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Emmanuel Delextrat

Emmanuel Delextrat
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Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…

Les Trois Mousquetaires : D’Artagnan et Milady, de Martin Bourboulon

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Date de sortie : 5 avril 2023 (2h 01min)
Réalisateur : Martin Bourboulon
Acteurs principaux : François Civil, Vincent Cassel, Romain Duris, Pio Marmaï, Eva Green, Louis Garrel, Lyna Khoudri
Genre : Historique, aventure
Nationalité : Français
Compositeur : Guillaume Roussel

« C’est ma seule richesse, et je la mets tout entière au service de Sa Majesté. »

Premier film d’un diptyque adapté du roman éponyme d’Alexandre Dumas par Martin Bourboulon (Papa ou Maman, Eiffel), Les Trois Mousquetaires : D’Artagnan met en scène François Civil (Le Chant du Loup, Deux Moi, BAC Nord) dans la peau du célèbre soldat en devenir alors qu’il cherche à retrouver ses agresseurs à Paris après avoir tenté de sauver la vie d’une femme. Arrivé sur place, il se retrouve alors face à Athos, Porthos et Aramis, respectivement incarnés par Vincent Cassel (La Belle et la Bête, L’Empereur de Paris, Astérix & Obélix L’Empire du Milieu), Pio Marmaï (Ce qui nous Lie, Santa & Cie, En Corps) et Romain Duris (L’Arnacœur, L’Écume des Jours, Casse-Tête Chinois).

« Trois duels en trois heures avec trois mousquetaires ? […] Je vous prie de m’excuser par avance si je ne peux contenter tout le monde. »
Des scènes d’action qui manquent de clarté.

Limité par un scénario assez convenu et des scènes d’action parfois confuses, Les Trois Mousquetaires : D’Artagnan reste pourvu d’une bonne réalisation avec de jolis décors issus de monuments français tels que le Louvre, le Fort Narional de Saint-Malo et le château de Fontainebleau. Les dialogues sont correctement écrits avec un langage d’époque appréciable pour des personnages comme Louis XIII, Richelieu, Anne d’Autriche, le duc de Buckingham, Marie de Médicis et même Constance Bonacieux, joliment interprétée par Lyna Khoudri.

De somptueux décors.
Un personnage qui sied parfaitement à Eva Green.

Si le charisme de Vincent Cassel permet de présenter efficacement Athos comme un vétéran, Eva Green (Casino Royale, 300 La Naissance d’un Empire, Dumbo) n’est pas en reste avec le mystère qui se dégage de son rôle de Milady de Winter. Se distinguant de la plupart des autres productions françaises contemporaines, le film compose également avec un bon jeu d’acteur et se trouve valorisé par les compositions de Guillaume Roussel (Novembre, Kompromat, Couleurs de l’Incendie) dans la lignée de nombreux classiques de cape et d’épée.

« Vous êtes soldats pour mourir ? Je vous emmène là où on meurt. »
Un duo parmi les plus intrigants du film.

Suite directe sortie quelques mois plus tard, Les Trois Mousquetaires : Milady poursuit l’adaptation du roman en prenant quelques libertés, notamment sur le sort réservé à Constance Bonacieux. Cette dernière ayant été kidnappée, le héros part à sa recherche à l’occasion d’un scénario qui s’émancipe avec le thème de la trahison et l’ambiguïté autour de Milady de Winter. Assez semblable à son prédécesseur, le film laisse plus de place pour Porthos et Aramis mais comporte des scènes d’action toujours aussi désordonnées. Sublimé par des décors et des dialogues qui dégagent un certain cachet, ce diptyque des Trois Mousquetaires s’en sort correctement mais manque encore de consistance pour atteindre le rang de grand classique.

Dragon : L’Histoire de Bruce Lee, de Rob Cohen

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Date de sortie : 7 mai 1993 (États-Unis), 23 juin 1993 (France)
Réalisateur : Rob Cohen
Acteurs principaux : Jason Scott Lee, Lauren Holly, Robert Wagner, John Cheung, Ong Soo Han
Genre : Arts martiaux, biographie
Nationalité : Américain
Compositeur : Randy Edelman

 

À la mémoire de Brandon Lee

 

« Le kung-fu est plus qu’un sport de combat : c’est une philosophie. »

Adaptation biographique très libre du roman Bruce Lee The Man Only I Knew écrit par Linda Lee Cadwell. Dragon L’Histoire de Bruce Lee relate la vie du Petit Dragon, incarné par Jason Scott Lee (Retour vers le Futur II, Timecop 2, Mulan), de ses premiers pas à Hong Kong à son décès soudain en 1973. Réalisé par Rob Cohen (Cœur de Dragon, Daylight, Fast & Furious), il met aussi bien en avant son comportement rebelle que sa volonté de transmettre l’art du jeet kune do au-delà du continent asiatique. Outre la présence de son père sous les traits de Ric Young (Indiana Jones et le Temple Maudit, La Dernier Empereur, Le Baiser Mortel du Dragon), on y suit surtout la relation avec sa future femme Linda Lee, interprétée par Lauren Holly (Dumb & Dumber, L’Enfer du Dimanche, Ce que Veulent les Femmes).

Le nunchaku, arme de prédilection de Bruce Lee.
Une rencontre capable de changer toute une vie.

De l’instruction auprès de son maître IP Man à l’ouverture de sa propre école d’arts martiaux à Oakland en passant par un entraînement sur l’emblématique mannequin de bois, reste principalement axé sur les différents combats qui ont rythmé la vie de Bruce Lee. Outre les marins, collègues de cuisine ainsi que le gymnaste joué par Robert Wagner (Austin Powers, Sexcrimes), on assiste à ses combats face à Wong Jack-man, ici renommé Johnny Sun, avant d’en découdre avec son frère Luke dans une usine à glaçon durant le tournage de Big Boss. Ce n’est d’ailleurs pas le seul film de Bruce Lee qui est mentionné étant donné qu’il est aussi question de la scène des miroirs d’Opération Dragon, du Jeu de la Mort, de l’inachevé Le Frelon Vert et même de la série Kung Fu, pour laquelle il manque d’obtenir le premier rôle au profit de David Carradine.

Une bénédiction pour chasser les mauvais esprits.
« J’enseigne à qui veut apprendre ! »

Bien que fortement romancé, Dragon L’Histoire de Bruce Lee conserve un fond dramatique en mettant en avant les nombreuses difficultés rencontrées par son héros, qu’il s’agisse des propos racistes, des doublages asiatiques caricaturaux au cinéma, des anciens qui refusent qu’il enseigne les secrets du kung-fu en Occident ou de la mère de Linda qui voit leur mariage d’un mauvais œil. Outre un séjour à l’hôpital durant lequel il rédige les principes du jeet kune do avec l’aide de sa femme, Bruce doit également faire face à un samouraï fantôme qui symbolise sa peur de l’adversité durant plusieurs séquences apportant une dimension fantastique au scénario.

L’emblématique scène des miroirs d’Opération Dragon.
« Nous avons tous nos propres démons à combattre : ils s’appellent « peur », « haine » ou « colère ». »

Porté par les entraînantes compositions de Randy Edelman (Le Dernier des Mohicans, The Mask, Le Grand Tournoi), le film comporte aussi une reprise par Shannon Lee de « California Dreamin’ » de John et Michelle Phillips. Les doublages français sont tout aussi qualitatifs avec la voix de Thierry Wermuth (Vampire Forever, Les Aventures de Tintin, Sacré Robin des Bois) pour Jason Scott Lee et celle de Virginie Ledieu (Meg Ryan dans Top Gun, Nicole Kidman dans Malice, Drew Barrymore dans Scream) pour Lauren Holly. Fort de son succès, Dragon L’Histoire de Bruce Lee est également adapté en un sympathique jeu de combat sur Mega Drive, Jaguar et Super Nintendo.

 

 

Un grand classique à redécouvrir en DVD et Blu-Ray chez les Éditions BQHL !

 

 

Astérix & Obélix L’Empire du Milieu, de Guillaume Canet

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Date de sortie : 1er février 2023 (1h 51min)
Réalisateur : Guillaume Canet
Acteurs principaux : Guillaume Canet, Gilles Lellouche, Vincent Cassel, Jonathan Cohen, Marion Cotillard, Pierre Richard
Genre : Comédie, aventure
Nationalité : Français
Compositeur : Matthieu « M » Chedid

L’incontournable chasse au sanglier !

Quatre ans après Astérix Le Secret de la Potion Magique, la saga de René Goscinny et Albert Uderzo effectue son retour au cinéma avec un cinquième film en prises de vue réelles, le tout premier à ne pas être directement adapté d’un album. Réalisé par Guillaume Canet (La Plage, Un Ticket pour l’Espace, Ne le dis à Personne) qui assure également le premier rôle, Astérix & Obélix L’Empire du Milieu prend place lors de l’arrivée en Gaule de la princesse Fu Yi, fille unique de l’impératrice de Chine interprétée par Julie Chen, venue chercher de l’aide suite à l’emprisonnement de sa mère. Elle est accompagnée de sa garde du corps Tat Han, jouée par Leanna Chea, véritable caricature de la pratiquante de kung-fu.

Les deux comiques de service, puisqu’il en faut bien !
« Ne raconte pas de salades à César ! »

Plus de dix ans après Astérix & Obélix au Service de Sa Majesté, le casting est entièrement renouvelé avec Gilles Lellouche (Jeux d’Enfants, Les Aventures Extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec, BAC Nord) qui incarne un Obélix convaincant et Vincent Cassel (Black Swan, La Belle et la Bête, L’Empereur de Paris) dans le rôle d’un César qui se ridiculise tout sens en faisant le signe du rappeur Jul entre deux blagues sur son patronyme (« Tu veux le césar de la meilleure actrice ? »). On trouve aussi Jonathan Cohen, Ramzy Bedia et Pierre Richard respectivement pour Graindemaïs, Épidemaïs et Panoramix ainsi qu’une Cléopâtre tout aussi caricaturée sous les traits de Marion Cotillard (La Môme, The Dark Knight Rises, Alliés).

Des plans vraiment bien fichus.
Antivirus, le Chuck Norris de la Gaule !

Enchaînant les situations burlesques et les gags plus ou moins réussis, Astérix & Obélix L’Empire du Milieu parvient à mettre en place un humour correct dans la lignée de ses prédécesseurs sans pour autant atteindre la pertinence d’un Nicky Larson et le Parfum de Cupidon. Truffé d’anachronismes et de jeux de mots sur les noms asiatiques (le coup d’États du prince Deng Tsin Qin), il multiplie aussi les caméos de personnalités comme Zlatan Ibrahimović, mais aussi les rappeurs Orelsan, Bigflo et Oli ou encore le chanteur M, qui compose les musiques du film. Une adaptation perfectible au budget discutable mais qui peut tout à fait convenir aux amateurs d’Astérix et de comédie française.

« Ah là ça sent plus trop le laurier, ça sent même plutôt le sapin ! »

Super Mario Bros. (2023) d’Aaron Horvath et Michael Jelenic

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Date de sortie : 5 avril 2023 (1h 32min)
Réalisateur : Aaron Horvath et Michael Jelenic
Comédiens de doublage : Pierre Tessier, Audrey Sourdive, Benoît Du Pac, Jérémie Covillault, Emmanuel Garijo, Donald Reignoux, Xavier Fagnon, Thierry Desroses, Kaycie Chase
Genre : Animation
Nationalité : Américain
Compositeurs : Brian Tyler et Koji Kondo

Une introduction qui commence en fanfare !

Trente ans après le désastreux long métrage mettant en scène Bob Hoskins et John Leguizamo, Nintendo se décide enfin à adapter Super Mario Bros. en un film d’animation pour apporter une nouvelle vision à la richesse de son univers. Prenant quelques libertés sur le scénario habituel, il débute à Brooklyn tandis que Mario et Luigi quittent leur employeur Spike du jeu vidéo Wrecking Crew pour créer une entreprise de plomberie, dont ils font la publicité en reprenant le célèbre rap du Super Mario Bros. TV Show à l’accent italien un chouïa exagéré. Échouant leurs prestations dans des situations comiques propres à toutes sortes de cartoons, ils sont alors aspirés par un tuyau qui les séparent dans deux zones bien différentes. Tandis que Luigi se fait capturer par l’armée des Koopas, Mario arrive au Royaume Champignon avant de faire connaissance avec Toad et la princesse Peach, qui compte bien contrecarrer les plans d’invasion du terrible Bowser.

« On est les Mario Bros, les deux super plombiers ! »
Une princesse Peach à l’opposé de celle de 1985.

Pourvu d’une animation en images de synthèse de haute qualité, Super Mario Bros. valorise joliment l’univers de Nintendo malgré le survol de certaines de ses composantes. Malgré de superbes remix musicaux, on peut en effet regretter que ces derniers ne constituent que des extraits de quelques secondes. Outre des doublages français de bonne facture, le film utilise des éléments de comédie traditionnels en accompagnent certains passages de chansons populaires comme « Battle Without Honor Or Humanity » de Tomoyasu Hotei, « Holding Out For A Hero » de Bonnie Tyler et « Take On Me » du groupe de new wave a-ha. À l’image de la bergère dans Toy Story 4, Peach délaisse son statut de demoiselle en détresse au profit de compétences la plaçant directement comme entraîneuse de Mario pour les combat et les phases de plates-formes. Quant à Bowser, il est clairement présenté comme étant amoureux de la princesse au point de chanter au piano de manière fortement décalée pour le personnage.

Un Bowser imposant qui fait mouche malgré son côté décalé.
Donkey Kong a toujours la cravate de la situation !

De surcroît, le film comporte de nombreux éléments de l’univers de Mario, à commencer par différents types de fleurs et de champignons et des ennemis comme les Goomba, Maskass, Bill Balle et Plantes Piranha. Les clins d’œil se multiplient ensuite avec Mario Cape de Super Mario World, le château de Peach et les pingouins de Super Mario 64, le jingle de la Game Cube en sonnerie de téléphone, un Luma de Super Mario Galaxy, Mario Chat de Super Mario 3D World ou encore les tenues de mariage de Super Mario Odyssey. On remarque aussi la présence de Bébé Mario et Bébé Luigi lors d’un flashback, l’œuf de Yoshi n’étant aussi sûrement pas là par hasard. Une des séquences emblématiques reste la traversée de la route arc-en-ciel Mario Kart, qui aurait elle aussi mérité de consister en une véritable course plutôt qu’en un simple moyen de transport en masse.

La présence des costumes était inévitable.
Teasing pour un futur film Mario Kart ?

Jamais avare en références, Nintendo a également placé de nombreuses clins d’œil à d’autres de ses licences, à commencer par Donkey Kong lors d’un combat mémorable à la Super Smash Bros. dans le royaume de la jungle. On trouve aussi Mario qui joue à Kid Icarus sur NES, une pizzeria portant le nom de Punch-Out ou encore le père de Mario qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Tarkin de The Legend of Zelda Link’s Awakening. Alléchant pour les fans de la saga, Super Mario Bros. aurait vraiment gagné à durer un peu plus longtemps pour approfondir certains passages qui peuvent laisser une impression d’inachevé. Il constitue toutefois un pari réussi grâce à une animation de haute volée et à un scénario rendant hommage à de nombreux éléments caractéristiques de la franchise.

Batman La Malédiction qui s’abbatit sur Gotham, de Sam Liu et Christopher Berkeley

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Date de sortie : 27 mars 2023 (Royaume Uni),
7 juin 2023 (France)

Réalisateurs : Sam Liu et Christopher Berkeley
Comédiens de doublage : David Giuntoli, Tati Gabrielle, Christopher Gorham, John DiMaggio, Patrick Fabian, Brian George
Genre : Animation, super-héros
Nationalité : Américain
Compositeur : Stefan L. Smith

Une rencontre de mauvais augure.

Adaptation animée du comics éponyme écrit par Mike Mignola et Richard Pace ainsi qu’illustré par Troy Nixey et Dennis Janke, Batman La Malédiction qui s’abbatit sur Gotham réinterprète les codes du justicier masqué dans un univers lovecraftien des années 1920. Explorateur en Antarctique, Bruce Wayne libère accidentellement une malédiction digne des plus terrifiantes créatures de Cthulhu en venant enquêter sur la disparition d’une précédente expédition menée par Oswald Cobblepot. De retour à Gotham après deux décennies d’absence, il doit alors faire face à des forces surnaturelles aux côtés de Dick Grayson, Jason Todd ainsi que Kai Li Cain, une jeune fille sous sa protection.

La Ligue des Ombres façon Lovecraft.
Une version d’Oracle bien plus sombre qu’à l’accoutumée.

Pourvu d’une atmosphère sombre et macabre, ce nouveau film comporte d’autres personnages habituels de la franchise comme James Gordon, Alfred et Lucius Fox, mais aussi Barbara Gordon dans sa version Oracle à l’asile d’Arkham ainsi qu’Oliver Queen, aka Green Arrow, qui revêt un rôle bien particulier. Ce n’est d’ailleurs pas le seul autre personnage de DC Comics étant donné qu’on trouve aussi Jason Blood, aka Etrigan de l’univers de Constantine, qui incarne le rôle du démon. De leur côté, Talia et Ra’s Al Ghul sont une fois de plus de la partie en tant que membres d’une étrange secte.

Un design toujours aussi frappant.
Puisque nul n’échappe à son destin…

/!\ SPOILERS /!\ Tandis que le personnage de Grendon est assimilé à Mr Freeze, une version macabre de Poison Ivy s’en prend aussi à Harvey Dent, dont les boursouflures du côté gauche de son corps le transforment irrémédiablement en Double Face alors qu’il venait d’être élu maire de Gotham City. Malgré ses airs de déjà-vu, Batman La Malédiction qui s’abbatit sur Gotham fonctionne grâce à son ambiance particulière et à son scénario dramatique efficace. Non sans rappeler Batman Gotham by Gaslight, il compose avec une animation de qualité et des doublages français toujours aussi convaincants.

The Whale, de Darren Aronofsky

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Date de sortie : 21 décembre 2022 (États-Unis),
8 mars 2023 (France)

Réalisateur : Darren Aronofsky
Acteurs principaux : Brendan Fraser, Sadie Sink, Hong Chau, Samantha Morton, Ty Simpkins
Genre : Drame
Nationalité : Américain
Compositeur : Rob Simonsen

Brendan Fraser touchant de bout en bout.

Adaptation de la pièce de théâtre éponyme de Samuel D. Hunter par Darren Aronofsky (Black Swan, Noé, Mother), The Whale marque le grand retour de Brendan Fraser (La Momie, Voyage au centre de la Terre, Cœur d’Encre) dans un rôle d’envergure, de longues années après avoir fait face à d’importants soucis personnels lui ayant provoqué une obésité massive. Il y incarne Charlie, homme atteint d’hyperphagie incontrôlée due à une dépression causée par le décès de son amant Alan. Ayant abandonné sa famille pour le rejoindre, il cherche désormais à renouer avec Ellie, sa fille de dix-sept ans brillamment interprétée par Sadie Sink (Le Château de Verre, Eli, Stranger Things).

Une mise à distance qui participe au huis clos.
Des émotions d’une grande justesse.

Véritable drame décrivant une situation glauque et pathétique, The Whale est tourné en format 4:3 pour mieux renforcer son huis clos, l’intégralité du scénario se déroulant dans la pièce principale de la petite maison du protagoniste. Professeur d’anglais à distance, Charlie donne des cours en classe virtuelle sans activer sa webcam par honte de sa corpulence. En recherche de rédemption, il se livre à des lectures d’extraits du roman Moby-Dick d’Herman Melville, mise en abyme de sa condition, tandis que le thème de l’évangélisme est abordé par la présence d’un missionnaire chrétien joué par Ty Simpkins (Insidious, Iron Man 3, Jurassic World).

Une fenêtre semblant infranchissable.
Sadie Sink magistrale.

Incarnée par Hong Chau (Downsizing, Artemis Fowl, Le Menu), la sœur d’Alan tient un rôle important en tant qu’amie et infirmière tandis que la mère de Charlie, sous les traits de Samantha Morton (Cosmopolis, Les Animaux Fantastiques, The Walking Dead), interprète un personnage cynique qui renforce encore plus le malaise du scénario. Épatante dans ses coups de gueule, Sadie Sink offre quant à elle une performance bien différente de celle de Max dans Stranger Things qui se rapproche davantage du jeu de Bella Ramsay pour Ellie dans la série The Last of Us. Semblant définitivement guéri de sa dépression, Brendan Fraser obtient un oscar bien mérité pour son interprétation touchante ayant fait office de véritable remède !

Taken, thriller action phare avec Liam Neeson

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Date de sortie : 27 février 2008 (1h33min)
Réalisateur : Pierre Morel
Acteurs principaux : Liam Neeson, Maggie Grace, Famke Jansson, Xander Berkeley, Olivier Rabourdin, Arben Bajraktara
Genre : Thriller, action
Nationalité : Français
Compositeurs : Nathaniel Mechaly, Ghinzu et Pauline de Saxe

Une famille tout ce qu’il y a de plus normal.

Thriller action réalisé par Pierre Morel (Banlieue 13), coscénarisé et produit par Luc Besson, Taken fait définitivement connaître Liam Neeson (Star Wars La Menace Fantôme, Batman Begins, After.Life) au grand public en le plaçant dans la peau de Bryan Mills, ancien agent secret qui assiste par téléphone à l’enlèvement de sa fille unique en plein Paris. Jouée par Maggie Grace (Lost, Twilight Revelations, Fear the Walking Dead), cette dernière est en effet tombée sur le joug de mafieux albanais, qui ne savaient visiblement pas à qu’ils avaient à faire à la famille de celui qui avait à la fois entraîné Obi-Wan Kenobi et Batman.

« Alors écoute, ce que je vais te dire maintenant est très important : ils vont t’enlever aussi. »
Un second rôle fort bien interprété.

Remontant alors rapidement la piste du réseau mafieux grâce à un ancien collègue incarné par Olivier Rabourdin (Jeanne d’Arc, 13 Tzameti, Minuit à Paris), Bryan se lance dans une course contre la montre pour sauver sa fille, avec qui il compte bien rattraper les moments qu’ils n’ont pas pu passer ensemble durant son adolescence. L’introduction apporte à cet effet un background intéressant durant la scène de son anniversaire, où l’on comprend d’emblée la relation complexe avec son ex-femme Lenore, interprétée par Famke Janssen (GoldenEye, la trilogie X-Men) et remariée avec un homme sous les traits de Xander Berkeley (Candyman, Apollo 13, The Walking Dead).

« Si vous relâchez ma fille maintenant, j’oublie tout, ça s’arrête là : je vous laisserai tranquille, je ne vous poursuivrai pas. Mais si vous la gardez, je vous chercherai, je vous trouverai… et je vous tuerai. »
« Bon’chance ! »

Pourvu d’une réalisation convenable mais entachée par des scènes d’action aux coupes bien trop fréquentes façon Quantum of Solace, Taken est toutefois devenu culte pour avoir lancé Liam Neeson dans toute une série de films où il castagne tout ce qui bouge façon Jason Statham. Malgré les clichés de l’ancien agent qui s’inquiète trop pour sa fille et de la traite des jeunes femmes organisée par des étrangers, la narration se veut efficace et les Albanais sont bien représentés par Arben Bajraktaraj (Harry Potter et l’Ordre du Phénix, Polisse, Nicky Larson et le Parfum de Cupidon), son fameux « Bon’chance ! » ayant donné lieu à toutes sortes de mèmes internet.

« Voilà ce qui arrive quand on bosse derrière un bureau : on n’oublie tout, même la différence de poids entre une arme chargée ou vide. »
Un interrogatoire à l’ancienne.

De con côté, Famke Janssen offre une interprétation qui la démarque de la mutante Jean Grey tandis que Maggie Grace se montre convaincante pour un de ses premiers rôles au cinéma. Quant à Liam Neeson, c’est toujours un régal de le voir faire régner la loi agrémenté de son très bon jeu d’acteur, d’autant qu’il tourne la plupart des scènes d’action sans doublure. Assez convenu dans le fond mais original et percutant dans son scénario, Taken reste un bon film qui a marqué son temps au point d’obtenir deux suites en 2012 et 2015, ainsi qu’une adaptation en série en 2017 avec Clive Standen en tête d’affiche.

Creed : la relève de Rocky par Michael B. Jordan

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Creed
L’Héritage de Rocky Balboa

 

Date de sortie : 25 novembre 2015 (États-Unis), 13 janvier 2016 (France)
Réalisateur : Ryan Coogler
Acteurs principaux : Michael B. Jordan, Sylvester Stallone, Tessa Thompson, Phylicia Rashād, Graham McTavish, Wood Harris, Tony Bellew
Genre : Drame, action
Nationalité : Américain
Compositeur : Ludwig Göransson

« Je crois qu’il aurait préféré pouvoir être là, à discuter avec toi. »

Plusieurs années après le grand retour de Rocky Balboa dans un sixième et dernier film, la saga trouve un nouvel élan sous l’objectif de Ryan Coogler, réalisateur des futurs Black Panther. Toujours incarné par Sylvester Stallone (Rambo, Demolition Man, Expendables) revient alors comme entraîneur d’une nouvelle recrue qui s’avère être le fils caché de son ancien rival et ami Apollo Creed. Interprété par Michael B. Jordan (Chronicle, Les Quatre Fantastiques, Black Panther), le dénommé Adonis Johnson part de la situation opposée à celle de Rocky. Aisé financièrement et descendant d’un ancien champion du monde, il cherche lui aussi à prouver sa valeur par son propre mérite.

Quand une voisine bruyante devient bien davantage…
« P’t-être que t’es en colère contre quelqu’un qui est pas là, quelqu’un d’autre, et lui, lui il peut pas se défendre, tu vois. »

Sa relation avec Rocky s’intensifie petit à petit et ce dernier excelle dans son rôle de coach fourmillant d’expérience et de bonne volonté. On retrouve son restaurant à la mémoire de sa femme tandis que son passage au cimetière révèle le décès de son ami Paulie, marquant encore davantage le renouvellement du casting. Le registre dramatique s’intensifie d’autant plus qu’Adonis rencontre des difficultés à s’assumer comme étant à la hauteur de son père et s’emporte violemment face à Rocky alors que ce dernier vient d’apprendre qu’il est atteint d’un cancer. Craignant la mort de la légende, le spectateur d’inquiète autant que les moments touchants se multiplient, Rocky se battant aux côtés d’Adonis afin de vaincre sa maladie.

« Si je me bats, tu te bats aussi ! »
Une arrivée spectaculaire pour un combat intense.

Assez similaire au premier Rocky dans sa structure, Creed constitue un retour très réussi grâce à ses nouveaux personnages et à ses nombreux clins d’œil au reste de la saga. Tessa Thompson incarne efficacement celle qui devient la petite amie d’Adonis et Ricky Conlan s’impose comme un adversaire final convaincant sous les traits du boxeur professionnel Tony Bellew, lui-même coaché par Graham McTavish (John Rambo, Le Hobbit, Aquaman). La mise en scène est modernisée par des arrivées sur le ring dignes de SmackDown tandis que la bande son se veut très axée rap américain. Les compositions de Ludwig Göransson « First Date », « You Can See the Whole Town from Here » et surtout « You’re a Creed » mixent quant à elles habilement les passages-clés de « Gonna Fly Now » et « Going The Distance ». Une relève dans la droite lignée des meilleurs Rocky !

 

Creed II
L’Aboutissement

 

Date de sortie : 21 novembre 2018 (États-Unis), 9 janvier 2019 (France)
Réalisateur : Steven Caple Jr.
Acteurs principaux : Michael B. Jordan, Sylvester Stallone, Dolph Lundgen, Florian Munteanu, Tessa Thompson, Milo Ventimiglia
Genre : Action, drame
Nationalité : Américain
Compositeur : Ludwig Göransson

Le retour d’un ennemi mortel !

Trois ans après le retour spectaculaire de Rocky grâce à une relève assurée par Michael B. Jordan, Adonis Creed réitère son combat à l’écran dans un deuxième film d’une grande intensité qui met d’abord l’accent sur la notoriété qu’il a obtenue en le sacrant à son tour champion du monde des poids lourds. Marqué par le thèmes de la confrontation à soi-même, de l’esprit de combat et du sens de la famille, Creed II se concentre notamment sur les choix de vie d’Adonis par l’intermédiaire de passages aussi drôles que touchants, comme celui où il sollicite Rocky pour sa demande en mariage à Bianca et le moment où il comprend qu’elle est tombée enceinte.

« Pourquoi est-il encore débout ? Brise-le ! »
Une présence indispensable pour la confiance sur le terrain.

Un des éléments les plus dramatiques de la saga refait alors surface pour renforcer les enjeux du film. Ivan Drago, toujours joué par Dolph Lundgren (Universal Soldier, Expendables, Aquaman), effectue son retour à Philadelphie en compagnie de son fils Viktor, qu’il a entraîné pour provoquer Adonis en duel et ramener le titre de champion du monde en Russie. Ivan était en effet déshonoré depuis sa défaite, subissant le départ de sa femme et la pression de son pays. Creed II se montre alors moins manichéen que Rocky IV en mettant chaque camp sur un même pied d’égalité, chacun ayant ses motivations légitimes. Drago reste toutefois présenté comme un antagoniste étant donné les relents de sa violence passée et sa façon de mettre la pression à son fils pour qu’il mette Adonis à terre.

Un entraînement avant tout psychologique.
Quel meilleur coach que la légende de la boxe ?

Remarquable dans ses conseils et son jeu d’acteur après tant d’années, Sylvester Stallone sait aussi remettre en question ses prises de décisions difficiles à travers le personnage de Rocky, passant d’une absence remarquée pour le premier combat de son poulain à une présence bien plus acclamée lors du match final. Si Adonis est effrayé à l’idée de refuser le combat pour la mémoire de son père, Rocky l’est tout autant quand il s’agit de recontacter son fils, qu’il n’a pas revu depuis plusieurs années. Chaque personnage est ainsi rudement mis à l’épreuve dans un combat dramatique très fort, le héros devant aussi défendre son titre après avoir été blessé physiquement et moralement. De son côté, Tessa Thompson évolue elle aussi en interprétant elle-même « I Will Go to War » à travers Bianca pour l’arrivée d’Adonis sur le ring.

Un antagoniste fortement humanisé par son acte de bravoure.
« C’est toi, maintenant ! »

C’est finalement Rocky qui parvient à relancer l’esprit de combat de son élève, en lui faisant exprimer la raison pour laquelle il se bat avant un entraînement intense sous l’enivrante « Runnin » rappée par ASAP Rocky. Particulièrement éprouvant sur sa durée, le duel final laisse place à des images fortes comme celle de la mère de Viktor qui quitte lâchement les gradins, provoquant une tristesse notable sur le visage de son fils et de son ex-mari. La réaction d’Ivan Drago reste la plus émouvante et inattendue alors qu’il devient le premier personnage de la saga à avoir le courage de demander l’arrêt du combat, par peur de voir son fils meurtri voire tué à son tour à force de prendre des coups. Un final époustouflant qui place Dolph Lundgren au sommet de son jeu d’acteur et marque de magnifiques retrouvailles familiales. Une suite magistrale qui frise l’excellence !

 

Creed III
La Relève de Rocky Balboa

 

Date de sortie : 1er mars 2023 (1h57min)
Réalisateur : Michael B. Jordan
Acteurs principaux : Michael B. Jordan, Tessa Thompson, Jonathan Majors, Wood Harris, Phylicia Rashād
Genre : Drame, action
Nationalité : Américain
Compositeur : Joseph Shirley

Des retrouvailles qui s’avèrent rapidement de mauvais augure.

Quatre ans après un Creed II mémorable, Michael B. Jordan effectue de nouveau son retour dans le rôle d’Adonis Creed tout en revêtant pour la première fois la casquette de réalisateur. Désormais à la retraite suite à de nombreuses victoires, il organise des combats pour de jeunes boxeurs qu’il accompagne tout en prenant soin de Bianca et de sa fille Amara. Son passé ressurgit alors le jour où il croise Damian Anderson, un vieil ami incarné par Jonathan Majors (Ant-Man et la Guêpe Quantumania) qui vient de sortir de prison après une peine de dix-huit ans. Convainquant Adonis de le laisser disputer son premier match officiel malgré son passé tumultueux, Damian lance rapidement les hostilités en se montrant désireux de tout ce qu’a obtenu son ami.

La tension monte tandis que le passé ressurgit.
Comme tout retraité qui se respecte, Adonis finit nécessairement par ressortir les gants.

Réalisé d’une main de maître par Michael B. Jordan, Creed III se pare d’une belle dynamique et comporte des plans ingénieux valorisant chaque passage du scénario. La mise en scène des combats est particulièrement appliquée, le réalisateur s’inspirant de shonens comme Dragon Ball et Naruto pour des effets de style comme les ralentis et le double coup de poing simultané. Outre le retour de Tony Bellew et de Florian Munteanu dans les rôles de Ricky Conlan et Viktor Drago, le film recourt à plusieurs flashbacks pour dévoiler le passé commun à Adonis et Damian, qui aurait toutefois mérité un développement plus approfondi.

L’inévitable face à face !
Un combat intense du plus bel effet !

Car si la relation entre Adonis et sa fille est joliment mise en valeur par la langue des signes et son appétence pour la boxe, le scénario s’avère bien plus convenu que d’habitude. /!\ SPOILERS /!\ Bien que partant d’une bonne base, l’histoire manque en effet de réels moments forts et la dramaturgie se limite au décès prévisible de la mère d’Adonis. Outre un final qui manque d’ambition, une seule mention est faite à Rocky et aucune explication n’est donnée sur son absence. Pourvu d’une réalisation solide s’inscrivant dans la totale continuité de la saga, Creed III reste un bon film mais aurait mérité un scénario plus abouti pour être à la hauteur de ses illustres prédécesseurs.

Rocky : saga d’anthologie de Sylvester Stallone

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Rocky

Date de sortie : 3 décembre 1976 (États-Unis),
25 mars 1977 (France)

Réalisateur : John Guilbert Avildsen
Acteurs principaux : Sylvester Stallone, Talia Shire, Burt Young, Burgess Meredith, Carl Weathers
Genre : Drame, action
Nationalité : Américain
Compositeur : Bill Conti

Rocky, la classe incarnée !

À la suite de longs métrages comme Rebel, Capone ou encore La Course à la Mort de l’An 2000, Sylvester Stallone tente de sortir de la misère en obtenant le premier rôle et l’écriture d’un film racontant la vie du boxeur philadelphien Rocky Balboa, qui gagne péniblement sa vie en disputant quelques matches sous le pseudonyme « l’Étalon Italien », qui servira ensuite de nouveau titre au tout premier film dans lequel a joué l’acteur. Réalisé par John Guilbert Avildsen (derrière la future trilogie Karaté Kid), Rocky s’intéresse à l’ascension de son personnage principal, qui part de son statut d’amateur avant d’avoir l’opportunité de défier Apollo Creed, champion du monde des poids lourds interprété par Carl Weathers (Predator). Un combat largement inspiré de celui durant lequel Chuck Wepner avait tenu quinze rounds face à Mohamed Ali en 1975.

Paulie, un ami à la dégaine distinguée.
Une romance naissante entre Rocky et Adrian.

Pourvu d’un rythme volontairement lent, le film se concentre avant tout sur le quotidien de Rocky, Stallone incarnant un personnage simplet, attachant et à l’élocution incertaine durant les nombreux passages où il se plaît à raconter toutes sortes de choses à son entourage dans un registre parfois comique. Le doublage français d’Alain Dorval (John Beck dans Rollerball, Pat Hibulaire depuis 1992, Sa’luk dans Aladdin et le Roi des Voleurs) apporte aussi un certain cachet à la sincérité du personnage. Sous les traits de Burgress Meredith (le Pingouin dans le Batman de 1966, Le Choc des Titans, La Quatrième Dimension), Mickey représente le parfait entraîneur à l’ancienne qui ne mâche pas ses mots tandis que son ami Paulie, joué par Burt Young (Chinatown, Amityville 2, Il était une fois en Amérique), lui permet de s’entraîner sur des carcasses de viande dans l’entrepôt où il travaille. Il le rapproche également de sa sœur Adrian, interprétée par Talia Shire (Connie Corleone dans la trilogie du Parrain).

La traditionnelle séquence d’entraînement.
Tenir quinze rounds face au champion du monde en titre…

Une romance se dégage alors entre les deux personnages avant que Rocky ne commence son entraînement sous la superbe musique « Gonna Fly Now » de Bill Conti, durant lequel il court jusqu’en haut des marches du Philadelphia Museum of Art. Une bande son d’anthologie dont la célèbre composition « Going the Distance » fait fortement monter l’intensité du combat jusqu’à un dénouement pas si prévisible. Rocky ayant atteint son objectif de tenir les quinze rounds, il n’est plus le « ringard de troisième zone » des bas-fonds de Philadelphie et commence dès lors à évoluer en même temps que la carrière de Stallone décolle. Tourné en seulement vingt-huit jours avec un budget de moins d’un million de dollars, Rocky devient un succès international et obtient les oscars du meilleur film, du meilleur scénario original et du meilleur montage. Un bon film emblématique de son époque !

 

Rocky II La Revanche

Date de sortie : 15 juin 1979 (États-Unis),
29 février 1980
(France)
Réalisateur : Sylvester Stallone
Acteurs principaux : Sylvester Stallone, Talia Shire, Burt Young, Burgess Meredith, Carl Weathers
Genre : Drame, action
Nationalité : Américain
Compositeur : Bill Conti

Un défi réussi qui suscite de nombreuses questions.

Après le succès du premier Rocky, le scénario ne pouvait en rester là et une suite voit le jour trois ans plus tard sous la direction de Stallone lui-même, qui conserve également sa casquette de scénariste. L’action prend place directement après le match entre Rocky et Apollo Creed, rediffusé en début de film, les supporters de l’étalon italien exprimant leur colère en même temps que le champion supporte mal que son challenger ait pu résister aussi longtemps et exige une revanche contre lui. Mais tandis que Rocky se retire de la boxe pour se concentrer sur la recherche d’un emploi stable, Apollo Creed compte bien utiliser tous les moyens pour le faire remonter sur le ring.

Un mariage intimiste arrivé de manière inoccente et inattendue.
Une naissance des plus touchantes.

Si la narration se rapproche de celle du premier film, elle s’avère bien mieux rythmée tout au long des nombreux événements qui s’enchaînent, comme la demande en mariage au zoo et la naissance de l’enfant de Rocky et Adrian sous les traits de Seargeoh Stallone, second fils de Sylvester Stallone. Toujours aussi talentueux, ce dernier multiplie les gags en tentant de tourner des publicités et continue de faire preuve d’une naïveté touchante lorsqu’il parle à sa femme et réagit aux provocations d’Apollo Creed (« Il est fâché. »), avec qui une certaine complicité commence à s’installer. Le ton vire aussi fortement au dramatique durant un coma d’une grande tristesse, laissant croire quelques minutes qu’Adrian pourrait être morte.

« Trying hard now… »
Un combat d’anthologie qui porte enfin ses fruits !

La traditionnelle séance d’entraînement dégage un fort esprit de compétition tandis que plusieurs passants accompagnent Rocky dans son footing jusqu’en haut des désormais célèbres marches. La revanche face à Apollo Creed se montre très intense grâce à la résistance légendaire de Rocky et au suspense qui est maintenu jusqu’au bout, même si le dénouement reste bien plus prévisible que dans le premier film. Pourvu d’une réalisation de qualité, Rocky II possède aussi de belles compositions musicales, dont le thème « Redemption » marie subtilement des passages de « Gonna Fly Now » et « Going the Distance ». Une suite de très bonne facture qui sacre son héros champion du monde avec une belle intensité !

 

Rocky III
L’Œil du Tigre

Date de sortie : 28 mai 1982 (Amérique du Nord), 12 janvier 1983 (France)
Réalisateur : Sylvester Stallone
Acteurs principaux : Sylvester Stallone, Talia Shire, Mister T, Carl Weathers, Burt Young, Burgess Meredith, Hulk Hogan
Genre : Action, drame
Nationalité : Américain
Compositeur : Bill Conti

Un champion devenu emblématique !

Assez différent des deux premiers films, Rocky III laisse part à davantage d’action sans pour autant négliger le développement des personnages. Désormais champion mondial ayant défendu son titre une dizaine de fois, l’étalon italien mène enfin une vie aisée avec sa femme comme en témoignent leur maison luxueuse et son costume cravate lui donnant de faux airs de Nicolas Sarkozy. Un nouveau challenger se présente alors à lui avec la ferme attention de le terrasser : il s’agit de Clubber Lang, un provocateur hargneux interprété par Mister T (Barracuda dans la série L’Agence Tous Risques), qui a certainement inspiré le personnage Barret Wallace dans Final Fantasy VII.

Un duel iconique dans l’histoire de la saga.
Une tragédie parmi les plus poignantes.

Le combat reste au cœur du scénario avec un entraînement en public, des extraits de plusieurs matches et même un affrontement amical contre un catcheur interprété par le légendaire Hulk Hogan, qui marque sa toute première apparition au cinéma. Un événement tragique fait cependant pencher la balance en faveur de Clubber Lang, la mort de Mickey survenant de manière inattendue lors d’une séquence d’une grande tristesse, marquée par un plan montrant Rocky vaincu sous sa capuche aux côtés de son entraîneur rendant son dernier souffle. Ce dernier est toutefois repris en main par Apollo Creed, qui l’emmène se ressourcer à Los Angeles avant un entraînement d’envergure pour le remettre d’aplomb, Rocky s’étant en effet trop embourgeoisé et reposé sur ses lauriers face aux adversaires plus faciles que choisissait Mickey pour lui faire conserver sa ceinture.

Un peu de légèreté durant l’entraînement.
Épuiser son adversaire pour mieux l’achever.

Plus hollywoodien que ses prédécesseurs, Rocky III marque également pour son thème musical « Eye of the Tiger » du groupe de rock Survivor, la chanson « Pushin’ » étant quant à elle interprétée par Frank Stallone, le frère cadet de Sylvester. Sa structure plus convenue le rend toutefois un peu moins qualitatif que ses aînés. S’il reste pertinent pour l’évolution de son héros, son antagoniste a vite fait d’empiler les clichés et le jeu d’acteur de Mister T n’est pas des plus convaincants. Un film correct, qui a au moins le mérite de faire efficacement évoluer le scénario de la saga.

 

Rocky IV

Date de sortie : 27 novembre 1985 (États-Unis), 22 janvier 1986 (France)
Réalisateur : Sylvester Stallone
Acteurs principaux : Sylvester Stallone, Talia Shire, Dolph Lundgren, Carl Weathers, Burt Young, Tony Burton
Genre : Action, drame
Nationalité : Américain
Compositeurs : Bill Conti et Vince DiCola

Comme à la fin du premier Rocky, Apollo Creed se montre une nouvelle fois trop sûr de lui.

Dans la droite lignée de son prédécesseur, Rocky IV conserve un ton porté sur l’action avec un adversaire phare combattu à deux reprises. Son scénario prend une tournure propagandiste dans le contexte des dernières années de la guerre froide avec les affrontements contre l’impitoyable Ivan Drago, qui marque le premier rôle majeur de Dolph Lundgren au cinéma. Un futur mètre-étalon du film d’action remarqué dans des classiques comme l’adaptation des Maîtres de l’Univers, Dans les Griffes du Dragon Rouge aux côtés de Brandon Lee et Universal Soldier face à Jean-Claude Van Damme. Future femme de Sylvester Stallone, Brigitte Nielsen (Kalidor, Cobra, Le Flic de Beverly Hills 2) y interprète l’épouse du soviétique.

« S’il meurt, il meurt. »
Une légende s’éteint sur le ring.

Fortement axé sur les combats, Rocky IV n’en oublie pas son sens de la dramaturgie avec la figure d’Apollo Creed qui, répondant aux provocations de Drago, compte bien prouver qu’il en a encore dans le ventre directement sur le ring. Misant tout sur le show précédant le match sous le classique « Living in America » directement interprété par James Brown, il encaisse de puissants coups et s’étale au sol dès le deuxième round. Décédant alors de ses blessures à la stupeur générale, il provoque la soif de vengeance de Rocky, qui compte à son tour battre Drago directement sur son propre terrain. Une mort toutefois un peu trop précipitée et ainsi moins marquante que celle de Mickey. Tony devient alors le nouveau coach de Rocky, qui effectue un retour aux sources en s’entraînant, tel Rambo, dans la nature sauvage avec une barbe caractéristique.

Drago Rocky GIF - Drago Rocky Stare - Discover & Share GIFs
Un jeu de regards devenu culte !
« Je vais te briser. »

Bercé par des musiques comme « No Easy Way Out » de Robert Tepper et « Burning Heart » du groupe Survivor, Rocky IV est d’un dynamisme appréciable malgré la surenchère des coups portés et une évocation bien trop expéditive du dopage. À la fois produit et victime du système, Drago retrouve son humanité en affirmant qu’il ne doit se battre que pour lui-même tandis que Rocky est applaudi par le public russe grâce à son discours humaniste promouvant le rassemblement des peuples. Un quatrième épisode réussi pour son rythme soutenu, son drame inattendu et son antagoniste emblématique.

« Ce que je voulais vous dire, c’est que si moi j’ai changé et que vous avez changé, tout le monde peut arriver à changer ! »

 

Rocky V

Date de sortie : 16 novembre 1990 (États-Unis), 19 décembre 1990 (France)
Réalisateur : John Guilbert Avildsen
Acteurs principaux : Sylvester Stallone, Talia Shire, Burt Young, Tommy Morrison, Sage Stallone, Richard Gant, Delia Sheppard
Genre : Drame, action
Nationalité : Américain
Compositeur : Bill Conti

Une tentative vaine de faire sortir Rocky de la retraite.

Cinquième et dernier épisode de son époque, Rocky V prend place lors de la véritable retraite de l’étalon italien suite aux séquelles irréversibles causées par son combat contre Ivan Drago, Stallone laissant sa place à John G. Avildsen pour la réalisation. Le film effectue un remarquable retour aux sources tandis que Rocky est contraint de retourner à Philadelphie à cause d’un endettement provoqué par un mauvais placement de Paulie. On retrouve ainsi une ambiance et une narration proches de celles de deux premiers films, l’ex-champion renouant avec son chapeau, sa veste de cuir et son comportement bavard. Le registre musical évolue quant à lui pour laisser place à une majorité de rap, dont « That’s What I Said » de MC Hammer.

« Ben avec toi, moi j’ai une raison de continuer ! »
Une collaboration concrétisée par le don du short d’Apollo Creed.

Rocky ayant retapé le vieux gymnase de Mickey pour y coacher de nouveaux boxeurs, le film respire la nostalgie lors d’une séquence particulièrement touchante où il se remémore un moment passé avec son entraîneur. Le scénario se concentre essentiellement sur sa relation avec Rocky Jr, interprété par son véritable fils aîné Sage Stallone, qu’il délaisse rapidement au profit de Tommy Gunn, jeune prodige incarné par le boxeur professionnel Tommy Morrison. Entraînant ce dernier pendant que son fils se fait persécuter au collège à son insu, Rocky est régulièrement interpellé par George Washington Duke, un promoteur joué par Richard Grant qui n’en voit que par l’argent.

Une relation difficile avec un fils en pleine adolescence.
« Mon ring, c’est la rue ! »

Tandis que Tommy gagne de nombreux matches officiels, son détournement vers Duke témoigne de ses mauvais choix jusqu’à être remis en question par la presse au moment où il devient champion du monde. Resté dans l’ombre de Rocky après avoir battu des adversaires estimés bien trop faibles, il déclenche alors un combat final atypique en venant provoquer son maître sur son propre terrain. S’il était à la base prévu que Rocky meure sous les coups de Tommy, l’étalon italien lui assène en fait une belle correction qui le replace brillamment sur le devant de la scène. Une conclusion qui fait plaisir à voir tant elle renoue efficacement avec l’esprit de la saga !

 

Rocky Balboa

Date de sortie : 20 décembre 2006 (États-Unis), 24 janvier 2007 (France)
Réalisateur : Sylvester Stallone
Acteurs principaux : Sylvester Stallone, Burt Young, Antonio Tarver, Geraldine Hughes, Milo Ventimiglia
Genre : Drame, action
Nationalité : Américain
Compositeur : Bill Conti

Une image déchirante qui rappelle que Rocky est avant tout un drame.

Plus de quinze ans après la pentalogie d’origine, l’étalon italien renaît de ses cendres dans un sixième film sobrement intitulé Rocky Balboa, une nouvelle fois écrit et réalisé par Sylvester Stallone. Ce dernier revient en effet sur le devant de la scène pour interpréter le personnage qui a bercé sa carrière, à l’instar de John Rambo sorti début 2008. Pensé comme un nouveau retour aux sources, il n’en oublie pas son sens de la dramaturgie avec un scénario découlant directement du décès d’Adrian, tristement emportée par un cancer. Se rendant régulièrement sur sa tombe lors de séquences riches en émotion, Rocky monte un restaurant à qui il donne le nom de sa femme mais peine à retrouver sa vigueur d’antan.

Des retrouvailles réjouissantes.
Rocky Jr, un personnage toujours présent.

C’est en renouant avec le surpassement de soi par l’intermédiaire de la boxe qu’il fait la connaissance de Mason Dixon, jeune champion mondial interprété par Antonio Tarver, lui aussi boxeur professionnel au même titre que Tommy Morrison dans le précédent film. Peu apprécié suite à des victoires jugées faciles et poussé par une vidéo en images de synthèse le désignant battu par Rocky, Dixon compte bien obtenir un regain de popularité lors d’un match d’exhibition face à l’ancien champion. Ce dernier est alors soutenu par son fils, devenu adulte sous les traits de Milo Ventimiglia (Stay Alive, Heroes, Gotham), mais aussi par Marie, une jeune femme jouée par Geraldine Hughes (Gran Torino) qu’il avait aidée trente ans auparavant. On remarque également le retour de Pedro Lovell, boxeur argentin que Rocky avait battu au début du premier film.

Des marches devenues mythiques !
« Un boxeur, ça boxe ! »

Très apprécié des fans de la saga, Rocky Balboa est un pari réussi qui mêle efficacement mélancolie et grand spectacle. Outre d’ingénieux remix musicaux, on peut saluer le retour de « Gonna Fly Now » pendant que Rocky s’entraîne sous la neige ainsi que la grandiose arrivée sur le ring de Dixon sous la chanson « It’s a Fight » du groupe de hip-hop Three 6 Mafia. Un caméo de Mike Tyson plus tard, le match se veut particulièrement intense et Rocky est acclamé par son public pour avoir tenu durant l’intégralité des dix rounds malgré son âge avancé. Une belle manière pour Stallone de conclure la saga sur l’apaisement de son personnage suite à une nouvelle prouesse sublimée par un scénario riche en émotion. Bien que neuf ans plus tard, il réendosse finalement le costume de Rocky à l’occasion de la relève mémorable d’un descendant inattendu de son ami Apollo Creed.

Knock at the Cabin, de M. Night Shyamalan

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image header knock at the cabin

 

Date de sortie : 1er février 2021 (1h40min)
Réalisateur : M. Night Shyamalan
Acteurs principaux : Jonathan Groff, Ben Aldridge, Kristen Cui, Dave Bautista, Rupert Grint, Nikki Amuka-Bird, Abby Quinn
Genre : Thriller horrifique
Nationalité : Américain
Compositeur : Herdís Stefánsdóttir

Un personnage central symbolisant l’espoir du nouveau monde.

Adaptation du roman The Cabin at the End of the World de Paul G. Tremblay, Knock at the Cabin est un thriller horrifique dans lequel M. Night Shyamalan (Incassable, Le Village, Old) se plaît de nouveau à instaurer une tension permanente dans un huis clos d’une grande efficacité. Le scénario place la jeune Kristen Cui dans la peau de Wen, une petite fille se retrouvant prise au piège dans un chalet de vacances au beau milieu d’une forêt aux côtés de ses parents Andrew et Eric, ce dernier étant interprété par Jonathan Groff (American Sniper, La Reine des Neiges II, Matrix Resurrections).

Un personnage qui inspire la confiance.
« Des témoins de Jéhovah ? »

Approchée par un étranger sous les traits Dave Bautista (Spectre, Blade Runner 2049, Army of the Dead), Wen commence à se méfier malgré la gentillesse du personnage avant que trois autres ne viennent lui prêter main forte sous les traits de Rupert Grint (Harry Potter, Servant, Les Cabinets de Curiosité), Abby Quinn et Nikki Amuka-Bird, qui avait déjà joué dans Old. Un quatuor inquiétant sur qui repose tout le malaise de l’intrigue, les étrangers leur demandant de bien vouloir sacrifier l’un d’entre eux pour éviter l’annihilation de l’ensemble de l’humanité, sans aucune explication et avec une sincérité étonnante.

L’élément matériel d’une violation de domicile ?
Tandis que l’étau se resserre, tout n’est plus que question de temps.

De qualité, la réalisation utilise de gros plans sur les visages et des musiques troublantes d’une certaine intensité pour assurer une tension permanente. Plusieurs flashbacks viennent dévoiler le passé des deux protagonistes pour mieux appuyer les thèmes de la confiance en soi et de l’inacceptation des autres. La manipulation reste au cœur de l’intrigue, tout étant ficelé pour que le spectateur lui-même doute des propos des étrangers malgré les perturbations annoncées à la télévision, à travers laquelle Shyamalan effectue un caméo remarqué. Malgré un final qui peut surprendre, Knock at the Cabin reste dans la lignée des films réussis du réalisateur.