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Emmanuel Delextrat

Emmanuel Delextrat
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Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…

Alice au Pays des Merveilles (1951), au paroxysme de l’imaginaire

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Date de sortie : 26 juillet 1951 (Royaume-Uni), 21 décembre 1951 (France)
Réalisateurs : Clyde Geronimi, Wilfred Jackson et Hamilton Luske
Comédiens de doublage : Séverine Morisot, Guy Piérauld, Roger Carel, Jacques Ciron
Genre : Animation
Nationalité : Américano-britannique
Compositeur : Oliver Wallace

Alice Comedies - film 1924 - AlloCiné
La toute première série Disney !

Long métrage animé emblématique du Premier Âge d’Or des studios Disney, Alice au Pays des Merveilles est déjà le quinzième des classiques Disney, sorti entre Cendrillon et Peter Pan. Il adapte brillamment le roman Les Aventures d’Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll, ainsi que sa suite De l’Autre Côté du Miroir. Walt Disney souhaitait ce film depuis longtemps, ayant justement commencé sa carrière à Hollywood le 16 octobre 1923 avec la série d’animation Alice Comedies et son pilote « Alice’s Wonderland », dans laquelle était déjà apparu un certain Pat Hibulaire, cinq ans avant Mickey Mouse. Le succès de Blanche-Neige et les Sept Nains en 1938 le pousse alors à en tirer un long métrage, en mêlant animation et prises de vues réelles à la manière de la série. Mais la seconde guerre mondiale oblige le studio a repoussé le projet, relancé en 1946 avec le succès de Mélodie du Sud. L’œuvre s’avérant complexe à adapter, Disney se tourne finalement vers de l’animation pure mais le film a dans un premier temps de grandes difficultés à trouver son public à cause des libertés prises avec les romans.

Au sein même des studios Disney, les créateurs et Walt Disney lui-même se montrent très critiques, l’œuvre ayant en effet quelque chose d’inachevé. Mais le film trouve étonnamment ses premiers succès auprès des étudiants dans les années 1960, notamment ceux de la mouvance hippie, sans doute grâce au surréalisme dû au scénario complexe et tordu parsemé de couleurs criardes. Alice au Pays des Merveilles obtient un très large succès d’estime avec le temps et est aujourd’hui considéré comme un immense classique, voire un chef-d’œuvre tellement il marque l’apogée de la sur-imagination de Walt Disney. D’une manière générale, il est l’allégorie de l’aventure d’une personne qui se retrouve seule contre tous à cause de sa trop grande curiosité, ce qui peut rappeler plusieurs œuvres comme Le Procès de Franz Kafka, dans lequel l’environnement tout entier du protagoniste s’écharne contre lui.

 

Pays du Merveilleux…

Une introduction terriblement artistique.

La narration invite d’emblée au merveilleux avec une magnifique chanson portée par des chœurs caractéristiques des premiers longs métrages Disney, et accompagnée par de superbes dessins crayonnés offrant un premier aperçu des personnages à venir. Le voyage d’Alice se compose en effet d’une succession de petites histoires, sans rapport apparent entre elles, mais qui contiennent toutes une certaine morale à l’intérieur d’un enseignement plus général. Tout part du lapin blanc avec sa montre à gousset qui passe son temps à dire qu’il est en retard, la curiosité d’Alice la poussant fortement à le suivre jusque dans un trou pour savoir où il peut bien se rendre. Elle rencontre alors de nombreux personnages tous plus étranges les uns que les autres, avec un anthropomorphisme très marqué pour des animaux et même des objets, comme la poignée de porte qui semble vouloir retenir Alice en lui parlant sans cesse.

« Dans mon monde à moi, il n’y aura que des divagations. Comme disent les grands, les choses ne seraient pas ce qu’elles sont, au contraire, elles seraient ce qu’elles ne sont pas. »
« – Désolé, voyez la porte est trop petite, elle est tout à fait impassable. – Vous voulez dire impossible ? – Non impassable, rien n’est impossible ! »

Les rencontres se multiplient ensuite avec l’absurdité de Dodo, qui demandent aux autres de courir pour se sécher alors qu’il se réchauffe près d’un feu, ou encore une chenille qui fume et souffle de la fumée en forme de lettres correspondant aux sons des mots qu’elle prononce. Les fleurs qui parlent et chantent font l’apologie de la différence avec leurs espèces variées, pour finalement rejeter Alice en la prenant pour une variété inconnue. Animal emblématique du scénario, le chat de Cheshire entretient le mystère et embrouille l’esprit en parlant par énigme et peut même provoquer le malaise avec son regard malsain, les dessins insistant fortement sur son sourire et ses yeux en les faisant apparaître en premier. Un des passages les plus exquis est bien sûr celui de la tasse de thé, généreusement offerte par le plus fou de tous les duos : le Chapelier Toqué et le Lièvre de Mars, qui passent leur temps à fêter leur non-anniversaire au moins trois cent soixante-quatre fois par an.

« – Un joyeux non-anniversaire ! – À moi ? – À vous ! – Un joyeux non-anniversaire ! – À moi ? – À vous ! – Soufflez très fort sur la bougie et le vœu s’accomplit ! »

 

Petites huîtres ! Petites huîtres !!

Une animation des plus exquises !

Il arrive aussi que les histoires soient racontées à Alice, et donc directement au spectateur. C’est le cas des jumeaux Tweedle Dee et Tweedle Dum avec leur fable mettant en scène le Morse et le Charpentier, deux personnalités diamétralement opposées réunies par la seule envie de remplir leur estomac (« Dindons farcis, poulets rôtis, rosbif sauce piquante ! Et tous les fruits de l’océan au creux des eaux dormantes. Calon Calais, le vin est prêt ! Au diable les coups de balai ! »). Si ce dernier ressemble à un petit bêta facile à tromper, le Morse représenterait plutôt le riche industriel qui, du haut de sa grande taille et de sa voix grave, exploite les plus démunis pour arriver à ses fins, sa bedaine et son cigare symbolisant l’avidité dont il fait preuve. L’histoire des petites huîtres trop curieuses, en plus de la morale qui en ressort, est à elle seule un petit bijou d’animation mêlant habilement comique et dramatique. Elle rappelle fortement « Le Corbeau et le Renard » des Fables de La Fontaine dans la manière qu’a le Morse de charmer ses proies.

« C’est le moment, mes chères amies, de s’ouvrir l’appétit ! La mer est calme, le vent léger, on va bientôt goûter ! Si vous saviez comme je vous aime, vous êtes à croquer ! »
Le fameux labyrinthe à la sortie duquel se trouve le royaume de la Reine de Cœur.

Dans un milieu aussi hostile que le Pays des Merveilles, l’intrigue conserve efficacement l’identité du principal antagoniste, qui ne se dévoile que sur les dernières minutes en la personne de la Reine de Cœur. Derrière son traitement comique à travers son apparence grosse ainsi que son comportement grotesque et irascible, elle représente la vision du totalitarisme selon Disney avec ses règles strictes et sa bienséance monarchique. Sa tendance naturelle à ordonner des exécutions (« Qu’on lui coupe la tête ! ») peut même être rapprochée du communisme stalinien et notamment des procès de Moscou des années 1930, pendant lesquels la sentence avait tendance à précéder le verdict (« La sentence d’abord !! On vous jugera après, effrontée ! »). Pour faire respecter son autorité, elle va même jusqu’à truquer la partie de croquet à son avantage, et utilise son armée composée de cartes à jouer pour faire exécuter ses ordres.

« Faites la révérence au lieu de croire, et sachez qu’une tête ça se coupe ! »

 

Fleurageant les rhododendroves !

« – Oh, à propos, si vous tenez vraiment à le savoir, c’est là qu’il est passé. – Mais qui donc ? – Un certain lapin. – Vous en êtes sûr ? – Sûr de quoi ? – Qu’il est allé par là. – Qui donc ? – Eh bien le lapin. – Quel lapin ? »

Alice au Pays des Merveilles est un véritable appel à l’imaginaire, une puissante évasion de l’ennui du monde réel en premier lieu réclamée par son héroïne, qui brave une à une toutes les interdictions pour échapper à sa leçon d’histoire et suivre le lapin blanc. Trop curieuse de base, elle va jusqu’à manger et boire des aliments trouvés par hasard qui la font grandir ou rapetisser, comme un appel à être vigilant à son alimentation et à la provenance des produits. N’étant pas étonnée des êtres étranges qu’elle croise sur son chemin, ce n’est que quand elle finit par se perdre qu’elle avoue enfin qu’elle n’est pas raisonnable et n’en fait qu’à sa tête (« Bien sûr je sais ce que je dois faire, mais hélas je fais tout le contraire… »). Et ce n’est qu’après cet aveu qu’un raccourci vers la sortie lui est accordé, avant une dernière épreuve face à celle qui semble diriger cet univers de folie.

Une scène touchante où même les animaux-objets pleurent la situation d’Alice.
Des formes permettant les plus fabuleux jeux de mots.

Pour des raisons diverses et variées, il est courant que les voix françaises que nous connaissons ne soient pas celles d’origine. Les premiers doublages d’Alice au Pays des Merveilles datent effectivement de 1951, tandis que les actuels datent de 1974, pour la ressortie du film en salle le 21 avril 1976 avec un casting absolument florissant. On trouve notamment Séverine Morisot (Wendy de Peter Pan, Carrie Rawlins de L’Apprentie-Sorcière, Zaza de La Bande à Piscou) pour Alice, Guy Piérauld (Bugs Bunny, M. Moustache dans Le Crapaud et le Maître d’École, Dupont dans Tintin et le Temple du Soleil et Le Lac aux Requins) pour le Lapin Blanc, Roger Carel (Jiminy Cricket dans Pinocchio, Kaa dans Le Livre de la Jungle, Persifleur dans Robin des Bois) pour le Chat de Cheshire, Jacques Ciron (Alfred dans les adaptations de Batman, Grippe-Sou dans Ça – Il est revenu) pour le Chapelier Fou, Philippe Dumat (le prince Jean dans Robin des Bois, Snoops dans Les Aventures de Bernard et Bianca, mais aussi Gargamel et Picsou) pour la chenille, ainsi que Francis Lax (Samy dans Scooby-Doo, les Schtroumpfs maladroit et à lunettes, M. Tumnus et Aslan dans Le Lion et la Sorcière Blanche) qui interprète Bill le Lézard.

« En retard, en retard, j’ai rendez-vous quequ’part, je n’ai pas le temps de dire au revoir, je suis en retard, en retard ! »
« Avez-vous déjà vu une Alice, une fleur aussi étrange ? »

Les chansons d’Alice au Pays des Merveilles ont la particularité d’être très nombreuses, mais la plupart sont en réalité très courtes afin de poétiser le récit, telles les chansons de Dodo, les récits de Tweedle Dee et Tweedle Dum ou encore les fameuses « Rhododendroves » du Chat de Cheshire. Les mélodies plus longues sont essentiellement au nombre de cinq : Alice qui s’étale parmi les marguerites « Dans le monde de mes rêves », « Un matin de mai fleuri » parmi les différentes variétés de fleurs, le délirant « Un joyeux non-anniversaire » qui comble les journées du Chapelier Fou et du Lièvre de Mars, la culpabilité d’Alice dans la déchirante « Ce que je dois faire », sans oublier l’entraînante « Peignons les roses en rouge » par les cartes à jouer qui ont malencontreusement planté des rosiers blancs.

 

Héritage

En 2010, l’adaptation du dessin animé en prises de vue réelles par Tim Burton était déjà précurseur de la vague de remakes live qui allaient surgir quelques années plus tard. Très différent de son modèle et mettant en avant Johnny Depp dans le rôle du Chapelier Fou, le film fut globalement apprécié mais tout aussi critiqué pour ses trop grandes libertés et sa patte artistique assez éloignée du talent habituel de son auteur. Six ans plus tard, sa suite Alice de l’Autre Côté du Miroir par James Bobin ne marque pas beaucoup plus et subit un échec commercial.

Alice avait déjà su inspirer des œuvres comme Batman, le génialissime Jervis Tetch étant un antagoniste tellement féru de l’univers de Lewis Carroll qu’il se prend lui-même pour le Chapelier Fou et utilise des cartes à jouer ou d’autres systèmes pour contrôler le cerveau des gens. Un épisode de la série animée Batman de 1992 s’intitule d’ailleurs « Le Pays des Merveilles »  (en VO « Mad as a Hatter ») et met en scène une jeune femme blonde nommée Alice ainsi que plusieurs personnages représentant le conte.

http://image.jeuxvideo.com/images-sm/jaquettes/00029576/jaquette-alice-retour-au-pays-de-la-folie-playstation-3-ps3-cover-avant-g-1308142638.jpgComme de nombreux disneys même anciens, Alice a connu plusieurs adaptations en jeux vidéo, à commencer par le très méconnu Alice no Paint Adventure sur Super Famicom en 1995, ou encore un sympathique jeu de plates-formes sur Game Boy Color en 2000. C’est d’ailleurs cette même année que sort l’illustre American McGee’s Alice sur PC, suivi par le très glauque Alice Retour au Pays de la Folie onze ans plus tard sur PlayStation 3, Xbox 360 et PC. Mais entre-temps, Alice au Pays des Merveilles avait déjà connu une seconde jeunesse en tant que premier monde traversé dans l’excellent Kingdom Hearts sur PlayStation 2, dans lequel l’héroïne avait la particularité d’être une des sept Princesses de Cœur.

Demolition Man, de Marco Brambilla

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Date de sortie : 7 octobre 1993 (États-Unis),
2 février 1994 (France)

Réalisateur : Marco Brambilla
Acteurs principaux : Sylvester Stallone, Wesley Snipes, Sandra Bullock, Rob Schneider
Genre : Action, science-fiction
Nationalité : Américain
Compositeur : Elliot Goldenthal

« Tu vas regretter ça le restant de ta vie, c’est-à-dire deux secondes ! »

Film d’anticipation parmi les plus cultes des années 1990, Demolition Man place Sylvester Stallone (La Course à la Mort de l’An 2000, Rocky, Rambo) dans la peau de John Spartan, un sergent de police aux méthodes bien trempées devant faire face à une prise d’otages menée par le psychopathe Simon Phoenix, interprété par Wesley Snipes (Jungle Fever, New Jack City, Les Blancs ne Savent pas Sauter). Mais suite à une explosion causant la mort de ces derniers, Spartan est condamné à soixante-dix ans de cryogénisation pour homicide par imprudence, considérant qu’il doit adoucir ses méthodes en subissant un lavage de cerveau qui devrait faire en sorte qu’il ne représente plus aucun danger pour son entourage. Le scénario bondit ensuite de 1996 à 2032 avec l’évasion de Phoenix, pourtant condamné à perpétuité, qui profite d’une visite médicale dévoilant que ses pulsions agressives sont toujours présentes.

Rob Schneider, immédiatement reconnaissable avec sa tête de vainqueur !
Un duo de choc !

Les scénaristes ont alors imaginé une mégalopole californienne fictive nommée San Angeles, plongée dans une société aseptisée où prononcer des injures est pénalement répréhensible (« Vous avez une amende d’un crédit pour infraction au code de moralité du langage ! ») et dans laquelle les policiers n’ont plus de réelle pratique car la violence n’existe plus, comme l’atteste la désinvolture d’un certain Erwin, joué par Rob Schneider (Maman j’ai Encore raté l’Avion). Tandis qu’un criminel à l’ancienne comme Simon Phoenix est en cavale, la seule solution est d’offrir à John Spartan une libération conditionnelle afin qu’il l’arrête lui-même. Il fait alors équipe avec la lieutenante Lenina Huxley, interprétée par la jeune Sandra Bullock, qui signait son premier rôle phare avant des films comme Speed et Le Droit de Tuer. Précurseur dans la dénonciation d’un certain formatage de la société, Demolition Man montre en effet un résultat possible de la bienséance excessive qui consiste à interdire tout ce qui ne ressemble pas de près ou de loin à un Bisounours.

« Merci beaucoup, tronche de m*rde, casse-c***lles, p*tain de salop****, d’enc**** de machine à la mords-moi l’nœud… plus besoin de coquillages. »
Faire l’amour à distance, vous en rêviez ?

Proche de la société occidentale du XXIème  siècle (« Le monde est peuplé de couilles molles, c’est un remake de la petite maison dans la prairie avec des genres de pédales en robe longue. »), la manière de vivre à San Angeles va jusqu’à se montrer nostalgique de la fin du XXème siècle, comme en atteste le comportement de Lenina, qui affiche des posters de films des années 1980 dans son bureau en plus d’être fascinée par son coéquipier. Cette dernière estimant elle-même qu’il est dégoûtant de faire l’amour par transfert de fluides, il est désormais d’usage de le faire par ordinateurs interposés, ce qui n’est pas sans rappeler une certaine façon de faire à distance dans le film P.R.O.F.S. De même, de mystérieux coquillages remplacent étrangement le papier toilette, les interprérations sur la manière de les utiliser ayant nourri des débats pendant plus de vingt-cinq ans avant que Stallone ne dévoile quelques détails. Demolition Man s’imose alors sans nul doute une des œuvres les plus marquantes de sa filmographie !

Ace Ventura Détective Chiens et Chats, de Tom Shadyac

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Date de sortie : 4 février 1994 (États-Unis), 29 mars 1995 (France)
Réalisateur : Tom Shadyac
Acteurs principaux : Jim Carrey, Courteney Cox, Sean Young, Tone Loc
Genre : Comédie
Nationalité : Américain
Compositeur : Ira Newborn

 

C’est lui le meilleur !
Et en fait, il est le seul dans son domaine !

 

Une véritale jungle dans son appartement !

Après le succès modéré de Vampire Forever en Amérique du Nord, Jim Carrey effectue des apparitions remarquées dans des films comme Peggy Sue s’est mariée ou encore La Dernière Cible aux côtés de Liam Neeson, avant de se ramasser avec le bien étrange Objectif Terrienne, dans lequel il se pavane en extraterrestre à fourrure accompagné de Jeff Goldblum et de Damon Wayans. Mais sa carrière fait enfin un bon en avant avec le succès de trois films en 1994. Le premier est la comédie Ace Ventura Détective Chiens et Chats, réalisé par Tom Shadyac (Le Professeur Foldingue, Menteur Menteur, Bruce Tout Puissant), dans laquelle il enquête d’une façon assez loufoque sur des animaux disparus à la demande de Melissa Robinson, interprétée par Courteney Cox (Les Maîtres de l’Univers, Friends, Scream). En effet, le dauphin Flocon de Neige, mascotte de l’équipe de football américain de Miami, a été enlevé et il n’est pas question que le prochain match se déroule sans lui !

Une dégaine de vainqueur comme pas deux !
« Tu la sens ma grosse intelligence ! »

Encore assez timide dans les précédents films où il apparaissait, Jim Carrey exprime enfin pleinement tout le délire de son humour avec de nombreuses grimaces, une manière de parler déjantée accentuée par l’excellent doublage d’Emmanuel Curtil (« Cétacé, dit la baleine ! »), ainsi que de nombreuses singeries tel le passage où il fait comme s’il parlait avec ses fesses à son ami policier. La scène de l’enquête à l’appartement de l’entraîneur décédé est particulièrement révélatrice de son comique et de sa répartie tandis qu’il se confronte au lieutenant Einhorn, jouée par l’impassible Sean Young (Blade Runner, Dune, Wall Street). Ses manières de montrer que la vitre est en double vitrage façon chanteur d’opéra et de surenchérir ensuite en imitant un acte sexuel devant tout le monde symbolisent à elles seules tout de délire du personnage.

Qui a dit David Hasselhoff !?
« Oui Satan ? Oh veuillez me pardonner, je vous ai pris pour un autre ! »

D’autres séquences sont également devenues cultes, comme celle de l’hôpital psychiatrique où il se pavane pour se faire passer pour un fou, ou encore le final mémorable pendant lequel il démasque le coupable. Quelques seconds rôles viennent encore compléter l’intérêt du film, à commencer par Mark Margolis (l’oncle de Tuco dans la série Breaking Bad), qui joue ici le propriétaire d’Ace Ventura. S’ajoutent à lui Udo Kier (Suspiria, Johnny Mnemonic) lors d’une réception dans laquelle Ace suspecte d’y trouver le dauphin, ainsi que le joueur professionnel de football américain Dan Marino. Avec Ace Ventura, la carrière de Jim Carrey était enfin lancée, et elle n’allait pas tarder à l’être au niveau mondial avec le succès d’un certain The Mask !

 

Batman & Robin, de Joel Schumacher

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Date de sortie : 9 juillet 1997 (2h05min)
Réalisateur : Joel Schumacher
Acteurs principaux : Georges Clooney, Arnold Schwarzenegger, Uma Thruman, Chris O’Donnell, Alicia Silverstone
Genre : Super-héros, fantastique
Nationalité : Américain
Compositeur : Elliot Goldenthal

 

– Je veux une bagnole : les filles en sont dingues !
– C’est pour ça que Superman bosse seul !!

 

Un nouveau logo stylé intégrant l’emblème de Robin.

Suite au grand succès de Batman Forever, Warner Bros. veut rapidement un nouveau film pour continuer de rentabiliser sur la licence. De son côté, Joel Schumacher souhaite pousser le délire encore plus loin pour continuer de séduire le grand public, tout en tentant un hommage au comique bien trempé de la série télévisée de 1966. Le tournage est ainsi expédié en quatre mois pour une sortie durant l’été 1997. Au lieu de reprendre le rôle de Bruce Wayne, Val Kilmer opte pour celui de Simon Templar dans une nouvelle adaptation du Saint de Leslie Charteris, laissant sa place à Georges Clooney (Urgences, Une Nuit en Enfer). Si Chris O’Donnell renfile le costume de Robin, une mystérieuse jeune femme fait son apparition sous les traits d’Alicia Silverstone (Clueless). Dénommée Barbara Wilson (toute ressemblance avec la fille du commissaire Gordon serait purement fortuite), il s’agit en réalité de la nièce d’Alfred, dont la santé commence à devenir fragile.

« Adam… et crève ! »
Une antagoniste prometteuse affublée d’un costume attrayant.

Schumacher continue d’exploiter de nouveaux ennemis de l’homme chauve-souris avec un duo non dénué d’un certain charme. Tout d’abord avec Mister Freeze, incarné par Arnold Schwarzenegger (Stay Hungry, Terminator, True Lies), un ancien scientifique victime de ses recherches en cryogénie, cherchant à obtenir de quoi financer un traitement pour sauver sa femme atteinte du syndrome de McGregor. Son background tragique est basé sur celui de la série animée de 1992 avec l’épisode « Amour On Ice », les comics lui ayant de base donné un caractère bien plus burlesque. Le scénario dévie ensuite en Amérique du Sud avec le docteur Pamela Isley, jouée par  Uma Thruman (Les Liaisons Dangereuses, Sang Chaud pour Meurtre de Sang Froid, Pulp Fiction), qui devient Poison Ivy après avoir été en contact d’un peu trop près avec des produits chimiques. Cherchant à dominer le monde à l’aide de plantes carnivores, elle est assistée par Bane, un condamné aux muscles hypertrophiés par du venin de fleur tropicale.

Une apparence fidèle complètement gâchée par la bêtise du personnage.

 

Qu’est-ce qui a tué les dinosaures !?
L’ère glaciaire !!

 

Nespresso, what else ?

Après un dialogue introductif mémorable, le film annonce la couleur avec la présentation des costumes de Batman et de Robin sous des plans montrant leurs tétons, leurs fesses et même leurs entrejambes. Il alterne ensuite entre des dialogues qui flopent (« Salut Freeze, je suis Batman ! »), un acting surjoué ou inexistant (Clooney en tête), des situations ridicules (les patins à glace incorporés dans les chaussures de Batman et Robin) et une esthétique kitschissime bourrée de lumières et de personnages colorés qui contrastent totalement avec Gotham restée sombre. La volonté de vendre des jouets tirés du film est tellement présente qu’elle est même incrustée dans une réplique (« Les poupées Poison Ivy sont toujours vendues dans la même boîte ! »). La réalisation est bancale de bout en bout avec des scènes d’action molles, des plans débullés à outrance et des effets spéciaux grossiers, notamment lorsque les muscles de Bane gonflent. La physique elle-même défie tout réalisme entre la poursuite dans la fusée, le surf en plein ciel et les satellites détournés en un rien de temps vers la fin.

Et on se demande encore pourquoi certains trouvent les collants super sexy…
« Je te les empoignerais avec joie, tes diamants ! »

Ce qui frappe le plus est sans doute le nombre astronomique de jeux de mots moisis présents dans les dialogues. Freeze remporte la palme haut la main en multipliant les blagues sur le froid (« C’est l’iceberg qui débarque ! »), incitant de fait Batman à surenchérir (« Freeze, t’es givré ! ») et une de ses acolytes à en rajouter (« Oh je suis en chaleur ! […] Ça n’a rien de blizzard, je t’ai dans la peau ! »). Poison Ivy n’est pas en reste entre jeux de mots de bas étage (« C’est vraiment la jungle ici… ») et allusions sexuelles à tout-va (« L’un d’entre vous, petit veinard, est sur le point de butiner le miel ! »), Freeze lui-même y ajoutant sa touche (« En voilà une belle plante ! »). D’une manière générale, les personnages principaux ont tendance à se ridiculiser, entre Batman qui tue ce qui lui reste de crédibilité en dégainant une carte de crédit à son effigie, Robin qui surestime son humour face aux joueurs de hockey (« Ils nous cherchent des crosses, vieux frère ! ») ainsi que Freeze en peignoir qui fait chanter ses hommes de main et qui est blindé de pizzas surgelées dans sa réserve.

Comme dirait le Joueur du Grenier, « C’est le moment précis où Batman est mort ! »

 

Laissez-moi briser la glace : mon nom
est Freeze, retenez-le bien, parce que
je glace le sang et refroidis les humains !

 

« J’ai envie de couper le blé en herbe avec vous, ma pelouse est dans tous ses états ! »

Poison Ivy abuse tellement de ses pouvoirs de séduction que c’en devient malaisant tandis que Bane, s’il est de base un personnage particulièrement stratégique et intelligent, se voit réduit à un gros bêta qui crie et défonce tout. Le seul point positif est son apparence qui est bien respectée avec les tuyaux qui rentrent dans ses muscles et son masque de catcheur. Il est d’ailleurs joué par le lutteur professionnel Jeep Swenson, décédé d’une crise cardiaque deux mois après la sortie du film. Tout cela est d’autant plus dommage que le film regorge de backgrounds sous-exploités ainsi que de thèmes sérieux comme la mort, le deuil et la trahison qui sont complètement renversés par le loufoque de la narration. Si les costumes des méchants arborent une certaine classe, Freeze est décrédibilisé par son manque total de sérieux et Poison Ivy est reléguée au rang d’une chaudasse qui impose une séduction à outrance au point de se faire recadrer par Batgirl elle-même (« Ton attitude compromet l’image de la femme ! »).

Quelques instants touchants revalorisant le personnage d’Alfred.
« Tu vas perdre tes feuilles, vieille branche ! »

Car oui, c’est bel et bien la nièce d’Alfred qui devient Batgirl, ce dernier connaissant vraisemblablement ses mensurations pour lui avoir conçu un costume, occasion inespérée pour le réalisateur d’exposer quelques plans sur ses seins, ses fesses et même des talons hauts au cas où elle ne ferait pas assez féminine. Apparition inattendue et bienvenue si seulement elle avait été exploitée à sa juste valeur. Elle reste ainsi plus intéressante aux côtés d’Alfred, qui obtient enfin une certaine importance en se montrant malade voire mourant, mais sans que le scénario aille plus loin à ce niveau-là. Le thème de la mort est également effleuré avec la femme de Freeze, pour laquelle il verse une larme qui se gèle aussitôt lorsqu’il apprend son soi-disant décès, offrant ainsi une des rares scènes efficacement réalisées du film en plus de rendre le personnage plus humain, comme on pouvait déjà le voir lors de vidéos dévoilant leur passé. Le duo entre Freeze et Poison Ivy en ressort d’autant plus cohérent dans le sens où ils cultivent une haine farouche envers l’humanité au point de vouloir l’anéantir.

Un accoutrement 100% féminin !!

 

– Aucun signe du bonhomme de neige.
– Il a peut-être fondu.
– Non, il doit hiberner.

 

L’affiche de ce qu’aurait pu être le troisième film de Schumacher.

Un des points au plus grand potentiel est sans doute celui qui concerne la rivalité entre Batman et Robin, moment déterminant du comics qui aboutit à l’émancipation personnelle de ce dernier. Si son costume se rapproche d’ailleurs de celui de Nightwing, cette rivalité est profondément ridiculisée par l’ensorcellement de Poison Ivy, Batman ayant compris le piège de cette dernière mais Robin s’entêtant de penser qu’il est jaloux car elle préférerait l’embrasser lui. Tout ceci amène les deux héros à se chamailler bêtement pour régler leur psychodrame. Le film reste rentable, mais son succès commercial s’avère largement décevant. Tandis que la critique l’assassine de part en part, il reçoit neuf nominations aux Razzie Awards de 1998, ce qui amène Joel Schumacher à s’excuser près de vingt ans après sa sortie. L’écran final annonçait pourtant un troisième opus, finalement annulé par Warner vu le désastre causé. Prévu pour s’appeler Batman Triumphant, il devait faire intervenir Harley Quinn sous les traits de Courntey Love, ainsi que Nicolas Cage en Épouvantail, ce dernier créant des hallucinations du Joker en aspergeant Batman de son gaz. Schumacher aurait même aimé faire revenir tous les anciens acteurs pour le final, ce qui aurait demandé un budget pharaonique. Il faudra ensuite attendre 2005 pour le retour de l’homme chauve-souris sur grand écran, sous l’objectif de Christopher Nolan.

Un dézoom qui montre efficacement la colère de Robin.

Comme de coutume, un jeu vidéo tiré du film débarque sur PlayStation dans la foulée. Malgré une tentative de petit open world avec des phases en batmobile, le jeu est un ratage complet et fait plonger la licence parmi celles ayant réalisé un très mauvais passage à la 3D. Mieux vaut lui préférer les jeux The Adventures of Batman & Robin tirés de la série animée, notamment la version Super Nintendo qui reprend certains épisodes avec excellence. Série animée qui a d’ailleurs eu droit à une quatrième saison en 1997, contenant quelques épisodes intéressants mais avec un design bien plus épuré qu’auparavant. Cette même année voit également l’apparition de la toute nouvelle série Batman La Relève, dans laquelle le jeune Terry McGinnis, épaulé par un Bruce Wayne octogénaire, enfile le costume face à une nouvelle génération de méchants.

 

Les Tortues Ninja III, de Stuart Gillard

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Date de sortie : 17 mars 1993 (États-Unis),
21 juillet 1993 (France)

Réalisateur : Stuart Gillard
Acteurs principaux : Stuart Wilson, Sab Shimono, Paige Turco, Elias Koteas
Genre : Action, fantastique
Nationalité : Américano-hongkongais
Compositeur : John Du Prez

L’introduction était pourtant si rayonnante…

Deux ans après un deuxième film déjà bien en deçà du premier à cause de son trop-plein marketing, la trilogie se boucle avec un scénario qui se veut original dans lequel les tortues sont amenées à voyager au Japon trois siècles en arrière. De nouveau jouée par Paige Turco, April tombe en effet sur un mystérieux sceptre permettant de voyager ans le temps si une autre personne de même poids tient l’autre sceptre de la même série ailleurs dans le monde, une logique déjà bien étrange. C’est d’ailleurs elle qui va se retrouver dans le Japon féodal à la place du jeune Kenshin, fils du seigneur Norinaga avec qui il semble avoir du mal à s’entendre (« Voilà ce que c’est de pourrir ses enfants : ils ne sont jamais contents et ils passent à l’ennemi ! »).

« Les Tortues Ninja, c’est pas du bidon ! Yeh tape la patte ! Eh ouais, super et vive le rock’n roll ! »
Un bon personnage qui s’est visiblement trompé de film.

Les tortues se téléportent alors à leur tour pour la secourir, aidées par un ancêtre de Casey Jones face au terrible Walker, joué par le charismatique Stuart Wilson (L’Arme Fatale 3, Le Masque de Zorro, Ennemi d’État). Elias Koteas effectue d’ailleurs son retour dans ce rôle, mais en simple figurant car chargé de veiller sur Splinter au cas où les quatre Japonais intervertis avec les tortues ne se mettent à faire des choses bizarres. Le budget du film ayant clairement été revu au rabais, les effets spéciaux sont très limités, certains bruitages pas du tout crédibles et les costumes des tortues respirent le plastique avec des museaux allongés et des tâches bleutées un peu trop envahissantes. La marionnette de Splinter est tellement médiocre qu’il apparaît toujours caché derrière une fenêtre en ne montrant que le haut de son corps.

Quand des personnages importants sont rabaissés en simples figurants…
« Kimono, banzai, sushi ! »

Leonardo est cette fois-ci doublé par Thierry Wermuth, connu pour la VF de Tintin et surtout celle de Stanley dans South Park, ce qui donne un aspect comique faisant s’engouffrer de plus en plus le film dans le nanar (« Qu’est-ce qui te mine de charbon ? »). Si Stuart Wilson a quant à lui l’honneur d’avoir la voix de Gérard Rinaldi (Dingo dans de nombreuses productions Disney, Ratigan dans Basil Détective Privé, Tim Curry dans Maman j’ai Encore raté l’Avion), son personnage manque de conviction et n’est finalement qu’un simple pion dans le scénario. Le film peut en fait se résumer à de mauvaises scènes d’action entrecoupées par des blagues tantôt lourdes (« Finalement c’est vachement tordu la vie d’une tortue ! »), tantôt cliché ou racistes (« Suzuki !! »), ou qui n’ont simplement aucun sens (« Eh bah alors quoi tu espérais peut-être voir la famille Addams, t’es déçu !? »).

« Alors là t’as commis l’erreur de ta vie, Nagasaki ! »
« Raphaël sur le flanc droit, moi sur la gauche. Où est-ce qu’y a du flan !? »

April démontre une fois de plus son inutilité en sortant une énormité hallucinante sur le sceptre (« Une espèce de vieux sablier, un truc dont les Japonais devaient se servir pour cuire les œufs à la coque ? »), servant ainsi de simple prétexte pour le scénario. La bataille finale n’est pas vraiment marquante au point que Walker soit éjecté dans l’eau sans effet à l’impact. Après un tel massacre, le film est quand même rentable avec deux fois plus d’argent réuni que le budget d’origine, mais cela reste bien en dessous des deux premiers films et des espérances de la production. Le déferlement des mauvaises critiques aura fini d’achever la licence, qui ne se retrouvera pas au cinéma avant le long métrage animé de 2007.

Mortal Kombat Legends Scorpion’s Revenge, d’Ethan Spaulding

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Date de sortie : 12 avril 2020 (États-Unis),
27 mai 2020 (France)

Réalisateur : Ethan Spaulding
Doubleurs principaux : Bruno Magne, Céline Duhamel, Antoine Nouel, José Luccioni, Julien Kramer
Genre : Animation, combat
Nationalité : Américain
Compositeurs : John Jennings Boyd et Eric V. Hachikian

Une introduction touchante avant que les horreurs n’arrivent.

Production Warner Bros. réalisée par Ethan Spaulding (Le Fils de Batman, Batman Assaut sur Arkham), Mortal Kombat Legends Scorpion’s Revenge est le premier film d’animation adapté de la saga de jeux de combat d’Ed Boon et de John Tobias. Vingt-cinq ans après le film de Paul W.S. Anderson, il reprend le scénario du premier jeu en y incorporant de nombreux personnages, notamment Hanzo Hasashi, dont l’introduction montre le massacre de son clan Shinrai Ryu, ainsi que l’assassinat de sa femme et de son fils par Sub-Zero, du clan rival Lin Kuei. Se réveillant au NetherRealm (équivalent de l’Enfer), il devient alors Scorpion en passant un pacte avec le sorcier Quan Chi, désireux de se venger de celui qui a décimé les siens. Mais le film est loin de ne se concentrer que sur sa tête d’affiche, les héros Liu Kang, Johnny Cage et Sonya Blade étant évidemment de la partie.

Toujours la tchatche, ce Johnny !
Christophe Lambert ou non, Raiden sait garder sa grande classe !

Stoïque pour le premier, excessivement comique pour le deuxième (« Est-ce qu’on est en direct live, genre tu veux faire ça maintenant !? »), et une verve d’une certaine vulgarité pour la troisième (« Écoute-moi sale bâtard, tu ferais mieux de désactiver ça : je me fiche de ce que c’est, mis si tu le fais pas, j’utiliserai ton cul comme punching-ball personnel ! »). On trouve également le dieu du tonnerre Raiden, le terroriste Kano, ainsi que d’autres personnages qui font de courtes apparitions comme la princesse Kitana, le ninja Reptile, le monstrueux Baraka et même un centaure semblable à Motaro. Le bourreau du NetherRealm ressemble fortement à Moloch de Mortal Kombat Deadly Alliance, tandis que le personnage Nitara effectue un caméo lorsque Johnny Cage pique de la nourriture.

Les fameux « X-Ray » des derniers Mortal Kombat.

Pourvu d’un rythme bien soutenu, le film mêle efficacement ses dessins au style carré avec quelques décors en images de synthèse. La réalisation est fortement marquée par la violence avec de nombreuses gerbes de sang, des membres arrachés ou découpés (d’une manière un peu trop propre, comme si c’était prêt pour une vente à la boucherie du coin) ainsi que des visages déformés. À la manière des reboots de la saga de jeux vidéo dans les années 2010, des ralentis sont même présents pour insister sur les os qui se brisent et éclatent. Pire encore, Jax se fait littéralement arracher les bras lors de sa confrontation avec Goro (en clin d’œil à ses futures prothèses bioniques), et ne semble d’ailleurs pas avoir de difficulté à se tenir debout tel quel par la suite. Les démembrements et autre décapitations rappellent fortement les fatalités du jeu vidéo, sans oublier celle durant laquelle Scorpion crache des flammes après avoir retiré son masque.

Scorpion et Sub-Zero, éternels rivaux.
Shang Tsung est prêt à tout pour parvenir à ses fins.

De nombreux clins d’œil démontrent le soin apporté à la réalisation pour une plus grande fidélité à l’œuvre d’origine, tel un poster du film fictif Ninja Mime chez Johnny Cage. Ce dernier signe également un autographe à un moine de l’île en référence à sa Friendship, et crie également « Toasty ! » après avoir vaincu Baraka. Lorsque Shang Tsung introduit le tournoi, il montre des images des Dieux Anciens, du Grand Kung Lao, mais aussi de lui-même en plus jeune avec son apparence de Mortal Kombat 3. Outre les combattants qui s’entraînent à briser des blocs à mains nues en référence au mini-jeu « Test Your Might », plusieurs arènes emblématiques sont reconnaissables durant les combats, comme la salle du trône, le jardin de Shang Tsung et surtout la fosse, de laquelle quiconque chute se trouve violemment empalé.

Confrontation avec Goro, le Prince des Shokans !
Une fatalité cultissime !

Les voix françaises sont de qualité sans omettre le langage cru cher à la série (« Tu fais moins le malin maintenant, espèce de connard à sang froid ! »), tandis que certains actes le sont tout autant, comme Sonya qui frappe par deux fois l’entrejambe de Johnny Cage, en référence au coup spécial de ce dernier hérité de Jean-Claude Van Damme dans Bloodsport. Outre quelques éléments contemporains glissés ici et là (Johnny Cage qui balance son iPhone par-dessus bord), Mortal Kombat Legends Scorpion’s Revenge demeure d’une grande fidélité au jeu vidéo et lui fait largement honneur grâce à la qualité de son animation et à la prestance des personnages, le scénario valorisant efficacement l’importance du sorcier Shang Tsung et la dualité entre Scorpion et Quan Chi. Si Shinnok est simplement mentionné, l’Empereur Shao Kahn offre un sympathique cliffhanger donnant l’espoir d’une adaptation des événements postérieurs au premier tournoi mortel !

Mortal Kombat 3 célèbre ses 30 ans !

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Date de sortie : 15 avril 1995 (original),
6 novembre 1995 (Ultimate), 10 octobre 1996 (Trilogy)

Développeur : Midway
Concepteurs : Ed Boon et John Tobias
Genre : Versus Fighting

Nationalité : Américain
Compositeur : Dan Forden
Support d’origine : Arcade

À mon super pote Éric Perez, grand fan de la saga qui un jour découvrira l’excellence de la trilogie fondatrice et ne pourra plus s’en passer !

Nous célébrons aujourd’hui les 30 ans de la première version de ce qui est sans doute le tout meilleur épisode de la saga de versus fighting développée par Ed Boon et John Tobias. Sorti le 15 avril 1995 sur borne d’arcade puis rapidement porté sur Super Nintendo, Mega Drive et même PlayStation, Mortal Kombat 3 se distingue fortement de son illustre prédécesseur par une digitalisation bien plus affinée des personnages, désormais capables de courir et d’effectuer de redoutables combos inspirés de Killer Instinct (qui lui-même s’était inspiré de Mortal Kombat pour son univers). De nouveaux types de fatalités apparaissaient même en ce sens : les brutalités, qui consistent à éclater un adversaire en morceaux à force de le rouer de coups, ainsi que les animalités, histoire d’achever l’ennemi de manière plus ou moins inspirée en incarnant un animal.

Un casting étonnant pour une première version à laquelle les personnages emblématiques manquent cruellement.

Mais ce qui choque le plus d’emblée, c’est bel et bien le casting qui subit un chamboulement un peu trop déroutant, notamment à cause du licenciement de l’acteur David Pesina, qui servait de modèle pour Johnny Cage ainsi que pour tous les ninjas masqués, tout comme son frère Carlos qui incarnait le Dieu du Tonnerre. Adieu Johnny Cage, Raiden, Scorpion, Sub-Zero, Reptile, de même que Kitana, Mileena et Baraka ; seuls Liu Kang, Kung Lao, Jax et Shang Tsung sont conservés, absolument impensable. Mais si Sonya et Kano effectuent leur retour parmi la liste des personnages jouables, d’autres la complètent fort heureusement, à commencer par le frère cadet de Sub-Zero, reconnaissable à la cicatrice sur son œil gauche et à sa faculté d’envoyer de la glace dans les airs pour qu’elle retombe sur son adversaire. Même si scénaristiquement parlant, Kuai Liang de son prénom se cachait déjà sous le masque du Sub-Zero de Mortal Kombat II.

Le casting arcade, Saturn et Nintendo DS d’Ultimate Mortal Kombat III, dans lequel Mileena, Ermac et Sub-Zero classique apparaissent cachés.

D’autres ninjas de couleurs apparaissent sous forme de robots : Cyrax, Sektor, et même Smoke moyennant un code. Les autres nouveaux étant Stryker, un policier qui ne compte pas laisser Shao Kahn envahir la Terre ; Kabal, un ancien homme de main de Kano au visage défiguré ; Sindel, la maléfique mère de Kitana ; Nightwolf, un chaman amérindien ; Sheeva, nouvelle représentante des Shokan après Goro et Kintaro. Ce dernier ayant été vaincu dans Mortal Kombat II, il est d’ailleurs remplacé par Motaro, un puissant centaure insensible à de nombreux coups spéciaux, Shao Kahn restant le boss final. En outre, le jeu met en place des codes à rentrer durant l’écran versus apportant des effets durant les combats, ainsi que d’autres codes permettant notamment de provoquer une fatalité à la fin de chaque round en appuyant sur un seul bouton, d’incarner Motaro et Shao Kahn en versus, ou encore de jouer au vieux classique du shoot’em up Galaga, coédité par Midway.

Un casting étoffé pour les portages Super Nintendo, Mega Drive et Game Boy Advance, mais auquel Sheeva a été retirée.

La fin de cette même année, Midway se la joue Capcom avec une grosse mise à jour de son nouveau bébé. Intitulée Ultimate Mortal Kombat III, cette dernière renoue avec un casting fort, faisant réapparaître la plupart des anciens personnages retirés de Mortal Kombat II (Sub-Zero classique et Mileena via un code), Johnny Cage, Raiden et Baraka manquant toujours à l’appel. Jade et Noob Saibot, adversaires cachés du jeu précité, y sont même désormais jouables (uniquement sur Super Nintendo et Mega Drive pour ce deuxième), ainsi que la version humaine de Smoke via un code. S’ajoutent à eux un nouveau ninja de couleur rouge, Ermac (issu de la célèbre « Error Macro »), ainsi qu’un ninja violet dénommé Rain (exclusif aux deux consoles précitées). Les portages sur cartouches blindant ces dernières avec tout ce nouveau contenu, de nombreuses arènes sautent en même temps que la voix off, ainsi que le personnage de Sheeva. Elles intègrent cependant bien les nouveaux coups spéciaux ajoutés aux personnages.

Casting au grand complet pour Mortal Kombat Trilogy, une véritable orgie pour les fans de la saga !

L’année 1996 se veut véritablement orgasmique avec l’arrivée de Mortal Kombat Trilogy, version ultime sortie sur Saturn, PlayStation et Nintendo 64 sans passer par l’arcade, réintégrant l’ensemble des personnages jouables depuis le tout début de la série, y compris les légendaires Goro et Kintaro. Le plaisir d’enfin rejouer avec Johnny Cage, Raiden et Baraka est alors immense, en plus des versions MKI de Kano et Raiden, et des versions MKII de Jax et Kung Lao. Avec un code similaire à celui d’Human Smoke dans la précédente version, il est possible de jouer avec Chameleon, un ninja transparent qui navigue aléatoirement entre les différents ninjas masculins de la saga. Sur Nintendo 64, une variante nommée Khameleon permet quant à elle de naviguer entre les différents ninjas féminins. Seul point noir par rapport à Ultimate Mortal Kombat III : la possibilité d’effectuer une fatalité à la fin de chaque round n’est plus permise par le code, et les temps de chargement cassent quelque peu le rythme du jeu. Ces écueils de côté, il s’agit sans aucun doute du Mortal Kombat ultime, fier d’un âge d’or durant lequel les jeux en deux dimensions se défendaient encore superbement face aux productions 3D.

Les deux principaux films Mortal Kombat.

Cette même année 1995, Mortal Kombat se voit adapté au cinéma dans un très bon film de Paul W.S. Anderson, qui reprend brillamment le scénario et les personnages du premier volet avec un profond respect de l’univers, là où le film Street Fighter avait fait le choix d’une adaptation bien plus militaire et réaliste. Deux ans plus tard, la suite du scénario arrive avec le prolifique Mortal Kombat Destruction Finale, dans lequel Liu Kang et ses alliés se retrouvent confrontés à l’Empereur Shao Kahn. Aussi sympathique soit-il, il reçoit des critiques beaucoup plus mitigées à cause d’une réalisation beaucoup moins soignée ainsi que d’une exploitation très inégale des personnages, bien trop nombreux pour être traités à leur juste valeur dans un film d’à peine plus d’une heure et demi.

Parce que Mortal Kombat, c’est aussi la grand classe de la pose de victoire !

Les Tortues Ninja II, de Michael Pressman

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Date de sortie : 22 mars 1991 (États-Unis), 17 juillet 1990 (France)
Réalisateur : Michael Pressman
Acteurs principaux : Ernie Reyez Jr, Paige Turco, François Chau, David Warner
Genre : Action, fantastique
Nationalité : Américano-hongkongais
Compositeurs : John Du Prez et autres

Une entrée digne des plus grands ninjas… en pleine lumière !

Après l’énorme succès du premier film estampillé Tortues Ninja, une suite est immédiatement mise en chantier et sort au cinéma tout juste un an plus tard, époque à laquelle le jeu vidéo Tortues Ninja Turtles in Time débarque dans les salles d’arcade. Le scénario propose d’en apprendre davantage sur la mutation des tortues alors que Shredder effectue son retour pour s’emparer du fluide radioactif qui les avait transformées et ainsi concevoir des créatures à son service. La production désirait introduire les emblématiques Bebop et Rocksteady, créés pour la série d’animation au générique flamboyant de 1987, ce qui ne fut pas possible car les créateurs du comics Kevin Eastman et Peter Laird s’y opposèrent, en partie pour d’obscures raisons de droit. C’est la raison pour laquelle les créatures Tokka et Rahzar ont été créées à l’occasion, le film étant un véritable florilège de personnages facilement reproductibles en jouets pour vendre un maximum.

« Je vous ai pas dit que je pratiquais les arts martiaux ? »
Ridiculisés dès leur apparition, Tokka et Rahzar peuvent relativiser leur laideur.

Le casting subit quant à lui quelques bouleversements. En plus du changement de réalisateur, Judith Hoag est remplacée par Paige Turco dans le rôle d’April. Le casque de Shredder est agrémenté de pointes pour couronner François Chau (L’Arme Fatale 4, Lost), qui remplace alors James Saito avant que le catcheur Kevin Nash ne vienne apporter un puissant upgrade au personnage. Si Casey Jones est absent, l’homme de main Tatsu est toujours là au point de vouloir prendre le contrôle du clan des Foot avant de se rendre contre que son maître est en fait toujours en vie. Le scientifique responsable du mutagène est quant à lui joué par David Warner, déjà vu dans des films comme Tron et Star Trek 5. Le livreur de pizza Keno a cette fois-ci un rôle central sous les traits d’Ernie Reyes Jr, qui avait impressionné les producteurs pour sa doublure de Donatello durant les cascades du premier film.

Après être passé sous le compacteur, il fallait bien refabriquer un casque digne de ce nom…
Go ninja, go ninja go !

Les tortues arborent des costumes différents avec des tâches bleutées, des joues particulièrement larges et des dentures bien plus excessives. Toujours présent avec ses bons conseils, maître Splinter a également un rendu différent, bien plus statique dans ses animations. Le thème musical de John du Prez intervient à différents moments du film, et s’ajoutent à lui de nouvelles compositions de rap et de techno, notamment la chanson « Ninja Rap » interprétée par Vanilla Ice durant la scène de le discothèque. Similaire à son prédécesseur, Les Tortues Ninja II s’en sort moins bien à cause d’un rythme peu soutenu et d’un scénario qui ne se démarque pas suffisamment. Il reste néanmoins divertissant grâce à son humour plaisant et à des scènes de combat toujours aussi correctes, même s’ils n’utilisent quasiment jamais leurs armes.

Un rendu de grande qualité, malheureusement expédié en deux minutes.

Le Roi Lion 3, de Bradley Raymond

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Date de sortie : 10 février 2004 (États-Unis),
10 mars 2004 (France)

Réalisateur : Bradley Raymond
Doubleurs principaux : Jean-Philippe Puymartin, Michel Ellias, Emmanuel Curtil, Med Hondo
Genre : Animation
Nationalité : Américain
Compositeur : Don Harper

« Y’aaaaa quoi au menu ? De la morue crue, pas fraîche et qui pue comme Pumbaaaa !! »

Sorti directement en vidéo six ans après L’Honneur de la Tribu, Le Roi Lion 3 est en réalité un midquel, l’histoire se déroulant pendant une période située dans l’opus original, d’où son appellation du Roi Lion 1 ½ aux États-Unis. Il revisite en effet le premier film selon le point de vue de Timon et Pumbaa, qui se repassent le long métrage dans une salle de cinéma avec leurs silhouettes visibles au premier plan. Le Roi Lion 3 alterne ainsi les commentaires, retours en arrière et avances rapides des deux protagonistes avec ce qui est considérable comme une parodie du premier film, certaines scènes revisitées étant bien trop tirées par les cheveux pour être en cohérence avec le scénario.

« Je sens monter en moi comme un veeent de panique !! »
Un piège grossier qui ne fonctionne même pas !

Durant « L’histoire de la vie », Timon et Pumbaa traversent le troupeau qui assiste à la scène et ce dernier ne peut se retenir de partager ses flatulences, assommant littéralement les animaux les plus proches et incitant ainsi les autres à faire la révérence. Autre exemple lors de la chanson « Je voudrais déjà être roi », la pyramide d’animaux s’écroule en fait donne un coup de bâton sur le pied d’un éléphant car la musique l’empêchait de dormir. Enfin, lorsque Simba et Nala roulent du haut d’une pente pendant « L’amour brille sous les étoiles », c’est parce que Timon et Pumbaa les font tomber avec une corde afin de briser leur amour au nom de leur amitié, sans parler des papillons qu’ils délogent eux-mêmes en étant propulsés vers un arbre.

Un clin d’œil évident aux connaisseurs du premier film.
La bande de Timon, le regardant d’un air douteux.

Un des intérêts du film est de prendre connaissance avec le passé de Timon, qui vivait dans une colonie de suricates et y occupait une fonction de sentinelle à l’entrée avant de se faire bannir pour ses boulettes d’inattention légendaires. On découvre également sa rencontre avec Pumbaa, par leur façon unique de s’effrayer mutuellement en hurlant à la mort. Certains de ses éléments sont en réalité repris du double épisode « Une paire de compères » de la série animée Timon & Pumbaa, qui avait déjà traité de l’origine du duo. C’est aussi l’occasion de voir Simba adolescent, mais pendant une seule séquence participant aux nombreuses références que comporte le film.

Qui d’autre saurait mieux se faire peur l’un l’autre !?
Prêt à dégainer les coquilles !

Alors que Timon et Simba se lancent dans un concours de celui qui gobera le plus grand nombre d’escargots, la célèbre musique d’introduction d’Ennio Morricone pour Le Bon, la Brute et le Truand retentit afin d’intensifier le duel. La Chevauchée des Walkyries de Richard Wagner est également présente pendant que Pumbaa court au ralenti à la manière de Simba dans le premier film. Lors d’un karaoké entre Timon et Pumbaa, ces derniers rejouent la scène du spaghetti de La Belle et le Clochard en s’enfilant un ver de terre. Outre l’extrait reconnaissable de « Jungle Boogie » du groupe Kool & the Gang durant la chanson « Le lion s’endort ce soir », les caméos des silhouettes de très nombreux personnages Disney concluent le film d’une sympathique manière : celle d’une suite sans prétention qui reste bien animée tout en apportant son petit lot d’éléments intéressants.

Les Nouveaux Héros, de Don Hall et Chris Williams

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Date de sortie : 25 octobre 2014 (Europe de l’Est), 11 février 2015 (France)
Réalisateurs : Don Hall et Chris Williams
Doubleurs français : Maxime Baudouin, Kyan Khojandi, Damien Ferrette, Élizabeth Ventura
Genre : Animation
Nationalité : Américain
Compositeur : Henry Jackman

Premier film Disney à utiliser des personnages de l’univers Marvel tirés des comics Big Hero 6, Les Nouveaux Héros et un long métrage d’animation assez classique dans lequel Hiro Hamada, petit génie de la robotique comme en atteste son combat de créature télécommandée au tout début du film, présente un concept de construction à un jury afin d’intégrer une école avant que le scénario ne soit complexifié par une histoire de complot. L’univers prend place dans une sorte de San Fransisco japonaise nommée San Fransokyo, avec de longues routes à perte de vue et d’impressionnants buildings très high-tech. La mascotte qui accompagne Hiro s’appelle Baymax, une sorte de bonhomme Michelin gonflable notamment programmable pour scanner des informations sur des gens, évaluer leur état de santé et trouver des solutions. Le duo entre les deux personnages est assez attachant, en plus du fait qu’il s’agit d’une invention de son frère, et les six héros en costumes dégagent un certain cachet.

Malgré sa narration vraiment convenue, le film sait être inventif au niveau de la tournure de son scénario et l’animation des décors et des personnages est largement digne d’un Pixar. Il n’échappe pas à quelques clichés et aux événements prévisibles avec la véritable identité du méchant, même si ça au moins le mérite de trancher avec le manichéisme habituel. Récompensé par l’Oscar du meilleur film d’animation, Les Nouveaux Héros ont également été adaptés en une série animée sous le titre de Baymax et les Nouveaux Héros. Son univers a aussi été exploité dans le jeu vidéo Kingdom Hearts III, dans lequel Sora affronte un nouveau modèle de Baymax contrôlé par les Sans-Cœur. Il est tout aussi agréable de voir un sympathique caméo de Stan Lee lors de la scène post-générique.