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Emmanuel Delextrat

Emmanuel Delextrat
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Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…

Aladdin et Le Roi Lion dans Epic Mickey Power of Illusion

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Cet article était à la base prévu pour figurer sur la Chronique Disney de L’Écureuil Noir, dans le cadre des apparitions d’Aladdin et du Roi Lion dans d’autres jeux vidéo. La place ayant manqué pour l’intégrer compte tenu de son exhaustivité, le voici directement en ligne pour accompagner le magazine.

 

Date de sortie : 18 novembre 2012
Éditeur : Disney Interactive Studios
Développeur : DreamRift 
Genre : Plates-formes

Nationalité : Américain
Compositeurs : Sean Beeson et James Dooley
Console d’origine : 3DS

 

Sorti parallèlement à Epic Mickey Le Retour des Héros sur Wii et Wii U le 18 novembre 2012, Epic Mickey Power of Illusion opérait le choix d’un retour aux deux dimensions sur Nintendo 3DS, revenant ainsi à l’âge d’or des jeux Mickey avec sa fameuse série « of Illusion ». C’est d’ailleurs la sorcière Mizrabel, antagoniste de Castle of Illusion, qui est à l’origine des péripéties du scénario en ayant emprisonné plusieurs personnages Disney, que Mickey doit faire réapparaître grâce au pouvoir de son pinceau magique. Et il se trouve que nombre d’entre eux sont directement issus des univers du Roi Lion et d’Aladdin !

À l’instar de la saga Kingdom Hearts, c’est surtout ce dernier qui est présent dans Epic Mickey Power of Illusion étant donné que le joueur est amené à traverser Agrabah et la Caverne aux Merveilles. Les personnages du Roi Lion apparaissent quant à eux dans les deux autres univers que l’on traverse, à savoir Peter Pan et La Petite Sirène. Certains étant bien cachés, le level design incite à l’exploration pour accéder à de petites quêtes leur permettant de s’aménager une salle une fois ramenés à la forteresse centrale. L’exploration d’Agrabah donne l’impression de se replonger dans la version Super Nintendo d’Aladdin avec de superbes décors sur plusieurs plans.

On reconnaît aisément le marché avec ses bâtiments, ses étalages et sa vue sur le palais. Le design du capitaine Razoul est de nouveau repris pour l’ensemble des gardes et ses animations sont assez drôles lorsqu’il attaque en lançant des pastèques à la verticale, en référence au passage du dessin animé où Abu fait diversion pendant qu’Aladdin dérobe le fruit. Et en bon voleur, une fois sauvé par Mickey, ce dernier lui suggère même de ne pas oublier de rester dans l’ombre pour que tout aille bien, après avoir lancé une pomme comme il en avait tant l’habitude dans les adaptations des années 1990.

Appelé le « colporteur », le marchand racontant l’histoire est bien présent et fait d’emblée référence au recueil d’où vient le conte en précisant que « tout comme les Mille et une Nuits, [s]es offres sont féériques ». Le dromadaire sur lequel il se balade durant la chanson « Nuits d’Arabie » est tombé malade et n’ayant pas d’argent pour en acheter un autre, Mickey parvient à le faire réapparaître en pleine forme en usant de son pinceau sur une photo de l’animal. Le colporteur parle également d’une carte au trésor qu’il aurait récupérée grâce à un rat de rue, qui n’est autre qu’Aladdin. Et lorsque Mickey s’apprête à lui faire un achat, il renvoie directement à la légende de la lampe en voyant qu’il s’intéresse « surtout à ce qui est extrêmement rare ».

Sous une musique entraînante, la Caverne aux Merveilles se distingue par ses parois éclairées et par son arrière-plan représentant les montagnes de pièces d’or constituant le fameux trésor interdit. La statue à laquelle Abu ne peut résister dans le dessin animé est même présente sous forme de plusieurs ennemis qui se déplacent en tournoyant et attaquent en lançant leur pierres précieuses rouges. Mickey peut faire apparaître le tapis volant à plusieurs endroits afin de traverser certaines zones et le Génie rappelle le futur sort de Jafar lorsqu’il envisage d’enfermer Mizrabel dans une lampe pour la neutraliser. Les profondeurs de la caverne sont ensuite bien moins éclairées comme en témoigne le bleu des décors, non sans rappeler les niveaux de la version Super Nintendo d’Aladdin.

Jafar fait partie des rares boss du jeu et se combat une fois de plus sous sa forme de serpent géant, qui peut détruire les plates-formes soutenues par des mains du Génie. L’arrière-plan détaillé dévoile le trône en forme de serpent auquel Jafar accède une fois qu’il obtient la lampe, ainsi que le sablier géant dans lequel Jasmine est prisonnière. Une fois vaincu, à l’instar du Capitaine Crochet, il retrouve en fait ses esprits et se joint à l’équipe dans la forteresse, dans laquelle il obtient sa propre pièce. Il est plus tard possible d’y amener Iago afin de voir les deux personnages se demander comment ils pourraient s’emparer de la lampe, avant qu’ils ne se rappellent comment tout cela avait fini la dernière fois qu’ils s’y étaient essayé.

Jasmine sauvée, elle retrouve elle aussi sa chambre pourvue du large rideau dévoilant son lit, sa petite table et son grand miroir, dans laquelle Rajah et le sultan peuvent se rendre une fois que Mickey les a retrouvés. La fin du jeu est riche en clins d’œil alors que chaque personnage s’exprime sur l’aventure. Si Aladdin affirme que tout cela est plutôt « pas mal pour des vauriens », Jasmine avoue être contente de rentrer au palais même si son père veut qu’elle épouse un prince avant son prochain anniversaire… sans omettre de préciser qu’il devrait tout de même changer d’avis ! Toujours à l’affût de la moindre opportunité, Jafar se demande enfin d’où Mizrabel tenait tous ses pouvoirs, avant de rajouter que le sultan ne sait décidément rien faire sans lui.

Le Roi Lion est quant à lui essentiellement présent avec Simba enfant, qui se retrouve alors aux alentours d’un Rocher de la Fierté d’abord ombragé puis de plus en plus ensoleillé lorsque l’environnement s’améliore. Lorsque Mizrabel prend l’apparence de plusieurs méchants au tout début du jeu, elle arbore les traits de Scar pendant un instant mais sans que ce dernier apparaisse ensuite durant l’aventure. Tandis que Simba s’entraîne à rugir, il est possible de lui amener, Zazu, Timon et Pumbaa afin de lui tenir compagnie. À la fin du jeu, il rappelle uniquement la devise « Hakuna Matata » et conserve son esprit innocent étant donné qu’on ne le voit jamais en adulte.

Batman Forever, de Joel Schumacher

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Date de sortie : 16 juin 1995 (États-Unis), 19 juillet 1995 (France)
Réalisateur : Joel Schumacher
Acteurs principaux : Val Kilmer, Tommy Lee Jones, Jim Carrey, Nicole Kidman, Chris O’Donnell
Genre : Super-héros, fantastique
Nationalité : Américain
Compositeur : Elliot Goldenthal

Une manière subtile d’annoncer auquel de ses ennemis Batman va cette fois-ci avoir à faire.

Après un Batman Returns exceptionnel fort de son grand succès critique et financier, Tim Burton souhaite œuvrer pour un troisième film intitulé Batman Continues, qui réunirait les éléments des deux précédents dans un scénario imaginé pour être accompagné par l’Épouvantail. Michelle Pfeiffer devait de nouveau jouer Catwoman, tandis que Billy Dee Williams, qui incarnait Harvey Dent en 1989, devait en toute logique évoluer en Double Face. Son rôle était même prévu pour qu’il évolue ainsi dans Batman Returns, mais l’acteur avait refusé d’y participer, remplacé alors par Christopher Walken et son odieux Max Schrek. Pour jouer Edward Nygma, Tim Burton avait approché Robin Williams, qui avait déjà passé le casting afin de prêter ses traits au Joker dans le premier film. Seulement voilà, Batman Returns était considéré comme trop sombre par une partie du public, notamment des parents qui avaient monté une ligue pour pointer sa violence du doigt. Cerise sur le gâteau : les restaurants McDonald’s avaient des difficultés à écouler les Happy Meals vendus avec les jouets du film, le design du Pingouin ayant même déjà été édulcoré pour ne pas paraître trop effrayant.

Un nouveau design convaincant pour la Batmobile.

Face à un tel blocus, Warner Bros. choisit de changer le projet pour une approche plus moderne et colorée à l’image d’un divertissement familial, la réalisation étant désormais attribuée à Joel Schumacher (L’Expérience Interdite, Chute Libre, Le Client). Pour ne pas totalement évincer Tim Burton, il lui est proposé de réaliser un spin-off sur Catwoman. Cette idée ainsi que la patte artistique de l’homme ne rentrant pas vraiment en cohérence avec l’univers flashy et déjanté de son successeur, il abandonne rapidement le projet, finalement repris par Pitof en 2004 dans un film très éloigné du projet initial et mettant en scène Halle Berry. Burton devient alors le producteur du désormais intitulé Batman Forever, au thème musical plus léger et héroïque composé par Elliot Goldenthal (Demolition Man, Heat, Entretien avec un Vampire) en lieu et place de Danny Elfman. Le rôle de l’homme chauve-souris est cette fois-ci porté par Val Kilmer (Top Gun, The Doors, True Romance), dont le jeu d’acteur au demeurant correct reste loin de la finesse d’un Michael Keaton.

« Vous aimez les femmes qui ont du caractère, j’ai mené mon enquête : dois-je avoir un justaucorps en vinyle et un fouet pour vous plaire ? »
« Le hasard arbitraire, stupide, aveugle et sans foi ni loi ! Le hasard, le tirage au sort, la seule vraie justice ! »

Pour changer de Vicki Vale et de Selina Kyle, le premier rôle féminin est octroyé à la jeune Nicole Kidman, jouant une blonde et pulpeuse psychologue passionnée par Batman au point de lui faire des avances à peine cachées (« – J’aime le latex, ça me rend folle ! – Essayez un pompier, ça se déshabille plus vite ! »). Envisagé dès les premiers films, Robin apparaît enfin sous les traits de Chris O’Donnell (Le Temps d’un Week-End, Les Trois Mousquetaires) pour une bonne dose d’humour et un duo fort sympathique. Double Face est finalement joué par un Tommy Lee Jones (JFK, Le Fugitif, Entre Ciel et Terre) un peu trop déjanté (« On va s’éclater mais ça va faire mal ! ») pour le sérieux qu’incarne habituellement son personnage. Il est régulièrement accompagné d’une jeune femme sous les traits de Drew Barrymore (ET L’Extra-Terrestre, Wayne’s World 2, Scream), dont le doublage français Kelvine Dumour est le même que celui d’Harley Quinn dans la série animée. C’est finalement le génialissime Jim Carrey (Ace Ventura, The Mask, Dumb & Dumber) qui rehausse le niveau de Batman Forever avec son interprétation d’Edward Nygma, présenté comme un savant fou travaillant pour Wayne Enterprises avant de devenir l’Homme Mystère tandis que Bruce Wayne refuse qu’il mette au point son prototype de casque absorbant les ondes cérébrales.

« Il est en forme mais il a merdé à l’atterrissage, je ne sais pas s’il aura mieux que la médaille de bronze ! »
Dick Grayson, qui a déjà tout du futur Robin.

Le style de Joel Schumacher tranche littéralement avec celui de Tim Burton, la réalisation psychédélique en est le premier témoin. Si l’univers reste sombre dans le fond, les couleurs vives fusent de partout, notamment le rose et le vert fortement dégagés par le duo des méchants, et les effets spéciaux sont bien souvent too much. La lisibilité des scènes vacille du correct au médiocre et le montage manque clairement de soin, en plus de la narration déjantée des séquences d’action, comme la bataille navale à laquelle jouent Double Face et Nygma lorsque la Batwing et le Batboat se dirigent vers leur repaire. Notons également la façon qu’a Robin de s’amuser avec la Batmobile comme si c’était un jouet pour impressionner les filles (« Attendez, Batman embrasse toujours l’héroïne ! »), ou encore l’invasion un peu trop allumée du manoir Wayne. Certains passages sont également inutiles voire incompréhensibles (Bruce qui balance tout fort au cirque qu’il et Batman dans l’indifférence générale), d’autres carrément hors de propos (les plans sur les tétons et les fesses pour présenter les nouveaux costumes). Si les énigmes de l’Homme Mystère sont bienvenues, elles restent bien trop tirées par les cheveux et leur mise en place aurait mérité une bien meilleure intrigue pour le final.

Un peu trop « Joker » dans l’âme, ce duo de méchants conserve pourtant un charme certain !
« – Tout homme doit choisir son chemin, un ami m’a appris ça. – Plus qu’un ami. – Un équipier ! »

Aussi décevant que puisse être le Batman Forever comparé à ses prédécesseurs, il compte néanmoins plusieurs qualités qui font qu’il s’en sort avec les honneurs. Certains plans sont simples mais convaincants, comme le ralenti de la pièce jetée dans les airs pour d’emblée faire comprendre qu’on a à faire à Double Face, ou encore la face ravagée de ce dernier qui n’est montrée qu’au bout de quelques secondes pour maintenir le suspense. Si la narration a ses faiblesses, le scénario a au moins le mérite d’introduire efficacement ses personnages, ce qui est valable pour Robin dont l’histoire familiale au cirque fait directement écho au double épisode « Robin se rebiffe » de la série animée, Tony Zucco étant simplement remplacé par Double Face. Prendre Dick Grayson sous son aile fait également ressurgir son passé à Bruce Wayne, rappelant ainsi l’assassinat de ses parents et que c’est parce qu’il avait un jour eu peur d’une chauve-souris qu’il avait choisi cet animal comme emblème.

Une référence osée à Street Fighter L’Ultime Combat ?
Des effets spéciaux à la hauteur des grands délires de l’Homme Mystère.

Aussi surjoué que puisse être l’Homme Mystère (« C’est la ruée vers l’orgasme ! »), Jim Carrey en porte élégamment le rôle et le doublage français de Vincent Violette, soit le même que celui de Nygma dans la série animée, sied parfaitement à l’acteur tant il est proche du style d’Emmanuel Curtil. Le combat final offre deux dualités intéressantes : Nygma qui veut surpasser Bruce Wayne et Robin qui cherche à se venger de Double Face. Les valeurs de l’entraide et de la coopération sont notamment mises en lumière lors d’une poignée de main sincère qui forge un duo fort entre Batman et Robin. Au vu de la direction prise par Warner, Batman Forever a connu une critique très mitigée, mais un succès commercial tel qu’une suite a immédiatement été mise en chantier, pour le meilleur (et surtout) pour le pire.

Fidèle aux pratiques de l’époque, Batman Forever a aussi eu droit à ses adaptations en jeux vidéo, à commencer par un beat’em up jouable à deux avec des personnages digitalisés sur Mega Drive et Super Nintendo. Très sympathique sur ses deux premiers niveaux et pourvu de musiques de qualité, il devient rapidement fouillis et n’a pas beaucoup marqué les esprits pour cette raison. Le jeu d’arcade adapté sur PlayStation et Saturn ne fera pas beaucoup mieux tellement la répétitivité et la lassitude vont trop loin à cause d’un bien trop grand nombre d’ennemis qui surgissent à l’écran.

Aladdin et Le Roi Lion dans Kingdom Hearts

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Cet article était à la base prévu pour figurer sur la Chronique Disney de L’Écureuil Noir, dans le cadre des apparitions d’Aladdin et du Roi Lion dans d’autres jeux vidéo. La place ayant manqué pour l’intégrer compte tenu de son exhaustivité, le voici directement en ligne pour accompagner le magazine.

 

Aladdin dans Kingdom Hearts

Date de sortie : 28 mars 2002 (Japon),
16 septembre 2002 (États-Unis),
15 novembre 2002 (Europe)

Développeur : Squaresoft
Concepteur : Tetsuya Nomura
Genre : Action RPG

Nationalité : Japonais
Compositrice : Yoko Shimomura
Console d’origine : PlayStation 2

Agrabah est un univers clé de la série Kingdom Hearts. Essentiellement présent dans les deux premiers épisodes principaux, le monde d’Aladdin fait partie des plus travaillés et adapte son scénario pour les enjeux de la saga en utilisant efficacement ses personnages.

 

Kingdom Hearts

Aladdin est le quatrième univers Disney que le joueur traverse, précédé par Alice au pays des Merveilles, Hercule et Tarzan, mais il est surtout le premier monde dans lequel Sora et ses amis affrontent un des lieutenants de Maléfique, en la personne de Jafar. La sorcière est ainsi présente aux côtés du grand vizir, chargé de répandre les Sans-Cœur pour prendre le contrôle de la ville. Jasmine faisant partie des sept Princesses de Cœur nécessaires à l’ouverture de la dernière porte de l’univers du jeu, il se lance également à sa recherche. Dès lors que l’on délivre Aladdin des sables mouvants menant à la Caverne aux Merveilles, il peut combattre aux côtés de l’équipe à l’aide d’un cimeterre.

La ville d’Agrabah se compose d’une entrée qui mène vers le désert, une rue principale, une ruelle, un souk et les portes du palais. La maison d’Aladdin est reconnaissable avec sa vue sur le palais, en plus de constituer la principale zone contenant une sauvegarde. La Caverne aux Merveilles est quant à elle composée d’une longue pièce principale, d’une « salle des Ombres » et d’une « salle du Silence » entretenant le mystère, d’une pièce secrète et de la salle du trésor où se trouve la Serrure.  Les graphismes font honneur aux premières années de la PlayStation 2 et la musique des lieux rend bien compte de l’atmosphère arabique du dessin animé. Celle des combats en reprend les notes, en bien plus rythmée et entraînante.

Le jeu comporte trois ennemis emblématiques : des araignées cachées dans des pots qui sortent leurs pattes dès qu’on s’en approche, des bandits masqués pouvant se déplacer sous le sable armés d’un sabre, et des gros bandits assez coriaces car ils peuvent parer les attaques, cracher du feu et ne sont attaquables que dans le dos. Les boss sont nombreux avec un mille-pattes géant camouflé dans plusieurs cruches, la Tête de Tigre de la caverne ainsi que Jafar sous sa forme classique puis en Génie, son point faible étant sa lampe noire détenue par Iago. Une fois vaincu, une séquence de fuite à bord du tapis volant rappelle un passage savoureux du dessin animé, et la keyblade gagnée par Sora se voit nommée Lampe Magique.

Toujours aussi déjanté, le Génie apporte des jeux de mots inédits pour introduire le concept des trois vœux (« Et un, et deux, et trois vœux. Ensuite je file à l’anglaise, comme la crème ! »), qui sont en partie différents de ceux du dessin animé. Si Aladdin pense dans un premier temps le solliciter pour qu’il le change en princeTu n’as qu’un mot à dire et je te livre en moins de trente minutes ! Sinon la commande est gratuite. Et j’y ajouterai même un capuccino. »), il se voir obligé de lui demander qu’il se débarrasse de Sans-Cœur dans le désert, puis qu’il aide Jasmine lorsqu’elle est à la merci du vizir. Point de sultan ni de sorcier, Jafar demande d’abord au Génie de lui montrer la serrure, puis d’attaquer Sora pendant un combat de boss, seul les troisièmes vœux des deux personnages restant identiques à ceux du dessin animé. En devenant une invocation, l’attaque Pitreries du Génie lui permet de frapper plusieurs ennemis à la fois.

Le doublage français de Jafar est étrangement assuré par Michel Élias, connu pour plusieurs doublages chez Disney (Donald Duck dans les années 80, la Tête de Tigre de la Caverne aux Merveilles, Gazim et le prince Achmed dans Aladdin, Pumbaa dans Le Roi Lion) et chez Nintendo (les voix de Mario et de Wario dans les publicités des jeux Wario Land). Sa voix ne rend pas vraiment honneur au personnage, le machiavélisme de Féodor Atkine manquant cruellement à l’appel.

 

Kingdom Hearts Chain of Memories

L’épisode Chain of Memories étant basé sur les souvenirs des héros de la série, les événements d’Agrabah se déroulent d’une manière similaire à celle du premier jeu, avec des jolis sprites dans des décors en 3D isométrique. La différence réside essentiellement dans le gameplay à base de cartes, certaines arborant des personnages d’Agrabah. Par exemple, Aladdin peut-être invoqué pour attaquer sans relâche pendant quelques secondes, tandis que le Génie peut envoyer plusieurs magies. Côté ennemis, l’Arachnobaril permet de charger des cartes dans sa main, le Gros Bandit renforce l’attaque quand on frappe par derrière et Jafar empêche l’adversaire de briser les cartes attaque que Sora utilise. Élément de scénario intéressant : l’apparition de Jafar est présentée comme preuve que les ténèbres n’ont pas disparu du cœur de Riku.

 

Kingdom Hearts II

Le scénario de Kingdom Hearts II a la particularité de faire venir les héros deux fois dans chaque univers Disney. À la recherche de Riku et du roi Mickey, le trio se retrouve d’abord face à Pat Hibulaire, qui cherche à s’emparer de la lampe pour faire de Jafar un Sans-Cœur, puis de nouveau face à ce dernier. Le level design d’Agrabah a évolué pour diversifier l’expérience : on y trouve désormais un large marché et ses étalages, une grande place avec vue sur le palais, les portes extérieures de la ville, une Caverne aux Merveilles largement réduite et des ruines ensevelies par le sable à traverser à bord du tapis.

Le scénario rappelle largement celui du Retour de Jafar, à commencer par Iago qui passe du côté des héros mais tout en faisant diversion au profit de son ancien maître. Les héros ont cette fois-ci à faire au marchand du début du dessin animé afin de récupérer la lampe noire de laquelle le vizir est prisonnier, avant qu’il ne se libère en appâtant le commerçant avec des richesses. Le Génie est également de retour de voyage (et, pour la parodie, serre Pat dans ses bras au lieu d’Aladdin), tandis qu’Iago est blessé par Jafar en s’interposant pour protéger ses nouveaux amis.

Le bestiaire se voit enrichi de cartomanciens voilés et de créatures maniant deux cimeterres, tandis qu’un combat de boss oppose les héros à un Jafar Génie géant au-dessus de la ville, et cette fois-ci c’est bien à la tête qu’il faut le frapper. Côté gameplay, de nombreuses attaques permettent à Sora et Aladdin d’attaquer en duo pour infliger davantage de dégâts. Une fois l’invocation du Génie obtenue, ce dernier peut soigner les points de vie de Sora puis attaquer sous différentes formes telles qu’une main géante et un missile, ou encore provoquer des rafales, des tournoiements et une explosion.

Outre des graphismes améliorés et des musiques aux mélodies rallongées et aux timbres légèrement différents, Aladdin et Jafar retrouvent leurs doubleurs d’origine : Paolo Domingo et Féodor Atkine. Agrabah propose également deux mini-jeux inédits. Le skate des sables consiste à activer des cristaux en réalisant diverses figures pour se déplacer en hauteur. Le tapis volant ramène quant à lui dans la salle dévastée des ruines et propose de marquer un maximum de points en terrassant des Sans-Cœurs.

 

Kingdom Hearts 358/2 days

Kingdom Hearts 358/2 days nous fait parcourir avec Roxas une Abragah et une Caverne au level design simplifié par rapport à celles du premier jeu. Le joueur y effectue des missions simples comme explorer les environs et éliminer des Sans-Cœur pour alimenter les ambitions de l’Organisation XIII. Aladdin et Jasmine n’apparaissent que peu et y ont un rôle très secondaire autour de prévisions de tempêtes de sable.

 

Kingdom Hearts Coded

Dans Kingdom Hearts Coded, une version digitale d’Aladdin est créée par le journal de Jiminy Cricket, Agrabah se retrouvant vide et recouverte de bugs à éliminer. Le scénario tente encore de se renouveler avec Pat qui permet à Jafar de se procurer une réplique de la lampe, que ce dernier utilise pour arrêter le temps et enlever Jasmine, qui se retrouve victime d’un sort dans la Caverne aux Merveilles. Le plus intéressant reste le fait que cette fois-ci, le Génie accorde des vœux à Sora.

 

Kingdom Hearts Union χ

Cet épisode permet de parcourir l’univers d’Aladdin avec un moteur de jeu flash qui lui donne un cachet particulier grâce à sa très jolie 2D. Le joueur y effectue plusieurs petits scénarios et y rencontre Aladdin ainsi que Razoul et d’autres gardes du palais. Si le scénario n’a rien de bien palpitant, Kingdom Hearts Union χ a l’avantage de résumer le dessin animé en montrant des lieux inédits dans les autres jeux, comme le cachot avec Jafar déguisé en vieil homme, le tapis rouge et le trône à l’intérieur du palais avec Aladdin vêtu en prince, la chambre et le balcon de Jasmine suivis d’une petite balade au-dessus des nuages, Aladdin prisonnier au fond de l’eau et Jafar changé en serpent.

 

 

Le Roi Lion dans Kingdom Hearts

 

Date de sortie : 22 décembre 2005 (Japon), 28 mars 2006 (États-Unis), 29 septembre 2006 (Europe)
Développeur : Square-Enix
Concepteur : Tetsuya Nomura
Genre : Action RPG

Nationalité : Japonais
Compositrice : Yoko Shimomura
Console d’origine : PlayStation 2

Essentiellement exploité dans Kingdom Hearts II, l’univers du Roi Lion est magnifiquement bien représenté avec de larges zones parcourables et une personnalisation des capacités des héros. Également représenté dans Kingdom Hearts, Kingdom Hearts Chain of Memories et Kingdom Hearts III, il tient beaucoup à cœur à Tetsuya Nomura car il s’agit de son dessin animé préféré !

 

Kingdom Hearts

La Terre des Lions devait apparaître dans le premier Kingdom Hearts, mais le jeu ayant eu des difficultés à gérer plusieurs personnages à quatre pattes en même temps, l’univers a été retiré. Simba est cependant conservé et constitue une des premières invocations du jeu. Son rugissement lui permet de lancer une attaque plus ou moins puissante selon le temps pendant lequel il se concentre. À noter que Simba est la seule invocation de Kingdom Hearts à être devenu un allié dans Kingdom Hearts II.

Le journal de Kingdom Hearts rentre en contradiction avec celui de sa suite. En effet, dans le premier, Simba est déclaré comme roi de la Terre des Lions, alors que dans Kingdom Hearts II, il ne l’est pas encore. Incohérence qui s’explique sans doute par le fait que son histoire du deuxième opus n’était pas encore décidée à l’époque du premier, le projet de faire une suite n’ayant été décidé qu’après la surprise de son grand succès.

Le lien entre Kingdom Hearts I et II reste cependant correctement réalisé quand Simba ne reconnaît pas Sora dans un premier temps étant donné qu’il est transformé en lion. Lorsque la mémoire lui revient, l’image de Sora, Donald et Dingo sous leur forme normale ressurgit en lui. Dans Kingdom Hearts II, alors que Nala croit que Simba est mort, Sora fait référence à leurs combats à ses côtés dans le premier jeu, prouvant ainsi qu’il est bel et bien vivant.

 

Kingdom Hearts Chain of Memories

Dans Kingdom Hearts Chain of Memories, Sora peut utiliser une carte Simba pour le faire rugir afin qu’il endommage et assomme les ennemis en face de lui, l’étendue des dégâts variant selon le niveau de puissance de la carte.

 

Kingdom Hearts II

La Terre des Lions est un des derniers univers Disney que le joueur est amené à traverser dans Kingdom Hearts II. Plus étrange encore, il est possible de terminer le jeu sans jamais s’y arrêter, ce qui est fort dommage tant ce niveau fait honneur à l’univers du Roi Lion. Les héros arrivent durant l’âge adulte de Simba, alors que Scar a déjà pris le pouvoir et ainsi dévasté le royaume. Simba est cependant montré dans son enfance lors de la scène introductive, qui reprend brièvement le passage pendant lequel son père périt des mains de son frère en voulant sauver son fils emporté par le troupeau de gnous. On ne voit d’ailleurs ni les hyènes effrayer le troupeau, ni Scar projeter Mufasa étant donné que la séquence est montrée du point de vue de Simba, qui n’avait pas connaissance de ses éléments.

La Terre des Lions fait partie de ces niveaux qui modifient l’apparence des héros pour mieux les immerger dans son univers. Ainsi, Sora devient un lionceau ressemblant fortement à Simba enfant, transformation qui le rend bien plus rapide mais qui supprime le recours aux fusions et aux invocations. Donald se retrouve quant à lui avec de longues ailes blanches, Dingo devient une tortue avec une grosse carapace jaune, et même Pat Hibulaire se transforme en lion noir aux côtés de Scar. La zone de jeu est vaste à parcourir entre le cimetière des éléphants, le Rocher du Lion, la vallée des gnous, les terres arides, la jungle où vivent Timon et Pumbaa ainsi que l’oasis. Les références au dessin animé fusent dès l’apparition des héros dans le repaire de Scar, entre Shenzi, Banzaï et Ed qui leur proposent de rester pour déjeuner, et les nombreuses autres hyènes qui les regardent depuis les rochers en hauteur, rappelant fortement la terrifiante chanson « Soyez prêtes ».

Les passages repris du dessin animé profitent efficacement du moteur amélioré de Kingdom Hearts II pour être bien mieux mis en scène. Cela se vérifie par exemple avec Simba qui s’affale au bord d’une falaise avant que Rafiki ne reçoive ses poils, le flashback montrant Mufasa et Simba qui regardent les étoiles, le zoom sur le visage de Simba quand il réapparaît face à Scar, et quand Nala plaque Simba au sol avant qu’ils se reconnaissent mutuellement. Certains dialogues sont même repris tels quels, notamment lorsque Scar fait culpabiliser Simba (« Mais aujourd’hui, papa n’est pas là pour te sauver. Et maintenant, tout le monde sait pourquoi. »). Malgré les musiques de fond qui offrent une belle ambiance exotique qui respire l’aventure dans la savane, ces séquences manquent pas mal de punch dans le sens où la magnificence des compositions d’Hans Zimmer ne sont pas présentes, en plus des doublages moins convaincants que dans le dessin animé.

Kingdom Hearts II s’amuse surtout à détourner des passages cultes pour mieux faire écho aux connaisseurs. Lorsque Pumbaa se demande si Sora va le manger comme s’il était une sorte de porc, il affirme bien sa condition en précisant qu’on l’appelle Monsieur Porc ! Quand Simba demande à Timon s’ils peuvent le laisser un moment avec Nala, ce dernier lui répond qu’il était sûr qu’il allait dire ça, comme s’il avait regardé le dessin animé avant de venir rejouer le scénario dans le jeu. Sora évoque même l’occasion pour lui de devenir roi s’il sauvait la Terre des Lions : Dingo lui demande alors s’il voudrait vraiment être roi, en référence directe à la chanson de Simba enfant. Sora est également amené à combattre les hyènes pour protéger Timon et Pumbaa, là où ces derniers s’en sortent toujours seuls dans le dessin animé grâce à des subterfuges comiques qui ne cherchent pas à être réalistes.

Lors du combat entre Simba et Scar, ce dernier est projeté dans le vide mais il remonte cette fois-ci de la falaise, mise en scène créée du fait qu’il constitue logiquement le boss du niveau. Lors des combats, la coopération « Sang royal » peut être utilisée entre Sora et Simba, afin qu’il monte sur son dos pour foncer sur les ennemis en duo, utilisant leurs crocs et leurs griffes pour terminer en beauté avec un rugissement royal (et non pas « bestial » comme dans la chanson de Simba). Une fois l’aventure de la Terre des Lions terminée, on peut apercevoir un dessin de Sora, Donald et Dingo à côté de celui de Simba dans l’arbre de Rafiki.

Durant le deuxième passage dans l’univers du Roi Lion, les clins d’œil continuent avec les hyènes qui se moquent de Simba en prononçant son nom plusieurs fois, procédé qu’elles utilisent pour frissonner en entendant le simple nom de Mufasa dans le dessin animé. Contrairement à Aladdin, le scénario ne reprend pas les événements du Roi Lion II mais exploite le manque de confiance en soi de Simba avec l’ombre de Scar qui sévit sur le royaume, décrit par Rafiki comme « un esprit désincarné né de la rencontre entre le cœur maléfique de Scar et celui hésitant de Simba ». Une lionne dévalorise même Simba en parlant de lui comme un incapable comparé à son père. Le thème de l’amitié refait également surface lorsque Simba continue à garder contact avec Timon et Pumbaa même en devenant roi (« On n’oublie jamais ses véritables amis. »).

Quelques éléments lancent néanmoins un clin d’œil à la suite du Roi Lion. La cauchemar de Simba lui rappelant la mort de son père apparaît en effet dans L’honneur de la tribu lorsqu’il craint que Kovu, le fils de Scar, ne se retourne contre lui. Nala fait écho à leur future fille Kiara quand elle parle d’un bébé qu’elle porte, tandis que Timon et Pumbaa parlent déjà de jouer les baby-sitters. Si la plupart des personnages ont conservé leurs doubleurs d’origine, Timon n’est plus doublé par Jean-Philippe Puymartin mais par Mark Lesser, qui assurait déjà de sa voix dans la série animée Timon & Pumbaa. Concernant Scar, le magistral Jean Piat laisse malheureusement sa place à Guy Chapellier, qui doublait notamment Hadès dans Hercule, sa prestation manquant encore de piquant. Rafiki, quant à lui, ne parle presque pas.

 

Kingdom Hearts III

Dans Kingdom Hearts III, Sora peut faire appel à ses alliés dans n’importe quel monde et Simba ne manque pas à l’appel ! Sora monte alors sur son dos pour une attaque « Lueur du Roi » à base de feu leur permettant d’étourdir les ennemis, de les projeter dans les airs et de finir en beauté par une puissante déflagration sur toute la zone.

De Gaulle, de Gabriel Le Bomin

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Date de sortie : 4 mars 2020 (1h 49min)
Réalisateur : Gabriel Le Bomin
Acteurs principaux : Lambert Wilson, Isabelle Carré
Genre : Biopic, historique
Nationalité : Français
Compositeur : Romain Trouillet

 

L’histoire fait les hommes, certains hommes font l’histoire

« En ces heures douloureuses, c’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat… »

À la suite de moult documentaires, séries et téléfilms, Charles De Gaulle voit sa première adaptation au cinéma sous les traits de Lambert Wilson (Colette, une Femme Libre, Catwoman, Des Hommes et des Dieux). Très ciblé, le film se concentre sur les mois de mai et juin 1940, alors que Paris est sur le point de céder face à l’Allemagne nazie. Confronté au défaitisme du gouvernement français (« Il est l’heure, sans honte et sans déshonneur, de reconnaître notre défaite. »), De Gaulle doit trouver le moyen de sauver la France de l’horrible menace qui l’attend. Le film met alors en scène plusieurs personnages historiques avec des acteurs arborant un certain charisme dans leurs interprétations accompagnées de répliques poignantes, à commencer par Paul Reynaud, joué par Olivier Gourmet (Coluche, l’Histoire d’un Mec, Mesrine L’Ennemi Public n°1, Edmond), partagé entre le combat et la reddition (« Je ne vous permets pas, De Gaulle !! »).

Le célèbre Conseil de Guerre de mai 1940, plaçant Charles De Gaulle, Paul Reynaud et Phillipe Pétain autour d’une même table.
La famille De Gaulle en exil.

Lors d’un conseil de guerre, passage-clé du scénario, le maréchal Pétain est présent mais plutôt effacé, et régulièrement présenté comme assoiffé de pouvoir. Rejoignant Londres, De Gaulle tente un accord avec le premier ministre Winston Churchill, interprété par un Tim Hudson convaincant, dans le but de remotiver les Français par le biais de la BBC, sur un large plan valorisant les deux hommes. Le film est également l’occasion d’en apprendre davantage sur les enfants et la femme du général. Jouée par Isabelle Carré (Les Enfants du Marais, Respire), Yvonne De Gaulle doit s’exiler pour échapper aux Allemands et tenter de rejoindre son mari en Angleterre. Correctement interprétée, elle reste cependant assez timide, témoignant en partie du manque d’envergure de la narration.

Un Churchill poignant, fidèle au personnage historique.
Condamné à mort pour son opposition à l’armistice, De Gaulle met tout en oeuvre pour déployer la Résistance.

Si les décors et les costumes sont bien reconstitués dans une réalisation offrant des passages solides comme le plan-séquence durant lequel De Gaulle traverse un champ de bataille avec le conflit en fond, la violence des situations n’est pas suffisamment marquée et les personnages auraient mérité d’être davantage mis en valeur. Pour autant, Lambert Wilson interprète un De Gaulle avec une poigne de fer à sa hauteur, entre déterminisme (« Quoi que nous fassions, cette guerre sera mondiale, décidons de continuer le combat ailleurs. »), remise en question (« Je suis surtout un homme qui a tout quitté : son pays, ses fonctions, et qui a laissé sa famille dans un pays à feu et à sang. ») et rejet du nouveau pouvoir en place (« Vous êtes dégradé et déchu de la nationalité française. »). Le célèbre appel du 18 juin 1940 marque le dernier acte du long métrage, dont l’intérêt réside essentiellement dans le choix de la courte période qu’il traite et dans les quelques bons passages qu’il en retire.

« Les mots, ce sont les seules armes qu’il me reste… »

PlayStation 2 : le monolithe de Sony célèbre ses 25 ans

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Date de sortie : 4 mars 2000 (Japon), 26 octobre 2000 (Amérique du Nord), 24 novembre 2000 (Europe)
Fabricant : Sony
Concepteur : Ken Kutaragi
Génération de console : Sixième

Nationalité : Japonaise
Unités vendues : 157,68 millions
Fin de production : 4 janvier 2013

À mon super pote Clément « Alberto Rodriguez » Foursans, dont la passion pour cette console ne s’est jamais altérée au point de s’en acheter une de couleur rose !

 

Une console plébiscitée par tous

Un line-up varié cherchant toujours à attirer le plus grand nombre.

Il y a 25 ans, une des consoles les plus attendues de tous les temps s’apprêtaient à envahir le marché japonais. Après le raz-de-marée PlayStation dans la seconde moitié des années 1990, dire que les gamers n’avaient d’yeux que pour la deuxième du nom relève d’un doux euphémisme. Rétrocompatible avec l’intégralité des jeux PlayStation et pourvue d’un lecteur DVD qui popularise fortement ce format à une époque où la VHS règne encore en maître, la PlayStation 2 possède alors des arguments de vente qui défient toute concurrence. Un sentiment de modernité renforcé par l’agrandissement de la taille des boîtes et des notices, impressionnantes en plus de gagner en solidité par rapport à leurs homologues PlayStation. Sortie le 4 mars 2000 au Japon pour le prix de 39 800 yens, elle trouve déjà un million de preneurs durant ses premiers jours suite à une campagne agressive de Sony qui octroie un coup de grâce symbolique à la Dreamcast de Sega.

Pourvu d’une dizaine de jeux, le line-up appelle à la variété tout en poursuivant la tradition des démarrages PlayStation avec le jeu de course Ridge Racer V, le jeu de stratégie en temps réel Kessen, la simulation d’entreprise ferroviaire A-Train 6 et Eternal Ring, RPG de FromSoftware en vue à la première personne tentant de moderniser la formule des King’s Field. De son côté, Street Fighter EX 3 ne propose aucun nouveau personnage en dehors d’un avatar dont on peut personnaliser les coups mais propose plusieurs modes de jeux intéressants en plus d’un upgrade graphique appréciable. Le lancement est complété par cinq autres titres restés exclusifs au Japon : les jeux de rythme DrumMania (issu de l’Arcade avec manette en forme de batterie) et Stepping Selection ainsi que les jeux de Mahjong Kakinoki Shogi IV, Mahjong Taikai III et Morita Shogi.

L’année 2000 se poursuit sur PlayStation 2 avec plusieurs jeux de sport comme Swing Away Golf, Go Go Golf, Sky Surfer, Surfing H3O, un nouvel International Superstar Soccer et surtout ESPN International Track & Field, ultime épisode de cette époque qui innove avec des disciplines comme le tir à la carabine et la gymnastique rythmique. Les premiers jeux de courses sont représentés par Driving Emotion Type-S, Wild Wild Racing et MotoGP tandis que les shoot’em up subsistent encore avec la compilation Gradius III & IV et Silpheed The Lost Planet, codéveloppé par Treasure. Les RPG ne sont pas en reste avec Ephemeral Fantasia, Orphen L’Héritier des Sorciers, l’Action-RPG EverGrace de FromSoftware, le jeu de stratégie au tour par tour Romance of the Three Kingdoms VII et le war game Ring of Red de Konami.

Les jeux de tir mécha sont quant à eux représentés par Armored Core 2 et Gungriffon Blaze, là où X-Squad échoue lamentablement à s’inscrire dans la lignée des Syphon Filter. Tandis que Dead or Alive 2 est porté sur PlayStation 2 un mois après la Dreamcast, le jeu de combat Fighting Fury adapté du manga Baki se fait rapidement oublier et Tekken Tag Tournament surpasse de loin la version Arcade avec des graphismes fortement rehaussés, le boss Unknown déblocable et de nombreux modes comme le un contre un, le Team Battle et le Tekken Bowl, jeu de bowling dans lequel on peut apercevoir le docteur Boskonovitch.

Outre la simulation de feu d’artifice Fantavision et le jeu de bataille de véhicules de construction Battle Construction Vehicles, Dynasty Warriors passe du jeu de combat au musou pour son deuxième épisode, Super Bust-A-Move continue de faire perdurer le genre du puzzle-game et IQ Remix+ Intelligent Qube s’impose comme suite de Kurushi. En attendant la sortie occidentale, la PlayStation 2 continue d’accumuler des jeux exclusifs au Japon avec les visual novels Scandal et Love Story, les jeux de rythme Rock’n Megastage et KeyboardMania ainsi que les jeux de sport FIFA Soccer World Championship, All Star Pro-Wrestling et Jikkyou Powerful Pro Yakyuu 7. Si Hræsvelgr s’inscrit dans la droite lignée de WipEout, Bikkuri Mouse constitue un jeu de dessin avec graphismes colorés rappelant PaRappa the Rapper.

 

La PlayStation 2 arrive en Occident

Des nouveautés pertinentes qui arrivent tout pile pour le lancement américain.

Le 26 octobre 2000, c’est au tour de l’Amérique du Nord de profiter de la PlayStation 2 pour le prix de 299 dollars. Pourvu de vingt-neuf jeu, le line-up comporte une majorité de titres déjà au Japon comprenant Eternal Ring, Kessen, Ridge Racer V, Street Fighter EX 3, Armored Core 2, Dead or Alive 2, Dynasty Warriors 2, ESPN International Track and Field, Evergrace, Fantavision, Gungriffon Blaze, MotoGP, Orphen L’Héritier des Sorciers, Q-Ball Billiards Master, Swing Away Golf, Tekken Tag Tournament, Wild Wild Racing et X-Squad. Onze autres paraissent alors à l’occasion du lancement, notamment des jeux de sport comme ESPN Winter X Games Snowboarding, Madden NFL 2001, NHL 2001, Ready 2 Rumble Boxing Round 2 et surtout SSX, qui ringardise rapidement la saga Cool Boarders grâce à sa jouabilité largement assouplie, une bonne sensation de vitesse et un rendu graphique autrement plus réaliste.

On trouve également les jeux de course Midnight Club Street Racing et Smuggler’s Run, un portage du jeu de sniper Silent Scope, le jeu de rôle Summoner, un portage du FPS Unreal Tournament qui permet enfin de faire des deathmatches en solo face à des bots ainsi que TimeSplitters, un sympathique FPS dans un univers futuriste et loufoque. Le 24 novembre 2000, la PlayStation 2 arrive enfin en Europe au prix de 2990 francs, avec un line-up de quinze jeux comprenant Ridge Racer V, Dynasty Warriors 2, Fantavision, International Superstar Soccer, Orphen L’Héritier des Sorciers, Tekken Tag Tournament, Wild Wild Racing, Midnight Club Street Racing, NHL 2001, Ready 2 Rumble Boxing Round 2, Silent Scope, Smuggler’s Run, SSX, TimeSplitters et FIFA 2001.

La PlayStation 2 termine l’année 2000 avec le jeu de plates-formes Donald Duck Quack Attack, la simulation de combats au sabre Kengo Master of Bushido, jeu d’action de Konami 7 Blades et le jeu de snowboard Cool Boarders Code Alien. Parmi les RPG de fin d’année se trouvent Rhapsody III Memories of Marl Kingdom ainsi que Dark Cloud par Level-5, dont la reconstruction du monde en parcourant des donjons rappelle fortement le Soul Blazer de la Super Nintendo. En outre, DreamFactory s’inspire des univers des Final Fantasy VII et VIII pour The Bouncer, beat’em up 3D dans lequel le joueur peut à tour de rôle incarner trois personnages aux coups spéciaux évolutifs. Un titre assez rapide dont les cinématiques dépassent le faible temps de jeu !

 

Une machine au catalogue gargantuesque

Si je ne devais garder que dix jeux sur la machine, ce serait très certainement ceux-là.

Ce n’est qu’en 2001 que la PlayStation 2 commence à montrer ce qu’elle a dans le ventre avec des jeux très attendus comme l’excellent Onimusha, jeu d’action basé sur le gameplay de Resident Evil se déroulant dans le Japon féodal, ou encore le cinglant Devil May Cry, précurseur du beat’em up moderne. Citons aussi le portage PC du TPS Max Payne largement inspiré des ralentis de Matrix, ainsi que le FPS Red Faction dans lequel il est possible de créer des tunnels en explosant les décors, du jamais vu en ce début de XXIème siècle. Les survivals horror se multiplient en commençant par un portage de Resident Evil Code Veronica, pépite de choix dans le règne des survivals horror aux côtés de l’enivrant Silent Hill 2, souvent considéré comme le meilleur de la saga.

Les RPG continuent de s’installer avec l’édifiant Shadow Hearts et un deuxième Jade Cocoon, à qui l’absence de traduction française a pu faire de l’ombre. Parallèlement, d’autres jeux tentent de se démarquer en vain, comme le médiocre Project Eden et le survival horror du pauvre Extermination à la jaquette pourtant flamboyante. Konami commence à sortir son épingle du jeu avec l’intrigant jeu de recherche Shadow of Memories et surtout Zone of the Enders, dont l’univers mécha est développé par Hideo Kojima, papa de la saga Metal Gear.

La longévité de la PlayStation 2 est telle que de très nombreux classiques sortent durant plusieurs années : on peut citer pêle-mêle les mythiques Metal Gear Solid 2 et 3, Tenchu La Colère Divine, les portages des Hitman et des Splinter Cell, Final Fantasy X et XII, Kingdom Hearts, Dragon Quest L’Odyssée du Roi Maudit, God of War I et II, SouCalibur II et III, Capcom versus SNK 2, les Dragon Ball Z Budokai, Grand Theft Auto III et ses héritiers, Jak & Daxter, Ratchet & Clank, Okami, Ico, Shadow of the Colossus, …

Les efforts de la GameCube de Nintendo et de la Xbox de Microsoft, pourtant bien plus performantes, n’ont jamais pu détrôner le leadership de Sony, dont la PlayStation 2 possède la ludothèque la plus impressionnante de l’histoire des consoles. Alors que la Xbox 360 débarque en 2005 et la Wii en 2006, la machine de Sony continue de se vendre par palettes et sort des jeux intéressants en Europe jusqu’en 2010, avec une retraite symbolisable par l’arrivée de Silent Hill Shattered Memories, même si des licences comme FIFA continuent à être éditées dessus jusqu’à la saison 2014. Avec plus de 160 millions d’unités écoulées, la PlayStation 2 demeure la console la plus vendue au monde, suivie de près par la Nintendo DS (154 millions).

En Avant, de Dan Scanlon

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Date de sortie : 4 mars 2020 (1h 40min)
Réalisateur : Dan Scanlon
Doubleurs français : Thomas Solivérès, Pio Marmaï, Maïk Darah, Juliette Degenne
Genre : Animation, fantastique
Nationalité : Américain
Compositeurs : Jeff Danna et Mychael Danna

Il est assez dommage que ce petit dragon de compagnie soit aussi peu présent tellement il s’avère drôle et attachant !

Toujours en avance et à la pointe quand il s’agit d’animation 3D, Pixar nous plonge cette fois-ci dans une aventure fantastique avec une époque médiévale baignée par la magie avec des elfes, des lutins, des licornes et toutes sortes d’effets spéciaux à base de flammes, d’eau et d’éclairs. Magie ensuite rudement mise à l’épreuve dans un XXIème siècle envahi par la technologie, les autoroutes et les téléphones mobiles ayant remplacé les vieux chemins pédestres et autres jeux en extérieur. On suit alors les aventures d’Ian et Barley Lightfoot, deux adolescents à la peau bleue vivant seuls avec leur mère Laurel. Si Barley reste très attaché à la culture ancestrale, aux monuments médiévaux et à l’esprit guerrier, son petit frère Ian est quant à lui plus moderne. Du haut de ses seize ans, il cherche surtout à être cool et à prendre suffisamment confiance en lui pour inviter des amis à sa fête d’anniversaire.

De superbes effets visuels pour mettre en lumière la magie.
Toute influence des élucubrations d’Internet serait purement fortuite…

En réalité, leur père est parti très tôt et leur a légué un mystérieux bâton avec une pierre et une formule pouvant soi-disant le ramener à la vie pour une journée. Très différents l’un de l’autres, les deux frères vont alors se lancer dans une quête digne d’un véritable jeu vidéo en monde ouvert afin de ramener leur père entièrement, la formule n’ayant pu laisser que la partie antérieure de son corps. Ce qui donne un aspect comique vraiment original et une superbe animation des jambes, qui parfois dansent et tentent de se mouvoir sans aucune reconnaissance visuelle. Le comique ressort aussi du contraste entre le monde actuel et celui du passé, notamment avec Corey la Manticore, doublée par l’ingénieuse Maïk Darah (Le Petit Dinosaure, Le Roi Lion), qui passe instinctivement de serveuse dans une taverne à véritable créature mythologique crachant du feu.

Une manticore chez Buffalo Grill, vous y croyez ?

Le policier centaure Colt Bronco est tout aussi drôle par le manque de maîtrise flagrant de son corps de cheval à l’intérieur (quand il renverse tout sur son passage) comme à l’extérieur (à quoi bon courir quand on a une voiture…). À travers cette magnifique histoire, le réalisateur Dan Scanlon (à qui l’on doit déjà le superbe Monstres Academy) traite de la confiance en soi à travers le personnage d’Ian, mais aussi de la fraternité dans la relation qu’il construit avec son frère, les deux se complétant l’un l’autre avec leurs appétences respectives lors d’épreuves dignes d’une véritable chasse au trésor. Les jambes de leur père s’avèrent être un véritable allié et s’ils parviennent à reconstituer son corps pour quelques secondes seulement, c’est pour mieux rappeler que la nature préfère ne pas admettre qu’un vivant puisse finalement rencontrer quelqu’un qu’il n’a jamais connu.

Sans confiance, pas de magie !
Propice à la méditation sur le sens de la vie…

C’est précisément pour cette raison que Barley, qui l’a un peu connu étant enfant, est le seul à pouvoir lui parler et le serrer dans ses bras, Ian devant se contenter de le voir de dos à distance à travers les débris du dragon de pierre qu’ils viennent de vaincre. Comme s’il l’imaginait dans un rêve, sa petite lucarne lui offre en fait la seule image qu’il se fait de lui à travers les souvenirs évoqués par sa mère et son frère. Une scène d’autant plus belle qu’éprouvante par la profonde tristesse qu’elle provoque. Par son joli compromis entre valeurs ancestrales et modernité, Pixar signe un nouveau film de grande qualité montrant que la rêverie et les nouvelles technologies peuvent tout à fait cohabiter si elles mettent à profit leurs bienfaits.

Sonic, de Jeff Fowler

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Date de sortie : 12 février 2020 (1h 39min)
Réalisateur : Jeff Fowler
Acteurs principaux : Jim Carrey, James Marsden, Tika Sumpter, Neal McDonough
Genre : Comédie, action, animation
Nationalité : Américain
Compositeur : Tom Holkenborg

Pour une fois, on peut être content que les fans aient été écoutés pour changer le design de Sonic.

Les adaptations de jeux vidéo se multipliant d’année en année au cinéma, c’est au tour du célèbre Sonic the Hedgehog de débarquer dans un film en prises de vue réelles intégrant des personnages animés. Dans la lignée d’un Pokémon Détective Pikachu, il a la particularité de transposer le scénario du jeu vidéo dans monde réel. Sonic devient alors un hérisson anthropomorphe qui s’est téléporté sur Terre grâce à un de ses anneaux (référence aux niveaux bonus des premiers jeux Sonic) afin d’échapper à d’étranges forces malveillantes cherchant à exploiter son pouvoir. Sa vitesse lui permettant de simuler toutes sortes d’activités à plusieurs, il s’éclate lors de séquences renforçant le comique de la narration avant de faire exploser le disjoncteur de la ville de Green Hills (référence au premier niveau du jeu de 1991) par excès de solitude.

Une très belle retranscription de l’emblématique Green Hill Zone !
Jim Carrey en mode Sergent Hartman !

Le scénario prend ensuite son envol alors que le gouvernement décide d’engager le Docteur Robotnik pour le traquer. Présenté comme un scientifique cinglé et tyrannique qu’il ne faut faire sortir de sa tanière qu’en cas d’extrême urgence, le personnage est admirablement incarné par Jim Carrey (Ace Ventura, Dumb & Dumber, Disjoncté), qui renoue avec une interprétation comique pourvue de grimaces et de dialogues délirants. Robotnik s’impose en effet d’emblée comme le nouveau commandant suprême devant sauver le monde d’une terrible menace en se permettant même de publiquement clouer le bec du major Bennington, joué par Neal McDonough (Street Fighter La Légende de Chun Li, Captain America First Avenger, Red 2).

Un air de Sonic Riders ?
En parlant d’X-Men, le film comporte aussi de très sympathiques scènes pendant lesquelles Sonic s’amuse alors que le temps est arrêté !

Le film se veut en bonne partie être une comédie familiale avec son humour bon enfant et l’amitié qui naît entre le hérisson et le shérif Wachowski, interprété par James Marsden (X-Men, Superman Returns, Il était une fois). Pour autant, les références au jeu vidéo de Sega sont nombreuses, à commencer par les anneaux d’or qui entourent le logo Paramount, le bruitage qui survient lorsque Sonic perd ses anneaux en prenant un dégât ou encore les dommages qu’il engendre en fonçant sous forme de boule. On trouve également le logo de la Saturn sur une carte que possède Sonic, un clin d’œil au personnage qui regarde sa montre quand on ne bouge pas pendant quelques secondes, le début du thème musical de la Green Hill Zone vers la fin et même la représentation très moche du hérisson appelée Sanic sur Internet.

Un véritable boss final !
Qui de mieux qu’un cinglé pour jouer le rôle d’un autre cinglé ?

En plus des superbes animations rétro des génériques, l’intérêt principal du film reste la prestation jouissive de Jim Carrey, arborant un Docteur Robotnik caractériel et obsédé par ses drones à la pointe avant de devenir le personnage exact du jeu vidéo. Le film respire ainsi grandement la légèreté des années 1990, jusqu’à une évidente référence à The Mask alors que Robotnik lance un bon vieux « Splendide ! », son rôle de savant fou n’étant pas non plus sans rappeler son interprétation d’Edward Nygma dans Batman Forever, allant jusqu’à danser ridiculement sur la chanson « Where Evil Grows » du groupe The Poppy Family. Avec un joli final renvoyant à la Mushroom Hill Zone du jeu Sonic & Knuckles et l’apparition d’un nouveau personnage bien connu, cette adaptation de Sonic s’avère être une belle réussite aussi bien financière que critique, rapidement suivi d’un deuxième film du même acabit.

The Gentlemen, de Guy Ritchie

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Date de sortie : 1er janvier 2020 (Royaume-Uni), 5 février 2020 (France)
Réalisateur : Guy Ritchie
Acteurs principaux : Matthew McConaughey, Hugh Grant, Charlie Hunnam, Henry Golding
Genre : Policier, gangster
Nationalité : Anglais
Compositeur : Christopher Benstead

Matthew McConaughey au top de sa forme !

Vingt ans après Arnaques, crimes et botaniques et Snatch, Guy Ritchie (Agents Très Spéciaux, Le Roi Arthur : La Légende d’Excalibur, Aladdin) revient à ses premières amours avec un film de gangster au style tarantinesque intitulé The Gentlemen. Le scénario prend place à Londres tandis qu’un baron de la drogue interprété par le charismatique Matthew McConaughey (Le Loup de Wall Street, Interstellar) sème le trouble en évoquant la possibilité de son retrait des affaires. Un prétexte inespéré pour donner lieu à toutes sortes de complots, trahisons ou autres chantages de divers mafieux afin de devenir le seul roi du pays.

Que mijote donc ce cher Fletcher ?
Le coffre d’une bonne voiture, toujours utile.

Le casting vaut son pesant d’or avec des acteurs de talent comme Hugh Grant (Pour un Garçon, Le Journal de Bridget Jones, Cloud Atlas), Charlie Hunnam (Crimson Peak, Le Roi Arthur : La Légende d’Excalibur, Papillon) et Colin Farrell (Les Animaux Fantastiques, Les Proies, Dumbo), Michelle Dockery (Non-Stop) apportant une touche féminine appréciable dans cet univers profondément viril. Complexe à appréhender, le scénario reste très agréable à suivre grâce à une réalisation de pointe comme seul Guy Ritchie sait le faire. Les clans se profilent tandis que l’on suit les différents protagonistes au travers de diverses situations présentées dans un ordre finement ficelé pour mieux renforcer l’intrigue.

Toucher à la femme de Mickey pourrait coûter très cher…
Confrontation classique entre anciens et plus jeunes recrues.

La violence est au cœur du récit et Henry Golding se démarque efficacement comme jeune héritier aux méthodes plus radicales. Les compositions de Christopher Benstead apportent autant d’intensité que de légèreté avec un certain comique qui en ressort lors de différentes scènes, comme celle de la poursuite du groupe de jeunes à travers les rues. Quinze ans après un Revolver en demi-teinte ne faisant pas vraiment honneur au style de Jason Statham, The Gentlemen s’impose comme un nouveau classique du genre grâce à sa superbe réalisation et au grand talent de ses acteurs.

Heavy Rain : le chef-d’œuvre de Quantic Dream célèbre ses 15 ans

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Date de sortie : 18 février 2010
Développeur : Quantic Dream
Concepteur : David Cage
Genre : Interactive novel

Nationalité : Français
Compositeur : Normand Corbeil
Console d’origine : PlayStation 3

Il y a 15 ans, un monument du jeu vidéo français débarquait en exclusivité sur PlayStation 3 pour consolider une ludothèque qui se faisait de plus en plus conséquente. Aboutissement de la vision émotionnelle et cinématographique du média chère à David Cage, Heavy Rain sublime le concept déjà avant-gardiste de Fahrenheit pour une nouvelle expérience mêlant scénario solide à embranchements et gameplay variant largement les QTE et les choix à conséquences plus ou moins déterminantes.

À cette époque où les consoles de salon de septième génération sont encore perçues comme décevantes par certains gamers à cause de la timidité des innovations et des productions devenant de plus en plus commerciales, au point de déchaîner de lourdes déceptions au sein même de sagas mythiques comme Metal Gear et Resident Evil, Heavy Rain fait partie de ces jeux qui osent bouleverser les codes pour mettre une véritable claque aux joueurs qui n’en attendent qu’un simple divertissement expérimental.

Avec un scénario policier pourtant classique et malgré une certaine lourdeur dans les déplacements, Quantic Dream est parvenu à profondément marquer l’histoire grâce à des acteurs fortement impliqués dans leur rôle et à de nombreuses scènes alternatives selon les choix effectués, les actions réussies et la survie des quatre personnages jouables, le tout sublimé par l’intensité des musiques de Normand Corbeil et par une intrigue obligeant à une méfiance envers le moindre individu croisé.

Son succès a rapidement inspiré d’autres studios ayant mis à profit leur propre patte artistique pour concevoir des jeux similaires, à commencer par Telltale Games avec plusieurs jeux issus de comics comme The Walking Dead, The Wolf among Us et Batman. On trouve aussi Dontnod et son enivrant Life is Strange, Supermassive Games qui joue sur les codes du slasher avec Until Dawn ou encore l’étonnant As Dusk Falls, dans lequel Interior Night remplace les scènes cinématiques par une succession d’images fixes sublimées par une direction artistique rappelant une bande dessinée.

Et si Heavy Rain a agacé bon nombre de joueurs férus de salles d’arcade en 2010 pour son statut hybride de film interactif, c’est bien parce que son succès lui a valu beaucoup de publicité tout en ayant su poser le débat de la frontière entre cinéma et jeu vidéo. Après tout, d’aucuns disaient de Dragon’s Lair en 1983 qu’il s’agissait d’un jeu vidéo et non d’autre chose, quand bien même le gameplay était autrement plus limité.

Vampire Forever, d’Howard Storm

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Date de sortie : 15 novembre 1985 (États-Unis)
Réalisateur : Howard Storm
Acteurs principaux : Jim Carrey, Lauren Hutton, Cleavon Little, Karen Kopins
Genre : Comédie fantastique
Nationalité : Américain
Compositeur : John Du Prez

La comtesse accompagnée de l’inénarrable Sebastian.

Parfois appelé Séduction à Pleines Dents depuis sa sortie relativement confidentielle en DVD, Once Bitten est une comédie fantastique réalisée par Howard Storm dans laquelle le jeune Jim Carrey concrétise son premier rôle principal en 1985, près de dix ans avant sa révélation au grand public dans The Mask. C’est en effet à la suite du succès européen de ce dernier que Pathé choisit de sortir en VHS deux films encore inconnus en France au beau milieu des années 1990 : Ace Ventura, Détective Chiens et Chats d’une part, et Once Bitten d’autre part. Le titre Vampire Forever fut inventé à l’occasion pour surfer sur le succès de Batman Forever, dans lequel Jim Carrey se déchaîne dans son incarnation d’Edward Nygma la même année. Le doublage français n’ayant été réalisé qu’en 1995, c’est bien Emmanuel Curtil qui prête sa voix à l’acteur avec sa petite folie reconnaissable dans ses intonations.

Le jeune Jim Carrey usait déjà de son irrésistible sourire !
Un décolleté plongeant sans soutif, la proie à sa merci !

Vampire Forever est un pur produit de la comédie américaine des années 1980 mettant en scène une bande de jeunes cherchant à conclure avec une fille. C’est notamment le cas de Mark qui, confortablement installé sur le siège avant de son camion glacier, tente de persuader sa petite amie Robin de passer à l’acte, qui bien sûr a encore besoin de temps, car on est dans un scénario des années 80 ! Parallèlement, une étrange comtesse jouée par la mannequin Lauren Hutton semble avoir besoin de sucer le sang d’un jeune-homme vierge pour conserver sa jeunesse éternelle. Son majordome Sebastian, interprété par Cleavon Little (Point Limite Zéro, Le Shérif est en Prison), lui apporte de bons conseils non sans humour grâce au doublage reconnaissable de Med Hondo (VF régulière d’Eddie Murphy, Rafiki dans Le Roi Lion).

Les grimaces avant l’heure !
« Salut, je m’appelle Russ, je suis sagittaire, j’aime le surf, les dîners aux chandelles et Tolstoï ! »

C’est lors d’une scène culte dans une sorte de cabaret favorisant les rencontres que, tandis que ses amis révisent leur discours de séducteur, Mark tombe nez à nez avec la comtesse. Pensant l’avoir conquise durant une nuit de folie sur un canapé, il adopte de plus en plus le comportement d’un vampire et doit trouver un moyen de rompre la malédiction avant d’être mordu trois fois. L’humour se veut assez kitsch entre des costumes et autres déhanchés des vampires, les rêves loufoques qui hantent Mark une fois mordu en haut de la cuisse, ou encore le cri qu’il fait en montrant les dents pour faire peur à des clients qui veulent une glace. De son côté, Sebastian apporte un ton très décalé à l’univers, et ce dès le début du film avec son thème musical presque envoûtant.

Vampire, vous avez dit vampire ?

Les gags chers aux années 80 sont également légion avec Russ et Jamie qui jouent les beaux parleurs pour enfin réussir à conclure. Le décalage entre leur discours et leur courage réel est notamment accentué lors de la scène de la laverie, pendant laquelle Russ prend peur face à une femme lui proposant d’utiliser une cravache au lit, tandis que Jamie se retrouve fourré à l’intérieur d’un sèche-linge. On peut aussi noter la scène de la douche, pendant laquelle ils tente de vérifier si leur ami Mark a bien été mordu près de l’entrejambe, les faisant immédiatement passer pour des homosexuels. Saupoudré de romance pour la présence de Karen Kopins et de rock branché avec la chanson du groupe 3-Speed, Vampire Forever fait partie de ces films cultes ayant mis en avant un acteur de talent plusieurs années avant ses premiers succès hollywoodiens.