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Emmanuel Delextrat

Emmanuel Delextrat
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Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…

Un Homme en Fuite, de Baptiste Debraux

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Date de sortie : 8 mai 2024 (1h 46min)
Réalisateur : Baptiste Debraux
Acteurs principaux : Bastien Bouillon, Léa Drucker, Pierre Lottin, Marion Barbeau, Théo Navarro-Mussy, Anne Consigny
Genre : Policier, drame
Nationalité : Français
Compositeur : Feu! Chatterton
Scénaristes : Baptiste Debraux et Armel Gourvennec
Sociétés de production : Agat Films & Cie, UMedia et Orange Studio
Budget : 3,2 millions de dollars

Un protagoniste fort bien interprété.

Premier long métrage de Baptiste Debraux, Un Homme en Fuite est un polar se déroulant à Rochebrune, ville fictive des Ardennes inspirée de Fumay, Vireux et Revin dans lequel une enquête vient de s’ouvrir pour le meurtre d’un convoyeur. Meneur d’un mouvement de lutte ouvrière joué par Pierre Lottin (Les Tuche, Présidents, Notre-Dame Brûle), Johnny Laforge a disparu suite au braquage du fourgon et se trouve vivement recherché par l’agent Anna Werner, interprétée par Léa Drucker (Peut-Être, Coluche L’Histoire d’un Mec, La Vérité si je Mens 3).

Gendarme aguerrie, Anna a elle aussi grandi à Rochebrune?
Les deux jeunes amis sur le chemin vers leur île.

Incarné par Bastien Bouillon (La Guerre des Boutons, La Nuit du 12, Simone Le Voyage du Siècle), Paul Ligre, ami d’enfance de Johnny, revient alors dans sa ville natale pour le retrouver avant la police. Tandis qu’il renoue difficilement avec ses parents après quinze ans d’absence, il retrouve également sa camarade Charlène, sous les traits de Marion Barbeau (En Corps). Coscénarisé par Armel Gourvennec, le film tient en haleine grâce à une narration révélant le passé des personnages, tantôt enfants, tantôt jeunes adultes, brillamment valorisée par la réalisation et les musiques du groupe de pop rock Feu Chatterton.

Une enquête tumultueuse.
Tandis que la protestation grandit, quelque chose se prépare…

Faisant écho à divers problématiques sociétales comme la baisse démographique et la fermeture des usines, Un Homme en Fuite relie efficacement l’histoire de chaque personnage sur un fond dramatique, le héros et sa poursuivante ayant plusieurs points communs en plus d’être tous deux présentés sur un même plan. Un parallèle qui n’est pas sans rappeler le jeu vidéo Fahrenheit, où le joueur incarne à la fois un personnage accusé de meurtre et la police qui le recherche. Si les acteurs se montrent très impliqués, le scénario revêt aussi une dimension aventure avec son allusion à L’Île au Trésor à travers un petit îlot issu de la vallée de la Meuse où Paul et Johnny se retrouvaient. Un très bon film à la fin touchante qui montre que trouver un coupable n’est pas toujours la solution.

 

Back to Black, de Sam Taylor-Johnson

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Date de sortie : 11 avril 2024 (Royaume-Uni),
24 avril 2024 (France)

Réalisatrice : Sam Taylor-Johnson
Acteurs principaux : Marisa Abela, Jack O’Connell, Eddie Marsan, Juliette Cowan, Lesley Manville, Jeff Tunke
Genre : Biopic musical, drame
Nationalité : Américano-britannique
Compositeurs : Nick Cave et Warren Ellis
Scénariste : Matt Greenhalgh
Sociétés de production : StudioCanal UK, Focus Features et Monumental Pictures
Budget : 30 millions de dollars

Une complicité d’emblée reconnaissable.

Film biographique réalisé par Sam Taylor-Johnson (Nowhere Boy, Cinquante Nuances de Grey, A Million Little Pieces), Back to Black revient sur la vie tumultueuse de la chanteuse Amy Winehouse, incarnée par Marisa Abela (déjà remarquée dans Barbie), de ses premiers pas dans le jazz londonien au début des années 2000 à son ascension internationale. En plus de faire vivre ses plus grands succès au spectateur, le film met en lumière la relation toxique qu’elle entretient avec son futur mari Blake Fielder-Civil, interprété par Jack O’Connell (300 La Naissance d’un Empire, Invincible, Ferrari).

Une rencontre qui change une vie.
Mitchell Winehouse, également chanteur de jazz.

Également porté par des acteurs comme Eddie Marsan (Sherlock Holmes, The Gentlemen, Opération Fortune Ruse de Guerre) et Lesley Manville (Maléfique, Maléfique Le Pouvoir du Mal, The Crown), Back to Black effectue un parallèle entre la vie d’Amy Winehouse et ses chansons iconiques alliant joliment le jazz, le blues et la soul. Le film a alors l’ingéniosité de proposer des sous-titres traduits pour mieux comprendre le sens des paroles, Marisa Abela s’avérant absolument épatante en chantant elle-même des classiques comme « Back to Black », « Valerie » et « Rehab » à la manière de Taron Egerton dans Rocketman.

Une relation qui s’effrite au fil du temps.
Un véritable monument sur scène.

Le scénario prend toutefois une tournure plus dramatique tandis qu’il insiste sur la toxicomanie et les crises de violence de son héroïne. Si la chanteuse se montre aisément reconnaissable avec son chignon à l’ancienne, ses tatouages et ses tenues provocatrices, le film dépeint ses addictions jusqu’au bout entre l’alcool, le tabac, la drogue et le harcèlement qu’elle subit des journalistes, qui n’hésitent pas à la suivre partout et à tenter de la filmer à son domicile. Avec le choix d’un final relativement calme et discret là où on pouvant l’attendre bien plus violent, Back to Black parvient néanmoins à rendre un bel hommage à Amy Winehouse grâce au talent de son actrice principale.

Tetris (2023) de Jon S. Baird

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Date de sortie : 31 mars 2023 (1h 58min)
Réalisateur : Jon S. Baird
Acteurs principaux : Taron Egerton, Toby Jones, Nikita Efremov, Sofia Lebedeva, Roger Allam, Anthony Boyle, Togo Igawa
Genre : Biopic, historique
Nationalité : Américano-britannique
Compositeur : Lorne Balfe
Scénariste : Noah Pink
Sociétés de production : AI-Film et Marv Films
Budget : 80 millions de dollars

Taron Egerton, quatre ans après Rocketman.

Adaptation sous forme de biopic avec un fond dramatique et une portée historique, Tetris à la particularité de revenir sur la bataille juridique pour obtenir les droits du célèbre puzzle-game en Occident. Se déroulant sur les dernières années de la guerre froide, il place le talentueux Taron Egerton (Kingsman Le Cercle d’Or, Robin des Bois, Rocketman) dans la peau de Henk Rogers, promoteur de jeux vidéo qui découvre Tetris au CES de Las Vegas avant de courir le risque de se rendre en URSS pour négocier les droits du jeu afin d’en faire profiter le reste du monde.

Un prototype qui allait changer le cours de l’histoire.
Robert et Kevin Maxwell, dirigeants de Mirrorsoft.

Faisant alors face à un monde des affaires infesté par la corruption, il rencontre de nombreux opposants à commencer par Robert Stein, homme d’affaire prêt à tout pour obtenir les droits de Tetris sous les traits de Toby Jones (Jurassic World Fallen Kingdom, Empire of Light, Indiana Jones et le Cadran de la Destinée). Pour obtenir les droits sur d’une sortie sur NES et sur la future Game Boy, il se rapproche aussi de personnalités de Nintendo comme Hiroshi Yamauchi et Howard Lincoln, respectivement joués par Togo Igawa (Eyes Wide Shut, Mémoires d’une Geisha, The Gentleman) et Ben Miles (V pour Vendetta, Speed Racer, Napoléon).

Une narration intéressante avec l’interprète Sasha, incarnée par Sofia Lebedeva.
Les futurs fondateurs de The Tetris Company en 1996.

Le film comporte toutefois des passages plus heureux tels que l’amitié naissante entre Henk Rogers et le concepteur de Tetris Alekseï Pajitnov, donnant l’occasion de voir que la première version du jeu ne permet de faire disparaître qu’une seule ligne à la fois. Parfois complexe à suivre à cause de trop nombreux allers-retours et coups fourrés sur la négociation des contrats, le scénario effectue également un parallèle avec les dernières heures de l’URSS, dépeignant le pays d’une manière romancée avec l’incontournable présence d’une agent double. Pourvu de sympathiques clins d’œil et de transitions de style rétro dont le design fait davantage penser à des jeux vidéo indépendants sortis des années plus tard, Tetris constitue un film très intéressant pour comprendre comment ce grand classique du média a fini par paraître dans les contrées occidentales.

Nicky Larson (2024) de Sato Yuichi

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Date de sortie : 25 avril 2024 (1h 44min)
Réalisateur : Sato Yuichi
Acteurs principaux : Ryohei Suzuki, Misato Morita, Masanobu Andô, Fumino Kimura, Asuka Hanamura, Isao Hashizume
Genre : Action, comédie policière
Nationalité : Japonais
Compositeur : Yoshihide Otomo
Scénariste : Mishima Tatsuro
Société de production : HoriPro et Netflix

Nicky Larson fidèle à lui-même !

Après deux films hongkongais à la qualité discutable et la comédie très réussie de Philippe Lacheau, Nicky Larson obtient enfin son adaptation japonaise en prises de vue réelles à destination de la plateforme Netflix. Contrairement à ses prédécesseurs, le réalisateur Sato Yuichi fait le choix de raconter le début du scénario alors que le détective privé et Tony Marconi, joué par Masanobu Ando (Kids Return, Battle Royale, Kenshin Le Commencement), enquêtent sur la disparition d’une jeune femme ayant été victime de l’angel dust, drogue qui décuple la force et la folie de ceux qui se l’injectent.

Une introduction poignante qui annonce d’emblée la violence des enjeux.
Des scènes d’action de grande qualité.

Cette adaptation de Nicky Larson innove d’abord par sa modernité, l’action prenant place au Japon du XXIème siècle avec présence de smartphones et de cosplayeuses. Dans un premier temps assez timide, le scénario prend rapidement de l’ampleur avec une violence qui se manifeste dès l’assassinat de Tony, la réalisation ne lésinant pas sur le sang, les bris de verre et la pluie afin d’accentuer la dramaturgie. Pour autant, l’aspect comique ne manque pas et il n’est pas rare de voir Nicky faire les yeux doux à la moindre jolie fille qu’il croise, quand il n’est pas en train de se pavaner pas en slip dans un club au goût douteux.

Un humour qui n’a pas peur d’aller très loin !
Un tireur toujours aussi exceptionnel.

Pourvu de scènes d’action très bien réalisées, le film se permet aussi de jolis clins d’œil avec notamment un remix musical de « Footsteps » durant le combat contre les soldats. Bien plus efficace que Jackie Chan et Michael Chow dans les années 90, Ryohei Suzuki interprète un Nicky Larson très convenable tandis que Misato Morita incarne une Laura plus effacée, leur relation encore assez peu poussée à ce stade. De son côté, Fumino Kimura est immédiatement reconnaissable en Hélène Lamberti. Une adaptation très réussie qui se démarque joliment de ses aînées !

Mortal Kombat Legends Cage Match, d’Ethan Spaulding

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Date de sortie : 17 octobre 2023 (1h 19min)
Réalisateur : Ethan Spaulding
Comédiens de doublage : Joel McHale, Jennifer Grey, Gilbert Gottfried, Kelly Hu, Dusan Brown, Robin Atkin Downes
Genre : Animation, combat
Nationalité : Américain
Compositeur : John Jennings Boyd et Eric V. Hachikian
Scénariste : Jeremy Adams
Société de productions : Warner Bros. Animation, Studio IAM (Animation services)

Un héros qui sait plaire aux femmes !

Quatrième film animé de la saga, Mortal Kombat Legends Cage Match se concentre sur le passé de Johnny Cage alors en quête de notoriété à Los Angeles dans les années 80. Ce dernier doit alors retrouver sa collègue Jennifer Grey, doublée par l’actrice du même nom, afin qu’ils tournent les dernières scènes Ninja Mime, film cher à l’acteur pour sa carrière. Pourvu d’un visuel très coloré façon Grand Theft Auto pour mieux se démarquer de ses prédécesseurs avec un ton largement plus axé sur l’humour sous le soleil californien, il reste inédit en Europe et ne comporte aucun doublage français.

Que serait une future star hollywoodienne sans sa décapotable ?

Une course poursuite mémorable !

Comportant plusieurs scènes d’action face à une secte qui cherche à faire apparaître Shinnok sur le Royaume Terre, le film s’étend aussi sur le personnage de Johnny en dévoilant un passé où il était harcelé avant d’apprendre les arts martiaux. Ses adversaires sortent assez fortement du casting habituel étant donné qu’il affronte Kia, Jataaka et Sareena de Mortal Kombat Mythologies Sub-Zero avec l’aide d’Ashrah, issue de Mortal Kombat Mystification avant sa réapparition dans le récent Mortal Kombat 1. Cette dernière est d’ailleurs en contact avec Raiden, que l’on aperçoit brièvement.

Une torture qui rappelle dans quelle franchise nous sommes.
Johnny Cage wins !

Assez unique en son genre, Mortal Kombat Legends Cage Match se montre convaincant dans ses gags et ses combats malgré une violence largement réduite. Le gore est en effet essentiellement présent lors du passé de Johnny Cage et du combat final, ce dernier laissant place à des X-Ray du plus bel effet. Le ton se veut également plus léger par la présence de Chuck Golden, assistant de Johnny qui doit le supporter en voiture avant de devenir sa doublure en jeux vidéo sous le nom de Mokap durant l’épilogue, qui montre une vidéo du premier jeu Mortal Kombat. Un film réussi !

Les Boys de la Compagnie C, de Sidney J. Furie

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Date de sortie : 2 mars 1978 (Royaume-Uni), 1983 (France)
Réalisateur : Sidney J. Furie
Acteurs principaux : Stan Shaw, Craig Wasson, R. Lee Ermey, Noble Willingham, Scott Hylands, James Whitmore Jr.
Genre : Guerre
Nationalité : Américain
Compositeur : Jaime Mendoza-Nava
Scénaristes : Sidney J. Furie et Rick Natkin
Société de production : Golden Harvest et G
ood Times Films S.A.
Budget : 1 million de dollars

Le héros Tyrone Washington et ses confrères.

Précurseur des longs métrages sur la guerre du Vietnam sorti dix ans après le film de propagande Les Bérets Verts, Les Boys de la Compagnie C se concentre sur le parcours de cinq recrues de la Marine, de leur formation militaire à leur engagement sur le front où ils se retrouvent face à des atrocités qu’ils ne soupçonnaient pas. Réalisé par Sidney J. Furie (Ipcress Danger Immédiat, L’Emprise, L’Aigle de Fer), il fait le choix d’un protagoniste noir interprété par Stan Shaw (Rocky, Runaway L’Évadé du Futur, L’Île aux Pirates) pour rappeler qu’une majorité de jeunes américains de milieux populaires étaient envoyés en Asie du Sud-Est.

Une belle brochette de futurs soldats !
Lee Ermey déjà à fond dans son rôle.

Pourvu d’un casting composé d’acteurs comme Craig Wasson (Le Fantôme de Milburn, Body Double, Les Griffes du Cauchemar) et Noble Willingham (Good Morning Vietnam, Le Dernier Samaritain, Ace Ventura Détective Chiens et Chats), le film traite de la guerre du Vietnam avec une violence réaliste et un esprit critique marqué, les soldats se retrouvant en pleine désillusion tellement ils ne comprennent pas la raison du conflit. Préfigurant des classiques comme Voyage au Bout de l’Enfer, Apocalypse Now, Rambo ou encore Platoon, Les Boys de la Compagnie C fait partie des sources d’inspiration de Stanley Kubrick pour Full Metal Jacket, l’iconique R. Lee Ermey apparaissant déjà comme sergent instructeur pour son tout premier rôle au cinéma.

Une scène brillamment reprise par Kubrick dans Full Metal Jacket.
La traversée des rizières et ses incontournables mines.

Le film contient également son lot de passages comiques, à commencer par l’introduction où les jeunes soldats se font remonter les bretelles à cause de leur attitude rappelant La Septième Compagnie. Sachant se montrer plus léger avec l’exploitation du football pour entretenir l’esprit d’équipe, il traîne toutefois en longueur et ses doublages français ne sont pas très soignés, la voix de Lee Ermey étant bien moins impactante que pour son rôle du sergent Hartman. Un film correct à l’intérêt essentiellement historique, remasterisé le 8 avril 2024 par Rimini Editions avec en bonus l’interview du réalisateur et historien du cinéma Jean-Baptiste Thoret.

The Truman Show, de Peter Weir

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Date de sortie : 5 juin 1998 (Amérique du Nord), 28 octobre 1998 (France)
Réalisateur : Peter Weir
Acteurs principaux : Jim Carrey, Laura Linney, Ed Harris, Noah Emmerich, Natascha McElhone, Holland Taylor, Brian Delate
Genre : Comédie dramatique
Nationalité : Américain
Compositeurs : Burkhard Dallwitz et Philip Glass
Scénariste : Andrew Niccol
Société de productions : Scott Rudin Productions et Paramount Pictures
Budget : 60 millions de dollars

Une interprétation magistrale !

Après avoir excellé dans des comédies devenues culte comme The Mask, Dumb & Dumber et Menteur Menteur, Jim Carrey confirme son changement de registre avec The Truman Show, comédie dramatique dans laquelle il incarne Truman Burbank, agent d’assurance qui vit paisiblement dans une cité de bord de mer auprès de sa femme Meryl, sous les traits de Laura Linney (Les Pleins Pouvoirs, Mystic River, Love Actually). Ce qu’il ignore et apprend petit à petit parallèlement au spectateur, c’est qu’il est en fait le personnage principal d’une émission de télé-réalité diffusée en permanence depuis sa naissance, la ville de Seahaven n’étant habitée que par des acteurs qui jouent leur rôle à son insu.

Quelques publicités comme pour toute émission qui se respecte !
Jim Carrey toujours à fond !

Réalisé par Peter Weir (Witness, Mosquito Coast, Le Cercle des Poètes Disparus), The Truman Show traite des premiers doutes et de la destinée de son personnage principal, dont l’envie de voyager et la soif de découverte semblent impossibles tellement il est contraint à rester dans la ville. Un premier déclic surgit d’ailleurs lorsqu’il recroise le regard de Lauren, femme jouée par Natascha McElhone (Ronin, Californication, Solaris) qui cherche à lui faire comprendre tout ce qu’on lui cache. Car même son meilleur ami Marlon, interprété par Noah Emmerich (Copland, Windtalkers, Cellular), ne fait en réalité que participer à la machination instaurée par Christof, joliment incarné par Ed Harris (La Firme, Le Bazaar de l’Épouvante, Nixon).

Une romance qui vire au drame.
Un Ed Harris très convaincant !

Deux ans après avoir commencé à démontrer ses talents dramatiques dans l’étonnant Disjoncté en incarnant un personnage frappé par la tragédie, Jim Carrey met tout le monde d’accord tant l’évolution de son jeu d’acteur est saisissante. Pourvu d’une très belle réalisation, The Truman Show multiplie les plans issus de caméras cachées pour donner des indices sur la vraie nature du scénario. Ce dernier se voit alors sublimé par les musiques touchantes de Burkhard Dallwitz, auxquelles s’ajoutent plusieurs extraits de musiques classiques comme la « Marche Turque » issue de la Sonate pour Piano n°11 de Mozart. Un film d’anticipation ayant fortement marqué la fin des années 90 !

 

Le Dernier Combat, 1er film de Luc Besson

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image header le dernier combat

Date de sortie : 6 avril 1983 (1h 32min)
Réalisateur : Luc Besson
Acteurs principaux : Pierre Jolivet, Jean Reno,
Jean Bouise, Fritz Wepper, Petra Müller

Genre : Anticipation, postapocalyptique
Nationalité : Français
Compositeur : Éric Serra
Scénaristes : Pierre Jolivet et Luc Besson
Société de production : Les Films du Loup
Budget : 3,5 millions de francs

Pierre Jolivet en héros en proie à un univers dévasté.

Premier long métrage de Luc Besson sorti en 1983, Le Dernier Combat se distingue des autres œuvres de son époque par le choix d’un film d’anticipation en noir et blanc dont la narration se suit sans aucun dialogue. Reprenant l’intrigue de son court métrage L’Avant-Dernier, il est coscénarisé par Luc Besson et Pierre Jolivet, qui joue également le personnage principal tentant de survivre dans une ville dévastée. L’histoire prend en effet place dans un univers postapocalyptique avec une majorité de survivants hommes cherchant à s’entretuer ou à se protéger des autres.

Un repas avec les moyens du bord.
Jean Reno déjà à fond !

Trouvant refuge auprès d’un médecin incarné par Jean Bouise (Tintin et les Oranges Bleues, Subway, Le Grand Bleu), il est rapidement traqué par une brute interprétée par Jean Reno (Les Visiteurs, Léon, Mission Impossible), qui concrétise une de ses premières apparitions au cinéma. Tourné avec un budget très serré, Le Dernier Combat se démarque par des plans alternant huis clos et panorama, eux-mêmes rythmés par les premières musiques d’Éric Serra pour Luc Besson. Si le tournage a majoritairement eu lieu dans des chantiers et immeubles parisiens, l’illusion du désert a été réalisée à partir de la dune du Pilat.

La fameuse machine pour réapprendre à parler.
Pour en découdre avec style !

Pour renforcer l’aspect postapocalyptique, les hommes sont dépourvus de parole et les rares femmes semblent prisonnières. Certaines ne laissent d’ailleurs apparaître que leurs jambes, Mylène Farmer ayant participé à la figuration plus de vingt ans avant que le réalisateur ne reprenne ses traits pour le personnage de Sélénia dans la trilogie Arthur et les Minimoys. Si l’une des scènes dévoile l’invention d’un gaz qui permet de retrouver brièvement la parole (seul un discret « bonjour » en ressortant), la plupart laissent une certaine place à l’action, avec fabrication d’armes et grille pour barrer un chemin. Un film original marquant les débuts d’une longue collaboration entre Luc Besson, Jean Reno et Éric Serra.

Faux-Semblants, de David Cronenberg

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Date de sortie : 23 septembre 1988 (Amérique du Nord), 8 février 1989 (France)
Réalisateur : David Cronenberg
Acteurs principaux : Jeremy Irons, Geneviève Bujold, Heidi von Palleske, Barbara Gordon, Shirley Douglas, Stephen Lack
Genre : Thriller horrifique
Nationalité : Américain
Compositeur : Howard Shore
Scénaristes : David Cronenberg et Norman Snider
Sociétés de production : Morgan Creek Productions, Téléfilm Canada et Mantle Clinic II
Budget : 13 millions de dollars

 

L’avis d’Emmanuel

Des jumeaux que tout oppose.

Puisant son scénario dans le roman Twins de Bari Wood et Jack Geasland sorti en 1977, Faux-Semblants est un film dramatique dans lequel Jeremy Irons (Mission, Red Sparrow, House of Gucci) incarne à la fois Beverly et Elliot Mantle, jumeaux tous deux gynécologues partageant à la fois leur appartement et leur clinique. Ayant pour habitude de tout se dire y compris en matière de femmes, leur vie bascule le jour où Beverly rencontre Claire, patiente jouée par Geneviève Bujold (Le Pirate des Caraïbes, Obsession, La Corde Raide), que ce dernier refuse de partager avec son frère.

Une attirance bouleversante.
Une atmosphère pesante.

Réalisé par David Cronenberg (Vidéodrome, Dead Zone, La Mouche), le film traite de thèmes comme la jalousie et la descente vers la folie, le bouleversement de Beverly ne faisant que croître tout au long du film. Si l’atmosphère se veut dérangeante, l’esthétique est plutôt propre comparée aux autres films du réalisateur, la scène du cauchemar où Claire coupe le cordon qui relie les jumeaux étant la seule à se montrer viscérale. Compositeur habitué à Cronenberg, Howard Shore renforce quant à lui le mystère et la mélancolie du scénario par de lentes mélodies à base de cordes frottées.

Jeremy Irons dans un de ses rôles les plus touchants.
Une descente aux enfers inéluctable.

Pourvu d’une réalisation soignée, Faux-Semblants innove par ses nombreux plans montrant les deux jumeaux sur un même écran grâce à des caméras contrôlées par ordinateur. Démontrant un jeu d’acteur de haut niveau, Jeremy Irons va même jusqu’à utiliser la technique de Frederick Matthias Alexander pour interpréter ses deux personnages d’une manière bien distincte. Un film iconique ayant inspiré la dramaturge Alice Birch pour une mini-série éponyme sortie en 2023 sur Prime Video.

 

L’avis de Nicolas P

La mutation du cinéma de David Cronenberg, enfant terrible du cinéma qui mélange habillement des questionnements autour du corps avec le cinéma d’exploitation. On peut donc parler de deux parties qui s’inscrivent pourtant dans cette tradition tout en s’approchant d’une épure surprenante au niveau de la mise en scène.

Faux-Semblants semble être cette passerelle qui témoigne d’une évolution de l’approche de Cronenberg. Cette histoire de deux jumeaux médecins (magistralement incarnés par Jeremy Irons) et patrons d’une clinique gynécologique pour les riches témoigne d’une approche du body horror moins évidente et frontale. Ainsi, c’est surtout l’exploration mentale des deux frères et de leurs névroses sexuelles qui intéresse le cinéaste. La séquence qui témoigne de ce caractère hybride est l’usage des outils gynécologiques pensés par l’un des jumeaux qu’il utilise dans une opération. Le rapport au corps y est moins frontal, le sang n’en gicle pas tant que ça et la froideur du cadre englobe le film d’une atmosphère poisseuse.

Cronenberg ne cherche donc plus à créer du body horror avec des effets qui relèvent du cinéma d’exploitation mais s’oriente vers une approche plus poétique et atmosphérique. Il se recentre ainsi sur les émotions afin de connecter le spectateurs aux protagonistes et leurs peurs. La fin du film est le pinacle de cette approche, un sacrifice qui inclut encore le corps dans son procédé tout en évitant de montrer directement les éléments. Faux-Semblants devient alors un savant mélange entre la finesse d’un cinéma qui gagne en maturité et la violence des premières œuvres de Cronenberg.

Bonus de l’édition BQHL :

  • Interview de Gordon Smith (19′)
  • Interview de Peter Suschitzky (12′)
  • Interview de Stephen Lack (23′)
  • Présentation exclusive du film par le journaliste Sébastien Gayraud (44′)
  • Rendre invisibles les effets spéciaux par le journaliste Rafik Djoumi (14′)
  • Livret de 36 pages

Pauvres Créatures, de Yórgos Lánthimos

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Date de sortie : 8 décembre 2023 (Équateur),
17 janvier 2024 (France)

Réalisateur : Yórgos Lánthimos
Acteurs principaux : Emma Stone, Willem Dafoe, Mark Ruffalo, Ramy Youssef, Jerrod Carmichael, Christopher Abbott
Genre : Science-fiction, drame
Nationalités : Américain, britannique, irlandais
Compositeur : Jerskin Fendrix
Scénariste : Tony McNamara
Sociétés de production : Searchlight Pictures, Element Pictures et Fruit Tree et Film4
Budget : 35
millions de dollars

Une interprétation incroyable pour Emma Stone.

Adaptation du roman éponyme écrit par Alasdair Gray, Pauvres Créatures est déjà le huitième film du cinéaste grec Yórgos Lánthimos. Une véritable comédie noire surréaliste dans laquelle la talentueuse Emma Stone (The Amazing Spider-Man, La La Land, Cruellaincarne Victoria, femme sauvée de la noyade par le docteur Godwin Baxter, joué par Willem Dafoe (Spider-Man, Le Crime de l’Orient-Express, Nightmare Alley), qui remplace son cerveau par celui de l’enfant qu’elle porte. Désormais Bella Baxter, elle développe rapidement une certaine intelligence et cherche à s’émanciper du manoir de son maître. Elle fait alors la connaissance de Duncan Wedderburn, avocat interprété par Mark Ruffalo (Zodiac, Shutter Island, Mickey 17), qui s’enfuit avec elle après être tombé sous son charme.

Willem Dafoe toujours aussi photogénique !
Des décors particulièrement travaillés.

Très inventive, la première partie du film est tournée en noir et blanc avec quelques effets fish-eye pour renforcer le mystère à travers un huis clos. Utilisant le Dracula de Francis Ford Coppola comme référence, Pauvres Créatures revêt une esthétique pouvant rappeler les œuvres de Tim Burton. Il met notamment en scène des créatures hybrides comme une poule à tête de chien, un animal mi-canard mi-chien ou encore un buste de cheval fusionné à une diligence. Un parallèle avec la patte artistique de David Cronenberg peut aussi s’effectuer via la mutilation des corps et le visage déformé de Willem Dafoe, qui rend son personnage réellement macabre.

Une romance qui évolue rapidement en une déviance sexuelle.
Un personnage très attachant.

Si la seconde partie propose un voyage bien plus convenu avec un style qui évolue vers la couleur, le film reste glauque et dérangeant, la thématique du sexe étant très présente et Emma Stone s’avérant absolument méconnaissable. Les compositions de Jerskin Fendrix rythment quant à elles l’action avec des cordes stridentes aux sons aigus du plus bel effet. Lauréat du Lion d’Or à la Mostra de Venise 2023 et récompensé par deux Golden Globes, Pauvres Créatures reste une œuvre unique qui parvient à transcender le genre de l’épouvante fantastique pour mieux le réinventer.