lors des combats, qui lui permettra d’obtenir le rôle du populaire Dark Maul dans Star Wars La Menace Fantôme. Linden Ashby n’étant pas non plus très emballé par le scrip, c’est Chris Conrad qui interprète Johnny Cage, tandis que Bridgette Wilson est remplacée par Sandra Hess pour le rôle de Sonya. Envisagé pour incarner Jax, Michael Jay White privilégie l’adaptation de Spawn : Gregory McKinney laisse alors sa place à l’athlète Lynn « Red » Williams.
« La Terre a été créée en six jours : il en sera de même pour sa destruction ! »La reine Syndel, entourée de Rain et Ermac.
Au final, seuls Robin Shou et Talisa Soto reprennent respectivement leur rôle de Liu Kang et Kitana, tandis que Keith Coke, qui incarne Reptile dans le premier film, endosse cette fois-ci le costume de Kuai Liang, frère cadet de Sub-Zero. Pour faire face au vainqueur du Mortal Kombat, c’est l’imposant Brian Thompson (Cobra, Full Contact, Cœur de Dragon) qui incarne l’Empereur Shao Kahn. Il est accompagné par Reiner Schöne (Le Retour de Sabata, La Sanction) dans le rôle de Shinnok, Dieu Ancien très différent de celui de Mortal Kombat 4 car présenté comme le père de Shao Kahn et vêtu d’une robe noire avec apparence humaine. Les différentes versions de Mortal Kombat 3 ayant depuis introduit de nombreux autres personnages, Mortal Kombat Destruction Finale cherche maladroitement à lui rendre hommage en faisant apparaître un maximum de combattants à l’écran sur à peine plus d’1h20 de film.
« – Je t’ai tué lors d’un combat. – Tu as tué mon frère aîné. »Jax et Sonya, un duo de choc !
Certains personnages s’en sortent correctement avec une présence plus ou moins étalée sur le long du film : c’est le cas de Jade, Sheeva, Ermac, Sindel et Motaro, joué par le bodybuilder Deron McBee. D’autres apparaissent lors d’une seule séquence, la plupart du temps un combat qui ne laisse que trop peu de place pour un développement : il en est ainsi pour Baraka, Mileena, Smoke, Cyrax, Rain, Noob Saibot et Nightwolf, sous les traits du rappeur Litefoot. Susceptible de multiples résurgences dues à sa nature immortelle, Scorpion réapparaît brièvement lors d’une séquence et on peut apercevoir des clones de Reptile affronter Raiden. Dans sa volonté de placer absolument tout le monde, Mortal Kombat Destruction Finale mentionne même Kabal et Stryker comme ayant été tués par l’armée de Kahn. Au final, seuls Human Smoke, Kung Lao, Kintaro et Sektor (si l’on excepte le clin d’œil du missile tiré par Smoke) sont totalement absents des deux films.
« La mort est la seule issue : major Briggs, Sonya Blade, Shao Kahn va être ravi ! »« On se bat en arrière-plan, on se bat en arrière-plan ! »
Le scénario prend place à la seconde où se termine le premier film tandis que Shao Kahn enfreint les règles du tournoi en décidant d’envahir la Terre malgré la défaite de Shang Tsung. Les incrustations grossières annoncent rapidement les gros soucis de réalisation qui ternissent le long métrage, que ce soit au niveau des images de synthèse terriblement datées et des effets spéciaux qui sont loin de flatter la rétine. Mention spéciale aux créatures du combat final, à peine plus convaincantes que ce qui se faisait dix ans plus tôt. Les combats sont bien souvent difficiles à suivre tellement les plans vacillent en plus des ralentis abusifs et des coupes s’enchaînent. Plus drôle qu’autre chose, l’affrontement de Sonya et Jax contre Cyrax et les hommes de Kahn laisse même place à une bête imitation de duel en arrière-plan, comme en rigole si justement le Joueur du Grenier dans son excellente chronique sur les adaptations de jeux vidéo. On note également de nombreuses pirouettes et autres saltos exécutés inutilement durant les combats, comme si le long métrage cherchait à parodier les films d’arts martiaux chinois.
« Alors c’est toi le petit protégé de Raiden ? Il y avait mieux… »
S’il est plaisant de voir autant de personnages du jeu vidéo participer au film, ils sont tellement nombreux que plusieurs n’échappent pas à une mort expéditive dans des situations parfois purement prétextes à laisser plus de place aux autres. Entre Rain qui se fait exécuter par Kahn pour se venger du savon que Shinnok lui a passé (« – Est-ce que tu les as fait ramper à tes genoux avant de les détruire ? – Mais maître, j’ai cru qu’en les laissant… – Je n’ai que faire de tes excuses ! »), Sheeva qui se fait écraser par la cage où Kitana était prisonnière (on a franchement vu mieux comme « fatalité ») et Noob Saibot qui est projeté du corps d’Ermac (clin d’œil grossier à la doublure du personnage) pour une apparition de seulement quelques secondes, la sous-exploitation se fait clairement ressentir. Les répliques nanardesques vont également bon train entre Kitana qui retrouve Syndel (« – Mère, vous êtes vivante ! – Oui mais toi, tu vas mourir !! ») et Jax qui tente d’apaiser les tensions en jouant les blacks rigolos (« Allons ça va sûrement s’arranger si on en parle ! »). Et que dire du « nouveau look » de Raiden, qui devient blond aux cheveux courts en renonçant à ses pouvoirs divins.
« Tu crois que tu vas battre Shao Kahn alors que contre moi tu n’es pas assez fort !? »« – Kitana !? – Tu rêves !! »
Mais malgré tous ses défauts qui le rendent beaucoup moins bon que son prédécesseur, Mortal Kombat Destruction Finale est loin d’être aussi mauvais que ce que sa réputation laisse entendre. Bien que le jeu d’acteur soit inégal, l’esprit de la saga est respecté et un soin est apporté aux costumes d’une bonne partie des personnages ; même la nouvelle actrice qui joue Sonya semble avoir été choisie en cohérence avec son nouveau look de Mortal Kombat 3. Seule Sheeva est assez peu gâtée avec son visage étrangement féminisé, tandis que James Remar est loin d’atteindre le charisme de Christophe Lambert dans son interprétation de Raiden. Souvent décriée pour sa soi-disant facilité, la mort de Johnny Cage permet au contraire de surprendre le spectateur avec l’assassinat inattendu d’un héros principal et d’ainsi laisser davantage de place aux autres personnages. La fidélité des coups spéciaux est également présente avec Kitana qui fait goûter de ses éventails tranchants, le cri fracassant de Syndel, le filet et les grenades de Cyrax ou encore le clone gelé de Sub-Zero. Quant au côté bestial initié par Nightwolf, il rappelle les animalités au même titre que la transformation en dragon de Liu Kang, la claque technique en moins.
Mortal Kombat II ne laissait pas encore apparaître toute la monstruosité du personnage…Quand t’arrives encore à glisser un dernier personnage à deux minutes du dénouement final !
Bien que l’enchaînement des combats en apparence aléatoires fasse très « adaptation de la map de Final Fantasy » tel que le suggère Karim Debbache dans son épisode de Crossed dédié à Mortal Kombat, le scénario suit une logique en réalité simple consistant à placer des adversaires envoyés par Shao Kahn sur les différents chemins des héros. Certains affrontements sont toujours rythmés par de la bonne techno d’époque telles que « Fire » du groupe Scooter face au robot Smoke. Les libertés prises sur le scénario rendent par ailleurs Shao Kahn plus humain, de par sa fraternité avec Raiden (bien que cet élément de scénario soit trop peu exploité) mais aussi par son visage souvent montré à découvert. Brian Thompson avait décidément bien la gueule pour ce rôle, et tout l’acting de série B qui va avec. Mais puisqu’il est « tout aussi essentiel de profiter d’un film pour ce qu’il nous offre, [bien qu’] il arrive qu’il n’ait rien d’autre à offrir qu’une expérience sociale agréable », Mortal Kombat Destruction Finale peut se savourer comme un bon moment à passer en tant que fan de la saga, rien que pour tout le défilement de personnages connus qu’il tient à mettre en scène.
Dates de sortie : 13 juillet 1995 (Argentine et Israël), 25 octobre 1995 (France) Réalisateur : Paul W.S. Anderson Acteurs principaux : Robin Shou, Cary-Hiroyuki Tagawa, Christophe Lambert, Linden Ashby, Bridgette Wilson Genre : Arts martiaux, fantastique Nationalité : Américain Compositeur : George S. Clinton
« Liu, l’âme de ton frère est à moi : tu seras le prochain ! »
Quatrième adaptation cinématographique américaine d’un jeu vidéo, Mortal Kombat est aussi le plus rapide à voir le jour en film étant donné que le jeu vidéo d’origine date du 8 octobre 1992. Réalisé par Paul W.S. Anderson plusieurs années avant son massacre de la saga Resident Evil, il reprend librement le scénario du premier jeu de la franchise tout en conservant une grande fidélité dans la représentation des personnages. Interprété par le champion d’arts martiaux Robin Shou (que l’on retrouve en tant que Gen dans Street Fighter La Légende de Chun Li), Liu Kang cherche ainsi à venger son jeune frère tué par le sorcier Shang Tsung, organisateur du tournoi Mortal Kombat. Incarné par l’illustre Cary-Hiroyuki Tagawa (Les Aventures de Jack Burton dans les Griffes du Mandarin, Dans les Griffes du Dragon Rouge, Soleil Levant), ce dernier prend un malin plaisir à diriger les événements avec un jeu d’acteur d’une justesse inespérée pour ce rôle.
Liu Kang, héros malgré lui, de retour auprès des moines Shaolin.« Vous devez vous acquitter d’une mission sacrée : je vous ai choisis pour défendre le royaume de la terre dans un tournoi qui s’appelle Mortal Kombat. »
Star française du film, Christophe Lambert (Highlander, Le Sicilien, Fortress) joue ici le rôle de sa vie avec sa mythique interprétation du Dieu du Tonnerre Raiden, connue et reconnue pour ses éclairs sortant des yeux, sa verve provocatrice et son fameux rire reconnaissable entre mille. Johnny Cage étant inspiré de Jean-Claude Van Damme, l’acteur belge est dans un premier temps envisagé pour l’incarner mais il se trouve déjà pris par l’adaptation de Street Fighter. Brandon Lee ayant accidentellement trouvé la mort sur le tournage de The Crow, c’est Linden Ashby (Wyatt Earp) qui est choisi pour interpréter l’acteur arrogant, et le moins qu’on puisse dire est qu’il a parfaitement la gueule et la dégaine pour ça (« C’est là que tu dois tomber… »). D’abord prévue pour être incarnée par Cameron Diaz ou Sharon Stone, le lieutenant Sonya Blade est finalement jouée par Bridgette Wilson, déjà remarquée dans Last Action Hero aux côtés d’Arnold Schwarzenegger.
Christophe Lambert au sommet de sa carrière !« Salut ma belle, je t’ai beaucoup manqué !? »
Tueur invétéré, Kano est recruté par Shang Tsung afin de provoquer le spectacle en battant Sonya, qui recherche ardemment ce dernier pour l’assassinat de son ancien coéquipier. Le jeu d’acteur de Trevor Goddard rend le personnage délicieusement beauf et machiste, sans parler du doublage de Mario Santini (déjà derrière plusieurs voix de la série animée Batman, comme le détestable Boss Biggis) qui renforce encore plus sa nature de mâle alpha (« – Abandonne ma belle, je connais tous tes coups spéciaux ! – Tu connais celui-là !? »). On le remarque notamment lors d’une scène où il s’empiffre en dialoguant avec Goro, colosse à quatre bras et champion en titre du tournoi faisant office de sous-boss dans le jeu vidéo. Véritables symboles de la saga, Scorpion et Sub-Zero voient leur background annihilé par la mainmise de Shang Tsung, qui les place de surcroît dans le même camp face à Johnny Cage et Liu Kang dans des combats remarqués. S’ajoutent à eux le ninja Reptile, clin d’œil au personnage caché du premier jeu, qui apparaît d’abord en créature saurienne avant d’en découdre dans l’Outre-Monde.
« Scorpion et Sub-Zero, de redoutables ennemis ! »« Sers-toi de l’élément qui donne la vie ! »
Afin d’anticiper sur la suite du scénario, le réalisateur emprunte même deux personnages à Mortal Kombat II : Jax, coéquipier actuel de Sonya que l’on aperçoit sur les premières minutes du film, mais surtout la princesse Kitana, jouée par Talisa Soto (Permis de Tuer), que l’on voit à l’œuvre lors d’un combat mais qui fait avant tout office de guide face au sorcier tout en ne laissant pas Liu Kang indifférent. Tourné pour partie en Thaïlande, dont on retient notamment l’emblématique temple bouddhiste Wat Chai Watthanaram, le film arbore un certain charme esthétique bercé par une techno omniprésente lors des combats. Les compositions discrètes des jeux vidéo laissent place au thème musical mythique du groupe The Immortals avec l’excellent « Techno Syndrome », qui représente à lui seul toute l’essence de Mortal Kombat.
« Les lunettes que tu as cassées coûtaient cinq cents dollars, ducon ! »
Si la réalisation générale est plus que correcte et laisse place à de bonnes chorégraphies de combat, certaines scènes d’action restent assez mal filmées avec de nombreuses coupes provoquant un manque de lisibilité. L’utilisation des ralentis est plutôt réussie et les effets spéciaux sont assez inégaux : si les apparitions et les disparitions sont matérialisées par des rendus vraiment vieillissants, le gel, les flammes et les éclairs sont du plus bel effet. Le souci de fidélité va jusqu’à la réalisation de coups spéciaux tirés du jeu vidéo lors d’affrontements devenus cultes, allant des coups de pied aériens à répétition de Liu Kang à la projection aux pieds de Sonya, en passant par le serpent à rallonge de Scorpion et le coup de poing porté à l’entrejambe de Goro par Johnny Cage, directement emprunté à Frank Dux dans Bloodsport. Le film limite son niveau de violence avec très peu de sang mais s’octroie quelques clins d’œil aux fatalités avec Scorpion qui laisse apparaître son crâne, Shang Tsung qui aspire l’âme d’adversaires vaincus et Liu Kang qui embroche ce dernier en le projetant dans le vide.
Un faciès de hargneux dont seul Tagawa a le secret !« Écrasante victoire ! »
Le jeu d’acteur est maîtrisé du début à la fin dans un style série B complètement assumé par des punchlines de haut calibre (« – Regarde-moi ça, ce joli joujou me rappelle de bien jolis souvenirs. – Pourquoi ? C’est le couteau que t’as planté dans le dos de ta mère ? »), des répliques irrésistibles (« On dirait que la star a fait une touche ! ») et plusieurs clins d’œil comiques comme l’autographe que laisse Johnny Cage après avoir vaincu Scorpion. Le cliffhanger annonçant l’arrivée de Shao Kahn suivi des yeux brillants de Raiden et de la mise en position de combat des personnages achèvent de rendre ce film terriblement culte et provoquent une véritable envie de voir la suite à son époque. Imparfait mais d’une fidélité étonnante, Mortal Kombat reste à ce jour une des meilleures adaptations de jeu vidéo au cinéma.
« – Ô humains ridicules, je viens prendre vos âmes ! – Ça, ça m’étonnerait ! »
Date de sortie : 12 décembre 2000 (États-Unis),
9 octobre 2002 (France) Réalisateur : Curt Geda Doubleurs : Didier Cherbuy, Patrick Messe, Daniel Lafourcade, Patrick Béthune Genre : Animation, super-héros Nationalité : Américain Compositeur : Kristopher Carter
« C’est comme ça qu’on pratiquait à mon époque ! »
Long métrage tiré de la série animée Batman la Relève pour laquelle il peut servir de conclusion, Le Retour du Joker marque la réapparition du plus grand ennemi de Batman pourtant censé être mort depuis une quarantaine d’années. Bruce Wayne restant mystérieux quant à la longue disparition du Joker, Terry McGinnis, nouveau porteur du costume, mène l’enquête afin d’en savoir plus, notamment auprès de Barbara Gordon, ancienne Batgirl et nouvelle commissaire de Gotham City. Ses recherches le mènent rapidement à de terribles révélations concernant Tim Drake, le troisième Robin, à la suite duquel Bruce s’était interdit de reprendre un partenaire. De son côté, ce dernier annonce son retour à la tête de sa compagnie et se retrouve face à Jordan Price, qui semble lié à des vols commis par le gang des Jokerz. Pourvu d’une animation de grande qualité, Le Retour du Joker a aussi marqué pour la noirceur de son scénario, sans doute inspiré par l’assassinat de Jason Todd (le précédent Robin) dans les comics.
Une vision quasi horrifique qui montre toute la noirceur du Joker.
Un flashback révèle en effet que Tim Drake avait été torturé puis drogué par le Joker afin qu’il devienne une version junior de ce dernier. Tim ayant tué le Joker dans un dernier accès de volonté, il est confié au docteur Thompkins et Batman lui interdit formellement de reprendre la lutte à ses côtés, tout comme Bruce prive un moment Terry de son costume de peur qu’il ne lui arrive la même chose. Également caractérisée par l’empoisonnement de Bruce au gaz toxique et par la Batcave ravagée par des rires tagués en rouge,la violence subit plusieurs censures. Au lieu d’être tué par Tim Drake, le Joker chute par exemple dans des câbles électriques et plusieurs séquences, comme la torture de Robin et celle où Barbara mentionne l’enterrement clandestin du Joker et la recherche du corps d’Harley Quinn, sont purement et simplement supprimées. Le passage durant lequel le Joker plante un couteau dans la jambe de Batman est aussi retirée malgré son importance car elle explique pourquoi Bruce Wayne se déplace ensuite avec une canne.
« Après ce dernier acte de cruauté du Joker, nous avions tous changé, allant de compromis en déceptions. »Un face-à-face déconcertant.
Assez surprenante pour son époque, l’intrigue se veut tout aussi ingénieuse avec la renaissance du Joker dans le corps et l’esprit de Tim Drake par l’intermédiaire d’une puce électronique placée près de son cerveau. Battant le Joker en tournant son égo en dérision comme jamais Bruce n’avait su le faire, Terry démontre sa légitimité à porter le costume et offre un combat des plus plaisants à suivre. Le film utilise l’humour jusqu’au bout tandis que les jumelles des Jokerz sont libérées de prison par leur grand-mère Harley, qui leur passe un savon en les traitant de dévergondées. Porté par les doublages de Didier Cherbuy pour Terry, de Patrick Messe (Hagrid dans les cinq premiers Harry Potter) pour Bruce et de Daniel Lafourcade qui retranscrit efficacement la folie du Joker, Batman la Relève Le Retour du Joker s’inscrit dans la parfaite continuité qualitative des longs métrages animés Warner.
« Ce n’est pas Batman qui fait de toi quelqu’un de valable : ce serait plutôt l’inverse. »