Reservoir Dogs : les débuts de Quentin Tarantino

Date de sortie : 2 septembre 1992 (1h35min)
Réalisateur : Quentin Tarantino
Acteurs principaux : Harvey Keitel, Tim Roth, Michael Madsen, Steve Buscemi, Lawrence Tierney, Chris Penn, Quentin Tarantino
Genre : Thriller
Nationalité : Américain
Compositeur : aucun (extraits de musiques des années 1970)

« D’accord pour donner un pourboire si on fait quelque chose qui le mérite. Si on m’offre un service en plus, je paierai un extra mais le pourliche qu’on paie automatiquement, ça c’est bidon. »

Film culte des années 90, Reservoir Dogs marque les débuts de Quentin Tarantino au cinéma d’une manière si efficace qu’il introduit déjà les thèmes chers au réalisateur et un style appuyé par des dialogues à l’écriture minutieuse, une narration non linéaire, des références à la pop culture, des scènes hautement esthétiques, un langage argotique et une violence particulièrement marquée. Le scénario décrit la préparation et les conséquences d’un braquage raté, chaque personnage tentant de savoir lequel a balancé les autres à la police. Le désordre des scènes creuse les méninges du spectateur et renforce l’intrigue d’une manière bien originale, notamment avec le générique du début qui survient après la première scène, s’apparentant davantage à un générique de fin avec les noms qui circulent de bas en haut sous la chanson « Little Green Bag » de George Baker. À la manière de L’Ultime Razzia de Stanley Kubrick, le film comporte en effet plusieurs flashbacks précisant la provenance de plusieurs personnages pour mieux dévoiler les clés de l’intrigue.

Un braquage qui tourne rapidement au drame.
« – Et toi, t’as tué du monde ? – Juste des flics. – Pas des vraies personnes ? – Juste des flics. »

Le casting regorge d’acteurs de talent que l’on retrouve dans les futurs films du réalisateur et Tarantino lui-même y joue le rôle secondaire de M. Brown. S’inspirant des Pirates du Métro de Joseph Sargent, Reservoir Dogs attribue à chaque personnage un nom à l’effigie d’une couleur pour conserver leur anonymat. Tandis qu’Harvey Keitel (Taxi Driver, La Dernière Tentation du Christ, Thelma et Louise) incarne le charismatique M. White, Michael Madsen (Les Doors, Wyatt Earp, Donnie Brasco) interprète le psychopathe M. Blonde, Tim Roth (Pulp Fiction, Rob Roy, Groom Service) le malchanceux M. Orange et Steve Buscemi (New York Stories, Darkside Les Contes de la Nuit Noire, Desperado) l’exubérant M. Pink, se fait charrier quand il demande pourquoi on lui a choisi cette couleur. Outre l’imposant Lawrence Tierney qui distribue les pseudonymes, Edward Bunker est étonnamment peu présent dans le rôle de M. Blue.

« – M. Brown, M. White, M. Blonde, M. Blue, M. Orange et M. Pink. – Et pourquoi M. Pink ? – Parce que t’es une pédale, okay ? »
Quand Tarantino frôlait à peine la trentaine…

Une des principes forces de Reservoir Dogs réside dans ses dialogues, les personnages parlant dès l’introduction de toutes sortes de sujets qui parviennent à susciter l’intérêt bien qu’ils soient détachés de l’intrigue principale. Le débat portant sur l’attribution d’un pourboire à la serveuse annonce le ton des répliques à venir et des plans de caméra valorisant le caractère de chaque protagoniste. On peut toutefois regretter que l’omniprésence du langage grossier, qui en arrive à caricaturer des personnages pourtant très bien écrits. Outre la mention des Quatre Fantastiques et la présence d’un poster du Surfer d’Argent, les références à la pop culture passent essentiellement par des musiques des années 70, parfois intradiégétiques. Outre la mention de « Like a Virgin » de Madonna pendant l’introduction, on peut entendre un extrait de « Hooked on a Feeling » du groupe suédois Blue Swede, et surtout  « Stuck in the Middle with You » de Stealers Wheel, en décalage total avec la scène de torture qui l’accompagne.

« Ça t’a plu autant que ça m’a plu ? Hey tu me reçois ? »
Une résistance à toute épreuve !

Marque de fabrique de Tarantino, l’extrême violence est tout d’abord soulignée par la blessure de M. Orange, sa chemise devenant d’un rouge toujours plus vif tout au long du film. Outre le multiples morts intervenant suite à des coups de feu, le passage le plus gore reste celui du sectionnement d’oreille par M. Blonde, le visage ensanglanté du policier apparaissant plusieurs fois en plein écran. Tandis que l’intrigue se dénoue petit à petit, Reservoir Dogs se termine par une mémorable impasse mexicaine non sans rappeler City on Fire de Ringo Lam, montrant ainsi l’inefficacité quasi-totale de leur braquage. Un premier essai de qualité ayant lancé la carrière d’un réalisateur de grand talent !

Emmanuel Delextrat

Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j'ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La soupe aux choux, mais aussi de nombreux dessins animés (courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo ; longs métrages Disney avec Alice au pays des merveilles en tête ; animés japonais avec Sailor Moon et Dragon Ball Z ; j'aime aussi particulièrement Batman et Tintin). Mes années 90 ont été bercées par les comédies de Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête), ou d'autres films que j'adore comme Les valeurs de la famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à tout prix). C'est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par The Dark Knight, Casino Royale, Dragon l'histoire de Bruce Lee ou encore Rambo. Collectionneur, j'attache de l'importance au matériel et j'ai réuni deux étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Il va sans dire qu'il m'en reste encore beaucoup à voir...

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