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Emmanuel Delextrat

Emmanuel Delextrat
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Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…

Les Veuves, de Steve McQueen

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Date de sortie : 6 novembre 2018 (Royaume-Uni), 28 novembre 2018 (France)
Réalisateur : Steve McQueen
Acteurs principaux : Viola Davis, Michelle Rodriguez, Elizabeth Debicki, Colin Farrell, Liam Neeson
Genre : Thriller
Nationalité : Britannique
Compositeur : Hans Zimmer

 

Il paraît que l’amour est dans le pré…

Adaptation cinématographique de la série britannique Widows, Les Veuves est un thriller action ténébreux dans lequel quatre femmes qui ne se connaissent pas vont s’entraider pour se sortir de leur dette après la mort de leurs maris suite à un braquage qui s’est violemment terminé, mis en lumière par l’alternance entre le calme du passé et l’urgence de l’action au début du film. Le trio principal est interprété par Viola Davis (Prisoners, Suicide Squad, Fences), Michelle Rodriguez (Fast & Furious, Resident Evil, Machete) et Elizabeth Debicki (Gatsby le Magnifique, The Cloverfield Paradox), trois femmes bien différentes qui ont chacun leur rôle à jouer dans le scénario.

Oui c’est bien Shane de la série The Walking Dead !
Swag !

En parallèle, deux camps ennemis mènent une lutte sans merci pour une élection politique à Chicago. On trouve ainsi Colin Farrell (Phone Game, Minority Report, Dead Man Down), dont la famille a toujours eu l’habitude de régner, face à un noir surtout représenté par son bras droit Jatemme, joué par Daniel Kaluuya (Get Out, Black Panther) et réputé pour sa violence. Mais c’est surtout le rôle de Liam Neeson (Silence, The Secret Man Mark Felt, The Passenger) qui intrigue dans sa soi-disant mort au tout début et dont plusieurs éléments de l’intrigue révèlent bien des choses concernant son implication dans la campagne électorale. La réalisation est assez classique et le scénario plutôt brouillon, là où on pouvait attendre de bons rebondissements et une tension haletante. Le pitch final se trouve même assez prévisible et il est dommage que le film parvienne plutôt mal à se démarquer des autres thrillers du genre.

Les choses sérieuses commencent…

 

Bohemian Rhapsody, de Bryan Singer

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Date de sortie : 24 octobre 2018 (Royaume-Uni), 31 octobre 2018 (France)
Réalisateur : Bryan Singer
Acteurs principaux : Rami Malek, Gwilym Lee, Ben Hardy, Joseph Mazzello
Genre : Biopic, musical
Nationalité : Américain
Compositeur :  John Ottoman

Biopic musical réalisé par Bryan Singer (X-Men, Superman Returns, Jack le Chasseur de Géant), Bohemian Rhapsody ne relate pas moins l’histoire de Freddie Mercury que celle du groupe de rock Queen, qu’il intègre en 1970 après avoir rejoint le guitariste Brian May et le batteur Roger Taylor lors d’une soirée, alors qu’il s’appelait encore Farrokh Bulsara. Brillamment interprété par Rami Malek (Until Dawn, Mr Robot, Papillon), il met en lumière l’ascension du groupe avec de puissantes émotions bercées par des musiques devenues cultes comme « Another One bites the Dust », « Radio Gaga » et « We are the Champions ». C’est pourtant l’emblématique « Bohemian Rhapsody » qui donne son titre au film tant sa composition aura engagé le groupe vers la gloire.

Le caractère osé de son appellation, de ses paroles confuses et de sa durée atypique pour la radio est d’ailleurs pointé du doigt dans une séquence où Ray Foster refuse de porter leur disque et critique acerbement Freddie, qui ne peut s’empêcher de jouer sur l’humour british en lui balançant qu’il plaint vraiment sa femme si les six minutes lui paraissent si longues. Le plus drôle reste que Ray Foster est ici joué par Mike Myers, qui lui-même chantait la deuxième partie de « Bohemian Rhapsody » dans le film Wayne’s World plus de quinze années plus tôt, époque où les musiques du groupe avaient refait surface suite au décès de Freddie Mercury.

En voilà un qui a bien changé 😀

Interprétés par Gwilym Lee, Ben Hardy (Angel dans X-Men Apocalypse du même réalisateur) et Joseph Mazzello (le gamin dans Jurassic Park, The Social Network), les trois musiciens accompagnant Freddie sont très convaincants dans leur ressemblance et leur jeu d’acteur. L’évolution de l’enregistrement de « Bohemian Rhapsody » dans le studio est intelligemment montrée, notamment avec le perfectionnisme de Freddie, qui ne cesse d’insister pour que Roger Taylor chante de manière toujours plus aiguë, donnant lieu à une véritable cohésion de groupe lors des répétitions. Leur manager John Reid apparaît sous les traits d’Aidan Gillen (Game of Thrones, Blitz, Le Labyrinthe 2 et 3), et la femme de Freddie est jouée par Lucy Boynton (Le Crime de l’Orient-Express).

La solitude dans le groupe…

La vie personnelle du chanteur se trouve bercée par leur romance et la relation proche qu’ils entretiennent même après leur divorce. Son homosexualité est mise en avant de manière intelligente, sans aucun cliché ni besoin de scène érotique, laissant avant tout place aux sentiments qu’il éprouve tout au long de son évolution, avec une petite traversée du désert pendant laquelle il quitte le groupe pour se changer les idées dans une carrière solo. Le final du concert Live Aid de 1985 achève de marquer l’immense talent de Rami Malek, interprétant un Freddie enjoué par ses mouvements et ses chansons sur scène, tout en marquant une dernière émotion de tristesse alors qu’on apprend qu’il est atteint du SIDA, tout juste médiatisé à l’époque. Entraînant et touchant de bout en bout, Bohemian Rhapsody immortalise toujours plus le personnage en allant bien au-delà de la simple commande commerciale.

Halloween (2007) et sa suite de Rob Zombie

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Halloween (2007)

Date de sortie : 31 août 2007 (États-Unis), 10 octobre 2007 (France)
Réalisateur : Rob Zombie
Acteurs principaux : Daeg Faerch, Tyler Mane, Malcolm McDowell, Scout Taylor-Compton, Brad Dourif
Genre : Épouvante, slasher
Nationalité : Américain
Compositeur : Tyler Bates

Un masque réussi !

Près de trente ans après le premier Halloween, un remake voit le jour sous la direction de Rob Zombie, avec le choix de s’intéresser davantage à la psychologie du meurtrier. Pour cela, il tente d’expliquer la source du mal en humanisant le jeune Michael Myers alors âgé de dix ans, joué par Daeg Faerch. Pendant un prologue d’une demi-heure, on le voit malmené aussi bien dans sa famille qu’à l’école, entre ses camarades qui se moquent de sa mère strip-teaseuse, sa sœur qui refuse de s’occuper de lui, son beau-père qui ne fait rien d’autre de la journée que le regarder de travers et mal lui parler. La VF donne d’emblée un ton assez moyen au film à cause de la qualité très perfectible des interprétations et des insultes à tout-va couplées à l’énervement des personnages. Une des seules choses vraiment réussies est le masque de clown que porte Michael, pour son côté détourné assez flippant.

Un nouveau prototype déjà plus torturé…
Un véritable colosse

Interprété par Malcolm McDowell (Orange Mécanique, Caligula, Ken le Survivant), le docteur Loomis est largement représenté dans son rôle de pédopsychiatre et son jeu d’acteur reste au-dessus de la moyenne. Alors devenu adulte sous les traits de Tyler Mane (X-Men, Le Roi Scorpion, Troie), Michael Myers arbore un physique colossal et dérangé avec ses cheveux qui lui tombent sur le visage ; les différents masques omniprésents dans sa cellule représentent une des meilleures idées esthétiques du film. Il retrouve rapidement le masque originel d’Halloween et part à la recherche de sa sœur Laurie, toujours accompagnée de ses amies Kristina et Annie, jouée par Danielle Harris (Halloween 4 et 5, Daylight).

Laurie et ses amies, génération 2000…
Michael imperturbable

En plus des musiques qui retentissent de temps à autre, on trouve quelques scènes semblables à celle du film d’origine. Certaines sont même détournées, comme celle où le copain de Kristina fait lui-même le fantôme avec ses lunettes par-dessus un drap avant que Myers n’en fasse de même, mais le réalisateur n’insiste vraiment pas suffisamment dessus pour que ça ait un intérêt véritable. Le film se perd également dans quelques longueurs avec un affrontement final surjoué entre Michael et Laurie qui n’en finit plus dans la maison abandonnée des Myers puis à l’extérieur. Un remake d’Halloween correct mais assez dommageable à cause du manque de cachet de sa réalisation.

 

Halloween II (2009)

Date de sortie : 28 août 2009 (États-Unis), 31 mars 2010 (1h 41min)
Réalisateur : Rob Zombie
Acteurs principaux : Tyler Mane, Malcolm McDowell, Scout Taylor-Compton, Brad Dourif
Genre : Épouvante, slasher
Nationalité : Américain
Compositeur : Tyler Bates

La mise en scène du docteur Loomis

Suite du remake de Rob Zombie, ce nouvel Halloween II se concentre sur la reconstruction du personnage de Laurie Strode, un an après le massacre du premier film. Parsemé de bonnes idées, ces dernières ne sont malheureusement que trop peu mises en valeur pour tirer leur épingle du jeu. D’abord très proche de la suite du film d’origine, le scénario commence par l’invasion de l’hôpital avant de dévoiler qu’il s’agissait en fait d’un cauchemar de Laurie. Michael Myers est souvent montré sans son masque, avec un visage tellement différent qu’on se demande si c’est vraiment lui, semblant être devenu un colosse barbu capable de soulever une voiture à mains nues. On retrouve le shérif, sa fille Annie et le docteur Loomis, qui considère que Myers est bel et bien mort. Il a même droit à une conférence de presse et une séance de dédicace pour un livre qu’il a écrit sur le personnage, s’octroyant ainsi les foudres de certains proches des victimes. En cherchant toujours à étoffer le background du tueur, Rob Zombie choisit de placer du paranormal dans sa narration. On aperçoit ainsi plusieurs fois le jeune Michael ainsi que sa mère brillant comme un fantôme aux côtés de Myers, allant jusqu’à hanter Laurie au point de croire qu’ils sont réellement présents.

Une tentative fantastique pas vraiment valorisée
Du gore parfois un peu trop présent

Tout comme son prédécesseur, le film souffre d’une réalisation très lambda avec un langage parfois vulgaire et des clichés qui s’empilent. On trouve des filles qui ne pensent qu’à aller s’éclater en boîte pour oublier leurs malheurs, d’autres qui crient comme des folles pour appeler à l’aide et de nombreux personnages qui se font tuer bêtement suite à une absence. La palme revenant au mec qui doit aller pisser avant de coucher avec sa nana d’un soir car il a bu trop de bières (Uwe Boll et son chef-d’œuvre nanardesque House of the Dead te remercient pour cet hommage). Les meurtres de Myers ne sont vraiment pas inventifs et ce dernier est bien trop acharné sur ses victimes pour gagner en crédibilité. /!\ SPOILERS /!\ La manière dont Laurie apprend ses liens avec le tueur frise le ridicule, achevant de casser l’interprétation de Scout Taylor-Compton, pourtant pas si mauvaise dans le premier film. Semblant vouloir en finir avec ses souffrances, elle se fait elle-même passer pour responsable en enfilant le masque du tueur sur la fin et on la retrouve dans l’asile avec un sourire malsain aux lèvres, typique des idées intéressantes qui ne sont absolument pas valorisées par la réalisation. Une suite très inégale et au final assez moyenne du remake d’Halloween.

Final intéressant mais assez mal amené…

 

The Thing (1982) de John Carpenter

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Date de sortie : 25 juin 1982 (Amérique du Nord), 3 novembre 1982 (France)
Réalisateur : John Carpenter
Acteurs principaux : Kurt Russell, Thomas Kent Carter, Wilford Brimley, Keith David
Genre : Science-fiction, épouvante
Nationalité : Américain
Compositeur : Ennio Morricone

De sympathiques panoramas de glace.

Troisième film majeur de John Carpenter après Halloween et New York 1997, The Thing est un film de science-fiction horrifique largement inspiré d’Alien Le Huitième Passager, sorti trois ans plus tôt, dans lequel un groupe de chercheurs américains enquête sur la mort d’une équipe de recherche norvégienne dans une station en Antarctique. Ils vont rapidement être confrontés à une forme de vie extraterrestre métamorphe qu’ils appellent « la chose », capable de reproduire l’apparence des êtres vivants. Le premier rôle est porté par Kurt Russell (New York 1997, Les Aventures de Jack Burton dans les Griffes du Mandarin, Tango et Cash) tandis qu’un de ses coéquipiers est interprété par Keith David (Platoon, Mort ou Vif, Mary à Tout Prix).

Une véritable vision d’horreur…
Prudence et méfiance deviennent de mise.

La créature a à peine le temps d’être autopsiée qu’elle disparaît pour mettre en œuvre sa stratégie de survie. Sa faculté d’imitation est vraiment bien montrée, elle commence par des chiens avant de s’attaquer à un premier homme, que l’on découvre avec des mains sanglantes et monstrueuses, poussant un cri inhumain en ouvrant grand la bouche comme quelqu’un qui meurt de peur. Le rendu du gore et du difforme est impressionnant pour l’époque : les apparences de la chose en train d’imiter un humain font froid dans le dos, sans parler du visage du chien qui s’ouvre et des traces rouges qu’elle laisse sur l’espèce de bâche dans laquelle elle a été placée.

Kurt Russell magistral.
Le versus final comme si tout allait bien…

Chacun se méfie alors de ses coéquipiers et la paranoïa gagne rapidement le groupe. Les scènes de tension sont très efficaces et se voient sublimées par les musiques angoissantes d’Ennio Morricone, qui montent très lentement en intensité. /!\ SPOILERS /!\ Alors qu’ils meurent les uns après les autres et brûlent ceux qu’ils estiment être contaminés grâce à des tests de réaction, ils ne se retrouvent plus qu’à deux dans un semblant d’accalmie qui montre aux meilleurs observateurs que la chose est bien dans l’un d’eux, et le non infecté l’a bien compris. The Thing s’impose alors comme un très bon film qui a su inspirer à son tour de nombreux réalisateurs (Quentin Tarantino pour Reservoir Dogs et Les Huit Salopards) ainsi que plusieurs jeux vidéo, à commencer par le premier Resident Evil, ou encore Dead Space.

Halloween (1978) de John Carpenter, et sa suite de Rick Rosenthal

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image la nuit de smasques halloween

 

Date de sortie : 27 octobre 1978 (États-Unis),14 mars 1979 (France)
Réalisateur : John Carpenter
Acteurs principaux : Jamie Lee Curtis, Donald Pleasence, Tony Moran, Pamela Jayne Soles
Genre : Épouvante, slasher
Nationalité : Américain
Compositeur : John Carpenter

 

La Nuit des Masques

 

Des plans assez terrifiants pour 1978

Film d’horreur majeur des années 1970 pour avoir véritablement lancé le sous-genre du slasher (mettant en scène les meurtres d’un psychopathe généralement masqué qui élimine méthodiquement un groupe d’individus à l’arme blanche) deux ans avant Vendredi 13 et six ans avant Les Griffes de la Nuit, Halloween La Nuit des Masques est également le premier film horrifique de John Carpenter, réalisateur des futurs Fog, New York 1997 et The Thing. Le scénario prend d’abord place lors de la nuit d’Halloween de 1963 dans l’Illinois, alors qu’un mystérieux personnage en vue à la première personne assassine sa sœur en utilisant un couteau de boucher. L’intrigue choque d’emblée alors qu’on se rend compte qu’il s’agit en réalité d’un enfant de six ans caché derrière un masque de clown, donnant ainsi naissance au tueur Michael Myers, qui revient quinze ans plus tard sur les lieux de son crime après avoir fui l’asile.

Le manoir de Resident Evil
C’est toujours bon d’avoir un couteau de boucher chez soi, juste au cas où…

La mise en scène est très bonne, avec quelques travellings et des vues de dehors ou de dedans montrant le tueur masqué en fond, ou simplement sa silhouette lointaine qui disparaît quand quelqu’un d’autre regarde, procédé grandement repris par moult films. Halloween lance la carrière de Jamie Lee Curtis (Fog, True Lies, Virus) avec le rôle de Laurie Strode, lycéenne ordinaire qui garde des enfants avec ses deux amies Annie et Lynda. Cette dernière est jouée par Pamela Jayne Soles, qui avait déjà une petite expérience d’horreur avec Carrie au Bal du Diable. On trouve également Donald Pleasence (La Grande Évasion, On ne vit que Deux Fois, Dracula), psychiatre à la recherche du tueur aux côté du shérif.

Une thérapie spéciale au flingue
Michael Myers n’est jamais loin

Le film est largement porté par la paranoïa de l’héroïne, rudement mise à l’épreuve par les différentes apparitions de Myers, aussi bien de loin avec son masque tout juste visible, que de près sous des plans suggestifs. Carpenter a composé lui-même la musique au piano : le thème principal retentit plusieurs fois pour rappeler que le danger n’est jamais loin. D’autres mélodies horrifiques et leurs reprises font encore plus d’effet lors de scènes intrigantes. Le sous-genre du slasher est également marqué par la mise en scène des meurtres (coups de couteau, étranglement avec un fil de téléphone) et de la trouvaille des cadavres, pendus par les pieds ou recroquevillés dans un placard. La figure du tueur qui se relève plusieurs fois après avoir reçu plusieurs balles et qui finit par disparaître deviendra aussi récurrente. Un classique d’une grande influence pour son époque !

 

 

La Nuit la Plus Terrifiante

 

Date de sortie : 30 octobre 1981 (États-Unis),16 juin 1982 (France)
Réalisateur : Rick Rosenthal
Acteurs principaux : Jamie Lee Curtis, Donald Pleasence, Dick Warlock, Pamlea Susan Shoop
Genre : Épouvante, slasher
Nationalité : Américain
Compositeur : John Carpenter, Alan Howarth

 

Le mec que seul le spectateur repère !

Sorti trois ans après le grand classique du slasher, Halloween 2 démarre directement après la fin du premier volet, lors de la nuit menant au jour de la Toussaint, et commence même par un rappel des circonstances de la neutralisation de Michael Myers avant qu’il ne disparaisse à nouveau. Le film suit exactement le même ton mais en se concentrant petit à petit vers le huis clos, alors que le scénario prend place dans l’hôpital où a été amenée Laurie. Jamie Lee Curtis et Donald Pleasance reprennent leurs rôles dans une ambiance pesante avec de nombreux plans suggestifs. Le background est renforcé par l’apparition d’un dossier caché, dissimulant un lien surprenant entre Laurie et Michael.

L’hôpital, lieu glauque rêvé
Les yeux percés ne l’arrêtent pas !

Si Carpenter laisse sa place à Rick Rosenthal tout en prenant la casquette de producteur, on retrouve bien sa patte artistique dans les apparitions et les meurtres de Myers, sans parler des musiques récurrentes ici reprises avec un timbre plus cinglant. Le film vaut vraiment pour l’inventivité de sa mise en scène : le tueur apparait souvent subrepticement (l’ombre derrière un rideau de douche, son masque blanc dans le noir après la découverte d’un cadavre) et commet des meurtres variés (gorge coupée au premier plan, seringue dans l’œil, étranglement en silence en arrière-plan, visage ébouillanté) qui crèvent l’écran. Une suite qui a du sens !

Le Parrain, trilogie mythique de Francis Ford Coppola

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Le Parrain

 

Date de sortie : 24 mars 1972 (Amérique du Nord), 18 octobre 1972 (France)
Réalisateur : Francis Ford Coppola
Acteurs principaux : Marlon Brando, Al Pacino, James Caan, Robert Duvall
Genre : Drame, thriller
Nationalité : Américain
Compositeur : Nino Rota

Vito Corleone, le boss des boss

Sous l’objectif de Francis Ford Coppola (Conversation Secrète, Apocalypse Now, Dracula), Le Parrain est une adaptation du roman éponyme de Mario Puzo, sorti trois ans plus tôt. Grande référence du film de gangster, il raconte l’ascension de Michael Corleone, rôle ayant révélé Al Pacino (Un Après-Midi de Chien, Scarface, Dick Tracy), dans une famille mafieuse impitoyable dominée par son père Vito (d’où le titre d’origine The Godfather), interprété par Marlon Brando (Jules César, Superman, Apocalypse Now).

 

 

Le jeune Michael, en passe de devenir parrain

Le Parrain narre cet aspect du New York d’après la seconde guerre mondiale à travers cinq familles qui font leur fortune dans différentes activités, dont le trafic de drogue. Entre refus d’association, désaccords au sein d’une même famille et représailles pour une lutte de pouvoir, le film tient le parfait scénario classique dont la complexité dévoile tout son intérêt dans la psychologie des personnages. Du haut ses trois heures, le film parvient à être prenant malgré la lenteur de certaines séquences et un vieillissement certain.

L’impitoyable mafia

On retient surtout des passages-clés comme le mariage de la fille de Vito avec un bookmaker qui s’avère violent par la suite, le courage impétueux de Michael qui venge la tentative d’assassinat de son père en allant jusqu’à liquider un policier ripou, le meurtre de sa femme en Sicile et son retour aux États-Unis qui montre que c’est bien lui qui est devenu le boss. Si Marlon Brando a une certaine prestance dans le rôle du grand parrain de la mafia (tout comme dans sa vie personnelle lorsqu’il s’occupe de son petit-fils), c’est bien Al Pacino qui tire son épingle du jeu avec le début d’une longue série de rôles d’anthologie au cinéma. Un grand classique !

 

 

 

Le Parrain 2

 

Date de sortie : 18 décembre 1974 (Amérique du Nord),27 août 1975 (France)
Réalisateur : Francis Ford Coppola
Acteurs principaux : Al Pacino, Robert de Niro, Diane Keaton, Robert Duvall
Genre : Drame, thriller
Nationalité : Américain
Compositeur : Nino Rota

Le jeune Vito Corleone, immigrant à Ellis Island

Suite directe du premier, Le Parrain 2 conte la suite des affaires de Michael Corleone qui, en voulant jouer au dur comme son père mais à une époque différente, va peu à peu s’éloigner de ses proches (allant jusqu’à violemment gifler sa femme quand elle lui annonce qu’elle n’a pas fait de fausse couche mais un avortement) et mettre la vie de tous en danger, notamment lors de la tentative d’assassinat par la fenêtre de sa chambre. De nombreux flash-back dévoilent le passé de Vito Andolini, d’abord enfant lors de son immigration à Ellis Island (où il écope du nom de famille Corleone par rapport à sa ville natale), puis jeune adulte sous les traits de Robert De Niro (Taxi Driver, Il était une fois en Amérique, Les Incorruptibles), en quête de se venger de celui a osé lui laisser la vie sauve après avoir tué son père tout en bâtissant la future fortune de la famille Corleone.

Vito devenu adulte, préparant sa vengeance
Il est désormais clair que c’est lui le boss…

Toujours aussi longue, cette suite est surtout bien plus accrocheuse et dynamique grâce à la prestance magistrale d’Al Pacino et au charisme naissant de Robert De Niro. Si on retrouve le thème de l’amour sous un timbre différent vers la fin du film, ce dernier est parsemé de nombreuses autres mélodies très marquantes, à commencer par une introduction morose et nostalgique au ton très rétro qui vire à quelque chose de plus joyeux (« The Immigrant »). Une beauté musicale qui perdure jusqu’à l’enivrant générique de fin de Nino Rota faisant suite à la solitude contemplative et douloureuse de Michael, aussi bien dans le présent au parc de Lake Tahoe que dans le passé récent lors d’un repas de famille. Un film grandiose.

 

Le Parrain 3

 

Date de sortie : 25 décembre 1990 (Amérique du Nord), 27 mars 1991(France)
Réalisateur : Francis Ford Coppola
Acteurs principaux : Al Pacino, Andy Garcia, Talia Shire, Eli Wallach
Genre : Drame, thriller
Nationalité : Américain
Compositeur : Carmine Coppola

 

Un duo margistral

Il aura fallu attendre le tout début des années 1990 pour enfin voir paraître le dernier volet du Parrain, avec un Al Pacino cinquantenaire fort de son expérience au cinéma. Dans la droite lignée de la saga, ce troisième film met en scène un Michael Corleone fatigué des activités mafieuses de sa famille et désirant se réhabiliter aux yeux de la société, en négociant notamment avec des haut-placés de l’Église. Bien qu’il parvienne à vendre ses affaires illégales, son passé le rattrape et ses concurrents commencent à viser ses points faibles. Le film vaut beaucoup pour l’interprétation d’Andy Garcia (Les Incorruptibles, L’Enjeu) en tant que neveu de Michael voulant prendre la relève tout en se rapprochant fortement de la fille de son oncle Mary Corleone, jouée par Sofia Coppola. Cette dernière avait déjà fait une apparition dans les deux premiers volets, ainsi que dans le court-métrage Frankenweenie de Tim Burton. Parmi les parrains d’autres familles se cache même Eli Wallach, bien connu pour son rôle dans Les Sept Mercenaires et son interprétation de Tuco dans Le Bon, la Brute et le Truand.

L’ambition d’un jeune premier
Le final à l’opéra

Tout aussi poignant que le deuxième épisode, le film se veut également plus moderne dans sa réalisation tout en conservant l’esprit si particulier de la saga, avec de tristes mélodies et une réflexion particulière sur le sens de la famille, allant jusqu’à l’inceste concernant Vincent et Mary. Une union qui déplaît fortement à Michael bien qu’aucun acte de violence ne soit étonnamment à relever à ce niveau. Le final à l’opéra manque cependant de clarté entre les nombreux assassinats dans l’ombre et le complot que semblent mettre en place Vincent et sa mère. Malgré une fin brutale mais assez expéditive comme si Coppola n’avait pas pu aller au bout de son idée, Le Parrain 3 reste très réussi et parvient à brillamment conclure cette saga d’anthologie.

The Master, de Paul Thomas Anderson

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Date de sortie : 21 septembre 2012 (États-Unis), 9 janvier 2013 (France)
Réalisateur : Paul Thomas Anderson
Acteurs principaux : Joaquin Phoenix, Philip Seymour Hoffman, Amy Addams
Genre : Drame
Nationalité : Américain
Compositeur : Jonny Greenwood

À ma chère Isa disparue

Les premières minutes et leur modélisation d’une femme nue sur la plage

Drame à la narration atypique plongeant le spectateur dans un questionnement certain, The Master met en scène le brillant Joaquin Phoenix (Her, A Beautiful Day, Joker) dans la peau de Freddie, un vétéran de la seconde guerre mondiale à l’esprit ravagé par les horreurs de la bataille du Pacifique. Ayant bien du mal à contenir la violence qu’il a en lui, il tombe sur la coupe de Lancaster, un homme menant un étrange mouvement religieux interprété par Philip Seymour Hoffman (Dragon Rouge, Mission Impossible III, Hunger Games L’Embrasement). À l’instar d’un Rambo ou d’un Démineurs, The Master dépeint le thème de la lutte pour l’adaptation d’un ancien soldat à une société d’après-guerre, avec un personnage principal troublé, alcoolique et violent aussi bien physiquement que verbalement avec les nombreux propos salaces qu’il exprime.

Le goût du danger…

Lancaster fait preuve d’un certain charisme lors de nombreux face à face filmés de près entre les deux personnages, pendant lesquels il pose plusieurs questions à Freddie, parfois très personnelles voire provocatrices en adoptant un ton autoritaire, et en les répétant souvent plusieurs fois pour jauger sa crédibilité. Sa fille Peggy, jouée par Amy Adams (Arrête-Moi si tu Peux, Il Était une Fois, Man of Steel), apporte un peu de féminité à ce récit si brutal, notamment à travers quelques plans érotiques qui vont de pair avec les propos osés du film. Du haut de ses deux heures passées, The Master tient un bon rythme mais reste difficile à suivre et suffisamment complexe pour ne pas être mis dans n’importe quelles mains.

Adventures of Mana, de Square-Enix

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Date de sortie : 4 février 2016 (Japon),
28 juin 2016 (Occident)

Développeur : Square-Enix
Concepteur : Masaru Oyamada
Genre : Action-RPG

Nationalité : Japon
Compositeur : Kenji Ito
Console : PlayStation Vita (dématérialisé)

L’anglais, c’est parfois pas plus mal pour les noms propres !

Pour les vingt-cinq ans de la saga Seiken Densetsu, et alors que la série enchaînait des jeux toujours plus risibles depuis une dizaine d’année entre les très moyens Children et Heroes of Mana sur Nintendo DS, la catastrophe Dawn of Mana sur PlayStation 2 et les innommables Friends, Circles et Rise of Mana sur téléphone portable japonais, Square-Enix commence sa restructuration en revenant aux origines de la légende. C’est ainsi qu’arrive un nouveau remake du premier épisode qui avait fait les beaux jours de la Game Boy en 1991, cette fois-ci sur iOS et PlayStation Vita en dématérialisé, sobrement renommé Adventures of Mana. Loin d’être une claque avec ses graphismes se rapprochant des capacités d’une PlayStation Portable, et contrairement à Sword of Mana, il s’agit d’un remake extrêmement fidèle au matériau d’origine avec une 3D rudimentaire mais non sans charme, pourvue de personnages en SD et d’une direction artistique colorée conforme à l’esprit de la saga. Les ennemis sont bien modélisés et leur IA est moins chaotique même s’il leur arrive de passer à travers les décors et d’apparaître au même endroit que Sumo lors d’un changement d’écran.

De sympathiques dialogues avec les personnages mis en avant.
Le menu en forme d’anneau qui avait fait ses preuves dans Secret of Mana.

L’animation des personnages reste simple avec de petites cinématiques de dialogue très posées, celle des ennemis étant bien plus dynamique. Contrairement au portage iOS de Secret of Mana, le jeu n’a été traduit qu’en anglais mais le confort ne s’en trouve pas trop perturbé étant donné la facilité d’accès des textes. Si les déplacements et les attaques au tactile ne sont pas ce qu’il y a de plus ergonomiques, la version PS Vita permet une jouabilité digne de ce nom grâce au joystick, à la croix directionnelle et aux boutons pour retrouver les sensations d’antan. Là où le tactile peut s’avérer pratique, c’est pour l’affichage du plan (un radar étant toujours visible en haut à gauche), dans l’assignation de trois actions à des raccourcis et concernant la navigation du menu des objets, qui emprunte le système annulaire de Secret of Mana avec un demi-cercle sur le côté droit de l’écran classant les armes, les armures, les objets et les sorts.

Quoi ? Vous aviez déjà vu ce vampire quelque part ? En êtes-vous bien sûr !?
Vous ne pensiez tout de même pas échapper au chariot sur rails !

Adventures of Mana reprend le double bruitage reconnaissable du changement de lieu et le jingle du level up de Mystic Quest, mais il emprunte également les bruitages des menus de Secret of Mana, comme pour marquer encore davantage la proximité qu’il a avec ce dernier. L’intégralité des musiques a été remixée pour un résultat d’une intensité saisissante, loin des grésillements du processeur sonore de la Game Boy Advance. Le gameplay reste identique avec des déplacements plus souples et facilité par le joystick de la console. La difficulté est malheureusement encore revue à la baisse, les ennemis étant moins agressifs et les compétences se boostant davantage. La barre d’attaque spéciale avance assez rapidement dès le début du jeu et les boss sont très facilement battables en bourrinant, quoi que certains soient parfois difficiles à toucher. Si ce nouveau remake n’était pas vraiment attendu et aurait pu être bien plus ambitieux, il reste très agréable à plus d’un titre et permet un joli dépoussiérage technique du jeu d’origine.

Un compagnon dont on se souvient…

 

Sword of Mana, un remake de grande qualité

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Date de sortie : 29 août 2003 (Japon), 1er décembre 2003 (États-Unis), 18 mars 2004 (Europe)
Développeur : Brownie Brown
Concepteur : Koichi Ishii
Genre : Action-RPG

Nationalité : Japon
Compositeur : Kenji Ito
Console : Game Boy Advance

Un choix dont dépend cette fois-ci une partie de l’aventure

Après quatre jeux très réussis malgré une qualité globale descendante, Squaresoft (entre temps devenu Square-Enix) penche sur un nouveau titre intitulé Shinyaku Seiken Densetsu, qui a la particularité d’être un remake de l’épisode fondateur, sorti en 1991. Intitulé Sword of Mana en Occident, il cherche à prendre son indépendance sur Final Fantasy et il subit de profonds changements au point d’effacer tout élément de ce dernier (exit le Chocobo et la transformation en Mog) et arbore la direction artistique propre à la saga. Les musiques remixées se reconnaissent immédiatement et restent de grande qualité malgré la faiblesse du processeur sonore de la Game Boy Advance. Certains noms sont même modernisés : c’est notamment le cas de Roi Noir, qui devient ici le Chevalier Noir, avec une identité fort intéressante cachée derrière son masque.

L’arène et son premier boss ont bien changé
Trois Liévro pour le prix d’un !

Le système de jeu met de côté ce qui faisait le charme de Mystic Quest et reprend les armes classiques de la série (avec cependant la présence de la faucille, du fléau et de la chaîne, l’épée étant réservée au héros et le bâton à l’héroïne), qu’on trouve souvent en battant de nouveaux monstres dans une pièce. On retrouve également les huit esprits magiques, avec chacun une compétence de soutien une offensive. S’il est possible d’augmenter leur niveau proportionnellement à leur utilisation, elles restent grandement sous-exploitées car elles servent surtout à détruire des sceaux pour avancer. Le joueur les obtient généralement après avoir battu un boss, et ce tout au long du jeu (Ombre se trouve par exemple peu avant les derniers donjons). Si l’on peut toujours donner plusieurs coups à la suite sans la moindre jauge ATB, frapper un ennemi augmente une jauge permettant d’utiliser une attaque spéciale. Sword of Mana intègre même de petits éléments de plates-formes, octroyant la possibilité de sauter et de se baisser : sympathique, mais plutôt gadget. Très simple d’accès, le jeu se veut bien trop facile lorsque l’on prend le temps d’affronter chaque ennemi sur notre route. Si certains combats de boss sont assez intenses, d’autres peuvent être pénibles étant donné la difficulté d’accès aux points sensibles, et un certain nombre se terminent très rapidement si le joueur utilise une arme puissante.

Cette fameuse falaise…
Superman is back !

Le level design évolue dans le sens de la saga avec des donjons plus agréables et moins labyrinthiques. Les villes sont agrandies et obtiennent plus de caractère. La map ressemble néanmoins davantage à une accumulation de zones : on perd ainsi le sentiment de liberté très agréable de Mystic Quest mais on retrouve quelque peu le charme de Secret of Mana avec un thème principal mythique et des panneaux indiquant les différents lieux de l’aventure. Certains donjons deviennent des lieux plus emblématiques : l’antre du vampire s’appelle désormais le Manoir Vinquette et le comte Lee a sa place dans le scénario comme meilleur ami de Granz, le chevalier Gemme qui a vaincu Vandole par le passé. On retrouve également le vendeur itinérant Niccolo, ainsi que P’tit Cactus de Legend of Mana avec une serre que l’on peut ériger afin de forger son équipement et avoir un résumé des événements sous forme de journal. En mélangeant deux graines, on récolte des fruits et des légumes auprès de l’arbre Trent, indispensables pour améliorer les armes en plus de matériaux trouvés ailleurs. Si ce système ne fonctionne pas trop mal, il reste assez brouillon et peu intuitif étant donné la recrudescence d’objets que l’on ramasse sans arrêt dans des coffres ou lootés par les ennemis.

Le passage du vaisseau, largement mieux mis en valeur
Et heureusement pour lui, c’est un héros de RPG !!

Les statues de Trials of Mana sont également de la partie pour les sauvegardes, les dorées rechargeant également les points de vie et de magie. Chaque level-up permet de choisir les statistiques à privilégier entre différents types d’évolution symbolisés par les fonctions de guerrier, de moine, de magicien, de sage et de voleur. Il n’est possible de revenir en arrière que très tard dans le jeu, à partir du moment où les voyages canons sont opérationnels. Cela ne représente cependant que peu d’intérêt car les quêtes secondaires proposées sont très monotones, souvent résumées à aller chercher des objets ou distribuer des pubs. Sword of Mana se trouve donc un peu trop linéaire, là où Mystic Quest permettait de revenir n’importe où avec le Chocobo pour trouver des zones cachées sur la map.

Les voyages-canon, qui arrivent assez tardivement

Le scénario est largement enrichi de nombreux dialogues, d’un background bien plus approfondi pour les personnages et du choix entre le héros et l’héroïne pour parcourir le jeu, modifiant certains passages dans l’avancée (notamment celui de l’aéronef, où un long dialogue s’installe entre l’héroïne et le Chevalier Noir). Il y a par exemple une assez longue introduction avant le combat contre le premier boss, où les conditions de vie sont discutées entre le héros, Willy et Amanda ; encore avant, un cauchemar montrant le passé où l’on voit le héros tenter de fuir avec l’héroïne, et ses parents se faire tuer par le Chevalier Noir, dont il veut alors se venger. La dualité entre les deux personnages est bien mieux mise en avant grâce à des dialogues assez forts à chacune de leur rencontre. Le Chevalier Noir s’avère n’être qu’un masque derrière lequel se cache le prince Strall, fils de Granz et de Médusa (qui n’était qu’un simple boss dans Mystic Quest), une Mavole tourmentée par son union interdite avec un humain. Sans le savoir, le héros tue alors la mère de Strall en la combattant, répétant ainsi ce que lui avait fait ce dernier. Si sa mort est encore plus épique sur le toit du château au milieu du jeu, le combat reste ridiculement facile.

De très jolis combats de boss
P’tit Cactus n’est pas loin

Julius a quant à lui un physique moins inspiré (on dirait le héros en mode obscur) mais reste assez subtil pour son apparition plus tardive (dans la salle des cercueils du Manoir Vinquette, sans savoir à qui on a à faire), le miroir qui dévoile en lui la réincarnation de Vandole quand il se brise, les apparitions de son ombre et sa tentative de soumettre le héros au pouvoir des ténèbres. Son combat de fin est plus intéressant car sa dernière forme ne peut pas être frappée tout le temps. Deathjester effectue lui aussi son retour sous les traits d’Avale-Mort, un personnage proche de La Mort de Castlevania qui ne prend pas parti dans le conflit, étant simplement là pour récolter des âmes. Les anciens chevaliers Gemme Bogard et Cibba sont aussi bien plus présents, et Watts devient carrément notre forgeron dans la serre. Un autre élément de scénario intéressant concerne l’épée Mana, qui s’avère ici être une simple épée rouillée sans qu’aucun pouvoir ne la réveille, la bravoure venant des épreuves relevées par le héros pour aller la trouver.

Le charme par l’effroi !
Le Chevalier Noir, éternel rival

Assez ambitieux, bancal sur quelques points mais très réussi dans son ensemble, Sword of Mana est un remake assumé qui transforme considérablement son modèle tout en le repensant et en enrichissant son univers pour mériter sa place parmi les meilleurs jeux de la Game Boy Advance, aux côtés de The Legend of Zelda the Minish Cap et de Castlevania Aria of Sorrow. Il signe également la fin de la qualité de cette saga mythique pour de nombreuses années, les épisodes suivants s’avérant de plus en plus médiocres sur DS et PS2.

La tentative de corruption au cœur du scénario

Legend of Mana, de Squaresoft

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Date de sortie : 15 juillet 1999 (Japon), 7 juin 2000 (États-Unis), 24 juin 2021 (Europe)
Patch de traduction française : 27 décembre 2010
Développeur : Squaresoft
Concepteur : Koichi Ishii
Genre : Action-RPG

Nationalité : Japon
Compositrice : Yoko Shimomura
Console : PlayStation

Les débuts de la worldmap

Après trois épisodes sur consoles Nintendo, la roue tourne pour le constructeur qui se met dans une situation difficile au vu des éditeurs tiers avec la Nintendo 64. Comme de nombreux développeurs, Squaresoft passe sur la PlayStation de Sony mais conserve le choix d’un Seiken Densetsu en deux dimensions. Sorti le 15 juillet 1999 au Japon et l’année suivante aux États-Unis, Legend of Mana n’arrive officiellement en Europe qu’en 2021 sur Switch, PlayStation 4 et Steam avec une traduction française enfin officielle. Il s’impose d’emblée comme un des jeux les plus enchanteurs de la machine, avec une direction artistique à couper le souffle et des musiques d’une beauté sans pareille par Yoko Shimomura (connue pour ses compositions sur Street Fighter II, Breath of Fire, Parasite Eve et les futurs Kingdom Hearts). Le scénario est assez difficile à suivre car contrairement aux RPG classiques, les événements ne sont pas racontés de manière linéaire. Dans le monde de Fa’Diel, le héros est amené à faire renaître l’Arbre Mana, symbole du désir et de l’amour des êtres humains. La symbolique est forte car le joueur doit reconstruire le monde en permettant aux habitants de s’épanouir via divers désirs que l’on retrouve dans les nombreuses missions a priori disparates. Le joueur a le choix entre incarner un garçon et une fille, sans incidence particulière pour la suite de l’aventure ; dans le manga, le héros s’appelle Toto et l’héroïne Imu. Il est parfois possible de recruter un autre personnage (dont le héros non choisi) pour explorer les donjons.

Un choix cornélien, ou presque
Home sweet home

La carte invite le joueur à y placer sa maison où il le souhaite : il peut ensuite y sauvegarder la partie et consulter une encyclopédie pour mieux cerner le scénario au fil du jeu. Sa portée philosophique est d’ailleurs intéressante dans le sens où, quand bien même quelques héros sont au centre du destin, c’est bien l’ensemble des habitants de Fa’Diel qui peuvent, par leur amour et leur imagination, provoquer sa renaissance. Les huit esprits élémentaires sont dès le début présents sur la carte, mais ils ne servent à aucun moment comme magie durant les combats, ce qui est assez dommage. La particularité du jeu est que l’on reçoit petit à petit des reliques à placer pour reconstituer les villes et les donjons, ce qui n’est pas sans rappeler l’excellent Soul Blazer d’Enix, ou encore le futur Dark Cloud de Level-5. Elles sont très inventives et symbolisent le lieu qu’elles vont créer : on trouve par exemple une boîte aux lettres à l’ancienne pour la maison, des petites maisons faites de cubes en bois pour le premier village Domina, un œuf de jade pour les cavernes de Mekiv, une lampe à lucioles pour la ville nocturne de Lumina, une poupée cassée pour la décharge de jouets, une cuillère frémissante pour les Enfers et un esprit en bouteille pour les mines d’Ulkan.

Liévro, toujours fidèle
La fontaine de Domina, Niccolo n’est jamais loin

Les différentes terres sont enchanteresses aussi bien par leur esthétique pastel que par l’intensité de leurs musiques. Les villages sont peuplés de toutes sortes de petites créatures : on trouve notamment le marchand ambulant Niccolo à Domina, successeur de Chacha avec des prix toujours aussi élevés. Les donjons sont très agréables à parcourir et ce n’est pas moins de soixante-huit quêtes qui s’offrent au joueur, certaines étant indispensables pour accéder à de nouvelles zones et ainsi faire avancer l’histoire. Dans la droite lignée de Trials of Mana, le jeu opte pour un système de combat sans temps de recharge, avec les ennemis visibles à l’écran et l’affrontement qui s’engage quand on les approche. On trouve toutes sortes d’armes et il est possible de les forger grâce à l’atelier de Watts, moyennant quelques matériaux ainsi que des légumes mixant leur nom avec des objets ou des animaux comme la couronnail, la manguéléphant, le chabricot, la carottapointes et la banane-colimaçon. Le bestiaire est en partie composé d’ennemis classiques comme Liévro, Amanite et d’autres qui ne portent pas toujours le même nom.

Lumina, la ville nocturne
Ces créatures enchanteresses chères à la saga

Une des grandes qualités du titre est qu’en retournant dans certaines zones, il est possible de trouver des œufs de monstre renfermant une créature (dont un Chocobo tout droit sorti de Final Fantasy) qui peut évoluer en accompagnent le héros. Malheureusement, leurs capacités sont assez limitées, et le joueur n’est pas plus incité à en recueillir qu’à fabriquer de nouvelles armes. C’est du coup l’aspect collection qui prédomine, le jeu étant d’une assez grande facilité. Finalement trop en avance sur son temps, le principal défaut de Legend of Mana vient de sa narration inhabituelle, qui offre une liberté très agréable au joueur mais sans être vraiment clair sur la marche à suivre pour continuer l’aventure. S’il est aisé de débloquer de nouvelles reliques en s’adonnant à toutes sortes de missions, il est très difficile d’obtenir les dernières à cause du manque de ligne directrice, et de certaines quêtes vraiment trop camouflées. Mais malgré sa trop grande facilité et son organisation fouillis, Legend of Mana s’impose comme un RPG majeur de la première PlayStation, emblématique d’une période où les jeux en 3D côtoyaient encore de magnifiques jeux en 2D, et ce malgré une mode qui n’était pas vraiment à l’avantage de ces derniers. Son univers enchanteur y est sans doute pour beaucoup.