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Emmanuel Delextrat

Emmanuel Delextrat
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Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…

Basic Instinct, de Paul Verhoeven

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basic instinct header

Date de sortie : 20 mars 1992 (Amérique du Nord), 8 mai 1992 (France)
Réalisateur : Paul Verhoeven
Acteurs principaux : Sharon Stone, Michael Douglas, Jeanne Tripplehorn, George Dzundza, Wayne Knight
Genre : Thriller érotique
Nationalité : Américain
Compositeur : Jerry Goldsmith

Le rôle emblématique de la carrière de Sharon Stone.

Réalisé d’une main de maître par Paul Verhoeven (La Chair et le Sang, RoboCop, Benedetta), Basic Instinct est un thriller érotique ayant propulsé la carrière de Sharon Stone (Total Recall, Mort ou Vif, Casino) pour son rôle de Catherine Tramell, soupçonnée du meurtre de son amant assassiné à coups de pic à glace dans des circonstances proches de celles qu’elle décrit dans un de ses romans. Interprété par Michael Douglas (Black Rain, La Guerre des Rose, Une Lueur dans la Nuit), le policier Nick Curran se charge d’enquêter sur elle malgré ses accès de violence et son passé judiciaire complexe.

Le talentueux Michael Douglas face à une Jeanne Tripplehorn très convaincante.
La fameuse scène du croisement de jambes, parodiée dans La Cité de la Peur.

Secondé par des collègues joués par George Dzundza (Voyage au Bout de l’Enfer, Chasseu rBlanc, Cœur Noir) et Wayne Knight (JFK, Jurassic Park, Space Jam), ce dernier subit en effet les nombreuses provocations de sa suspecte tout au long du film, qu’il s’agisse de séduction explicite ou de courses poursuites en voiture. Pour son premier rôle au cinéma, Jeanne Tripplehorn (La Firme, Waterworld, Very Bad Things) y interprète brillamment la psychologue Beth Garner, qui apporte une complexité appréciable au déroulement et à la résolution de l’enquête.

Des plans aux reflets saisissants.
Un jeu dangereux dont l’issue pourrait être fatale.

Pourvu d’une excellente réalisation, Basic Instinct surprend dès son introduction en plongeant le spectateur dans un scénario haletant porté par le talent de ses deux acteurs principaux. Chaque plan est minutieusement travaillé avec une bonne dose d’érotisme et de violence, laissant apparaître les formes de son héroïne, un pic à glace en plein visage ou encore Nick qui laisse parler ses pulsions sexuelles. Jerry Goldsmith (Rambo, Medicine Man, Mulan) parvient à sublimer chaque passage par des compositions inquiétantes qui favorisent le suspense quand elles ne montent pas crescendo pour intensifier l’action. Marqué par un plan final percutant, Basic Instinct reste un des films les plus qualitatifs de son réalisateur et signe une des plus belles interprétations de Sharon Stone, qui crève l’écran à chaque instant.

Le Menu, de Mark Mylod

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Date de sortie : 16 novembre 2022 (Philippines), 23 novembre 2022 (France)
Réalisateur : Mark Mylod
Acteurs principaux : Anya Taylor-Joy, Ralph Fiennes, Nicholas Hoult, Hong Chau, John Leguizamo, Aimee Carrero
Genre : Comédie horrifique
Nationalité : Américain
Compositeur : Colin Stetson

Anya-Taylor Joy crève une nouvelle fois l’écran

Comédie horrifique au cachet particulier, Le Menu se déroule sur une île isolée où se rendent Margot et Tyler, un couple interprété par Anya Taylor-Joy (Radioactive, Last Night in Soho, The Northman) et Nicholas Hoult (Mad Max Fury Road, Juré N°2, Nosferatu) cherchant à tester un restaurant gastronomique ayant une réputation à nulle autre pareille. Dirigé par le chef Julian Slowik sous les traits de Ralph Fiennes (The Reader, Mourir Peut Attendre, The King’s Man Première Mission), l’établissement rassemble en réalité plusieurs couples minutieusement choisis pour la soirée.

Un dressage des plus alléchants
Une rencontre qui n’était pas prévue

Intrigant et mystérieux, le scénario réserve aussi bien son lot de surprises au spectateur qu’aux invités, qui ne sont sûrement pas réunis par hasard. Pourvu d’une belle réalisation, Le Menu dévoile de très jolis dressages d’assiettes et un certain humour dans le nom des plats. La tension commence à s’accentuer lorsque les clients reconnaissent des preuves de leurs méfaits passés directement imprimées sur leurs toasts. /!\ SPOILERS /!\ L’ambiance horrifique se montre alors plus en plus présente tandis qu’un homme se fait couper l’annulaire portant son alliance après la révélation de son infidélité envers sa femme.

Un secret qui semble avoir son importance
Une femme de main très persuasive…

De plus en plus semblable à une prison dans laquelle ses invités se retrouvent pris au piège, le film s’identifie de fait à une critique ciblant des libertés plus que discutables que se permettent certaines personnes en profitant de leur statut social. À fond dans son rôle, Ralph Fiennes multiplie les piques et peut compter sur l’ensemble de ses cuisiniers pour suivre ses ordres, ces derniers s’époumonant régulièrement d’un « Oui, chef ! » comme s’ils se trouvaient dans Full Metal Jacket. Malgré un concept machiavélique qui ne semble pas toujours aller au bout de ses intentions (faire s’enfuir des hommes pour simplement les ramener à l’intérieur sans autre forme de punition s’ils se font attraper), Le Menu reste un film à saluer pour l’originalité de sa mise en scène.

Full Metal Jacket, de Stanley Kubrick

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affiche full metal jacketDate de sortie : 26 juin 1987 (Canada), 21 octobre 1987 (France)
Réalisateur : Stanley Kubrick
Acteurs principaux : Ronald Lee Ermey, Matthew Modine, Arliss Howard, Vincent d’Onofrio
Genre : Guerre, drame
Nationalité : Américain
Compositeur : Vivian Kubrick

 

Est-ce que c’est toi, John Wayne,
ou est-ce que c’est moi ?

 

Une des meilleures introductions de toute l’histoire du cinéma !

Douzième et avant-dernier film de Stanley Kubrick (Orange Mécanique, Barry Lyndon, Shining), Full Metal Jacket s’inspire à la fois du roman Le Merdier de Gustav Hasford et des mémoires de guerre de Michael Herr pour mettre en scène sa propre version de la guerre du Vietnam. Près de vingt ans après les faits relatés, la vision du réalisateur vient alors compléter de grands classiques ayant déjà traité le sujet comme Les Boys de la Compagnie C, Voyage au Bout de l’Enfer, Apocalypse Now et Platoon. Se démarquant d’emblée par un titre qui renvoie à un type de balle entièrement chemisée de métal, Full Metal Jacket ne se présente en effet ni comme un film antimilitariste à la manière des Sentiers de la Gloire, ni comme une parodie telle que Docteur Folamour.

« Fais-moi voir ta gueule de guerrier ! T’as une gueule de guerrier !!? »
« Défense de rire et défense de pleurer ! »

Le long métrage est notamment connu pour sa scène d’ouverture mythique durant laquelle le sergent instructeur Hartman se plaît à humilier ses soldats au plus haut point en leur balançant des insultes et des surnoms improvisés. Interprété par l’imposant Ronald Lee Ermey, Hartman reste la figure incontournable des premières minutes de Full Metal Jacket tandis que le doublage de Bernard Fresson accentue fortement le comique de ses propos. Parmi les soldats se dégagent alors Guignol, personnage principal joué par Matthew Modine (Birdy, L’Île aux Pirates, The Dark Knight Rises), Cow-Boy sous les traits d’Arliss Howard (Le Bateau Phare, Tueurs Nés, Jurassic Park II) et Baleine incarné par Vincent d’Onofrio (Nuit de Folie, New York Section Criminelle, Les Sept Mercenaires).

« Ça, c’est mon fusil. Y en a beaucoup comme ça, mais lui c’est le mien. Mon fusil, c’est mon vrai copain, lui c’est ma vie. Il faut que je maîtrise mon fusil comme il faut que je maîtrise ma vie. Car sans moi, mon fusil ne sert à rien. Et sans mon fusil, je ne sers plus à rien. »

 

– Combien tu mesures, deuxième pompe ?
– Chef, 1 mètre 75 chef !
– 1 mètre 75, jamais vu un tas de merde aussi haut que ça !

 

« Moi les filles j’en suis pas dingue, ma seule amie c’est mon flingue ! »

Constitué de deux parties bien distinctes, Full Metal Jacket commence par l’entraînement des jeunes marines dans une caserne de Parris Island avant de montrer leur vie quotidienne une fois arrivés au Vietnam. De loin la plus marquante, la première traite du conditionnement psychologique des soldats, renvoyant directement aux techniques utilisées pour redresser les délinquants dans Orange Mécanique. Hartman va même jusqu’à leur faire réciter une prière tous en chœur stipulant que leur fusil est leur seul allié comme s’il s’agissait d’une personne vivante. Le spectateur ressent également toute la dureté et les bassesses de l’armée, avec un souffre-douleur qui subit le courroux de l’instructeur et les coups de ses camarades lors d’une scène particulièrement éprouvante au beau milieu de la nuit.

« – Ça c’est mon flingue et ça c’est mon dard ! – D’abord soldats et après fêtards ! »
Une interprétation qui glace le sang.

Pourvu d’une réalisation totalement maîtrisée, Full Metal Jacket alterne entre les phases d’entraînement et d’instruction avec des plans cadrés au millimètre et de jolis effets comme celui des soldats qui grimpent à la corde sur fond de coucher du soleil. Les plans resserrés sont également fréquents, qu’il s’agisse de scènes où Hartman s’adresse à un marine ou des faciès de psychopathe que tire Baleine, alors au bord du gouffre. Bien écrits, les dialogues culte se multiplient malgré un langage vulgaire qui va parfois un peu trop loin. Moins palpitante, la seconde partie du film renforce toutefois la figure du héros intellectuellement supérieur à ses camarades qui doit lutter entre le bien et le mal dans un monde en guerre, comme l’attestent les inscriptions « Born to kill » sur son casque et « Peace and love » sur son badge.

Après avoir survécu à Hartman, Guignol doit s’imposer sur le terrain.
Tuer… ou être tué.

Outre les musiques inquiétantes composées par Vivian Kubrick, Full Metal Jacket comporte de nombreuses chants de l’armée interprétés par les soldats ainsi que plusieurs chansons contemporaines du conflit, à commencer par « Hello Vietnam » de Johnny Wright qui introduit le film avec une certaine émotion. On trouve aussi « These Boots Are Made For Walking » de Nancy Sinatra lors de l’arrivée au Vietnam, « Surfin’ Bird » de The Trashmen pendant un combat, le thème des cartoons Disney « Mickey Mouse Club » durant la marche finale avant de terminer par « Paint It, Black » des Rolling Stones. Exceptionnel dans sa première partie, plus difficile à apprécier lors de sa seconde, Full Metal Jacket reste un film emblématique de son époque et du savoir-faire de Stanley Kubrick.

 

2006 : une année charnière pour le jeu vidéo

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image header jeux video 2006

Période : jeux vidéo sortis entre le 1er janvier et le 31 décembre 2006
Développeurs : Nintendo, Square-Enix, Konami, Epic Games, Bend Studio, Capcom
Concepteurs : Eiji Aonuma, Hiroyuki Itō, Satoshi Kushibuchi, Hideki Kamiya
Genres : RPG, action aventure, survival-horror, TPS, plates-formes, infiltration

Compositeurs : Toru Minegishi, Hitoshi Sakimoto, Michiru Yamane, Akari Kaida
Supports : PlayStation 2, Xbox 360, Nintendo DS, PlayStation Portable, Wii, PlayStation 3, Game Boy Advance, Xbox, Game Cube

 

Il y a 20 ans, l’année 2006 marquait
la cohabitation entre les consoles
de sixième et de septième génération
avec une PlayStation 2 en grande forme,
une Xbox 360 qui commence à prendre
sa place et l’arrivée de ses concurrentes.

image 2006 playstation 2
À l’aube de la sortie de la PlayStation 3, sa grande sœur est encore très bien servie en bons jeux de tout genre.

Les exclusivités sont encore très nombreuses sur PlayStation 2 et comprennent plusieurs RPG issus de licences déjà existantes. La plupart d’entre eux ne disposeront d’ailleurs pas d’une traduction française : c’est notamment le cas de Disgaea 2, Atelier Iris 3, Persona 3, Devil Summoner Raidou Kuzunoha vs the Soulless Army, Hack//G.U. Vol. 1//Rebirth, Hack//G.U. Vol. 2//Reminisce, ainsi que les remakes d’Ys V et de Tales of Destiny. Outre le désastreux Dawn of Mana, Suikoden IV et Wild Arms V viennent entretenir des sagas chères à Sony, tandis que Valkyrie Profile effectue un retour fracassant dans un deuxième épisode plaçant le joueur dans la peau de la guerrière Silmeria. Très attendu après un passage du côté du MMORPG, Final Fantasy XII délaisse plusieurs fondamentaux de la saga pour se concentrer sur de nombreuses étendues à explorer et un système de combat qui se rapproche de l’Action-RPG, avec un très bel univers mais un scénario quasiment inexistant. De son côté, la compilation Final Fantasy VII continue avec Dirge of Cerberus, un jeu d’action à mi-chemin entre le TPS et le beat’em up dans lequel le joueur incarne le charismatique Vincent Valentine un an après les événements d’Advent Children.

De nombreuses suites voient également le jour sur PlayStation 2, à commencer par un quatrième Onimusha au game design particulier intitulé Dawn of Dreams. On peut aussi nommer Ace Combat The Belkan War, Yakuza 2, State of Emergency 2, une suite de SOS The Final Escape nommée Raw Danger, Sega Rally 2006 et même un Pac-Man Rally. Outre un Metal Slug 3D qui n’est pas resté dans les mémoires et le spin-off Saru ! Get You ! Million Monkeys de la saga Ape Escape, les jeux adaptés de mangas continuent d’être exploités sur la console avec Naruto Uzumaki Chronicles 2 et un Saint Seiya Hadès qui améliore légèrement la jouabilité du précédent épisode. Tandis que Forbidden Siren 2 continue de faire frissonner les joueurs tentant de fuir des environnements glauques, Rule of Rose s’impose comme un cas d’école présentant tout ce qu’il faut faire pour créer un survival horror au game design désastreux, avant de se faire connaître à cause d’une polémique jugeant sa violence excessive.

En 2006, la PlayStation 2 accueille également de nombreux jeux en commun avec ses concurrentes, notamment la Xbox avec laquelle elle partage les jeux de courses FlatOut 2, TOCA Race Driver 3, OutRun 2006 et Driver Parallel Lines, mais aussi le FPS Black et un Final Fight Streetwise qui aurait bien mieux fait de rester en deux dimensions. Des adaptations de films inattendues arrivent avec Les Dents de la Mer qui propose de jouer directement le requin, mais aussi Reservoir Dogs qui complète le scénario du film par des séquences inédites montrant les personnages sous de nouveaux angles. Outre Super Monkey Ball Adventure, One Piece Grand Adventure et le cross-over Battle Stadium D.O.N. qu’elle partage avec la Game Cube, la console de Sony a aussi un certain nombre de jeux qui seront portés sur Wii. C’est notamment le cas d’Okami, jeu d’action aventure proche de The Legend of Zelda dans lequel le joueur contrôle la déesse Amaterasu réincarnée en loup blanc. On trouve aussi le GTA-like Canis Canem Edit et ses clans d’adolescents, un Mortal Kombat Armageddon qui en fait trop en rameutant l’intégralité des anciens personnages et un Dragon Ball Z Budokai Tenkaichi 2 permettant des transformations en plein combat en plus de nouveaux personnages issus des films.

Outre The King of Fighters Maximum Impact 2 qui sort également sur Arcade et Samurai Warriors 2 en commun avec la Xbox 360, la PlayStation 2 se pare du jeu de plates-formes The Legend of Spyro A New Beginning, des jeux de course Sonic Riders et Micro Machines V4, sans oublier Pro Evolution Soccer 6, qui a profondément marqué les joueurs de jeux de foot. Tandis que la console de Sony rassemble certains de ses jeux dans les packs Prince of Persia Trilogy et The Silent Hill Collection, elle se pare de nombreuses compilations d’anciens jeux pour compléter une ludothèque déjà colossale. On trouve alors Sega Mega Drive Collection, Taito Legends 2 ainsi que Capcom Classics Collection Volume 2, qui permet notamment de jouer au tout premier Street Fighter. La saga de Capcom s’illustre également avec Street Fighter Alpha Anthology, tout comme son concurrent SNK fait paraître Fatal Fury Battle Archives Volume 1 et Art of Fighting Anthology. Sans doute la plus intéressante du lot, Mega Man X Collection rassemble les six premiers Mega Man X auquel s’ajoute le jeu de course Mega Man Battle & Chase.

 

Une PlayStation Portable qui en jette

image 2006 playstation portable
Des licences de qualités qui s’accomodent parfaitement à la machine.

Non avare en bonnes exclusivités, la PlayStation Portable se repose toutefois essentiellement sur des licences déjà existantes, LocoRoco étant le seul à proposer une expérience originale avec une petite boule à faire grossir en le fusionnant avec ses semblables, éparpillés dans des niveaux de plates-formes. Si les jeux de shoot restent bien en vogue avec des titres comme Medal of Honor Heroes et Killzone Liberation, Syphon Filter Dark Mirror offre une deuxième vie à la saga de Sony en renouant quelque peu avec la qualité des premiers épisodes. Ce n’est d’ailleurs pas la seule franchise à renaître de ses cendres, Ultimate Ghosts’n Goblins proposant un nouveau challenge avec des graphismes en 3D aux côtés de Mega Man Powered Up, remake de l’épisode originel qui ajoute deux boss supplémentaires et la possibilité de contrôler les huit robots après les avoir battu avec le tir de base. Outre un Bomberman exclusif, Bubble Bobble Evolution conserve son concept de base dans des environnements élargis. Côté plates-formes, on trouve aussi le spin-off Daxter ainsi que Sonic Rivals, qui se présente davantage comme un jeu de course contre la montre en vue de côté.

Genre toujours en vogue, l’infiltration est surtout représentée par Metal Gear Solid Portable OPS, qui continue d’explorer le background de Big Boss dans des missions où il est amené à créer son armée en capturant des soldats ennemis. On trouve aussi le très dispensable Shinobido Les Légendes du Ninja ainsi que Splinter Cell Essentials, constitué de missions d’anciens épisodes et de quelques nouvelles. Les sagas chères aux consoles Sony répondent aussi à l’appel avec un Ridge Racer 2 qui enrichit le contenu de son prédécesseur, Ace Combat X Skies of Deception et son mode multijoueur ad hoc ainsi que Grand Theft Auto Vice City Stories, préquel qui propose de nouvelles missions dans la même ville que l’épisode PlayStation 2. Si Tales of the World Radiant Mythology constitue l’essentiel des nouveaux RPG, Dragon Quest et Final Fantasy effectuent une nouvelle apparition dans le party game Itadaki Street Portable. Outre le jeu de combat en vue de côté Naruto Ultimate Ninja Heroes 2 et le beat’em up Dynasty Warriors Volume 2, The Silent Hill Expérience propose d’explorer la saga de Konami avec des comics interactifs, des pistes sonores issues des quatre épisodes principaux et une interview de Christophe Gans, réalisateur du film sorti le même jour.

La PlayStation Portable est également la plateforme idéale pour de nombreux portages permettant de profiter d’anciens classiques sur petit écran, comme un certain PaRappa the Rapper. On y trouve ainsi le RPG Ys The Ark of Napishtim, ainsi que la première incursion européenne de Tales of Eternia et de Valkyrie Profile, malheureusement cantonnés à l’anglais. Les jeux de combat se font aussi nombreux avec un portage Arcade de Tekken 5 Dark Resurrection, un Guilty Gear Judgment exclusif et un Mortal Kombat Unchained qui ajoute Blaze, Frost, Jax et Kitana au casting de Mortal Kombat Mystification. De son côté, Street Fighter Alpha 3 Max enrichit le contenu de la version Game Boy Advance avec de nouveaux modes et y inclut le personnage d’Ingrid, apparue dans Capcom Fighting Jam. Des compilations proches de celles de la PlayStation 2 font aussi leur apparition avec Sega Mega Drive Collection, Activision Hits Remixed, Taito Legends Power-Up, Capcom Classics Collection Remixed et Capcom Classics Collection Reloaded. Mieux encore, Power Stone Collection permet de s’adonner aux deux jeux de combat initialement sortis sur Dreamcast, tandis que Gradius Collection comporte pas moins de cinq épisodes de la saga de Konami.

 

Une PlayStation 3 au lancement tardif et plus que mitigé

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Une première fournée de jeux qui peinent à convaincre fin 2006…

Bien décidé à surpasser Microsoft, Sony communique à fond sur la puissance de la PlayStation 3 et propose un line-up pourvu de cinq exclusivités très différentes le 11 novembre 2006. Une belle perspective si seulement les titres avaient brillé par leur qualité, la douche froide se montrant rapidement avec un Genji Days of the Blade et un Mobile Suit Gundam Target in Sight à la jouabilité très perfectible. Outre le classico-classique Sega Golf Club, c’est finalement Resistance Fall of Man et Ridge Racer 7 qui s’en sortent le mieux, tout en restant assez convenus et surtout peu impressionnants face à des exclusivités Xbox 360 comme Gears of War.

Peu avant le lancement américain, Untold Legends Le Royaume Des Ténèbres vient compléter une saga de deux épisodes débutée sur PlayStation Portable, avant que le sympathique MotorStorm ne vienne proposer des courses fun et fluides dans la boue, mais avec un contenu très limité. Si la PlayStation 3 passe directement à la haute définition avec l’inclusion d’un port HDMI, ses premières réalisations graphiques ne s’avèrent pas plus poussées que celles de sa concurrente, un comble pour une console sortie un an plus tard. Il faut alors attendre l’année suivante pour qu’elle obtienne ses premiers classiques et commence à se faire une place dans les foyers.

 

La Nintendo DS s’émancipe

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Un panel de jeux qui en fait voir de toutes les couleurs !

Après une première année plus timide, la DS est rééditée en version Lite et devient enfin la nouvelle Nintendo portable de référence en enrichissant sa ludothèque de nombreux jeux de qualité. Mario lui-même relance brillamment l’intérêt des jeux à l’ancienne en vue de côté avec New Super Mario Bros, qui reprend la formule de Super Mario World dans un superbe jeu de plates-formes 2D avec des niveaux secrets à trouver, la possibilité de garder un objet de côté et des nouveautés comme les transformations en mini et en géant. Son affrontement avec Donkey Kong se poursuit dans Mario versus Donkey Kong 2 La Marche des Minis tandis qu’il joue les Michael Jordan dans l’ingénieux Mario Slam Basketball. De son côté, Yoshi’s Island DS tente de reproduire la qualité de son prédécesseur sur Super Nintendo en reprenant la même direction artistique dans des niveaux exploitant le double écran et innovant avec de nouveaux bébés aux pouvoirs spécifiques.

Alors que The Legend of Zelda Phantom Hourglass est annoncé pour 2007, Tingle’s Rosy Rupeeland propose de ramasser un maximum de rubis dans un jeu qui met la solidité de l’écran tactile à rude épreuve. Samus Aran n’est pas en reste avec Metroid Prime Hunters, une expérience essentiellement multijoueur qui parvient à fédérer pas mal de chasseurs en ligne. Pour sa deuxième apparition sur la machine, Kirby se retrouve face à une armée de souris dans Kirby Mouse Attack tandis que StarFox Command exploite l’écran tactile lors de phases stratégiques qui précèdent les habituels niveaux de shoot. Outre le spin-off Pokémon Ranger, la quatrième génération débute avec Pokémon Diamant et Perle, qui pousse le nombre de créatures à 493. Ce ne sont d’ailleurs pas les seuls RPG à sortir sur DS en 2006, cette dernière accueillant également Tales of the Tempest, Ys Strategy, Lunar Knights, Rune Factory et même une adaptation en 2D de Xenosaga I & II. On trouve aussi Dragon Quest Monsters Joker, fortement axé sur la capture de monstres, ainsi que Final Fantasy Fables Chocobo Tales, qui tient davantage du party game.

Du côté des jeux d’action, Castlevania Portrait of Ruin place le joueur dans la peau du chasseur de vampires Jonathan Morris et de la magicienne Charlotte Aulin dans un deuxième metroidvania où les héros parcourent divers environnements en pénétrant dans des tableaux façon Super Mario 64. Sagas brillant jusque-là pour leur excellence, Tenchu et Seiken Densetsu commencent leur descente aux enfers avec des jeux qui ne leur rendent pas du tout hommage. Si Tenchu Dark Secret se contente de niveaux en vue aérienne pixélisés et répétitifs, Children of Mana ne trouve rien de mieux que devenir un banal dungeon-RPG à la saveur très limitée. Pour compléter ce panel de jeux, Tetris DS propose plusieurs modes basés sur divers licences Nintendo, Puyo Puyo célèbre son quinzième anniversaire avec un nouveau jeu très complet, Point Blank effectue son retour dans un quatrième épisode et Bomberman Land Touch exploite le tactile dans un nouveau party game. Outre Jump Ultimate Stars qui fait s’affronter des personnages de nombreux mangas dans des combats en vue de côté, SNK versus Capcom Card Fighters DS vient faire suite aux jeux de cartes à collectionner de la Neo-Geo Pocket Color tandis que Guilty Gear Dust Strikers continue d’étendre la saga d’Arc System Works.

La Nintendo DS obtient aussi plusieurs portages intéressants en 2006, à commencer par Resident Evil Deadly Silence qui, pour les dix ans de la saga, propose une adaptation de l’épisode d’origine exploitant l’écran tactile à l’occasion de nouvelles énigmes et de combats au couteau, dont un nouveau boss qui vient bousculer la recherche d’un objet-clé. Déjà adapté l’année précédente, Ace Attorney Phoenix Wright est désormais disponible en français tandis que sa suite Justice for All paraît sur les DS japonaises. Seul épisode à l’ancienne à ne jamais avoir été porté, Final Fantasy III arrive étonnamment sous la forme d’un remake en 3D chibi permettant enfin de le découvrir dans de meilleures conditions.

 

Une Game Boy Advance proche de la retraite

image 2006 game boy advance
De nouveaux jeux et des portages qui font plaisir !

Après cinq années de bons et loyaux services, la Game Boy Advance commence à laisser sa place à la DS et voit son nombre de jeux marquants fortement diminuer. Noyés dans d’innombrables jeux à licence à la qualité très limités comme La Petite Sirène Aventure Magique entre Terre et Mer, on peut retenir quelques titres comme Rhythm Tengoku, premier épisode de la saga Rhythm Paradise, qui consiste des mini-jeux à la Wario Ware avec des mécaniques de jeu de rythme. Tandis que Rayman contre les Lapins Crétins joue également les party games pour la sortie de la Wii, la version GBA se veut bien plus proches des jeux de plates-formes de la machine avec de jolis graphismes en 2D.

Outre le troisième épisode de la saga Mother, la console obtient le jeu de stratégie Yggdra Union, le Dungeon-RPG Mazes of Fate ainsi que deux jeux d’action aventure en vue isométrique : Back to Stone et Scurge Hive, également disponible sur DS. Exclusif à l’Amérique du Nord, Capcom Classics Mini Mix compile quant à lui les versions NES de Strider et Bionic Commando, ainsi que le très bon Mighty Final Fight, demake chibi du grand classique de l’Arcade. Tandis que Final Fantasy IV et Tales of Phantasia obtiennent enfin une traduction française, des portages de Final Fantasy V et VI viennent clore la longue liste des jeux Super Nintendo adaptés sur Game Boy Advance.

 

Une Wii très attendue

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Déjà plusieurs bons jeux variés en à peine plus d’un mois !

Tandis que la Game Cube vit ses derniers instants avec le préquel Baten Kaitos Origins et Odama, un jeu de stratégie se déroulant dans un flipper dans lequel le joueur commande son armée au micro tout en gérant la boule pour écraser ses adversaires, la Wii arrive le 19 novembre 2006 avec un line-up aussi qualitatif que varié. Commun aux deux machines, The Legend of Zelda Twilight Princess s’impose d’emblée comme le titre phare du lancement avec une aventure dans la droite lignée de The Legend of Zelda Ocarina of Time, qui profite également des possibilités du motion gaming pour sublimer l’expérience. Les capacités de la wiimote et du nunchuck sont correctement exploitées dans des jeux comme Wii Sports et Wii Play, mais encore plus dans Wario Ware Smooth Moves, qui utilise plusieurs placements de la manette pour enchaîner les mini-jeux d’une manière encore plus immersive.

Outre un Super Monkey Ball Banana Blitz difficile à manier, Rayman contre les Lapins Crétins constitue le party-game idéal pour toute la famille, bourré d’humour et de mini-jeux déjantés. Si Ubisoft rate son pari de l’icône du FPS avec un Red Steel très perfectible, Excite Truck fait mouche en proposant des parcours à bord de véhicules tout terrain et Trauma Center Second Opinion réadapte le premier épisode de la DS en passant d’une jouabilité au stylet à des opérations à la wiimote. Outre le jeu de tir Eledees, un Super Swing Golf axé arcade et un Escape from Bug Island des plus oubliables, Far Cry Vengeance suit la voie de Far Cry Instincts avec plusieurs modifications, Pokémon Battle Revolution suit la lignée de Pokémon Battle Colosseum et Metal Slug Anthology compile les six épisodes de la saga accompagnés de Metal Slug X en avant-première. Pour les amateurs de mangas, il est aussi possible d’effectuer des kamehameha à la wiimote dans Dragon Ball Z Budokai Tenkaichi 2 et d’incarner Ichigo Kurosaki dans Bleach Shattered Blade.

 

Une Xbox 360 qui fait sa place

image 2006 xbox 360
Entre superior versions et exclusivités, Microsoft devient enfin un acteur d’envergure.

Sortie la fin de l’année précédente, la Xbox 360 prend de l’avance sur ses futures concurrentes en se parant de bons jeux exclusifs dès 2006. Si Dreamfall The Longest Journey et Rainbow Six Critical Hour restent exclusifs à sa grande sœur, elle accueille Rainbow Six Vegas en premier et s’impose rapidement comme la console des jeux de shoot avec deux titres majeurs. Si Lost Planet propose une gestion de la chaleur dans un scénario se déroulant sur une planète glaciale, Gears of War devient une nouvelle saga phare de Microsoft grâce à un univers postapocalyptique maîtrisé et à un gameplay précis qui popularise fortement le système de couverture. Dans un autre registre, Capcom lance le premier jeu de la saga Dead Rising, dans lequel le journaliste Frank West doit enquêter dans un centre commercial infesté de zombies à affronter avec toutes sortes d’armes. On trouve aussi le tout premier Saints Row, alternative de GTA axée sur la guerre de gangs, comprenant une barre de respect, un mode multijoueur et une personnalisation du protagoniste.

Successeur de Morrowind, Oblivion s’impose comme le quatrième épisode des Elder Scrolls tandis que la machine accueille son premier RPG japonais avec Blue Dragon, Hironobu Sakaguchi étant à la production et Akira Toriyama au character design. Outre Kengo Zero qui vient conclure la saga de combats au sabre, Tenchu Z commence à tuer la franchise à petit feu en se contentant de simples missions répétitives sans réel scénario avec un ninja lambda envoyé par Rikimaru. Il reste toutefois bien meilleur que Bomberman Act Zero et ses personnages futuristes sans saveur, mais pas aussi aguicheur que Dead or Alive Xtreme 2, qui réunit les combattantes de la saga en petite tenue pour divers activités sportives sur une île paradisiaque. Le ping-pong reste toutefois réservé au surprenant Table Tennis, unique représentant du genre développé par Rockstar.

Un certain nombre de jeux sortent également sur Xbox 360 en parallèle des consoles de sixième génération avec l’avantage d’un affichage en haute définition. C’est notamment le cas du GTA-like Just Cause, des jeux de shoot Call of Duty 3 et Ghost Recon Advanced Warfighter, des jeux d’infiltration Hitman Blood Money et Splinter Cell Double Agent, mais aussi de Tomb Raider Legend, qui marque un joli relancement de la franchise par Crystal Dynamics. Hormis les jeux annuels Need for Speed Carbon et Tony Hawk’s Project 8, Sonic the Hedgehog rate complètement son reboot et s’inscrit comme un des pires jeux développés par Sega.

 

Quelques jeux exclusifs sur PC

images 2006 pc
Du RPG au FPS, une plateforme qui se défend toujours bien !

En plus des nombreux jeux sortis sur consoles, le PC reste le support phare de plus d’un gamer et comporte comme chaque année un certain nombre de titres indisponibles ailleurs. On peut ainsi retenir le RPG en vue à la première personne Dark Messiah of Might and Magic, un Neverwinter Nights 2 basé sur les règles de Donjons & Dragons, le préquel à l’ancienne Ys Origin ainsi que Dynasty Warriors Online. Les FPS ne sont pas en reste avec l’extension Episode One pour Half-Life 2, le futuriste Battlefield 2142 et le rafraîchissant Call of Juarez, qui se démarque de la concurrence par son univers à la sauce western. On trouve aussi la compilation Midway Arcade Treasures Deluxe Edition, qui rassemble les vingt-huit jeux présents dans les Midway Arcade Treasures 2 et 3.

 

Les sorties restantes sur bornes d’Arcade

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Les survivants d’une ère bientôt révolue.

Beaucoup moins présentes que dans les années 90, les salles d’Arcade continuent de recevoir des jeux de qualité qui, pour la plupart, sont portés sur console dans les mois ou les années qui suivent. Virtua Fighter 5 propose ainsi un nouveau système d’esquive et fait passer son casting à dix-huit combattants avec la boxeuse Eileen et le lutteur El Blaze. Troisième révision de Guilty Gear X2, Guilty Gear XX Accent Core troque son mode histoire contre de nouveaux mouvements : le Force Break (une attaque plus puissante) et le Slash Back (pour parer une attaque et réduire le temps d’étourdissement). De son côté, Metal Slug 6 maintient la tradition de la saga mais propose six personnages jouables et des décors de fond plus modernes, qui détonent toutefois avec le pixel art au premier plan. Toujours de la partie, les jeux de shoot sont représentés par Time Crisis 4, mais aussi par After Burner Climax, qui modernise fortement la saga avec un très joli rendu en 3D. Ce n’est d’ailleurs pas la seule franchise à effectuer son grand retour, Chase HQ 2 reprenant les acquis de ses aînés dans un nouveau jeu de combat motorisé très fluide.

 

Mon top 10 des meilleurs jeux de 2006

image jeux 2006 top 10Compte-tenu des jeux que j’ai faits et préférés, voici mon top 10 des meilleurs de 2006 :

10ème : Dragon Ball Z Budokai Tenkaichi 2
9ème : Metal Gear Solid Portable OPS
8ème : Syphon Filter Dark Mirror
7ème : Gears of War
6ème : Final Fantasy VII Dirge of Cerberus
5ème : Wario Ware Smooth Moves
4ème : New Super Mario Bros.
3ème : Castlevania Portrait of Ruin
2ème : Final Fantasy XII
1er : The Legend of Zelda Twilight Princess

 

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La Mort aux Enchères, de Robert Benton

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la mort aux encheres header

Date de sortie : 19 novembre 2022 (États-Unis), 26 janvier 1983 (France)
Réalisateur : Robert Benton
Acteurs principaux : Roy Scheider, Meryl Streep, Jessica Tandy, Joe Grifasi
Genre : Thriller
Nationalité : Américain
Compositeur : John Kander

Une noirceur à peine cachée ?

Thriller haletant renvoyant à la filmographie d’Alfred Hitchcock, La Mort aux Enchères consiste en une enquête sur le meurtre d’un antiquaire habitué des séances du psychiatre Sam Rice, interprété par Rob Scheider, connu pour son rôle du shérif Brody dans les deux premiers volets des Dents de la Mer. Trois ans après Kramer contre Kramer, Robert Benton offre un de ses premiers rôles phare à la jeune Meryl Streep, déjà aperçue dans Voyage au Bout de l’Enfer aux côtés de Robert De Niro, ainsi que dans Manhattan de Woody Allen. Incarnant l’assistante du défunt Brooke Reynolds avec qui il avait eu une liaison, elle est alors la première suspectée dans l’affaire.

Des décors taillés pour l’arrivée d’un meurtre !
Une partie de cache-cache qui pourrait mal tourner.

Près de dix ans avant la sortie de Basic Instinct, le thème de la fascination est abordée entre un homme traqué et sa potentielle meurtrière. Un rapprochement qui mêle habilement romance et méfiance dans un polar à l’ambiance sombre, où le silence a une place tout aussi importante, sinon davantage que celle de la musique. Outre un cauchemar renforçant le caractère horrifique du scénario, la réalisation comporte de nombreux plans favorisant le suspense et le final laisse place à l’interprétation concernant l’innocence de l’héroïne. Convaincant sans se montrer particulièrement novateur, La Mort aux Enchères fait partie de ces classiques qui ont marqué le genre du thriller à leur manière.

Disponible depuis le 27 juillet 2022 aux éditions BHQL

Sans Filtre, deuxième palme d’or de Ruben Östlund

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Date de sortie : 22 septembre 2022 (Danemark), 28 septembre 2022 (France)
Réalisateur : Ruben Östlund
Acteurs principaux : Harris Dickinson, Charlbi Dean, Dolly de Leon, Vicki Berlin, Zlatko Burić
Genre : Comédie satirique
Nationalité : Suédois
Compositeurs : Mikkel Maltha et Leslie Ming

Un beau couple de riches à bord d’une croisière comme les autres.

Deuxième palme d’or du suédois Ruben Östlund cinq ans après The Square, Sans Filtre est une comédie satirique pointant du doigt les conséquences des différences sociales à travers une croisière réservée à l’élite de la classe dominante. Premier long métrage du réalisateur tourné en anglais, son titre d’origine Triangle of Sadness désigne les rides situées entre les sourcils, assurément incompatibles avec le mannequinat, apparente incarnation du bien-être illustrée lors de l’introduction. Incarnés par Harris Dickinson (Maléfique Le Pouvoir du Mal, The King’s Man Première Mission) et Charlbi Dean (décédée peu avant la sortie du film…), les protagonistes marquent d’emblée leur rapport à l’argent lors du dialogue lourd de sens qu’ils ont à la fin d’un repas, tout étant question d’argent et de manipulation pour faire comprendre à l’autre qu’il doit payer la note.

Une caricature hilarante qui se poursuit jusque dans l’ascenseur.
Un personnel aux petits soins de ses clients.

Si Carl est avant tout mannequin, Yaya représente quant à elle l’archétype des influenceuses qui passent leur temps à se prendre en photo pour se montrer sur Instagram. Ses selfies à répétition sont brillamment soulignés par les bruitages du smartphone, qui agacent autant qu’ils attirent l’attention de l’entourage. Le réalisateur insiste beaucoup sur le fait que ce sont les riches qui commandent, comme lorsque tout le personnel reçoit l’ordre de se baigner par simple volonté d’une passagère. Carl surprend même Yaya à parler à un employé et provoque sans le vouloir le licenciement d’un autre membre du personnel en racontant à sa supérieure qu’il l’a vu fumer sur le pont.

Un capitaine communiste complètement dépassé.
Un savoureux passage de Titanic à Robinson Crusoé

Tandis que les riches commencent à être ridiculisés par leur intoxication provoquée par un repas en pleine tempête, Sans Filtre bouleverse les rapports sociaux lors du naufrage du paquebot. Échoués sur une île, les survivants doivent en effet s’entraider en attendant les secours pendant plusieurs jours. L’inversion des rôles provoque alors la domination de la classe populaire, capable de chasser et de se faire obéir à son tour. On peut d’ailleurs remarquer certains abus dans l’autre sens, la soif de vengeance cassant de ce fait le manichéisme du scénario. Si on peut lui reprocher quelques passages surfaits, Sans Filtre sans souci s’impose comme une peinture réussie des inégalités sociales.

Mortal Kombat Legends Snow Blind, de Rick Morales

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Date de sortie : 9 octobre 2022 (1h22)
Réalisateur : Rick Morales
Comédiens de doublage VO : David Wenham, Manny Jacinto, Ron Yuan, Keith Silverstein
Genre : Animation, combat
Nationalité : Américain
Compositeurs : John Jennings Boyd et Eric V. Hachikian

Kano, le nouveau boss des quartiers !

Après un Mortal Kombat Legends Scorpion’s Revenge très fidèle au scénario d’origine et un Battle of the Realms moins percutant bien qu’il s’autorise des libertés intéressantes, Mortal Kombat Legends Snow Blind lorgne davantage du côté de Mad Max avec un univers dévasté dominé par le Black Dragon, dirigé d’une main de fer par un Kano à la barbe blanche éclatante. Accompagné par ses acolytes Kira et Kobra, ils sèment la terreur jusqu’à leur confrontation avec Kenshi, bien décidé à protéger les environs même s’il affirme faire ça par simple goûts du défi.

Une nouvelle ère d’entraînements.
Un philanthrope des plus crédibles.

Assez différent des précédents films, Snow Blind se démarque notamment par l’arrivée de plusieurs nouveaux personnages qui rejoignent le Black Dragon. Le casting comporte alors Jarek, Drahmin, Erron Black, Ferra / Torr, Tremor et même No Face, ces deux derniers étant issus du spin-off Mortal Kombat Special Forces. On retrouve également Shang Tsung, pourvu d’un nouveau design, qui compte bien utiliser Kenshi pour arriver à ses fins. Ce dernier perdant violemment l’usage de ses yeux, il est alors épaulé par Kuai Liang, qui s’était résigné à participer à tout combat.

Des images saisissantes de violence.
Un duo de légende !

Laissant de côté les détails radiographiques de os qui se brisent, Mortal Kombat Legends Snow Blind reste particulièrement violent entre ses arrachages de tête, découpages de membres et autres broyages de corps. Pourvu d’un bon rythme, son scénario fait efficacement écho à Battle of the Realms avec Scorpion qui revient prêter main forte à Sub-Zero et la présence d’une statue de Liu Kang, mais aussi à Mortal Kombat 11 par la présence du Sablier de Kronika. Malgré des événements qui s’éloignent des standards habituels de la saga, il reste un bon film dans la droite lignée de ses prédécesseurs !

Pinocchio (2022) de Robert Zemeckis

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Date de sortie : 8 septembre 2022 (1h 45min)
Réalisateur : Robert Zemeckis
Acteurs principaux : Tom Hanks, Luke Evans, Kyanne Lamaya, Cynthia Erivo, Giuseppe Battiston 
Genre : Aventure, fantastique
Nationalité : Américain
Compositeur : Alan Silvestri

« Et le plus important pour être un véritable garçon, ce n’est pas la matière dont tu es fait... »

Adaptation en prises de vue réelles du grand classique Disney paru plus de quatre-vingts ans plus tôt, Pinocchio effectue son retour au sein de la firme aux grandes oreilles sous l’objectif de Robert Zemeckis (Alliés, Bienvenue à Marwen, Sacrées Sorcières). L’occasion d’une nouvelle collaboration avec Tom Hanks (Seul au Monde, Le Pôle Express, Elvis) à qui le rôle de Geppetto sied parfaitement, tandis que Luke Evans (Robin des Bois, La Belle et la Bête, Anna) incarne un cocher bien différent du dessin animé, et Cynthia Erivo (Les Veuves) une fée Bleue à la ressemblance déjà plus discutable.

Tom Hanks tout à fait dans son élément.
Des personnages sans lesquels on s’ennuierait !

Pourvu de superbes décors fidèles à ceux du dessin animé, Pinocchio reconstitue joliment son personnage principal tandis que Jiminy Cricket, Figaro, Cléo, Grand Coquin et Gédéon apparaissent dans des images de synthèse du plus bel effet. Composées par Alan Silvestri (Retour vers le Futur, Forrest Gump, Mort ou Vif), les musiques font tout à fait honneur à l’univers du film et de nouvelles chansons viennent participer à la narration, comme « Le cocher vers l’Île Enchantée » avec ses enfants qui prennent la parole, ou encore « J’entre dans la danse » et sa petite marionnette qui se lie d’amitié avec Pinocchio.

Stromboli en grande forme !
Une façon asticueuse de récupérer la clé !

Tandis que certaines horloges de l’atelier de Geppetto sont à l’effigie de nombreux personnages (Woody de Toy Story, Roger et Jessica de Qui veut la Peau de Roger Rabbit ?, Maléfique et la Belle au Bois Dormant, Dumbo, Rafiki et Simba du Roi Lion), celle représentant la mère qui donne une fessée à son fils est vite stoppée par un policier pour faire écho aux nouvelles mœurs du XXIème siècle. En plus de ces clins d’œil très appréciables, le film apporte son lot de scènes inédites, à commencer par le rejet du maître lorsque Pinocchio se rend à l’école pour mieux accentuer sa différence avec les autres enfants.

Crapule s’en donne à cœur joie !
Luke Evans méconnaissable dans le rôle du cocher.

Outre le fait que Pinocchio continue de mentir volontairement pour que son nez s’allonge au point d’atteindre la clé de la cage, la roulotte de Stromboli abrite une jeune-fille nommée Fabiana accompagnée de sa marionnette Sabina, qui croisent le chemin du héros à plusieurs reprises. Il est également bienvenu que la transformation en âne n’ait pas été édulcorée, d’autant que le passage de l’Île Enchantée est rendu plus effrayant par les hommes du cocher devenus de véritables créatures des ténèbres. Si on ne retrouve pas vraiment la patte artistique de Robert Zemeckis dans le film, ce dernier parvient à rendre un bel hommage au dessin animé d’origine grâce à une réalisation tient largement la route.

Dragon Ball Super Super Hero, de Tetsuro Kodama

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Date de sortie : 11 juin 2022 (Japon), 5 octobre 2022 (France)
Réalisateur : Tetsuro Kodama
Doubleurs VO : Masako Nozawa, Toshio Furukawa, Yūko Minaguchi, Aya Hisakawa
Genre : Animation, action
Nationalité : Japonais
Compositeur : Naoki Satō

De nouveaux cyborgs au design pas très inspiré…

Près de quatre ans après avoir décrédibilisé le personnage de Broly dans un film à la qualité limitée, Dragon Ball Super signe un quatrième long métrage imaginant une nouvelle reconstruction de l’armée du Ruban Rouge. Il est en effet question de Magenta, fils du général Red, qui cherche à redorer le blason de la société en créant les cyborgs Gamma 1 et Gamma 2, dont la puissance dépasse de loin les capacités de Cell. Il s’allie pour cela au docteur Hedo, petit-fils du docteur Gero, qu’il charge de développer une arme ultime pour lutter contre le Capsule Corp et ses alliés.

Le cliché du méchant dans toute sa splendeur !
Un personnage qui nous avait manqué !

Après une introduction bienvenue qui résume toute l’histoire de l’armée du Ruban Rouge, le spectateur découvre pour la première fois un film Dragon Ball entièrement réalisé en images de synthèse. Correctement animé sans imposer de couleurs flashy dans tous les sens, Dragon Ball Super : Super Hero fait également l’effort de se concentrer sur la relation entre Piccolo et Sangohan en impliquant plusieurs personnages secondaires, Sangoku et Vegeta étant pour une fois relégués au second plan. On a même le plaisir de retrouver la petite Pan, présente dans les derniers épisodes décanonisés de Dragon Ball Z.

Un combat final complètement surfait.

Film sympathique sans prétention, Dragon Ball Super : Super Hero se veut aussi très axé humour, à commencer par l’infiltration grossière de Piccolo en soldat du Ruban Rouge. On trouve même Gotrunks qui finit les fesses à l’air, un gros plan sur le derrière de Bulma et cette dernière qui demande à Shenron qu’il lui fasse un fessier plus rebondissant. Présentant de nouveaux personnages très corrects, le film enfonce toutefois toujours plus Broly dans le ridicule, son design étant d’une laideur sans nom. Si les transformations Orange Piccolo et Sangohan Beast font leur petit effet, on se demande vraiment quand les scénaristes arrêteront de tirer sur la corde. Quant à Cell Max, il est tellement surfait que son retour n’était vraiment pas nécessaire dans ces conditions. Un film plaisant, à défaut d’être indispensable.

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Soudain dans la Nuit, de Ko Young-nam

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Date de sortie : 17 juillet 1981 (Corée du Sud), 6 septembre 2022 (réédition)
Réalisateur : Ko Young-nam
Acteurs principaux : Kim Young-ae, Yoon Il-bong, Lee Ki-seon, Hyun Hye-ri, Kim Geun-hie, Kim Min-gyu
Genre : Thriller, épouvante
Nationalité : Sud-coréen
Compositeur : Choi Jong-hyuk

 

L’avis d’Emmanuel

Une fascination inquiétante pour une étrange poupée.

Thriller horrifique coréen du tout début des années 80, Soudain dans la Nuit fait partie de la prolifique filmographique de Ko Young-nam. Ce dernier met en scène Kang Yu-jin et Seon-hee, un couple interprété par Kim Young-ae et Yoon Il-bong, qui accueille une jeune femme de chambre, Mi-ok, jouée par Lee Ki-seon. Fille d’une prêtresse chamane récemment tuée dans un incendie, elle ne se sépare jamais de sa poupée en bois, dont le regard perturbe Seon-hee. De plus, Kang Yu-jin étant très occupé par sa thèse sur les papillons, il veille tard la nuit, dort dans une autre pièce et semble délaisser son épouse.

Un reflet peut en cacher un autre.
Un premier plan révélateur du piège qui s’installe.

Véritable ambassadeur du savoir-faire coréen en matière de cinéma, Soudain dans la Nuit plonge le spectateur dans une ambiance angoissante, qui s’installe petit à petit dans ce qui s’apparente à une maison hantée par une poupée qui favoriserait l’apparition de mauvais esprits. Ko Young-man montre brillamment sa grande maîtrise de la caméra par des plans de travers et des travellings qui renforcent le caractère glauque des lieux. Outre une figurine représentant deux serpents formant le contour d’un cœur plusieurs fois mise au premier plan, le réalisateur use notamment d’un effet de kaléidoscope pour renforcer la paranoïa de Seon-hee.

L’art de ne pas tout montrer.
Un esprit maléfique bien réel.

Souffrante de cauchemars et de visions érotiques joliment retranscrites à l’écran, cette dernière s’imagine en effet que son mari la trompe et que Mi-ok veut la tuer pour prendre sa place dans sa propre maison. À travers des musiques soudaines et des regards percutants, Soudain dans la Nuit parvient efficacement à susciter l’effroi jusqu’à un final lorgnant davantage vers le fantastique. L’absence de doublages français n’empêche aucunement l’immersion, les dialogues en coréen étant en totale adéquation avec l’esprit de ce classique de l’épouvante.

 

L’avis de Nicolas

On connaît très bien le cinéma d’horreur japonais mais moins celui de la Corée du Sud. La ressortie dans une version restaurée de Soudain dans la Nuit de Go Yeong-nam permet de réparer cette injustice, et quel bon choix !

Le film se construit comme une paranoïa lente et progressive qui s’installe dans un couple bourgeois accueillant une jeune et belle domestique qui semble être obsédée par une statue ayant appartenu à sa mère. Cette statue et sa propriétaire vont très vite terrifier la maîtresse de maison, qui va plonger dans une folie destructrice.

Cette folie se manifeste dans un premier temps par l’usage d’un filtre par le cinéaste, qui représente l’intérieur d’un diamant. Cette expérimentation déglingue l’image comme si l’objectif était cassé depuis le début. Ce procédé assez fascinant nous met dans une posture angoissante car elle ne montre pas tout ce qui se déroule dans le plan et met en place une frustration. Face à cet usage, il ne reste qu’une question : où est la vérité ? Car cette déformation se manifeste souvent lorsque le point de vue de Seon-hee, l’épouse, est représenté. Ainsi, la représentation de la vérité est impossible et ne permet pas de soutenir la version des faits de cette dernière, qui semble être possédée par la folie.

Il faut attendre le dénouement assez impressionnant pour se rendre compte qu’il y a bien un problème avec la statue. Mais ce climax horrifique sert surtout de punition pour la protagoniste, qui avait élaboré un moyen de nuire à l’encontre de Mi-ok, la servante. Le dernier plan du film incarne alors un cynisme propre au résultat d’une malédiction et rappelle le cinéma d’horreur japonais.

Il faut donc découvrir Soudain dans la Nuit, qui est un véritable trésor cinématographique malgré les petites fautes de goût qui peuvent se manifester dans l’usage constant de ce procédé de déformation, qui s’incarne trop souvent de manière illogique par rapport au point de vue qu’il tente de représenter.

Sorti le 6 septembre 2022 aux éditions Carlotta.