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Emmanuel Delextrat

Emmanuel Delextrat
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Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…

Batman La Malédiction qui s’abbatit sur Gotham, de Sam Liu et Christopher Berkeley

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Date de sortie : 27 mars 2023 (Royaume Uni),
7 juin 2023 (France)

Réalisateurs : Sam Liu et Christopher Berkeley
Comédiens de doublage : David Giuntoli, Tati Gabrielle, Christopher Gorham, John DiMaggio, Patrick Fabian, Brian George
Genre : Animation, super-héros
Nationalité : Américain
Compositeur : Stefan L. Smith

Une rencontre de mauvais augure.

Adaptation animée du comics éponyme écrit par Mike Mignola et Richard Pace ainsi qu’illustré par Troy Nixey et Dennis Janke, Batman La Malédiction qui s’abbatit sur Gotham réinterprète les codes du justicier masqué dans un univers lovecraftien des années 1920. Explorateur en Antarctique, Bruce Wayne libère accidentellement une malédiction digne des plus terrifiantes créatures de Cthulhu en venant enquêter sur la disparition d’une précédente expédition menée par Oswald Cobblepot. De retour à Gotham après deux décennies d’absence, il doit alors faire face à des forces surnaturelles aux côtés de Dick Grayson, Jason Todd ainsi que Kai Li Cain, une jeune fille sous sa protection.

La Ligue des Ombres façon Lovecraft.
Une version d’Oracle bien plus sombre qu’à l’accoutumée.

Pourvu d’une atmosphère sombre et macabre, ce nouveau film comporte d’autres personnages habituels de la franchise comme James Gordon, Alfred et Lucius Fox, mais aussi Barbara Gordon dans sa version Oracle à l’asile d’Arkham ainsi qu’Oliver Queen, aka Green Arrow, qui revêt un rôle bien particulier. Ce n’est d’ailleurs pas le seul autre personnage de DC Comics étant donné qu’on trouve aussi Jason Blood, aka Etrigan de l’univers de Constantine, qui incarne le rôle du démon. De leur côté, Talia et Ra’s Al Ghul sont une fois de plus de la partie en tant que membres d’une étrange secte.

Un design toujours aussi frappant.
Puisque nul n’échappe à son destin…

/!\ SPOILERS /!\ Tandis que le personnage de Grendon est assimilé à Mr Freeze, une version macabre de Poison Ivy s’en prend aussi à Harvey Dent, dont les boursouflures du côté gauche de son corps le transforment irrémédiablement en Double Face alors qu’il venait d’être élu maire de Gotham City. Malgré ses airs de déjà-vu, Batman La Malédiction qui s’abbatit sur Gotham fonctionne grâce à son ambiance particulière et à son scénario dramatique efficace. Non sans rappeler Batman Gotham by Gaslight, il compose avec une animation de qualité et des doublages français toujours aussi convaincants.

The Whale, de Darren Aronofsky

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Date de sortie : 21 décembre 2022 (États-Unis),
8 mars 2023 (France)

Réalisateur : Darren Aronofsky
Acteurs principaux : Brendan Fraser, Sadie Sink, Hong Chau, Samantha Morton, Ty Simpkins
Genre : Drame
Nationalité : Américain
Compositeur : Rob Simonsen

Brendan Fraser touchant de bout en bout.

Adaptation de la pièce de théâtre éponyme de Samuel D. Hunter par Darren Aronofsky (Black Swan, Noé, Mother), The Whale marque le grand retour de Brendan Fraser (La Momie, Voyage au centre de la Terre, Cœur d’Encre) dans un rôle d’envergure, de longues années après avoir fait face à d’importants soucis personnels lui ayant provoqué une obésité massive. Il y incarne Charlie, homme atteint d’hyperphagie incontrôlée due à une dépression causée par le décès de son amant Alan. Ayant abandonné sa famille pour le rejoindre, il cherche désormais à renouer avec Ellie, sa fille de dix-sept ans brillamment interprétée par Sadie Sink (Le Château de Verre, Eli, Stranger Things).

Une mise à distance qui participe au huis clos.
Des émotions d’une grande justesse.

Véritable drame décrivant une situation glauque et pathétique, The Whale est tourné en format 4:3 pour mieux renforcer son huis clos, l’intégralité du scénario se déroulant dans la pièce principale de la petite maison du protagoniste. Professeur d’anglais à distance, Charlie donne des cours en classe virtuelle sans activer sa webcam par honte de sa corpulence. En recherche de rédemption, il se livre à des lectures d’extraits du roman Moby-Dick d’Herman Melville, mise en abyme de sa condition, tandis que le thème de l’évangélisme est abordé par la présence d’un missionnaire chrétien joué par Ty Simpkins (Insidious, Iron Man 3, Jurassic World).

Une fenêtre semblant infranchissable.
Sadie Sink magistrale.

Incarnée par Hong Chau (Downsizing, Artemis Fowl, Le Menu), la sœur d’Alan tient un rôle important en tant qu’amie et infirmière tandis que la mère de Charlie, sous les traits de Samantha Morton (Cosmopolis, Les Animaux Fantastiques, The Walking Dead), interprète un personnage cynique qui renforce encore plus le malaise du scénario. Épatante dans ses coups de gueule, Sadie Sink offre quant à elle une performance bien différente de celle de Max dans Stranger Things qui se rapproche davantage du jeu de Bella Ramsay pour Ellie dans la série The Last of Us. Semblant définitivement guéri de sa dépression, Brendan Fraser obtient un oscar bien mérité pour son interprétation touchante ayant fait office de véritable remède !

Taken, thriller action phare avec Liam Neeson

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Date de sortie : 27 février 2008 (1h33min)
Réalisateur : Pierre Morel
Acteurs principaux : Liam Neeson, Maggie Grace, Famke Jansson, Xander Berkeley, Olivier Rabourdin, Arben Bajraktara
Genre : Thriller, action
Nationalité : Français
Compositeurs : Nathaniel Mechaly, Ghinzu et Pauline de Saxe

Une famille tout ce qu’il y a de plus normal.

Thriller action réalisé par Pierre Morel (Banlieue 13), coscénarisé et produit par Luc Besson, Taken fait définitivement connaître Liam Neeson (Star Wars La Menace Fantôme, Batman Begins, After.Life) au grand public en le plaçant dans la peau de Bryan Mills, ancien agent secret qui assiste par téléphone à l’enlèvement de sa fille unique en plein Paris. Jouée par Maggie Grace (Lost, Twilight Revelations, Fear the Walking Dead), cette dernière est en effet tombée sur le joug de mafieux albanais, qui ne savaient visiblement pas à qu’ils avaient à faire à la famille de celui qui avait à la fois entraîné Obi-Wan Kenobi et Batman.

« Alors écoute, ce que je vais te dire maintenant est très important : ils vont t’enlever aussi. »
Un second rôle fort bien interprété.

Remontant alors rapidement la piste du réseau mafieux grâce à un ancien collègue incarné par Olivier Rabourdin (Jeanne d’Arc, 13 Tzameti, Minuit à Paris), Bryan se lance dans une course contre la montre pour sauver sa fille, avec qui il compte bien rattraper les moments qu’ils n’ont pas pu passer ensemble durant son adolescence. L’introduction apporte à cet effet un background intéressant durant la scène de son anniversaire, où l’on comprend d’emblée la relation complexe avec son ex-femme Lenore, interprétée par Famke Janssen (GoldenEye, la trilogie X-Men) et remariée avec un homme sous les traits de Xander Berkeley (Candyman, Apollo 13, The Walking Dead).

« Si vous relâchez ma fille maintenant, j’oublie tout, ça s’arrête là : je vous laisserai tranquille, je ne vous poursuivrai pas. Mais si vous la gardez, je vous chercherai, je vous trouverai… et je vous tuerai. »
« Bon’chance ! »

Pourvu d’une réalisation convenable mais entachée par des scènes d’action aux coupes bien trop fréquentes façon Quantum of Solace, Taken est toutefois devenu culte pour avoir lancé Liam Neeson dans toute une série de films où il castagne tout ce qui bouge façon Jason Statham. Malgré les clichés de l’ancien agent qui s’inquiète trop pour sa fille et de la traite des jeunes femmes organisée par des étrangers, la narration se veut efficace et les Albanais sont bien représentés par Arben Bajraktaraj (Harry Potter et l’Ordre du Phénix, Polisse, Nicky Larson et le Parfum de Cupidon), son fameux « Bon’chance ! » ayant donné lieu à toutes sortes de mèmes internet.

« Voilà ce qui arrive quand on bosse derrière un bureau : on n’oublie tout, même la différence de poids entre une arme chargée ou vide. »
Un interrogatoire à l’ancienne.

De con côté, Famke Janssen offre une interprétation qui la démarque de la mutante Jean Grey tandis que Maggie Grace se montre convaincante pour un de ses premiers rôles au cinéma. Quant à Liam Neeson, c’est toujours un régal de le voir faire régner la loi agrémenté de son très bon jeu d’acteur, d’autant qu’il tourne la plupart des scènes d’action sans doublure. Assez convenu dans le fond mais original et percutant dans son scénario, Taken reste un bon film qui a marqué son temps au point d’obtenir deux suites en 2012 et 2015, ainsi qu’une adaptation en série en 2017 avec Clive Standen en tête d’affiche.

Creed : la relève de Rocky par Michael B. Jordan

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Creed
L’Héritage de Rocky Balboa

 

Date de sortie : 25 novembre 2015 (États-Unis), 13 janvier 2016 (France)
Réalisateur : Ryan Coogler
Acteurs principaux : Michael B. Jordan, Sylvester Stallone, Tessa Thompson, Phylicia Rashād, Graham McTavish, Wood Harris, Tony Bellew
Genre : Drame, action
Nationalité : Américain
Compositeur : Ludwig Göransson

« Je crois qu’il aurait préféré pouvoir être là, à discuter avec toi. »

Plusieurs années après le grand retour de Rocky Balboa dans un sixième et dernier film, la saga trouve un nouvel élan sous l’objectif de Ryan Coogler, réalisateur des futurs Black Panther. Toujours incarné par Sylvester Stallone (Rambo, Demolition Man, Expendables) revient alors comme entraîneur d’une nouvelle recrue qui s’avère être le fils caché de son ancien rival et ami Apollo Creed. Interprété par Michael B. Jordan (Chronicle, Les Quatre Fantastiques, Black Panther), le dénommé Adonis Johnson part de la situation opposée à celle de Rocky. Aisé financièrement et descendant d’un ancien champion du monde, il cherche lui aussi à prouver sa valeur par son propre mérite.

Quand une voisine bruyante devient bien davantage…
« P’t-être que t’es en colère contre quelqu’un qui est pas là, quelqu’un d’autre, et lui, lui il peut pas se défendre, tu vois. »

Sa relation avec Rocky s’intensifie petit à petit et ce dernier excelle dans son rôle de coach fourmillant d’expérience et de bonne volonté. On retrouve son restaurant à la mémoire de sa femme tandis que son passage au cimetière révèle le décès de son ami Paulie, marquant encore davantage le renouvellement du casting. Le registre dramatique s’intensifie d’autant plus qu’Adonis rencontre des difficultés à s’assumer comme étant à la hauteur de son père et s’emporte violemment face à Rocky alors que ce dernier vient d’apprendre qu’il est atteint d’un cancer. Craignant la mort de la légende, le spectateur d’inquiète autant que les moments touchants se multiplient, Rocky se battant aux côtés d’Adonis afin de vaincre sa maladie.

« Si je me bats, tu te bats aussi ! »
Une arrivée spectaculaire pour un combat intense.

Assez similaire au premier Rocky dans sa structure, Creed constitue un retour très réussi grâce à ses nouveaux personnages et à ses nombreux clins d’œil au reste de la saga. Tessa Thompson incarne efficacement celle qui devient la petite amie d’Adonis et Ricky Conlan s’impose comme un adversaire final convaincant sous les traits du boxeur professionnel Tony Bellew, lui-même coaché par Graham McTavish (John Rambo, Le Hobbit, Aquaman). La mise en scène est modernisée par des arrivées sur le ring dignes de SmackDown tandis que la bande son se veut très axée rap américain. Les compositions de Ludwig Göransson « First Date », « You Can See the Whole Town from Here » et surtout « You’re a Creed » mixent quant à elles habilement les passages-clés de « Gonna Fly Now » et « Going The Distance ». Une relève dans la droite lignée des meilleurs Rocky !

 

Creed II
L’Aboutissement

 

Date de sortie : 21 novembre 2018 (États-Unis), 9 janvier 2019 (France)
Réalisateur : Steven Caple Jr.
Acteurs principaux : Michael B. Jordan, Sylvester Stallone, Dolph Lundgen, Florian Munteanu, Tessa Thompson, Milo Ventimiglia
Genre : Action, drame
Nationalité : Américain
Compositeur : Ludwig Göransson

Le retour d’un ennemi mortel !

Trois ans après le retour spectaculaire de Rocky grâce à une relève assurée par Michael B. Jordan, Adonis Creed réitère son combat à l’écran dans un deuxième film d’une grande intensité qui met d’abord l’accent sur la notoriété qu’il a obtenue en le sacrant à son tour champion du monde des poids lourds. Marqué par le thèmes de la confrontation à soi-même, de l’esprit de combat et du sens de la famille, Creed II se concentre notamment sur les choix de vie d’Adonis par l’intermédiaire de passages aussi drôles que touchants, comme celui où il sollicite Rocky pour sa demande en mariage à Bianca et le moment où il comprend qu’elle est tombée enceinte.

« Pourquoi est-il encore débout ? Brise-le ! »
Une présence indispensable pour la confiance sur le terrain.

Un des éléments les plus dramatiques de la saga refait alors surface pour renforcer les enjeux du film. Ivan Drago, toujours joué par Dolph Lundgren (Universal Soldier, Expendables, Aquaman), effectue son retour à Philadelphie en compagnie de son fils Viktor, qu’il a entraîné pour provoquer Adonis en duel et ramener le titre de champion du monde en Russie. Ivan était en effet déshonoré depuis sa défaite, subissant le départ de sa femme et la pression de son pays. Creed II se montre alors moins manichéen que Rocky IV en mettant chaque camp sur un même pied d’égalité, chacun ayant ses motivations légitimes. Drago reste toutefois présenté comme un antagoniste étant donné les relents de sa violence passée et sa façon de mettre la pression à son fils pour qu’il mette Adonis à terre.

Un entraînement avant tout psychologique.
Quel meilleur coach que la légende de la boxe ?

Remarquable dans ses conseils et son jeu d’acteur après tant d’années, Sylvester Stallone sait aussi remettre en question ses prises de décisions difficiles à travers le personnage de Rocky, passant d’une absence remarquée pour le premier combat de son poulain à une présence bien plus acclamée lors du match final. Si Adonis est effrayé à l’idée de refuser le combat pour la mémoire de son père, Rocky l’est tout autant quand il s’agit de recontacter son fils, qu’il n’a pas revu depuis plusieurs années. Chaque personnage est ainsi rudement mis à l’épreuve dans un combat dramatique très fort, le héros devant aussi défendre son titre après avoir été blessé physiquement et moralement. De son côté, Tessa Thompson évolue elle aussi en interprétant elle-même « I Will Go to War » à travers Bianca pour l’arrivée d’Adonis sur le ring.

Un antagoniste fortement humanisé par son acte de bravoure.
« C’est toi, maintenant ! »

C’est finalement Rocky qui parvient à relancer l’esprit de combat de son élève, en lui faisant exprimer la raison pour laquelle il se bat avant un entraînement intense sous l’enivrante « Runnin » rappée par ASAP Rocky. Particulièrement éprouvant sur sa durée, le duel final laisse place à des images fortes comme celle de la mère de Viktor qui quitte lâchement les gradins, provoquant une tristesse notable sur le visage de son fils et de son ex-mari. La réaction d’Ivan Drago reste la plus émouvante et inattendue alors qu’il devient le premier personnage de la saga à avoir le courage de demander l’arrêt du combat, par peur de voir son fils meurtri voire tué à son tour à force de prendre des coups. Un final époustouflant qui place Dolph Lundgren au sommet de son jeu d’acteur et marque de magnifiques retrouvailles familiales. Une suite magistrale qui frise l’excellence !

 

Creed III
La Relève de Rocky Balboa

 

Date de sortie : 1er mars 2023 (1h57min)
Réalisateur : Michael B. Jordan
Acteurs principaux : Michael B. Jordan, Tessa Thompson, Jonathan Majors, Wood Harris, Phylicia Rashād
Genre : Drame, action
Nationalité : Américain
Compositeur : Joseph Shirley

Des retrouvailles qui s’avèrent rapidement de mauvais augure.

Quatre ans après un Creed II mémorable, Michael B. Jordan effectue de nouveau son retour dans le rôle d’Adonis Creed tout en revêtant pour la première fois la casquette de réalisateur. Désormais à la retraite suite à de nombreuses victoires, il organise des combats pour de jeunes boxeurs qu’il accompagne tout en prenant soin de Bianca et de sa fille Amara. Son passé ressurgit alors le jour où il croise Damian Anderson, un vieil ami incarné par Jonathan Majors (Ant-Man et la Guêpe Quantumania) qui vient de sortir de prison après une peine de dix-huit ans. Convainquant Adonis de le laisser disputer son premier match officiel malgré son passé tumultueux, Damian lance rapidement les hostilités en se montrant désireux de tout ce qu’a obtenu son ami.

La tension monte tandis que le passé ressurgit.
Comme tout retraité qui se respecte, Adonis finit nécessairement par ressortir les gants.

Réalisé d’une main de maître par Michael B. Jordan, Creed III se pare d’une belle dynamique et comporte des plans ingénieux valorisant chaque passage du scénario. La mise en scène des combats est particulièrement appliquée, le réalisateur s’inspirant de shonens comme Dragon Ball et Naruto pour des effets de style comme les ralentis et le double coup de poing simultané. Outre le retour de Tony Bellew et de Florian Munteanu dans les rôles de Ricky Conlan et Viktor Drago, le film recourt à plusieurs flashbacks pour dévoiler le passé commun à Adonis et Damian, qui aurait toutefois mérité un développement plus approfondi.

L’inévitable face à face !
Un combat intense du plus bel effet !

Car si la relation entre Adonis et sa fille est joliment mise en valeur par la langue des signes et son appétence pour la boxe, le scénario s’avère bien plus convenu que d’habitude. /!\ SPOILERS /!\ Bien que partant d’une bonne base, l’histoire manque en effet de réels moments forts et la dramaturgie se limite au décès prévisible de la mère d’Adonis. Outre un final qui manque d’ambition, une seule mention est faite à Rocky et aucune explication n’est donnée sur son absence. Pourvu d’une réalisation solide s’inscrivant dans la totale continuité de la saga, Creed III reste un bon film mais aurait mérité un scénario plus abouti pour être à la hauteur de ses illustres prédécesseurs.

Rocky : saga d’anthologie de Sylvester Stallone

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Rocky

Date de sortie : 3 décembre 1976 (États-Unis),
25 mars 1977 (France)

Réalisateur : John Guilbert Avildsen
Acteurs principaux : Sylvester Stallone, Talia Shire, Burt Young, Burgess Meredith, Carl Weathers
Genre : Drame, action
Nationalité : Américain
Compositeur : Bill Conti

Rocky, la classe incarnée !

À la suite de longs métrages comme Rebel, Capone ou encore La Course à la Mort de l’An 2000, Sylvester Stallone tente de sortir de la misère en obtenant le premier rôle et l’écriture d’un film racontant la vie du boxeur philadelphien Rocky Balboa, qui gagne péniblement sa vie en disputant quelques matches sous le pseudonyme « l’Étalon Italien », qui servira ensuite de nouveau titre au tout premier film dans lequel a joué l’acteur. Réalisé par John Guilbert Avildsen (derrière la future trilogie Karaté Kid), Rocky s’intéresse à l’ascension de son personnage principal, qui part de son statut d’amateur avant d’avoir l’opportunité de défier Apollo Creed, champion du monde des poids lourds interprété par Carl Weathers (Predator). Un combat largement inspiré de celui durant lequel Chuck Wepner avait tenu quinze rounds face à Mohamed Ali en 1975.

Paulie, un ami à la dégaine distinguée.
Une romance naissante entre Rocky et Adrian.

Pourvu d’un rythme volontairement lent, le film se concentre avant tout sur le quotidien de Rocky, Stallone incarnant un personnage simplet, attachant et à l’élocution incertaine durant les nombreux passages où il se plaît à raconter toutes sortes de choses à son entourage dans un registre parfois comique. Le doublage français d’Alain Dorval (John Beck dans Rollerball, Pat Hibulaire depuis 1992, Sa’luk dans Aladdin et le Roi des Voleurs) apporte aussi un certain cachet à la sincérité du personnage. Sous les traits de Burgress Meredith (le Pingouin dans le Batman de 1966, Le Choc des Titans, La Quatrième Dimension), Mickey représente le parfait entraîneur à l’ancienne qui ne mâche pas ses mots tandis que son ami Paulie, joué par Burt Young (Chinatown, Amityville 2, Il était une fois en Amérique), lui permet de s’entraîner sur des carcasses de viande dans l’entrepôt où il travaille. Il le rapproche également de sa sœur Adrian, interprétée par Talia Shire (Connie Corleone dans la trilogie du Parrain).

La traditionnelle séquence d’entraînement.
Tenir quinze rounds face au champion du monde en titre…

Une romance se dégage alors entre les deux personnages avant que Rocky ne commence son entraînement sous la superbe musique « Gonna Fly Now » de Bill Conti, durant lequel il court jusqu’en haut des marches du Philadelphia Museum of Art. Une bande son d’anthologie dont la célèbre composition « Going the Distance » fait fortement monter l’intensité du combat jusqu’à un dénouement pas si prévisible. Rocky ayant atteint son objectif de tenir les quinze rounds, il n’est plus le « ringard de troisième zone » des bas-fonds de Philadelphie et commence dès lors à évoluer en même temps que la carrière de Stallone décolle. Tourné en seulement vingt-huit jours avec un budget de moins d’un million de dollars, Rocky devient un succès international et obtient les oscars du meilleur film, du meilleur scénario original et du meilleur montage. Un bon film emblématique de son époque !

 

Rocky II La Revanche

Date de sortie : 15 juin 1979 (États-Unis),
29 février 1980
(France)
Réalisateur : Sylvester Stallone
Acteurs principaux : Sylvester Stallone, Talia Shire, Burt Young, Burgess Meredith, Carl Weathers
Genre : Drame, action
Nationalité : Américain
Compositeur : Bill Conti

Un défi réussi qui suscite de nombreuses questions.

Après le succès du premier Rocky, le scénario ne pouvait en rester là et une suite voit le jour trois ans plus tard sous la direction de Stallone lui-même, qui conserve également sa casquette de scénariste. L’action prend place directement après le match entre Rocky et Apollo Creed, rediffusé en début de film, les supporters de l’étalon italien exprimant leur colère en même temps que le champion supporte mal que son challenger ait pu résister aussi longtemps et exige une revanche contre lui. Mais tandis que Rocky se retire de la boxe pour se concentrer sur la recherche d’un emploi stable, Apollo Creed compte bien utiliser tous les moyens pour le faire remonter sur le ring.

Un mariage intimiste arrivé de manière inoccente et inattendue.
Une naissance des plus touchantes.

Si la narration se rapproche de celle du premier film, elle s’avère bien mieux rythmée tout au long des nombreux événements qui s’enchaînent, comme la demande en mariage au zoo et la naissance de l’enfant de Rocky et Adrian sous les traits de Seargeoh Stallone, second fils de Sylvester Stallone. Toujours aussi talentueux, ce dernier multiplie les gags en tentant de tourner des publicités et continue de faire preuve d’une naïveté touchante lorsqu’il parle à sa femme et réagit aux provocations d’Apollo Creed (« Il est fâché. »), avec qui une certaine complicité commence à s’installer. Le ton vire aussi fortement au dramatique durant un coma d’une grande tristesse, laissant croire quelques minutes qu’Adrian pourrait être morte.

« Trying hard now… »
Un combat d’anthologie qui porte enfin ses fruits !

La traditionnelle séance d’entraînement dégage un fort esprit de compétition tandis que plusieurs passants accompagnent Rocky dans son footing jusqu’en haut des désormais célèbres marches. La revanche face à Apollo Creed se montre très intense grâce à la résistance légendaire de Rocky et au suspense qui est maintenu jusqu’au bout, même si le dénouement reste bien plus prévisible que dans le premier film. Pourvu d’une réalisation de qualité, Rocky II possède aussi de belles compositions musicales, dont le thème « Redemption » marie subtilement des passages de « Gonna Fly Now » et « Going the Distance ». Une suite de très bonne facture qui sacre son héros champion du monde avec une belle intensité !

 

Rocky III
L’Œil du Tigre

Date de sortie : 28 mai 1982 (Amérique du Nord), 12 janvier 1983 (France)
Réalisateur : Sylvester Stallone
Acteurs principaux : Sylvester Stallone, Talia Shire, Mister T, Carl Weathers, Burt Young, Burgess Meredith, Hulk Hogan
Genre : Action, drame
Nationalité : Américain
Compositeur : Bill Conti

Un champion devenu emblématique !

Assez différent des deux premiers films, Rocky III laisse part à davantage d’action sans pour autant négliger le développement des personnages. Désormais champion mondial ayant défendu son titre une dizaine de fois, l’étalon italien mène enfin une vie aisée avec sa femme comme en témoignent leur maison luxueuse et son costume cravate lui donnant de faux airs de Nicolas Sarkozy. Un nouveau challenger se présente alors à lui avec la ferme attention de le terrasser : il s’agit de Clubber Lang, un provocateur hargneux interprété par Mister T (Barracuda dans la série L’Agence Tous Risques), qui a certainement inspiré le personnage Barret Wallace dans Final Fantasy VII.

Un duel iconique dans l’histoire de la saga.
Une tragédie parmi les plus poignantes.

Le combat reste au cœur du scénario avec un entraînement en public, des extraits de plusieurs matches et même un affrontement amical contre un catcheur interprété par le légendaire Hulk Hogan, qui marque sa toute première apparition au cinéma. Un événement tragique fait cependant pencher la balance en faveur de Clubber Lang, la mort de Mickey survenant de manière inattendue lors d’une séquence d’une grande tristesse, marquée par un plan montrant Rocky vaincu sous sa capuche aux côtés de son entraîneur rendant son dernier souffle. Ce dernier est toutefois repris en main par Apollo Creed, qui l’emmène se ressourcer à Los Angeles avant un entraînement d’envergure pour le remettre d’aplomb, Rocky s’étant en effet trop embourgeoisé et reposé sur ses lauriers face aux adversaires plus faciles que choisissait Mickey pour lui faire conserver sa ceinture.

Un peu de légèreté durant l’entraînement.
Épuiser son adversaire pour mieux l’achever.

Plus hollywoodien que ses prédécesseurs, Rocky III marque également pour son thème musical « Eye of the Tiger » du groupe de rock Survivor, la chanson « Pushin’ » étant quant à elle interprétée par Frank Stallone, le frère cadet de Sylvester. Sa structure plus convenue le rend toutefois un peu moins qualitatif que ses aînés. S’il reste pertinent pour l’évolution de son héros, son antagoniste a vite fait d’empiler les clichés et le jeu d’acteur de Mister T n’est pas des plus convaincants. Un film correct, qui a au moins le mérite de faire efficacement évoluer le scénario de la saga.

 

Rocky IV

Date de sortie : 27 novembre 1985 (États-Unis), 22 janvier 1986 (France)
Réalisateur : Sylvester Stallone
Acteurs principaux : Sylvester Stallone, Talia Shire, Dolph Lundgren, Carl Weathers, Burt Young, Tony Burton
Genre : Action, drame
Nationalité : Américain
Compositeurs : Bill Conti et Vince DiCola

Comme à la fin du premier Rocky, Apollo Creed se montre une nouvelle fois trop sûr de lui.

Dans la droite lignée de son prédécesseur, Rocky IV conserve un ton porté sur l’action avec un adversaire phare combattu à deux reprises. Son scénario prend une tournure propagandiste dans le contexte des dernières années de la guerre froide avec les affrontements contre l’impitoyable Ivan Drago, qui marque le premier rôle majeur de Dolph Lundgren au cinéma. Un futur mètre-étalon du film d’action remarqué dans des classiques comme l’adaptation des Maîtres de l’Univers, Dans les Griffes du Dragon Rouge aux côtés de Brandon Lee et Universal Soldier face à Jean-Claude Van Damme. Future femme de Sylvester Stallone, Brigitte Nielsen (Kalidor, Cobra, Le Flic de Beverly Hills 2) y interprète l’épouse du soviétique.

« S’il meurt, il meurt. »
Une légende s’éteint sur le ring.

Fortement axé sur les combats, Rocky IV n’en oublie pas son sens de la dramaturgie avec la figure d’Apollo Creed qui, répondant aux provocations de Drago, compte bien prouver qu’il en a encore dans le ventre directement sur le ring. Misant tout sur le show précédant le match sous le classique « Living in America » directement interprété par James Brown, il encaisse de puissants coups et s’étale au sol dès le deuxième round. Décédant alors de ses blessures à la stupeur générale, il provoque la soif de vengeance de Rocky, qui compte à son tour battre Drago directement sur son propre terrain. Une mort toutefois un peu trop précipitée et ainsi moins marquante que celle de Mickey. Tony devient alors le nouveau coach de Rocky, qui effectue un retour aux sources en s’entraînant, tel Rambo, dans la nature sauvage avec une barbe caractéristique.

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Un jeu de regards devenu culte !
« Je vais te briser. »

Bercé par des musiques comme « No Easy Way Out » de Robert Tepper et « Burning Heart » du groupe Survivor, Rocky IV est d’un dynamisme appréciable malgré la surenchère des coups portés et une évocation bien trop expéditive du dopage. À la fois produit et victime du système, Drago retrouve son humanité en affirmant qu’il ne doit se battre que pour lui-même tandis que Rocky est applaudi par le public russe grâce à son discours humaniste promouvant le rassemblement des peuples. Un quatrième épisode réussi pour son rythme soutenu, son drame inattendu et son antagoniste emblématique.

« Ce que je voulais vous dire, c’est que si moi j’ai changé et que vous avez changé, tout le monde peut arriver à changer ! »

 

Rocky V

Date de sortie : 16 novembre 1990 (États-Unis), 19 décembre 1990 (France)
Réalisateur : John Guilbert Avildsen
Acteurs principaux : Sylvester Stallone, Talia Shire, Burt Young, Tommy Morrison, Sage Stallone, Richard Gant, Delia Sheppard
Genre : Drame, action
Nationalité : Américain
Compositeur : Bill Conti

Une tentative vaine de faire sortir Rocky de la retraite.

Cinquième et dernier épisode de son époque, Rocky V prend place lors de la véritable retraite de l’étalon italien suite aux séquelles irréversibles causées par son combat contre Ivan Drago, Stallone laissant sa place à John G. Avildsen pour la réalisation. Le film effectue un remarquable retour aux sources tandis que Rocky est contraint de retourner à Philadelphie à cause d’un endettement provoqué par un mauvais placement de Paulie. On retrouve ainsi une ambiance et une narration proches de celles de deux premiers films, l’ex-champion renouant avec son chapeau, sa veste de cuir et son comportement bavard. Le registre musical évolue quant à lui pour laisser place à une majorité de rap, dont « That’s What I Said » de MC Hammer.

« Ben avec toi, moi j’ai une raison de continuer ! »
Une collaboration concrétisée par le don du short d’Apollo Creed.

Rocky ayant retapé le vieux gymnase de Mickey pour y coacher de nouveaux boxeurs, le film respire la nostalgie lors d’une séquence particulièrement touchante où il se remémore un moment passé avec son entraîneur. Le scénario se concentre essentiellement sur sa relation avec Rocky Jr, interprété par son véritable fils aîné Sage Stallone, qu’il délaisse rapidement au profit de Tommy Gunn, jeune prodige incarné par le boxeur professionnel Tommy Morrison. Entraînant ce dernier pendant que son fils se fait persécuter au collège à son insu, Rocky est régulièrement interpellé par George Washington Duke, un promoteur joué par Richard Grant qui n’en voit que par l’argent.

Une relation difficile avec un fils en pleine adolescence.
« Mon ring, c’est la rue ! »

Tandis que Tommy gagne de nombreux matches officiels, son détournement vers Duke témoigne de ses mauvais choix jusqu’à être remis en question par la presse au moment où il devient champion du monde. Resté dans l’ombre de Rocky après avoir battu des adversaires estimés bien trop faibles, il déclenche alors un combat final atypique en venant provoquer son maître sur son propre terrain. S’il était à la base prévu que Rocky meure sous les coups de Tommy, l’étalon italien lui assène en fait une belle correction qui le replace brillamment sur le devant de la scène. Une conclusion qui fait plaisir à voir tant elle renoue efficacement avec l’esprit de la saga !

 

Rocky Balboa

Date de sortie : 20 décembre 2006 (États-Unis), 24 janvier 2007 (France)
Réalisateur : Sylvester Stallone
Acteurs principaux : Sylvester Stallone, Burt Young, Antonio Tarver, Geraldine Hughes, Milo Ventimiglia
Genre : Drame, action
Nationalité : Américain
Compositeur : Bill Conti

Une image déchirante qui rappelle que Rocky est avant tout un drame.

Plus de quinze ans après la pentalogie d’origine, l’étalon italien renaît de ses cendres dans un sixième film sobrement intitulé Rocky Balboa, une nouvelle fois écrit et réalisé par Sylvester Stallone. Ce dernier revient en effet sur le devant de la scène pour interpréter le personnage qui a bercé sa carrière, à l’instar de John Rambo sorti début 2008. Pensé comme un nouveau retour aux sources, il n’en oublie pas son sens de la dramaturgie avec un scénario découlant directement du décès d’Adrian, tristement emportée par un cancer. Se rendant régulièrement sur sa tombe lors de séquences riches en émotion, Rocky monte un restaurant à qui il donne le nom de sa femme mais peine à retrouver sa vigueur d’antan.

Des retrouvailles réjouissantes.
Rocky Jr, un personnage toujours présent.

C’est en renouant avec le surpassement de soi par l’intermédiaire de la boxe qu’il fait la connaissance de Mason Dixon, jeune champion mondial interprété par Antonio Tarver, lui aussi boxeur professionnel au même titre que Tommy Morrison dans le précédent film. Peu apprécié suite à des victoires jugées faciles et poussé par une vidéo en images de synthèse le désignant battu par Rocky, Dixon compte bien obtenir un regain de popularité lors d’un match d’exhibition face à l’ancien champion. Ce dernier est alors soutenu par son fils, devenu adulte sous les traits de Milo Ventimiglia (Stay Alive, Heroes, Gotham), mais aussi par Marie, une jeune femme jouée par Geraldine Hughes (Gran Torino) qu’il avait aidée trente ans auparavant. On remarque également le retour de Pedro Lovell, boxeur argentin que Rocky avait battu au début du premier film.

Des marches devenues mythiques !
« Un boxeur, ça boxe ! »

Très apprécié des fans de la saga, Rocky Balboa est un pari réussi qui mêle efficacement mélancolie et grand spectacle. Outre d’ingénieux remix musicaux, on peut saluer le retour de « Gonna Fly Now » pendant que Rocky s’entraîne sous la neige ainsi que la grandiose arrivée sur le ring de Dixon sous la chanson « It’s a Fight » du groupe de hip-hop Three 6 Mafia. Un caméo de Mike Tyson plus tard, le match se veut particulièrement intense et Rocky est acclamé par son public pour avoir tenu durant l’intégralité des dix rounds malgré son âge avancé. Une belle manière pour Stallone de conclure la saga sur l’apaisement de son personnage suite à une nouvelle prouesse sublimée par un scénario riche en émotion. Bien que neuf ans plus tard, il réendosse finalement le costume de Rocky à l’occasion de la relève mémorable d’un descendant inattendu de son ami Apollo Creed.

Knock at the Cabin, de M. Night Shyamalan

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Date de sortie : 1er février 2021 (1h40min)
Réalisateur : M. Night Shyamalan
Acteurs principaux : Jonathan Groff, Ben Aldridge, Kristen Cui, Dave Bautista, Rupert Grint, Nikki Amuka-Bird, Abby Quinn
Genre : Thriller horrifique
Nationalité : Américain
Compositeur : Herdís Stefánsdóttir

Un personnage central symbolisant l’espoir du nouveau monde.

Adaptation du roman The Cabin at the End of the World de Paul G. Tremblay, Knock at the Cabin est un thriller horrifique dans lequel M. Night Shyamalan (Incassable, Le Village, Old) se plaît de nouveau à instaurer une tension permanente dans un huis clos d’une grande efficacité. Le scénario place la jeune Kristen Cui dans la peau de Wen, une petite fille se retrouvant prise au piège dans un chalet de vacances au beau milieu d’une forêt aux côtés de ses parents Andrew et Eric, ce dernier étant interprété par Jonathan Groff (American Sniper, La Reine des Neiges II, Matrix Resurrections).

Un personnage qui inspire la confiance.
« Des témoins de Jéhovah ? »

Approchée par un étranger sous les traits Dave Bautista (Spectre, Blade Runner 2049, Army of the Dead), Wen commence à se méfier malgré la gentillesse du personnage avant que trois autres ne viennent lui prêter main forte sous les traits de Rupert Grint (Harry Potter, Servant, Les Cabinets de Curiosité), Abby Quinn et Nikki Amuka-Bird, qui avait déjà joué dans Old. Un quatuor inquiétant sur qui repose tout le malaise de l’intrigue, les étrangers leur demandant de bien vouloir sacrifier l’un d’entre eux pour éviter l’annihilation de l’ensemble de l’humanité, sans aucune explication et avec une sincérité étonnante.

L’élément matériel d’une violation de domicile ?
Tandis que l’étau se resserre, tout n’est plus que question de temps.

De qualité, la réalisation utilise de gros plans sur les visages et des musiques troublantes d’une certaine intensité pour assurer une tension permanente. Plusieurs flashbacks viennent dévoiler le passé des deux protagonistes pour mieux appuyer les thèmes de la confiance en soi et de l’inacceptation des autres. La manipulation reste au cœur de l’intrigue, tout étant ficelé pour que le spectateur lui-même doute des propos des étrangers malgré les perturbations annoncées à la télévision, à travers laquelle Shyamalan effectue un caméo remarqué. Malgré un final qui peut surprendre, Knock at the Cabin reste dans la lignée des films réussis du réalisateur.

La Peau sur les Os, de Tom Holland

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Date de sortie : 25 octobre 1996 (États-Unis),
17 novembre 2022 (Rimini Editions)

Réalisateur : Tom Holland
Acteurs principaux : Robert John Burke, Lucinda Jenney, Joe Mantegna, Sam Freed, Kari Wuhrer, Bethany Joy Lenz, Michael Constantine
Genre : Épouvante
Nationalité : Américain
Compositeur : Daniel Licht

Inspirer la confiance, chapitre 1

Adaptation d’un roman de Stephen King dans la même veine que Simetierre ou Le Bazaar de l’Épouvante, La Peau sur les Os place Robert John Burke (L’Incroyable Vérité, Simple Men, RoboCop 3) dans la peau de Billy Halleck, un avocat véreux dont la vie bascule le jour où il percute accidentellement une gitane sur la route, bien trop concentré sur la gâterie que sa femme lui fait. Une scène connue pour sa parodie dans les deux premiers Scary Movie. Tandis qu’il s’arrange pour être innocenté, il reçoit une malédiction lui faisant perdre du poids bien plus vite qu’un humain pourrait tout en lui affligeant un insatiable appétit.

Esmeralda façon Stephen King !
Quelques situations sortent tout de même du lot !

Réalisé par Tom Holland (Vampire vous avez dit Vampire, Beauté Fatale, Jeu d’Enfant), La Peau sur les Os marque le premier rôle de Bethany Joy Lenz au cinéma, qui interprète Linda, la fille de Billy, sa femme Heidi étant jouée par Lucinda Jenney (Peggy Sue s’est mariée, Rain Man, Thelma et Louise). Outre le second rôle remarqué de Joe Mantegna (Le Parrain 3, Alice, Bugsy), Stephen King effectue un caméo sous les traits du pharmacien qui vend un produit à la gitane juste avant l’accident.

Un maquillage du plus bel effet !
Une mélancolie valorisée par certains plans.

Pourvu d’une réalisation correcte et de jolis efforts sur le maquillage, La Peau sur les Os n’est pas vraiment palpitant du côté de son scénario, les passages marquants arrivant vraiment au compte-goutte. Les personnages sont très convenus et la représentation des gitans s’avère complètement cliché. Seule Kari Wuhrer, qui incarne la plus jeune d’entre eux, parvient à se démarquer grâce à l’accent qui est mis sur elle, notamment lors d’une scène où elle fait du charme au personnage principal. Un film plutôt moyen, qui reste plaisant pour les amateurs d’épouvante et sa fin machiavélique digne des Contes de la Crypte.

Il était une fois 2 (Disenchanted) d’Adam Shankman

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Date de sortie : 18 novembre 2022 (1h58min)
Réalisateur : Adam Shankman
Acteurs principaux : Amy Adams, Gabriella Baldacchino, Maya Rudolph, Patrick Dempsey, James Marsden, Idina Menzel
Genre : Aventure, fantastique
Nationalité : Américain
Compositeur : Alan Menken

Amy Adams en grande forme !

Quinze ans après un premier film qui s’amuse efficacement à casser les codes des contes traditionnels,  Il Était une Fois effectue son retour dans une suite se déroulant une dizaine d’années après le mariage de Giselle et Robert. Lassés de la vie newyorkaise, ils partent en quête d’une aventure plus proche des contes de fée en emménageant dans la banlieue de Monroeville avec Morgan, désormais adolescente sous les traits de Gabriella Baldacchino. Au cœur du scénario, cette dernière se retrouve dans le même lycée que le fils de Malvina Monroe, hautaine fondatrice de la ville interprétée par Maya Rudolph, qui se déplace souvent aux côtés de ses sous-fifres Rosaleen et Ruby, dont le trio rappelle celui des sorcières d’Hocus Pocus. Si Amy Adams est toujours très présente, Patrick Dempsey, James Marsden et Idina Menzel se trouvent bien plus en retrait.

Malgré le changement d’actrice, Morgan reste un personnage très touchant.
Des personnages secondaires qui ont toujours la classe !

Se sentant finalement trop isolée, Giselle utilise la magie d’Andalasia pour égayer son quartier, mais le transforme par mégarde en un véritable conte de fées ayant de fâcheuses conséquences, comme provoquer des chansons avec Morgan et son père. Une transposition qui fonctionne tout aussi bien tant Il Était une Fois 2 est bien réalisé, y compris les deux passages en dessins animés produits par le même studio que Le Retour de Mary Poppins. Si les difficultés de l’adolescence sont étonnamment survolés, c’est pour mieux surprendre par l’introduction du thème de la belle-mère, Giselle se comportant de plus en plus comme telle au point de faire concurrence à Malvina. Toujours aux musiques, Alan Menken valorise joliment la narration du film avec de superbes chansons, notamment « Méchante » qui empile tous les clichés inimaginables des antagonistes avec une mise en scène millimétrée.

Frappé par le sort, Robert se prend pour un véritable prince charmant.
Une dualité qui fait toute la qualité du film !

À la manière de son aîné, Il Était une Fois 2 regorge de références aux grands classiques Disney, à commencer par Cendrillon pour le personnage de Nancy Tremaine, Giselle qui enforme Morgane dans sa chambre, le sort à annuler avant les douze coups de minuit, le chat qui ressemble à Lucifer et même la baguette magique qui change le cours des choses. On trouve aussi la pomme empoisonnée et le miroir magique de Blanche-Neige et les Sept Nains, une référence à Cruella et Maléfique ainsi qu’aux trois fées de La Belle au Bois Dormant, la fugue depuis la fenêtre de la tour à la manière de Raiponce ou encore les fourchettes qui dansent comme dans la chanson « C’est la fête » de La Belle et la Bête. Contrairement au ratage quasi complet d’Hocus Pocus 2, Il Était une Fois 2 prouve qu’il est tout à fait possible de réaliser une suite ambitieuse et cohérente de longues années plus tard.

Malice, de Harold Becker

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Date de sortie : 1er octobre 1993 (États-Unis), 11 mai 1994 (France)
Réalisateur : Harold Becker
Acteurs principaux : Alec Baldwin, Nicole Kidman, Bill Pullman, Bebe Neuwirth, Peter Gallagher, Tobin Bell
Genre : Thriller
Nationalité : Américain
Compositeur : Jerry Goldsmith

Quoi de plus original qu’une rencontre fortuite dans l’ascenseur ?

Remake du téléfilm The Operation réalisé par Thomas J. Wright trois ans plus tôt, Malice est un thriller dans lequel Bill Pullman (L’Emprise des Ténèbres, Wyatt Earp, Casper) et Nicole Kidman (Jours de Tonnerre, Horizons Lointains, Batman Forever) incarnent Andy et Tracy, un couple pour qui tout va pour le mieux jusqu’à ce que cette dernière souffre de soudaines douleurs abdominales. Elle est alors opérée par le docteur Jed Hill, un chirurgien sous les traits d’Alec Baldwin (Beetlejuice, Conversations Nocturnes, À la Poursuite d’Octobre Rouge) qui avait connu Andy à l’université. L’intervention donnant lieu à des complications inattendues, le scénario se complexifie tandis que ce dernier enquête sur les meurtres de lycéennes qu’il connaissait en tant que conseiller d’éducation.

Un dominateur rapidement perceptible…
« On va jouer à un jeu 😈 »

Pourvu d’un casting hautement qualitatif, Malice peut aussi compter sur de bons comédiens de doublage comme Éric Legrand (Tom Burlinson dans La Chair et le Sang, Charlie Sheen dans Platoon, Douglas Reith dans Dumbo) pour l’avocat joué par Peter Gallagher. Si Nicole Kidman est doublée par Virginie Ledieu (Meg Ryan dans Top Gun, Lauren Holly dans Dragon L’Histoire de Bruce Lee, Drew Barrymore dans Scream), c’est Gilbert Lévy (Greasy dans Qui veut la Peau de Roger Rabbit, Tracey Walter dans le Batman de Tim Burton et Le Silence des Agneaux) qui assure la voix française de Tobin Bell (Dans la Ligne de Mire, Mort ou Vif, Saw), ce dernier incarnant le gardien du lycée.

Nicole Kidman absolument glaçante.

Réalisé par Harold Becker (Taps, Vision Quest, Mélodie pour un Meurtre), Malice induit volontairement le spectateur en erreur quant à la véritable nature du film grâce à une sous-intrigue laissant croire à un scénario policier alors que le criminel est rapidement mis hors d’état de nuire. Un leurre qui camoufle efficacement la véritable nature de Tracy, Nicole Kidman se montrant très convaincante dans la froideur de son personnage. Renforcé par les musiques de Jerry Goldsmith (Rambo, Basic Instinct, Mulan), le suspense fonctionne d’autant plus que certains éléments comme le pantin et le film plastifié ont soigneusement été montrés lors de scènes précédentes.

 

Un thriller réussi, disponible en DVD et Blu-Ray au éditions BQHL depuis le 28 septembre 2022 accompagné d’une présentation française du film par journaliste Vincent Nicolet.

 

 

Il était une fois (Enchanted) de Kevin Lima

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Date de sortie : 21 novembre 2007 (États-Unis), 28 novembre 2007 (France)
Réalisateur : Kevin Lima
Acteurs principaux : Amy Adams, Patrick Dempsey, James Marsden, Timothy Spall, Susan Sarandon
Genre : Aventure, comédie romantique
Nationalité : Américain
Compositeur : Alan Menken

Il était une fois une jeune fille de conte qui allait se confronter au monde réel.

À la fois hommage et parodie des classiques d’animation Disney, Il Était une Fois mêle animation traditionnelle et prises de vue réelles dans une romance fantastique prenant place dans le royaume d’Andalasia. Réalisé par Kevin Lima (La Bande à Dingo, Dingo et Max, Tarzan), il met en scène Amy Adams (Arrête-Moi si tu Peux, Man of Steel, The Master) dans le rôle de Giselle, une princesse en devenir qui se retrouve propulsée dans le monde réel par la malveillante reine Narissa. Incarnée par Susan Sarandon (Thelma et Louise, Les Quatre Filles du Docteur March, Speed Racer), cette dernière refuse en effet que son beau-fils Edward, joué par James Marsden (X-Men, Zoolander, Sonic), se marie avec elle et devienne le nouveau roi.

Comment va-t-elle sortir de là avec une robe aussi large ?
Des situations cocasses qui font tout le charme du film.

Livrée à elle-même en plein New-York, Giselle tombe par hasard sur Robert, un père de famille sous les traits de Patrick Dempsey (Scream 3, Grey’s Anatomy, Bridget Jones Baby), qui l’abrite chez lui à la demande de sa fille Morgan, croyant avoir à faire à une véritable princesse. Commence alors à s’installer une véritable romance entre les deux personnages tandis que Nathanaël, serviteur de la reine interprété par Timothy Spall (Vanilla Sky, Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban), tente d’empêcher Edward de retrouver sa bien-aimée en se jetant lui-même dans le puits enchanté menant à Time Square. Rythmé pas les musiques d’Alan Menken (La Petite Sirène, La Belle et la Bête, Aladdin), le film est également parsemé de chansons qui rappellent celles des plus grands classiques.

Un contraste humoristique entre les deux époques.
Des effets spéciaux qui ne plaisantent pas !

Se déroulant quelques minutes en dessin animé pour continuer en prises de vue réelles, Il Était une Fois transpose aussi bien des éléments de Blanche-Neige et les Sept Nains, de Cendrillon et de La Belle au Bois Dormant dans la réalité pour servir son propos. On trouve alors de vraies personnes qui se mettent à chanter, des animaux qui viennent en aide à Giselle, cette dernière qui se taille des robes dans les rideaux de son hôte ou encore la reine qui se change en vieille femme tout en imprégnant des pommes d’un poison mortel. Allant au-delà des sempiternelles traditions Disneys, les différentes visions de l’amour sont efficacement confrontées de manière à se compléter l’une et l’autre. Plus de trois ans avant la série Once Upon A Time, Disney réussit brillamment son hommage grâce à une réalisation de qualité et à des personnages auxquels il est facile de s’identifier.